
Dans un monde où les arts tendent -autant que la technologie- à se globaliser, le cinéma dispose aujourd’hui d’une confortable influence, aux côtés de la littérature et la musique.
Le nombre de soirs où la famille K. s’est passée de diner parce que Mirabelle, sa fille ainée, avait oublié la marmite au feu, au profit d’une série télévisée à succès ;
De voir cette bande de 3 jeunes africains-américains de Oak Brook, dans la banlieue de Chicago, qui décidèrent de se prendre en main après avoir regardé Will Smith incarnant Chris Gardner en compagnie de son fils de 5 ans in A la recherche du bonheur ;
Et le nombre incalculable de filles et fils d’Afrique Noire que leurs parents ont appelés Brenda, Brandon ou Kelly après la diffusion des séries américaines Melrose Place, Santa Barara ou Beverly Hills, à la télévision nationale de 1995 à 2005;
Rien que l’adjonction du suffixe « Wood » comme expression d’un certain succès… sont quelques exemples mineurs qui montrent de manière symptomatique la porosité culturelle des groupes cibles aux stratégies de l’industrie du cinéma. Or, nous vous le rappelions le 7 février 2008 -in Intelligence stratégique : le Gabon à la pointe du combat culturel en Afrique centrale-, le XXIè siècle sera bel et bien culturel. Et l’Afrique est tout à fait prête à projeter sa propre « dream society ».
Entre Nollywood et Kannywood au Nigéria, vous devinez que la production d’un cinéma discount constitue plus qu’un défi économique. La souveraineté culturelle est vitale pour tout peuple qui entend se projeter dans cet univers rendu implacable par l’exacerbation de la concurrence. Les religieux, politiques et opérateurs économiques auxquels Sana Harb fait allusion dans son article ont grand intérêt à sonder la profondeur stratégique d’une production cinématographique locale à bas coûts. L’Afrique qui n’a pas inventé la poudre à canon pour dompter le monde doit pouvoir exprimer son génie artistique et fructifier un patrimoine culturel empreint d’humanisme et de fraternité… pour ETRE et apprivoiser le monde, à sa manière. Guy J. Gweth
Lire Kannywood et Nollywood …, l’article de Sana Harb in LesAfriques