« Quelle idée d’avoir appelé cette planète terre alors qu’elle est clairement océan? », s’étonnait Arthur Charles Clarke en introduction du livre vert maritime de…
Archive for the ‘Gestion de crise’ Category
L’âge d’or de la Security Business dans le Puntland somalien
In Gestion de crise, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Risk Management, Sécurité on 2 novembre 2009 at 10:17La Guinée ou l’art d’effrayer les investisseurs
In Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 25 septembre 2009 at 1:50Alors que les pays riches rivalisent d’adresse pour attirer le plus d’investisseurs, de touristes et de travailleurs qualifiés possible ; alors les pays émergents se battent pour séduire les entreprises qui délocalisent, de nombreux pays au sud du Sahara jouent à faire peur aux opérateurs étrangers. C’est le cas de la Guinée Conakry, un peuple de travailleurs infatigables, une terre de tradition hospitalière pourtant affublée de la note « D »[1] dans la catégorie « environnement des affaires » du Département Etudes Economiques et Risques Pays de COFACE, au même titre que le Zimbabwé ou l’Afghanistan. L’insécurité.
Des exemples
Le 16 septembre dernier à Conakry, des militaires guinéens se présentent au siège de Total Guinée dans le but d’enlever son directeur général. Le DG, Philippe Chauvin, échappe aux agresseurs grâce à l’intervention de ses employés et de quelques passants. Un mois plus tôt, c’est l’ambassadeur de Ghana qui avait été enlevé, brutalisé et dépouillé par des hommes armés…
Des causes
Depuis la prise du pouvoir par les militaires au lendemain du décès de Lansana Conté le 23 décembre 2008, les diplomates et hommes d’affaires asiatiques, européens et africains sont régulièrement la cible de bandes armées qui se croient au dessus des lois. D’ici à 2012, le marché de la security business va flamber dans ce pays comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire.
Des réalités
Malgré ses ressources naturelles, la Guinée Conakry est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Elle est 173ème dans le classement Doing Business 2010[2] avec 179 créations d’entreprises/an pour 111 fermetures et un indice de protection des investisseurs de 172. Il faut 41 jours et 13 procédures pour créer une société à responsabilité limitée (SARL) dans ce pays[3].
Une solution
Pour investir et/ou vous maintenir en Guinée en toute sécurité, demandez conseil à vos experts.
[1] « D » équivaut à la moins bonne note du classement
[2] Doing Business, Rapport 2010, Banque Mondiale (BM) & International Finance Corporation (IFC)
[3] Pour créer une SARL en Afrique subsaharienne, il faut en moyenne 41 jours et 9 procédures.
Réputation: le Nigeria obtient les excuses de Sony
In Communication d'influence, Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Perception Management, Soft Power, veille on 22 septembre 2009 at 7:18Le fabricant de la PS3 a mis en ligne, et diffusé aux Etats-Unis, un spot humoristique dans lequel une blague semblait assimiler les nigérians à des arnaqueurs.
La société Sony a dû présenter ses excuses après la diffusion d’une publicité pour sa console Playstation 3, jugée offensante par le gouvernement du Nigeria, rapporte lundi 21 septembre le site internet du quotidien britannique The Telegraph.
Dans ce spot humoristique, diffusé sur internet et à la télévision américaine, un consommateur, Bernie, interpelle le fabriquant de la PS3 : “Chère Playstation, j’ai eu un tuyau selon lequel vous faites la PS3 à 299$. Vous confirmez ou vous démentez ?”.
Dans la séquence suivante, un responsable de Sony, présenté comme “directeur de la confirmation des rumeurs”, répond : “Bernie, il ne faut pas croire tout ce que vous lisez sur internet. Si c’était le cas, aujourd’hui je serais un millionnaire nigérian.”
Un classique de l’arnaque
Cette blague fait référence à un grand classique de l’arnaque sur internet : les “Nigerian Scams” ou “419 scams”. Le principe est d’envoyer à plusieurs personnes un mail dans lequel l’arnaqueur se présente un proche, et seul héritier, d’un banquier, homme politique ou homme d’affaires défunt.
Pour pouvoir toucher l’argent de l’héritage, bloqué souvent pour des raisons politiques, l’arnaqueur demande à son correspondant de lui fournir ses coordonnées bancaires afin de le récupérer à sa place. La victime se voit promettre une large commission sur la somme. Bien entendu, ceux qui se laissent prendre au piège voient leur compte vidé dans les plus brefs délais. Ces mails proviennent de nombreux pays connaissant une instabilité politique. Mais ce serait au Nigéria que cette arnaque aurait pour la première fois vue le jour.
Le gouvernement nigérian a en tous cas très mal pris la blague de Sony et a réagi dans un communiqué dans lequel il “demande des excuses inconditionnelles de la société Sony pour cette campagne négative délibérée contre l’image et la réputation du pays. Le gouvernement voit ceci comme une tentative de la société Sony d’affaiblir les intérêts économiques du Nigéria dans le monde”.
Le fabricant de la PS3 s’est immédiatement exécuté dans un communiqué dans lequel il s’excuse “auprès de tous ceux qui se sont sentis offensés” et en annonce le retrait du spot. Celui-ci sera remplacé par un autre, dans lequel le responsable de Sony répond : “Il ne faut pas croire tout ce que vous lisez sur internet. C’est comme ça qu’a commencé la Première Guerre Mondiale”.
Jérôme Hourdeaux – Nouvelobs.com
Côte d’Ivoire: Trafigura fait la loi aux victimes du Probo Koala
In Gestion de crise, Guerre économique, Management de l'information, Perception Management, Risk Management, Soft Power, Sécurité on 21 septembre 2009 at 5:57C’est dimanche 20 septembre 2009 que Trafigura a annoncé avoir trouvé un accord avec 31 000 victimes des déchets toxiques du Probo Koala. Pour arrêter les poursuites judiciaires engagées par la côte d’Ivoire en 2007, l’entreprise néerlandaise avait versé 100 milliards de francs Cfa à l’État ivoirien.
Protégé : Les limites de la protection rapprochée sur internet
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Guerre de l'information, Management de l'information, Risk Management, Sécurité, veille on 18 septembre 2009 at 9:28Intelligence économique: les quatre vérités de l’OAIE
In Gestion de crise, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information on 6 septembre 2009 at 11:01
Le 12 avril 2007, le site Outils Froids publiait un article de 20 lignes intitulé: “Le retour de l’organisation africaine de l’intelligence économique (OAIE).” En guise de conclusion, l’auteur exigeait des excuses et des explications de l’Organisation suite au report sine die du colloque “intelligence économique en Afrique, enjeux et perspectives” initialement prévu du 15 au 18 février 2006 à Dakar. Une demande légitime. Depuis, le temps a passé. Sans effacer les traces de ce qui s’apparente aujourd’hui à une crise mal gérée. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, j’ai invité Joseph Bayehe, Phd., directeur exécutif de l’OAIE pour un entretien vérité. Au nom de l’Organisation présidée par le Général Mamadou Mansour Seck, ancien ambassadeur du Sénégal aux Etats-Unis, il a accepté de me répondre. En exclusivité.
Guy Gweth: la décision de reporter in extremis la tenue du colloque de Dakar sus-mentionné s’est révélée extrêmement éprouvante pour l’OAIE et l’ensemble de ses partenaires. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?
Joseph Bayehe : il y a eu un mélange de plusieurs facteurs parmi lesquels : un problème de coordination au niveau du Comité scientifique, le départ d’un membre de l’équipe d’organisation, et le désengagement de certains de nos partenaires. Les partenaires qui sont restés et dont la participation était conditionnée par celle des autres ont tiré les conséquences par leur retrait, malgré eux. Je dois dire ici que les choses se sont passées très vite et il y a d’autres détails que je ne peux exposer ici et qui ont milité pour l’annulation.
Avez-vous des regrets ?
Des regrets, évidemment nous en avons. Nous avons mal communiqué ou pas assez communiqué sur les raisons du report-annulation de notre Colloque. Beaucoup d’acteurs africains et non africains de l’intelligence économique n’ont pas selon toute vraisemblance été informés. Je comprends la réaction qu’ils ont eue par la suite et je saisis l’occasion que vous m’offrez à travers votre blog de présenter au nom de l’OAIE et à mon nom personnel toutes nos excuses à tous ceux qui ont été touchés d’une manière ou d’une autre par l’annulation du Colloque et leur demande de nous réitérer leur confiance. A ceux qui sont restés avec nous, qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde reconnaissance.
De nombreuses personnalités et institutions internationales étaient impliquées dans l’organisation de ce colloque qui sont toujours prêtes à suivre. Pouvez-vous en citer quelques unes?
Je citerai d’abord l’UEMOA et son président Soumaïla Cissé qui a compris depuis 2005 notre combat, et qui de tout temps a eu une oreille plus qu’attentive. La BAD et son Président Donald Kaberuka ; au niveau de l’Union Africaine aussi, du Nepad, de l’ACBF, du CRDI. Des personnalités telles Jacques Bonjawo, Paul Dishman, ancien président de la SCIP et bien d’autres encore. Nous sommes entrain de travailler pour la présence d’au moins deux chefs d’Etats africains. Le moment venu, tout sera dévoilé.
Alors que la guerre cognitive fait rage dans le cyberespace, comment justifiez-vous la relative carence des acteurs africains de l’intelligence économique sur le terrain de la communication stratégique et de la production des connaissances en ligne ?
Il s’agit probablement d’une question de culture et de l’absence d’un catalyseur. Je sais qu’ils sont nombreux les Africains qui veulent produire des connaissances en ligne. Mais ils ont besoin d’un milieu dans lequel ils peuvent s’exprimer, un cadre opératoire.
Il faudrait aussi faire remarquer les orientations de la plupart des acteurs. Certains aimeraient plutôt mettre leur connaissance au service des entreprises qu’ailleurs. L’existence des blogs comme le vôtre poussera certainement d’autres à s’y investir.
Les Africains sont réputés solidaires. Arrivez-vous à expérimenter cette « solidarité africaine » sur le terrain de l’information et du partage des connaissances ?
Vous savez que chaque fois qu’on parle d’information au niveau des entreprises ou même des États, le mot prend une autre connotation et donne lieu à des réactions qui quelques fois n’ont pas lieu d’être. On n’arrive pas à faire la différence entre ce qui est pour soi et ce qui peut nous servir à nous, mais aussi servir aux autres sans qu’on perde sa compétitivité.
Cette solidarité n’est pas effective au plein sens du terme mais elle tend à s’installer déjà au niveau des intellectuels africains. La sensibilisation et la formation peuvent aider à changer la mentalité. On voit aussi la nécessité de créer des banques de données accessibles et interactives pour limiter la rétention de l’information et favoriser la culture au partage ./.
Protégé : Présidence à hauts risques pour Ali Bongo
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Prospective, Risk Management, Sécurité on 5 septembre 2009 at 8:49La communication défensive des Etats africains : le cas du Cameroun
In Communication d'influence, Diplomatie économique, Gestion de crise, Intelligence économique, Perception Management, Soft Power on 21 août 2009 at 11:30La communication c’est la guerre. Ceux qui l’ignorent en font les frais. Depuis les années soixante, décennie des indépendances en Afrique subsaharienne, les États n’ont interprété cet axiome que sous un angle monolithique. On communique essentiellement pour défendre la position officielle du gouvernement. Mais avec la chute du mur de Berlin, le vent de démocratisation sui generis, les crises, la concurrence et la mondialisation de l’information, les États africains sont contraints d’innover. Leurs gouvernements doivent communiquer vers l’international pour attirer les investisseurs et touristes étrangers, pour accroitre l’influence et le rayonnement du pays, pour déjouer les courbes des agences de notation et parer aux actes hostiles. Epinglé en l’espace de 45 jours par les rapports du CCFD[1] et du Foreign Policy[2], le Cameroun (Afrique en miniature) révèle une communication monarchique de type défensif (I) qui gagnerait à passer en mode républicain de type offensif (II).
I – Une communication de type défensif
Le Cameroun est très certainement le seul pays au monde où la Présidence de la République est dotée de deux sites officiels[3] sur internet. Ce seul indice suffit à trahir l’état d’esprit des griots noirs (A) et des sorciers blancs (B) payés par le contribuable pour gérer l’image de marque du pays.
A/ Les griots noirs
Comme c’est souvent le cas lors des classements de Transparency international inscrivant le Cameroun au tableau des pays les plus corrompus de la planète, les dernières accusations portées contre la fortune du chef de l’Etat camerounais par l’ONG française, CCFD, ont donné lieu à un schéma de défense classique en Afrique : les membres du gouvernement montent au créneau pour se justifier face à une ONG, profitant au passage pour chanter les louanges du Président. Un combat asymétrique perdu d’avance. Car en face, on n’a tôt fait d’enfermer dans leurs propres contradictions ces griots qui entourent leur monarque d’un airbag de flatteries, décrédibilisant ainsi leur pays, presqu’autant que les sorciers blancs.
B/ Les sorciers blancs
Les gourous de RP et communication qui conseillent aux chefs d’Etat africains d’acheter des pleines pages de journaux parisiens pour défendre et promouvoir leur pays et gouvernants lors de visites officielles sont des dealers. Car plus personne ne croit à ce type de communication, et surtout pas le lecteur français, les dirigeants européens encore moins. Aussi entend-on régulièrement nos sorciers blancs se moquer de leur clientèle subsaharienne lors de diners en ville : « ils sont trop généreux… Ils font confiance facilement… Ils ne réalisent jamais d’étude d’impact et c’est tout bénéf pour nous… », confie-t-on entre deux coupes dans les restaurants du VIIè et du XVIè arrondissements parisiens. Vivement l’offensive!
II – Une communication de type offensif
La nouvelle stratégie de communication que nous suggérons aux Exécutifs africains trouve son encrage et ses ressources dans les failles des adversaires (A) et l’expertise nationale (B).
A/ Les failles adverses
A l’heure où de plus en plus d’ONG crédibles servent de bras armés à leur gouvernement ou à des groupes d’intérêts, un traitement particulier doit leur être réservé dans les dispositifs républicains de défense. Dès l’instant où des failles d’ordre moral (dettes de jeu, inscription aux alcooliques anonymes, penchant pour les paradis artificiels…) sont relevées sur ceux qui posent des actes hostiles, il faut riposter en prenant les précautions d’usage, non seulement pour déplacer le débat dans l’espace, en décrédibilisant l’assaillant, mais aussi pour dissuader d’autres adversaires potentiels, en s’appuyant sur des experts nationaux.
B/ L’expertise nationale
Dans son déficit de créativité et sa soumission à l’Occident, aucun État africain – à part la Libye, le Ghana et l’Afrique du Sud – n’a entrepris de générer des caisses de résonance internationales, des think tank, des ONG ou des idiots utiles moralement irréprochables pour traiter d’égal à égal avec leurs adversaires; et à contre-attaquer le cas échéant. Ayant trop tiré sur la corde, « l’église catholique qui est au Cameroun » est désormais disqualifiée pour tenir ce rôle et les conseillers en communication du Président semblent blasés par l’ennemi intérieur. Pourtant, il y a des experts nationaux compétents qui ne demandent qu’à être intégrés dans une stratégie d’intelligence collective au profit de leur pays et du continent africain.
Guy Gweth
[1] Biens mal acquis, à qui profite le crime ?
[2] Classement 2009 des pays à risque
[3]Les deux sites officiels sont: www.prc.cm & www.presidenceducameroun.com
Quand Capital s’amuse à pirater des sites d’entreprises
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence économique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 27 juillet 2009 at 11:25Le magazine Capital du mois d’août 2009, en kiosque depuis le 23 juillet, met le feu aux poudres et livre un article exclusif et explosif sur les sites web d’entreprise. Et le titre en dit long : « Pirater un site Web d’entreprise, un jeu d’enfant ! ». Les journalistes se sont tout simplement « amusés » à pirater les sites de sociétés telles qu’Orange, Virgin Mobile, HP, Amaguiz ou encore Facebook ! « Pas besoin d’être un pirate pour trouver un trésor : quelques clics et un peu d’astuce nous ont suffi pour forcer la porte de nombreux sites d’entreprise » affirme le journaliste, preuves à l’appui avec un tableau récapitulatif des infos récoltées, de ce qu’auraient pu en faire des pirates, et du temps de réaction des entreprises concernées.
Le principal problème que l’on retient à la lecture de l’article est que les sociétés n’accordent pas assez d’importance à la sécurisation de leur site web. D’autre part, une fois la faille détectée, la réaction de la société est plus ou moins inquiétante. Ainsi Orange a réagit immédiatement et a bloqué son site le temps de le sécuriser, Virgin Mobile a réagit en 24 heures et HP immédiatement. En revanche, d’autres résolvent le problème en un mois voire deux mois pour Facebook, par exemple. Enfin, d’autres ne réagissent pas. Capital expliquent concernant les sites Lactel, Francine et Lustucru que « prévenues par nos soins en mars dernier, les trois sociétés n’ont toujours pas réagi ». (Le magazine est parvenu à se procurer « l’identité et les adresses mail des centaines de gagnants du jeu concours Crêpes en fête organisé en février derniers »).
Alors comment a fait Capital pour devenir un véritable pirate du web et ce apparemment si facilement ? L’article commence ainsi et donne le ton « Fidèles de Virgin Mobile, vous pouvez remercier Capital. Pendant des semaines, votre opérateur téléphonique a laissé traîner sur son site Internet tout un tas de données confidentielles vous concernant : nom, adresse, numéro de téléphone, code secret, identification Imei de votre appareil… Il suffisait de taper sur son clavier un numéro de facture pour la faire apparaître à l’écran » Autres exemples à propos d’Orange : « Pour permettre à ses clients d’accéder à leur facture sans délier les cordons de la bourse, la société leur fournit par e-mail un mot de passe ultrasecret, qui se trouve être un simple numéro. Comme chez Virgin Mobile, il suffit d’en connaître un et de le faire varier (en l’augmentant de 1, puis de 2, etc.) pour avoir accès aux comptes personnels de 400 000 usagers de la maison », et de Hewlett Packard : « nous avons accédé sans difficulté à un fichier comportant l’adresse e-mail des 5 millions de lecteurs de la lettre d’information du groupe ».
Les journalistes n’ont pas profité de leur trouvaille, ils ont averti les sociétés, mais les pirates eux en auraient tiré parti ! A propos du site Virgin Mobile, Capitale explique que : « un hacker facétieux – et prêt à commettre un délit pénal – n’aurait eu aucun mal à bloquer autant de lignes qu’il le souhaitait en quelques minutes. » A propos d’Orange : « Inutile de dire que la concurrence aurait adoré entrer en possession d’un tel fichier. Et les accros aux sites pédophiles plus encore, car il leur aurait permis de surfer à loisir sur le Net en usurpant l’identité des utilisateurs d’Orange. »
Plus grave encore, Capital a réussi à accéder via le site Titre emploi service aux dossiers Urssaf de dizaines de milliers d’employeurs : « Numéros de Siret, fiches de paie des salariés, données bancaires complètes… » et explique « Cette caverne d’Ali Baba aurait permis mille manipulations à des flibustiers malintentionnés, de la création de vraies-fausses sociétés à l’espionnage économique, en passant par toutes les arnaques bancaires possibles et imaginables. Estomaquée par notre découverte, la direction de l’Urssaf a illico fermé son portail pousse-au-crime. En oubliant au passage de prévenir les entreprises cotisantes des risques considérables qu’elle leur avait fait courir. »
Sources : La Vie numérique
Dans le même ordre d’idées, lire :
Renseignement: les vieilles couvertures en cause
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, Sécurité on 15 juillet 2009 at 9:15Il n’est que de feuilleter la florissante littérature des services secrets pour se rendre à l’évidence que les couvertures de «journaliste », « humanitaire » ou « universitaire » sont parmi les plus vieilles d’usage dans le cadre des covert operations. Mais au delà des précautions à prendre en pareille occasion, l’enlèvement d’agents français en Somalie le 14 juillet 2009 offre le prétexte idéal pour soulever deux des questions qui travaillent la communauté du renseignement dans les pays occidentaux en guerre contre le terrorisme islamiste: la capitalisation des agents issus de minorités ethniques et la nécessaire rénovation des techniques de renseignement humain (Humint). L’exploitation de sources ouvertes par les forces hostiles (grâce aux NTIC) a radicalement changé la donne sur le théâtre des opérations.
Paris, 14 juillet 2009. 8h 35. Les Champs Elysées grouillent de monde. Le soleil brille sur la capitale française mais on a l’impression qu’il cache de gros nuages. Dans l’attente de Nicolas Sarkozy qui doit présider le défilé militaire, France 2 diffuse les images de quelques membres du gouvernement. Parmi eux, Hervé Morin, l’air soucieux. La co-présentatrice du Direct, Marie Drucker, explique que le ministre de la défense est préoccupé parce que « deux étrangers ont été arrêtés tôt ce matin en Somalie. A l’heure qu’il est, on ne connaît pas leur nationalité. » En fait d’étrangers, il s’agit de « deux conseillers français en mission officielle d’assistance auprès du gouvernement somalien. »[1]
D’après notre confrère du blog Secret Défense, les deux Français auraient été envoyés récemment sur place par la Direction Générale de la Sécurité Extérieure pour une mission de conseil en matière de sécurité, dans le cadre du soutien de la France au gouvernement légal du président cheikh Charif Ahmed. L’enlèvement a d’ailleurs eu lieu à l’hôtel Sahafi, l’une des zones les plus sécurisées de la capitale. Tout de suite après, l’ONG Reporters Sans Frontières[2] est montée au créneau s’estimant « choquée qu’ils aient pu se faire passer pour des journalistes. Etre journaliste, ce n’est pas une couverture, dit RSF, c’est un métier… »
Une grande cécité guette désormais les services occidentaux. Rivés dans une posture du fort au faible, ils sont incapables d’une part d’envisager que l’adversaire est au fait de techniques (permettant de trouer les vieilles couvertures d’usage dans la milieu); pis, certains s’empêchent de promouvoir et d’utiliser leurs agents opérationnels originaires de « zones sensibles ». Ces derniers sont tout juste bons à traduire des écoutes et au mieux à infiltrer des bandes de braqueurs ou de dealers dans les « banlieues difficiles ». On feint d’ignorer que lorsqu’un « visage de craie »[3] pose son pied sur le tarmac de Mogadiscio, il est immédiatement « pris en charge »(?)
Au 2nd trimestre 2008, dix agents africains-américains des services secrets se sont plaint de discrimination raciale aux Etats-Unis. Dans le procès qui les opposait à leurs supérieurs, ils ont brandi devant la cour fédérale du District de Columbia des e-mails méprisants échangés entre leurs supérieurs hiérarchiques respectifs. En Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et en France, les agents issus de minorités avouent sous anonymat qu’ils sont parfois mal notés et qu’ils ne grimpent pas assez vite dans la hiérarchie à cause de leurs origines… Des accusations graves et récurrentes mais difficiles à vérifier de l’extérieur. Les contradictions du monde « civilisé » feraient-elles le lit des intégristes ? A voir.
Dans le même ordre d’idées, lire aussi :
“Secret Défense” : 1 vecteur, 2 messages, 3 cibles
Guy Gweth
[1] Selon les termes du communiqué publié dans l’après-midi du 14 juillet 2009 par le Quai d’Orsay.
[2] D’après Reporters Sans Frontières, cinq journalistes ont été tués dans le pays depuis le 1er janvier 2009.
[3] Expression populaire désignant les personnes de race blanche en langue locale.
Business : combien rapporte la mort de Michael Jackson
In Agenda, Gestion de crise, Intelligence culturelle, Leadership, Management de l'information, Perception Management on 7 juillet 2009 at 10:34Alors que des centaines de millions de personnes aux quatre coins de la planète rendent un dernier hommage au plus brillant artiste de l’histoire de l’humanité, David Walsh de WSWS nous entraine dans les sombres couloirs de ce qu’il ne fait pas bon révéler en public : les dollars de la mort. Car c’est en milliards de dollars de bénéfices que s’évalue le retour au ciel de ce demi-dieu. Extraits :
Les Etats-Unis créent un cyber-commandement militaire
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 6 juillet 2009 at 5:30Le Pentagone vient d’instaurer un commandement militaire chargé d’effectuer des cyber-attaques et de protéger les réseaux sensibles des Etats-Unis. Le “cyber-commandement” (CyberCom) sera placé sous l’autorité du Commandement stratégique américain (Stratcom). Il devrait être opérationnel à partir de l’automne.
Robert M. Gates, secrétaire d’Etat à la Défense, devrait nommer le lieutenant général Keith Alexander à la tête du CyberCom. C’est l’actuel directeur de la puissante National Security Agency (NSA) en charge de la sécurité de la nation (veille, espionnage, interceptions de communications multi-canaux dont Internet).
Face à un afflux d’attaques en provenance de l’Internet (la Russie et la Chine sont souvent pointées du doigt), l’Administration Obama cherche à améliorer la protection de ses 15 000 réseaux numériques militaires américains et sept millions d’ordinateurs ou terminaux nomades rattachés à la Défense américaine.
Il y a six mois, William Lynn, vice-secrétaire américain à la Défense, avait déclaré que les tentatives d’intrusion sur les réseaux sensibles se comptaient en milliers par jour. Au cours des six derniers mois, le Pentagone a consacré une enveloppe 100 millions de dollars pour déjouer les attaques en ligne et nettoyer les systèmes informatiques en cas de dégâts.
Cette estimation a été donnée par le General Kevin Chilton, haut responsable militaire de l’Air Force (head of the US Strategic Command) lors d’une conférence sur la cyber-sécurité donnée dans l’Etat du Nebraska.
Le budget a servi à acquérir de l’équipement informatique, à faire appel à des sous-traitants et des ressources humaines supplémentaires pour réparer les dégâts après des attaques venues de l’extérieur mais aussi à cause des erreurs d’administration commises en interne.
“Le plus important à retenir, c’est que nous sommes conscients des attaques à divers degrés. Entre les assauts les moins sophistiqués en provenance d’adolescents qui s’ennuient jusqu’aux attaques plus élaborés visant les infrastructures de la Nation. Et, au milieu, on trouve une jolie couche de cyber-criminalité”, selon les propos recueillis par Associated Press. “C’est en effet notre principal challenge : comment organiser notre défense face à ces multiples attaques.”
Le General Kevin Chilton a refusé d’indiquer le pourcentage des attaques visant les systèmes de Pentagone provenant du monde civil et celles liées aux gouvernements ou issues de forces armées à une échelle internationale.
John Davis, qui dispose du grade de “Brigadier General” et commandant-adjoint de l’armée américaine pour les opérations de réseaux, a déclaré que les investissements seraient plus judicieux si l’on renforçait en amont les systèmes informatiques plutôt que de passer derrière les attaques. “Vous pouvez me payer maintenant ou me payer plus tard”, déclare John Davis. “Ce serait mieux de dépenser cet argent de manière pro-active plutôt que de réparer les failles après les assauts.”
GG, en complément d’une adaptation Vnunet de Online attacks cost Pentagon $100 million.
Protégé : Les fils de la veuve et l’héritage d’Omar Bongo
In Diplomatie économique, Gestion de crise, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Sécurité on 6 juillet 2009 at 3:10Protégé : Le décryptage exclusif des psyops 2.0 testés en Iran
In Communication d'influence, Gestion de crise, Guerre de l'information, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Stratégie on 25 juin 2009 at 12:00Protégé : Gabon: les investisseurs face à l’incertitude post-Bongo
In Coopération internationale, Gestion de crise, Géostratégie, Risk Management, Sécurité on 10 juin 2009 at 2:01Entreprise en crise ? Une aubaine pour la concurrence
In Espionnage économique, Gestion de crise, Intelligence économique, Sécurité, veille on 19 avril 2009 at 12:46
Au sein de la communauté des professionnels de la competitive intelligence, les plus anciens racontent parfois combien il peut être difficile d’exercer ce métier toute sa vie. Car il exige une attention et une tension extrêmes ainsi qu’un excellent quotient de paranoïa. Dans les entreprises sensibles qui connaissent la crise et surtout les plans sociaux, les professionnels de l’intelligence économique (IE) sont véritablement sur le pied de guerre.
En temps normal, il n’est déjà pas aisé de sensibiliser les titulaires de postes sensibles aux gestes de sécurité (référence aux moyens de communication, aux rencontres fortuites, aux publications dans des revues spécialisées, aux interviews, à la participation aux salons…) A fortiori en temps de crise. Comment convaincre un salarié qui va quitter le navire contre son plein gré qu’il peut être “tamponné” en vue de fragiliser le patrimoine informationnel de sa future ex-entreprise ? Cela appelle des compétences spécifiques.
La crise, le chômage partiel, les plans sociaux ou les fermetures d’usines et les mouvements sociaux qui s’en suivent deviennent dès lors une véritable aubaine pour des concurrents en quête de renseignements industriels ou technologiques. D’autant que lorsqu’un salarié est invité à quitter la compagnie, il se sent généralement « trahi », a parfois envie d’en découdre et/ou de trouver une oreille attentive (cible idéale pour l’élicitation). Or « c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis »…
Comment détecter une intrusion? Not easy, puisque le profil type est celui d’une personne attentionnée, bienveillante et désireuse de recueillir les confidences, de comprendre et, éventuellement, de proposer son “aide”. Elle se mêlera aux déçus de l’entreprise, soit comme collègue (taupe?), soit comme « journaliste », soit comme « syndicaliste », soit comme « membre d’une association », soit comme « ami d’un ami » ou voisin de tabouret dans le bistrot qui jouxte l’entreprise…
Il se peut alors que le professionnel du renseignement humain (Humint) en mission chez le concurrent en crise décide de traiter durablement sa cible jusqu’à l’embaucher. Il se peut aussi a contrario qu’il lui fausse compagnie en lui laissant une carte de visite (ou professionnelle) trafiquée après avoir ponctionné les renseignements visés par son donneur d’ordre. Dans la plupart des cas, la cible a la vague sensation d’avoir été réconfortée ou vidée par « un type sorti de nulle part… » Un professionnel.
En tout état de cause, la crise reste une formidable opportunité pour les prédateurs d’informations à haute valeur ajoutée et une aubaine pour les acteurs de l’IE, qu’ils soient employés dans une entreprise en crise, chez le concurrent de cette dernière ou en libéral.
Guy Gweth
Dans le même ordre d’idées, lire:
Pratique de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine
Une taupe dans votre dispositif d’intelligence économique? C’est possible!
Protégé : Les coulisses de la guerre contre la ‘terreur’
In Communication d'influence, Débat, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Stratégie, Sécurité on 1 mars 2009 at 6:55Niger : Areva conserve le 2è gisement mondial d’uranium
In Diplomatie économique, Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Management de l'information, Stratégie on 3 février 2009 at 7:00Au cours d’une mission d’intelligence économique réalisée en juillet 2007 par Fred Raynal, Marc Hervé Blanchet, Guy Gweth, Jean-Luc Traineau & Pedro Santos au sein de l’école de guerre économique, nous avons passé au crible le dispositif d’Areva au Niger en vue d’y détecter les failles informationnelles exploitables par les parties adverses, et d’imaginer des scénarios d’attaques (conventionnelles ou non) après avoir identifié les “ennemis” et leurs modes opératoires.
A l’époque, le géant mondial du nucléaire faisait face à la colère du gouvernement nigérien, à l’hostilité de plusieurs ONG locales et étrangères, ainsi qu’à la pression des concurrents chinois, indiens et australiens… La victoire d’Areva en ce début 2009 donne au moins deux indications essentielles. Primo, l’équipe dirigée par Anne Lauvergeon a parfaitement saisi l’importance du management stratégique de l’information dans ce dossier et blindé son dispositif jusqu’à la signature du contrat avec les autorités du Niger. Deuxio, l’influence et la diplomatie économique françaises dans ce pays ont tourné à plein régime. L’article de Faycal Métaoui, ci-après, paru le 1er février 2009 in Les Afriques, revient sur quelques faits marquants. Extraits:
“Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva, a pesé de tout son poids pour conclure, dans les meilleures conditions, cet accord. Elle avait presque échoué dans un premier déplacement à Niamey en décembre 2008 avant d’arracher l’accord des autorités nigériennes au terme de longues négociations. Areva, présent au Niger avec ses deux filiales Somaïr et Cominak, était soupçonné par Niamey de financer les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) qui sont actifs dans le nord du pays. L’été 2007, Dominique Pin, directeur général d’Areva au Niger, et Gilles de Namur, chargé de la sécurité de la même entreprise, avaient été expulsés du pays.
“Le changement de cap a coïncidé avec l’émergence du MNJ. Pour Niamey, la cause était entendue : pour défendre ses intérêts, Areva a financé cette nouvelle rébellion afin de créer une situation d’instabilité dans la région d’Agadez. La Libye voisine a également été accusée d’appuyer les hommes armés. Le groupe français a aggravé son cas en refusant de communiquer des données géologiques sur le nord du Niger. Niamey, après une intervention discrète de hauts responsables français, a révisé sa position vis-à-vis d’Areva, mais l’a obligé à revoir les prix du minerai. Le groupe d’Anne Lauvergeon s’est engagé à payer le kilo d’uranium (yellow cake) à 61 euros au lieu de 41,6 euros (deux fois moins cher que sur des cours mondiaux fluctuant).
“Le nouvel accord d’Imouraren porte sur un investissement de 1,2 milliard d’euros. La capacité d’exploitation est de 35 ans pour une production annuelle de 5000 tonnes (mais la convention est limitée à 20 ans). « L’accord prévoit une répartition capitalistique de 66,65% pour Areva et de 33,35% pour l’Etat du Niger dans la société créée en vue de l’exploitation du gisement. C’est le plus grand projet industriel minier jamais envisagé dans ce pays », précise le groupe français, qui annonce la création de près de 1400 emplois directs liés au projet. Le démarrage de la production à Imouraren est prévu en 2012. Cela va permettre au Niger de se placer au deuxième rang mondial des pays producteurs d’uranium. Le gouvernement pourra commercialiser une partie de la production à travers l’entreprise Sopamin. Selon le ministre des Mines et de l’Energie, Mohamed Abdoulahi, le projet Imouraren offrira la possibilité de développer la connexion au réseau ferroviaire de la sous région (Imouraren-Cotonou) et la mise en œuvre d’un programme électronucléaire.”
Lire l’article complet de Faycal Métaoui in Les Afriques
Gestion de crise : la BEAC* accuse le FMI de partialité
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Géoéconomie, Veille stratégique on 6 novembre 2008 at 8:38
Les institutions financières de Bretton Woods ne sont pas invulnérables. Loin s’en faut. Dans un rapport du faible au fort, des instruments informationnels assez peu coûteux existent qui, bien orchestrés, peuvent générer une crise morale sans précédent au sein de ces organisations. Les sociétés civiles du Sud oublient parfois combien l’Establishment onusien est sensible aux bruits environnementaux, surtout lorsqu’à travers une stratégie inter-nationale pertinente et une gestion décentralisée, ces bruits en appellent à la justice et à l’éthique vis-à-vis des plus pauvres. Mais ce n’est pas tout de le dire. Le management de nos appareils étatiques n’est pas aisé à défendre en public et la volonté politique y est un bien économique. L’extrait du Messager (édition du 03.11.08) ci-après met le doigt sur la plus grande désillusion qu’ait vécu l’Afrique dans ses rapports avec le Fonds monétaire international à la faveur de crise financière internationale actuelle: retour de l’étatisme économique au Nord, désengagement accéléré de l’Etat dans le Sud… GG.
Pour la Banque centrale, les institutions de Brettons Wood doivent appliquer les mêmes thérapies aux pays européens que celles appliquées dans les pays du Sud.
« La 1ère réunion annuelle de concertation de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) avec la profession bancaire et financière jeudi 30 octobre dernier à Douala a aussi été l’occasion pour les responsables de la Beac d’évoquer l’impact de la crise financière internationale sur le secteur bancaire de la Cemac. Pour Rigobert-Roger Andely, vice gouverneur de la Beac, aucun impact négatif ne se profile à l’horizon. Pour lui, la Cemac bénéficie de quelques atouts : la rigueur budgétaire, le niveau acceptable d’endettement des Etats, le niveau élevé de l’épargne public, l’importance des réserves de changes, entre autres.
« A une question de journaliste sur l’impératif d’un nouvel ordre financier mondial, conséquence de la crise financière qui menace les économies mondiales, Rigobert-Roger Andely n’est pas passé par quatre chemins pour fustiger les politiques des institutions de Brettons Woods. M Andely soutient qu’il est inadmissible que le Fmi applique une politique du deux poids deux mesures. Il dit par exemple ne pas comprendre que le Fmi en soit aujourd’hui à recommander l’interventionnisme des Etats européens et des Etats-Unis dans leurs économies alors même que cette institution financière prône un désengagement radical de l’Etat dans le système productif quand il s’agit des pays du Sud. « Il doit avoir une symétrie des politiques… », insiste le vice gouverneur de la Beac.
Suggestions au Nord, directives au Sud
« L’appel du vice gouverneur de la Beac trouve toute sa pertinence au regard des suggestions – contrairement aux directives – du Fmi aux Etats européens et aux Etats-Unis au plus fort de la crise financière internationale. Les multiples plans de sortie de crise suggérés par le Fonds monétaire international sont aux antipodes des directives jadis imposées aux économies sinistrées des pays africains. Ici, l’on a demandé à l’Etat de se désengager du secteur productif, l’on a prescrit des restrictions budgétaires avec tout son corollaire sur le plan social (licenciement, gel des recrutements, baisse des salaires…).
“En Europe et aux Etats-Unis, le Fmi est resté muet lorsque les gouvernements ont décidé d’injecter de l’argent frais dans le secteur bancaire, ou encore lorsque ces mêmes gouvernements ont décidé de la nationalisation pure et simple de certains établissements financiers. Le Fmi s’est montré particulièrement préoccupé par le sort des populations des pays en proie à ce marasme financier. Jeudi dernier, dévoilant les trois priorités pour faire face à la crise actuelle, le Fonds monétaire international a demandé aux gouvernements européens de protéger les familles à bas revenus qui souffriront beaucoup plus que les autres de la récession économique. L’autre priorité concernait la définition « d’une stratégie plus ferme pour garantir les dépenses publiques » en Europe…”
*BEAC: Banque des Etats d’Afrique centrale
Infoguerre à Bretton Woods: objectif Strauss-Kahn
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Guerre de l'information, Management de l'information, Perception Management, Sécurité on 19 octobre 2008 at 6:59
En matière de guerre par l’information (infoguerre), l’éthique, la loi, le bon sens, ne sont pas une fin. Ce sont des moyens. Ils servent à fabriquer des vérités ou des contre-vérités en fonction des perceptions du groupe-cible. Le Conseil en infoguerre n’a donc pas vocation à émettre un quelconque jugement sur l’acte posé par le client. Il part du postulat que nul n’est parfait, et active le pouvoir de l’information ouverte (ou fermée) de manière défensive (ou offensive) aux fins d’atteindre un objectif. L’attaque qui vise l’actuel directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn (DSK), mérite qu’on s’y attarde. Elle est pédagogique à plus d’un titre.
La faille exploitée par les anti-DSK
Dominique Strauss-Khan est à peine nommé directeur du FMI en septembre 2007 qu’il tombe sous le charme de la Hongroise Piroska Nagy, responsable du département Afrique du Fonds. Début 2008, les deux hauts fonctionnaires deviennent intimes. Problème: Nagy est mariée, DSK aussi. L’idylle tourne court et la Hongroise démissionne du Fonds. Mais déjà, une sourde rumeur enfle à Bretton Woods qui arrive aux oreilles d’Aleksei Mozhin, le représentant de la Russie. Il alerte l’époux de Piroska Nagy, Mario Blejer, lui aussi ancien employé du FMI. En rappel, lorsque Paris avait proposé DSK à la direction du FMI, la Russie avait énergiquement protesté. Moscou soutenait alors la candidature de Josef Tosovsky, ancien premier ministre et ex-membre des services secrets de Prague. Mozhin, c’est peu dire, s’était insurgé contre la mainmise de l’Occident sur les institutions de Bretton Woods. Début juillet, le Russe porte l’aventure extra-conjugale du directeur à l’attention du Doyen du Fonds, Shakour Shaalan. Ce dernier demande alors au cabinet d’avocats Morgan, Lewis & Bockius d’enquêter sur d’éventuels abus de DSK dans les causes et les modalités de départ de Piroska Nagy du Fonds monétaire international en août 2008.
Matrices culturelles et particularismes
Lorsque les journalistes français Christophe Deloire et Christophe Dubois publient « Sexus Politicus » en été 2006, leurs collègues américains sont surpris de voir que l’opinion publique française ne s’offusque pas spécialement des frasques extra-conjugales de leurs dirigeants. Outre-Atlantique, le rapport très détaillé de Kenneth Starr sur le “Monica Gate” montre à quel point l’infidélité d’un dirigeant peut être problématique, surtout si elle est doublée de parjure. Et pour aussi excessive que puisse paraître l’Amérique, cette pudeur, voire cette pudibonderie protestante vaut pour toutes les hautes personnalités officiant sur le sol étatsunien. Dominique Strauss-Kahn était-il au fait de ce détail ? Quelle que soit la réponse, les Ivans qui l’avaient déjà profiler n’ont pas manqué de le cribler… Qu’il soit blanchi ou pas, DSK sortira affaibli de cette affaire, y compris dans sa posture de meilleur présidentiable socialiste en France, sauf coup de théâtre. Pour ce qui est de Bretton Woods, la crise financière, économique et à présent morale ne fera qu’accentuer la crise de légitimité dont souffre l’ensemble du système des Nations Unies depuis quelques années déjà.
La protection de la réputation, un marché…
Dès sa parution en octobre 2006 aux éditions Fayard, si certaines compagnies d’assurance s’étaient penchées sur « une brève histoire de l’avenir », elles auraient sans doute déjà innové en proposant une « assurance-réputation » à leurs clients VIP. Et il n’est pas tard. Dans cet ouvrage qui n’a pas connu le succès qu’il mérite, l’auteur, Jacques Attali, prévient que sous peu, les personnalités devront cher payer pour avoir droit à une vie privée. La preuve… Après le départ brutal de l’ex-patron de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, acculé à la démission en mai 2007 pour favoritisme à l’endroit de sa maîtresse libyenne Shaha Riza, le cas de DSK révélé par le Wall Street Journal dans son édition du 18 octobre 2008 vient rappeler à ceux qui en doutaient encore que la protection de la réputation est promise à un bel avenir. Dans un monde globalisé où l’information est devenue une arme, l’accessoire (un détail de la vie privée) peut facilement l’emporter sur le principal (les compétences) et avoir de graves conséquences sur la crédibilité (des institutions).
Que ce soit contre l’écrivain Milan Kundera ou Miss France 2008, Valérie Bègue, le milliardaire camerounais Yaya Bello ou l’actuel directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn…, les cas de déstabilisations par l’information ont une constante. Les victimes sont présumées coupables jusqu’à ce que la preuve de leur innocence soit établie.
Guy Gweth
Dans le même ordre d’idées, lisez:
McCain/ Obama: infoguerre pour D.C.
Des mailing-list africaines exploitées pour déstabiliser Coca-Cola
Industrie du lait et légitime défense économique en Afrique
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Guerre économique, Prospective, Stratégie, Sécurité on 11 juin 2008 at 10:17
Les bombardements quotidiens d’images que subissent les populations d’Afrique via les chaînes de télévisions occidentales ont un effet d’Hiroshima et Nagasaki sur la psyché. Au point que lorsqu’un jeune diplômé africain achève ses études à l’étranger, il est crucial qu’il s’interroge sur l’opportunité d’un retour au pays natal. Le nombre de parents et amis qui l’en dissuadent depuis le continent est impressionnant. C’est pourtant ce qu’a bravé le docteur Bagore Bathily, un vétérinaire sénégalais de 33 ans, diplômé de l’université de Liège en Belgique, aujourd’hui P-dg de la Laiterie du Berger, la seule unité industrielle qui transforme du lait de collecte au Sénégal. La crise alimentaire a permis à l’opinion publique internationale d’apprécier l’extraordinaire combat de cet industriel du lait de collecte local face au lait déshydraté importé d’Europe. Plus qu’un sujet d’intelligence économique in vivo, voici une problématique qui convoque une stratégie nationale de légitime défense économique.
Pendant la période coloniale, les stratèges européens avaient conçu dans les colonies des niches propices à l’écoulement de produits issus du vieux continent. Dès 1960, l’indépendance politique laissa logiquement place à de nouvelles formes de dépendance basées sur l’éducation, la culture ou le commerce de produits manufacturés made in Europe. Ainsi naquit la dictature du lait déshydraté qui lamina littéralement les habitudes de consommation locale par l’influence (enrôlement des élites, des médecins et autres puéricultrices…, le perception management et la normalisation), le marketing et surtout la guerre des prix, créant ainsi un véritable casus belli économique. Pendant plusieurs années, l’Union Européenne subventionna ses agriculteurs pour les aider à produire et exporter plus facilement vers les pays pauvres (ex-colonies). Empruntant un mode opératoire de soft power désormais décodé, les instances financières européennes firent une injection d’exotisme concurrentiel dans le secteur du lait au Sénégal en finançant Bagore Bathily, un enfant du pays, pour démarrer à petite échelle la Laiterie du Berger.
Mais en vérité, parce qu’il concerne l’alimentation et relève d’une situation on ne peu plus asymétrique -par ailleurs exacerbée par la crise alimentaire mondiale-, le marché du lait en Afrique est un terrain d’affrontement propice à une guerilla du lait par la guerre de l’information. Pour cela, il suffit d’un sursaut patriotique, d’une pincée de volonté politique, d’un peu d’ingéniosité, d’un brin d’imagination, d’un soupçon d’audace… le tout dans un moule de stratégie offensive pour, au pire, crier à l’autodéfense économique et alimentaire. Voilà qui est moins facile à dire qu’à faire… Pionniers de l’intelligence économique sur le continent avec les Sud-Africains, si les acteurs sénégalais continuent de regarder au lieu d’agir pour défendre leur territoire de consommation, ils risquent d’être perçus par l’opinion publique comme des tigres en papier. Une partie du discours du président Wade à Rome sonnera faux. Les petits éleveurs, les paysans locaux et le téméraire Bagore Bathily iront à l’abattoir. Pis, dans les 10-15 ans à venir, les concurrents vendront aux populations du lait de toilette, du savon ou des glaces dont le parfum rappellera comme par hasard le lait déshydraté importé qu’elles buvaient dans leur enfance… Et la boucle sera bouclée!
Guy Gweth
Crise alimentaire: le coup de gueule de Me Wade à Rome
In Débat, Gestion de crise, Géostratégie, Stratégie, Sécurité on 4 juin 2008 at 5:30“Ne venez plus nous imposer des institutions, des experts, l’Afrique d’aujourd’hui ce n’est plus celle d’il y a vingt ans… Aujourd’hui, nous avons les cadres dans tous les domaines, diplômés dans les plus grandes universités, alors qu’on arrête cette farce… » Un discours qui vous rappellera sans doute la genèse de GwethMarshall, la première Agence d’intelligence économique et stratégique en Afrique centrale.
Sud-Sud: la Guinée équatoriale offre un milliard de Fcfa pour reconstruire N’Djamena
In Brève, Gestion de crise, Stratégie on 21 mai 2008 at 7:13
Le vice-ministre équato-guinéen des affaires étrangères, José Essono Macha, a annoncé le 19.05.08 l’octroi par son pays d’un don d’un milliard de Fcfa pour la reconstruction de la capitale du Tchad dont plusieurs installations ont été détruites lors du raid rebelle des 2 et 3 février 2008.
Le ministre équato-guinéen qui a fait cette déclaration au sortir d’une audience avec le Président Idriss Déby Itno, a aussi affirmé que son pays se tient aux côtés du Tchad dans le conflit qui l’oppose au Soudan. La Guinée équatoriale emboîte ainsi le pas au Nigeria qui, par l’entremise de Cherif Mbodou, gouverneur de l’Etat du Bornou, avait remis aux autorités tchadiennes d’importantes quantités de carburant et une somme d’un milliard de Fcfa pour « panser les plaies » de la capitale tchadienne après les évènements de février 2008.
L’émissaire équato-guinéen était porteur d’un message du Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, relatif à la réforme des institutions de la CEMAC. Le chef de l’Etat équato-guinéen préside en effet la commission de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale chargée de réformer les institutions de l’Organisation sous-régionale. Réf : MD/aft/APA
JO 2008: la confrontation entre Chinois et Occidentaux s’enflamme à Paris
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Géostratégie, Stratégie, veille on 8 avril 2008 at 7:57
Dans un article édité sur ce site le 17 février 2008 sur la guerre économique entre l’Europe et la Chine, j’évoquais déjà les tentatives occidentales de déstabilisation de la Chine par sociétés civiles interposées. Le passage de la flamme olympique ce 07 avril 2008 à Paris vient donner plus de relief à cette analyse. Bien plus, il corrobore parfaitement la dynamique de barrage stratégique contre la montée en puissance du pays de Mao.
Le profiling des dirigeants chinois
Tous les grands services de renseignements au monde (américains, allemands, britanniques, français, israéliens, russes… notamment) détiennent des fiches très détaillées et régulièrement mises à jour sur l’establishment politico-militaire chinois et de bien d’autres pays. Pour les plus avisés, il s’agit-là d’un secret de polichinelle puisque c’est la pratique normale au sein des officines étatiques. Mais pour le grand public, ce précieux détail peut s’avérer décisif à la compréhension des événements en cours autour de la Chine, le Tibet et les JO de 2008. Sur chaque fiche personnelle de dirigeant disais-je, au delà des traditionnels nom, prénom, date et lieu de naissance, on y retrouve les parcours professionnel et académique de la cible, sa situation familiale, voire ses états de santé, ses penchants sexuels, les informations sur ses maitresses s’il en existe, ses ex, ses amis, les établissements fréquentés, son régime alimentaire, ses magasins et marques préférés, ses hobbies… et surtout un profil psychologique aussi complet que possible. Certains cabinets d’intelligence économique n’en font pas moins au sujet des clients de leurs clients. Dans les lignes qui suivent, vous allez comprendre pourquoi le profiling sus-cité est tout particulièrement important lorsqu’on veut agir sur le processus décisionnel d’une organisation comme c’est le cas actuellement pour l’impressionnante cible Jaune.
Le Tibet ? Oui, mais pourquoi maintenant ?
Il faut être inhumain pour ne pas être solidaire du peuple tibétain, et exceptionnellement cruel pour ne pas s’émouvoir devant ses drames passés et actuels (indication de très grande importance au sein de l’opinion publique mondiale et occidentale en particulier). Le Tibet et son très respecté Dalai Lama, c’est bien connu, sont toujours apparus comme un caillou dans la chaussure du pouvoir central chinois. Or l’étude des profils psychologiques de Hu jintao et ses hommes est sans équivoque. En décidant de secouer le cocotier tibétain à 6 mois de l’ouverture des JO de Pékin 2008, les analystes n’avaient aucun doute sur la brutalité de la répression qui en découlerait et encore moins le haro international qui s’en suivrait. Le passage de la flamme olympique à Paris a donc permis d’atteindre le pic émotionnel, la sur-médiatisation et les condamnations attendus par les stratèges occidentaux.
En avant les ONG !
Sur les Champs Elysées ce 7 avril 2008, il est 12 :38 et la température est de saison. Mais de mémoire de parisiens, jamais on avait vu un tel déploiement de forces de l’ordre sur la plus belle avenue du monde, hormis le 14 juillet, fête nationale française. Tous les cinq mètres, de part et d’autre de l’avenue, je compte un policier parfaitement visible au milieu des touristes et des professionnels qui vont déjeuner. Une page de l’histoire des relations internationales est entrain de s’écrire. Sous le couvert des acteurs non-étatiques. Car ce qu’il y a de particulièrement réussi dans l’opération APPT (Anti-Pékin-Pro-Tibet), c’est le retrait relatif des gouvernants occidentaux et la mise en avant des ONG et associations de défense des droits humains. Devant les exploits des manifestants, un reporter du 20h de TF1 est allé jusqu’à déclarer que la « police était dépassée ! ». Ainsi donc, les militants de Reporters sans frontières auraient grimpé sur la Tour Eiffel, Notre Dame de Paris… et déployé leurs drapeaux sans quelque bienveillance… pour se montrer aux cameras du monde dans ces prestigieux lieux de France. Cette fois, ONG et associations ont été plus qu’à la hauteur de la partition que les stratèges entendent leur faire jouer dans les nouveaux affrontements économiques et géopolitiques mondiaux. D’ailleurs, l’exceptionnelle mise en scène de leurs démonstrations ainsi que les images produites à cette occasion constituent déjà un excellent cas d’école.
Pékin perd la bataille de la communication
Pour le gouvernement chinois, évidemment, « rien n’arrêtera la flamme olympique ». Une jeune chinoise de 24 ans, étudiante en électronique dans l’hexagone me disait il y quelques heures, philosophe, dans un français parfait et sans accent: « il y aura un avant et un après Pékin 2008… », comme pour me rappeler que les Chinois ont de la mémoire. C’est vrai qu’une flamme olympique qui s’éteint à plusieurs reprises sur un sol étranger n’augure rien de pacifique dans les relations internationales. Qu’on s’en souvienne. Mais à l’ère de l’information, si le gouvernement chinois s’obstine à brider sa communication interne et externe, il perdra inévitablement l’estime d’une opinion publique internationale essentiellement nourrie au lait des médias occidentaux. Mais dès que Pékin aura tiré cette leçon, l’Occident n’aura qu’à bien se tenir. Car les Chinois apprennent vite et, je l’ai vérifié, ils ont vraiment de la mémoire !
Guy Gweth
Malabo interdit l’entrée de voitures importées d’Espagne
In Gestion de crise, Stratégie, veille on 19 mars 2008 at 7:03 « Il est strictement interdit d’importer des véhicules à moteur d’occasion en République de Guinée équatoriale jusqu’à nouvel ordre », selon une ordonnance lue à la télévision publique par le ministre de l’Industrie Atanasio Ela Ntugu Nsa. Le ministre a précisé que les importations en provenance d’Espagne, ancienne puissance coloniale de la Guinée équatoriale, étaient particulièrement visées.
Le gouvernement de Malabo avait affirmé vendredi 15.03.08 avoir découvert un “important chargement illégal d’armes de guerre” envoyé selon lui d’Espagne par l’opposant en exil Severo Moto Nsa, accusé d’ourdir “une révolte” et “un bain de sang”.
La suspension des importations de véhicules intervient, selon l’ordonnance, après le “constat” qu’elles “constituent une voie d’entrée d’armes et de matériel de guerre dans le but de nuire au climat de paix qui règne actuellement” en Guinée équatoriale.
Cette mesure est prise “pendant que se poursuivent les enquêtes sur l’entrée et la possession illégales d’armes et munitions de guerre révélées par les services de renseignement”.
Sources : afriquecentrale.info.
Immigration clandestine France/Gabon : Libreville active la réciprocité
In Brève, Gestion de crise, veille on 10 mars 2008 at 8:24
Omar Bongo a beau être l’un des personnages les plus caricaturaux de la Françafrique, il vient d’offrir à la France un miroir déformant dans lequel il ne fait pas bon de se voir. Furieux des conditions d’expulsion de France de deux étudiants gabonais en situation administrative irrégulière, il a décrété que tout Français dans la même situation au Gabon serait mis dans le premier avion s’il était découvert au cours d’un contrôle d’identité…

Les autorités gabonaises estiment que sur 10 000 Français résidant sur leur territoire, entre 5 et 10% sont en situation administrative irrégulière, soit entre 500 et 1 000 personnes. Dans un petit pays comme le Gabon (1,2 million d’habitants), c’est beaucoup : entre 30 000 et 60 000 personnes ramenées à l’échelle française. Les contrôles ont démarré dès l’aéroport. Mardi 4 mars, selon Le Monde, un cadre pétrolier français a été refoulé à son arrivée à Libreville et remis dans l’avion de Paris… Et il est probable qu’il y en aura d’autres, pour l’exemple.
Faire prendre conscience aux Français de l’inhumanité de leurs pratiques
Les Français clandestins doivent donc raser les murs à Libreville, ne doivent plus oser sortir dans les lieux publics de peur d’être contrôlés, ne doivent plus pouvoir aller travailler de peur d’être dénoncés… Comme des Africains clandestins en France ! C’est là que Bongo a été génial. Comment mieux faire comprendre aux Français le caractère arbitraire, illégal et franchement inhumain de certaines de leurs pratiques si ce n’est en les leur appliquant ? Que dirait-on si un père français d’un enfant de 4 ans était expulsé brutalement du Gabon et renvoyé en France sans son enfant ? C’est ce qui est arrivé à l’un des deux Gabonais expulsés de Reims, et qui provoque cette crise [...]
Bongo est certes mal placé pour faire la leçon à la France, lui qui a été placé au pouvoir par Paris il y a plus de … quarante ans, et qui y a été maintenu depuis. Mais il a eu cette fois une saine colère dans laquelle de nombreux Africains se reconnaîtront.
Sources: Pierre Haski (Rue89)
Souveraineté monétaire: le décrochage du FCFA revient dans l’actualité africaine
In Débat, Gestion de crise, Prospective, Stratégie, veille on 20 février 2008 at 11:28
Depuis que le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Mamadou Koulibaly, est revenu sur l’idée du décrochage d’avec le FCFA, l’émotion de certains perle par-delà les frontières ivoiriennes (…)
Pour ce représentant du peuple, « …on ne peut pas continuer avec un franc CFA surévalué qui nous appauvrit. On a une monnaie digne de l’Allemagne d’aujourd’hui, alors que nous sommes une économie pauvre d’Afrique…. Ca peut être dur mais le Ghana a sa monnaie, le Nigeria a sa monnaie, la Guinée a sa monnaie, le Libéria a sa monnaie, l’Afrique du Sud a sa monnaie, la Tanzanie a sa monnaie. Mais pour nous là, on dit que non la France dit, elle ne veut pas. Il faut qu’on arrête de dire ce que la France veut avant qu’on fasse. Le gouvernement français n’a qu’à gérer la France, c’est son droit et laisser les Africains gérer l’Afrique, c’est tout ». Faut-il dès lors s’étonner de ce déchaînement ?
Ce n’est pas la première fois que cet agrégé d’économie met cette question sur le tapis. Au plus fort de la crise, alors même qu’il n’y avait pas de perspective électorale à l’horizon, il en a parlé comme étant un des passages obligés pour la Côte d’Ivoire de recouvrer sa souveraineté et de mettre son économie au service de l’intérêt national. Il faut reconnaître d’ailleurs qu’il est arrivé de temps en temps au président Laurent Gbagbo lui-même, soit par calcul, soit par conviction, de laisser perler cette éventualité. L’idée du reste est loin d’être aux yeux de nombreux experts du continent et d’ailleurs, assimilable à une incongruité. Nombre d’entre eux en effet estiment que ce franc CFA arrimé à l’euro par le canal du Trésor français avec toutes les prestations et les sujétions qui en découlent pour l’indépendance des pays de la zone CFA, est trop lourd à supporter. L’idée paraît si légitime aux yeux de certains économistes que l’on en voit ces temps-ci qui préconisent un décrochage au profit d’une monnaie africaine qui reposerait sur les matières premières essentielles dont regorge l’Afrique : café, coton, or ou le pétrole.
Le trader vedette Mostafa Belkhayate, dans un entretien au journal « Les Afriques », explique que l’or « va monter avec force ». Pour lui, une once d’or (NDLR : 31.035 grammes d’or, au cours d’environ 900 dollars) va monter à 1450 dollars US en décembre 2008 et même à 2.000 dollars US en 2009. L’or « va quitter sa dimension de matière première pour la dimension devise ». Et ce n’est pas tout puisque, pour le spécialiste, «le pétrole se dirige vers 150 USd le baril sur les 2 prochaines années… ». La conclusion pour lui est simple : « étudier sérieusement la problématique de créer une devise africaine, non pas basée sur une autre devise étrangère, mais sur un panier de matières premières typiquement africaines, comme l’or, le pétrole, le café, le cacao, le coton. Je suis convaincu que la solution du développement africain passe par cette véritable indépendance monétaire ».
En somme, si Mamadou Koulibaly remet cette question en jeu, on s’en étonnera d’autant moins que le contexte s’y prête avec en France un président élu qui, après avoir prôné la rupture, esquisse un glissement vers une Françafrique qu’il semble vouloir servir avec plus de conviction que son devancier, Jacques Chirac (…)
Sources: San Finna