AfriCommodities et GwethMarshall Consulting lancent 4 messages d’alertes aux décideurs africains sur les nouveaux territoires de l’intelligence économique (IE).
Archive for 2009
Audit d’entreprise, nouveau territoire de l’IE en Afrique
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 8 novembre 2009 at 11:30Protégé : Les quatre ennemis de Vodafone au Ghana
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Management de l'information, Veille stratégique on 6 novembre 2009 at 10:24Business influence: les entreprises au cinéma
In Communication d'influence, Intelligence culturelle, Perception Management, Soft Power on 5 novembre 2009 at 11:24Essai de décryptage d’une des tendances lourdes de ces dix dernières années: les rapports win-win entre le monde de l’entreprise et le 7è art sur le terrain de l’influence par le sponsoring…
8 clés pour éviter les Malwares sur Facebook et Twitter
In Espionnage, Guerre de l'information, Management de l'information, Réseaux sociaux, Sécurité, veille on 3 novembre 2009 at 11:00Avec l’essor de Twitter et Facebook, les réseaux sociaux sont devenus un des terrains de chasse préférés des hackers. Pour vous éviter d’en être victime, Sarah Perez a développé huit best practices…
L’âge d’or de la Security Business dans le Puntland somalien
In Gestion de crise, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Risk Management, Sécurité on 2 novembre 2009 at 10:17« Quelle idée d’avoir appelé cette planète terre alors qu’elle est clairement océan? », s’étonnait Arthur Charles Clarke en introduction du livre vert maritime de…
Vers une stratégie panafricaine d’intelligence économique ?
In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 1 novembre 2009 at 1:35Retrouvez la réponse de Guy Gweth dans Les Afriques n°95 (du 29 octobre au 4 novembre 2009) sous le titre « Pour une stratégie continentale d’intelligence économique », page 22. Extraits:
La diplomatie économique selon Lula
In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Soft Power on 31 octobre 2009 at 9:41Un très bel article de Rodrigo Mallea de La Nacion, Buenos Aires, repris dans le dossier « Brésil – Le réveil d’un géant » du Courrier international numéro 991, paru le 29 octobre 2009. Extraits :
Afrique – Les entreprises minières dans le collimateur du Saint-Siège
In Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique on 29 octobre 2009 at 6:01AfriCommodities, partenaire stratégique de GwethMarshall Consulting, a été longuement cité sur la question de l’exploitation minière lors de la 2ème Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques qui s’est tenue du 4 au 25 octobre à Rome. Se référant aux travaux du numéro 1 d’AfriCommodities, voici ce qu’écrit Eucharistiemisericor* le 27 octobre 2009:
90% des gisements de matières premières en Afrique restent à développer
In Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 25 octobre 2009 at 11:25Nouveau partenaire stratégique de GwethMarshall Consulting, le bureau d’ingénieur-conseil AfriCommodities vient de dévoiler sa banque de données d’intelligence économique consacrée au marché des matières premières. On apprend ainsi que sur les 10 millions de gisements de matières premières offshore et onshore inventoriés en Afrique, 10% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y sont développés, 9′900′000 titres, soit 90% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y restent à développer et que des millions de gisements offshore et onshore probables et possibles ne sont pas encore développés.
L’observatoire Satellital des matières premières d’Afrique est une des principales innovations d’AfriCommodities qui intègre toutes les technologies de son partenaire Google, notamment Google Earth, Google Maps et Google Street View. Cette interface permettra par exemple d’offrir à tout utilisateur de cette banque de données une visite virtuelle des principaux gisements des matières premières d’Alger à Johannesburg.
Actuellement, grâce à la convention qui lie Google et la NASA, l’interface de Google Street View permet d’observer en back office toutes les entités nommées de l’Afrique. En front office les différentes entités nommées pourront être ouvertes au grand public via cette plate forme satellitale en temps quasi réel ultérieurement. Exemples: marchés boursiers, gisements des matières premières, banque, compagnies minières, commerces, administrations publiques, ports, aéroports, frontières, circulation, etc. Cette fonctionnalité touchant à la sécurité des États, des négociations sont en cours avec les missions diplomatiques à Genève, Berne, Paris et Bruxelles pour éviter tout conflit d’intérêts.
La banque de données d’AfriCommodities comprend des données structurées sur 53 États d’Afrique, 12 types de gisements de matières premières, 10′000 types de matières premières classés par odre alphabétique, 10 millions de gisements offshore et onshore inventoriés par télédétection satellitale, 10 millions de kits bancables validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, 10 millions de kits de Business plan validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, des millions de scènes d’images à très haute résolution du Satellite Landsat TM et ETM+ ortho rectifiées et non ortho rectifiées recouvrant comme un puzzle les 30′310′000 km² de superficie des 53 États d’Afrique… etc. Durant un an, le prototype de cette banque de données (draft) va subir des modifications aussi bien au niveau de sa charte graphique que de ses principales rubriques pour atteindre son niveau d’efficience optimale.
En back office, une communauté de compétences africaines (du continent et de sa Diaspora) travaille en réseau avec l’observatoire satellital des matières premières d’Afrique du faits des enjeux stratégiques du projet. Il faut bien comprendre que « la valeur financière des gisements africains de matières premières, connus à ce jour, s’élève à 46 200 milliards de dollars. Il suffirait de valoriser 12 % de cette immense richesse pour financer, sur l’ensemble du continent, des infrastructures (transports, énergies, télécommunications, santé, éducation) du même niveau que celles de l’Europe. »*
David Beylard* & Guy Gweth
Les clés USB inquiètent les services secrets norvégiens
In Contre-Intelligence stratégique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 22 octobre 2009 at 10:23L’article ci-après rappellera certainement à nos plus fidèles lecteurs un billet intitulé « La prostitution des clés USB, un piège trop sexy? » que j’ai rédigé il y a un an et demi, le 17 juin 2008, et pour lequel mes confrères belges d’Euresis m’ont accusé d’apologie d’actes d’espionnage électronique. Que les services secrets norvégiens aient mis tant de temps à attirer l’attention des entreprises sur les risques d’espionnage par les clés USB montre combien les professionnels de l’intelligence économique ont encore du pain sur la planche en matière de sensibilisation à la sécurité.
Guy Gweth
« Il y a eu une telle augmentation du nombre de piratages de données l’année dernière que les services de contre-espionnage norvégiens estiment que ce développement devient préoccupant.
« Les secrets des entreprises ainsi que des informations sensibles s’échappent parce que des programmes espions se répandent parmi les ordinateurs norvégiens. Ces petites briques allongées (clés USB) que nous utilisons tous habituellement pour enregistrer de grandes quantités de données peuvent en effet porter avec elles des programmes capable de voler des informations sur les ordinateurs. Étant donné que les gens utilisent souvent la même clé sur de nombreux ordinateurs différents, aussi bien à la maison qu’au travail, ce genre de virus se répand rapidement. C’est un raccourci très tentant pour pénétrer des systèmes informatiques par ailleurs bien surveillés.
« Les services de contre-espionnage ne veulent pas révéler qui est à l’origine de telles pratiques, ni quelles entreprises ou institutions sont ainsi espionnées. Il est cependant clair que l’usage fréquent des clés USB rend la tâche plus facile à ceux qui veulent spolier les entreprises d’informations précieuses. Par ce biais des clés USB on contourne les mécanismes de sécurité habituels que les entreprises utilisent pour se protéger, comme les pare-feu et les programmes anti-virus. Et puisque les clés font l’aller-retour entre le bureau et la maison, on peut pirater par là des informations venant de réseaux non connectés à Internet, puisque ces informations volées seront emportées par la clé en-dehors de l’entreprise, pour être envoyées ensuite automatiquement par Internet au pirate.
« Les services secrets donnent donc maintenant l’alarme et demandent instamment que les gens soient plus attentifs à la manière d’utiliser leurs clés USB au sein des entreprises et des instances publiques. – “Vous ne devez pas utiliser la même clé au bureau et à la maison. Vous devriez aussi désactiver sur votre ordinateur la fonction qui permet l’exécution automatique des programmes lorsque la clé est insérée, c’est-à-dire les fonctions “autorun” ou “autoplay” recommande Christophe Birkeland, des services secrets norvégiens. »
Dans le même ordre d’idées, lire aussi:
“Les Etats-Unis se dotent d’un cyber-commandement militaire“
Protégé : Comment l’Afrique est sur écoutes 24h/24, 7j/7
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Veille stratégique on 21 octobre 2009 at 8:24Business infos: les réseaux sociaux africains à la traine
In Brève, Débat, Intelligence compétitive, Management de l'information, Stratégie, veille on 18 octobre 2009 at 9:07De toutes les communautés, les Africains sont ceux qui s’appellent le plus spontanément « mon frère », « ma sœur », ou « chéri »… Où qu’ils soient, quoi qu’ils fassent, qu’ils se connaissent ou pas, ils se reconnaissent. Ils n’ont quasiment pas besoin de formaliser un réseau. Ils se regroupent naturellement. La plupart de ces regroupements ne sont hélas pas encore rentables en termes de renseignement et de business pour l’ensemble des participants. Pourquoi?
A la fin d’une enquête réalisée entre septembre 2008 et septembre 2009 sur un échantillon de sept groupes comptant entre 15 et 150 membres (évoluant peu ou prou dans le même secteur d’activités), j’ai constaté que chaque fois qu’un réseau est constitué d’individus originaires d’Afrique, environ 10% sont inactifs. 10% partagent des informations générales déjà publiées dans un journal, un site internet ou une rumeur. 20% partagent spontanément des renseignements précis. 60% sont en attente de gestes et d’informations dont ils ont besoin pour leurs affaires. Parmi ces derniers, seul 1/3 renvoie l’ascenseur dans les 6 mois suivants.
Pas besoin d’être un super analyste et encore moins un spécialiste de la question du don et du contre don pour en déduire que ces réseaux sont en majorité constitués d’individus par trop tournés vers leur seuls intérêts. La principale conséquence qui en découle est que les « frères et sœurs » qui reçoivent sans donner sont démasqués et blacklistés au bout de 6 à 12 mois d’appartenance au réseau. Pour ceux qui comprennent en revanche que tendre systématiquement la main ou se laisser inviter (sans réelle contrepartie) sont le meilleur moyen de perdre en intérêt et influence, le win-win reste un incroyable accélérateur de business et de réussite.
Pour aller aux sources du malaise, lire :
Gaston Paul Effa, « Nous, enfants de la tradition », éditions Anne Carrière, 2008
Guy Gweth
Le journal « Les Afriques » fait le pari de l’intelligence économique
In Agenda, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie on 15 octobre 2009 at 11:07

Dès le 22 octobre 2009, Les Afriques, le journal de la finance africaine, publiera une chronique hebdomadaire de l’intelligence économique (IE) sous la plume de Guy Gweth. Après France 24, c’est la première fois qu’un grand média international s’engage à traiter de ce sujet de manière continue. Une bonne nouvelle pour les entreprises et la communauté de l’IE.
Les Afriques est le premier journal financier panafricain. Tiré à 23 000 exemplaires, il paraît tous les jeudis sur un papier couleur « saumon » et possède des éditions marocaine et algérienne. En pariant sur l’intelligence économique, l’hebdomadaire répond aux besoins des entrepreneurs africains et internationaux, et engage la sensibilisation à grande échelle de nos décideurs. Jusqu’à présent, la chaîne France 24 était le seul grand média international à consacrer un programme (bi-mensuel) à l’intelligence économique, une émission animée par Ali Laïdi.
Lancé en juillet 2007, l’hebdomadaire Les Afriques est consultable en ligne. L’ensemble des publications est disponible en PDF. Les titres sont libres d’accès (cliquer ici). En mai 2009, le site du journal comptait 6500 abonnés à la newsletter quotidienne, 135 000 visiteurs distincts et un total de 1.8 millions de pages affichées. La version papier est actuellement disponible en Afrique centrale et de l’ouest, en Algérie, en Belgique, au Canada, en France (Métropole et DOM-TOM), en Italie, au Luxembourg, au Maroc, en Suisse et en Tunisie.
“L’intelligence économique au service de l’Afrique”
In Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Interview, Leadership, Management de l'information, Veille stratégique on 15 octobre 2009 at 8:07
A lire dès le jeudi 15 octobre 2009 dans l’hebdomadaire Les Afriques n° 93, l’interview de Guy Gweth, réalisée par Dominique Flaux, directeur de publication du journal de la finance africaine.
Extraits :
« Les Afriques : Quels sont les secteurs d’activité en Afrique qui nécessitent le plus d’intelligence économique et de veille concurrentielle ?
« Guy Gweth : En Afrique, nous avons recensé sept grands secteurs qui nécessitent de vraies stratégies d’intelligence économique soutenues par les États comme on le voit au Japon avec le ministère l’économie, du commerce extérieur et de l’industrie. Pour nous, ce sont les sept urgences de l’intelligence économique en Afrique: l’agroalimentaire, les assurances, les banques, le BTP, les Télécoms, les NTIC, les transports aériens. Les démarches initiées dans ce sens par SMBG Bank au Maroc, Kenya Airways, Orascom en Egypte, MTN et Vodacom en Afrique du Sud, sont les cinq grands exemples que nous suivons depuis 2007 sur le continent [...] »
Les Afriques n° 93, semaine du 15 au 21 octobre, est disponible en Afrique CFA 1500 FCFA – Algérie : 80 DA – Belgique 1,9 a – Canada 3,50 $ CAD – France 1,9 a – France OM 2,20 a – Italie 1,90 a – Luxembourg 1,9 a – Maroc 12 DH – Suisse CHF 3,80 – Tunisie 2,3 DT.
Les défis de la diplomatie économique africaine (2)
In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence territoriale, Intelligence économique on 11 octobre 2009 at 11:00Rappel: bien avant la chute de Lehman Brothers le 15 septembre 2009, la plupart des grandes puissances travaillaient déjà à orienter leur diplomatie dans un sens résolument Business. En France par exemple, les opérateurs économiques sont quasiment de tous les voyages internationaux de Nicolas Sarkozy depuis mai 2007. Pour gagner des parts de marché à l’extérieur et attirer plus d’investisseurs et de touristes étrangers, la diplomatie africaine doit relever au moins deux défis: élaborer des stratégies nationales d’intelligence économique et activer les leviers d’actions stratégiques correspondants.
Activer les leviers d’actions stratégiques
A ce niveau, trois principaux axes retiennent l’attention des stratèges pour ce qui est notamment de l’influence. Il s’agit d’internet, des normes et du cas spécifique des ONG et associations internationales.
Internet
Il n’est nul besoin d’adhérer aux théories du complot pour constater que le traitement de l’information africaine dans les grands médias internationaux pose un grave problème et constitue un puissant frein aux investissements étrangers. Même si l’actualité n’est pas toujours à la fête, force est d’observer que les atouts du continent noir ne sont que très rarement à la une des journaux et magazines. Devant ce constat, Internet apparaît comme une caisse de résonance low cost capable de servir de contre-pouvoir au rouleau compresseur de grands médias. C’est la plage rêvée pour impacter les perceptions d’investisseurs et de touristes potentiels dans un marché qui comptera 2,2 milliards d’internautes en 2013!
Les normes et classements
A l’heure qu’il est, de nombreux classements et normes existent dans la sphère internationale pour mesurer la performance des États, des entreprises, des individus ou de l’attractivité d’une région. Même s’ils ne font pas l’unanimité, les classements tels que Doing Business attirent l’attention des décideurs politiques, des opérateurs économiques et de l’opinion publique. A défaut d’en créer, la diplomatie économique africaine doit pouvoir infiltrer ces sphères de manière pro-active afin d’en impacter les usages et la finalité. Abandonner ce terrain oblige toujours à la défensive. C’est pour cette raison primordiale que la Chine (à travers l’université Jiao Tong de Shangai) par exemple, a initié le classement des 500 premières universités du monde en 2003, en attendant d’investir le champ des ONG.
Les ONG et associations internationales
Hormis des cas exceptionnels comme celui des autorités d’Abuja qui ont exigé et obtenu les excuses de l’américain Sony le 21 septembre dernier pour atteinte à la réputation du Nigeria dans une publicité, les exécutifs africains sont rivés dans une posture défensive. Pis, ils se défendent mal lorsqu’ils sont pris à partie par des ONG comme Transparency International. Ce type d’affrontement asymétrique est et sera défavorable à l’image du continent tant que l’Afrique n’aura pas généré des ONG capables de faire face à leurs homologues occidentaux. Les dirigeants chinois l’ont appris à leurs dépends lors du passage de la flamme olympique en Europe en août 2008, même s’ils ont su réagir par des opérations d’information ciblées.
La diplomatie économique est avant tout une question d’influence et de stratégie. Produire des connaissances ou des œuvres d’art, créer des normes ou des classements, organiser des visites touristiques ou d’affaires, octroyer des bourses d’étude ou des distinctions honorifiques… sont redoutablement efficaces lorsqu’ils sont pilotés par un État-stratège. Les diplomates ne demandent pas plus pour contribuer à la richesse des nations.
Guy Gweth
Avez-vous lu Les défis de la diplomatie économique africaine (1) ?
Les défis de la diplomatie économique africaine (1)
In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Soft Power on 8 octobre 2009 at 6:25Bien avant la chute de Lehman Brothers le 15 septembre 2009, la plupart des grandes puissances travaillaient déjà à réorienter leur diplomatie dans un sens résolument business. En France par exemple, les opérateurs économiques sont pratiquement de tous les voyages internationaux de Nicolas Sarkozy depuis mai 2007. Du nord au sud du globe, le durcissement de la concurrence et la fébrilité générée par la crise économique et financière ont propulsé la diplomatie économique au devant de la scène. Pour gagner des parts de marché à l’extérieur et attirer plus d’investisseurs et de touristes étrangers, la diplomatie africaine doit relever au moins deux défis principaux: élaborer des stratégies nationales d’intelligence économique et activer les leviers d’actions correspondants.
Élaborer une stratégie nationale d’intelligence économique
Cette étape fondamentale passe par la définition précise d’une doctrine nationale, le choix des secteurs prioritaires de l’Etat concerné et leur déclinaison institutionnelle et opérationnelle.
Définition d’une doctrine
Si l’on considère simplement l’intelligence économique comme un processus de collecte, d’analyse et de mise en circulation sécurisée de l’information économique utile aux décideurs, il faut en conclure qu’elle est l’indispensable point de départ d’une diplomatie économique efficace. Un tel dispositif peut se révéler extrêmement rentable dans un pays comme le Ghana qui a bénéficié de la visite très symbolique du Président Obama du 10 au 11 juillet 2009 après l’élection exemplaire de John Atta Mills à la tête de l’Etat, et où la découverte de nouveaux gisements de gaz et de pétrole devrait attirer plus d’investissements étrangers que jamais. Cela implique de définir des principes de bases, un plan d’action précis et des secteurs prioritaires.
Choix des secteurs prioritaires
La délimitation d’un périmètre de priorités est primordiale dans la définition d’une stratégie nationale d’intelligence économique. Elle permet d’éviter des pertes d’énergies là où on en a le moins besoin pour les concentrer dans les secteurs les plus rentables pour le pays. Cela est vrai aussi bien pour les richesses dont dispose une nation que pour celles qu’elle convoite. En se focalisant par exemple sur le secteur des hydrocarbures, le Nigeria a attiré 20 milliards de dollars d’investissements en 2008, soit 8 milliards de plus qu’en 2007, d’après le rapport 2009 de la CNUCED. Cette approche ne doit cependant pas conduire à délaisser les secteurs vitaux tels que l’agriculture. Il faut l’inscrire de manière opérationnelle au cœur des institutions.
Déclinaison institutionnelle et opérationnelle
Comme modèle de déclinaison d’une stratégie d’intelligence économique, il n’y a pas mieux que le super ministère japonais de l’économie, du commerce extérieur et de l’industrie, plus connu sous l’abréviation METI (Ministry of Economics, Trade and Industry). Il a été crée en 1949 sous le sigle MITI pour favoriser les technopôles dans le pays, surveiller les échanges du Japon avec l’extérieur, informer et conseiller les entreprises nipponnes à l’international. Ce modèle pourrait d’autant plus inspirer les gouvernements africains qu’il a été institué dans un Japon complètement dévasté par la 2ème guerre mondiale et qu’il a su fédérer les secteurs publics et privés du pays autour de leviers d’action communs, avec les résultats qu’on connaît.
A suivre prochainement: les leviers d’actions stratégiques
Guy Gweth
Allemagne – l’espionnage des salariés en procès à Francfort
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Management de l'information, Sécurité, Veille stratégique on 6 octobre 2009 at 5:57Le procès qui débute à Francfort suscite beaucoup d’attention outre-Rhin. Il devra en effet instruire l’affaire des pratiques de surveillance et d’espionnage à la Deutsche Bank, première banque du pays. Un nouveau dossier sur la longue liste de scandales d’espionnage de salariés, qui secoue le monde industriel depuis des mois.
Qui était responsable de la surveillance de Michael Bohndorf, actionnaire « critique » de la Deutsche Bank ? Qui connaissait les pratiques d’espionnage du membre de la direction Hermann-Josef Lamberti ? Pour élaborer un début de réponse, la vice-présidente du tribunal, Gesine Brackert, passe en revue la politique de sécurité de la Deutsche Bank. L’audition est édifiante : engagement de détectives privés, mais aussi d’une « espionne » chargée de faire parler l’actionnaire, installation de balises de localisation sous le véhicule du membre de la direction, et d’un microphone dans un bouquet de fleurs… Les méthodes fleurent bon les romans d’espionnage. Et pourtant, elles existent bel et bien et font partie id’un arsenal sophistiqué de surveillance, partant « du haut vers le bas » de la hiérarchie en entreprise.
L’affaire ne touche pas que les hauts dirigeants, loin de là. « Il y a par exemple un grand intérêt pour les employeurs à s’intéresser aux données sur l’état de santé et la constitution de leurs salariés – et bien sûr, sur la potentialité des femmes salariées à devenir enceinte ou pas », explique Peter Schaar, en charge de la défense des protections de données auprès du gouvernement. « Nous sommes en passe de nous habituer à une surveillance totale et à un contrôle global. Les logiciels deviennent toujours meilleur marché, pour une utilisation de plus en plus simple en dépit d’une complexité accrue ».
Les cas particuliers de la Deutsche Bahn et de Deutsche Telekom
173 000. C’est le nombre de salariés que la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn (DB) a espionné pendant dix ans. A ce nombre déjà considérable, il faut ajouter les salariés de la Deutsche Post, de l’opérateur Deutsche Telekom, d’Airbus Allemagne, du constructeur automobile Daimler, de Siemens, du discounter Lidl (voir article lié)…La « lutte contre la corruption » et la « criminalité économique » sont les deux raisons principales invoquées par les directions des entreprises pour se justifier… Mais quid des données sur l’état de santé des salariés, collectées et conservées ? De la surveillance des échanges de courrier électronique entre représentants du personnel et journalistes ? Des fiches sur les performances au travail ?
Dans son appel à la manifestation contre « la surveillance totale des citoyens et salariés », le syndicat DGB dénonce une facette supplémentaire de ce qu’il appelle le « Turbokapitalismus » : « Les écoutes téléphoniques, la surveillance par vidéo, l’espionnage qui ont été dévoilés ces derniers mois montrent que les entreprises ne considèrent leurs salariés que comme des outils de production, dont la sphère privée est piétinée. Le but est de créer un sentiment d’insécurité, et d’empêcher une organisation syndicale de dénoncer la détérioration des conditions de travail. »
Pour Gerhart Baum, à la tête de la commission en charge d’enquêter sur les affaires d’espionnage chez Telekom et la Bahn, le cas des deux anciennes entreprises nationales montre une culture fondée sur l’autoritarisme et la rigidité des structures. Dans un entretien au Spiegel, il rapporte ainsi qu’ «il y avait chez Deutsche Bahn et Deutsche Telekom une mentalité de chef en pays conquis, selon le mot d’ordre « l’Etat, c’est moi ». On ne peut que saluer la lutte contre la corruption au sein de son entreprise. Mais c’est d’une grande arrogance de croire que l’on peut mener seul les enquêtes, sans faire appel à la justice ». Les deux dirigeants responsables des pratiques d’espionnage n’ont pu résister à la pression publique, devenue insoutenable, et se sont vus contraints de démissionner.
Guerre psychologique
En dépit de ces démissions et de la mise en place d’une commission d’enquête, les cas de ces deux entreprises ne représentent que la pointe de l’iceberg, précise Gerhart Baum. « On pourrait croire que ces entreprises considèrent l’économie comme un champ de bataille. Et cette guerre déborde sur d’autres territoires comme internet avec l’infiltration des blogs et des forums de discussions, ou encore la rédaction de lettres aux éditeurs écrites par des écrivains rémunérés, chargés de polir l’image des entreprises».
La forte mobilisation lors de la manifestation à Berlin contre la collecte des données reflète bien la sensibilité accrue des salariés et des syndicalistes sur la question de la protection des données et d’espionnage au travail. Les principaux syndicats allemands ont ainsi mis sur pied un site internet offrant conseils juridiques, mais aussi techniques de défense informatique, ainsi qu’un « Chef-check » chargé de vérifier si le supérieur hiérarchique use ou non de pratiques d’espionnage.
Mais Ingrid Sehrbrock, vice-présidente du syndicat DGB, ne se fait pourtant pas d’illusion : « Le scandale des derniers mois montre combien le droit fondamental de gérer soi-même ses données personnelles est piétiné. Mais la marge de manœuvre des salariés est réduite, car qui veut risquer son emploi à cause de la collecte illégale de ses données ? »
Claire Stam à Francfort (Allemagne) – Novethic
Enjeux diplomatiques et stratégiques 2009
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Prospective, Risk Management, Sécurité on 4 octobre 2009 at 10:18Certains penseront à juste titre qu’en tant qu’Ancien du CEDS de Paris, je prêche pour ma paroisse. La vérité va au delà : Enjeux diplomatiques et stratégiques est l’ouvrage de référence qu’il faut absolument lire lorsqu’on opère sur la scène internationale aujourd’hui.
Réalisée par « une équipe pluridisciplinaire constituée d’universitaires, de diplomates, de journalistes et d’officiers supérieurs », l’édition 2009 est parue chez Economica sous la direction de Pascal Chaigneau. Y ont collaboré : Viatcheslav Avioustskii, Francis Balle, Dominique Bangoura, Mustapha Benchenane, Raymond Carter, Emmanuel Caulier, Jean-Christophe Dallemagne, Carla di Martino, Patrick Dombrowsky, Yacouba Doumbia, Jean-Louis Dufour, Georges Estievenart, Patrick Ferras, Gilles Gallet, Thierry Garcin, Thérèse Gastaut, Jorge Huerta-Jemio, Fereydoun Khavand, André Lewin, Fouad Nohra, Jean-Bernard Ouvrieu, Henri Paris, et Olivier Rouquan. Voici quelques extraits :
2008-2009 : le nouveau visage des médias
« Philip Meyer, dans son livre The Vanishing Newspaper, annonce par avance l’année où les quotidiens imprimés auront été définitivement remplacés par les sites d’informations du Web : 2040. L’annonce fait écho au célèbre discours prononcé par Rupert Murdoch, le 13 avril 2005, devant les représentants de l’Association américaine des rédacteurs en chef. Au sein du New York Times, en privé, on tient pour révolue l’heureuse époque où la règle d’or consistait, pour le journal, à ‘publier toutes les informations dignes de l’être’. » P. 235
La vie des Nations Unies en 2008
« La date du 2 avril (2009) et la place, Londres, étaient retenues pour le sommet du G-20. On dit qu’il devait être refondateur du système financier mondial et constituer un deuxième Bretton Woods. Mais comment pouvait-il en être ainsi, s’il s’agit pour vingt États de décider de ce qui en concerne 192 ? Certes, on imagine que les ‘locomotives’ du Groupe des 77 qui participent au G-20 telles que l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Inde s’efforceront d’être porteuses des revendications de tous les pays du Sud… » P. 245
Le retour de l’État sur la scène internationale
« Parallèlement à l’économie, l’État opère son retour sur la scène internationale par la guerre, de nouveau ultima ratio regnum. Pour souligner le poids des souverainetés comme détentrices de la violence légale, Louis XIV faisait graver à la bouche de ses canons : ‘Le dernier argument du Roi’. La résurgence de la Russie sur la scène géostratégique et la guerre de Géorgie d’août 2008 ont redonné aux conflits entre États que l’ont croyait oubliés une particulière actualité. » P. 8
La guerre en 2008
Les États continuent de ne pas voir dans la guerre un moyen de résoudre les contradictions qui les opposent. Restent les affrontements entre États et groupes armés et autres guerres par procuration. Il n’est pas dit que ces guerres asymétriques soient complètement inutiles. Elles amènent les armées à reconsidérer leurs méthodes de combat et d’entraînement, à mieux appréhender les formes de la guerre probable que décrit, avec talent et une grande qualité d’analyse, le général Vincent Desportes, et finalement à mieux se préparer à rétablir la paix. » P. 225
Guy Gweth
Pétrole : la Chine vise 6 milliards de barils au Nigeria
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Stratégie, veille on 1 octobre 2009 at 9:28La Chine voudrait conclure l’un de ses plus gros contrats d’énergie à l’étranger dans les prochains jours. Pékin est prêt à débourser entre 30 et 50 milliards de dollars au Nigéria pour y exploiter d’importants champs pétroliers.
La Chine qui cherche à sécuriser ses approvisionnements en hydrocarbure espère mettre la main sur une partie du pétrole du Nigéria, selon le Financial Times. Les gisements en négociation représentent un sixième des réserves du Nigéria soit 6 milliards de barils. L’offre chinoise est estimée entre 30 et 50 milliards de dollars.
LA CNOOC, l’une des trois majors chinoises de l’énergie, est en négociation avec le Nigéria au même titre que Shell, Chevron, Total et ExxonMobil pour exploiter 16 gisements dont les licences détenues par les sociétés pétrolières occidentales arrivent à la fin de leurs échéances.
Le ministre nigérian du Pétrole Rilwan Lukman a confirmé mercredi que des discussions étaient en cours avec la Chine sur un possible contrat pétrolier, mais qu’aucune décision n’a été prise. “Les Chinois ne sont pas les seuls à chercher à avoir accès au pétrole et au gaz du Nigéria… Nous sommes en discussion continue avec divers groupes et intervenants“, a-t-il précisé.
Rappel : avec ses 2.356.000 barils par jour, le Nigéria représente 2,9% du pétrole mondial. Le pays a vu sa production entravée par le conflit politique qui l’oppose au groupe séparatiste Mend dans le delta du Niger. Le Nigéria a rejoint l’OPEP en 1971.
TV, AFP & GG
Le risque d’investir en Guinée équatoriale
In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Management de l'information, Risk Management on 29 septembre 2009 at 8:30Le 30 août 1979, le colonel Teodoro Obiang Nguema accède au pouvoir à Malabo (capitale d’un État lilliputien de 28 051 km² situé dans le golfe de Guinée), à la suite d’une révolution de palais. A l’époque, la Guinée équatoriale est exsangue et le nouveau Président est obligé de faire appel au concours du Fonds monétaire international.
La Guinée ou l’art d’effrayer les investisseurs
In Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 25 septembre 2009 at 1:50Alors que les pays riches rivalisent d’adresse pour attirer le plus d’investisseurs, de touristes et de travailleurs qualifiés possible ; alors les pays émergents se battent pour séduire les entreprises qui délocalisent, de nombreux pays au sud du Sahara jouent à faire peur aux opérateurs étrangers. C’est le cas de la Guinée Conakry, un peuple de travailleurs infatigables, une terre de tradition hospitalière pourtant affublée de la note « D »[1] dans la catégorie « environnement des affaires » du Département Etudes Economiques et Risques Pays de COFACE, au même titre que le Zimbabwé ou l’Afghanistan. L’insécurité.
Des exemples
Le 16 septembre dernier à Conakry, des militaires guinéens se présentent au siège de Total Guinée dans le but d’enlever son directeur général. Le DG, Philippe Chauvin, échappe aux agresseurs grâce à l’intervention de ses employés et de quelques passants. Un mois plus tôt, c’est l’ambassadeur de Ghana qui avait été enlevé, brutalisé et dépouillé par des hommes armés…
Des causes
Depuis la prise du pouvoir par les militaires au lendemain du décès de Lansana Conté le 23 décembre 2008, les diplomates et hommes d’affaires asiatiques, européens et africains sont régulièrement la cible de bandes armées qui se croient au dessus des lois. D’ici à 2012, le marché de la security business va flamber dans ce pays comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire.
Des réalités
Malgré ses ressources naturelles, la Guinée Conakry est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Elle est 173ème dans le classement Doing Business 2010[2] avec 179 créations d’entreprises/an pour 111 fermetures et un indice de protection des investisseurs de 172. Il faut 41 jours et 13 procédures pour créer une société à responsabilité limitée (SARL) dans ce pays[3].
Une solution
Pour investir et/ou vous maintenir en Guinée en toute sécurité, demandez conseil à vos experts.
[1] « D » équivaut à la moins bonne note du classement
[2] Doing Business, Rapport 2010, Banque Mondiale (BM) & International Finance Corporation (IFC)
[3] Pour créer une SARL en Afrique subsaharienne, il faut en moyenne 41 jours et 9 procédures.
Réputation: le Nigeria obtient les excuses de Sony
In Communication d'influence, Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Perception Management, Soft Power, veille on 22 septembre 2009 at 7:18Le fabricant de la PS3 a mis en ligne, et diffusé aux Etats-Unis, un spot humoristique dans lequel une blague semblait assimiler les nigérians à des arnaqueurs.
La société Sony a dû présenter ses excuses après la diffusion d’une publicité pour sa console Playstation 3, jugée offensante par le gouvernement du Nigeria, rapporte lundi 21 septembre le site internet du quotidien britannique The Telegraph.
Dans ce spot humoristique, diffusé sur internet et à la télévision américaine, un consommateur, Bernie, interpelle le fabriquant de la PS3 : “Chère Playstation, j’ai eu un tuyau selon lequel vous faites la PS3 à 299$. Vous confirmez ou vous démentez ?”.
Dans la séquence suivante, un responsable de Sony, présenté comme “directeur de la confirmation des rumeurs”, répond : “Bernie, il ne faut pas croire tout ce que vous lisez sur internet. Si c’était le cas, aujourd’hui je serais un millionnaire nigérian.”
Un classique de l’arnaque
Cette blague fait référence à un grand classique de l’arnaque sur internet : les “Nigerian Scams” ou “419 scams”. Le principe est d’envoyer à plusieurs personnes un mail dans lequel l’arnaqueur se présente un proche, et seul héritier, d’un banquier, homme politique ou homme d’affaires défunt.
Pour pouvoir toucher l’argent de l’héritage, bloqué souvent pour des raisons politiques, l’arnaqueur demande à son correspondant de lui fournir ses coordonnées bancaires afin de le récupérer à sa place. La victime se voit promettre une large commission sur la somme. Bien entendu, ceux qui se laissent prendre au piège voient leur compte vidé dans les plus brefs délais. Ces mails proviennent de nombreux pays connaissant une instabilité politique. Mais ce serait au Nigéria que cette arnaque aurait pour la première fois vue le jour.
Le gouvernement nigérian a en tous cas très mal pris la blague de Sony et a réagi dans un communiqué dans lequel il “demande des excuses inconditionnelles de la société Sony pour cette campagne négative délibérée contre l’image et la réputation du pays. Le gouvernement voit ceci comme une tentative de la société Sony d’affaiblir les intérêts économiques du Nigéria dans le monde”.
Le fabricant de la PS3 s’est immédiatement exécuté dans un communiqué dans lequel il s’excuse “auprès de tous ceux qui se sont sentis offensés” et en annonce le retrait du spot. Celui-ci sera remplacé par un autre, dans lequel le responsable de Sony répond : “Il ne faut pas croire tout ce que vous lisez sur internet. C’est comme ça qu’a commencé la Première Guerre Mondiale”.
Jérôme Hourdeaux – Nouvelobs.com
Côte d’Ivoire: Trafigura fait la loi aux victimes du Probo Koala
In Gestion de crise, Guerre économique, Management de l'information, Perception Management, Risk Management, Soft Power, Sécurité on 21 septembre 2009 at 5:57C’est dimanche 20 septembre 2009 que Trafigura a annoncé avoir trouvé un accord avec 31 000 victimes des déchets toxiques du Probo Koala. Pour arrêter les poursuites judiciaires engagées par la côte d’Ivoire en 2007, l’entreprise néerlandaise avait versé 100 milliards de francs Cfa à l’État ivoirien.
Les développements de l’intelligence économique en Afrique
In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 20 septembre 2009 at 4:00Dans Le Monde diplomatique n°666[1], Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, écrit : « je reste, en effet, fondamentalement convaincu que celle-ci (l’Afrique) ne pourra résister aux défis de la globalisation qu’unie et solidaire. » Cette exigence d’unité et de solidarité vaut également pour l’intelligence économique (IE) dont la situation connaît d’énormes disparités sur le continent. Mais aussi inégaux soient-ils, les développements de l’IE au niveau des États, des entreprises, des éducateurs et des experts doivent concourir à l’éclosion du désir de gagner ensemble que l’Union africaine appelle de ses vœux.
Les États
L’intelligence économique, ne nous voilons pas les yeux, tarde à être considéré comme un sujet d’importance vitale par les gouvernements africains. Sur ce point, les pays d’Afrique francophone (hormis le Sénégal et le Maroc dans une certaine mesure) peinent à emboiter le pas à la France où on observe de remarquables avancées. Malgré la barrière linguistique qui empêche de s’y intéresser de près, les meilleurs élèves du continent demeurent la Libye (2ème) et surtout l’Afrique du Sud (au 1er rang). 45ème pays le plus compétitif au monde[2], cette dernière a été classée 34ème dans le classement Doing Business 2009-2010 devant le Portugal (48), l’Espagne (62), la Chine (89), la Russie (120), l’Inde (133) et le Brésil (129). Le pays de Nelson Mandela attire 6,5 millions de touristes/an (soit trois fois la population du Gabon) malgré de graves problèmes d’insécurité.
Les entreprises
L’état des lieux décrit par Adrian Alvarez dans la dernière livraison de Competitive Intelligence[3] consacré à l’Amérique latine est applicable à l’Afrique. Invoquant les cas du Chili et du Brésil, Alvarez remarque : « Dans ces deux pays, les premiers départements de competitive intelligence ont vu le jour dans de grands groupes (tels que Unilever, Procter & Gamble)… » En Afrique, seules les multinationales comme Bolloré ou Progosa, MTN ou BMCE Bank… ont de vraies unités d’IE. La communauté des hommes d’affaires chinois diffuse également des bulletins d’alertes d’une redoutable efficacité dans la détection et la réponse aux appels d’offre. Certains grands groupes (de télécoms, énergie et transports) bénéficient d’informations concurrentielles obtenues par leurs ambassades grâce au matériel d’interceptions arrivé par la valise diplomatique. Les entreprises locales patientent.
Les éducateurs
Mise à part l’Afrique du Sud, le Sénégal semble être le seul pays africain où l’IE est officiellement enseignée en tant que spécialité. Au Burkina Faso, au Cameroun, au Maroc et à Madagascar notamment, des antennes locales d’universités ou de centres de formation français dispensent quelques heures de veille et d’IE à la française. Pourtant, dans Critical Success Factors in the Brazilian CI Process paru page 13 in Competitive Intelligence (vide supra), Fernando de Almeida, professeur à l’université de Sao Polo relève un détail d’importance: dans des cultures comme celles d’Afrique ou d’Amérique latine, « la communication, dit-il, passe par les mimiques (…) une partie seulement est exprimée de manière explicite, soit verbalement, soit par écrit. » Le refus et/ou l’incapacité d’intégrer la matrice culturelle locale dans les formations d’IE est pour le moins suspect.
Les experts-consultants
Parlant de businessmen dans le royaume chérifien, c’est Abdelmalek Alaoui qui résume à peu près la situation des professionnels africains de l’IE, « cette situation où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique »[4] Heureusement, quelques acteurs tels que l’AMIE, GwethMarshall Consulting (1er cabinet d’intelligence économique en Afrique centrale) et l’OAIE travaillent à fédérer les énergies des experts africains au profit de stratégies sous-régionales tournées vers une vision régionale.
Pour conclure son texte cité plus haut, Jean Ping avertit : « au moment où la Commission est en passe de devenir l’Autorité de l’Union africaine, l’Afrique doit plus que jamais donner des réponses à ses citoyens et lever les incertitudes… » La mission première de l’intelligence économique n’est-elle pas de réduire l’incertitude?
Guy Gweth
[1] Le Monde diplomatique (supplément), n°666, septembre 2009
[2] Forum économique mondial de Davos, Rapport sur la compétitivité globale 2008-2009
[3] SCIP, Competitive Intelligence, volume 12, n°3, mai/juin 2009
[4] Alaoui (A), Intelligence économique et guerres sécrètes au Maroc, Le serpent à plumes éditions, avril 2009
Protégé : Les limites de la protection rapprochée sur internet
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Guerre de l'information, Management de l'information, Risk Management, Sécurité, veille on 18 septembre 2009 at 9:28Protégé : Interpol dans la guerre économique
In Coopération internationale, Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Veille stratégique on 16 septembre 2009 at 12:17Quelle intelligence économique pour le sud du Sahara ?
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Sécurité on 13 septembre 2009 at 1:30Pour la rubrique « Trois questions à » d’un magasine économique, le journaliste Jean Vincent Tchienehom nous demandait récemment si « c’est cher même pour une petite entreprise d’intégrer l’intelligence économique dans sa stratégie ? » Les entreprises ne s’enquièrent du coût de l’ignorance qu’au moment de mettre la clé sous la porte. La perception qu’ont donnée les fabricants de logiciels de veille à l’IE dissuade nombre de PME et PMI des PMA. Pourtant l’intelligence économique (IE) comme elle opère dans les pays en développement (et singulièrement au sud du Sahara) est sans commune mesure avec ce qui a cours dans les pays riches.
Tout au plus les similitudes s’arrêtent-elles à la théorie et à quelques outils. L’opérationnel est tout autre. Dans ce champ, ceux qui tentent de transférer tel quel le savoir-faire du Nord vers le Sud ne visent qu’à perpétuer la suprématie du premier sur le second. Sans –loin s’en faut- aider à résoudre les questions liées au contexte local. C’est pour cette raison que chaque fois que nous parlons d’intelligence économique et stratégique en Afrique noire, nous attachons du prix à consacrer un chapitre entier à la contre-influence. Ceux qui boivent le sang de ce continent n’arrivent pas en chars. Ils empruntent la culture, les idées.
Au delà de l’aptitude des décideurs à se poser les bonnes questions, de la méthodologie à déployer pour produire du renseignement et des capacités pour chercher, trouver et protéger l’information, l’IE est un moyen de partage enrichissant. Ce que l’on nomme « solidarité africaine » trouve donc ici un terrain d’expression supplémentaire. Mais il importe fondamentalement de bien identifier ses concurrents. Le jour où les Africains mettront un nom sur l’ennemi extérieur, tirer dans la même direction se sera plus une question de coût mais de stratégie d’intelligence commune entre forces vives de la nation.
Car en vérité, l’intelligence économique est par dessus tout un état d’esprit et un esprit d’équipe. Aidée par la mondialisation, la guerre économique telle qu’elle se déploie aux quatre coins du monde n’épargnera aucune entité isolée. Les Africains (États, entreprises, ONG et experts) doivent se « battre ensemble comme des frères » ou se préparer à « mourir ensemble comme un troupeau » suivant la sentence imagée et réaliste de Luther King. De l’Etat-stratège aux pôles de compétitivité en passant par une diplomatie économique résolument offensive, c’est un nouvel état d’esprit qui convoque les décideurs.
Il est étonnant d’observer que les secteurs névralgiques tels que le pétrole, le bois, la bauxite, les transports, les aires cultivables, etc… qui sont la convoitise des puissances étrangères ne soient à ce jour l’objet d’une surveillance par des unités spéciales formées aux techniques d’intelligence stratégique. Des informateurs y sont actifs, mais nous avons prouvé qu’au Congo et en RDC par exemple, ils sont dépassés par les réseaux et la vitesse d’exécution de leur vis-à-vis. Sur ce point, comme sur celui de la guerre informatique en particulier, la refonte des services de renseignements africains est une nécessité a-b-s-o-l-u-e.
En résumé, l’intelligence économique pourrait bien profiter à l’Afrique noire à condition de se départir de l’influence étrangère, d’instaurer l’Etat-stratège, de définir les secteurs prioritaires, de mettre en place des plateformes de collecte et de partage d’informations, de révolutionner les services de renseignements, de créer des lieux d’échanges privilégiés entre les secteurs public et privé. En attendant, y a-t-il plus loyal que les acteurs africains de l’IE (point d’intersection entre expertise internationale et maîtrise du contexte local) pour avertir et outiller les pouvoirs publics, les entreprises, les ONG et les médias nationaux?
Guy Gweth
Dans le même ordre d’idées, lire :
Contre-intelligence : l’expertise d’une PME africaine
Intelligence économique: les quatre vérités de l’OAIE
In Gestion de crise, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information on 6 septembre 2009 at 11:01
Le 12 avril 2007, le site Outils Froids publiait un article de 20 lignes intitulé: “Le retour de l’organisation africaine de l’intelligence économique (OAIE).” En guise de conclusion, l’auteur exigeait des excuses et des explications de l’Organisation suite au report sine die du colloque “intelligence économique en Afrique, enjeux et perspectives” initialement prévu du 15 au 18 février 2006 à Dakar. Une demande légitime. Depuis, le temps a passé. Sans effacer les traces de ce qui s’apparente aujourd’hui à une crise mal gérée. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, j’ai invité Joseph Bayehe, Phd., directeur exécutif de l’OAIE pour un entretien vérité. Au nom de l’Organisation présidée par le Général Mamadou Mansour Seck, ancien ambassadeur du Sénégal aux Etats-Unis, il a accepté de me répondre. En exclusivité.
Guy Gweth: la décision de reporter in extremis la tenue du colloque de Dakar sus-mentionné s’est révélée extrêmement éprouvante pour l’OAIE et l’ensemble de ses partenaires. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?
Joseph Bayehe : il y a eu un mélange de plusieurs facteurs parmi lesquels : un problème de coordination au niveau du Comité scientifique, le départ d’un membre de l’équipe d’organisation, et le désengagement de certains de nos partenaires. Les partenaires qui sont restés et dont la participation était conditionnée par celle des autres ont tiré les conséquences par leur retrait, malgré eux. Je dois dire ici que les choses se sont passées très vite et il y a d’autres détails que je ne peux exposer ici et qui ont milité pour l’annulation.
Avez-vous des regrets ?
Des regrets, évidemment nous en avons. Nous avons mal communiqué ou pas assez communiqué sur les raisons du report-annulation de notre Colloque. Beaucoup d’acteurs africains et non africains de l’intelligence économique n’ont pas selon toute vraisemblance été informés. Je comprends la réaction qu’ils ont eue par la suite et je saisis l’occasion que vous m’offrez à travers votre blog de présenter au nom de l’OAIE et à mon nom personnel toutes nos excuses à tous ceux qui ont été touchés d’une manière ou d’une autre par l’annulation du Colloque et leur demande de nous réitérer leur confiance. A ceux qui sont restés avec nous, qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde reconnaissance.
De nombreuses personnalités et institutions internationales étaient impliquées dans l’organisation de ce colloque qui sont toujours prêtes à suivre. Pouvez-vous en citer quelques unes?
Je citerai d’abord l’UEMOA et son président Soumaïla Cissé qui a compris depuis 2005 notre combat, et qui de tout temps a eu une oreille plus qu’attentive. La BAD et son Président Donald Kaberuka ; au niveau de l’Union Africaine aussi, du Nepad, de l’ACBF, du CRDI. Des personnalités telles Jacques Bonjawo, Paul Dishman, ancien président de la SCIP et bien d’autres encore. Nous sommes entrain de travailler pour la présence d’au moins deux chefs d’Etats africains. Le moment venu, tout sera dévoilé.
Alors que la guerre cognitive fait rage dans le cyberespace, comment justifiez-vous la relative carence des acteurs africains de l’intelligence économique sur le terrain de la communication stratégique et de la production des connaissances en ligne ?
Il s’agit probablement d’une question de culture et de l’absence d’un catalyseur. Je sais qu’ils sont nombreux les Africains qui veulent produire des connaissances en ligne. Mais ils ont besoin d’un milieu dans lequel ils peuvent s’exprimer, un cadre opératoire.
Il faudrait aussi faire remarquer les orientations de la plupart des acteurs. Certains aimeraient plutôt mettre leur connaissance au service des entreprises qu’ailleurs. L’existence des blogs comme le vôtre poussera certainement d’autres à s’y investir.
Les Africains sont réputés solidaires. Arrivez-vous à expérimenter cette « solidarité africaine » sur le terrain de l’information et du partage des connaissances ?
Vous savez que chaque fois qu’on parle d’information au niveau des entreprises ou même des États, le mot prend une autre connotation et donne lieu à des réactions qui quelques fois n’ont pas lieu d’être. On n’arrive pas à faire la différence entre ce qui est pour soi et ce qui peut nous servir à nous, mais aussi servir aux autres sans qu’on perde sa compétitivité.
Cette solidarité n’est pas effective au plein sens du terme mais elle tend à s’installer déjà au niveau des intellectuels africains. La sensibilisation et la formation peuvent aider à changer la mentalité. On voit aussi la nécessité de créer des banques de données accessibles et interactives pour limiter la rétention de l’information et favoriser la culture au partage ./.
Protégé : Présidence à hauts risques pour Ali Bongo
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Prospective, Risk Management, Sécurité on 5 septembre 2009 at 8:49Vos chantiers thématiques pour la rentrée
In Benchmarking, Diplomatie économique, Intelligence compétitive, Intelligence sportive, Intelligence économique, Stratégie on 4 septembre 2009 at 8:50Chers lecteurs,
Depuis janvier 2008, vous êtes plusieurs milliers à nous témoigner votre intérêt en consultant, en imprimant et en recommandant des centaines de pages de ce site. Nous vous en sommes reconnaissants. Car par vos commentaires et suggestions, grâce aux demandes toujours plus pointues des ONG’s et entreprises clientes, vous réussissez chaque jour à nous pousser à la conquête de nouveaux territoires d’investigations au profit de décideurs stressés par l’incertitude et des bouleversements constants. D’où ces chantiers thématiques.
Certains parmi vous le savent : si nous théorisons sur l’intelligence stratégique et la diplomatie économique, c’est davantage pour tenir en alerte nos publics-cibles, au plus pour sensibiliser l’opinion africaine, parfois échanger avec des collègues, éventuellement décoiffer les étudiants d’écoles bien pensantes et tracer des sillons aux générations futures, fût-ce modestement. Car l’intelligence, la vraie, ne se raconte pas. Non. Elle se pratique. C’est la substance de cette practice que nous allons exposer d’une manière plus cohérente.
L’objectif est de laisser les aspects pédagogiques de notre matière aux cabinets conseils, aux établissements supérieurs et autres centres de formation pour nous atteler à résoudre (ou tout au moins contribuer à solutionner) les problèmes d’ordre informationnel qui se posent aux États et aux entreprises ainsi qu’aux organisations de la société civile du Sud. Chaque thème abordé comprendra trois articles d’une page A4. Pas plus. Ce que Siméon Ombiono, notre ancien professeur de droit civil qualifie de « pluie d’idées dans un désert de mots. »
Seuls les articles protégés ou dictés par une actualité brûlante échapperont à la règle des trois billets. Chaque fois que cela sera possible, nous invoquerons le passé pour tenter de sonder le présent et nous projeter dans l’avenir. C’est Christian Harbulot, notre maître en infoguerre qui aime à rappeler que « les gens ont tendance à répéter leurs actes… » Cela est particulièrement vrai dans le cadre d’attaques informationnelles comme nous le verrons ensemble. Même en essayant d’innover, les lignes de forces de nos articles resteront celles-là.
Dans les jours qui viennent, nous aborderons tour à tour les thèmes de l’exception africaine en matière d’intelligence économique (en compagnie d’experts africains tels que Joseph Bayehe, directeur exécutif de l’organisation africaine de l’intelligence économique), la souveraineté des États africains en matière de télécommunications où nous montrerons avec l’aide d’ingénieurs comment l’Afrique est sur écoutes 24h/24. Suivront l’affrontement des compagnies aériennes dans le ciel africain, l’agriculture, le tourisme… etc.
Plus tard, le tirage au sort de la coupe du monde de football 2010 au pays de Nelson Mandela sera l’occasion d’approfondir le thème de l’intelligence sportive. Du coup de tête de Zidane aux soupçons portés sur le sprinter jamaïcain Usain Bolt, triple recordman mondial, en passant par les rumeurs lancées contre la championne sud-Africaine du 800 m Caster Semenia… Nous décrypterons les dernières techniques de déstabilisation en cours dans le sport de haut niveau avec l’espoir que l’Afrique remporte sa première World Cup.
Chers lecteurs, si ces chantiers thématiques devaient manquer leur objectif, merci de nous l’exprimer en pensant comme Montaigne que c’est « du choc des idées (que) jaillit la lumière. »
Bonne rentrée !
Guy Gweth
Protégé : Comment Kadhafi a dupé la France, de Tripoli à Paris
In Communication d'influence, Diplomatie économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Perception Management, Sécurité on 25 août 2009 at 8:45Communication stratégique, enjeu de défense nationale
In Communication d'influence, Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Perception Management, Soft Power on 23 août 2009 at 5:45
Fragiliser l’adversaire avant de le convier aux négociations est une vieille tactique de guerre qui marche encore. Les diplomates le savent très bien: il est plus aisé de fixer les conditions de paix lorsque les vaincus n’ont d’autres choix que la reddition. L’héritage des guerres passées à la société de l’information actuelle est visible dans la déstabilisation des dirigeants africains (par campagnes de désinformation ou rapports d’enquêtes… publiés à l’approche de grands rendez-vous internationaux). Pour contribuer à faire de la communication stratégique un enjeu de défense nationale dans ces pays, j’ai invité le chef de la cellule de communication au cabinet du Premier Ministre du Cameroun, Fritz-Jules Ebellé Eboumbou, journaliste principal. Fondateur en 1995 de l’Association Nationale des Professionnels de la Communication Institutionnelle (ANAPROCI), c’est un expert aguerri qui nous fait l’honneur de répondre à quelques questions. Une exclusivité.
Guy Gweth: en Afrique, le personnel politique, les acteurs de la société civile et même les opérateurs économiques montrent encore une certaine timidité à communiquer dans la blogosphère. Pourquoi le chef de la cellule de communication au cabinet du Premier Ministre du Cameroun a-t-il accepté mon invitation?
Fritz-Jules Ebellé Eboumbou: en vous remerciant sincèrement pour votre aimable invitation de m’exprimer à travers votre blog, il m’est agréable de vous faire savoir qu’un communicateur parvenu à mon niveau ne peut que se réjouir de l’opportunité ainsi offerte d’exposer ses attentes, préoccupations et convictions (apc).
Le Cameroun (comme plusieurs pays africains) est périodiquement l’objet d’attaques par l’information de la part d’acteurs extérieurs, actes hostiles souvent bien relayés par la presse nationale. Sans entrer dans le fond, comment jugez-vous les réponses apportées par les autorités nationales à ce type d’assauts?
L’héritage du parti unique dans le comportement et les attitudes de nos dirigeants n’est pas à minimiser. Dans ce contexte, vous ne l’ignorez pas, le secret était élevé à la dignité de culte. Faire savoir ce que l’on fait n’était pas une préoccupation. Les messages des pouvoirs publics allaient vers les administrés à sens unique. Sans que les réactions des concernés soient un souci majeur. Du jour au lendemain, sans préavis, le mur de Berlin tombe et on se réveille dans un monde nouveau avec de nouvelles exigences de gouvernance pour lesquelles on était peu préparé. Et même si en général, les accusations dont ils sont l’objet ne sont pas toujours fondées, nos gouvernants restent embrigadés par les vieux réflexes qui sont insuffisamment adaptés aux nouvelles réalités de l’heure. On assiste alors à une communication de type défensive bien peu percutante au regard des résultats généralement en deça des attentes de nos pouvoirs publics.
Quelles sont à votre avis, les raisons qui font que de nombreux États au sud du Sahara n’ont toujours pas inscrit la communication stratégique comme enjeu de défense nationale alors que les dégâts sont terribles pour l’image et l’économie de ces pays?
Il convient de considérer chaque cas dans son contexte, d’éviter les généralisations abusives. Si vous examinez les textes réglementaires vous serez surpris des dispositions envisagées. Le sempiternel problème réside au niveau de l’application effective des textes en question. Au Cameroun que je connais bien, l’arsenal juridique dans le domaine de la communication est très pertinent. Des mesures sont arrêtées au niveau de la Présidence de la République. Chaque département ministériel dispose d’une Cellule de Communication. Les Services du Premier Ministre ne sont pas en reste. Mais comment coordonner tout cela? Comment en faire un instrument véritablement dédié à la valorisation de l’image de marque des institutions nationales tant sur le plan interne qu’externe? La prise de conscience est bien réelle. C’est la mise en œuvre effective des préoccupations des pouvoirs publics qui demeure problématique.
Au cabinet du Premier Ministre du Cameroun, vous travaillez depuis une dizaine d’années sur un concept de laboratoire d’idées dont le leitmotiv est: “les batailles se gagnent ou se perdent ou sur le terrain de la communication.” Quels en sont les axes stratégiques?
Nous travaillons à restaurer la confiance entre le corps des journalistes toutes tendances confondues avec les pouvoirs publics, nous visons à restaurer des liens de partenariat entre nos pouvoirs publics et la presse internationale, nous nous attelons à faire adopter une communication de proximité en direction de nos partenaires stratégiques. Nous entendons amener nos pouvoirs publics à s’approprier les concepts modernes de l’intelligence stratégique pour améliorer leur positionnement sur la scène internationale. En janvier 2010, nous serons outillés pour mesurer les résultats obtenus dans ces différents chantiers… ./.
La communication défensive des Etats africains : le cas du Cameroun
In Communication d'influence, Diplomatie économique, Gestion de crise, Intelligence économique, Perception Management, Soft Power on 21 août 2009 at 11:30La communication c’est la guerre. Ceux qui l’ignorent en font les frais. Depuis les années soixante, décennie des indépendances en Afrique subsaharienne, les États n’ont interprété cet axiome que sous un angle monolithique. On communique essentiellement pour défendre la position officielle du gouvernement. Mais avec la chute du mur de Berlin, le vent de démocratisation sui generis, les crises, la concurrence et la mondialisation de l’information, les États africains sont contraints d’innover. Leurs gouvernements doivent communiquer vers l’international pour attirer les investisseurs et touristes étrangers, pour accroitre l’influence et le rayonnement du pays, pour déjouer les courbes des agences de notation et parer aux actes hostiles. Epinglé en l’espace de 45 jours par les rapports du CCFD[1] et du Foreign Policy[2], le Cameroun (Afrique en miniature) révèle une communication monarchique de type défensif (I) qui gagnerait à passer en mode républicain de type offensif (II).
I – Une communication de type défensif
Le Cameroun est très certainement le seul pays au monde où la Présidence de la République est dotée de deux sites officiels[3] sur internet. Ce seul indice suffit à trahir l’état d’esprit des griots noirs (A) et des sorciers blancs (B) payés par le contribuable pour gérer l’image de marque du pays.
A/ Les griots noirs
Comme c’est souvent le cas lors des classements de Transparency international inscrivant le Cameroun au tableau des pays les plus corrompus de la planète, les dernières accusations portées contre la fortune du chef de l’Etat camerounais par l’ONG française, CCFD, ont donné lieu à un schéma de défense classique en Afrique : les membres du gouvernement montent au créneau pour se justifier face à une ONG, profitant au passage pour chanter les louanges du Président. Un combat asymétrique perdu d’avance. Car en face, on n’a tôt fait d’enfermer dans leurs propres contradictions ces griots qui entourent leur monarque d’un airbag de flatteries, décrédibilisant ainsi leur pays, presqu’autant que les sorciers blancs.
B/ Les sorciers blancs
Les gourous de RP et communication qui conseillent aux chefs d’Etat africains d’acheter des pleines pages de journaux parisiens pour défendre et promouvoir leur pays et gouvernants lors de visites officielles sont des dealers. Car plus personne ne croit à ce type de communication, et surtout pas le lecteur français, les dirigeants européens encore moins. Aussi entend-on régulièrement nos sorciers blancs se moquer de leur clientèle subsaharienne lors de diners en ville : « ils sont trop généreux… Ils font confiance facilement… Ils ne réalisent jamais d’étude d’impact et c’est tout bénéf pour nous… », confie-t-on entre deux coupes dans les restaurants du VIIè et du XVIè arrondissements parisiens. Vivement l’offensive!
II – Une communication de type offensif
La nouvelle stratégie de communication que nous suggérons aux Exécutifs africains trouve son encrage et ses ressources dans les failles des adversaires (A) et l’expertise nationale (B).
A/ Les failles adverses
A l’heure où de plus en plus d’ONG crédibles servent de bras armés à leur gouvernement ou à des groupes d’intérêts, un traitement particulier doit leur être réservé dans les dispositifs républicains de défense. Dès l’instant où des failles d’ordre moral (dettes de jeu, inscription aux alcooliques anonymes, penchant pour les paradis artificiels…) sont relevées sur ceux qui posent des actes hostiles, il faut riposter en prenant les précautions d’usage, non seulement pour déplacer le débat dans l’espace, en décrédibilisant l’assaillant, mais aussi pour dissuader d’autres adversaires potentiels, en s’appuyant sur des experts nationaux.
B/ L’expertise nationale
Dans son déficit de créativité et sa soumission à l’Occident, aucun État africain – à part la Libye, le Ghana et l’Afrique du Sud – n’a entrepris de générer des caisses de résonance internationales, des think tank, des ONG ou des idiots utiles moralement irréprochables pour traiter d’égal à égal avec leurs adversaires; et à contre-attaquer le cas échéant. Ayant trop tiré sur la corde, « l’église catholique qui est au Cameroun » est désormais disqualifiée pour tenir ce rôle et les conseillers en communication du Président semblent blasés par l’ennemi intérieur. Pourtant, il y a des experts nationaux compétents qui ne demandent qu’à être intégrés dans une stratégie d’intelligence collective au profit de leur pays et du continent africain.
Guy Gweth
[1] Biens mal acquis, à qui profite le crime ?
[2] Classement 2009 des pays à risque
[3]Les deux sites officiels sont: www.prc.cm & www.presidenceducameroun.com
S’inspirer des stratégies des terroristes pour mieux les atteindre
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Risk Management on 20 août 2009 at 3:00Face aux menaces qui pèsent sur le monde actuel (attaques terroristes, guerre informatique, conflits armés, réchauffement climatique, ouragans, pandémies, prolifération nucléaire sauvage… “Foreign Policy a demandé à 21 experts internationaux, chacun dans son domaine, de donner une solution qui aiderait à faire de la planète un monde un peu meilleur et plus agréable à vivre.” Le 12è point : lutter contre le terrorisme signé de John Arquilla, professeur en stratégie de défense à l’Ecole Navale Supérieure, a particulièrement retenu notre attention. Dans les lignes qui suivent, Arquilla propose tout simplement de s’inspirer des stratégies des terroristes pour mieux les atteindre… Quelle ingéniosité! GG
« “Réseau” est le mot le plus couramment utilisé pour désigner les organisations terroristes depuis le 11-Septembre 2001. Pourtant, depuis six ans que le premier grand conflit armé a eu lieu entre des Etats et des “réseaux”, les Etats en sont toujours à livrer la “dernière bataille”. On a à peine remarqué que la poursuite d’Al-Qaïda et de ses alliés s’effectue sans qu’aucune réflexion sérieuse n’ait été menée sur les nouveaux types de problèmes que posent des adversaires qui opèrent en petits groupes interconnectés, avec un minimum de contrôle central.
« Les nations continuent de raisonner en termes d’accumulation de forces sur des champs de bataille, de puissance de feu “écrasante”, comme l’armée des Etats-Unis a tenté de le faire en Irak. Mais les “réseaux” là-bas ont su facilement dévier les coups, poursuivant leurs activités insurrectionnelles avec une sauvagerie encore plus grande. Dans ce nouveau type de conflit, – appelons cela “guerre de réseaux” – la dynamique de base est celle de ceux qui se cachent contre ceux qui les cherchent. L’époque est révolue où l’on massait mutuellement des forces pour qu’elles s’affrontent sur une plaine sinistre. Aujourd’hui, si vous ne trouvez pas l’ennemi, vous ne pouvez pas le combattre. Si les nations veulent avoir la moindre chance de défaire le terrorisme, elles doivent comprendre que les réseaux sont une forme d’organisation distincte, et non juste un qualificatif appliqué à la hâte. D’une manière pratique, cela signifie qu’il faut viser les “nœuds stratégiques” du réseau, et non pas seulement se borner à les neutraliser en envahissant ou bombardant les pays soupçonnés de les soutenir.
« Vous ne pouvez pas attaquer un “réseau” avec une armée traditionnelle. Au lieu de cela, il faut avoir la volonté d’organiser ses propres forces en unités souples et organisées en “réseaux”. De façon assez ironique, il faut dire que l’armée des Etats-Unis avait entamé sa guerre contre le terrorisme sous cette forme avec ses onze “A teams” des Forces Spéciales – soit moins de 200 hommes par équipe – qui ont renversé le régime Taliban et mis Al-Qaïda en déroute en Afghanistan. Chaque équipe était connectée aux autres et aux forces aériennes de soutien. Ils se sont révélés impossibles à arrêter. Mais depuis la fin 2001, la vieille garde des généraux américains a renoué avec sa préférence pour les grosses unités, d’abord en Afghanistan, ensuite en Irak. Et aujourd’hui nous sommes deux fois embourbés, en grande partie à cause de notre réticence à “combattre les réseaux par des réseaux”.
« Voici quelque quarante ans au Vietnam, le Pentagone a basculé d’une stratégie à base d’opérations spéciales ciblées et interconnectées en faveur de celle, conventionnelle, des “unités lourdes” conventionnelles, avec les résultats désastreux que l’on connaît. Jusqu’à maintenant, nous avons commis la même erreur dans la guerre contre le terrorisme. La seule différence, c’est qu’il est encore temps d’en inverser le cours. »
Les 21 solutions du Foreign Policy pour sauver le monde.
Sectes : OPA sur l’Afrique
In Communication d'influence, Intelligence culturelle, Intelligence stratégique, Perception Management, Soft Power, Stratégie on 18 août 2009 at 10:00Le 20 juillet 2008, nous publiions une carte postale de notre enquête sur l’industrie de la foi sur le continent noir sous le titre : le business de Dieu en Afrique subsaharienne. L’intérêt de notre étude pour l’intelligence économique et stratégique était triple. Primo : évaluer le capital et les intérêts générés le syndicat de Dieu. Secundo : décrypter les stratégies de contrôle mental activés pour ferrer les cibles. Tercio : sonder l’impact de cette industrie à l’organisation al qaedienne sur la société, l’économie et l’establishment politique des pays concernés. Un an plus tard, presque jour pour jour, le très bel article signé de Fabienne Pompey ce 17 août 2009 sur le site de Jeune Afrique sous le titre Sectes : OPA sur l’Afrique vient corroborer nos premiers résultats. Le journal de Béchir Ben Yahmed va même plus loin en citant les noms de puissantes organisations religieuses que nous préférions garder sous silence, à l’époque, pour les besoins de l’enquête. En voici quelques extraits. GG
“On trouve de tout sur le marché religieux et mystique du continent : des grandes Églises, des petites, des prophètes autoproclamés, des sectes et groupes initiatiques en tous genres. Un méli-mélo de la spiritualité qui profite de la grande liberté laissée aux cultes et de la misère des populations. Dérives, escroqueries et manipulations mentales : tout est, hélas, permis.
“Traquées, parfois traduites en justice en Europe – notamment en France, où la vigilance est forte –, les sectes trouvent en Afrique une terre d’accueil sans contraintes. De même, les évangélistes américains ou brésiliens professent, voire s’installent, à peu près comme ils veulent. Et les mystiques et autres mouvements new age ne rencontrent pas non plus d’entraves. Baignée dans les rites initiatiques, la sorcellerie, la magie, les fétiches et autres croyances, l’Afrique est une terre ouverte aux religions et à leurs avatars.
“Souvent dissimulés sous des associations de bienfaisance ou humanitaires, les sectes et mouvements religieux, européens, américains ou asiatiques, s’immiscent discrètement dans le quotidien des Africains. Un exemple : le 24 avril 2009, le quartier de Cocody, à Abidjan, abrite une cérémonie de lancement du Festival mondial de la paix, accompagné d’un projet « à impact social » sur le campus. La fête est rehaussée par la présence d’un représentant de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), Hamadoun Touré. Il fera même un discours, assez classique, sur la paix, principale préoccupation des Ivoiriens. Rien que de très ordinaire. À un seul détail près : la cérémonie se tient à l’initiative de la secte Moon.
“Le rêve africain de Moon
“Il y a bien longtemps que Moon a ses entrées à l’ONU. Après avoir fait ses premières recettes sur le thème de la lutte contre le communisme, avec un temps le soutien de la CIA, le gourou d’origine coréenne a senti le vent tourner et a réorienté sa croisade vers la « paix universelle ». Il crée alors des dizaines d’ONG et la FPU est reconnue, à ce titre, comme partenaire de l’ONU. Moon obtient une tribune aux Nations unies.
“À Paris, le porte-parole de son Église de l’unification, Laurent Ladouce, travaille à l’élaboration d’un « rêve africain », « le rêve de l’Afrique de jouer un rôle accru dans le monde et le rêve de centaines de millions d’Africains de mener une vie meilleure ». Pour cela, il faudrait « faire ressortir la beauté de la personnalité africaine, ses valeurs fortes et universelles, qui feront que les gens auront envie d’aimer les Africains, de les avoir comme amis, comme partenaires ». Le texte est un salmigondis de réflexions à l’emporte-pièce, allant de la définition d’une « stratégie touristique panafricaine » à une « éthique africaine du capitalisme ».
“De son Japon natal, Daisaku Ikeda, président de Soka Gakkai, bouddhiste, pense aussi que « l’Afrique est le continent du XXIe siècle ». Ce mouvement religieux et politique, qui revendique quelque 12 millions de membres dans le monde, est présent en Côte d’Ivoire depuis 1983, où il a été reconnu comme Église en 1999. Il aurait aujourd’hui 11 000 adeptes ivoiriens, dont un tiers dans le seul quartier de Yopougon, à Abidjan. Les représentations les plus importantes sur le continent sont au Ghana et en Afrique du Sud, mais aussi en Zambie, en Namibie, au Zimbabwe, en RDC ou au Mozambique.
“Avoir la caution d’un chef d’État, ou de hautes personnalités, est essentiel pour ces mouvements, qu’ils soient religieux, philosophiques ou thérapeutiques. C’est ainsi que l’une des grandes réussites de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, l’Amorc, sous l’impulsion de son ancien et défunt « Imperator », Raymond Bernard, a été de pouvoir compter dans ses rangs le président camerounais Paul Biya. Plusieurs membres du gouvernement ou des grands corps d’État sont, ou ont été, rosicruciens. Sur le continent, l’Amorc revendique quelque 25 000 membres et organise très régulièrement conférences et séminaires, de Dabou à Ouaga, en passant par Kinshasa.
“Ainsi, l’Église de scientologie, d’origine américaine et extrêmement suspecte aux yeux des autorités françaises, a été reconnue d’utilité publique en 2007 en Afrique du Sud. Elle bénéficie ainsi d’exonérations fiscales sur les dons des adeptes. Les scientologues ont racheté dans ce pays plusieurs superbes demeures classées. À Port Elizabeth, ils ont acquis un bâtiment ancien pour 8 millions de rands (près de 700 000 euros), plus 6 millions pour les rénovations, et profitent de l’exonération de taxes réservée aux investisseurs qui réhabilitent des monuments historiques !
“La scientologie se développe en Afrique sous couvert de ses « volontaires », qui interviennent dans des situations d’urgence humanitaire ou de programmes antidrogue, ou même dans des ONG de défense des droits de l’homme, comme le Youth for Human Rights International en Afrique du Sud. Ils ont aussi très officiellement pour mission « de réaliser des formations et des séminaires basés sur le travail de Ron Hubbard », le théoricien et fondateur de la scientologie.
“Les sectes poussent sur le terreau de la misère, du désespoir. Et, en Afrique, croyez-moi, les gourous se portent bien », assure Claude Wauthier, auteur de Sectes et prophètes d’Afrique noire. L’une des clés qui ont ouvert aux sectes les portes de l’Afrique réside dans leur promesse d’une vie meilleure, ici et maintenant. « Les gens cherchent une prière rentable dans le cadre d’un objectif précis : une guérison, la recherche d’un emploi, la réussite d’un projet, la résolution d’un conflit », estime Isidore Ndaywel è Nziem dans son Histoire du Zaïre.
“Plus grave, le projet politique qui se cache sous les oripeaux de la religion. « La pratique dans ces groupes amène à l’absence d’esprit critique, de distanciation, et à une désocialisation ; les sectes sont persuadées d’avoir trouvé un modèle social et donc un modèle politique qu’elles n’ont de cesse de dupliquer. Or ce sont en général des systèmes théocratiques, tyranniques et dictatoriaux », ajoute Jean-Pierre Jougla. « Dès qu’il y a un signe de déliquescence ou de vacance du pouvoir, les sectes se développent automatiquement », affirme-t-il […]
Retrouvez l’article complet dans Jeune Afrique
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Protégé : Ce que le FBI savait sur Bernard Madoff
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Sécurité on 17 août 2009 at 10:01Intelligence économique : le devoir d’innover
In Communication d'influence, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Management de l'information on 11 août 2009 at 3:59Ma grand-mère dit toujours qu’il faut s’inspirer des meilleurs. Cette fois, j’ai volontairement fait entorse à ce principe en m’inspirant d’un blogueur apparenté intelligence économique (IE) un brin exalté mais visiblement en panne d’inspiration. Pour reprendre un document intemporel du Service canadien de renseignement de sécurité que nous avons publié sur ce site il y a plus d’un an, il a cru devoir y ajouter sa french touch, ce que le psychologue John Dewey[1] appelle « le désir d’être important ». Le sujet « déplore » sans argument le fait que nous ayons exploité ce document sous l’angle de la contre-intelligence ; et d’ajouter qu’il date un peu… Pour finir, notre brave homme reproduit le même article le 7/8/2009 (!), se contentant de le segmenter comme le font tous les néophytes de la chasse au PageRank[2]. Cette attitude, incohérente en l’espèce, cache en réalité un malaise plus profond dans la communauté de l’IE que je n’ai de cesse d’observer et de regretter ; face auquel je propose une solution. Une.
Ce que j’observe
Lorsqu’on atterrit sur un site/blog d’intelligence économique/ stratégique, on est tenté de s’interroger sur les mobiles de l’auteur. Force est de constater que les objectifs sont rarement explicites. Cette absence de précision est de nature à créer un imbroglio complet chez les internautes qui ignorent alors s’ils sont en face d’une page de communication personnelle, d’un travail universitaire ou devant un site de promotion de moteurs de recherche et /ou de logiciels de veille sur internet. Nos lecteurs francophones (opérateurs économiques, enseignants, consultants, journalistes ou étudiants…) ont pourtant des demandes très précises. Dans leur grande majorité, ils espèrent en effet qu’on leur montre comment, grâce à sa grille de lecture innovante et complexe, l’IE offre le dispositif de défense et d’attaque (soft, hard et smart) idoine en matière de guerre économique. Être incapable de répondre à cette demande primordiale condamne tout auteur de site/blog d’IE à brasser de l’air. Pour l’instant, seuls quelques rares sites francophones tels que Infoguerre répondent avec succès.
Ce que je regrette
Je regrette qu’une trop grande place soit accordée aux techniques de recherche d’informations électronique dans les formations de 3è cycle en intelligence économique. Internet n’est pas le Christ qu’attend la communauté de l’IE. C’est tout juste, dirait Maître Eckhart[3], « le virtuel miroir de l’âme humaine ». D’où l’heureuse formule FJ Beylot de Troover : « sur internet on trouve de tout. On n’y trouve pas tout. » Car l’intelligence économique commence véritablement au moment où on croit détenir l’information recherchée. C’est à partir de cet instant qu’il faut « rompre l’os et sucer la substantifique moelle » selon le bon mot de Rabelais. Issus du moule de l’internet intelligence, les stagiaires qu’on reçoit aujourd’hui en entreprise ou dans les cabinets d’intelligence économique rêvent tous de travailler 8 heures par jour dans un bureau climatisé à collecter des informations que des inconnus ont posté sur internet pour X raisons.
Ce que je propose
On a de plus en plus tendance à oublier que les restaurants, les bars, les cafés … qui jouxtent les entreprises à surveiller sont des foyers intarissables d’informations, que les centres de sport et de loisirs fréquentés par les cadres d’une organisation concurrente sont le lieu idéal pour tamponner une cible. Pourtant nombre d’acteurs de l’IE même parmi les anciens sont incapables de descendre sur le terrain et de ramener des renseignements précis grâce aux techniques d’intelligence humaine (Humint). Combien de Masters en intelligence économique enseignent par exemple les techniques d’interrogatoire téléphonique dans l’espace francophone? [...] Je propose qu’on innove en mettant l’humain (non l’égo) au cœur de l’intelligence économique et stratégique, avec les conséquences que cela implique pour les théoriciens et les praticiens.
Guy Gweth
[1] John Dewey, Human nature and conduct: an introduction to social psychology, Carlton house, 1922.
[2] Critère mathématique inventé par Larry Page, co-fondateur de Google, le PageRank (PR) est l’indice de popularité des pages web. Plus il est élevé, plus la page en question est censée être intéressante pour les internautes.
[3] Philosophe et théologien allemand, Maître Eckhart (1260-1327) affirmait que « l’œil est le miroir de l’âme». Affirmation qu’en l’occurrence, nous transposons au web.
Les taupes de Fidel Castro aux Etats-Unis
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Sécurité on 9 août 2009 at 11:12C’est l’histoire vraie d’un couple de septuagénaires américains qui espionnaient leur propre pays au profit de Fidel Castro. Un chef d’œuvre pour les services de renseignements cubains qui ont réussi à traiter pendant 30 ans un haut fonctionnaire US au dessus de tout soupçon. Cette histoire peut être lue sous le prisme de l’intelligence économique, mutatis mutandis.
GG
“Cette fois-là, Walter Kendall Myers a manqué de vigilance. C’est une faute professionnelle pour un agent secret. Le 15 avril dernier, lorsqu’un inconnu l’aborde sur un trottoir de Washington, lui souhaite « bon anniversaire » et lui tend un « puro » – l’un de ces cigares cubains interdits de vente aux Etats-Unis – ce distingué haut fonctionnaire à la retraite est persuadé d’avoir affaire à son « officier traitant » de La Havane. Erreur fatale : l’inconnu en question est en réalité un enquêteur du FBI qui boucle trois ans d’investigations. Et s’apprête à faire éclater au grand jour une affaire d’espionnage digne des meilleurs polars de John le Carré.
“Taupe ayant ses accès dans les sommets de la diplomatie américaine, Kendall Myers, 72 ans, travaillait en effet pour le compte de Cuba… depuis trois décennies ! Expert et analyste en relations internationales au Département d’Etat, ce gentleman au profil d’aristocrate anglais détenait une accréditation « top secret ».
“Il pouvait ainsi accéder quotidiennement à la base de données de cette administration, aujourd’hui dirigée par Hillary Clinton. Avec l’aide de sa femme, Gwendolyn, 71 ans, assistante de direction à la banque Riggs, le fonctionnaire a transmis des milliers de documents et d’informations ultrasensibles à ses officiers traitants, qui, à leur tour, les acheminaient directement vers le bureau de Fidel Castro.
“Arrière-petit-fils de l’inventeur du téléphone Alexander Graham Bell, Kendall Myers présentait pourtant un pedigree au-dessus de tout soupçon. Issus de la bonne bourgeoisie américaine, lui et son épouse vivaient dans un immeuble chic des beaux quartiers de Washington. Amis, famille, collègues ne leur connaissaient qu’une seule passion : la voile, que ce couple BCBG pratiquait chaque week-end à bord de son « 37-pieds ». Jamais, au grand jamais, ils n’avaient manifesté devant eux le moindre intérêt pour la politique latino-américaine ni mentionné le nom de Cuba.
“En cet après-midi fatidique du 15 avril, le vrai-faux officier traitant cubain demande à Kendall Myers de le retrouver, le soir même, au bar d’un hôtel. Deux autres rencontres secrètes suivront, les 16 et 30 avril, toujours à Washington, mais dans l’intimité de chambres d’hôtels. Habitué à travailler en tandem, Kendall Myers vient chaque fois avec Gwendolyn, sa femme, sa complice. Au fil de cinq heures de discussions au total, l’agent du FBI multiplie les questions pièges afin de vérifier les éléments de l’enquête en sa possession.
“En confiance, les septuagénaires n’y voient que du feu. « Comment va tout le monde, à la maison ? » interrogent-ils d’emblée avant d’exprimer leur amour immodéré pour l’île communiste, où ils rêvent de se rendre un jour à la voile, car « Cuba compte vraiment pour [eux] ». L’instant d’après, badins, ils dénigrent les Etats-Unis : « Le problème de ce pays, c’est qu’il y a trop d’Américains. » Mais l’essentiel est ailleurs : lors des trois rendez-vous secrets, par petites touches, les époux Myers livrent d’innombrables et fascinants détails sur leur travail d’agents cubains.
“Titulaire d’un doctorat en relations internationales, Kendall Myers entame sa carrière au Département d’Etat à la fin des années 1970. Spécialiste de l’Europe, il est d’abord enseignant au sein du Foreign Service Institute (FSI), où il prépare les diplomates en partance pour le Vieux Continent. En 1978, lui-même assiste, en auditeur libre, à une conférence sur Cuba donnée par un diplomate de ce pays. A la fin de sa présentation, le Cubain invite Kendall Myers à participer à un voyage d’études non officiel sur l’île, où il se rend en décembre 1978, pendant deux semaines.
Sur place, l’Américain est pris en main, à son insu, par les services cubains, qui lui réservent leur meilleur « tratamiento », lequel consiste à présenter à leurs invités de marque la révolution sous son meilleur jour. Le « traitement » est couronné de succès [...]
Lire l’article complet in L’Express.
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La Francophonie comme outil de guerre économique
In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique on 29 juillet 2009 at 10:12Les pays développés ont fait de l’intelligence économique (IE) le moteur stratégique de leur développement et de leurs succès économiques. Dans le contexte actuel marqué par la globalisation des échanges, les États et entreprises francophones et africains en particulier sont condamnés à se doter d’instruments de surveillance, de prévision et d’anticipation. L’intelligence économique apparaît de ce point de vue comme une modalité de gestion de l’espace. L’information peut devenir une arme redoutable si elle est est ciblée, collectée, traitée, sécurisée et surtout partagée sans rétention. Dans un village planétaire travaillé par la guerre économique, l’espace francophone n’offre-t-il pas un excellent site d’expérimentation des stratégies d’intelligence collective ?
Selon Alain Juillet, ancien Haut responsable français chargé de l’intelligence économique, l’IE est un mode de gouvernance dont l’objet est la maitrise de l’information stratégique et qui a pour finalité la compétitivité et la sécurité de l’économie et des entreprises. L’intelligence économique, c’est-à-dire la capacité de créer des liens entre des informations économiques mais aussi sociales et culturelles, facilite les échanges entre plusieurs acteurs pour résoudre des problématiques de développement complexes. Elle aboutit à une meilleure compréhension des problèmes de marché, de développement des affaires et de coopération culturelle par la connaissance des valeurs, des représentations.
L’intelligence économique apparaît dès lors comme un créneau pour la Francophonie à l’heure où la tendance stratégique est au rapprochement, au partenariat entre pays et entreprises ayant les même valeurs en partage. L’IE est aussi un vecteur de développement et de coopération entre nations, et c’est dans cette perspective qu’il importe d’explorer de nouvelles voies pour renforcer la présence de la Francophonie dans les Etats membres. C’est d’ailleurs l’occasion pour cette communauté, souvent présentée comme un organisme en perte d’influence de réaffirmer sa légitimité et (pourquoi pas?) de poursuivre une stratégie de puissance dans une dynamique de coopétition.
Certains sont sceptiques quant à l’emploi de l’IE comme outil de combat dans de l’espace économique francophone. La plupart des Etats membres ont en effet un énorme retard à rattraper pour répondre aux défis qu’impose la conjoncture économique mondiale. Ils ont intérêt à construire ensemble un patrimoine informationnel qui assure leur compétitivité, leur permettant des actions offensives et défensives face aux opportunités, aux risques et menaces liés à la concurrence. C’est grâce à une telle prise de conscience suivie d’une politique d’IE qu’un pays comme le Maroc (cf. l’affaire des babouches) commence à résister à l’invasion des produits chinois.
Une autre catégorie de sceptiques est constituée d’acteurs pour qui l’intelligence économique est l’affaire des pays industrialisés. Il est vrai que la mise en place d’une politique d’IE reste très coûteuse pour un pays en développement. Mais l’un des objectifs de la communauté économique francophone n’est-il pas fondamentalement de se doter d’une plateforme commune de partage d’informations qui permettra à terme d’atténuer l’effort de guerre économique et de sécuriser le périmètre informationnel des pays membres?
Désormais, il y a une nouvelle grille de lecture de l’économie de marché. La mode est au partenariat et à la coopération. Seule une politique de défense économique francophone commune peut par exemple freiner l’appétit de l’ogre chinois qui ne cesse d’accroitre son influence en Afrique grâce à sa stratégie subversive de contournement et d’encerclement. A défaut d’être ouvertement offensive, la Francophonie peut se doter de moyens de défense.
Diagne Souadou
Consultante en IE
Diplômée de l’Ecole de Guerre économique de Paris
Le groupe Ben Laden à l’assaut du marché ouest-africain
In Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Leadership, Stratégie, veille on 28 juillet 2009 at 12:18Après une timide offensive ces dernières années en Afrique subsaharienne, le géant saoudien, Saudi Ben Laden Group, se lance à la conquête de l’Afrique francophone conformément à la nouvelle politique d’investissement en direction du marché ouest-africain convenue par ses administrateurs au courant de la première quinzaine du mois de juillet 2009.
Passer à la vitesse supérieure
Cette option stratégique des décideurs de la multinationale saoudienne intervient au lendemain d’opérations de prospection fructueuses effectuées en Afrique occidentale, respectivement au Sénégal, au Mali et en Guinée, entre mai et juin. Le groupe Saudi Ben Laden, qui a décidé de promouvoir son image en Afrique subsaharienne face à la montée en puissance des firmes asiatiques – via son programme d’investissements 2010-2014 – entend passer à la vitesse supérieure. Dans le domaine des hydrocarbures, Saudi Ben Laden arrive sur le marché sénégalais. Compte tenu de sa position stratégique, la multinationale saoudienne a fortement manifesté son intention d’acquérir 34% du capital de la SAR (Société Africaine de Raffinage) aux côtés de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de la société à hauteur de 65,4%) et de la firme pétrolière française, Total, présente dans le capital avec 34,6%. Lourdement handicapée ces dernières années par les fluctuations du marché pétrolier mondial et les manquements de la politique énergétique du pays, la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui tournait quasiment à perte, serait en passe de sortir la tête de l’eau. Saudi Ben Laden a décidé de mobiliser un investissement de près de 250 milliards de FCFA à court terme pour redresser l’entreprise ainsi « sauvée » de justesse d’un dépôt de bilan (…)
Total reste prudent
Total adhère avec beaucoup de réserve au schéma d’engagement de capitalisation envisagé par Saudi Ben Laden qui passerait de 34% à 51% du capital dans les années à venir. Même si le pétrolier français est resté à la table des négociations avec le géant saoudien, l’heure est à la prudence côté français. A en croire une source proche du dossier, « Total pourrait ne conserver que 20% des parts contre 34% à l’heure actuelle, après la prise d’actions de Saudi Ben Laden à hauteur de 51% qui deviendrait l’actionnaire majoritaire ». Le reste du dispositif actionnarial sera partagé entre l’Etat et le personnel, selon cette source. Le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr a décliné les ambitions du groupe saoudien qui a inscrit dans le cahier de charges le liant à la SAR la création d’une raffinerie d’exploitation complète et qui alimentera en produits pétroliers les pays de la sous-région africaine. Dotée d’une capacité de stockage de 1,2 million/t, largement en dessous de la demande en énergie qui serait de l’ordre de 1,8 million, la SAR compte, via son nouveau partenaire stratégique, redonner un second souffle à la filière hydrocarbures. Saudi Ben Laden group devrait libérer une première tranche des fonds, estimée à près de 120 milliards de FCFA d’ici à fin septembre 2009.
Le Mali dans les rangs
Le consortium saoudien, qui poursuit son offensive sur le marché ouest-africain, est également annoncé au Mali pour un important projet d’investissements dans le secteur immobilier. Saudi Ben Laden figurerait sur la short-list des entreprises internationales ciblées par le gouvernement malien qui a lancé il y a deux mois un programme de 4850 logements à réaliser avant fin 2010. Des officiels saoudiens du groupe Saudi Ben Laden ont pris langue avec l’Office malien de l’habitat pour réaliser ces travaux sous forme de joint-venture public-privé. Déjà, on apprend que l’Etat malien a soumis aux partenaires financiers internationaux ce projet immobilier en juin dernier et que la Banque Islamique de Développement (BID) est pressentie comme chef de file des bailleurs pour son financement. Saudi Ben Laden, serait prêt à apporter une enveloppe de 60 milliards de FCFA en partenariat avec le secteur public malien.
Ismael Aidara
Quand Capital s’amuse à pirater des sites d’entreprises
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence économique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 27 juillet 2009 at 11:25Le magazine Capital du mois d’août 2009, en kiosque depuis le 23 juillet, met le feu aux poudres et livre un article exclusif et explosif sur les sites web d’entreprise. Et le titre en dit long : « Pirater un site Web d’entreprise, un jeu d’enfant ! ». Les journalistes se sont tout simplement « amusés » à pirater les sites de sociétés telles qu’Orange, Virgin Mobile, HP, Amaguiz ou encore Facebook ! « Pas besoin d’être un pirate pour trouver un trésor : quelques clics et un peu d’astuce nous ont suffi pour forcer la porte de nombreux sites d’entreprise » affirme le journaliste, preuves à l’appui avec un tableau récapitulatif des infos récoltées, de ce qu’auraient pu en faire des pirates, et du temps de réaction des entreprises concernées.
Le principal problème que l’on retient à la lecture de l’article est que les sociétés n’accordent pas assez d’importance à la sécurisation de leur site web. D’autre part, une fois la faille détectée, la réaction de la société est plus ou moins inquiétante. Ainsi Orange a réagit immédiatement et a bloqué son site le temps de le sécuriser, Virgin Mobile a réagit en 24 heures et HP immédiatement. En revanche, d’autres résolvent le problème en un mois voire deux mois pour Facebook, par exemple. Enfin, d’autres ne réagissent pas. Capital expliquent concernant les sites Lactel, Francine et Lustucru que « prévenues par nos soins en mars dernier, les trois sociétés n’ont toujours pas réagi ». (Le magazine est parvenu à se procurer « l’identité et les adresses mail des centaines de gagnants du jeu concours Crêpes en fête organisé en février derniers »).
Alors comment a fait Capital pour devenir un véritable pirate du web et ce apparemment si facilement ? L’article commence ainsi et donne le ton « Fidèles de Virgin Mobile, vous pouvez remercier Capital. Pendant des semaines, votre opérateur téléphonique a laissé traîner sur son site Internet tout un tas de données confidentielles vous concernant : nom, adresse, numéro de téléphone, code secret, identification Imei de votre appareil… Il suffisait de taper sur son clavier un numéro de facture pour la faire apparaître à l’écran » Autres exemples à propos d’Orange : « Pour permettre à ses clients d’accéder à leur facture sans délier les cordons de la bourse, la société leur fournit par e-mail un mot de passe ultrasecret, qui se trouve être un simple numéro. Comme chez Virgin Mobile, il suffit d’en connaître un et de le faire varier (en l’augmentant de 1, puis de 2, etc.) pour avoir accès aux comptes personnels de 400 000 usagers de la maison », et de Hewlett Packard : « nous avons accédé sans difficulté à un fichier comportant l’adresse e-mail des 5 millions de lecteurs de la lettre d’information du groupe ».
Les journalistes n’ont pas profité de leur trouvaille, ils ont averti les sociétés, mais les pirates eux en auraient tiré parti ! A propos du site Virgin Mobile, Capitale explique que : « un hacker facétieux – et prêt à commettre un délit pénal – n’aurait eu aucun mal à bloquer autant de lignes qu’il le souhaitait en quelques minutes. » A propos d’Orange : « Inutile de dire que la concurrence aurait adoré entrer en possession d’un tel fichier. Et les accros aux sites pédophiles plus encore, car il leur aurait permis de surfer à loisir sur le Net en usurpant l’identité des utilisateurs d’Orange. »
Plus grave encore, Capital a réussi à accéder via le site Titre emploi service aux dossiers Urssaf de dizaines de milliers d’employeurs : « Numéros de Siret, fiches de paie des salariés, données bancaires complètes… » et explique « Cette caverne d’Ali Baba aurait permis mille manipulations à des flibustiers malintentionnés, de la création de vraies-fausses sociétés à l’espionnage économique, en passant par toutes les arnaques bancaires possibles et imaginables. Estomaquée par notre découverte, la direction de l’Urssaf a illico fermé son portail pousse-au-crime. En oubliant au passage de prévenir les entreprises cotisantes des risques considérables qu’elle leur avait fait courir. »
Sources : La Vie numérique
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In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, Sécurité on 15 juillet 2009 at 9:15Il n’est que de feuilleter la florissante littérature des services secrets pour se rendre à l’évidence que les couvertures de «journaliste », « humanitaire » ou « universitaire » sont parmi les plus vieilles d’usage dans le cadre des covert operations. Mais au delà des précautions à prendre en pareille occasion, l’enlèvement d’agents français en Somalie le 14 juillet 2009 offre le prétexte idéal pour soulever deux des questions qui travaillent la communauté du renseignement dans les pays occidentaux en guerre contre le terrorisme islamiste: la capitalisation des agents issus de minorités ethniques et la nécessaire rénovation des techniques de renseignement humain (Humint). L’exploitation de sources ouvertes par les forces hostiles (grâce aux NTIC) a radicalement changé la donne sur le théâtre des opérations.
Paris, 14 juillet 2009. 8h 35. Les Champs Elysées grouillent de monde. Le soleil brille sur la capitale française mais on a l’impression qu’il cache de gros nuages. Dans l’attente de Nicolas Sarkozy qui doit présider le défilé militaire, France 2 diffuse les images de quelques membres du gouvernement. Parmi eux, Hervé Morin, l’air soucieux. La co-présentatrice du Direct, Marie Drucker, explique que le ministre de la défense est préoccupé parce que « deux étrangers ont été arrêtés tôt ce matin en Somalie. A l’heure qu’il est, on ne connaît pas leur nationalité. » En fait d’étrangers, il s’agit de « deux conseillers français en mission officielle d’assistance auprès du gouvernement somalien. »[1]
D’après notre confrère du blog Secret Défense, les deux Français auraient été envoyés récemment sur place par la Direction Générale de la Sécurité Extérieure pour une mission de conseil en matière de sécurité, dans le cadre du soutien de la France au gouvernement légal du président cheikh Charif Ahmed. L’enlèvement a d’ailleurs eu lieu à l’hôtel Sahafi, l’une des zones les plus sécurisées de la capitale. Tout de suite après, l’ONG Reporters Sans Frontières[2] est montée au créneau s’estimant « choquée qu’ils aient pu se faire passer pour des journalistes. Etre journaliste, ce n’est pas une couverture, dit RSF, c’est un métier… »
Une grande cécité guette désormais les services occidentaux. Rivés dans une posture du fort au faible, ils sont incapables d’une part d’envisager que l’adversaire est au fait de techniques (permettant de trouer les vieilles couvertures d’usage dans la milieu); pis, certains s’empêchent de promouvoir et d’utiliser leurs agents opérationnels originaires de « zones sensibles ». Ces derniers sont tout juste bons à traduire des écoutes et au mieux à infiltrer des bandes de braqueurs ou de dealers dans les « banlieues difficiles ». On feint d’ignorer que lorsqu’un « visage de craie »[3] pose son pied sur le tarmac de Mogadiscio, il est immédiatement « pris en charge »(?)
Au 2nd trimestre 2008, dix agents africains-américains des services secrets se sont plaint de discrimination raciale aux Etats-Unis. Dans le procès qui les opposait à leurs supérieurs, ils ont brandi devant la cour fédérale du District de Columbia des e-mails méprisants échangés entre leurs supérieurs hiérarchiques respectifs. En Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et en France, les agents issus de minorités avouent sous anonymat qu’ils sont parfois mal notés et qu’ils ne grimpent pas assez vite dans la hiérarchie à cause de leurs origines… Des accusations graves et récurrentes mais difficiles à vérifier de l’extérieur. Les contradictions du monde « civilisé » feraient-elles le lit des intégristes ? A voir.
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“Secret Défense” : 1 vecteur, 2 messages, 3 cibles
Guy Gweth
[1] Selon les termes du communiqué publié dans l’après-midi du 14 juillet 2009 par le Quai d’Orsay.
[2] D’après Reporters Sans Frontières, cinq journalistes ont été tués dans le pays depuis le 1er janvier 2009.
[3] Expression populaire désignant les personnes de race blanche en langue locale.
Protégé : Profiling du candidat français à la Présidence du Gabon
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Intelligence stratégique, Leadership, Stratégie on 9 juillet 2009 at 10:29Business : combien rapporte la mort de Michael Jackson
In Agenda, Gestion de crise, Intelligence culturelle, Leadership, Management de l'information, Perception Management on 7 juillet 2009 at 10:34Alors que des centaines de millions de personnes aux quatre coins de la planète rendent un dernier hommage au plus brillant artiste de l’histoire de l’humanité, David Walsh de WSWS nous entraine dans les sombres couloirs de ce qu’il ne fait pas bon révéler en public : les dollars de la mort. Car c’est en milliards de dollars de bénéfices que s’évalue le retour au ciel de ce demi-dieu. Extraits :
Les Etats-Unis créent un cyber-commandement militaire
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 6 juillet 2009 at 5:30Le Pentagone vient d’instaurer un commandement militaire chargé d’effectuer des cyber-attaques et de protéger les réseaux sensibles des Etats-Unis. Le “cyber-commandement” (CyberCom) sera placé sous l’autorité du Commandement stratégique américain (Stratcom). Il devrait être opérationnel à partir de l’automne.
Robert M. Gates, secrétaire d’Etat à la Défense, devrait nommer le lieutenant général Keith Alexander à la tête du CyberCom. C’est l’actuel directeur de la puissante National Security Agency (NSA) en charge de la sécurité de la nation (veille, espionnage, interceptions de communications multi-canaux dont Internet).
Face à un afflux d’attaques en provenance de l’Internet (la Russie et la Chine sont souvent pointées du doigt), l’Administration Obama cherche à améliorer la protection de ses 15 000 réseaux numériques militaires américains et sept millions d’ordinateurs ou terminaux nomades rattachés à la Défense américaine.
Il y a six mois, William Lynn, vice-secrétaire américain à la Défense, avait déclaré que les tentatives d’intrusion sur les réseaux sensibles se comptaient en milliers par jour. Au cours des six derniers mois, le Pentagone a consacré une enveloppe 100 millions de dollars pour déjouer les attaques en ligne et nettoyer les systèmes informatiques en cas de dégâts.
Cette estimation a été donnée par le General Kevin Chilton, haut responsable militaire de l’Air Force (head of the US Strategic Command) lors d’une conférence sur la cyber-sécurité donnée dans l’Etat du Nebraska.
Le budget a servi à acquérir de l’équipement informatique, à faire appel à des sous-traitants et des ressources humaines supplémentaires pour réparer les dégâts après des attaques venues de l’extérieur mais aussi à cause des erreurs d’administration commises en interne.
“Le plus important à retenir, c’est que nous sommes conscients des attaques à divers degrés. Entre les assauts les moins sophistiqués en provenance d’adolescents qui s’ennuient jusqu’aux attaques plus élaborés visant les infrastructures de la Nation. Et, au milieu, on trouve une jolie couche de cyber-criminalité”, selon les propos recueillis par Associated Press. “C’est en effet notre principal challenge : comment organiser notre défense face à ces multiples attaques.”
Le General Kevin Chilton a refusé d’indiquer le pourcentage des attaques visant les systèmes de Pentagone provenant du monde civil et celles liées aux gouvernements ou issues de forces armées à une échelle internationale.
John Davis, qui dispose du grade de “Brigadier General” et commandant-adjoint de l’armée américaine pour les opérations de réseaux, a déclaré que les investissements seraient plus judicieux si l’on renforçait en amont les systèmes informatiques plutôt que de passer derrière les attaques. “Vous pouvez me payer maintenant ou me payer plus tard”, déclare John Davis. “Ce serait mieux de dépenser cet argent de manière pro-active plutôt que de réparer les failles après les assauts.”
GG, en complément d’une adaptation Vnunet de Online attacks cost Pentagon $100 million.
Protégé : Les fils de la veuve et l’héritage d’Omar Bongo
In Diplomatie économique, Gestion de crise, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Sécurité on 6 juillet 2009 at 3:10Le futur N°1 du MI6 étalé sur Facebook…
In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 6 juillet 2009 at 11:12Scandale en Grande-Bretagne. Le futur chef des Services secrets britanniques, Sir John Sawers, a vu des données sensibles – des photos et des informations personnelles – dévoilées sur Facebook… par son épouse. Une partie de la classe britannique s’inquiète des répercussions pour la sécurité de l’actuel diplomate et réclame une enquête, mais le Foreign Office tente de minimiser l’affaire.
Qui eut cru possible qu’un futur chef des services secrets britanniques exposerait sa vie privée sur Facebook? Ou du moins, laisserait sa femme publier sur son profil toutes sortes d’informations privées, des photographies de vacances, de réunions de familles, amicales ou leur adresse personnelle? Le tout sur un profil ouvert aux 200 millions d’utilisateurs du site communautaire, sans aucune restriction de confidentialité? Ces questions, nos voisins d’outre-Manche et l’ensemble de la classe politique, se les posent après que le Mail on Sunday a révélé dimanche que Lady Shelley Sawers, l’épouse de Sir John Sawers, le futur patron du MI6, a publié sur sa page Facebook un nombre important de données privées.
Le journal dominical anglais a averti les autorités, qui ont fait disparaître toutes ces informations, mais certaines photos sont reproduites sur le site internet du journal. On y voit Sir John Sawers à la plage, à New York, avec sa fille Corinne, etc… D’après le Mail on Sunday, les photos permettaient de connaître le réseau amical de l’actuel ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’ONU. Un réseau constitué entre autres de diplomates de haut niveau et d’acteurs, dont Moir Lesly, très connue sur l’île pour son rôle dans une série à succès The Archers, et Alistair Cameron, une autre actrice de série. Sont révélés également, les lieux de vacances, les habitudes, l’adresse de l’appartement du couple à Londres et celles de leurs trois enfants et des parents de Sir John Sawers.
Bref, autant d’informations qui font craindre pour la sécurité du futur espion n°1 de Grande-Bretagne et de sa famille, souligne le journal, qui relève que des terroristes ou des pays ennemis de la Grande-Bretagne pourraient utiliser cet “incroyable écart“. “On a redouté que cette bourde immensément embarrassante ait pu compromettre la sécurité de la famille et des amis de Sir John“, commente le Mail on Sunday, qui consacre sa Une à cet incident, le dernier d’une longue série d’impairs commis par les responsables des services de sécurité britannique.
Immédiatement, la classe politique s’est emparée de l’affaire. Edward Davey, le porte-parole des libéraux et démocrates pour les Affaires étrangères, a réclamé une enquête. “Le Premier ministre Gordon Brown doit mettre sur pied une enquête interne pour déterminer si cela a compromis trop sérieusement la sécurité du futur chef du MI6 pour lui permettre de prendre le poste“, a-t-il dit. “Une bonne part de l’argent du contribuable a servi ces dernières années à faire en sorte que lui et sa famille soient protégés. Eh bien, ça ne semble plus du tout pertinent, à présent“, a lâché le député conservateur Patrick Mercer, ajoutant qu’ainsi, Sir John Sawers s’exposait à la critique et au chantage (…)
Mais David Miliband, le ministre du Foreign Office a apporté son soutien entier à Sir John Sawers. “Il a été nommé il y a 10 jours à la tête du MI6, c’est un professionnel remarquable qui va faire un très bon travail dans une organisation remarquable qui fait beaucoup pour notre pays“, a-t-il expliqué. “C”, le nom de code du diplomate, devrait donc prendre ses fonctions comme prévu, en novembre.
Maud Pierron
Le groupe Bolloré peut-il rafraîchir son image tropicale ?
In Guerre de l'information, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Leadership, Management de l'information on 29 juin 2009 at 6:06Avril 2009, Le Monde diplomatique[1] titre sur « les guerres africaines de Vincent Bolloré » entre « affaires, médias et humanitaires ». Quelques jours plus tôt, le 28 mars 2009 (coïncidence ?) c’est France Inter qui consacre une émission à « L’empire noir de Vincent Bolloré ». Comme pour exécuter une commande, en moins d’une semaine, on a remis au goût du jour la vieille théorie de « Bolloré, entreprise néocoloniale » au moment où la guerre pour le contrôle des ports fait rage sur le continent africain. La contre-offensive des stratèges de Puteaux est donc attendue. Mais l’opération « transparence » organisée en avril fait l’effet d’un antalgique. Car les 3 jours de voyage effectués par Dominique Lafont, DG de Bolloré Africa Logistics, à bord de son jet, en compagnie de journalistes ne semblent pas avoir positivement impacté la perception qu’a l’opinion publique de la multinationale.
Bolloré en Afrique c’est 30% du chiffre d’affaires du groupe en 2008, 19000 emplois, un réseau de 200 agences disséminés dans 43 pays, des domaines d’activités aussi stratégiques que les transports maritimes ou ferroviaires, la logistique minière, industrielle, pétrolière et humanitaire… Depuis 2004, le groupe a raflé la gestion de nombreux terminaux à conteneurs sur le continent à l’instar d’Abidjan en Côte d’Ivoire, Douala au Cameroun, Cotonou au Bénin, Lomé au Togo, Pointe-Noire au Congo, Tama au Ghana ou Tincan au Nigeria… Et perdu quelques uns comme celui de Dakar au Sénégal en octobre 2007. Pour le groupe comme pour ses quatre principaux concurrents (l’allemand DB Schenker Logistics, l’émirati Dubaï Ports World, le danois APMT et l’espagnol Progosa), l’objectif stratégique est le contrôle des points d’entrée et de sortie du continent car « l’Afrique est comme une île reliée au monde par les mers. Donc qui tient les grues tient le continent. »[2]
Les analystes sont presque tous d’accord sur un point: Vincent Bolloré a réussi l’un de ses plus beaux coups de communication indirecte en recevant en mai 2007 Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président de la république, sur son yacht privé, tous frais payés. Attentifs, les décideurs d’Afrique francophone pour qui « l’ami d’un ami est un ami » ont parfaitement saisi le message. Le navire du milliardaire avait à peine mouillé au large de Delimara Bay que « la rupture » prônée par son illustre hôte s’effritait devant la real politik. Qui peut reprocher à un Etat de promouvoir et de protéger ses champions à l’international? Sauf que dans le cas Bolloré, les concurrents (aidés par les retours d’ascenseur du groupe breton à ses amis du nord et du sud) ont choisi de communiquer sur les soupçons de collusions, voire des « liens incestueux » entre l’Elysée et Bolloré, le groupe Bolloré et les décideurs africains, les présidents africains et l’Elysée. La « Françafrique » en somme.
Or vu son artillerie [télévision (Direct 8), publicité (Havas), presse gratuite (Matin plus et Direct soir), RP (d’anciens ministres africains et français)…], il serait pour le moins prétentieux de faire une leçon de communication à Bolloré, si ce n’est que le cordonnier est rarement le mieux chaussé. L’édition de code d’éthique[3] et de publi-reportages n’est bien sûr pas négligeable. Mais il est temps de sortir des sentiers battus. En se servant de tribunes à valeurs symboliques certaines, la concurrence a réussi à porter la guerre économique sur le terrain de « la morale dans les affaires ». Pour échapper à ce crucifix où l’ont cloué ses challengers, Bolloré doit absolument faire diversion. Il faut arriver à créer une histoire à faire raconter par des gens ordinaires, un rêve à partager avec l’opinion publique. A ceux qui me disent à Puteaux qu’il faudra une révolution pour cela, je réponds toujours qu’au 21è siècle, aucune entreprise ne pourra durablement gagner si elle n’investit dans l’émotion.
Guy Gweth
[1] Le Monde diplomatique n°661, p 1, 16 & 17
[2] Propos prêtés à un « ancien de Bolloré » in « L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises » dans Le Monde diplomatique de février 2006.
[3] Le groupe Bolloré aurait rédigé un code d’éthique comprenant une liste noire de quatre pays (Érythrée, Guinée Bissau, Lesotho et Swaziland) où il ne souhaite pas investir pour “cause de corruption rempante”. Nous n’avons pu vérifier l’exactitude de cette information.
Le new deal économique mondial selon Bilderberg 2009
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Management de l'information, Stratégie on 27 juin 2009 at 1:15Le Groupe de Bilderberg est plus qu’un réseau d’élites. C’est un gouvernement mondial informel organisé en trois cercles concentriques. Il comprend les personnalités les plus influentes du monde des affaires, de la politique, des médias et du renseignement. La Conférence de Bilderberg se tient tous les ans depuis 1954. Dans un article assez détaillé paru dans Mondialisation, mon ami Andrew Gavin Marshall revient sur le plan de Bilderberg 2009 de réforme de l’économie politique mondiale. Un sujet d’importance stratégique pour la planète passé sous silence par les médias francophones.
Extraits:
« Du 14 au 17 mai l’élite mondiale a tenu une réunion secrète en Grèce dans le cadre de la conférence annuelle de Bilderberg sous l’attention éparse et restreinte des médias internationaux. Environ 130 des personnes les plus puissantes au monde se sont réunies afin de discuter des problèmes actuels urgents et de tracer une voie à suivre pour l’an prochain. Cette année, le principal sujet de discussion était la crise financière mondiale, ce qui n’est pas surprenant, si l’on considère que la liste des participants comprend bon nombre des premiers architectes de la crise ainsi que ceux étant sur le point de la ‘régler’.
« À la rencontre secrète dont il est question ‘une douzaine des personnes les plus riches au monde, invitées par Bill Gates et Warren Buffet, se sont rencontrées pour une réunion privée sans précédent pour discuter de dons d’argent’. La conférence se tenait à l’Université Rockefeller et comptait des philanthropes notoires tels Bill Gates, Warren Buffett, le maire de New York Michael Bloomberg, George Soros, Eli Broad, Oprah Winfrey, David Rockefeller Sr. et Ted Turner. Un des participants a déclaré qu’’elle n’était pas secrète [mais plutôt] censée être une réunion entre amis et collègues [et] dont les gens discutaient depuis longtemps. Bill et Warren espèrent le faire occasionnellement. Ils ont lancé une invitation et les gens sont venus’.
« Le journal Times du Royaume-Uni rapportait que ces ‘éminents milliardaires se sont rencontrés en secret pour envisager la façon dont leur richesse pourrait être utilisée pour ralentir la croissance de la population mondiale [et qu’ils] avaient parlé de joindre leurs forces pour surmonter les obstacles politiques et religieux au changement’. Fait intéressant, ‘la séance informelle d’après-midi était si discrète que certains assistants de ces milliardaires se sont fait dire qu’ils assistaient à un “breffage sur la sécurité“’. En outre, ‘on a alloué 15 minutes à chacun des milliardaires afin qu’ils présentent leur cause favorite. Pendant le dîner, ils ont discuté de la manière dont ils pourraient choisir une “cause d’ensemble“ pouvant servir leurs intérêts’. Ils ont par ailleurs ‘convenu que la surpopulation était une priorité’.
« Parmi les membres du Groupe Bilderberg, on trouve divers monarques européens. À la conférence cette année, il y avait la reine Beatrix des Pays-Bas, laquelle est justement l’actionnaire individuelle la plus importante de Royal Dutch Shell, une des plus grandes compagnies au monde. Elle était accompagnée d’un de ses trois fils, le prince Constantijn, qui a travaillé avec le Commissaire européen néerlandais pour l’Union européenne et comme expert-conseil en politiques stratégiques chez Booz Allen & Hamilton de Londres. Ce cabinet de consultants en stratégie et en technologie possède de l’expertise en analyse économique et commerciale, en analyse du renseignement et recherche opérationnelle, ainsi qu’en technologies de l’information, parmi bien d’autres [...]
Lire l’article complet d’Andrew Gavin Marshall in Mondialisation
Guy Gweth
Protégé : Le décryptage exclusif des psyops 2.0 testés en Iran
In Communication d'influence, Gestion de crise, Guerre de l'information, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Stratégie on 25 juin 2009 at 12:00Protégé : Les cercles d’influence où Biya remplace Bongo
In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Leadership on 24 juin 2009 at 11:13Sécurité : Périclès convoqué place Beauvau
In Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Sécurité on 22 juin 2009 at 5:45Illustre homme politique grec, Périclès vécut de -495 à -429. Particulièrement éloquent, ce fils de militaire s’initia très tôt à la gestion des affaires de la cité avant d’accéder au poste de stratège où il fut exceptionnellement élu quinze ans de suite. Son influence fut telle sur son époque qu’aujourd’hui encore, certains parlent du « siècle de Périclès » comme on parlerait du siècle de l’information, toutes proportions gardées bien sûr. Car si ce brave stratège athénien devait ressurgir pour calibrer la quête du renseignement aux exigences des Etats modernes, il opterait sans doute pour un logiciel d’analyse de données à entrées multiples. C’est ce qu’a entrepris le ministère français de l’intérieur pour mettre à la disposition des gendarmes, des policiers et des juges cet outil d’enquête assisté par ordinateur (EAO). Une démarche qui intéresse aussi les professionnels de l’intelligence économique et stratégique.
Comment va fonctionner Périclès ?
Si dans les prochains jours, le ministère français de l’Intérieur réussit à faire passer son article spécial dans la loi d’orientation pour la sécurité («Lopsi 2»), alors pour tout individu tombant sous le coup de cette loi, Périclès pourra, sous le contrôle d’un juge, fournir en un clic : des données relatives à ses antécédents judiciaires, ses appels téléphoniques, ses informations bancaires, sa sécurité sociale, son permis de conduire, sa carte grise, son Google profile (réseaux sociaux compris: Facebook, Twitter, MySpace… etc.) ainsi que les références GPS du périmètre du crime et des environs. L’objectif des analystes ici sera de détecter la répétition de signatures techniques. Car plus on introduira des fichiers interopérables, plus Périclès aura le pouvoir de générer des « associations». Ainsi, pour le criminologue Alain Bauer, «la méthode sérielle crée des coïncidences là où il n’y avait que des hasards».
Périclès représente-il une révolution ?
Fidèles à l’image d’exception qu’ils ont de tout ce qu’ils réalisent, certains amis français parlent déjà de révolution à propos de Périclès dans Le Figaro, ce qui n’est pas faux si on se limite à l’Hexagone. Car jusqu’ici, les policiers et gendarmes français devaient étudier chaque fichier de manière quasi artisanale, avec une lenteur prudente mais préjudiciable à l’enquête. Périclès sera révolutionnaire parce qu’avec son système de réquisition judiciaire accélérée, il ira instantanément collecter l’information actualisée dans des bases de données des administrations publiques (ex: la police) ou privées (ex: les opérateurs de téléphonie mobile). Mais il suffit de regarder des séries américaines telles « FBI: portés disparus » ou « Les experts Miami » pour se rendre compte qu’outre Atlantique, les enquêteurs fédéraux ont plus de dix ans d’avance sur le sujet, y compris dans le cadre d’opérations de competitive intelligence.
Quel intérêt pour les experts de l’IE?
L’idée que Périclès s’étende aux banques de données d’administrations telles que les institutions financières, le fisc ou la sécurité sociale attise silencieusement la convoitise des professionnels de l’intelligence économique qui aimeraient bien en avoir une copie. Hélas, pas dans la patrie des droits de l’Homme ! Certaines associations n’y voient-elles pas déjà une espèce d’EDVIGE pour les méchants ? En tout état de cause, ce logiciel consacre la république des analystes dans une société de l’information où la principale équation à résoudre en matière de renseignement est calquée sur le calcul de la vitesse (V= d:t) [2]. L’intelligence économique appliquée au territoire a donc instamment besoin d’un Périclès à lui, tout aussi respectueux de la vie privée des citoyens que de la sécurité économique de la nation et des entreprises dites stratégiques. Les pires criminels ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils ont muté. Périclès aussi.
Guy Gweth
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pericles
[2] Vitesse (V) = distance (d) : temps (t). Mutatis mutandis,
Renseignement (R) = information(I) : temps (t)
Protégé : Gabon: les investisseurs face à l’incertitude post-Bongo
In Coopération internationale, Gestion de crise, Géostratégie, Risk Management, Sécurité on 10 juin 2009 at 2:01La competitive intelligence à l’usage des ONG
In Benchmarking, Coopération internationale, Géoéconomie, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 8 juin 2009 at 5:45Le 12 avril 2009, le New York Time plaçait « Dead Aid»[1] au 29è rang des best-sellers aux Etats-Unis. L’ouvrage de la Zambienne Dambisa Moyo[2] décrypte avec méthode, chiffres et exemples, comment le business de l’aide au développement accroit la dépendance de l’Afrique et profite à des réseaux d’ONG rompues aux techniques de guerre économique. Dans son éditorial du 29 avril 2009 au Time, Paul Wolfowitz, ancien directeur de la Banque Mondiale, confirme l’analyse de l’économiste africaine de 40 ans (classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde[3]) et comprend la tension déclenchée par la parution de l’ouvrage dans les milieux de la solidarité internationale. Désormais dotées de stratèges et de lobbyistes, de business models et de commerciaux, de réseaux et de communicateurs, la plupart des grandes ONG maîtrisent parfaitement les techniques de competitive intelligence et les appliquent sans en parler.
Tous les spécialistes de la charity business savent qu’à chaque début d’exercice, les responsables financiers d’ONG de développement se posent systématiquement ces trois questions : 1. Quels bailleurs financent tel type de projet ? (In-Out), 2. Quels projets finance tel bailleur de fonds ? (Out-In), 3. Comment rester compétitif en développant des sources de financements autonomes ? (In-In). Les professionnels de la competitive intelligence aident les décideurs à y répondre en activant trois touches :
1. Veille et enquêtes ciblées (sur les bailleurs de fonds, leurs projets, leur langage, leurs enveloppes, leurs exigences, leurs réseaux…) ;
2. Cartographie et profiling des acteurs (décideurs, concurrence, entreprises, relais d’opinions, donateurs publics et privés…) ;
3. Recherche, innovation et sécurité de l’information (Benchmarking, knowledge management, anticipation des tendances, protection du patrimoine informationnel pour éviter des intrusions comme celle d’EDF sur Greenpeace récemment.)
Depuis une décennie, les grandes figures de l’action humanitaire telles que l’Abbé Pierre ou Mère Teresa sont étudiées dans les meilleurs cursus d’intelligence économique et stratégique. Leur décryptage révèle que les techniques utilisées pour attirer les financements dans ces « organisations à but non lucratif » n’ont rien à envier aux opérations de guerre psychologique conçues par des officines ou des agences de marketing. Avec la bénédiction des Nations Unies, la multiplication des acteurs de la société civile a généré une extraordinaire concurrence entre les protagonistes ; et, à l’instar des marchés de Dieu, de la sécurité ou de la beauté, le business de la pauvreté se nourrit des failles décelées dans nos perceptions. Ce sont aussi ces failles que Dambisa Moyo a mis en exergue dans Dead Aid. Son courage et son expertise lui valent aujourd’hui d’être particulièrement écoutée des présidents Khadafi de Libye et Kagamé du Rwanda sur les questions d’aide au développement.
Guy Gweth*
[1] Dans Dead Aid (L’aide fatale), l’auteur soutient que la suspension dans un délai de 5 ans de toute aide accordée à l’Afrique, hors aide d’urgence « permettrait de stimuler la croissance » du continent.
[2] Dambisa Moyo est titulaire d’un doctorat en économie de l’université d’Oxford, d’un master de l’université de Harvard et d’un MBA de l’American University of Washington D.C.. Après la Banque Mondiale, elle a travaillé 8 ans chez Goldman Sachs avant de prendre la direction du hedge fund Absolute Return for Children. Dambisa Moyo milite pour des mécanismes innovants d’autofinancement du développement en Afrique à travers la microfinance, l’accès aux marchés de capitaux et le commerce avec la Chine.
[3] Classement 2009 du New York Time
* L’auteur de cet article a été consultant auprès d’Amnesty International, Caritas Internationalis, Catholic Relief Services, Justice & Paix, Friedrich Ebert Stiftung, etc.
Passeport diplomatique pour l’intelligence économique
In Communication d'influence, Diplomatie économique, Intelligence économique, Perception Management, Risk Management on 24 mai 2009 at 1:31La « grippe mexicaine » a été rebaptisée « grippe A (H1N1) » le 29 mai 2009 par l’OMS[1] à la suite d’intenses pressions exercées par les diplomates mexicains à l’ONU. Devant l’hyper-médiatisation de la crise, Felipe Calderon a vite calculé le manque à gagner que risquait de constituer l’adjectif de cette épidémie sur l’image et donc l’économie du pays. Dans un environnement où de grands médias servent de machines à faire croire et à formater les esprits, la contre-influence exercée sur des cibles stratégiques est indispensable pour minimiser le risque-pays et continuer d’attirer investisseurs, touristes, chercheurs et sportifs. A l’étranger, cette tâche qui échoit traditionnellement aux missions diplomatiques appelle désormais des compétences spécifiques qui ressortissent de l’intelligence économique (IE).
En visite officielle en Australie le 6 mai 2009, le ministre belge des affaires étrangères, Karel de Gucht, n’est pas passé par quatre chemins : « les ambassades doivent être des machines de combat économique » surtout par temps de crise. La France dont la diplomatie économique[2] a atteint des sommets d’agressivité sous la présidence Sarkozy pourrait, avec l’entrée probable de Claude Allègre au gouvernement, opter pour un super ministère de l’industrie, de l’innovation et des nouvelles technologies. Si ce projet de METI[3] à la française venait à se réaliser, nul doute que les missions du successeur d’Alain Juillet (haut responsable à l’intelligence économique) seraient reconfigurées en vue, notamment, d’une meilleure déclinaison top-down au sein des postes diplomatiques français comme le font les Japonais.
Pour résister à la concurrence italienne, égyptienne ou tunisienne, le plan de captage des réserves de devises libyennes mis en place par certains entrepreneurs marocains bénéficient désormais ouvertement du concours de la diplomatie économique chérifienne. Avec 50 milliards de dollars d’investissements extérieurs en 2008, la stratégie de conquête des marchés étrangers voulue par Mouammar Khadafi repose sur deux principaux fonds souverains crées en août 2006. La Libyan Investment Corporation dont les marchés européens sont la cible est gérée par Mohamed Layas et dotée d’une enveloppe variable de plusieurs dizaines de milliards de dollars. A ses côtés, la Libyan African Portfolio pilotée par Bechir Salah est tournée vers l’Afrique. Rabat œuvre à attirer leurs investissements dans le royaume.
En Afrique subsaharienne, on note déjà une timide évolution dans les mentalités en vue d’un joint-venture diplomatique entre opérateurs économiques et dirigeants politiques. Un petit nombre de chefs d’Etat, malgré les clivages partisans, commencent à voyager à l’étranger avec leurs chefs d’entreprises. Certains parmi eux se demandent s’il faut former le personnel diplomatique à l’intelligence économique ou plutôt nommer des professionnels de l’IE au sein des missions diplomatiques pour faire face aux exigences de l’infoguerre économique. Encourageant l’initiative des premiers, nous répondons aux seconds avec le même réalisme opérationnel que les conseillers en communication du président mexicain: « urgence fait droit !»
Guy Gweth
[1] OMS: Organisation Mondiale de la Santé, organe spécialisé du système des Nations Unies.
[2] Entre 2007 et 2009, la diplomatie économique de Nicolas Sarkozy a littéralement pilonné l’Afrique subsaharienne, l’Arabie Saoudite, le Brésil, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, le Mahgreb et le Mexique, avec quelques succès comme la signature de l’accord d’exploitation entre Areva et le gouvernement nigérien en janvier 2009.
[3] METI: Ministry of Economy, Trade and Industry, créé en 1949 sous le sigle MITI (Ministry of International Trade and Industry), c’est le Saint Raphael de l’économie japonaise. Il surveille les échanges intérieurs et extérieurs du pays, informe et conseille les entreprises japonaises sur les marchés extérieurs et les NTIC.
L’éveil de l’intelligence économique en Côte d’Ivoire
In Guerre économique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information on 7 mai 2009 at 6:29L’objectif stratégique d’une opération de relations publiques est le contact. Le 14 mai 2007, l’ISEAM organisait un colloque sur le thème « intelligence économique et Afrique » au palais du Luxembourg à Paris. L’occasion d’approcher une pionnière de l’IE dans l’Hexagone, Josette Buffaerts-Thomas, origine haïtienne, Pdg de CIM, administrateur de la Fépie, bonne connaissance de la Côte d’Ivoire. « Il y a dix ans, j’ai travaillé sur les premiers dispositifs d’intelligence économique au Gabon et en Côte d’Ivoire avec des gens de très bon niveau, me confia-t-elle. La majorité avait le titre de docteur…» Plus tard, visiblement émue, elle ajouta : « je ne comprends pas pourquoi ça ne démarre pas. »
Un peu plus d’un an après cet entretien, le 25 septembre 2008, la fondation Stratégie Défense MAG démarrait ses activités en Côte d’Ivoire à l’initiative de Marie Ange Gabrielle Adjobi, ancienne auditrice de l’Institut français des hautes études de défense nationale (IHEDN). Doté d’un budget déclaré d’un milliard de frs cfa (?), la fondation qui s’est positionnée sur le segment patriotique de l’intelligence économique a depuis commencé à sensibiliser les publics cibles aux nouveaux enjeux de la défense nationale. Elle offre des prestations payantes aux entreprises et cadres supérieurs ainsi que des formations gratuites d’initiation à l’IE. Son site internet, très attendu, y apportera plus d’aura et de visibilité.
En attendant, le « 1er blog d’intelligence économique en Côte d’Ivoire » est en ligne depuis le début de l’année. C’est l’oeuvre d’un jeune ami, Marc Amand, directeur associé du Cabinet Ileads basé à Abidjan. Ce blog encore à ses débuts se veut une plateforme d’informations utile aux décideurs ivoiriens. Avec le temps, il se forgera une identité. Pour le moment, la stratégie ivoire de l’auteur ne vise pas à créer un contenu original, encore moins à échafauder des théories d’intelligence économiques inédites. Marc Amand publie avec l’opiniâtreté de la goutte d’eau dont la chute répétée perfore le granit des mentalités de l’entreprise ivoirienne. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin » écrivait Lénine.
La volonté du gouvernement de Laurent Gbagbo de relancer la machine économique du pays après plusieurs années de recul lié à la crise politique et militaire remet naturellement l’intelligence économique au goût du jour. Pour s’en convaincre, la session de perfectionnement aux investissements internationaux du 16 au 21 mars 2009 sous la direction de Gnamien Yao, directeur de l’Institut africain de développement et de stratégie (IADS) et Pascal Chaigneau, administrateur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) de Paris, a permis aux participants et experts de débattre sérieusement de la problématique de « l’intelligence économique, enjeu de compétitivité nationale. »
Si Josette Buffaerts-Thomas peut aujourd’hui se réjouir du réveil de l’intelligence économique au pays d’Alpha Blondy comme partout ailleurs en Afrique, nul doute qu’elle espère comme l’ensemble de la communauté de l’IE une meilleure présence online des acteurs ivoiriens. Grâce à des recoupements, on sait à présent que de nombreux experts en intelligence économique d’origine et/ou de nationalité ivoiriennes gisent dans l’anonymat aux motifs qu’ils ne sont visibles ni sur internet, ni dans la presse, ni dans les librairies. Mais à tous ceux ont douté, les Gabrielle Adjobi et Marc Amand… apportent la preuve qu’en matière de défense économique nationale, il y a des générations spontanées.
Guy Gweth
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Evaluer la performance de l’intelligence économique
In Benchmarking, Débat, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique on 3 mai 2009 at 1:59L’intelligence économique (IE) aura sa révolution le jour où elle fera scission avec l’idéologie. Pendant quelques années encore, la profession pourra s’appuyer sur l’esprit et la théorie de la défense nationale pour sensibiliser le personnel politique et les dirigeants d’entreprises dites stratégiques. C’est la phase des premiers pas et de la pédiatrie. Mais les vrais professionnels savent que cette posture ne durera pas ad vitam eternam. Arrivée à maturité (les Anglosaxons sont plus avancés) l’IE francophone devra se séparer de sa part affective pour devenir une discipline « mûre » comme le sont aujourd’hui le marketing ou l’audit comptable…, c’est à dire dotée de règles de métier solides et reconnues, de pratiques éprouvées et d’outils pertinents pour évaluer sa performance individuelle comme tout autre service de l’entreprise.
A l’heure qu’il est, les responsables d’IE au sein des grands groupes arrivent à peu près à communiquer sur leur métier en interne. Il est évident qu’un cadre dirigeant sensibilisé comme on l’a vu plus haut sera davantage enclin à écouter et à appuyer le responsable de veille ou d’intelligence économique. Des auteurs comme François Jakobiak font d’ailleurs du soutien du Top management la condition sine qua non à la réussite des acteurs d’IE. Mais lorsqu’Alex arrive en commercial pour vendre l’intelligence économique à un dirigeant de PME (à coup d’arguments sur la sécurité informatique, d’exemples de détection de nouvelles tendances ou en vantant l’efficacité des derniers outils de veille automatisée…) on lui prête souvent attention, s’enquiert du coût, calcule mentalement, guettant le moment idéal pour lui demander: combien ça va rapporter?
Thats’s the question ! Quel montant attribuer aux gains générés par l’IE dans une entreprise ? Les responsables des services marketing et communication arrivent déjà à chiffrer les bénéfices d’une campagne publicitaire, fût-ce de manière approximative. Pas nous. Pourtant, en période de crise, comme l’écrit Patrick Jaunant in Obectif Performance, « les entreprises ont tendance à lancer des ‘programmes de transformation’ de leurs fonctions métier et support en vue d’améliorer la performance » ; et les services marketing/communication sont les premiers qui passent à la trappe. Alors au nom de quels arguments l’intelligence économique résisterait-elle, étant entendu que le management ne dispose pas d’outils pour évaluer sa rentabilité financière et sa performance? C’est ici qu’émerge notre idée de benchmarking.
Lorsque dans certains pays, on commence à fixer des objectifs chiffrés à des unités de police, que dans la grande distribution les services de sécurité ont des minima d’arrestations/j à honorer, qu’au sein d’un gouvernement les ministres sont notés… la communauté des professionnels de l’IE est en devoir d’enquêter sur les outils de cette recherche de performance. Détecter de nouveaux entrants sur un segment, intoxiquer un veilleur hostile, sonder les clients du concurrent, cartographier le réseau d’influence de ceux qui sont en face… C’est bien. Mais si le décideur ne suit pas ? Comment s’inspirer de Robert Kaplan et David Norton pour formaliser un Balanced Scorecard spécifique à l’IE ? Sans doute faudra-t-il une révolution pour poser ces questions dans la sphère francophone. Mais c’est inéluctable.
Guy Gweth
Ils ont troué le F-35 du Pentagone !
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Sécurité on 22 avril 2009 at 2:25Plusieurs mois avant l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, le Pentagone signalait des tentatives d’intrusion récurrentes visant à obtenir un accès à des données vitales pour la sécurité des Etats-Unis. Dès sa prise de fonction, le nouveau président a aussitôt commandé un rapport d’urgence sur la cybersécurité nationale. Mais depuis quelques heures, preuve est faite que des pirates informatiques ont bel et bien troué le programme d’armement le plus coûteux du Pentagone, celui relatif à la construction de l’avion de chasse F-35.
D’après le Wall Street Journal qui a révélé l’information de manière officielle, les hackers ont réussi à copier des données concernant ce programme de 300 milliards de dollars, baptisé “Joint Strike Fighter”. Comme nous le montrions dans notre article « Pratiques de contre-intelligence stratégique », des données aussi sensibles sont logiquement stockées dans un « bunker » (entrepôt d’ordinateurs hautement sécurisés, jamais connectés sur internet.) Pour l’heure, nos amis américains déclarent ignorer l’origine et la gravité de cette intrusion, même si tous les regards convergent vers la Chine.
Depuis plusieurs années, les spécialistes soupçonnaient l’Empire du Milieu d’entretenir secrètement des unités spéciales de guerre cybernétique, Roger Faligot l’a confirmé en 2008 in Les services secrets chinois de Mao aux JO. Plus récemment (le 29 mars 2009), l’institut canadien de veille contre la piraterie a révélé l’une des plus grosses opérations d’espionnage de ce début de siècle. Mandatés par des proches du Dalaï-Lama, les experts du centre international d’études Munk ont découvert que des dizaines d’ordinateurs appartenant aux représentants du Tibet en Inde, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Belgique, avaient été repérés, piégés, piratés de leur contenu.
A chaque fois, le modus operandi est le même : un e-mail doté d’une charge de Ghost-Rat est envoyé à la cible. Le virus s’installe dans le disque dur de l’ordinateur et pompe scrupuleusement son contenu. Totalement contrôlé à distance, il enregistre du son et des images à l’insu de l’utilisateur si l’ordinateur visé est muni d’une webcam. Ce réseau espion qui aurait déjà visité plusieurs gouvernements (dont celui des Etats-Unis et l’Otan) serait basé à Hainan, dans l’extrême sud du territoire chinois, zone où un navire espion américain a été intercepté par la marine chinoise il y a quelques semaines.
Ces dernières années, les actes d’infoguerre ont connu une croissance exponentielle, générant des pertes astronomiques pour les entreprises et les gouvernements. A l’heure qu’il est, les analystes sont forcés de constater que la langue de bois qui a régné jusqu’ici dans les chancelleries est désormais préjudiciable à la sécurité de nombreux États. Le cyberespace doit être regardé comme un espace international. Et comme tel, il doit être règlementé par des normes juridiques internationales à l’instar du droit de la guerre. Les États-Unis sont en situation de défendre cette position face à la Chine. En auront-ils le courage ?
Guy Gweth
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Pratiques de contre-intelligence économique : l’expertise d’une PME africaine
Anticiper grâce au Management Profiling
In Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, veille on 20 avril 2009 at 6:29Le magasine Competitive intelligence dans son volume 12, n°2 de mars-avril 2009 donne à lire un excellent article de Dale Fehringer sur le management profiling (MP). Bien que peu utilisé, le MP est un remarquable outil d’anticipation (des actions et stratégies concurrentes) aux mains des acteurs de l’intelligence économique et stratégique.
Avec l’humour qu’on lui connaît, Fehringer (ancien CI manager chez Visa International) rappelle qu’il est arrivé à l’intelligence compétitive le jour où son patron lui a demandé d’éviter qu’à l’avenir, son entreprise ne soit surprise par les activités des groupes concurrents. Devant l’ampleur de la tâche à lui confiée, Dale comprit très vite que dans son cycle de renseignement, les outils qui servaient habituellement à l’analyse ne suffisaient pas à prédire les décisions des concurrents. Il fallait les compléter. Fehringer pensa au management profiling.
D’après la Competitive Intelligence Foundation, seuls 13,8% de professionnels de l’IE utiliseraient le MP. Dale Fehringer explique cette situation par la difficulté des analystes à convaincre le Top-Management du bien fondé de cet outil. Pour avoir été confronté il y a quelques mois à un dirigeant de multinationale pour qui « ni le MBTI ni la PNL ni les deux mis ensemble ne fonctionnent avec les décideurs africains », j’avoue que la tâche n’est pas aisée d’autant que, mis à part les jugements de valeurs, les résultats du MP peuvent parfois se révéler approximatifs.
Pourtant, comme le montre Dale Fehringer dans son article, le management profiling combine deux facteurs clés : la biographie réelle et la psychologie de la cible. Les données ainsi récoltées doivent ensuite être décryptées à l’aide d’outils tels que le MBTI, le FIRO-B, etc… Mais ce travail suffit-il pour autant à prédire comment va agir l’entreprise concurrente ? Pas sûr. Car « les entreprises ne prennent pas de décisions stratégiques. Les individus, si. » écrivaient Fleisher et Bensoussan en 2003. L’enjeu est donc de pénétrer la personnalité des décideurs d’en face.
Il me souvient que pour convaincre le dirigeant de multinationale que j’évoquais plus haut, on s’était arrêté à la simple analyse de son prénom, avant d’aller plus loin. – « Les Vincent aiment tirer les ficelles, voire manipuler. Exigeants, autoritaires et directifs, ils sont susceptible d’avoir, sous des dehors calmes, des accès de colère lorsque l’on s’oppose à leurs désirs… Orgueilleux, ils donnent l’impression d’être sûrs d’eux-même. Sensibles à leur image de marque, ils n’acceptent pas l’échec et font l’impossible pour se surpasser : n’êtes-vous pas le meilleur ? »
En analysant Les armes secrètes de la CIA (Gordon Thomas, 2006) j’ai eu confirmation qu’il y a une dizaine d’années à peine, les agences fédérales américaines (la CIA en particulier) continuaient d’employer des équipes mixtes de psychiatres, de psychanalystes, d’astrologues, de graphologues et même de voyants dans le cadre de missions de profiling et d’anticipation. J’ignore si cette pratique a perduré jusqu’à ce jour, mais le moins que l’on puisse dire c’est que les traces de cette application sont toujours visibles dans les productions hollywoodiennes.
Tout bien considéré, la vraie question est celle de la rigueur méthodologique. Lorsqu’il est adossé au cycle de renseignement classique (besoin, collecte, analyse, reporting, validation & feedback), le management profiling peut occuper une place de choix dans la boîte à outils du professionnel de l’intelligence économique et stratégique. Dale Fehringer et Melanie Wing en parleront plus longuement au cours d’une session intitulée “Using management profiling to predict competitor strategies” lors du Scip09 international Conference and Exibition à Chicago, Etats-Unis.
Guy Gweth
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Entreprise en crise ? Une aubaine pour la concurrence
In Espionnage économique, Gestion de crise, Intelligence économique, Sécurité, veille on 19 avril 2009 at 12:46
Au sein de la communauté des professionnels de la competitive intelligence, les plus anciens racontent parfois combien il peut être difficile d’exercer ce métier toute sa vie. Car il exige une attention et une tension extrêmes ainsi qu’un excellent quotient de paranoïa. Dans les entreprises sensibles qui connaissent la crise et surtout les plans sociaux, les professionnels de l’intelligence économique (IE) sont véritablement sur le pied de guerre.
En temps normal, il n’est déjà pas aisé de sensibiliser les titulaires de postes sensibles aux gestes de sécurité (référence aux moyens de communication, aux rencontres fortuites, aux publications dans des revues spécialisées, aux interviews, à la participation aux salons…) A fortiori en temps de crise. Comment convaincre un salarié qui va quitter le navire contre son plein gré qu’il peut être “tamponné” en vue de fragiliser le patrimoine informationnel de sa future ex-entreprise ? Cela appelle des compétences spécifiques.
La crise, le chômage partiel, les plans sociaux ou les fermetures d’usines et les mouvements sociaux qui s’en suivent deviennent dès lors une véritable aubaine pour des concurrents en quête de renseignements industriels ou technologiques. D’autant que lorsqu’un salarié est invité à quitter la compagnie, il se sent généralement « trahi », a parfois envie d’en découdre et/ou de trouver une oreille attentive (cible idéale pour l’élicitation). Or « c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis »…
Comment détecter une intrusion? Not easy, puisque le profil type est celui d’une personne attentionnée, bienveillante et désireuse de recueillir les confidences, de comprendre et, éventuellement, de proposer son “aide”. Elle se mêlera aux déçus de l’entreprise, soit comme collègue (taupe?), soit comme « journaliste », soit comme « syndicaliste », soit comme « membre d’une association », soit comme « ami d’un ami » ou voisin de tabouret dans le bistrot qui jouxte l’entreprise…
Il se peut alors que le professionnel du renseignement humain (Humint) en mission chez le concurrent en crise décide de traiter durablement sa cible jusqu’à l’embaucher. Il se peut aussi a contrario qu’il lui fausse compagnie en lui laissant une carte de visite (ou professionnelle) trafiquée après avoir ponctionné les renseignements visés par son donneur d’ordre. Dans la plupart des cas, la cible a la vague sensation d’avoir été réconfortée ou vidée par « un type sorti de nulle part… » Un professionnel.
En tout état de cause, la crise reste une formidable opportunité pour les prédateurs d’informations à haute valeur ajoutée et une aubaine pour les acteurs de l’IE, qu’ils soient employés dans une entreprise en crise, chez le concurrent de cette dernière ou en libéral.
Guy Gweth
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Pratique de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine
Une taupe dans votre dispositif d’intelligence économique? C’est possible!
L’IE* au secours de la microfinance camerounaise
In Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 16 avril 2009 at 8:30Dans une interview publiée le 12 avril 2009 dans Les Afriques, Jacques Attali (président de PlaNet Finance) prévoit 30% de croissance par an pour la microfinance en Afrique dans les prochaines années. « L’Afrique représente 10% des encours de la microfinance mondiale, avec 10 millions de bénéficiaires» sur lesquels il importe de veiller de manière spécifique.
Au Cameroun, le programme intégré d’appui aux acteurs du secteur informel (Piaasi) a bénéficié depuis 2005 de près de 4,5 milliards de fcfa issus des fonds PPTE (Pays pauvres très endettés) et octroyé 5000 microcrédits, générant un total de 20.542 emplois (dont 5542 emplois directs et 15000 emplois indirects). Les pouvoirs publics confrontés à d’énormes difficultés de recouvrement doivent désormais faire appel à l’expertise des acteurs de l’intelligence économique au Cameroun et dans la zone Cemac.
Le 15 janvier 2009, le ministère camerounais de l’emploi et de la formation professionnelle faisait savoir que « sur un montant de 1.760 millions fcfa de crédits accordés en 2006 et 2007 aux acteurs du secteur informel, seulement quelques 200 millions ont été recouvrés. » Le 14 avril 2009, Claude Meloné Loé, le coordonnateur du Piaasi, a dû avouer que les autorités sont confrontées à « des bénéficiaires des microcrédits qui se délocalisent, se font tuer en fabriquant des actes de décès, ou alors changent d’activités. »
L’une des principales caractéristiques de la microfinance étant l’éthique, la décision du gouvernement camerounais d’inscrire comme priorité le recouvrement des fonds prêtés tombe parfaitement dans le champ d’investigation de l’intelligence économique et exige un process de renseignement parfaitement adapté au sujet, à la cible et au contexte locaux.
Guy Gweth
*IE: Intelligence économique
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Intelligence économique au Cameroun: on sensibilise
Intelligence économique et guerres secrètes au Maroc
In Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Sécurité on 15 avril 2009 at 4:45Abdelmalek Alaoui, associé gérant de Global Intelligence Partner et ancien étudiant de l’Ecole de guerre économique, a le mérite de poser les grandes problématiques auquel un pays doit faire face au risque de subir un déclassement économique mais aussi politique. Son livre, Intelligence Economique et Guerres Secrètes au Maroc, est à la fois un livre politique, visant à faire prendre conscience au Maroc de l’importance de l’IE, et un livre témoignage, montrant par l’exemple ce que peut apporter l’IE [ ... ]
Le principal frein, selon A. Alaoui, au développement d’une politique d’intelligence économique est la résistance au changement qui est une pratique en grande partie héritée de l’époque coloniale (même si la présence française a ancré dans les têtes le « principe de précaution », indispensable à l’IE). Ce « tropisme français » s’est ainsi transformé en « maladie marocaine », une tendance au conservatisme qui se retrouve dans l’attitude économique. Selon A. Alaoui, le dirigeant marocain est frappé de « parisianisme » aigu.
De plus, « le Maroc a un système culturel où celui qui prend des risques fait figure de « mauvais joueur ». L’originalité jugée suspecte pousse à se méfier de celui qui en fait preuve et à le mettre sous contrôle. Le pays ne favorise donc pas l’aventure, l’imagination, la créativité, la prise de risque et l’ouverture aux idées nouvelles ».
Ce double frein culturel induit des insuffisances en matière de politiques d’intelligence économique : PME non sensibilisées, frilosité pour les partenariats public-privé, manque de culture du partage, opacité des circuits institutionnels fournissant des informations stratégiques, etc. Comme le dit l’auteur, « cette situation, où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique ».
Pourtant, le Maroc dispose d’atouts et doit aller de l’avant. « L’ambition du Maroc [...] doit être la création du « Marocain hybride », qui sait surveiller comme les Chinois, analyser comme les Français et agir comme les Américains. [...] Ce Marocain doit être agressif dans la mondialisation, informé des risques et opportunités et confiant dans son pays et ses gouvernants ». Or, cela amène à parler de la formation. Outre la nécessité de créer une agence marocaine d’intelligence économique ainsi qu’une doctrine, Abdelmalek Alaoui prône la création d’une « école de guerre économique marocaine, ouverte aux civils et aux militaires » permettant la formation de cadres de haut niveau.
Ainsi, pour l’auteur, la doctrine de guerre économique répond à un impératif absolu pour le Maroc, qui doit conserver un rythme de croissance au moins équivalent à celui des dix dernières années, au risque de ne pouvoir résorber de manière durable les inégalités. « Le pays a su identifier ses réserves de croissance et de développement mais n’a pas encore la maîtrise des outils pour pérenniser cette tendance positive ».
Sources : Infoguerre
« Duplicity » : un film pour professionnels de l’IE
In Benchmarking, Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Sécurité on 23 mars 2009 at 12:59Entre séduction et manipulation, la différence est parfois difficile à distinguer. C’est ce que montrent les personnages interprétés dans le film “Duplicity” sorti le 25/03/09 dans l’Hexagone par Julia Roberts et Clive Owen, tout en charme et double jeu. Un film intéressant pour les professionnels de l’intelligence économique (IE) et du monde du renseignement en général*.
Claire Stenwick, spécialiste de l’espionnage et du contre-espionnage à la CIA américaine, et Ray Koval, spécialiste de l’espionnage et du contre-espionnage au MI6 britannique, se rencontrent le 4 juillet 2003 dans les jardins de l’ambassade des Etats-Unis à Dubaï, lors de la réception donnée pour la fête nationale américaine. Séduction mutuelle. Nuit dans le même lit. Mais au petit matin, quand il se réveille, elle est déjà partie. Après lui avoir subtilisé des documents importants.
Cinq ans plus tard, chacun a quitté ses services secrets pour un emploi dans le privé. Claire, ex-CIA donc, est désormais au service d’un géant de l’industrie pharmaceutique new-yorkais. Et Ray, ex-MI6 donc, est au service d’un autre géant de l’industrie pharmaceutique new-yorkais. Tous deux plus rivaux que jamais.
Pour les deux firmes, l’espionnage industriel est capital. Et surtout le contre-espionnage. Car l’un des deux géants s’apprête à lancer un produit révolutionnaire, susceptible de générer des milliards de dollars de bénéfices. Autant dire que quand Claire et Ray se retrouvent, c’est à nouveau la guerre. Mais l’attirance mutuelle reste très forte, et manipulation n’empêche pas séduction.
Oui, mais qui manipule qui? Amants, rivaux, complices, ou les trois à la fois? Et jusqu’où? Et qui aura le dernier mot, dans cette histoire d’amour où les mots “confiance”, “sincérité” ou “transparence” n’ont plus aucun sens? Ou encore: comment deux scorpions s’y prennent-ils pour faire l’amour? Réponse: en faisant très, très attention…
Pour le spectateur, il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil de l’histoire de ce “Duplicity”, où les retours en arrière, les rebondissements et les fragmentations d’écran se succèdent à un rythme soutenu. On suit les aventures des deux personnages, de Dubaï à New York en passant par Rome, Londres, les Bahamas, Miami ou Zurich: dépaysement assuré, en attendant de tout comprendre (peut-être) à la fin du film.
C’est le deuxième long métrage réalisé par Tony Gilroy, après “Michael Clayton” (avec George Clooney). Auparavant le réalisateur s’était fait remarquer pour ses scénarios plutôt bien ficelés de thrillers plutôt compliqués: la trilogie Jason Bourne avec Matt Damon (“La mémoire dans la peau”, etc.), “Dolores Claiborne” d’après Stephen King, “L’associé du Diable” avec Al Pacino et Charlize Theron, “L’échange” avec Meg Ryan et Russell Crowe.
“Duplicity” fait immanquablement penser aux films du genre, où l’arnaqueur n’est pas toujours celui qu’on croit et où les ressorts de la manipulation ne sont connus du spectateur qu’à la fin de l’histoire: il y a 35 ans de cela, Paul Newman et Robert Redford faisaient déjà la même chose dans “L’Arnaque”, et depuis les “Ocean’s Eleven” et autres “Usual Suspects”, “Braquage à l’italienne”, “Les Associés”, “The Score”, “Sex crimes” ou “Cash” ne diffèrent que dans les détails.
Pour que le film fonctionne, tout au long d’un scénario plus ou moins crédible, les acteurs doivent attirer la sympathie du spectateur. Julia Roberts, plus charmeuse et machiavélique que jamais, et Clive Owen, l’acteur à la mode en ce moment (il est à l’affiche de “L’enquête”, au scénario fort semblable), y parviennent sans peine. Et, en contrepoint de ce couple glamour, dans les seconds rôles antipathiques mais bien typés, Tom Wilkinson et Paul Giamatti, en PDG des firmes pharmaceutiques rivales, sont parfaits.
TempsRéel – NouvelObs.
* Note de GG
Cibles, armes et stratégies de la cyberguerre
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Sécurité on 19 mars 2009 at 6:01Le 24 mars prochain aura lieu Forum International de la Cybercriminalité (FIC) à Lille. L’occasion pour nos amis de Silicon de rencontrer en avant-première le Lieutenant-Colonel Régis Fohrer, chargé de mission Intelligence Economique et des nouvelles criminalités pour la région de Gendarmerie Nord Pas-de-Calais. Il est l’un des instigateurs de ce forum.
Silicon.fr : Le cyber-terrorisme ou la guerre informatique peut apparaître comme une notion nébuleuse. Quels sont les cas qui peuvent la caractériser ?
Lt-Col Régis Fohrer : Il est important de donner une définition large de la notion du cyber-terrorisme. Cela comprend tous les réseaux électroniques, tout ce qui peut avoir une interférence sur les réseaux. Un acte ou une volonté de nuire qui peut ne pas avoir d’influence directe sur une structure mais qui peuvent aboutir à du piratage. Prenez un avion dont les instruments de mesures peuvent être brouillés si une connexion Wi-Fi est présente à son bord. Plus près de nous, nous avons mené des travaux sur le Tramway de Douai qui est piloté à distance.
Quelles sont les technologies qu’utilisent les terroristes ? Sont-ils au fait des nouveaux outils 2.0 ou préfèrent-ils des méthodes plus traditionnelles de piratage ?
Il faut que les utilisateurs du Net aient une conscience civique du cyberespace. Savoir qu’il s’agit d’un nouveau continent qui ressemble plus à une jungle qu’autre chose. Un endroit où de nombreux prédateurs se trouvent. Les réseaux sociaux entrent typiquement dans cette logique. Il faut se rendre compte que tous ces outils sont autant de moyens d’attirer les regards curieux.
D’un autre côté, les botnets ou ordinateurs zombies sont les moyens le plus utilisés pour déstabiliser jusqu’à des Etats entiers (Estonie et Géorgie, ndr). On estime à 750.000 leur nombre à travers le monde mais on atteindra très bientôt le million.
Peut-on tracer une carte des Etats cybernétiques voyous sur un échiquier mondial ?
La Chine, par exemple, développe son propre Internet. Vu que les autorités brident les droits des internautes, un Net spécifique voit le jour qui entrera forcément en conflit avec le Web mondial. Des lieutenants chinois (Qiao Liang et Wang Xiangsui) ont d’ailleurs écrit en 1999 un ouvrage intitulé “La Guerre hors limites” qui montre combien l’Empire du Milieu sait utiliser les nouvelles méthodes de déstabilisation, y compris virtuelles. Le soldat est alors démilitarisé et le type de conflit proposé ressemble de près aux principes de la guérilla.
Prenez aussi le conflit israélo-palestinien, nous avons assisté à des atteintes aux souverainetés des Etats ou des belligérants en place, du fait de travaux de désinformation militaire claire, notamment dans la bande de Gaza.
Dans ce cas, quels sont les motifs qui poussent à l’action ? Est-ce le prolongement de moyens militaires ou de nouveaux buts à atteindre pour les terroristes ?
Trois ingrédients sont nécessaires pour mener une attaque cyber : du temps, un dessein et de l’argent. C’est à peu près tout. Sont acteurs : des Etats, des groupes néo-nazis mais aussi des ONG… tous peuvent commettre des actes très difficilement contrôlables.
La France préfère parler de lutte informatique offensive plutôt que de cyber-guerre. Cela montre que la coopération est des plus utiles dans ce domaine. D’ailleurs un membre des services secrets américain sera présent à Lille pour ce Forum International de la Cybercriminalité à Lille…
Une collaboration saine qui a pour but de faire comprendre qu’il existe une réelle différence culturelle entre certains acteurs. Mais nous préférons penser en France que si nous n’avons pas de “guerre de retard” comme en 1940, la guerre a bel et bien commencé.
Les renseignements allemands soupçonnés de piratage
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Sécurité on 12 mars 2009 at 8:29Le journal Der Spiegel vient de publier une enquête mentionnant de nombreux cas d’intrusions et de surveillance informatiques, notamment à l’étranger, menés par le BND, les services secrets allemands.
La Chine n’est pas le seul Etat à être pointé du doigt pour des affaires d’espionnage informatique. Le site d’information allemand, Der Spiegel, rapporte ainsi que les services secrets (BND) de son pays seraient impliqués dans plusieurs cas de piratages informatiques au cours des deux dernières années.
Selon le quotidien en ligne, le BND aurait accédé à distance à des disques durs et installé des chevaux de Troie - des keyloggers plus précisément (enregistreurs de frappes clavier) - afin de dérober des données. Les services secrets allemands se seraient introduits dans plus de 2 500 systèmes informatiques, notamment à l’étranger. Der Spiegel cite par exemple l’ordinateur d’un scientifique pakistanais travaillant dans le nucléaire, Abdul Qadir Khan, mais aussi le réseau informatique d’Irak ou encore celui d’une association allemande présente en Afghanistan.
La police souhaite opérer de la surveillance informatique
Ce n’est pas la première fois que la presse allemande se fait l’écho d’affaires d’espionnage impliquant le BND. En avril 2008 déjà, un article relatait l’interception d’emails échangés entre des journalistes de Der Spiegel et le ministre afghan du commerce, Amin Farhang.
Dans cette affaire, les services de renseignements avaient installé un cheval de Troie sur l’ordinateur du ministre. Ce programme avait notamment permis de recueillir ses identifiants à son compte de messagerie Yahoo et ainsi de consulter ses emails.
Le cas Magic Lantern aux Etats-Unis
En Allemagne, l’interception des échanges électroniques ne concerne pas uniquement le BND. Le ministère de l’Intérieur travaille ainsi à un projet de loi visant à doter les services de police des moyens et des droits les autorisant à effectuer de la surveillance et des perquisitions informatiques. L’installation de chevaux de Troie est une des pistes étudiées.
Nos voisins d’outre-Rhin ne sont cependant pas les seuls à envisager cette évolution. Des projets analogues destinés à répondre aux mutations de la criminalité sont également étudiés en France et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, le FBI a reconnu depuis désormais dix ans avoir utilisé un programme espion : Magic Lantern.
Christophe Auffray
Les entreprises africaines invitées au bal de l’IE*
In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, veille on 11 mars 2009 at 9:32Le ministre nigérien du Commerce, Halidou Badjé, a invité ce mercredi, les entreprises africaines à maîtriser et protéger les informations stratégiques liées à leurs domaines d’activité.
La maîtrise et la protection de l’information stratégique est un facteur important pour tout acteur économique dans son élan d’accroissement et de développement, a dit M. Badjé en marge de l’ouverture d’un colloque international de trois jours sur « la compétitivité des entreprises et l’intelligence économique ».
Premier colloque du genre à être organisé au Niger, cette rencontre qui réunit des experts africains et européens, permettra d’élaborer des modèles d’actions au profit des entités étatiques et des entreprises, indique-t-on.
« Ce colloque intervient au moment où le Niger engage un programme de restructuration et de mise à niveau de ses entreprises (…) face au contexte de mondialisation et des APE », a souligné le ministre du commerce.
Le débat, a estimé M. Badjé, devra dépasser le cadre de ce colloque pour charrier toutes les composantes de l’activité économique notamment les universités et les Instituts de formation afin de permettre aux jeunes diplômés d’avoir des informations précises sur l’intelligence économique.
Selon lui, une étude menée récemment sur 147 entreprises de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a montré que celles ayant une sensibilité à l’intelligence économique connaissent une plus grande compétitivité.
Face à la concurrence acharnée sur le marché dans un contexte de globalisation, la compétitivité et le recours à une sécurité économique se révèlent comme une « préoccupation essentielle » pour tous les acteurs, selon Alain Pierre, l’administrateur général du groupe nigérien Fortinium, initiateur de ce colloque.
M. Alain Pierre a affirmé que l’intelligence économique gagne aujourd’hui en audience et connaît un développement certain, car sa pratique a servi le développement des économies du Nord et continue d’alimenter le secteur de l’innovation industrielle en Asie, en Europe et en Amérique.
Cependant, a-t-il regretté, cette discipline est peu connue en Afrique où le concept de l’intelligence économique reste « abstrait et ambigu » dans l’esprit du citoyen africain.
La rencontre de Niamey va déboucher sur un plan d’action stratégique pour l’instauration de l’intelligence économique dans les organisations et entreprises africaines, a expliqué Alain Pierre.
Il s’agit également de tendre vers la mise en route d’une dynamique de compétitive des entreprises africaines, a-t-il ajouté.
Fortinium group, porteur de ce projet, est né de la volonté de jeunes africains qui cumulent un historique professionnel dans divers domaines liés à la finance, la gestion, les technologies.
Source: DS/od/aft/APA
*IE: Intelligence économique
Protégé : Les coulisses de la guerre contre la ‘terreur’
In Communication d'influence, Débat, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Stratégie, Sécurité on 1 mars 2009 at 6:55France : les atteintes à la sûreté de l’État ont explosé en 2008
In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Veille stratégique on 19 février 2009 at 8:39De la violation du secret défense au pillage économique, la police du renseignement relève de plus en plus d’atteintes aux “intérêts fondamentaux de la nation” française.
Qui en veut à l’État et à ses secrets ? À en croire le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, les «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» ont augmenté de plus de 40 % l’an dernier, passant de 461 cas signalés en 2007 à 654 affaires transmises à la justice. Ici, c’est un petit génie de l’informatique qui tente d’infiltrer le réseau crypté d’une société nationale ; là, un internaute qui fait l’apologie de l’attentat suicide contre les personnels d’ambassade français au Maghreb ; ailleurs, un universitaire qui dévoile en ligne toutes les ficelles d’une technologie de pointe que les autorités voulaient protéger. Les affaires les plus délicates relèvent de la compétence de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) issue de la fusion des RG et de la DST.
«Complot», «trahison», «compromission du secret Défense», «intelligence économique » ou «avec une puissance étrangère» : les principales infractions concernées touchent à la sûreté de l’État. «Il peut s’agir d’un document classifié retrouvé au hasard d’une perquisition chez une personne non habilité à en connaître le contenu, d’une tentative de corruption d’un cadre d’une entreprise d’armement pour lui soutirer des informations techniques sur un système d’arme», explique un commissaire de police. «Nous constatons aussi beaucoup de disparitions d’ordinateurs contenant des fichiers sensibles», déplore un agent de renseignement de haut rang. «Il suffit qu’un fonctionnaire habilité se fasse voler son PC portable ou même son téléphone mobile contenant les numéros du service auquel il est rattaché pour que les faits soient aussitôt qualifiés d’atteinte au secret», nuance toutefois un magistrat spécialisé.
Toutes les procédures engagées par la police et la gendarmerie l’an dernier n’ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires. Mais elles ont justifié plus de 70 gardes à vue. Quatre personnes ont aussi été incarcérées.Les dossiers ouverts visaient 661 Français pour seulement 17 étrangers. Parmi les personnes mises en cause, on comptait 19 femmes pour 659 hommes. Et 10 mineurs.
Les contre-espions ne sont guère diserts sur le profil des 7 garçons et 3 filles de moins de dix-huit ans mêlés en 2008 à une affaire d’État. Un juge assure que «dans ce type de situation, le jeune se retrouve souvent impliqué pour avoir bravé l’interdit, par exemple, en cassant par jeu le code sécurisé d’une institution publique depuis son ordinateur ou pour avoir proféré sur un site des propos inconséquents malgré tout constitutifs d’une infraction».
Les affaires les plus importantes sont traitées à Paris par le pôle antiterroriste, au sein d’une section des atteintes au secret de la Défense nationale. Chaque juge antiterroriste traite 5 à 10 dossiers, essentiellement des affaires de compromission du secret défense liées à des contrats d’armement ou des notes des services de renseignement imprudemment divulguées. L’un d’eux concerne l’exploitation par le journaliste Guillaume Dasquié de rapports de la DGSE sur les menaces pesant sur les États-Unis avant le 11 septembre 2001. «Parfois, ce sont des noms de fonctionnaires agissant sous couverture qui sont livrés», regrette un magistrat parisien.
Pour le préfet Bernard Squarcini, patron de la DCRI, l’inflation statistique des «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» reflète avant tout la répression accrue engagée par ses services depuis leur récente restructuration. Il faut y voir aussi, selon lui, l’un des effets de la politique de sensibilisation au risque d’espionnage économique conduite par les préfets auprès des PME et des PMI en région.
Sources: Le Figaro
Tunisie: 2ème conférence internationale sur les SI et l’IE
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Management de l'information on 13 février 2009 at 7:35L’évènement à Hammamet était, le 12 février 2009, l’ouverture de la deuxième conférence internationale sur les «Systèmes d’information et intelligence économique», SIIE’2009, organisée par l’Ecole Supérieure de Commerce Electronique de La Manouba et l’Université de Nancy.
Présidée par Malek Ghenima, directeur de l’ESCE La Manouba, Aris Ouksel, professeur à l’Université de Chicago et Sahbi Sidhom, professeur à l’Université de Nancy, la session d’ouverture était une occasion pour les intervenants de relever les principaux éléments de la compétitivité des organisations fondée sur la pratique de l’intelligence économique, l’ingénierie du savoir et l’usage des technologies de l’information et de la communication d’autant plus que l’intervention de l’invité d’honneur le Professeur, Ridha Methnani, chef cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de la Technologie a insisté sur l’importance de l’intégration d’une culture de veille stratégique, compétitive et technologique afin d’anticiper les phénomènes issus de la mondialisation, menaces et opportunités pour la protection des savoir-faire et des innovations.
« Les thèmes principaux de cette conférence portant essentiellement sur les systèmes d’information et intelligence économique sont opportuns du fait de l’impact de cet intelligence dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises tunisiennes dans un environnement changeant», a déclaré M. Ghenima, tout en ajoutant que « dans un monde exacerbé par la globalisation, la maîtrise de l’information est l’un des éléments essentiels de la veille stratégique et économique, permettant aux entreprises d’avoir la capacité d’analyser en temps réel les impératifs de leur environnement ».
« C’est une ère de risque où il est difficile de maîtriser les risques et de les évaluer », a souligné M. Sidhom, professeur à l’Université de Nancy. En effet, dans un contexte de grave crise financière et économique, les Systèmes d’Informations et l’Intelligence Economique deviennent plus que déterminants pour la compétitivité et la pérennité des entreprises. Cela dit, il faut attendre à ce que l’année 2009 soit « une étape charnière qui incombe aux dirigeants des entreprises la charge d’analyser minutieusement la sphère économique en investissant en matière des SI et exploiter a fond les opportunités par l’économie de savoir » a-t-il ajouté.
Invité d’honneur, le professeur Ridha Methnani, Ridha Methnani, chef cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de la Technologie, a insisté, lors de la présentation de l’allocution du ministre, Prof. Lazhar Bououni, sur l’importance de s’investir dans cette nouvelle discipline qui joue un rôle essentiel pour la performance, la compétitivité des actions stratégiques et la maîtrise ainsi que la protection de l’information qui sont devenues un enjeu majeur.
«La Tunisie a choisit de bâtir la société de savoir en investissant dans les Systèmes d’Informations et Intelligence Economique, en multipliant les réformes structurels ainsi que qualitatifs de l’enseignement supérieur et en renforçant la coopération internationale en la matière, indispensable pour s’approcher des standards internationaux » a-t-il ajouté. Une telle conférence, dédiée à des thèmes d’actualités, s’inscrit dans ce cadre, puisque « parmi, les aspects de la bonne gouvernance, la gestion adéquate de l’information semble être un atout majeur dans le processus de prise de décision par les entreprises et dans le renforcement de sa capacité à anticiper les mutations technologiques et économiques mondiales et l’amélioration de sa compétitivité », a-t-il déclaré.
La 2ème Conférence internationale SIIE 2009, 12-14 février 2009 à Hammamet en Tunisie est partie de ce constat. Les entreprises, les industries les universités et même les Etats commencent à s’investir dans cette nouvelle approche qui devient de plus en plus un catalyseur de l’économie de savoir, puisqu’elle se base sur la propagation de la culture de la performance, la compétitivité des actions stratégiques et la maîtrise ainsi que la protection de l’information qui sont devenues un enjeu majeur. D’autant plus que, la question de du rapport entre Système d’Information, Intelligence Economique et Processus de prise de décision est plus que jamais posée.
Sources : Webmanager Center
Sécurité: Conflicker a infecté l’armée française!
In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Management de l'information, Sécurité on 9 février 2009 at 8:32Des systèmes informatiques militaires ont été infectés par le ver Conficker. Microsoft a pourtant corrigé cette faille depuis trois mois. Le ministère de la Défense ne prendrait pas toujours en compte les fameux patches de sécurité publiés par Microsoft pour mieux sécuriser les PC sous Windows.
En effet, selon Intelligence Online, du nom d’une publication (papier et Web) sur les “réseaux d’influence” publiée sous forme de lettre confidentielle, les réseaux informatiques de l’armée française sont infectés depuis quelques jours par le ver Conflicker (baptisé aussi Conficker par Microsoft). Ainsi, la propagation d’un tel agent infectieux dans des systèmes informatiques censés être très protégés “pose de sérieuses questions sur la sécurité des réseaux militaires français et leur capacité à faire face à une cyber-attaque d’envergure”, commente Intelligence Online.
Ce ver, qui a déjà contaminé plus de 9 millions d’ordinateurs dans le monde, avait été repéré à la mi-janvier par des chercheurs en sécurité. Il exploite une faille de sécurité corrigée par la firme de Redmond depuis déjà octobre 2008. Il continue donc d’infecter les PC connectés à Internet dont les mises à jours sous Windows n’ont pas été prises en comptes par leurs utilisateurs…
Le réseau informatique interne de la Marine française, baptisé Intramar, a été le premier a être touché par Conficker. Le 16 janvier, quelques jours après avoir constaté qu’un virus avait infecté des PC de la marine, l’état-major a décidé “d’isoler ce réseau des autres systèmes d’informations”.
Toujours selon Intelligence Online, des ordinateurs de la base aérienne de Villacoublay (Yvelines) et du 8ème régiment de transmissions ont été touchés par le ver informatique. Conficker aurait ainsi entraîné des pannes informatiques et un ralentissement des activités opérées depuis les ordinateurs infectés.
Difficulté de mesurer l’ampleur des dégâts
Pour le moment, le ministère de la Défense ne serait pas capable de déterminer “combien d’ordinateurs et de systèmes d’informations militaires sont susceptibles d’avoir été contaminés par le virus Conflicker”.
Initialement transmissible par Internet, l’infection des systèmes informatiques internes des armées françaises, parfois non connectés au Web, a pu se propager par l’intermédiaire de périphériques amovibles, comme des clés USB, qui contenaient déjà ce virus contracté lors de précédentes connexions au Net effectuées via un autre ordinateur étranger à ces réseaux fermés.
C’est en tout cas un coup dur pour le ministère de la Défense qui a encore beaucoup d’efforts à réaliser pour s’inspirer du Livre Blanc sur la Défense, évoquant le réseau Internet comme une infrastructure critique.
Anne Confolant / Sources : Vnunet
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Guerre économique et légitime défense préventive
La France se dote d’un portail sur la sécurité informatique
l’Afrique face à la microfinance islamique
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Débat, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie on 9 février 2009 at 7:18Avec des relations plus “solidaires” entre emprunteurs et épargnants, la microfinance islamique pourrait devenir une véritable opportunité pour l’Afrique selon le Sénégalais Mouhamed Diakité, ancien de l’Ecole de Guerre économique de Paris, expert en finance et en intelligence économique. Voici ses arguments:
“L’une des causes de cette débâcle financière mondiale reste l’asymétrie informationnelle entre les banques et les usagers, accentuée par la multiplication des actifs fictifs ou virtuels. S’est ajoutée à ce défaut originel, une recherche « absolue » de l’intérêt, qui a détourné les institutions financières de leurs rôles d’inter-médiation sur les actifs tangibles et l’investissement par la création de richesses. Cette dérive du capitalisme occidental impose d’elle-même d’autres alternatives. C’est ainsi que la finance islamique, politiquement incorrecte il y a seulement deux ans en France, est aujourd’hui remise au goût du jour. C’est une alternative crédible car plus éthique et plus « socialement responsable ». C’est une finance qui favorise l’investissement et encourage la rigueur car le bénéfice et la perte sont partagés. La liquidité actuelle de la finance islamique milite pour une adaptation des cadres africains à cette alternative. Pourquoi, compte tenu du caractère limité du pouvoir d’achat des épargnants, ne pas vulgariser la microfinance islamique pour lutter contre la pauvreté.
800 milliards d’actifs
“La finance islamique représente aujourd’hui entre 500 et 800 milliards de dollars d’actifs gérés selon les principes de la Charia et a enregistré une croissance de plus de 20% depuis les dix dernières années. Cependant, son apport reste faible en Afrique, malgré les 412 millions de musulmans qui constituent près de 50% de la population globale estimée à 850 millions d’habitants. En tout, l’on recense 37 institutions financières en Afrique. Le potentiel du marché de la finance islamique pourrait atteindre 235 milliards de dollars. Pour le moment, l’on est encore loin de ce chiffre et loin du dynamisme observé au Moyen-Orient et en Malaisie, chef de file du pôle de la finance islamique en Asie du Sud-Est. A la fin 2007, l’intermédiation financière conforme à la Charia s’établissait à 18 milliards de dollars, ce qui représentait une part de marché inférieur à 8% de sa taille potentielle. Le développement de la finance islamique sur le continent africain doit pallier au déficit chronique par une approche plus calquée sur les réalités du terrain. L’introduction de la finance islamique améliorerait la contribution du secteur de la microfinance en général dans la mobilisation de l’épargne. Cette contribution n’excède pas aujourd’hui 5%. Pour redynamiser le secteur, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a élaboré en 2003 un programme régional d’appui à la finance décentralisé (PRAFIDE) pour la période 2004-2008. Ce nouveau dispositif, dont les volets essentiels ont fait l’objet d’une large concertation impliquant l’ensemble des acteurs du secteur, vise à maintenir, voire à consolider les fondations existantes et à bâtir un secteur solide et performant capable de répondre durablement à la demande sociale.
Stratégie en quatre axes
“Cette stratégie d’intervention se décline en quatre axes principaux : l’aménagement du cadre juridique, le renforcement des capacités des acteurs et la valorisation de l’expertise locale, l’amélioration de l’information sur le secteur (modernisation des systèmes d’information de gestion) et l’accroissement de l’efficacité des mécanismes de surveillance interne et externe. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, la microfinance est particulièrement développée. Dans ce dernier pays, le secteur reste largement dominé aujourd’hui par la FENACOOPEC (Fédération Nationale des Coopératives d‘Épargne et de Crédit) puisque cette structure, à elle seule, représente 88% de la clientèle, 91% des dépôts et 78% des crédits. Le taux de pénétration s’établirait à 25%, ce qui fait qu’en moyenne une famille sur quatre en Côte d’Ivoire fait régulièrement appel aux services financiers des institutions de microfinance. Avec l’adaptation de la règlementation, la création des Sharias Boards et une bonne vulgarisation par la communication, les instruments de la finance islamique pourraient donner à la microfinance classique en Afrique de l’Ouest le souffle qui lui manque tant pour atteindre le plus grand nombre.”
Les secrets de l’intelligence économique à la française
In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 5 février 2009 at 6:59Dans l’Hexagone, tout se passe comme si les acteurs de l’intelligence économique avaient besoin -à l’instar de certaines loges- d’un peu d’ombre pour exister, d’un soupçon de lumière pour être reconnus, d’un subtil mélange de mystère et de publicité pour être recrutés et craints tout à la fois. Étrange microcosme que ce lieu où, depuis l’affaire Ben Barka, l’establishment économique et politique n’a jamais voulu s’unir au monde du renseignement autrement que par les liens du concubinage.
Dans « Particularisms of the CI profession in France » publié sur le site américain de la SCIP, nous avons mis en lumière quelques éléments factuels qui, à notre avis, empêchent un fonctionnement éthique des professionnels de l’intelligence économique (IE) dans l’Hexagone. Nous avons ainsi pu revisiter des affaires telles que la condamnation le 23 janvier 2008 par le tribunal de Bourg-en-Bresse d’un cabinet d’IE et son client à 30.000 euros d’amende pour violation de la vie privée, l’affaire de la brigade des fraudes aux moyens de paiements (BFMP) qui éclata à Paris au matin du 13 mars 2008 ou encore l’affaire d’espionnage sur Olivier Besancenot qui mit le patron de Taser France dans le collimateur de la police parisienne dès le 14 octobre 2008. Après le décryptage des tendances lourdes qui s’en dégagent, nous avons dû constater qu’une bonne moitié des acteurs de l’IE opérant en France peine à se passer de barbouzerie.
Le train de mesures envisagé par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, dans le cadre de son projet de loi visant à assainir les pratiques de cette profession dans le pays ne rassure ni les voisins de la France ni ses partenaires non-européens. En reprenant notre analyse sur le site Intelligence Matter, Andreas Romppel, président de la “Deutsches Competitive Intelligence Forum” s’est dit préoccupé par l’impact des pratiques françaises sur les grands projets de recherche au niveau européen. Situation paradoxale s’il en est, car pendant que les superpuissances redoutent la culture et le savoir-faire français en matière d’espionnage économique et industriel, l’Hexagone sécurise de l’intérieur et continue, sans état d’âme, de conquérir des parts de marché dans les pays avancés ou émergents. On ne le dit pas assez: pour le french businessman, l’exploitation de sources ouvertes ou fermées aux fins de concurrence tient du réflexe.
Certes on continue de professer dans les amphis que ce sont les anciens de la police ou des services de renseignement d’État qui, par leurs pratiques border line, appellent l’opprobre sur la communauté de l’IE. Cette accusation n’est vraie qu’en partie. Prenez comme béquilles les jeunes gens sortis des universités ou des écoles de commerce avec un Master en intelligence économique. Scrutez attentivement leurs publications en ligne lorsqu’ils en ont. Vous verrez que 3/5 de leurs articles sont anonymes ou griffés par des initiales, renforçant délibérément l’image d’une profession du secret. Or signer un article d’intelligence économique ou de biologie… sur un blog, un quotidien régional ou dans une revue scientifique fait dire à l’auteur: « Je respecte mes lecteurs. J’ai qualité pour tenir ces propos. J’en assume la responsabilité. » D’où vient-il qu’on veuille se cacher lorsqu’on a l’éthique et la loi pour soi?
Dans les pays francophones de l’hémisphère sud, la tentation est grande d’importer de telles pratiques, comme en d’autres temps et domaines. Il faut faire attention à ne prélever chez nos amis français que ce qu’ils font de meilleur: l’analyse, l’engagement et la rhétorique.
Guy Gweth
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Niger : Areva conserve le 2è gisement mondial d’uranium
In Diplomatie économique, Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Management de l'information, Stratégie on 3 février 2009 at 7:00Au cours d’une mission d’intelligence économique réalisée en juillet 2007 par Fred Raynal, Marc Hervé Blanchet, Guy Gweth, Jean-Luc Traineau & Pedro Santos au sein de l’école de guerre économique, nous avons passé au crible le dispositif d’Areva au Niger en vue d’y détecter les failles informationnelles exploitables par les parties adverses, et d’imaginer des scénarios d’attaques (conventionnelles ou non) après avoir identifié les “ennemis” et leurs modes opératoires.
A l’époque, le géant mondial du nucléaire faisait face à la colère du gouvernement nigérien, à l’hostilité de plusieurs ONG locales et étrangères, ainsi qu’à la pression des concurrents chinois, indiens et australiens… La victoire d’Areva en ce début 2009 donne au moins deux indications essentielles. Primo, l’équipe dirigée par Anne Lauvergeon a parfaitement saisi l’importance du management stratégique de l’information dans ce dossier et blindé son dispositif jusqu’à la signature du contrat avec les autorités du Niger. Deuxio, l’influence et la diplomatie économique françaises dans ce pays ont tourné à plein régime. L’article de Faycal Métaoui, ci-après, paru le 1er février 2009 in Les Afriques, revient sur quelques faits marquants. Extraits:
“Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva, a pesé de tout son poids pour conclure, dans les meilleures conditions, cet accord. Elle avait presque échoué dans un premier déplacement à Niamey en décembre 2008 avant d’arracher l’accord des autorités nigériennes au terme de longues négociations. Areva, présent au Niger avec ses deux filiales Somaïr et Cominak, était soupçonné par Niamey de financer les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) qui sont actifs dans le nord du pays. L’été 2007, Dominique Pin, directeur général d’Areva au Niger, et Gilles de Namur, chargé de la sécurité de la même entreprise, avaient été expulsés du pays.
“Le changement de cap a coïncidé avec l’émergence du MNJ. Pour Niamey, la cause était entendue : pour défendre ses intérêts, Areva a financé cette nouvelle rébellion afin de créer une situation d’instabilité dans la région d’Agadez. La Libye voisine a également été accusée d’appuyer les hommes armés. Le groupe français a aggravé son cas en refusant de communiquer des données géologiques sur le nord du Niger. Niamey, après une intervention discrète de hauts responsables français, a révisé sa position vis-à-vis d’Areva, mais l’a obligé à revoir les prix du minerai. Le groupe d’Anne Lauvergeon s’est engagé à payer le kilo d’uranium (yellow cake) à 61 euros au lieu de 41,6 euros (deux fois moins cher que sur des cours mondiaux fluctuant).
“Le nouvel accord d’Imouraren porte sur un investissement de 1,2 milliard d’euros. La capacité d’exploitation est de 35 ans pour une production annuelle de 5000 tonnes (mais la convention est limitée à 20 ans). « L’accord prévoit une répartition capitalistique de 66,65% pour Areva et de 33,35% pour l’Etat du Niger dans la société créée en vue de l’exploitation du gisement. C’est le plus grand projet industriel minier jamais envisagé dans ce pays », précise le groupe français, qui annonce la création de près de 1400 emplois directs liés au projet. Le démarrage de la production à Imouraren est prévu en 2012. Cela va permettre au Niger de se placer au deuxième rang mondial des pays producteurs d’uranium. Le gouvernement pourra commercialiser une partie de la production à travers l’entreprise Sopamin. Selon le ministre des Mines et de l’Energie, Mohamed Abdoulahi, le projet Imouraren offrira la possibilité de développer la connexion au réseau ferroviaire de la sous région (Imouraren-Cotonou) et la mise en œuvre d’un programme électronucléaire.”
Lire l’article complet de Faycal Métaoui in Les Afriques
Intelligence économique au Cameroun : on sensibilise
In Communication d'influence, Diplomatie économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale on 25 janvier 2009 at 12:07Dès sa création en 2007, GwethMarshall Consulting, leader du conseil en intelligence économique et stratégique en Afrique centrale[1], a développé quatre programmes citoyens. L’objectif : assurer une appropriation rapide et harmonieuse de l’esprit et des techniques d’intelligence compétitive par les groupes cibles. Le programme SIC[2] vise tout particulièrement à sensibiliser les autorités publiques locales et consulaires, les entreprises et chambres de commerce, les collectivités locales et la société civile ainsi que le secteur éducatif de la zone Cemac*. C’est dire si nous nous sommes réjouis de la tenue le 14 janvier dernier de la conférence de l’Acrie sur le thème « l’intelligence économique : une réponse à l’ère de l’information » à l’Institut africain d’informatique (IAI-Cameroun) de Yaoundé.
A l’invitation de Armand-Claude Abanda, représentant résident au Cameroun de l’IAI, Pascal Frion de l’Acrie (« premier réseau européen d’intelligence économique ») a entretenu les étudiants en informatique sur les enjeux de l’intelligence économique (IE) dans un contexte d’hyperconcurrence mondiale. « L’intelligence économique, a-t-il dit, est une réponse à l’ère de l’information car elle propose des comportements, des méthodes, elle suscite que les individus et les organisations se motivent pour se questionner, chercher, traiter, diffuser et protéger l’information. » Pour le conférencier, l’ère de l’information se distingue de la logique des moyens et de la logique de résultats. Il faut opter pour une logique du choix.
Dans un langage simple, l’orateur a défini l’IE comme « l’ensemble des actions conjuguées de questionnement stratégique pour identifier des besoins et des demandes, de la recherche d’information de ce qui nous manque, de traitement de l’information utile, de la diffusion de l’information pertinente, sans oublier la protection de l’information discriminante. » Il a insisté sur l’idée de projet dans une démarche d’intelligence économique car pour lui, « sans projet, nous risquons la boulimie d’information et l’infobésité, ce qui occasionne de la perte de temps, de la frustration, une non performance, etc. L’intelligence économique (ponctuelle, pour décider et agir) se distingue de la veille (pour savoir). »
Parlant des nouveaux rapports de force internationaux, Pascal Frion avertit : «il faut donc être prêt, ponctuellement, à se battre légalement dans une guerre économique parfois délicate à identifier. C’est ce qu’on appelle l’offensive légale. De manière défensive, la veille doit nous tenir informé de manière régulière sur ce qui se passe autour de nous. Pour un Etat, ou pour une région (intelligence économique territoriale) il s’agit également d’aborder la géopolitique, la géoéconomie, etc. » L’orateur aurait pu profiter de ce paragraphe pour souligner l’idée de souveraineté et de patriotisme économiques qui sous-tend tout dispositif national ou régional d’IE mais le temps a sans doute manqué.
Grâce à son programme citoyen SIC, GwethMarshall entend diversifier ce type d’initiative en associant un maximum de théoriciens et de praticiens venant d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe, un appui stratégique à la diplomatie économique des Etats de la Cemac. Avec l’ouverture prochaine d’une antenne sous-régionale de la SCIP[3], l’Afrique centrale entend jouer un rôle de premier plan en matière de stratégies concertées d’intelligence économique à l’échelle continentale. Ici, on a fait le choix stratégique de partir à la conquête des meilleurs pratiques mondiales d’IE (japonaises, étasuniennes, chinoises, britanniques et allemandes) sans oublier l’apport des écoles sud-africaines et françaises.
Ce sont les grand-mères bantu du Cameroun qui enseignent à leurs petits-enfants que « la sagesse c’est de recueillir celle des autres ».
Guy Gweth
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Le novembre de l’intelligence économique en Afrique
[1] Afrique centrale (zone Cemac*) : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad.
[2] SIC : Sensibilisation à l’Intelligence Collective
[3] SCIP : Society of Competitive Intelligence Professionals
