La question peut paraître provocante à plus d’un titre. Mais elle mérite fortement d’être posée, au vu des signaux faibles envoyés ces cinq dernières années par Malabo à la communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC). Voici le décryptage exclusif de “la stratégie de la poudre aux yeux” , une enquête minutieuse au cœur de la doctrine sécrète du président Teodoro Obiang Nguema Mbazogo.
Oui, le sujet est provocant parce que la Guinée équatoriale en chiffres, c’est 515 000 habitants établis sur une superficie de 28050 km2, une croissance démographique à 2,25%, une densité de 18 hab/km2, une espérance de vie de 42 ans, un taux d’alphabétisation à 87%, un PIB par habitant de 8250$ , un indice de développement humain établi à 0,642… 2620 millions $ d’importations, 11675 millions $ d’exportations et trois principales ressources: le pétrole, le bois et le gaz naturel (…)
Mais nous nous sommes sérieusement interrogés. Car sur le plan économique, ce “petit Etat” pétrolier que les analystes s’accordent désormais à désigner “ Koweit du golfe de Guinée” se targue d’une croissance en 2007 de 21,5% contre 8% en 2006 (!) Son taux d’inflation est de 5,2% et les investissements directs étrangers dans ce pays s’élèvent à 1656 millions $. Avec une politique d’immigration digne de la Suisse, l’ancienne colonie espagnole peut se permettre d’organiser des expulsions spectaculaires de clandestins africains, d’offrir un 1 milliard Fcfa pour la reconstruction de N’Djamena, de demander et obtenir la tête du gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique centrale, d’exiger la refonte des textes de la Cemac pour tenir compte du nouveau poids économique et financier de la Guinée pétrolière… ou de claquer la porte de la 9è conférence des chefs d’Etats de la Cemac, le cas échéant (…)
Guy Gweth
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