Le storytelling ou la magie du soft power narratif: ouvrage
D’abord merci !
L’article « intelligence économique et bataille pour le contrôle mental » édité sur ce site le 05 mars 08 a été lu plus d’un demi millier de fois à ce jour. A la suite de sa publication, vous êtes quelques uns à avoir écrit pour nous transmettre vos impressions. Ainsi en va-t-il par exemple du gendarme retraité Pierre B., pour qui « le grand public n’a pas nécessairement besoin de savoir tout cela… » ou encore de Léa-Marie, cette pharmacienne grenobloise de 27 ans qui trouva « effrayant que les individus ayant de telles connaissances pour manipuler le public soient laissés en circulation, sans surveillance. » Dans votre grande majorité, vous demandiez grosso modo si l’Afrique Noire allait rester la cage d’escalier d’un monde obligé à la guerre congnitive. Tout en vous remerciant, c’est à toutes et à tous qu’en guise de réponse, nous dédions « Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits » paru en 2007 aux éditions La Découverte sous la plume bien intelligente de Christian Salmon du CNRS.
Pensées particulières
Evidemment qu’au moment de recommander cet ouvrage, des pensées particulières vont à l’élite africaine, consommatrice boulimique des boîtes de conserves mentales produites par les stratèges du soft power (souvent inspirés par la magie de nos griots), et si savamment distillées à travers l’éducation, la religion, la radio-tv, le cinéma, internet, le roman, la bande dessinée ou le discours politique.
Et pour tout vous dire,
Lorsqu’on tente une analyse prospective -à moyen terme- de l’intelligence économique et stratégique, on ne peut nier que dans les 10-15 ans à venir, des logiciels toujours plus intelligents (réf: sigint) s’empareront des activités de veille quasi in extenso, que la sécurité informatique prendra du galon de manière exponentielle, que le renseignement humain (humint) fera la différence entre les meilleurs, qu’à l’image du Chessmaster pour les jeux d’échecs, la prise de décision dans les grands groupes sera assistée par ordinateur et que l’essor des technologies comportementales tirera inexorablement la discipline vers le haut. Nul doute qu’en 2015 déjà, au moment d’évaluer les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), tandis que l’élite financière juchée au sommet de l’échelle de Maslow déboursera des sommes faramineuses pour un voyage dans l’espace, les spin doctors quant à eux, seront encore prêts à consentir des hypothèques inattendues pour des placements sûrs dans le Wall Street du contrôle mental. Et pour cause, sous peu, la grande guerre économique (dont les cibles stratégiques sont localisées dans la tête et le cœur du consommateur) aura pour principaux champs de bataille l’ego, la fibre et le neurone. Bonne lecture à tous ! Guy Gweth
Extrait de la quatrième…

« Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux Etats-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appelation anodine de « storytelling » : celui-ci est devenu une arme aux mains des « gourous » du marketing, du management et de la communicatioin politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi à l’ombre des campagnes électorales victorieuses (…) se cachent les techniciens sophistiqués du storytelling management ou du digital storytelling… ».
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