RFI-Afrique, la réussite du “soft power” à la française, par Guy Gweth

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“- Debout! - Je me lève! - Assis! - Je m’assieds!” Quel écolier d’Afrique centrale n’a souvenir de cet échange quasi militaire entre le maître et ses élèves, un lundi matin à l’école du village. Mutatis mutandis, ce scénario est quasiment identique à celui dans lequel se jouent actuellement les rapports de Radio France International (RFI) avec la plupart des élites d’Afrique francophone (son cœur de cible) . Sauf qu’il est plus doux, peu perceptible a priori (à moins d’analyser froidement le phénomène) mais de loin plus incisif.

Du “Poste colonial” à la “Radio mondiale”

Créee le 06 mai 1931 à destination des ex-colonies françaises, RFI est officiellement née sous le modèle du “poste colonial”. Filiale de Radio France dès le 06 janvier 1975, elle gagne son autonomie le 03 décembre 1986 et spécialise davantage ses programmes sur l’Afrique, tout en s’internationalisant. A ce jour RFI, c’est 19 langues, près d’un millier de collaborateurs, 400 journalistes, 350 reporters disséminés aux quatre coins de la planète, 150 relais, 450 radios partenaires, 45 millions d’auditeurs dans le monde et un budget 2006-2007 estimé à 130 millions d’euros dont plus de 50% versés par le quai d’Orsey .

“RFI, le monde est chez vous!”

De Bangui à Brazzaville, de Malabo à Libreville ou de Ndjaména à Yaoundé, il est couramment admis en Afrique francophone que ce qui vient de RFI a force de chose jugée, de parole sacrée, par essence inviolable. L’Hexagone sait jouer de cette posture stratégique en cas de crise comme au lendemain de scrutins présidentiels dont les résultats font rarement l’unanimité dans les classes politiques locales. Les intérêts français doivent rester saufs.
Même la jeune génération d’Africains ayant pourtant connu Africa N°1, BBC, CNN, la Voice of America ou AL JAZIRA… sait que la vérité vient de RFI. C’est l’une des seules radios internationales à employer plusieurs journalistes Africains, à diffuser de la musique africaine et surtout à donner la parole aux auditeurs et aux décideurs Africains. La coupe d’Afrique des nations, la plus prestigieuse des compétitions sportives sur le continent y est retransmise en direct et en intégralité. Personnels politiques comme du monde des affaires, intellectuels ou étudiants Africains “normaux” écoutent donc RFI tous les matins au réveil, soit près de 25 millions d’auditeurs sur le continent Noir. Une réussite inégalée pour cette radio dont le professionnalisme a assez peu souffert de critique et qui émet en ondes FM dans la quasi totalité des pays de la zone CEMAC.

L’arbre cachera-t-il toujours la forêt?

Mais RFI, c’est aussi de grands journalistes tombés en mission sur le sol africain à l’instar de Jean Hélène lâchement arraché à la vie le 21 Octobre 2003 à Abidjan au plus fort de crise ivoirienne. C’est encore des correspondants locaux emprisonnés à l’instar de Moussa KAKA incarcéré depuis le 20 septembre 2007 au Niger pour “atteinte à la sûreté de l’Etat”… Se serait-on mis à confondre l’arbre et la forêt que cache ce mastodonte de l’information internationale? Il est sans doute prématuré de l’affirmer. Ce qui est certain en revanche, c’est que l’essor de cette radio dépendra grandement de l’attitude des politiques Français vis-à-vis des pays africains. Car sur ce continent comme ailleurs, la jeunesse, cible principale de Radio France Internationale, est désormais prête à tout pour sortir du sous-développement et à goûter aux bienfaits de la mondialisation économique. Prendre conscience de l’influence véhiculée par cette radio est en soi un premier pas important, sinon crucial, bien qu’il ne faille point jeter le bébé avec l’eau du bain.

One Response to “RFI-Afrique, la réussite du “soft power” à la française, par Guy Gweth”

  1. Les Africains ne sont pas dupes. La France apres avoir soutenu Africa N.1 la vrai radio panafricaine, l’a plombee pour laisser du champs a leur nouvelle radio, la voix du maitre (deja que Africa n.1 etait la voix de Bongo).

    RFI ce n’est que la radio du ministere des affaires etrangeres francais. Ils ne disent que ceux que l’Elysee soutient.

    Dans cet article la reussite du soft power, je trouve que c’est un peu trop facile car la Sofirad (orgnisme etatique actionnaire de africa) n’a pas pris de gant pour sucer et exploser Africa n.1, meme s’il ne faut pas negliger l’impact predateur des dirigeants gabonais de Africa.

    En clair, l’Etat francais n’a pas pris de gants pour pressuriser la chaine panafricaine. La methode appliquee pour Air Afrique a ete la meme utiliser pour RFI: la brutalite, la menace!

    “Si vous nous empechez d’emettre en FM sur Libreville dans ce cas Africa n’emettra pas non plus en FM sur Paris ”

    Ils (l’Etat francais) utilisent puis detruisent pour remplacer par un organisme 100% frenchy.

    RFI n’est qu’un symbole de plus de notre incurie mais surtout de notre absence d’indeopendance alors meme que cette independance d’esprit passe par les medias.

    Quand est-ce que l’Afrique se rendra-t-elle compte des enjeux du monde capitaliste? Quand?

    Bonne continuation anyway Guy G.

    FVB

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