Accéder à l'accueil

Archive de la catégorie «Guerre économique»

IE: la protection du patrimoine juridique des entreprises

In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Management de l'information, Risk Management on 15 novembre 2009 at 7:47

Africommodities et GwethMarshall Consulting attirent l’attention des décideurs africains sur une faille qui porte gravement atteinte aux intérêts et à la souveraineté des États africains…

Read the rest of this entry »

Audit d’entreprise, nouveau territoire de l’IE en Afrique

In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 8 novembre 2009 at 11:30

AfriCommodities et GwethMarshall Consulting lancent 4 messages d’alertes aux décideurs africains sur les nouveaux territoires de l’intelligence économique (IE).

Read the rest of this entry »

Protégé : Les quatre ennemis de Vodafone au Ghana

In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Management de l'information, Veille stratégique on 6 novembre 2009 at 10:24

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


L’âge d’or de la Security Business dans le Puntland somalien

In Gestion de crise, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Sécurité on 2 novembre 2009 at 10:17

« Quelle idée d’avoir appelé cette planète terre alors qu’elle est clairement océan? », s’étonnait Arthur Charles Clarke en introduction du livre vert maritime de l’Union européenne.

Read the rest of this entry »

Afrique – Les entreprises minières dans le collimateur du Saint-Siège

In Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique on 29 octobre 2009 at 6:01

AfriCommodities, partenaire stratégique de GwethMarshall Consulting, a été longuement cité sur la question de l’exploitation minière lors de la 2ème Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques qui s’est tenue du 4 au 25 octobre à Rome.  Se référant aux travaux du numéro 1 d’AfriCommodities, voici ce qu’écrit Eucharistiemisericor* le 27 octobre 2009:

Read the rest of this entry »

90% des gisements de matières premières en Afrique restent à développer

In Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 25 octobre 2009 at 11:25

Nouveau partenaire stratégique de GwethMarshall Consulting, le bureau d’ingénieur-conseil AfriCommodities vient de dévoiler sa banque de données d’intelligence économique consacrée au marché des matières premières. On apprend ainsi que sur les 10 millions de gisements de matières premières offshore et onshore inventoriés en Afrique, 10% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y sont développés, 9′900′000 titres, soit 90% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y restent à développer  et que des millions de gisements offshore et onshore probables et possibles ne sont pas encore développés.

L’observatoire Satellital des matières premières d’Afrique est une des principales innovations d’AfriCommodities qui intègre toutes les technologies de son partenaire Google, notamment Google Earth, Google Maps et Google Street View. Cette interface permettra par exemple d’offrir à tout utilisateur de cette banque de données une visite virtuelle des principaux gisements des matières premières d’Alger à Johannesburg.

Actuellement, grâce à la convention qui lie Google et la NASA, l’interface de Google Street View permet d’observer en back office toutes les entités nommées de l’Afrique. En front office les différentes entités nommées pourront être ouvertes au grand public via cette plate forme satellitale en temps quasi réel ultérieurement. Exemples: marchés boursiers, gisements des matières premières, banque, compagnies minières, commerces, administrations publiques, ports, aéroports, frontières, circulation, etc. Cette fonctionnalité touchant à la sécurité des États, des négociations sont en cours avec les missions diplomatiques à Genève, Berne, Paris et Bruxelles pour éviter tout conflit d’intérêts.

La banque de données d’AfriCommodities comprend des données structurées sur 53 États d’Afrique, 12 types de gisements de matières premières, 10′000 types de matières premières classés par odre alphabétique, 10 millions de gisements offshore et onshore inventoriés par télédétection satellitale, 10 millions de kits bancables validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, 10 millions de kits de Business plan validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, des millions de scènes d’images à très haute résolution du Satellite Landsat TM et ETM+ ortho rectifiées et non ortho rectifiées recouvrant comme un puzzle les 30′310′000 km² de superficie des 53 États d’Afrique… etc. Durant un an, le prototype de cette banque de données (draft) va subir  des modifications aussi bien au niveau de sa charte graphique que de ses principales rubriques pour atteindre son niveau d’efficience optimale.

En back office, une communauté de compétences africaines (du continent et de sa Diaspora) travaille en réseau avec l’observatoire satellital des matières premières d’Afrique du faits des enjeux stratégiques du projet. Il faut bien comprendre que « la valeur financière des gisements africains de matières premières, connus à ce jour, s’élève à 46 200 milliards de dollars. Il suffirait de valoriser 12 % de cette immense richesse pour financer, sur l’ensemble du continent, des infrastructures (transports, énergies, télécommunications, santé, éducation) du même niveau que celles de l’Europe. »*

David Beylard* & Guy Gweth

A lire: « L’arnaque des juniors minières en Afrique »*

Les clés USB inquiètent les services secrets norvégiens

In Contre-Intelligence stratégique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 22 octobre 2009 at 10:23

L’article ci-après rappellera certainement à nos plus fidèles lecteurs un billet intitulé « La prostitution des clés USB, un piège trop sexy? » que j’ai rédigé il y a un an et demi, le 17 juin 2008, et pour lequel mes confrères belges d’Euresis m’ont accusé d’apologie d’actes d’espionnage électronique. Que les services secrets norvégiens aient mis tant de temps à attirer l’attention des entreprises sur les risques d’espionnage par les clés USB montre combien les professionnels de l’intelligence économique ont encore du pain sur la planche en matière de sensibilisation à la sécurité.

Guy Gweth

« Il y a eu une telle augmentation du nombre de piratages de données l’année dernière que les services de contre-espionnage norvégiens estiment que ce développement devient préoccupant.

« Les secrets des entreprises ainsi que des informations sensibles s’échappent parce que des programmes espions se répandent parmi les ordinateurs norvégiens. Ces petites briques allongées (clés USB) que nous utilisons tous habituellement pour enregistrer de grandes quantités de données peuvent en effet porter avec elles des programmes capable de voler des informations sur les ordinateurs. Étant donné que les gens utilisent souvent la même clé sur de nombreux ordinateurs différents, aussi bien à la maison qu’au travail, ce genre de virus se répand rapidement. C’est un raccourci très tentant pour pénétrer des systèmes informatiques par ailleurs bien surveillés.

« Les services de contre-espionnage ne veulent pas révéler qui est à l’origine de telles pratiques, ni quelles entreprises ou institutions sont ainsi espionnées. Il est cependant clair que l’usage fréquent des clés USB rend la tâche plus facile à ceux qui veulent spolier les entreprises d’informations précieuses.  Par ce biais des clés USB on contourne les mécanismes de sécurité habituels que les entreprises utilisent pour se protéger, comme les pare-feu et les programmes anti-virus. Et puisque les clés font l’aller-retour entre le bureau et la maison, on peut pirater par là des informations venant de réseaux non connectés à Internet, puisque ces informations volées seront emportées par la clé en-dehors de l’entreprise, pour être envoyées ensuite automatiquement par Internet au pirate.

« Les services secrets donnent donc maintenant l’alarme et demandent instamment que les gens soient plus attentifs à la manière d’utiliser leurs clés USB au sein des entreprises et des instances publiques.  – “Vous ne devez pas utiliser la même clé au bureau et à la maison. Vous devriez aussi désactiver sur votre ordinateur la fonction qui permet l’exécution automatique des programmes lorsque la clé est insérée, c’est-à-dire les fonctions “autorun” ou “autoplay” recommande Christophe Birkeland, des services secrets norvégiens. »

Source : norvege.fr

Dans le même ordre d’idées, lire aussi:

“Les Etats-Unis se dotent d’un cyber-commandement militaire

Protégé : Comment l’Afrique est sur écoutes 24h/24, 7j/7

In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Veille stratégique on 21 octobre 2009 at 8:24

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


Le journal « Les Afriques » fait le pari de l’intelligence économique

In Agenda, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie on 15 octobre 2009 at 11:07

L_A_News

Dès le 22 octobre 2009, Les Afriques, le journal de la finance africaine, publiera une chronique hebdomadaire de l’intelligence économique (IE) sous la plume de Guy Gweth. Après France 24, c’est la première fois qu’un grand média international s’engage à traiter de ce sujet de manière continue. Une bonne nouvelle pour les entreprises et la communauté de l’IE.

Les Afriques est le premier journal financier panafricain. Tiré à 23 000 exemplaires, il paraît tous les jeudis sur un papier couleur « saumon » et possède des éditions marocaine  et algérienne. En pariant sur l’intelligence économique, l’hebdomadaire répond aux besoins des entrepreneurs africains et internationaux, et engage la sensibilisation à grande échelle de nos décideurs. Jusqu’à présent, la chaîne France 24 était le seul grand média international à consacrer un programme (bi-mensuel) à l’intelligence économique, une émission animée par Ali Laïdi.

Lancé en juillet 2007, l’hebdomadaire Les Afriques est consultable en ligne. L’ensemble des publications est disponible en PDF. Les titres sont libres d’accès (cliquer ici). En mai 2009, le site du journal comptait 6500 abonnés à la newsletter quotidienne, 135 000 visiteurs distincts et un total de 1.8 millions de pages affichées. La version papier est actuellement disponible en  Afrique centrale et de l’ouest, en Algérie, en Belgique, au Canada, en France (Métropole et DOM-TOM), en Italie, au Luxembourg, au Maroc, en Suisse et en Tunisie.

GwethMarshall Consulting

“L’intelligence économique au service de l’Afrique”

In Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Interview, Leadership, Management de l'information, Veille stratégique on 15 octobre 2009 at 8:07

L*A*G_G

A lire dès le jeudi 15 octobre 2009 dans l’hebdomadaire Les Afriques n° 93, l’interview de Guy Gweth, réalisée par Dominique Flaux, directeur de publication du journal de la finance africaine.

Extraits :

«  Les Afriques : Quels sont les secteurs d’activité en Afrique qui nécessitent le plus d’intelligence économique et de veille concurrentielle ?

« Guy Gweth : En Afrique, nous avons recensé sept grands secteurs qui nécessitent de vraies stratégies d’intelligence économique soutenues par les États comme on le voit au Japon avec le ministère l’économie, du commerce extérieur et de l’industrie. Pour nous, ce sont les sept urgences de l’intelligence économique en Afrique: l’agroalimentaire, les assurances, les banques, le BTP, les Télécoms, les NTIC, les transports aériens. Les démarches initiées dans ce sens par SMBG Bank au Maroc, Kenya Airways, Orascom en Egypte, MTN et Vodacom en Afrique du Sud, sont les cinq grands exemples que nous suivons depuis 2007 sur le continent [...] »

Les Afriques n° 93, semaine du 15 au 21 octobre, est disponible en  Afrique CFA 1500 FCFA – Algérie : 80 DA – Belgique 1,9 a – Canada 3,50 $ CAD – France 1,9 a – France OM 2,20 a – Italie 1,90 a – Luxembourg 1,9 a – Maroc 12 DH – Suisse CHF 3,80 – Tunisie 2,3 DT.

GwethMarshall Consulting

Belgique – l’intelligence stratégique vue de Wallonie

In Contre-Intelligence stratégique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Veille stratégique on 7 octobre 2009 at 7:15

Encore peu connue sous nos latitudes, l’intelligence stratégique est un enjeu capital pour le développement des petites et moyennes entreprises. D’après Vincent Bovy, directeur de l’Agence de Stimulation Économique, les PME wallonnes seraient bien inspirées de s’en soucier.

Très connue dans les pays comme le Canada ou les États-Unis, l’intelligence stratégique est encore peu connue dans nos contrées. Une méconnaissance qui n’étonne guère Vincent Bovy, le directeur de l’Agence de Stimulation Économique: “Il s’agit d’une approche que l’on ne s’étonnera pas de voir dans une entreprise britannique, suédoise ou finlandaise, et que l’on retrouvera moins au fur et à mesure que l’on se dirige vers le sud de l’Europe”. D’une manière générale, le directeur de l’Agence de Stimulation Économique relève une autre différence culturelle entre les pays du nord et les pays du sud de l’Europe, différence intimement liée à cette pratique de l’intelligence stratégique: “Les pays nordiques ont une forme d’approche directe, une forme de culot que l’on voit moins dans les cultures plus latines”. A cet égard, nos entreprises wallonnes sont pour ainsi dire au milieu du gué: elles sont modérément audacieuses.

“Sortons de nos frontières!”

Doit-on en conclure que nos entreprises sont moyennement menacées? Ce n’est pas l’avis de Vincent Bovy qui relève à juste titre que l’audace devrait être un incontournable de l’économie wallonne: “Nous voudrions voir pointer une préoccupation de croissance au sein des PME wallonnes (…) Il s’agit d’un sujet important, plus encore pour la Belgique et pour la Wallonie où c’est un gros euphémisme de dire que le marché domestique est un marché très réduit. Contrairement à des marchés comme celui de la France ou de l’Allemagne qui sont relativement vastes, le marché belge est un marché beaucoup trop petit et sur lequel évoluent déjà de très nombreuses entreprises. Dès lors, une chose saute aux yeux: la plus petite PME est confrontée à la globalisation de façon nécessairement plus brutale que ne peut l’être une PME allemande ou une PME française. D’où l’urgence, pour elles, d’enfin devenir audacieuses, de sortir de l’exigüité du territoire de la Wallonie et d’intégrer très vite ce processus d’intelligence stratégique.

L’intelligence stratégique, dans le concret

Très loin des grandes théories, Vincent Bovy appréhende cette pratique de manière très concrète: “L’intelligence stratégique, cela revient à intégrer d’autres dimensions sur maîtrise de l’information, sur les aspects liés à la protection du know how, à la maîtrise de tout ce que l’on appelle le knowledge management. Cette approche met aussi en œuvre des actions de lobbying, pratique qui touche à des sujets extrêmement importants puisqu’ils portent sur des questions aussi sensibles que celle des normes, des législations, des réglementations…” A cet égard, Vincent Bovy estime que les PME wallonnes ont encore un long chemin à parcourir: “Très honnêtement, un grand nombre de nos PME risquent vite d’être totalement hors-jeu si elles ne changent pas”. En effet, si les acteurs évoluant au sein des grandes entreprises belges sont totalement convaincus par l’importance de pratiques “exploratoires” comme le lobbying, et si l’on y maîtrise déjà assez bien les risques, c’est malheureusement encore loin d’être le cas au sein des PME”. Une situation très dangereuse, à cause de laquelle une PME wallonne bien portante peut mourir: “Imaginez une PME florissante qui ne s’est pas renseignée à propos des démarches à entreprendre pour protéger une innovation. Du jour au lendemain, elle peut se faire mettre à plat par une entreprise brésilienne, russe ou chinoise qui va lui damer le pion en lui volant une innovation qu’elle n’aura par exemple pas pris la peine de protéger”.

Les trois clefs de l’intelligence économique

C’est précisément là le sens de la démarche de l’Agence de Stimulation Économique: faire prendre conscience de l’urgence à devenir audacieux et à  maîtriser tous les circuits de l’information. Vincent Bovy: “Concrètement, il est important de pouvoir introduire au sein de chaque PME un système de veille économique. Cela va des outils de recherche dont certains -parfois assez performants- sont disponibles gratuitement sur Internet jusqu’à des outils de datamining plus spécialisés. Le deuxième point sur lequel il me semble important d’insister, c’est celui de la stratégie de protection du savoir-faire, de ses recherches, de ses données. Et le troisième et dernier point, c’est celui du lobbying. Imaginons que vous soyez imprimeur. Vous pouvez très bien être confronté du jour au lendemain à une nouvelle norme portant sur les encres. Une norme qui peut vous mettre dans l’embarras, parce que vous n’avez pas pu vous y préparer. En jouant à travers des réseaux que la PME devra prendre le temps de tisser soigneusement, l’entreprise peut accompagner le changement en cours, et se placer dans les meilleures conditions pour sortir grandie des évolutions qui se font jour dans son environnement”.

Ne plus se concentrer sur le seul produit

Pendant des années et aujourd’hui encore, de nombreux entrepreneurs ont eu le réflexe de faire porter leur réflexion stratégique sur leur produit, qui représentait -pensaient-elles- le cœur de leur activité. “Lourde erreur…”, observe encore Vincent Bovy. “Lorsque vous considérez un secteur qui a beaucoup bougé comme celui des matelas, que constatez-vous? Que des entreprises qui proposaient de très bons produits peuvent parfois se faire détrôner par des concurrents venus de pays que l’on pensait inoffensifs comme l’Inde ou le Pakistan”. A cet égard, Vincent Bovy observe que la politique de la PME doit bien sûr continuer à s’exercer sur le produit. Toutefois, pour innover, point de nécessité de mettre en branle des changements technologiques fondamentaux et extrêmement compliqués. Et Vincent Bovy de prendre l’exemple d’Amora qui a été le premier à inventer le panier remonte-cornichons, une sorte de petit panier en plastique qui permet de remonter des cornichons sans avoir à plonger les doigts dans le vinaigre. L’innovation sur le produit est donc une condition nécessaire, mais pas suffisante: il faudra aussi penser en terme de distribution innovante, de packagings attractifs, de partenariats révolutionnaires… Ne pas s’astreindre à cette gymnastique intellectuelle, c’est prendre le risque de laisser mourir son entreprise.

Agence de Stimulation Economique de Liège (Belgique) – Source : Pmekmo

Allemagne – l’espionnage des salariés en procès à Francfort

In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Management de l'information, Sécurité, Veille stratégique on 6 octobre 2009 at 5:57

Le procès qui débute à Francfort suscite beaucoup d’attention outre-Rhin. Il devra en effet instruire l’affaire des pratiques de surveillance et d’espionnage à la Deutsche Bank, première banque du pays. Un nouveau dossier sur la longue liste de scandales d’espionnage de salariés, qui secoue le monde industriel depuis des mois.

Qui était responsable de la surveillance de Michael Bohndorf, actionnaire « critique » de la Deutsche Bank ? Qui connaissait les pratiques d’espionnage du membre de la direction Hermann-Josef Lamberti ? Pour élaborer un début de réponse, la vice-présidente du tribunal, Gesine Brackert, passe en revue la politique de sécurité de la Deutsche Bank. L’audition est édifiante : engagement de détectives privés, mais aussi d’une « espionne » chargée de faire parler l’actionnaire, installation de balises de localisation sous le véhicule du membre de la direction, et d’un microphone dans un bouquet de fleurs… Les méthodes fleurent bon les romans d’espionnage. Et pourtant, elles existent bel et bien et font partie id’un arsenal sophistiqué de surveillance, partant « du haut vers le bas » de la hiérarchie en entreprise.

L’affaire ne touche pas que les hauts dirigeants, loin de là. « Il y a par exemple un grand intérêt pour les employeurs à s’intéresser aux données sur l’état de santé et la constitution de leurs salariés – et bien sûr, sur la potentialité des femmes salariées à devenir enceinte ou pas », explique Peter Schaar, en charge de la défense des protections de données auprès du gouvernement. « Nous sommes en passe de nous habituer à une surveillance totale et à un contrôle global. Les logiciels deviennent toujours meilleur marché, pour une utilisation de plus en plus simple en dépit d’une complexité accrue ».

Les cas particuliers de la Deutsche Bahn et de Deutsche Telekom

173 000. C’est le nombre de salariés que la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn (DB) a espionné pendant dix ans. A ce nombre déjà considérable, il faut ajouter les salariés de la Deutsche Post, de l’opérateur Deutsche Telekom, d’Airbus Allemagne, du constructeur automobile Daimler, de Siemens, du discounter Lidl (voir article lié)…La « lutte contre la corruption » et la « criminalité économique » sont les deux  raisons principales invoquées par les directions des entreprises pour se justifier… Mais quid des données sur l’état de santé des salariés, collectées et conservées ? De la surveillance des échanges de courrier électronique entre représentants du personnel et journalistes ? Des fiches sur les performances au travail ?

Dans son appel à la manifestation contre « la surveillance totale des citoyens et salariés », le syndicat DGB dénonce une facette supplémentaire de ce qu’il appelle le « Turbokapitalismus » : « Les écoutes téléphoniques, la surveillance par vidéo, l’espionnage qui ont été dévoilés ces derniers mois montrent que les entreprises ne considèrent leurs salariés que comme des outils de production, dont la sphère privée est piétinée. Le but est de créer un sentiment d’insécurité, et d’empêcher une organisation syndicale de dénoncer la détérioration des conditions de travail. »

Pour Gerhart Baum, à la tête de la commission en charge d’enquêter sur les affaires d’espionnage chez Telekom et la Bahn, le cas des deux anciennes entreprises nationales montre une culture fondée sur l’autoritarisme et la rigidité des structures. Dans un entretien au Spiegel, il rapporte ainsi qu’ «il y avait chez Deutsche Bahn et Deutsche Telekom une mentalité de chef en pays conquis, selon le mot d’ordre  « l’Etat, c’est moi ». On ne peut que saluer la lutte contre la corruption au sein de son entreprise. Mais c’est d’une grande arrogance de croire que l’on peut mener seul les enquêtes, sans faire appel à la justice ». Les deux dirigeants responsables des pratiques d’espionnage n’ont pu résister à la pression publique, devenue insoutenable, et se sont vus contraints de démissionner.

Guerre psychologique

En dépit de ces démissions et de la mise en place d’une commission d’enquête, les cas de ces deux entreprises ne représentent que la pointe de l’iceberg, précise Gerhart Baum. « On pourrait croire que ces entreprises considèrent l’économie comme un champ de bataille. Et cette guerre déborde sur d’autres territoires comme internet avec l’infiltration des blogs et des forums de discussions, ou encore la rédaction de lettres aux éditeurs écrites par des écrivains rémunérés, chargés de polir l’image des entreprises».

La forte mobilisation lors de la manifestation à Berlin contre la collecte des données reflète bien la sensibilité accrue des salariés et des syndicalistes sur la question de la protection des données et d’espionnage au travail. Les principaux syndicats allemands ont ainsi mis sur pied un site internet offrant conseils juridiques, mais aussi techniques de défense informatique, ainsi qu’un « Chef-check » chargé de vérifier si le supérieur hiérarchique use ou non de pratiques d’espionnage.

Mais Ingrid Sehrbrock, vice-présidente du syndicat DGB, ne se fait pourtant pas d’illusion : « Le scandale des derniers mois montre combien le droit fondamental de gérer soi-même ses données personnelles est piétiné. Mais la marge de manœuvre des salariés est réduite, car qui veut risquer son emploi à cause de la collecte illégale de ses données ? »

Claire Stam à Francfort (Allemagne) – Novethic

Les capitaux libyens et russes à l’assaut de l’Italie

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Leadership, Stratégie, Veille stratégique on 2 octobre 2009 at 9:42

Roma

L’argent n’a pas d’odeur. Selon « Il Corriere della Sera », déjà 5 milliards d’euros ont été investis au cours des derniers mois par la Russie et la Libye en Italie et plus de 60 milliards devraient arriver rapidement. « Une rivière de capitaux », écrit le quotidien italien, même s’il y a des « préoccupations » avec ces deux pays, notamment en matière de droits de l’homme. Et les litiges commerciaux avec Tripoli ne manquent pas. La Libye devait encore quelque 626 millions de dollars à des entreprises italiennes, après la suspension des paiements en rétorsion de l’embargo des pays occidentaux de 1986.

Ce qui ressort de l’enquête du journal sur les investissements russes et libyens, c’est qu’ils sont surtout destinés à des sociétés leaders dans des secteurs stratégiques « avec tous les risques possibles pour le système italien ». Ainsi la banque centrale de Libye a investi dans UniCredit, la Libyan Investment Authority dans l’ENI, sans parler évidemment du club de football Juventus. De même le russe Severstal a racheté Lucchini, Metinvest a pris Trametal, Rusal Eurallumina. Et, d’après le journal, d’autres entreprises comme Telecom Italia, Finmeccanica, Impregilo, Generali sont dans le collimateur. Les possibilités d’investissement en Italie ne manquent pas et les « meilleures » propositions proviennent de Russie et de Libye. La légende de la caricature du « Corriere della Sera » résume ainsi la situation : « Ta banque, qui l’a achetée : les Russes ou les Libyens ? », demande un personnage. « Je ne sais pas. Les comptes sont en roubles et les intérêts en chameaux. »

Les Échos

Côte d’Ivoire: Trafigura fait la loi aux victimes du Probo Koala

In Gestion de crise, Guerre économique, Management de l'information, Perception Management, Risk Management, Soft Power, Sécurité on 21 septembre 2009 at 5:57

C’est dimanche 20 septembre 2009 que Trafigura a annoncé avoir trouvé un accord avec 31 000 victimes des déchets toxiques du Probo Koala. Pour arrêter les poursuites judiciaires engagées par la côte d’Ivoire en 2007, l’entreprise néerlandaise avait versé 100 milliards de francs Cfa à l’État ivoirien.

Read the rest of this entry »

Les développements de l’intelligence économique en Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 20 septembre 2009 at 4:00

Dans Le Monde diplomatique n°666[1], Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, écrit : « je reste, en effet, fondamentalement convaincu que celle-ci (l’Afrique) ne pourra résister aux défis de la globalisation qu’unie et solidaire. » Cette exigence d’unité et de solidarité vaut également pour l’intelligence économique (IE) dont la situation connaît d’énormes disparités sur le continent. Mais aussi inégaux soient-ils, les développements de l’IE au niveau des États, des entreprises, des éducateurs et des experts  doivent concourir à l’éclosion du désir de gagner ensemble que l’Union africaine appelle de ses vœux.

Les États

L’intelligence économique, ne nous voilons pas les yeux, tarde à être considéré comme un sujet d’importance vitale par les gouvernements africains. Sur ce point, les pays d’Afrique francophone (hormis le Sénégal et le Maroc dans une certaine mesure) peinent à emboiter le pas à la France où on observe de remarquables avancées. Malgré la barrière linguistique qui empêche de s’y intéresser de près, les meilleurs élèves du continent demeurent la Libye (2ème) et surtout l’Afrique du Sud (au 1er rang). 45ème pays le plus compétitif au monde[2], cette dernière a été classée 34ème dans le classement Doing Business 2009-2010 devant le Portugal (48), l’Espagne (62), la Chine (89), la Russie (120), l’Inde (133) et le Brésil (129). Le pays de Nelson Mandela attire 6,5 millions de touristes/an (soit trois fois la population du Gabon) malgré de graves problèmes d’insécurité.

Les entreprises

L’état des lieux décrit par Adrian Alvarez dans la dernière livraison de Competitive Intelligence[3] consacré à l’Amérique latine est applicable à l’Afrique. Invoquant les cas du Chili et du Brésil, Alvarez remarque : « Dans ces deux pays, les premiers départements de competitive intelligence ont vu le jour dans de grands groupes (tels que Unilever, Procter & Gamble)… » En Afrique, seules les multinationales comme Bolloré ou Progosa, MTN ou BMCE Bank… ont de vraies unités d’IE. La communauté des hommes d’affaires chinois diffuse également des bulletins d’alertes d’une redoutable efficacité dans la détection et la réponse aux appels d’offre. Certains grands groupes (de télécoms, énergie et transports) bénéficient d’informations concurrentielles obtenues par leurs ambassades grâce au matériel d’interceptions arrivé par la valise diplomatique. Les entreprises locales patientent.

Les éducateurs

Mise à part l’Afrique du Sud, le Sénégal semble être le seul pays africain où l’IE est officiellement enseignée en tant que spécialité. Au Burkina Faso, au Cameroun, au Maroc et à Madagascar notamment, des antennes locales d’universités ou de centres de formation français dispensent quelques heures de veille et d’IE à la française. Pourtant, dans Critical Success Factors in the Brazilian CI Process paru page 13 in Competitive Intelligence (vide supra), Fernando de Almeida, professeur à l’université de Sao Polo relève un détail d’importance: dans des cultures comme celles d’Afrique ou d’Amérique latine, « la communication, dit-il, passe par les mimiques (…) une partie seulement est exprimée de manière explicite, soit verbalement, soit par écrit. » Le refus et/ou l’incapacité d’intégrer la matrice culturelle locale dans les formations d’IE est pour le moins suspect.

Les experts-consultants

Parlant de businessmen dans le royaume chérifien, c’est Abdelmalek Alaoui qui résume à peu près la situation des professionnels africains de l’IE, « cette situation où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique »[4] Heureusement, quelques acteurs tels que l’AMIE, GwethMarshall Consulting (1er cabinet d’intelligence économique en Afrique centrale) et l’OAIE travaillent à fédérer les énergies des experts africains au profit de stratégies sous-régionales tournées vers une vision régionale.

Pour conclure son texte cité plus haut, Jean Ping avertit : « au moment où la Commission  est en passe de devenir l’Autorité de l’Union africaine, l’Afrique doit plus que jamais donner des réponses à ses citoyens et lever les incertitudes… » La mission première de l’intelligence économique n’est-elle pas de réduire l’incertitude?

Guy Gweth


[1] Le Monde diplomatique (supplément), n°666, septembre 2009

[2] Forum économique mondial de Davos, Rapport sur la compétitivité globale 2008-2009

[3] SCIP, Competitive Intelligence, volume 12, n°3, mai/juin 2009

[4] Alaoui (A), Intelligence économique et guerres sécrètes au Maroc, Le serpent à plumes éditions, avril 2009

Protégé : Interpol dans la guerre économique

In Coopération internationale, Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Veille stratégique on 16 septembre 2009 at 12:17

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


Intelligence économique : le devoir d’innover

In Communication d'influence, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Management de l'information on 11 août 2009 at 3:59

Ma grand-mère dit toujours qu’il faut s’inspirer des meilleurs. Cette fois, j’ai volontairement fait entorse à ce principe en m’inspirant d’un blogueur apparenté intelligence économique (IE) un brin exalté mais visiblement en panne d’inspiration. Pour reprendre un document intemporel du Service canadien de renseignement de sécurité que nous avons publié sur ce site il y a plus d’un an, il a cru devoir y ajouter sa french touch, ce que le psychologue John Dewey[1] appelle « le désir d’être important ». Le sujet « déplore » sans argument le fait que nous ayons exploité ce document sous l’angle de la contre-intelligence ; et d’ajouter qu’il date un peu… Pour finir, notre brave homme reproduit le même article le 7/8/2009 (!), se contentant de le segmenter comme le font tous les néophytes de la chasse au PageRank[2]. Cette attitude, incohérente en l’espèce, cache en réalité un malaise plus profond dans la communauté de l’IE que je n’ai de cesse d’observer et de regretter ; face auquel je propose une solution. Une.

Ce que j’observe

Lorsqu’on atterrit sur un site/blog d’intelligence économique/ stratégique, on est tenté de s’interroger sur les mobiles de l’auteur. Force est de constater que les objectifs sont rarement explicites. Cette absence de précision est de nature à créer un imbroglio complet chez les internautes qui ignorent alors s’ils sont en face d’une page de communication personnelle, d’un travail universitaire ou devant un site de promotion de moteurs de recherche et /ou de logiciels de veille sur internet. Nos lecteurs francophones (opérateurs économiques, enseignants, consultants, journalistes ou étudiants…) ont pourtant des demandes très précises. Dans leur grande majorité, ils espèrent en effet qu’on leur montre comment, grâce à sa grille de lecture innovante et complexe, l’IE offre le dispositif de défense et d’attaque (soft, hard et smart) idoine en matière de guerre économique. Être incapable de répondre à cette demande primordiale condamne tout auteur de site/blog d’IE à brasser de l’air. Pour l’instant, seuls quelques rares sites francophones tels que Infoguerre répondent avec succès.

Ce que je regrette

Je regrette qu’une trop grande place soit accordée aux techniques de recherche d’informations électronique dans les formations de 3è cycle en intelligence économique. Internet n’est pas le Christ qu’attend la communauté de l’IE. C’est tout juste, dirait Maître Eckhart[3], « le virtuel miroir de l’âme humaine ». D’où l’heureuse formule FJ Beylot de Troover : « sur internet on trouve de tout. On n’y trouve pas tout. » Car l’intelligence économique commence véritablement au moment où on croit détenir l’information recherchée. C’est à partir de cet instant qu’il faut « rompre l’os et sucer la substantifique moelle » selon le bon mot de Rabelais. Issus du moule de l’internet intelligence, les stagiaires qu’on reçoit aujourd’hui en entreprise ou dans les cabinets d’intelligence économique rêvent tous de travailler 8 heures par jour dans un bureau climatisé à collecter des informations que des inconnus ont posté sur internet pour X raisons.

Ce que je propose

On a de plus en plus tendance à oublier que les restaurants, les bars, les cafés … qui jouxtent les entreprises à surveiller sont des foyers intarissables d’informations, que les centres de sport et de loisirs fréquentés par les cadres d’une organisation concurrente sont le lieu idéal pour tamponner une cible. Pourtant nombre d’acteurs de l’IE même parmi les anciens sont incapables de descendre sur le terrain et de ramener des renseignements précis grâce aux techniques d’intelligence humaine (Humint). Combien de Masters en intelligence économique enseignent par exemple les techniques d’interrogatoire téléphonique dans l’espace francophone? [...] Je propose qu’on innove en mettant l’humain (non l’égo) au cœur de l’intelligence économique et stratégique, avec les conséquences que cela implique pour les théoriciens et les praticiens.

Guy Gweth


[1] John Dewey, Human nature and conduct: an introduction to social psychology, Carlton house, 1922.

[2] Critère mathématique inventé par Larry Page, co-fondateur de Google, le PageRank (PR) est l’indice de popularité des pages web. Plus il est élevé, plus la page en question est censée être intéressante pour les internautes.

[3] Philosophe et théologien allemand, Maître Eckhart (1260-1327) affirmait que « l’œil est le miroir de l’âme». Affirmation qu’en l’occurrence, nous transposons au web.

Protégé : Etranges tractations autour du diamant camerounais

In Diplomatie économique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Lobbying, Stratégie on 3 août 2009 at 8:40

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


La Francophonie comme outil de guerre économique

In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique on 29 juillet 2009 at 10:12

Les pays développés ont fait de l’intelligence économique (IE) le moteur stratégique de leur développement et de leurs succès économiques. Dans le contexte actuel marqué par la globalisation des échanges, les États et entreprises francophones et africains en particulier sont condamnés à se doter d’instruments de surveillance, de prévision et d’anticipation. L’intelligence économique apparaît de ce point de vue comme une modalité de gestion de l’espace. L’information peut devenir une arme redoutable si elle est est ciblée, collectée, traitée, sécurisée et surtout partagée sans rétention. Dans un village planétaire travaillé par la guerre économique, l’espace francophone n’offre-t-il pas un excellent site d’expérimentation des stratégies d’intelligence collective ?

Selon Alain  Juillet, ancien Haut responsable français chargé de l’intelligence économique, l’IE est un mode de gouvernance dont l’objet est la maitrise de l’information stratégique et qui a pour finalité la compétitivité et la sécurité de l’économie et des entreprises. L’intelligence économique, c’est-à-dire la capacité de créer des liens entre des informations économiques mais aussi sociales et culturelles, facilite les échanges entre plusieurs acteurs pour résoudre des problématiques de développement complexes. Elle aboutit à une meilleure compréhension des problèmes de marché, de développement des affaires et de coopération culturelle  par la connaissance des valeurs, des représentations.

L’intelligence économique apparaît dès lors comme un créneau pour la Francophonie à l’heure où la tendance stratégique est au rapprochement, au partenariat entre pays et entreprises ayant les même valeurs en partage. L’IE est aussi un vecteur de développement et de coopération entre nations, et c’est dans cette perspective qu’il importe d’explorer de nouvelles voies pour renforcer la présence de la Francophonie dans les Etats membres. C’est d’ailleurs l’occasion pour cette communauté, souvent présentée comme un organisme en perte d’influence de réaffirmer sa légitimité et (pourquoi pas?) de poursuivre une stratégie de puissance dans une dynamique de coopétition.

Certains sont sceptiques quant à l’emploi de l’IE comme outil de combat dans de l’espace économique francophone. La plupart des Etats membres ont en effet un énorme retard à rattraper pour répondre aux défis qu’impose la conjoncture économique mondiale. Ils ont intérêt à construire ensemble un patrimoine informationnel qui assure leur compétitivité, leur permettant des actions offensives et défensives face aux opportunités, aux risques et menaces liés à la concurrence. C’est grâce à une telle prise de conscience suivie d’une politique d’IE qu’un pays comme le Maroc (cf. l’affaire des babouches) commence à résister à l’invasion des produits chinois.

Une autre catégorie de sceptiques est constituée d’acteurs pour qui  l’intelligence économique est l’affaire des pays industrialisés. Il est vrai que la mise en place d’une politique d’IE reste très coûteuse pour un pays en développement. Mais l’un des objectifs de la communauté économique francophone n’est-il pas fondamentalement de se doter d’une plateforme commune de partage d’informations qui permettra à terme d’atténuer l’effort de guerre économique et de sécuriser le périmètre informationnel des pays membres?

Désormais, il y a une nouvelle grille de lecture de l’économie de marché. La mode est au partenariat et à la coopération. Seule une politique de défense économique francophone commune peut par exemple freiner l’appétit de l’ogre chinois qui ne cesse d’accroitre son influence en Afrique grâce à sa stratégie subversive de contournement et d’encerclement. A défaut d’être ouvertement offensive, la Francophonie peut se doter de moyens de défense.

Diagne Souadou

Consultante en IE

Diplômée de l’Ecole de Guerre économique de Paris

Le groupe Ben Laden à l’assaut du marché ouest-africain

In Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Leadership, Stratégie, veille on 28 juillet 2009 at 12:18

Après une timide offensive ces dernières années en Afrique subsaharienne, le géant saoudien, Saudi Ben Laden Group, se lance à la conquête de l’Afrique francophone conformément à la nouvelle politique d’investissement en direction du marché ouest-africain convenue par ses administrateurs au courant de la première quinzaine du mois de juillet 2009.

Passer à la vitesse supérieure

Cette option stratégique des décideurs de la multinationale saoudienne intervient au lendemain d’opérations de prospection fructueuses effectuées en Afrique occidentale, respectivement au Sénégal, au Mali et en Guinée, entre mai et juin. Le groupe Saudi Ben Laden, qui a décidé de promouvoir son image en Afrique subsaharienne face à la montée en puissance des firmes asiatiques – via son programme d’investissements 2010-2014 – entend passer à la vitesse supérieure. Dans le domaine des hydrocarbures, Saudi Ben Laden arrive sur le marché sénégalais. Compte tenu de sa position stratégique, la multinationale saoudienne a fortement manifesté son intention d’acquérir 34% du capital de la SAR (Société Africaine de Raffinage) aux côtés de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de la société à hauteur de 65,4%) et de la firme pétrolière française, Total, présente dans le capital avec 34,6%. Lourdement handicapée ces dernières années par les fluctuations du marché pétrolier mondial et les manquements de la politique énergétique du pays, la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui tournait quasiment à perte, serait en passe de sortir la tête de l’eau. Saudi Ben Laden a décidé de mobiliser un investissement de près de 250 milliards de FCFA à court terme pour redresser l’entreprise ainsi « sauvée » de justesse d’un dépôt de bilan (…)

Total reste prudent

Total adhère avec beaucoup de réserve au schéma d’engagement de capitalisation envisagé par Saudi Ben Laden qui passerait de 34% à 51% du capital dans les années à venir. Même si le pétrolier français est resté à la table des négociations avec le géant saoudien, l’heure est à la prudence côté français. A en croire une source proche du dossier, « Total pourrait ne conserver que 20% des parts contre 34% à l’heure actuelle, après la prise d’actions de Saudi Ben Laden à hauteur de 51% qui deviendrait l’actionnaire majoritaire ». Le reste du dispositif actionnarial sera partagé entre l’Etat et le personnel, selon cette source. Le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr a décliné les ambitions du groupe saoudien qui a inscrit dans le cahier de charges le liant à la SAR la création d’une raffinerie d’exploitation complète et qui alimentera en produits pétroliers les pays de la sous-région africaine. Dotée d’une capacité de stockage de 1,2 million/t, largement en dessous de la demande en énergie qui serait de l’ordre de 1,8 million, la SAR compte, via son nouveau partenaire stratégique, redonner un second souffle à la filière hydrocarbures. Saudi Ben Laden group devrait libérer une première tranche des fonds, estimée à près de 120 milliards de FCFA d’ici à fin septembre 2009.

Le Mali dans les rangs

Le consortium saoudien, qui poursuit son offensive sur le marché ouest-africain, est également annoncé au Mali pour un important projet d’investissements dans le secteur immobilier. Saudi Ben Laden figurerait sur la short-list des entreprises internationales ciblées par le gouvernement malien qui a lancé il y a deux mois un programme de 4850 logements à réaliser avant fin 2010. Des officiels saoudiens du groupe Saudi Ben Laden ont pris langue avec l’Office malien de l’habitat pour réaliser ces travaux sous forme de joint-venture public-privé. Déjà, on apprend que l’Etat malien a soumis aux partenaires financiers internationaux ce projet immobilier en juin dernier et que la Banque Islamique de Développement (BID) est pressentie comme chef de file des bailleurs pour son financement. Saudi Ben Laden, serait prêt à apporter une enveloppe de 60 milliards de FCFA en partenariat avec le secteur public malien.

Ismael Aidara

Protégé : Les fils de la veuve et l’héritage d’Omar Bongo

In Diplomatie économique, Gestion de crise, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Sécurité on 6 juillet 2009 at 3:10

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


Le groupe Bolloré peut-il rafraîchir son image tropicale ?

In Guerre de l'information, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Leadership, Management de l'information on 29 juin 2009 at 6:06

Avril 2009, Le Monde diplomatique[1] titre sur « les guerres africaines de Vincent Bolloré » entre « affaires, médias et humanitaires ». Quelques jours plus tôt, le 28 mars 2009 (coïncidence ?) c’est France Inter qui consacre une émission à « L’empire noir de Vincent Bolloré ». Comme pour exécuter une commande, en moins d’une semaine, on a remis au goût du jour la vieille théorie de « Bolloré, entreprise néocoloniale » au moment où la guerre pour le contrôle des ports fait rage sur le continent africain. La contre-offensive des stratèges de Puteaux est donc attendue. Mais l’opération « transparence » organisée en avril fait l’effet d’un antalgique. Car les 3 jours de voyage effectués par Dominique Lafont, DG de Bolloré Africa Logistics, à bord de son jet, en compagnie de journalistes ne semblent pas avoir positivement impacté la perception qu’a l’opinion publique de la multinationale.

Bolloré en Afrique c’est 30% du chiffre d’affaires du groupe en 2008, 19000 emplois, un réseau de 200 agences disséminés dans 43 pays, des domaines d’activités aussi stratégiques que les transports maritimes ou ferroviaires, la logistique minière, industrielle, pétrolière et humanitaire… Depuis 2004, le groupe a raflé la gestion de nombreux terminaux à conteneurs sur le continent à l’instar d’Abidjan en Côte d’Ivoire, Douala au Cameroun, Cotonou au Bénin, Lomé au Togo, Pointe-Noire au Congo, Tama au Ghana ou Tincan au Nigeria… Et perdu quelques uns comme celui de Dakar au Sénégal en octobre 2007. Pour le groupe comme pour ses quatre principaux concurrents (l’allemand DB Schenker Logistics, l’émirati Dubaï Ports World,  le danois APMT et l’espagnol Progosa), l’objectif stratégique est le contrôle des points d’entrée et de sortie du continent car « l’Afrique est comme une île reliée au monde par les mers. Donc qui tient les grues tient le continent. »[2]

Les analystes sont presque tous d’accord sur un point: Vincent Bolloré a réussi l’un de ses plus beaux coups de communication indirecte en recevant en mai 2007 Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président de la république, sur son yacht privé, tous frais payés. Attentifs, les décideurs d’Afrique francophone pour qui « l’ami d’un ami est un ami » ont parfaitement saisi le message. Le navire du milliardaire avait à peine mouillé au large de Delimara Bay que « la rupture » prônée par son illustre hôte s’effritait devant la real politik. Qui peut reprocher à un Etat de promouvoir et de protéger ses champions à l’international? Sauf que dans le cas Bolloré, les concurrents (aidés par les retours d’ascenseur du groupe breton à ses amis du nord et du sud) ont choisi de communiquer sur les soupçons de collusions, voire des  « liens incestueux » entre l’Elysée et Bolloré, le groupe Bolloré et les décideurs africains, les présidents africains et l’Elysée. La « Françafrique » en somme.

Or vu son artillerie [télévision (Direct 8), publicité (Havas), presse gratuite (Matin plus et Direct soir), RP (d’anciens ministres africains et français)…], il serait pour le moins prétentieux de faire une leçon de communication à Bolloré, si ce n’est que le cordonnier est rarement le mieux chaussé. L’édition de code d’éthique[3] et de publi-reportages n’est bien sûr pas négligeable. Mais il est temps de sortir des sentiers battus. En se servant de tribunes à valeurs symboliques certaines, la concurrence a réussi à porter la guerre économique sur le terrain de « la morale dans les affaires ». Pour échapper à ce crucifix où l’ont cloué ses challengers, Bolloré doit absolument faire diversion. Il faut arriver à créer une histoire à faire raconter par des gens ordinaires, un rêve à partager avec l’opinion publique. A ceux qui me disent à Puteaux qu’il faudra une révolution pour cela, je réponds toujours qu’au 21è siècle, aucune entreprise ne pourra durablement gagner si elle n’investit dans l’émotion.

Guy Gweth


[1] Le Monde diplomatique n°661, p 1, 16 & 17

[2] Propos prêtés à un « ancien de Bolloré » in  « L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises » dans Le Monde diplomatique de février 2006.

[3] Le groupe Bolloré aurait rédigé un code d’éthique comprenant une liste  noire de quatre pays (Érythrée, Guinée Bissau, Lesotho et Swaziland) où il ne souhaite pas investir pour “cause de corruption rempante”. Nous n’avons pu vérifier l’exactitude de cette information.

L’éveil de l’intelligence économique en Côte d’Ivoire

In Guerre économique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information on 7 mai 2009 at 6:29

L’objectif stratégique d’une opération de relations publiques est le contact. Le 14 mai 2007, l’ISEAM organisait un colloque sur le thème « intelligence économique et Afrique » au palais du Luxembourg à Paris. L’occasion d’approcher une pionnière de l’IE dans l’Hexagone, Josette Buffaerts-Thomas, origine haïtienne, Pdg de CIM, administrateur de la Fépie, bonne connaissance de la Côte d’Ivoire. « Il y a dix ans, j’ai travaillé sur les premiers dispositifs d’intelligence économique au Gabon et en Côte d’Ivoire avec des gens de très bon niveau, me confia-t-elle. La majorité avait le titre de docteur…» Plus tard, visiblement émue, elle ajouta : « je ne comprends pas pourquoi ça ne démarre pas. »

Un peu plus d’un an après cet entretien, le 25 septembre 2008, la fondation Stratégie Défense MAG démarrait ses activités en Côte d’Ivoire à l’initiative de Marie Ange Gabrielle Adjobi, ancienne auditrice de l’Institut français des hautes études de défense nationale (IHEDN). Doté d’un budget déclaré d’un milliard de frs cfa (?), la fondation qui s’est positionnée sur le segment patriotique de l’intelligence économique a depuis commencé à sensibiliser les publics cibles aux nouveaux enjeux de la défense nationale. Elle offre des prestations payantes aux entreprises et cadres supérieurs ainsi que des formations gratuites d’initiation à l’IE. Son site internet, très attendu, y apportera plus d’aura et de visibilité.

En attendant, le « 1er blog d’intelligence économique en Côte d’Ivoire » est en ligne depuis le début de l’année. C’est l’oeuvre d’un jeune ami, Marc Amand, directeur associé du Cabinet Ileads basé à Abidjan. Ce blog encore à ses débuts se veut une plateforme d’informations utile aux décideurs ivoiriens. Avec le temps, il se forgera une identité. Pour le moment, la stratégie ivoire de l’auteur ne vise pas à créer un contenu original, encore moins à échafauder des théories d’intelligence économiques inédites. Marc Amand publie avec l’opiniâtreté de la goutte d’eau dont la chute répétée perfore le granit des mentalités de l’entreprise ivoirienne. « Là où il y a une volonté, il y a un  chemin » écrivait Lénine.

La volonté du gouvernement de Laurent Gbagbo de relancer la machine économique du pays après plusieurs années de recul lié à la crise politique et militaire remet naturellement l’intelligence économique au goût du jour. Pour s’en convaincre, la session de perfectionnement aux investissements internationaux du 16 au 21 mars 2009 sous la direction de Gnamien Yao, directeur de l’Institut africain de développement et de stratégie (IADS) et Pascal Chaigneau, administrateur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) de Paris, a permis aux participants et experts de débattre sérieusement de la problématique de « l’intelligence économique, enjeu de compétitivité nationale. »

Si Josette Buffaerts-Thomas peut aujourd’hui se réjouir du réveil de l’intelligence économique au pays d’Alpha Blondy comme partout ailleurs en Afrique, nul doute qu’elle espère comme l’ensemble de la communauté de l’IE une meilleure présence online des acteurs ivoiriens. Grâce à des recoupements, on sait à présent que de nombreux experts en intelligence économique d’origine et/ou de nationalité ivoiriennes gisent dans l’anonymat aux motifs qu’ils ne sont visibles ni sur internet, ni dans la presse, ni dans les librairies. Mais à tous ceux ont douté, les Gabrielle Adjobi et Marc Amand… apportent la preuve qu’en matière de défense économique nationale, il y a des générations spontanées.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire :

Intelligence économique au Cameroun : on sensibilise

Le novembre de l’intelligence économique en Afrique

Evaluer la performance de l’intelligence économique

In Benchmarking, Débat, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique on 3 mai 2009 at 1:59

L’intelligence économique (IE) aura sa révolution le jour où elle fera scission avec l’idéologie. Pendant quelques années encore, la profession pourra s’appuyer sur l’esprit et la théorie de la défense nationale pour sensibiliser le personnel politique et les dirigeants d’entreprises dites stratégiques. C’est la phase des premiers pas et de la pédiatrie. Mais les vrais professionnels savent que cette posture ne durera pas ad vitam eternam. Arrivée à maturité (les Anglosaxons sont plus avancés) l’IE francophone devra se séparer de sa part affective pour devenir une discipline « mûre » comme le sont aujourd’hui le marketing ou l’audit comptable…, c’est à dire dotée de  règles de métier solides et reconnues, de pratiques éprouvées et d’outils pertinents pour évaluer sa performance individuelle  comme tout autre service de l’entreprise.

A l’heure qu’il est, les responsables d’IE au sein des grands groupes arrivent à peu près à communiquer sur leur métier en interne. Il est évident qu’un cadre dirigeant sensibilisé comme on l’a vu plus haut sera davantage enclin à écouter et à appuyer le responsable de veille ou d’intelligence économique. Des auteurs comme François Jakobiak font d’ailleurs du soutien du Top management la condition sine qua non à la réussite des acteurs d’IE. Mais lorsqu’Alex arrive en commercial pour vendre l’intelligence économique à un dirigeant de PME (à coup d’arguments sur la sécurité informatique, d’exemples de détection de nouvelles tendances ou en vantant l’efficacité des derniers outils de veille automatisée…) on lui prête souvent attention, s’enquiert du coût, calcule mentalement, guettant le moment idéal pour lui demander: combien ça va rapporter?

Thats’s the question ! Quel montant attribuer aux gains générés par l’IE dans une entreprise ? Les responsables des services marketing et communication arrivent déjà à chiffrer les bénéfices d’une campagne publicitaire, fût-ce de manière approximative. Pas nous. Pourtant, en période de crise, comme l’écrit Patrick Jaunant in Obectif Performance, « les entreprises ont tendance à lancer des ‘programmes de transformation’ de leurs fonctions métier et support en vue d’améliorer la performance » ; et les services marketing/communication sont les premiers qui passent à la trappe. Alors au nom de quels arguments l’intelligence économique résisterait-elle, étant entendu que le management ne dispose pas d’outils pour évaluer sa rentabilité financière et sa performance? C’est ici qu’émerge notre idée de benchmarking.

Lorsque dans certains pays, on commence à fixer des objectifs chiffrés à des unités de police, que dans la grande distribution les services de sécurité ont des minima d’arrestations/j à honorer, qu’au sein d’un gouvernement les ministres sont notés… la communauté des professionnels de l’IE est en devoir d’enquêter sur les outils de cette recherche de performance. Détecter de nouveaux entrants sur un segment, intoxiquer un veilleur hostile,  sonder les clients du concurrent, cartographier le réseau d’influence de ceux qui sont en face… C’est bien. Mais si le décideur ne suit pas ? Comment s’inspirer de Robert Kaplan et David Norton pour formaliser un Balanced Scorecard spécifique à l’IE ? Sans doute faudra-t-il une révolution pour poser ces questions dans la sphère francophone. Mais  c’est inéluctable.

Guy Gweth

Ils ont troué le F-35 du Pentagone !

In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Sécurité on 22 avril 2009 at 2:25

Plusieurs mois avant l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, le Pentagone signalait des tentatives d’intrusion récurrentes visant à obtenir un accès à des données vitales pour la sécurité des Etats-Unis. Dès sa prise de fonction, le nouveau président a aussitôt commandé un rapport d’urgence sur la cybersécurité nationale. Mais depuis quelques heures, preuve est faite que des pirates informatiques ont bel et bien troué le programme d’armement le plus coûteux du Pentagone, celui relatif à la construction de l’avion de chasse F-35.

D’après le Wall Street Journal qui a révélé l’information de manière officielle, les hackers ont réussi à copier des données concernant ce programme de 300 milliards de dollars, baptisé “Joint Strike Fighter”. Comme nous le montrions dans notre article « Pratiques de contre-intelligence stratégique », des données aussi sensibles sont logiquement stockées dans un « bunker » (entrepôt d’ordinateurs hautement sécurisés, jamais connectés sur internet.) Pour l’heure, nos amis américains déclarent ignorer l’origine et la gravité de cette intrusion, même si tous les regards convergent vers la Chine.

Depuis plusieurs années, les spécialistes soupçonnaient l’Empire du Milieu d’entretenir secrètement des unités spéciales de guerre cybernétique, Roger Faligot l’a confirmé en 2008 in Les services secrets chinois de Mao aux JO. Plus récemment (le 29 mars 2009), l’institut canadien de veille contre la piraterie a révélé l’une des plus grosses opérations d’espionnage de ce début de siècle. Mandatés par des proches du Dalaï-Lama, les experts du centre international d’études Munk ont découvert que des dizaines d’ordinateurs appartenant aux représentants du Tibet en Inde, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Belgique, avaient été repérés, piégés, piratés de leur contenu.

A chaque fois, le modus operandi est le même : un e-mail doté d’une charge de Ghost-Rat est envoyé à la cible. Le virus s’installe dans le disque dur de l’ordinateur et pompe scrupuleusement son contenu. Totalement contrôlé à distance, il enregistre du son et des images à l’insu de l’utilisateur si l’ordinateur visé est muni d’une webcam. Ce réseau espion qui aurait déjà visité plusieurs gouvernements (dont celui des Etats-Unis et l’Otan) serait basé à Hainan, dans l’extrême sud du territoire chinois, zone où un navire espion américain a été intercepté par la marine chinoise il y a quelques semaines.

Ces dernières années, les actes d’infoguerre ont connu une croissance exponentielle, générant des pertes astronomiques pour les entreprises et les gouvernements. A l’heure qu’il est, les analystes sont forcés de constater que la langue de bois qui a régné jusqu’ici dans les chancelleries est désormais préjudiciable à la sécurité de nombreux États. Le cyberespace doit être regardé comme un espace international. Et comme tel, il doit être règlementé par des normes juridiques internationales à l’instar du droit de la guerre. Les États-Unis sont en situation de défendre cette position face à la Chine. En auront-ils le courage ?

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire : Guerre économique et légitime défense préventive

Pratiques de contre-intelligence économique : l’expertise d’une PME africaine

Anticiper grâce au Management Profiling

In Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, veille on 20 avril 2009 at 6:29

Le magasine Competitive intelligence dans son volume 12, n°2 de mars-avril 2009 donne à lire un excellent article de Dale Fehringer sur le management profiling (MP). Bien que peu utilisé, le MP est un remarquable outil d’anticipation (des actions et stratégies concurrentes) aux mains des acteurs de l’intelligence économique et stratégique.

Avec l’humour qu’on lui connaît, Fehringer (ancien CI manager chez Visa International) rappelle qu’il est arrivé à l’intelligence compétitive le jour où son patron lui a demandé d’éviter qu’à l’avenir, son entreprise ne soit surprise par les activités des groupes concurrents. Devant l’ampleur de la tâche à lui confiée, Dale comprit très vite que dans son cycle de renseignement, les outils qui servaient habituellement à l’analyse ne suffisaient pas à prédire les décisions des concurrents. Il fallait les compléter. Fehringer pensa au management profiling.

D’après la Competitive Intelligence Foundation, seuls 13,8% de professionnels de l’IE utiliseraient le MP. Dale Fehringer explique cette situation par la difficulté des analystes à convaincre le Top-Management du bien fondé de cet outil. Pour avoir été confronté il y a quelques mois à un dirigeant de multinationale pour qui « ni le MBTI ni la PNL ni les deux mis ensemble ne fonctionnent avec les décideurs africains », j’avoue que la tâche n’est pas aisée d’autant que, mis à part les jugements de valeurs, les résultats du MP peuvent parfois se révéler approximatifs.

Pourtant, comme le montre Dale Fehringer dans son article, le management profiling combine deux facteurs clés : la biographie réelle et la psychologie de la cible. Les données ainsi récoltées doivent ensuite être décryptées à l’aide d’outils tels que le MBTI,  le FIRO-B, etc… Mais ce travail suffit-il pour autant à prédire comment va agir l’entreprise concurrente ? Pas sûr. Car « les entreprises ne prennent pas de décisions stratégiques. Les individus, si. » écrivaient Fleisher et Bensoussan en 2003. L’enjeu est donc de pénétrer la personnalité des décideurs d’en face.

Il me souvient que pour convaincre le dirigeant de multinationale que j’évoquais plus haut, on s’était arrêté à la simple analyse de son prénom, avant d’aller plus loin. – « Les Vincent aiment tirer les ficelles, voire manipuler. Exigeants, autoritaires et directifs, ils sont susceptible d’avoir, sous des dehors calmes, des accès de colère lorsque l’on s’oppose à leurs désirs… Orgueilleux, ils donnent l’impression d’être sûrs d’eux-même. Sensibles à leur image de marque, ils n’acceptent pas l’échec et font l’impossible pour se surpasser : n’êtes-vous pas le meilleur ? »

En analysant Les armes secrètes de la CIA (Gordon Thomas, 2006) j’ai eu confirmation qu’il y a une dizaine d’années à peine, les agences fédérales américaines (la CIA en particulier) continuaient d’employer des équipes mixtes de psychiatres, de psychanalystes, d’astrologues, de graphologues et même de voyants dans le cadre de missions de profiling et d’anticipation. J’ignore si cette pratique a perduré jusqu’à ce jour, mais le moins que l’on puisse dire c’est que les traces de cette application sont toujours visibles dans les productions hollywoodiennes.

Tout bien considéré, la vraie question est celle de la rigueur méthodologique. Lorsqu’il est adossé au cycle de renseignement classique (besoin, collecte, analyse, reporting, validation & feedback), le management profiling peut occuper une place de choix dans la boîte à outils du professionnel de l’intelligence économique et stratégique. Dale Fehringer et Melanie Wing en parleront plus longuement au cours d’une session intitulée “Using management profiling to predict competitor strategies” lors du Scip09 international Conference and Exibition à Chicago, Etats-Unis.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire: Guerre économique: la bataille pour le contrôle mental

l’Afrique face à la microfinance islamique

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Débat, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie on 9 février 2009 at 7:18

Avec des relations plus “solidaires” entre emprunteurs et épargnants, la microfinance islamique pourrait devenir une véritable opportunité pour l’Afrique selon le Sénégalais Mouhamed Diakité,  ancien de l’Ecole de Guerre économique de Paris, expert en finance et en intelligence économique. Voici ses arguments:

“L’une des causes de cette débâcle financière mondiale reste l’asymétrie informationnelle entre les banques et les usagers, accentuée par la multiplication des actifs fictifs ou virtuels. S’est ajoutée à ce défaut originel, une recherche « absolue » de l’intérêt, qui a détourné les institutions financières de leurs rôles d’inter-médiation sur les actifs tangibles et l’investissement par la création de richesses. Cette dérive du capitalisme occidental impose d’elle-même d’autres alternatives. C’est ainsi que la finance islamique, politiquement incorrecte il y a seulement deux ans en France, est aujourd’hui remise au goût du jour. C’est une alternative crédible car plus éthique et plus « socialement responsable ». C’est une finance qui favorise l’investissement et encourage la rigueur car le bénéfice et la perte sont partagés. La liquidité actuelle de la finance islamique milite pour une adaptation des cadres africains à cette alternative. Pourquoi, compte tenu du caractère limité du pouvoir d’achat des épargnants, ne pas vulgariser la microfinance islamique pour lutter contre la pauvreté.

800 milliards d’actifs

“La finance islamique représente aujourd’hui entre 500 et 800 milliards de dollars d’actifs gérés selon les principes de la Charia et a enregistré une croissance de plus de 20% depuis les dix dernières années. Cependant, son apport reste faible en Afrique, malgré les 412 millions de musulmans qui constituent près de 50% de la population globale estimée à 850 millions d’habitants. En tout, l’on recense 37 institutions financières en Afrique. Le potentiel du marché de la finance islamique pourrait atteindre 235 milliards de dollars. Pour le moment, l’on est encore loin de ce chiffre et loin du dynamisme observé au Moyen-Orient et en Malaisie, chef de file du pôle de la finance islamique en Asie du Sud-Est. A la fin 2007, l’intermédiation financière conforme à la Charia s’établissait à 18 milliards de dollars, ce qui représentait une part de marché inférieur à 8% de sa taille potentielle. Le développement de la finance islamique sur le continent africain doit pallier au déficit chronique par une approche plus calquée sur les réalités du terrain. L’introduction de la finance islamique améliorerait la contribution du secteur de la microfinance en général dans la mobilisation de l’épargne. Cette contribution n’excède pas aujourd’hui 5%. Pour redynamiser le secteur, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a élaboré en 2003 un programme régional d’appui à la finance décentralisé (PRAFIDE) pour la période 2004-2008. Ce nouveau dispositif, dont les volets essentiels ont fait l’objet d’une large concertation impliquant l’ensemble des acteurs du secteur, vise à maintenir, voire à consolider les fondations existantes et à bâtir un secteur solide et performant capable de répondre durablement à la demande sociale.

Stratégie en quatre axes

“Cette stratégie d’intervention se décline en quatre axes principaux : l’aménagement du cadre juridique, le renforcement des capacités des acteurs et la valorisation de l’expertise locale, l’amélioration de l’information sur le secteur (modernisation des systèmes d’information de gestion) et l’accroissement de l’efficacité des mécanismes de surveillance interne et externe. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, la microfinance est particulièrement développée. Dans ce dernier pays, le secteur reste largement dominé aujourd’hui par la FENACOOPEC (Fédération Nationale des Coopératives d‘Épargne et de Crédit) puisque cette structure, à elle seule, représente 88% de la clientèle, 91% des dépôts et 78% des crédits. Le taux de pénétration s’établirait à 25%, ce qui fait qu’en moyenne une famille sur quatre en Côte d’Ivoire fait régulièrement appel aux services financiers des institutions de microfinance. Avec l’adaptation de la règlementation, la création des Sharias Boards et une bonne vulgarisation par la communication, les instruments de la finance islamique pourraient donner à la microfinance classique en Afrique de l’Ouest le souffle qui lui manque tant pour atteindre le plus grand nombre.”

In Questions internationales : renseignement et services secrets

In Diplomatie économique, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence économique, veille on 24 janvier 2009 at 12:14

Qui sont « les espions » du XXIe siècle et comment agissent-ils ? Outre les interviews exclusives du directeur de la DGSE, Erard Corbin de Mangoux, et du directeur de la DCRI (ex Renseignements généraux et DST), Bernard Squarcini, ce numéro de « Questions internationales » décrypte les évolutions récentes et le rôle des services de renseignement et de sécurité dans le monde.

Alors qu’une partie croissante de leurs activités, de leurs missions, voire de leurs structures, est désormais ouverte à l’analyse et aux comparaisons, ce dossier présente ce qu’il est désormais convenu d’appeler « les moyens de la connaissance et de l’anticipation ».

Les services de renseignement et de sécurité, mal connus autant méconnus qu’inconnus, ont beaucoup évolué. Placés au cœur du processus de décision politique et de l’action diplomatique, ils se sont professionnalisés pour s’adapter aux nouvelles exigences et contraintes des relations internationales.

À mesure même que leurs missions concernent de plus en plus la société civile – avec l’intelligence économique, la lutte contre le terrorisme international ou la protection des technologies avancées par exemple – ils ont besoin d’être mieux connus et compris, mieux immergés dans les milieux qu’ils défendent à leur manière.

Du même coup, ils ont aussi besoin d’être mieux contrôlés, comme de bénéficier de l’association et de la solidarité d’un plus grand nombre d’autorités publiques. Exigence d’autant plus forte que le régime qui les emploie est démocratique et que l’esprit de leur mission est toujours la sauvegarde d’une société démocratique. Les différents articles de ce dossier tentent d’illustrer cette rationalisation progressive, avec ses limites, ses questions, ses progrès en cours.

Dans ce numéro de Questions internationales, les deux patrons du renseignement français, le directeur général de la DGSE et le directeur central de la DCRI, s’expriment pour la première fois ensemble dans une revue. Traditionnellement les directeurs de l’espionnage français (DGSE) – surtout ce dernier – et celui du contre-espionnage (DST, devenue DCRI depuis le 1er juillet 2008) s’expriment publiquement très rarement.

M. Corbin de Mangoux, qui dirige depuis début octobre 2008 les 4.500 agents de la DGSE, estime que ces deux interviews illustrent “le travail important de rapprochement opéré depuis quelques années entre ces deux services”. La DGSE, qui propose officiellement depuis quelques semaines sur le site du ministère de la Défense des stages de fins d’études aux scientifiques, “veut ainsi leur donner l’occasion de participer à la réalisation de projets de haute technologie et innovants et très motivants”, dit par ailleurs M. Corbin de Mangoux.

De son côté, M. Squarcini, à la tête de la DCRI (4.000 fonctionnaires) depuis le mois de juillet 2008, assure que le “temps du silence et de l’opacité lui paraît révolu”. Il ajoute que “nos citoyens ont droit à une information objective sur l’activité de leurs services de renseignement”.

Renseignement et services secrets
Collection Questions internationales n° 35
La Documentation française
128 pages, 9,80 euros

Dans le même ordre d’idées, lisez:

- “Secret défense”: 1 vecteur, 2 messages, 3 cibles

- Guerre économique: nouveau défi des services de renseignement en Afrique centrale

Vaincre une rumeur malveillante et traquer la source

In Contre-Intelligence stratégique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence compétitive, Sécurité on 1 octobre 2008 at 5:45

Début septembre 2008, un riche homme d’affaires du nord Cameroun défraie la chronique de manière inattendue. Par ce matin froid et sec à Maroua, le journal local, L’œil du Sahel, titre à sa une: « Un milliardaire distribue le Sida » ! C’est le début de « l’affaire Yaya Bello ». L’accusation est-elle fondée ? La rumeur n’en demande pas tant. Seule compte la perception de l’opinion publique. Le scoop fait l’effet d’une tempête locale. Malgré l’achat rapide de la quasi totalité des exemplaires de « l’édition mortelle » par les hommes de main du businessman, le vin est tiré. Il faut le boire. Pour  ce milliardaire comme pour  toutes  les victimes des opérations de déstabilisation par la rumeur, rien ne sera plus pareil. Jamais.

La rumeur est un bruit de fond social qui court comme « la maladie d’amour dans le cœur des enfants » de tous âges. C’est une information non officielle qu’il fait bon transmettre sans vérifier. Très prisée dans le cadre d’opérations noires, elle peut être le fait d’individus isolés, de groupes d’intérêts économiques, politiques ou militaires… et bien sûr des services secrets. Elle peut être scientifiquement conçue, testée et injectée dans des foyers propices à son expansion. Elle vise généralement à déstabiliser, à décrédibiliser, à « anéantir » une personne physique ou morale, à modifier l’attitude d’un groupe-cible, à l’intoxiquer ou à soulever des populations. Parmi les intrants qui la composent, les plus exploités sont l’argent, le pouvoir, le sexe, la maladie et la mort. Semblable à un cyclone, on peut déterminer d’où elle part mais jamais où elle va s’arrêter. Dame rumeur se nourrit de nos peurs, de nos croyances, de nos fantasmes; et voyage aux frais de la princesse. A moins de s’y attaquer de manière professionnelle, son espérance de vie est illimitée.

Le Cameroun par exemple est un excellent site d’expérimentation de ce phénomène où de toute façon, la justice -quand elle est saisie- n’agit évidemment qu’a posteriori. Au nombre des plus folles rumeurs ayant le plus impacté sur la réputation du personnel politique de ce pays au cours des vingt dernières années, citons : l’histoire du serpentologue de la Cameroon Radio & Television (CRTV) en 1999, le décès du président Paul Biya en Suisse en 2004,  la liste complète des homosexuels du Cameroun en 2006, ou encore  la préparation d’un coup d’Etat à Yaoundé en 2007. A ce jour, aucune des ces opérations n’a été officiellement élucidée. L’attaque qui vise Yaya Bello, sous réserve de la véracité de l’information publiée par L’œil du Sahel, renforce localement la thèse d’un transfert de la rumeur, en tant qu’arme d’infoguerre, de  sa sphère sociopolitique habituelle au champ économique. Une tendance lourde.

Même en disposant d’un excellent réseau de capteurs de signaux faibles dans les principaux « foyers d’incubation» du phénomène (armée & police, hôpitaux & prisons, presse, forum internet & mailing-list, grandes écoles & universités, points de passage des diplomates & de l’élite locale…), il est extrêmement complexe de noyer, de dévier ou de retourner une rumeur malveillante, encore moins de tracer son auteur. Et pourtant, une attaque par l’information suffit à démolir en un jour une vie entière passée à bâtir une famille, une entreprise, une carrière ou votre réputation. En essayant de plaider sa propre cause au cours d’une interview, sans le coaching de professionnels sûrs, Yaya Bello s’est enfoncé comme on ne le souhaite à personne.

Heureusement, le décryptage minutieux et l’analyse comparée des modes opératoires des 23 plus grandes opérations de déstabilisation par l’information en Afrique centrale au cours des 10 dernières années nous permettent aujourd’hui d’affirmer que la rumeur n’est pas une fatalité. Loin s’en faut. Si elle est détectée et traitée à temps par des professionnels, elle laissera au pire de très légères cicatrices. Autre bonne nouvelle pour ceux qui l’ont testée: notre système de contre-offensive RALE (Retour à l’envoyeur) peut produire dans certains cas, en fonction de la loi et des coutumes du groupe-cible, des effets irrémédiables chez l’auteur (ou la chaîne de production) d’une rumeur d’origine non-étatique visant à ternir votre image.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire aussi :

A Review of Notable Political Rumors from Cameroon

La rumeur d’Orleans, une brève présentation in Wikipedia

Des mailing-list africaines exploitées pour déstabiliser Coca-Cola,

La déstabilisation de Valérie Bègue, Miss France, expliquée à ma grand-mère

Des mailing lists africaines exploitées pour déstabiliser Coca -Cola

In Communication d'influence, Guerre économique, Perception Management, Sécurité, veille on 10 septembre 2008 at 12:18

Depuis quelques semaines, des réseaux d’internautes d’Afrique centrale sont à leur tour infectés par un texte Anti-Coca-Cola (voir infra) circulant depuis le premier trimestre 2008 en Europe et dans plusieurs forums tels que MySpace. Une opération de déstabilisation par l’information tout à fait classique. Certes un peu artisanale (ce qui lui donne un air citoyen), mais plutôt bien menée. Elle rappelle l’offensive essuyée par Perrier au début des années 90. Elle rassemble les principaux facteurs clés de succès pour susciter une réaction de l’opinion publique (Baumard 2001): 1. Le risque alimentaire (ce qui entre en soi) 2. Le risque d’hygiène (ce qui touche à soi) 3. Le risque physique (ce qui peut faire mal à soi).

Read the rest of this entry »

IE: le benchmarking des groupes d’autodéfense en Afrique centrale

In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 juillet 2008 at 5:46

La crise économique qui traverse la zone Cemac depuis plusieurs années a considérablement fragilisé l’appareil étatique dans l’accomplissement de certaines de ses missions régaliennes. Une partie de ces dernières est ainsi tombée dans le champ d’activités des promoteurs privés, des bailleurs de fonds, des églises, des Ong… et des associations en bonne place desquelles les groupes d’autodéfense.

Nés de l’insécurité et de la montée du grand banditisme, les groupes d’autodéfense sont l’œuvre des jeunes de quartiers, costauds, solidaires, scolarisés ou non. Leur objectif est de sécuriser leur territoire. En alternance, ils veillent de jour comme de nuit. Ils surveillent les environs, collectent des informations, notent tout mouvement suspect. Ils ont le soutien plein et entier des populations locales. Y compris financièrement. Les criminels les redoutent. Les pouvoirs publics les observent. Un nouveau rapport de forces voit le jour dans les cités. Mais très vite, certains groupes franchissent la ligne jaune. Ils se prennent à arrêter des malfrats, à les juger devant des tribunaux populaires, à exécuter les peines par eux-mêmes. Il arrive qu’un membre du groupe cherche à se venger d’un rival et le dénonce comme « malfaiteur », poussant parfois à commettre l’irréparable. Embarrassé, l’Etat rend justice, tout en reconnaissant implicitement l’aide exceptionnelle de ces entités de facto, non prévues par les lois de la république. Il faut les encadrer.

Du 25 au 27 février 2004, alors que j’assure le pilotage d’Interconsult Cameroon, j’organise avec l’aide de bailleurs de fonds allemands, une session nationale au centre Jean XXIII de Mvolyé, à Yaoundé, afin de sensibiliser ces groupes au respect des droits humains. Pour mener à bien cette mission sans précédent, j’invite des experts de haut niveau dont l’ancien préfet Jean-Marie Ndongo et surtout Bell Luc René, ancien gouverneur et ex-délégué général à la sureté nationale. Ils nous font l’honneur d’accepter. Dans son propos liminaire, l’ancien chef de la police camerounaise tient à préciser que si l’Etat tolère les groupes d’autodéfense, c’est en réalité dans une logique stratégique visant à pénétrer les zones dites sensibles, grâce au soutien informationnel des habitants, dans le but de mieux gérer et garantir la sécurité publique.

La stratégie d’intelligence économique que nous impulsons dans la zone Cemac a tout appris de ce schéma contextuel. Face à l’exacerbation de la concurrence, à la réduction des moyens de l’Etat, nos entreprises se regroupent aussi bien par région que par secteurs d’activités. Moins fragiles et plus audacieuses, elles travaillent ensemble autour d’une plateforme d’information sécurisée avec la collaboration, voire, l’impulsion de l’Etat. Peu à peu, ce dernier diminue ses fonctions opérationnelles pour davantage se consacrer à son rôle d’Etat-stratège. Ces plateformes visent la défense et la compétitivité par la transformation du renseignement économique en outils de création et de protection des richesses. Rien à voir avec un quelconque protectionnisme. La vérité est que  les compagnies se prennent en main pour agir dans le respect bien compris des règles de saine concurrence. Elles n’ignorent pas qu’en définitive, c’est aux pouvoirs publics d’assurer les missions de contrôle, de protection des personnes, des biens, et donc des entreprises implantées sur l’ensemble du territoire national. Mais elles gagnent en assurance. L’Etat devient clairvoyant. La Cemac peut voir venir.

Des jeunes de quartiers qui inspirent une stratégie d’intelligence économique aux entreprises? Il fallait y penser.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lisez:

Pratiques de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine

La Guinée équatoriale a-t-elle une stratégie de puissance sous-régionale ?

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, veille on 30 juin 2008 at 8:32

La question peut paraître provocante à plus d’un titre. Mais elle mérite fortement d’être posée, au vu des signaux faibles envoyés ces cinq dernières années par Malabo à la communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC). Voici le décryptage exclusif de “la stratégie de la poudre aux yeux” , une enquête minutieuse au cœur de la doctrine sécrète du président Teodoro Obiang Nguema Mbazogo.

Oui, le sujet est provocant parce que la Guinée équatoriale en chiffres, c’est 515 000 habitants établis sur une superficie de 28050 km2, une croissance démographique à 2,25%, une densité de 18 hab/km2, une espérance de vie de 42 ans, un taux d’alphabétisation à 87%, un PIB par habitant de 8250$ , un indice de développement humain établi à 0,642… 2620 millions $ d’importations, 11675 millions $ d’exportations et trois principales ressources: le pétrole, le bois et le gaz naturel (…)

Mais nous nous sommes sérieusement interrogés. Car sur le plan économique, ce “petit Etat” pétrolier que les analystes s’accordent désormais à  désigner “ Koweit du golfe de Guinée” se targue d’une croissance en 2007 de 21,5%  contre 8% en 2006 (!) Son taux d’inflation est de 5,2% et les investissements directs étrangers dans ce pays s’élèvent à 1656 millions $. Avec une politique d’immigration digne de la Suisse, l’ancienne colonie espagnole peut se permettre d’organiser des expulsions spectaculaires de clandestins africains, d’offrir un 1 milliard Fcfa pour la reconstruction de N’Djamena, de demander et obtenir la tête du gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique centrale, d’exiger la refonte des textes de la Cemac pour tenir compte du nouveau poids économique et financier de la Guinée pétrolière… ou de claquer la porte de la 9è conférence des chefs d’Etats de la Cemac, le cas échéant (…)

Guy Gweth

Acquérir l’étude complète auprès de GwethMarshall Consulting.

Tout ce que l’intelligence économique n’est pas!

In Débat, Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence économique on 14 juin 2008 at 2:55

L’article que je vous indique ci-après fait penser à l’allégorie africaine de la dent qui faillit pourrir une bouche entière. Car si l’exception fait la règle, les faits que relate ce billet traduisent ce que la règle de notre métier n’est pas, car justement, ils relèvent de l’exception même. L’intelligence économique est une discipline aussi noble que les points sulfureux qui peuvent l’entacher sont retentissants. Jugez-en vous-même, à commencer par le titre de Libération de ce vendredi 13 juin: «Alors qu’il tombe seul, un barbouze balance tout»… Le cas d’école par excellence de tout ce que l’intelligence économique (IE) n’est pas!

«Poursuivi en justice, Patrick Baptendier publie un livre sur ses faits d’armes. Pour une fois, l’expression «pavé dans la mare» n’est pas galvaudée. Le livre de Patrick Baptendier, Allez-y on vous couvre! , en librairie depuis hier, est une véritable grenade dégoupillée.

«Cet ancien gendarme a basculé dans la barbouzerie. Son métier, détective privé, n’a jamais été aussi rentable, à l’heure du big business triomphant. Rebaptisé pompeusement ‘intelligence économique‘, sotte traduction de l’anglais qui signifie, plus prosaïquement, ‘espionnage‘, il est au cœur de bien des turpitudes politico-financières. Où de grands cabinets se gargarisent de déontologie tout en sous-traitant le sale boulot (écoutes, filatures…) à des petites mains.

«Patrick Baptendier est l’une d’entre elles. Il a travaillé pour les cadors du secteur, l’américain Kroll et le français Geos, qui lui confiaient ce qu’ils n’osent faire eux-mêmes : la pêche aux relevés bancaires ou téléphoniques, aux casiers judiciaires, aux notes blanches des services (RG et DST). »

Lire l’article in extenso dans Libération.fr, en complément de “Peut-on démystifier l’intelligence économique?” édité sur ce site le 9 mars 2008 par nos bons soins.

Industrie du lait et légitime défense économique en Afrique

In Gestion de crise, Guerre de l'information, Guerre économique, Prospective, Stratégie, Sécurité on 11 juin 2008 at 10:17

Les bombardements quotidiens d’images que subissent les populations d’Afrique via les chaînes de télévisions occidentales ont un effet d’Hiroshima et Nagasaki sur la psyché. Au point que lorsqu’un jeune diplômé africain achève ses études à l’étranger, il est crucial qu’il s’interroge sur l’opportunité d’un retour au pays natal. Le nombre de parents et amis qui l’en dissuadent depuis le continent est impressionnant. C’est pourtant ce qu’a bravé le docteur Bagore Bathily, un vétérinaire sénégalais de 33 ans, diplômé de l’université de Liège en Belgique, aujourd’hui P-dg de la Laiterie du Berger, la seule unité industrielle qui transforme du lait de collecte au Sénégal. La crise alimentaire a permis à l’opinion publique internationale d’apprécier l’extraordinaire combat de cet industriel du lait de collecte local face au lait déshydraté importé d’Europe. Plus qu’un sujet d’intelligence économique in vivo, voici une problématique qui convoque une stratégie nationale de légitime défense économique.

Pendant la période coloniale, les stratèges européens avaient conçu dans les colonies des niches propices à l’écoulement de produits issus du vieux continent. Dès 1960, l’indépendance politique laissa logiquement place à de nouvelles formes de dépendance basées sur l’éducation, la culture ou le commerce de produits manufacturés made in Europe. Ainsi naquit la dictature du lait déshydraté qui lamina littéralement les habitudes de consommation locale par l’influence (enrôlement des élites, des médecins et autres puéricultrices…, le perception management et la normalisation), le marketing et surtout la guerre des prix, créant ainsi un véritable casus belli économique. Pendant plusieurs années, l’Union Européenne subventionna ses agriculteurs pour les aider à produire et exporter plus facilement vers les pays pauvres (ex-colonies). Empruntant un mode opératoire de soft power désormais décodé, les instances financières européennes firent une injection d’exotisme concurrentiel dans le secteur du lait au Sénégal en finançant Bagore Bathily, un enfant du pays, pour démarrer à petite échelle la Laiterie du Berger.

Mais en vérité, parce qu’il concerne l’alimentation et relève d’une situation on ne peu plus asymétrique -par ailleurs exacerbée par la crise alimentaire mondiale-, le marché du lait en Afrique est un terrain d’affrontement propice à une guerilla du lait par la guerre de l’information. Pour cela, il suffit d’un sursaut patriotique, d’une pincée de volonté politique, d’un peu d’ingéniosité, d’un brin d’imagination, d’un soupçon d’audace… le tout dans un moule de stratégie offensive pour, au pire, crier à l’autodéfense économique et alimentaire. Voilà qui est moins facile  à dire qu’à faire… Pionniers de l’intelligence économique sur le continent avec les Sud-Africains, si les acteurs sénégalais continuent de regarder au lieu d’agir pour défendre leur territoire de consommation, ils risquent d’être perçus par l’opinion publique comme des tigres en papier. Une partie du discours du président Wade à Rome sonnera faux. Les petits éleveurs, les paysans locaux et le téméraire Bagore Bathily iront à l’abattoir. Pis, dans les 10-15 ans à venir, les concurrents vendront aux populations du lait de toilette, du savon ou des glaces dont le parfum rappellera comme par hasard le lait déshydraté importé qu’elles buvaient dans leur enfance… Et la boucle sera bouclée!

Guy Gweth

Algérie: le Conseil de la Nation face aux impératifs de défense économique

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 11 juin 2008 at 9:14

“Les travaux des 4es JEP sur la défense économique, organisés à l’initiative du Conseil de la nation sous le haut patronage du Président de la République d’Algérie, se sont achevés le 7 juin 2008 au soir sur une série de constats et de recommandations. Extraits:

“…Le docteur Walid Laggoune, professeur de droit, en abordant «les aspects juridiques de la défense économique», s’est référé à la législation en matière de défense de la sécurité nationale citant les codes d’investissements…, la détermination des secteurs stratégiques intégrant la défense économique et la notion d’intelligence économique.


“Walid Laggoune qui s’appuie sur la législation nationale en matière de développement économique et d’adaptation juridique appelle à plus d’effort normatif au regard des nouvelles vulnérabilités, pour définir les principes et tracer les contours d’une défense économique efficiente. Le juriste Ahmed Laraba, dans sa communication «Observation sur la notion de défense économique», met en parallèle le lien intrinsèque entre la défense nationale et la défense économique comme réponse appropriée aux vulnérabilités nationales, risques et menaces dans un droit de projection interne et externe et de prospective de nouveaux mécanismes de défense. Le professeur de droit considère le potentiel économique comme constituant un paramètre fondamental de toute politique de défense nationale. Les deux segments liés constituent une défense nationale conquérante.”

Lire l’article complet in Elmoudjahid.com.

Du capital cognitif en Afrique: l’appel du “Bill Gates africain”

In Guerre économique, Intelligence stratégique, Stratégie on 9 juin 2008 at 5:27

L’Afrique francophone connaît peu Philip Emeagwali. Surnommé « Père de l’internet » par CNN et le Times, cet informaticien nigérian est l’un des gourous du nouvel âge de la société de l’information, qualifié par Bill Clinton de « Bill Gates africain ». Récipiendaire du Prix Gordon Bell (équivalent du Prix Nobel dans le domaine informatique), Philip Emeagwali fait de l’industrialisation de l’Afrique son credo. Ci-dessous des extraits d’une intervention faite devant la communauté africaine à Valence, le 11 mai 2008.

C’est le 25 mai 1963 qu’a été créé l’Organisation de l’unité africaine. Projetez-vous au 25 mai 2063, au centième anniversaire de l’organisation africaine, forcément un moment pour analyser les réussites et les échecs. La manchette d’un journal annonce ‘les derniers gisements de pétrole dans le territoire américain de l’Afrique de l’Ouest se sont épuisés’. L’article se poursuit ainsi: ‘Les dernières parties de la forêt équatoriale vont bientôt disparaître, traversées par des pipelines et des plateformes de forage des usines de raffinage de gaz naturel. La pollution globale sera le legs des générations futures. Les réserves pétrolières offshore de l’Afrique sont taries. Les installations pétrolières abandonnées deviendront alors un objet d’attraction pour les touristes. Les constructions qui accueillaient les bureaux et les usines des compagnies pétrolières se transformeront en villes fantômes. Dans un monde sans pétrole, le transport aérien va disparaître, et les hommes recommenceront à traverser les mers avec des navires à vapeur. Les fermiers utiliseront des chevaux à la place des tracteurs. La faux remplacera la moissonneuse batteuse. A mesure que les cultures diminueront, la famine envahira le globe. Sans moyens de faire rouler leurs véhicules, les parents resteront chez eux, sans boulot et les enfants marcheront pour aller à l’école.

“Un tel scénario peut devenir réalité car l’offre en pétrole n’est pas illimitée. Nous savons que les réserves actuelles ne conduisent pas l’humanité à plus de 40 ans. C’est aussi certain que la mort ou les taxes. Mais au lieu d’entrer dans la polémique à propos de l’année exacte où le pétrole va s’épuiser, je préfère supposer que nous y sommes déjà. Cela peut arriver plus vite qu’on ne le pense. Nos descendants nous remercieront ou nous blâmeront sur la quantité de pétrole que nous leur laisserons. Au lieu de se demander quand l’Afrique sera à bout de ses ressources naturelles, l’on peut se demander que fait l’Afrique de son pétrole et de ses matières premières ?

Capital intellectuel


“Actuellement, l’équivalent de 100 dollars en minerais de fer vaut le double une fois transformé en pots pour boire et réexporté vers l’Afrique. La même quantité vaudra 65 000 dollars, une fois transformée en aiguilles en Asie, 5 millions de dollars sous forme de bracelets à montres en Europe. D’où vient ce gap ? Il vient du capital intellectuel européen, du patrimoine de connaissances collectives de son peuple qui lui permet d’acheter 100 dollars en barres de fer, de les transformer et de les livrer avec une valeur ajoutée 50 000 fois supérieure. Cela revient à dire que l’absence du capital intellectuel est la cause de la pauvreté. Sans un capital intellectuel africain, le fer extrait de l’Afrique continuera à être transformé en Europe et à être réexporté en Afrique à des prix énormes. Pour rompre avec ce schéma, le continent devra promouvoir la créativité et l’éducation, indispensables pour donner de la valeur à ses matières premières. La pauvreté n’est pas l’absence d’argent, mais plutôt l’absence de connaissances.

“Dans les pays africains exportateurs de pétrole, des multinationales comme Shell, qui vendent des plateformes en échange de 40% de royalties sur la valeur du pétrole exporté, deviendront toujours plus riches alors que les travailleurs au sein de ces plateformes deviendront de plus en plus pauvres. Nul doute, l’éducation réduit plus vite la pauvreté que le pétrole. C’est le capital intellectuel et non les gros salaires qui élimineront la pauvreté. Si nous demandons tous de gros salaires, nous finirons par les dépenser pour nos propres besoins. Le capital intellectuel, lui, permettra de créer des produits dérivés à partir de la technologie. A la fin, il y aura non seulement redistribution de la richesse, mais aussi création et contrôle de la nouvelle richesse. La capacité africaine de réduire la pauvreté apportera la prospérité pour des millions de gens…

Sources: Journal de la Finance Africaine

Le business des failles, un marché en nette croissance chez les hackers

In Guerre de l'information, Guerre économique, Sécurité, veille on 9 juin 2008 at 5:06

Rechercher des failles de sécurité ou en faire le commerce deviendrait-il une activité de plus en plus lucrative ? Alors que le marché de la sécurité sur Internet est dans un état de petite maturation – en tendance légèrement baissière – l’arsenal de piratage s’étoffe d’armes toujours plus efficaces. Un constat amer que font les responsables de SI réunis ce mercredi pour traiter de l’économie souterraine liée aux failles de sécurité.

Pour cause, malgré une croissance forte de la demande en équipement de sécurité grâce à l’explosion de la vente des ordinateurs portables, le marché commence seulement à se stabiliser. Eric Domage, directeur études et conseil du pôle télécoms et sécurité d’IDC ne peut que constater le comportement profane des utilisateurs “Les consommateurs s’attendent à un « anti-tout » performant qui les mettra à l’abri d’attaques. Pour autant la part des dépenses liées à la sécurité informatique dans un ménage est en baisse. Il est passé cette année à 3,4 % contre 5,4%“.

Du côté des entreprises, la situation est plus paradoxale. Les professionnels interrogés sur les risques de menace considèrent à 57 % que l’attaque par virus reste la plus dangereuse et la plus probable. Pourtant, le Cercle européen de la Sécurité et des Systèmes d’informations estime que 80 % des attaques sont d’ordre interne (vol d’informations par un employé, manque de politique de confidentialité, utilisation de matériel professionnel en dehors du travail…). De quoi faire passer des nuits blanches aux DSI.

Face à la menace, les solutions de sécurité font face à des réseaux de hackers et de pirates de plus en plus organisés. Principalement basés dans certains pays de l’ex-bloc soviétique ainsi qu’en Chine, ils agissent “en bande de crime organisé” selon les mots de François Paget, Secrétaire Général du Clusif et chercheur chez McAfee : “Désormais les réseaux sont véritablement organisés“. Il existe même des packs pour pirater un site à la demande. Il ajoute, “vous pouvez vous procurer très aisément un « Full infoz » qui vous procure toutes les informations sur une personne : n° de carte bancaire, de sécurité sociale, téléphone, adresse… Cette vente d’informations génère des sommes incroyables pour les pirates“. Une économie souterraine à laquelle les forces de gendarmerie font souvent face sans pouvoir réagir efficacement. En matière de course entre le gendarme et le voleur, Joël Ferry, Colonel de Gendarmerie et Commandant de la section Recherches de Versailles estime que “les services de l’Etat ne sont pas en mesure de réagir. Le nombre des fraudes a grimpé depuis l’avènement du haut débit et la coopération avec certains pays n’est pas des meilleures…“. Un constat rude surtout que dans un tiers des cas d’attaques contre une entreprise aucune plainte n’est déposée. AO: Olivier Robillart – Silicon.fr

Hexagone: Bakchich tire sur «Les petits trafics de la DST»

In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Non classé, veille on 3 juin 2008 at 3:43

A lire en complément de «Guerre économique, nouveau défi des services secrets en Afrique centrale» publié le 14 février 2008 et de «Peut-on démystifier l’intelligence économique ?» rédigé le 9 mars 2008 sur ce site par Guy Gweth; sans oublier des extraits de “Voyage au pays des barbouzes” de Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recassens in Le Point.fr.

«Les activités du contre-espionnage sont couvertes par le secret-défense, mais ça n’a pas empêché des flics de la DST de refiler à un détective privé des infos sur un Français proche de Roman Abramovitch, un oligarque russe, propriétaire du club de Chelsea. Aïe : la conversation téléphonique était écoutée…

«Un livre à paraître bientôt inquiète les flics de la DST, le contre-espionnage, comme les barbouzes d’agences de sécurité et d’intelligence économique ayant pignon sur rue, telles Kroll ou Geos. Un ancien gendarme, Patrick Baptendier, poursuivi par la juge de Versailles Magali Tabareau pour avoir farfouillé dans les fichiers de la police et revendu des informations comme des extraits de casier judiciaire ou des numéros en liste rouge, y raconte les petits trafics d’infos du contre-espionnage. Que la DST cherche à savoir ce que trament Kroll et les autres officines, c’est de bonne guerre. Quand le contre-espionnage dicte la conduite à tenir à ce privé et lui refile des informations confidentielles sur des personnes et des sociétés, la ligne jaune n’est pas loin d’être franchie […] Lire la suite sur Bakchich.info

Guerre économique: pourquoi et comment la Chine mise sur l’Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Stratégie, veille on 1 juin 2008 at 6:04

Ils construisent des immeubles en Algérie, extraient du pétrole au Soudan, font pousser du riz au Cameroun… En quelques années, les Chinois sont devenus omniprésents en Afrique. Serge Michel, ancien journaliste du Temps et de L’Hebdo, collaborateur au Monde, les a pistés durant plus d’un an en compagnie de Michel Beuret, journaliste à L’Hebdo, et du photographe Paolo Woods. Leur livre, «Chinafrique»*, témoigne de la formidable expansion de l’Empire du Milieu sur le continent Noir. Le Temps a interviewé Serge Michel:

-Comment a germé l’idée de ce livre?

Serge Michel: En octobre 2006, j’ai été reçu par le président de la Guinée, Lansana Conté. Il sortait de sa sieste et m’a parlé de la culture du riz, son obsession. C’est là qu’il a mentionné les Chinois, avec une remarque du genre: «Je leur ai donné un champ tout sec et vous devriez voir ce qu’ils en ont fait!» Il comparait leur attitude à celle des Blancs qui, dans son esprit, sont restés des colons qui veulent s’emparer des ressources de l’Afrique sans travailler. Cette idée que les Chinois mettent la main à la pâte impressionne fortement les Africains.

Dans l’antichambre qui menait au président, il y avait d’autres ministres qui m’ont tous parlé des Chinois. Celui des Mines m’a dit: cela fait 40 ans qu’Alcoa, Péchiney et les Russes exploitent notre bauxite et ne font rien d’autres que sortir le minerai, sans le raffiner pour en faire de l’aluminium. Les Chinois, eux, ont construit une mine, un barrage, une route, un chemin de fer, une usine de raffinage, le tout financé par leur banque pour l’import-export. En tant que dernière économie dirigée du monde, la Chine est aussi le dernier Etat à pouvoir aligner de la sorte banquiers et industriels pour réaliser de tels projets.

-Les Chinois auraient-ils trouvé la recette pour faire marcher l’Afrique?

-SM: Leur recette, c’est d’amener des ingénieurs payés 500 euros par mois alors qu’un Occidental en coûterait 15000. Là où un Français amènerait sa femme et ses enfants, aurait besoin d’une école internationale, d’une voiture de fonction et de vols réguliers vers l’Europe, le Chinois vient seul, dort dans son usine, sur une paillasse devant ses machines ou pas loin, et fait tous les métiers possibles – ingénierie, achat de pièces détachées, logistique etc. Pour eux, l’Afrique est une terre de promesse, non de ténèbres comme pour beaucoup d’Occidentaux. En Europe, un jeune diplômé de HEC aura envie de travailler à Londres. A quelques exceptions près, l’Afrique ne fait pas partie de son plan de carrière. Mais pour le Chinois, oui, parce qu’il pense qu’il va s’enrichir. Il investit, il prend des risques. Dans notre livre, nous parlons d’une biscuiterie au Nigeria qui n’a jamais été rentable. Les Chinois ont construit un immense hangar et accumulé des stocks de farine considérables. Leurs machines sont compatibles avec la chaîne de production anglaise des années 1950 qui se trouvaient dans l’usine. Leur technologie rustique est parfaitement adaptée aux installations qu’on trouve en Afrique.

-Cette présence obéit-elle à un plan visant à s’emparer de ressources naturelles, ou à conquérir une position stratégique?

-SM: C’est très difficile à savoir. Mais il y a quelques indices. La carte des investissements chinois recoupe à peu près celle des pays pétroliers. La majorité de leurs capitaux se concentre au Soudan, en Angola et au Nigeria. Le Congo-Kinshasa, avec 13 milliards de dollars d’investissements chinois, est une exception récente, mais il y a tellement d’autres ressources minières là-bas… En 1995, le Parti communiste chinois a donné l’ordre à ses entreprises de sortir du pays et de se mesurer à la compétition internationale. Beaucoup d’entre elles ont choisi l’Afrique, parce qu’elles peuvent y voir leurs concurrents à l’œuvre, les espionner, sans être trop jugées sur la qualité de leurs produits. L’Afrique est un terrain d’essai idéal pour des entreprises qui voulaient devenir globales et qui, un jour, viendront ici.

Deux autres facteurs ont accéléré cette évolution. D’abord, l’exigence de la Banque mondiale que tous les projets dans les pays qu’elle aide soient ouverts à des appels d’offres. Les Chinois gagnaient à tous les coups. Ensuite, les années 1990 ont été un grand moment de moralisme occidental envers les Africains. En 2002, l’Angola a demandé au FMI et à la banque mondiale d’organiser une conférence des donateurs pour sa reconstruction. Ces institutions ont refusé, au motif que le pays était corrompu et pas démocratique. L’Angola s’est donc tourné vers la Chine qui lui a prêté des milliards de dollars. Aujourd’hui, c’est un pays qui a le plus fort taux de croissance au monde – 23% en 2007 – et qui est très courtisé, comme le montre la visite de Nicolas Sarkozy à Luanda la semaine dernière.

-En Occident, les Chinois sont parfois considérés comme des sauterelles qui s’apprêteraient à saccager les merveilles naturelles de l’Afrique…

-SM: Je n’ai pas vu ça. Au Congo, j’ai vu des compagnies forestières chinoises dépasser leur quota, déborder leur concession, mais ce sont des coupes progressives, de deux ou trois arbres par hectare. Ce ne sont pas des coupes claires. Les Chinois ne sont pas en train de raser la forêt. Le principal problème est qu’ils ne nourrissent pas leurs bûcherons, qui sont obligés d’aller chasser dans la forêt de nuit pour s’alimenter. Cela dit, les compagnies occidentales ont déjà beaucoup coupé avant, donc nous sommes mal placés pour donner des leçons. En fin de compte, c’est aux Africains de savoir s’ils veulent conserver ou faire disparaître leur forêt. Mais les Chinois ne sont pas des sauterelles. Au contraire, ils sont très désireux de bien faire. Si les Africains leur imposent des règles, ils obéiront.

-Les puissances occidentales, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, assistent-elles passivement à l’irruption chinoise dans leur ancien pré carré?

-SM: Non. Il y a un renforcement global de la présence américaine en Afrique, avec le déploiement militaire dans le Sahara pour lutter contre Al-Qaida et le projet de commandement intégré AFRICOM, qu’ils veulent implanter en Afrique. Le discours des think-tanks à Washington, c’est que les Chinois peuvent être utiles au développement de l’Afrique, mais sur place, on constate que les diplomates américains sont obsédés par ce que font les Chinois et passent la moitié de leur temps à observer leurs activités. Ils sont extrêmement nerveux, même s’ils pensent qu’au fond, la Chine ne fait pas rêver les Africains, qu’elle n’est pour eux qu’un partenaire par défaut et que beaucoup de pays finiront par se tourner vers les Etats-Unis. Ces derniers ont d’ailleurs mis en place des programmes à long terme pour séduire les jeunes Africains.

Quant à la France, si elle a perdu beaucoup de terrain sur le plan économique – son commerce avec l’Afrique est de 55 milliards de dollars par an, contre 70 milliards pour le commerce sino-africain – elle a encore des entreprises très bien implantées comme Bolloré, Total, Bouygues ou Areva. Mais les Chinois sont utilisés pour leur faire peur. Au Niger, par exemple, le gouvernement leur a donné quelques contrats et a expulsé le directeur local d’Areva, ce qui a forcé cette société à doubler le prix de son offre pour un gros gisement d’uranium. Les Chinois ont servi d’épouvantails. Lorsque les Français se maintiennent, c’est souvent à des conditions moins avantageuses qu’avant.

-Est-ce que l’Occident, en redoutant une mainmise chinoise sur l’Afrique, n’est pas en train de se refaire le vieux film du «péril jaune»?

-SM: Toute la question est de savoir si les Chinois vont aider l’Afrique à se développer. C’est vrai que la psychose anti-chinoise est forte en ce moment, mais l’Occident a commis tellement d’erreurs en Afrique qu’il faut leur laisser cette chance. La présence chinoise a beaucoup d’aspects positifs. Lorsqu’elle réalise un projet, la Chine paie et construit derrière, ce qui réduit la corruption. Avant, les prix des projets triplaient entre leur conception et leur réalisation: avec les Chinois, ça ne marche plus comme ça. Et puis, il y a les infrastructures. En six mois, la Chine peut envoyer 2000 ouvriers dans un pays et y construire 700 kilomètres de routes. C’est le seul Etat au monde à pouvoir, comme en Algérie, déployer jusqu’à 13000 ouvriers sur un chantier d’autoroute. La Chine a cette dimension, elle est à l’échelle du continent africain, colossale.

* La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, Serge Michel, Michel Beuret, photographies de Paolo Woods, Paris, Grasset, 2008.

Afrique, intelligence économique et coopération nord-sud

In Débat, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie on 28 mai 2008 at 7:37

Tout au long de son histoire, l’Afrique a adhéré à la quasi totalité des offres de coopération que lui proposait l’étranger, et l’Occident en particulier. Non sans regrets. Il en fut ainsi des grands épisodes tels que l’esclavage et l’évangélisation, les guerres mondiales et la guerre froide, l’humanitaire et la dette, le commerce et la diplomatie; aujourd’hui, l’intelligence économique.

A chacun de ces rendez-vous historiques, les Africains servirent -entre autres- de cobayes, de marionnettes, d’idiots utiles, de chair à canon ou de vache à lait. De cette kyrielle d’épisodes, l’Afrique sortit trahie, exsangue, en retard, dépendante et humiliée. Peu à peu, l’idée que dans sa grande bonté l’Eternel créa une Afrique naïve, suiviste et généreuse pour servir de souffre-douleur à un monde impitoyable cessa d’être un simple trait d’humour blanc.

L’extraordinaire évolution du monde ces 50 dernières années a radicalement changé les paradigmes et creusé de nouveaux champs de bataille. La ruée vers les matières premières africaines, les rivalités entre l’Asie et l’Occident, la globalisation des échanges, la prise de conscience de jeunes africains et le management stratégique de l’information… ouvrent des brèches inespérées pour le continent noir, malgré son retard technologique. Et voici de nouveau, tel un vieux serpent de mer, le passé qui ressurgit: les alliés d’hier nous proposent la coopération en matière d’intelligence économique oubliant que leur ardoise regorge de dettes morales non soldées. Avec les mêmes expédients, on nous caresse dans le sens du poil. Nos futurs cadres sont cueillis dans les universités étrangères et conviés au bal des Judas. Des filles et fils de dirigeants non avisés sont tamponnés dans leurs clubs préférés. Et, signes d’hérédité, des patrons africains de l’ancienne génération en viennent à croire que leurs meilleurs concurrents leur offriront des armes pour se battre librement dans une compétition ouverte, sans précédent, et à l’issue incertaine : la guerre économique.

Comme des griots éternels, nous n’aurons de cesse de sensibiliser et de prévenir la jeune génération de décideurs et d’opérateurs économiques africains. Le patriotisme économique est l’âme de l’intelligence économique et la compétition en est l’esprit. Nos entreprises, nations, sous-régions et région se doivent d’abord d’écrire leur propre partition compétitive et stratégique pour pouvoir ensuite coopérer en bonne intelligence avec l’étranger. Pas avant !

L’Afrique n’a jamais été aussi seule que lorsqu’elle est se sait entourée d’amis. La preuve par l’Histoire.

Guy Gweth

Stratégie internationale: Tokyo double son aide à l’Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Soft Power, Stratégie on 28 mai 2008 at 5:05

Lors de son discours d’ouverture de la 4e conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), à Yokohama, le Premier ministre japonais a promis de doubler l’aide de son pays au continent africain. Les dirigeants de 52 pays africains sont présents à cette conférence qui s’ouvre dans un contexte de rivalité entre la Chine et le Japon en Afrique.

«La deuxième puissance économique du monde ne peut pas observer les bras croisés la politique chinoise en Afrique.» C’est en ces termes qu’un haut responsable des Nations unies résume l’enjeu de cette conférence. Les Japonais ont un double objectif: d’abord stratégique, l’économie japonaise ne peut pas se désintéresser des matières premières africaines ; ensuite diplomatique, les Japonais savent que le soutien de l’Afrique est primordial s’ils veulent un jour occuper un siège permanent au Conseil de sécurité. Ils souhaitent d’ailleurs inscrire la question de la réforme des Nations unies à l’ordre du jour de cette conférence.

Pour démontrer que le continent africain est désormais une priorité, le Premier ministre japonais a officiellement annoncé, ce mercredi, le doublement de l’aide publique au développement destinée à l’Afrique, elle devrait passer de 580 millions d’euros par an aujourd’hui, à 1,16 milliard d’euros en 2012.

Cela dit les Japonais avancent prudemment, cette prudence se manifeste par la volonté de privilégier le multilatéral au détriment du bilatéral. L’aide japonaise passe essentiellement par le canal des Nations unies et de la Banque mondiale qui participent d’ailleurs à l’organisation de cette conférence, une approche totalement différente des Chinois qui, eux, traitent directement avec les Etats. (é) JK Fall, Rfi.

Guerre économique: l’Allemagne met ses entreprises en garde contre l’espionnage

In Espionnage économique, Guerre économique, Sécurité on 20 mai 2008 at 6:10

Un rapport des services de renseignements allemands met en garde les entreprises contre les espions venus de Chine et de Russie.

Les entreprises allemandes sont de plus en plus menacées par l’espionnage industriel. Dans leur rapport 2007 rendu public la semaine dernière, les services de renseignements intérieurs allemands mettent en garde les multinationales comme les petites et moyennes entreprises (PME). Pour espionner une entreprise, il suffit d’un stagiaire zélé. La Russie et la Chine sont expertes dans l’envoi de taupes «non professionnelles». «Nous remarquons l’existence d’efforts grandissants pour se procurer du savoir-faire venu d’Allemagne de façon illégale», a précisé le président des services de renseignements intérieurs, Heinz Fromm.

Deux catégories de pays s’intéressent au savoir allemand. Les États dont le développement industriel est déjà abouti sont à la recherche d’informations concernant les stratégies économiques. Les autres, plus en retard sur le plan technologique, veulent connaître les secrets des produits. Stagiaires, étudiants, scientifiques et espions classiques sont mis à contribution. Les nouvelles technologies gagnent également du terrain. «Les attaques sur Internet représentent actuellement la menace la plus dangereuse», souligne le rapport des services allemands. Selon les experts, «la plupart des agressions électroniques détectées en ce moment prennent leur source en Chine », premier partenaire de l’Allemagne en Asie.

Parmi les secteurs touchés, l’automobile figure en bonne place. Les énergies renouvelables, les technologies de la communication ou encore la chimie sont également dans le collimateur «des services secrets étrangers et aussi des entreprises concurrentes», indique le rapport des services secrets allemands. Prétextant un nombre incertain de cas, les autorités fédérales se refusent à chiffrer l’ampleur du phénomène. Les estimations des experts sont variables. Dans l’ensemble, ils évaluent les dommages subis par les entreprises du pays plus de vingt milliards d’euros par an. (é) Figaro.

Infoguerre: 1000 blogueurs pour relooker l’Afrique Noire

In Guerre de l'information, Guerre économique, Non classé, Soft Power, Stratégie on 16 mai 2008 at 7:27

Le terrible drame qui frappe le peuple birman depuis quelques jours est inénarrable; même si l’on s’efforce de le décrire pour informer, mobiliser, apprendre, comprendre, agir et dire notre solidarité à ceux qui restent. Car chaque matin, comme si de rien n’était, un nouveau jour en partance pour l’avenir vient chercher les vivants. Plusieurs leçons en découlent pour les politiques, les journalistes, les experts du droit humanitaire, les économistes… et bien sûr la communauté de l’intelligence économique et stratégique. Parmi les leçons les plus frappantes: le fait que les 1ères images du cyclone Nargis nous sont parvenues grâce aux blogueurs, contournant ainsi la terrible chape de plomb imposée par la junte militaire au pouvoir.

Non loin de là, lourdement éprouvée par la nature elle aussi, la Chine a été écorchée quelques jours auparavant, lors du passage de la flamme olympique dans les capitales occidentales. Mais Pékin ne s’est pas laissé faire. A la six-quatre-deux, une stratégie asymétrique d’infoguerre a été déroulée en contre-offensive à la charge des médias occidentaux. D’après la Strategic Planner Carine Senft-Gouin, « Internet et le téléphone mobile ont été les canaux majeurs de diffusion de la propagande [...] Un marketing viral bien rodé. Les jeunes Chinois affichaient leur patriotisme en mentionnant l’adresse du site sur leurs MSN [...] Une mobilisation qui voit émerger une armée de cyber-citoyens organisés, maîtrisant à la perfection l’animation de communautés virtuelles et les messages politiques simples, directs et fédérateurs.»

A l’autre bout du monde, après le rêve que nous fit vivre « él líder máximo de la Revolución Cubana », la jeunesse cubaine a besoin d’un grand bol d’air aujourd’hui. Et si à Pyinmana, Pékin ou à la Havane, l’autoritarisme règne, c’est encore dans ces trois capitales que brûle le désir le plus ardent de se battre intelligemment pour la Liberté ici et la Fierté nationale là-bas. Via la blogosphère, les jeunes Birmans, Chinois et Cubains on décidé de porter leur bataille sur la plus grande place publique du monde: internet. La plus célèbre de ces e-caballeros, la cubaine Yoani Sanchez, 32 ans, a été classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde par Times Magazine et auréolée du prix Ortega et Gasset il y a quelques jours. C’est cette génération de combattants de la toile que j’appelle la jeunesse africaine à benchmarker afin de modifier les perceptions du monde sur l’Afrique.

Il n’aura pas échappé aux pèlerins du Berceau de l’Humanité qu’en dépit du dénuement matériel qui asphyxie certaines populations comme ailleurs sur la planète ; la simplicité, la solidarité, le sourire et la joie de vivre l’emportent sur toute autre considération. Bien sûr, vous allez me demander pourquoi nos jeunes quittent le continent par milliers, pourquoi nos leaders préfèrent investir ou thésauriser à l’étranger, pourquoi notre continent ne profite pas encore assez des délocalisations ?… La réponse -au delà des problématiques que nous traitons habituellement sur ce site- réside pour partie dans la perception négative que les Africains se laissent imposer par les appareils de guerre médiatique étrangers, leurs relais en Afrique, et surtout par leur propre passivité. En conséquence, le continent regorge de combattants qui manquent d’esprit de conquête et d’ennemis extérieurs, de magiciens qui jouent au « rien pour tous et tous pour rien », de tacticiens qui manquent de stratégie globale, d’une armée d’internautes qui s’amusent sur la toile sans s’imaginer qu’ils manipulent-là les armes du présent et du futur, celles de la bataille pour l’image, l’image d’un peuple debout, un peuple qui veut et va s’en sortir. La réalité est l’enfant naturel de la perception. Pendant des générations, on nous a appris à tendre la main, à baisser la tête pour obéir, à lever « les yeux vers la montagne d’où viendra le salut », à demander « un plan Marshall pour l’Afrique »… Aucun discours ne nous a expliqué comme l’ex-ministre Hubert Vedrine que la « communauté internationale » est un effet de style, que la compétition mondiale est une lutte violente et sans merci, qu’il ne faut jamais attirer l’apitoiement sur soi et que le père Noël n’est que le héros d’une merveilleuse storytelling qui fait rêver les enfants une fois par an.

Grâce à la mondialisation de l’information et l’éclatement des vérités, les jeux sont à nouveau ouverts, l’heure est plus que jamais à l’engagement collectif auquel appelait déjà le Rvd Martin Luther King. Et la victoire de l’Afrique nouvelle passe par le regard chaud qu’elle porte sur elle-même, ce minimum d’amour-propre qui force le respect des autres. Avec 1000 blogs patriotes, nous devenons les vrais « enfants soldats » -qui, en benchmarkant les jeunes Birmans, Chinois et Cubains et en y ajoutant notre génie propre- sommes capables de relooker l’image du continent et de faire bouger les lignes de l’histoire d’un clic individuel, prix d’une intelligence collective active. Souvenons-nous des contes héroïques de nos lointains ancêtres et leur morale sous-jacente: une victoire se gagne ou se perd d’abord dans la nuit (du virtuel) avant de s’imprimer au grand jour. Toi qui viens de lire, hâte-toi pendant qu’il fait nuit, de peur qu’au lever du jour l’Afrique ne soit pas debout ! Guy Gweth

Fonds souverains, nouveaux maîtres de la finance mondiale

In Débat, Guerre économique, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie, veille on 16 mai 2008 at 6:51

En 2007, les fonds souverains ont accumulé 3500 milliards $US de réserves, un chiffre en hausse de 24 % par an au cours des trois dernières années, d’après le cabinet d’analyse américain Global Insight.

A ce rythme, le volume de ces fonds d’investissements pourrait dépasser le produit intérieur but (PIB) des États-Unis en 2015, et celui de l’Union européenne, d’ici 2016. Ce gonflement intervient alors que les économies émergentes, aux ressources financières dopées par la flambée des prix du pétrole et des matières premières, investissent de plus en plus à l’étranger pour s’assurer de meilleurs retours sur investissements.

Global Insight souligne que, forts de leur puissance, les fonds souverains modifient les liens traditionnels entre pays riches et pays en développement. «Armés de tels montants de liquidités qu’ils n’ont pas à rembourser, les fonds souverains sont les nouveaux maîtres de cérémonie de la finance où ils prennent la place des hedge funds et autre fonds d’investissement, et outrepassent les banques centrales dans leur rôle de prêteurs internationaux de dernier ressort», a estimé Jan Randolph, responsable du risque souverain, à Global Insight. Selon la firme, les fonds souverains ont injecté 80 milliards dans le secteur bancaire aux États-Unis en 2007. À l’échelle mondiale, 93 % de leurs investissements ont été dirigés vers le secteur financier occidental.

Le générateur de fonds souverains le plus puissant est la Chine, avec environ 1200 milliards $US, suivie par la Russie et le Koweït, selon Global Insight. Au cours des cinq dernières années, les puissances en plus fort développement dans ce domaine ont été le Nigeria (+291 %), Oman (+256 %), le Kazakhstan (+162 %), l’Angola (+84 %), la Russie (+74 %), et le Brésil (+65 %). Au mois de janvier 2008, le montant total des acquisitions réalisées par des fonds souverains s’est élevé à 20,6 milliards, soit près du tiers des opérations de fusion-acquisition faites par de tels fonds sur l’ensemble de 2007. Les fonds souverains représentent 35 % des fusions et acquisitions mondiales en 2007 et 28 % de celles réalisées aux États-Unis en janvier 2008.

La montée en puissance de ces fonds qui suscitent de l’espoir en Afrique inquiète évidemment les pays occidentaux. Récemment, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission européenne se sont mobilisés pour recommander plus de transparence dans leur fonctionnement et leurs stratégies d’investissement. Certains accusent ces fonds d’être en effet des outils au service d’intérêts politiques des Etats dont ils émanent et non pas des investisseurs tournés uniquement vers la recherche de profits financiers. Rudes batailles en perspective.

Guy Gweth

Après croisement des données fournies par : l’Afp, Rfi, Ledev & Global Insight/.

Agences d’IE : Paris veut faire le ménage

In Communication d'influence, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 13 mai 2008 at 12:54

Au ministère de l’Intérieur, le message est clair : «T out ce qui ressemble de près ou de loin à une officine ou à de la “ barbouzerie ” va être combattu avec la plus grande fermeté», prévient-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Dans la plus grande discrétion, la Place Beauvau planche sur une opération «mains propres». Une très officielle procédure d’agrément délivré par l’État serait imposée aux sociétés, mais aussi à la nuée de «consultants» gravitant autour d’elles. Cette licence individuelle pourrait être délivrée au terme d’une enquête associant la future direction centrale du renseignement intérieur, englobant l’actuelle DST, et les Renseignements généraux… Lire l’article de Christophe Cornevin et Mathieu Delahousse in le Figaro.fr

La France a son service de contre-espionnage économique

In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Non classé, Stratégie, Sécurité, veille on 5 mai 2008 at 5:28

L’organigramme de la DCRI a été diffusé fin avril aux responsables de cette nouvelle direction du ministère de l’Intérieur, qui fusionne les RG et la DST. Principale nouveauté, la création d’un service de contre-espionnage économique.

Tous les chefs de service des Renseignements généraux et de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont reçu, fin avril 2008, un document barré du tampon secret-défense et soigneusement numéroté, pour éviter toute fuite malveillante. Ce document présente le nouvel organigramme de la future Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui, le 1er juillet 2008, fusionnera la DST et les Renseignements généraux (RG), au sein du ministère de l’Intérieur.

Selon des informations recueillies par latribune.fr, la principale nouveauté concerne l’un des sept grands services, la puissante sous-direction chargée de la protection des entreprises, avec la création en son sein d’un service de “contre-ingérence”, en clair de contre-espionnage, chargé de lutter contre l’espionnage industriel. Curieusement, cette sous-direction, qui existait déjà à la DST, ne disposait pas d’agents spécifiquement dévolus à la lutte contre l’espionnage industriel. Elle regroupait, notamment, un service de relation avec les entreprises, chargé de les informer sur les éventuelles menaces qui les guettent, avec une vingtaine de fonctionnaires suivant chacun un secteur spécifique. Un autre service était chargé de suivre les officines d’intelligence économique. Or, plusieurs affaires, certaines très médiatisées, comme celle de la stagiaire chinoise employée par le groupe Valéo, et d’autres tenues secrètes montrent, s’il en est besoin, que les nouvelles menaces se trouvent, après le terrorisme, sur le terrain économique.

Avec ce nouveau service, la sous-direction protégeant les entreprises, dirigée par le contrôleur général Gilles Gray, va donc, dès le 1er juillet, pouvoir réellement traquer les espions industriels pillant les technologies les plus sensibles. Ses agents, des spécialistes rompus aux techniques de contre-espionnage, ont été soigneusement formés aux spécificités de l’action dans l’univers économique et financier, bien différente du contre-espionnage traditionnel (…) Source: La Tribune

Le storytelling ou la magie du soft power narratif: ouvrage

In Communication d'influence, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie on 20 avril 2008 at 11:10

L’article « intelligence économique et bataille pour le contrôle mental » édité sur ce site le 05 mars 08 a été lu plus d’un demi millier de fois à ce jour. A la suite de sa publication, vous êtes quelques uns à avoir écrit pour nous transmettre vos impressions. Ainsi en va-t-il par exemple du gendarme retraité Pierre B., pour qui « le grand public n’a pas nécessairement besoin de savoir tout cela… » ou encore de Léa-Marie, cette pharmacienne grenobloise de 27 ans qui trouve « effrayant que les individus ayant de telles connaissances pour manipuler le public soient laissés en circulation, sans surveillance. » Dans votre grande majorité, vous demandiez grosso modo si l’Afrique Noire allait rester la cage d’escalier d’un monde obligé à la guerre cognitive. Tout en vous remerciant, c’est à toutes et à tous qu’en guise de réponse, nous dédions Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits paru en 2007 aux éditions La Découverte sous la plume bien intelligente de Christian Salmon du CNRS.

Pensées particulières

Evidemment qu’au moment de recommander cet ouvrage, des pensées particulières vont à l’élite africaine, consommatrice boulimique des boîtes de conserves mentales produites par les stratèges du soft power (souvent inspirés par la magie de nos griots), et si savamment distillées à travers l’éducation, la religion, la radio-tv, le cinéma, internet, le roman, la bande dessinée, le théâtre ou le discours politique.

Et pour tout vous dire,

Lorsqu’on tente une analyse prospective -à moyen terme- de l’intelligence économique et stratégique, on ne peut nier que dans les 10-15 ans à venir, des logiciels toujours plus intelligents (réf: sigint) s’empareront des activités de veille quasi in extenso, que la sécurité informatique prendra du galon de manière exponentielle, que le renseignement humain (humint) fera la différence entre les meilleurs, qu’à l’image du Chessmaster pour les jeux d’échecs, la prise de décision dans les grands groupes sera assistée par ordinateur et que l’essor des technologies comportementales tirera inexorablement la discipline vers le haut. Nul doute qu’en 2015 déjà, au moment d’évaluer les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), tandis que l’élite financière juchée au sommet de l’échelle de Maslow déboursera des sommes faramineuses pour un voyage dans l’espace, les spin doctors quant à eux, seront encore prêts à consentir des hypothèques inattendues pour des placements sûrs dans le Wall Street du contrôle mental. Et pour cause, sous peu, la grande guerre économique (dont les cibles stratégiques sont localisées dans la tête et le cœur du consommateur) aura pour principaux champs de bataille l’ego, la fibre et le neurone. Bonne lecture à tous !

Guy Gweth

Extrait de la quatrième…

« Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux Etats-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appellation anodine de « storytelling » : celui-ci est devenu une arme aux mains des « gourous » du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi à l’ombre des campagnes électorales victorieuses (…) se cachent les techniciens sophistiqués du storytelling management ou du digital storytelling… ».

La flamme olympique menace de brûler les intérêts français en Chine

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 17 avril 2008 at 5:14

L’article de Miryam Berber ci-après vient étayer l’analyse que nous faisions le 8 avril 2008 in « JO 2008 : la confrontation entre la Chine et l’Occident s’enflamme à Paris ». Nous vous confiions à l’occasion que les Chinois accusaient le coup des déboires subits par la précieuse flamme olympique à Paris, mais qu’ils avaient de la mémoire.

Les faits que relate Miryam corroborent –en était-il besoin ?- la rupture des frontalières qui pouvaient jadis exister entre le jeu politique inter-étatique, la marge de manœuvre des opérateurs économiques et les activités de la société civile (pour nous en tenir au cas qui nous intéresse). La propagation contagieuse de phénomènes éthiques, sociaux, diplomatiques, religieux, environnementaux et scientifiques… au champ économique via les autoroutes de l’information tend à en systématiser l’effet domino. L’âpreté de la concurrence internationale s’y prête. Au sommet des Etats, cette complexité managériale inhérente au changement actuel de paradigmes nécessite une expertise transversale qui fait encore défaut aux personnels politiques.

Après le boycott en janvier-février 2006 des produits danois (de chez Arla Food notamment, qui perdit jusqu’à 1,34 million d’euros par jour durant la crise) dans les pays arabo-musulmans suite à la publication des caricatures de Mahomet, les menaces qui pèsent sur les intérêts français en Chine confirment notre thèse sur l’urgence de l’Etat moderne à définir une stratégie de communication globale. Elle seule peut intégrer la pluralité des sensibilités, des minima émotionnels, tout en privilégiant la « sécurité économique», pour paraphraser nos amis japonais. Mon rêve et mon espoir sont que l’ensemble des États de la zone CEMAC s’en inspire, au plus tôt ! Guy Gweth

L’article de Miryam Berber:

[En réponse aux manifestations lors du passage de la flamme olympique à Paris, les internautes chinois appellent à boycotter les grandes marques françaises. Le distributeur Carrefour, mais également le groupe de luxe LVMH, sont actuellement la cible d’une campagne sur la toile chinoise. Les deux groupes sont accusés de soutenir le Tibet financièrement. Pour l’heure, le gouvernement chinois s’est abstenu de toute condamnation.

Fiasco du parcours de la flamme à Paris, éventuelle absence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des JO, mobilisation des athlètes français en faveur du Tibet… toutes ces actions pourraient jouer en défaveur des intérêts français en Chine. Première entreprise visée : le géant de la distribution Carrefour, présent en Chine depuis plus de 10 ans, avec 122 hypermarchés et 280 magasins de hard-discount. Depuis deux semaines, des militants anonymes appellent au boycott de la chaîne de supermarchés, qu’ils accusent de soutenir les milieux favorables à l’indépendance du Tibet.

Forums de discussions, chats en direct, sites internet, blogs, boîtes mail ou bien encore SMS… tous les moyens sont bons pour appeler les Chinois à ne plus faire leurs courses dans les enseignes Carrefour, à partir du 1er mai. Un autre boycott est proposé à partir du 8 mai, soit trois mois avant l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin le 8 août prochain. « Le peuple français et le gouvernement français ont méprisé le sérieux de la flamme olympique et les sentiments du peuple chinois, la Chine ne peut pas être insultée », peut-on lire sur plusieurs sites web […]

Les tensions actuelles entre la France et la Chine en raison du Tibet et des JO commencent à inquiéter les entrepreneurs français à Pékin, même s’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de ce mouvement de contestation. Certains attendent un geste des autorités chinoises. Pour l’heure, le gouvernement chinois s’est, pour sa part, abstenu de condamner ces appels au boycott. « Je crois que certains citoyens chinois ont exprimé récemment leurs opinions et leurs émotions personnelles. Nous espérons que la partie française est en mesure d’écouter les voix du peuple chinois en ce qui concerne les problèmes récents et d’adopter une position objective » a estimé, mardi, Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Avant d’ajouter que « l’amitié franco-chinoise nécessitait des efforts des deux parties ». ]

La mention « SCIP » de GwethMarshall expliquée au public

In Brève, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Lobbying, Management de l'information on 13 avril 2008 at 1:47

Depuis quelques jours, vous êtes de plus en plus nombreux à nous demander la signification du logo « SCIP » ci-contre, présent sur l’ensemble de nos plaquettes et site internet. Fidèle à notre politique de communication, nous vous livrons ici, en quelques lignes, le contenu et la raison d’être de cet insigne qui a récemment épousé la charte graphique de l’Agence GwethMarshall Consulting.

Bref rappel

La Society of Competitive Intelligence Professionals (SCIP) est la première et la plus puissante organisation mondiale de professionnels de l’intelligence compétitive. Elle a été créée en 1986 à Washington, DC et regroupe à ce jour plus de 3400 professionnels de plus de 50 nationalités. Son siège social est basé au 1700 Diagonal Road, Suite 600 Alexandria, dans l’Etat de Virginie aux Etats-Unis. Elu pour un mandat de trois ans, son président actuel est Joseph Goldberg de Motorola, Inc.

Raison d’être

Membre de la SCIP depuis 2007, c’est le 11 février 2008 que Guy Gweth, fondateur de GwethMarshall Consulting a été officiellement autorisé à se prévaloir du logo « SCIP ». Nos tractations avec la maison-mère de Virginie devraient déboucher prochainement sur la création d’une branche « SCIP » pour les six pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale)*** que nous couvrons.

Contenu

« SCIP » est plus qu’une simple abréviation. C’est un label d’excellence qui apporte à chacun de nos clients la garantie d’un service de grande qualité sur les plans professionnels et éthique. Il est à la fois la marque d’une reconnaissance, celle de nos pairs ; mais aussi et surtout une exigence, celle d’assurer à nos partenaires des services d’un niveau irréprochable. Il en va de la crédibilité et du respect de la très prestigieuse institution qui l’octroie. Tout savoir sur GwethMarshall Consulting.

***CEMAC: Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, et Tchad.

Mains invisibles: Tibet, le « Grand Jeu » et la CIA

In Guerre économique, Stratégie, Sécurité on 13 avril 2008 at 11:29

Etant donné le contexte historique de l’agitation au Tibet, il existe une raison de croire que Beijing a été pris par surprise lors des manifestations récentes pour la simple raison que leur planification a eu lieu en dehors du Tibet et que la direction des manifestants est aussi entre les mains d’organisateurs anti-chinois, qui se trouvent en sécurité et hors de portée, au Népal et en Inde du Nord.

Par Richard M Bennett / Sources : Centre de Recherches sur la Mondialisation

De même, le financement et le contrôle général de l’agitation sont liés au dirigeant spirituel tibétain, le Dalaï Lama, et par voie de conséquence à la CIA, à cause de la coopération rapprochée du Dalaï Lama avec le renseignement US depuis plus de 50 ans.

Effectivement, compte tenu de l’implication profonde de la CIA avec le Mouvement Free Tibet (Mouvement Liberer le Tibet) et son financement de Radio Free Asia suspicieusement bien informée, il semble peu probable que toute révolte puisse avoir été planifiée ou puisse avoir eu lieu sans que le National Clandestine Service ( Service National Clandestin auparavant connu sous le nom de Directorate of Operations – Directoire des Opérations), qui se trouve aux quartiers généraux de la CIA à Langley, n’en ait eu au préalable connaissance.

L’ex-haut responsable des services secrets indou et journaliste respecté, B Raman, a fait le 21 mars le commentaire suivant : « sur la base de preuves disponibles, c’est raisonnablement possible d’affirmer avec conviction que le soulèvement initial à Lhasa le 14 mars a été pré-planifié et bien orchestré. »

Lire la suite in Mondialisation.

Jeux et opérations d’information: quand l’Afrique s’éveillera…

In Benchmarking, Guerre de l'information, Guerre économique, Stratégie, veille on 10 avril 2008 at 7:27

L’utilisation spectaculaire des valeurs de l’olympisme au discrédit de la Chine est une preuve nouvelle qu’une stratégie d’information (ou de désinformation) bien menée, a en ce début de 21è siècle, un impact démultiplié.

Qui aurait pensé il y a seulement 10 ans, que le simple fait de manifester à côté d’un symbole aussi fort que la flamme olympique, pourrait mettre la Chine, puissance montante, dans une situation aussi délicate sur la scène internationale. Même Alain

Peyrefitte auteur du mémorable “Quand la chine s’éveillera” n’y aurait pas pensé, et le cœur de Pierre de COUBERTIN a bien dû se serrer un peu au vu des événements.

La caisse de résonance générée par le relais des ONG sur les 5 continents, est un outil efficace d’intelligence économique parmi d’autres. La bataille médiatique ne fait que commencer et la Chine va devoir tenir compte des réactions des autres nations. Une nouvelle fois dans l’histoire des jeux, comme Jesse OWENS, Tommie SMITH, John CARLOS, le pouvoir médiatique des jeux impose au monde de voir la réalité d’une population, et de se positionner. Les sponsors devront maintenant réfléchir avant de dépenser des milliards d’euros pour associer leur image à celle de la fraternité sportive. Les Pays Africains dits en Voie de Développement (si tant est que cette catégorisation soit probante*) ne verront pas passer la flamme. Tout comme les pays d’Océanie (Papouasie, Salomon, Fidji, Nouvelle-Guinée, Timor, etc.) qui essaient de se faire une place timide sur le marché économique mondial. Ils découvrent ainsi que la modernité, les médias, et des outils comme l’intelligence économique, peuvent leur servir. Ils peuvent se faire connaître, creuser leur sillon dans les méandres des flux économiques internationaux, et sortir de l’assistanat des institutions mondiales, pour acquérir une indépendance économique. Qu’ils retiennent la leçon. Leurs athlètes pourraient aussi un jour avoir des messages à envoyer au monde.
Souhaitons toutefois que le discrédit temporaire qui entache la Chine à travers l’épisode de la flamme olympique, sera limité et ne gâchera pas les heures de souffrance des sportifs à l’entrainement, le travail des artistes qui ont dessiné flambeau, logos, et autres motifs festifs qui devaient donner un air de fête à l’événement.

Par Marc-Hervé Blanchet, Ingénieur, Ancien de l’Ecole de Guerre Economique

* Développement selon Muhamad YUNUS : “Déterminé par le revenu réel par
habitant de la moitié de la plus pauvre d’une population”

Intelligence économique et protection de l’info stratégique

In Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 8 avril 2008 at 6:56

L’information est devenue stratégique pour devancer la concurrence ou décrocher de nouveaux marchés. Gérer et protéger cette information constitue un nouvel enjeu : c’est l’intelligence économique (IE). Entre espionnage industriel et OPA hostile, nos entreprises sont-elles vulnérables? Que doivent-elles protéger et comment s’y prendre?

Les exemples de la stagiaire chinoise soupçonnée d’espionnage industriel chez Valeo ou du vol d’un pneu Michelin sur un rallye au Japon ont mis en lumière la notion d’intelligence économique en France. Une découverte pour le grand public mais aussi pour nombre d’entrepreneurs français totalement étrangers à cette notion stratégique. L’intelligence économique (IE), kezako ? Les définitions diffèrent mais on peut comprendre cette problématique comme la maîtrise et la protection de l’information stratégique utile aux décideurs économiques. Seulement voilà, en même temps qu’ils permettaient de découvrir ce nouvel enjeu économique, ces exemples les plus connus de l’IE ont desservi sa vulgarisation dans les PME.

« Les barbouzeries c’est fini »

« Beaucoup confondent encore l’IE et l’espionnage. Les affaires médiatisées ont entretenu le fantasme de l’espion et des écoutes téléphoniques dans le monde économique. Aujourd’hui, les chefs d’entreprise doivent savoir que l’époque des barbouzeries est terminée. Il y a une nouvelle génération d’experts qui n’est plus issue des services de renseignements mais qui est formée à l’IE », indique Hervé Chevallier, responsable de Covigilance, cabinet de conseil en ingénierie de veille. L’intelligence économique n’est donc pas réservée aux seules multinationales mais les PME, tous secteurs confondus, doivent l’intégrer à leur réflexion pour protéger leur patrimoine. En 2006, une étude des Renseignements généraux révèle que 75 % des entreprises françaises visées par une attaque extérieure comptent moins de 500 salariés. Les différents acteurs de l’IE sont catégoriques : au sein des entreprises, la faille est d’abord humaine. Pour Gilles V (*), officier des RG, « les chefs d’entreprise français sont naïfs. Dans les entreprises, la menace, ce n’est pas l’espion mais la négligence : ne pas fermer ses bureaux ou ne pas détruire les documents confidentiels. On se rend compte qu’il est souvent plus facile d’obtenir le mot de passe d’un ordinateur que la carte d’accès à la cantine de l’entreprise ! C’est inquiétant, car certaines PME se font véritablement dépouiller ». Un alarmisme partagé par Bernard Lage, gérant de Geos Business Intelligence, filiale IE du Groupe Geos, pour qui « certains pays sont à l’affût de nos technologies. Et si les entreprises françaises ne se protègent pas, elles risquent de perdre leur rang ». Le signal d’alarme est donc tiré depuis quelques années. Pragmatisme et bon sens seront le plus souvent vos deux principaux alliés pour prévenir une menace qui est de moins en moins hypothétique.
(*) Le prénom a été modifié pour préserver son anonymat.

Des “James Bond” d’un nouveau genre

L’intelligence économique (IE) a emprunté son nom et certaines de ses méthodes à l’espionnage à la James Bond. Enseignée dans les universités en Europe, aux États-Unis et depuis peu en France, elle s’en est éloignée à grands pas ces dernières années et a acquis ses lettres de noblesse dans les entreprises.

« Cellules de veille »

Ces « James Bond » sont désormais des ingénieurs ou des commerciaux chargés de la collecte et de l’exploitation d’informations publiques glanées dans les publications scientifiques, les revues spécialisées, les rapports annuels, etc. Même si certaines entreprises, américaines notamment, continuent à accorder primes et promotions à des chasseurs d’informations. La mission de ces cadres, constitués en « cellules de veille » stratégiques pour suivre au plus près leurs concurrents, s’étend aussi au traitement, à la diffusion et la protection des informations utiles à leur entreprise, lui permettant de rattraper ou de creuser un avantage concurrentiel et d’assurer ainsi sa survie dans un univers concurrentiel impitoyable.

Les PME pénalisées

Les petites et moyennes entreprises sont les plus pénalisées dans cette course effrénée à l’information, nerf de la guerre économique. Certaines sont pillées à leur insu, le dépôt d’un brevet n’étant plus une garantie tous risques contre la contrefaçon dans un système mondialisé. La plupart découvrent à peine la nouvelle culture de l’intelligence économique, qui passe aussi par la maîtrise des autoroutes de l’information et en particulier d’Internet.

Entre vrais experts et faux spécialistes

Le domaine de l’intelligence économique est relativement neuf en France mais beaucoup cherchent à en tirer profit. C’est le cas de personnes issues des milieux de la sécurité (détectives privés, agents de sécurité, militaires, etc.) qui s’improvisent experts en IE et discréditent les vrais professionnels. « Le problème, c’est qu’il n’y pas encore d’ordre professionnel dans ce domaine et n’importe qui peut monter son cabinet », précise Gille V, officier des RG. La Fépie (Fédération des professionnels de l’IE) tente pourtant de définir les règles de fonctionnement de la profession. L’IE nécessite une vraie expertise, des moyens humains, technologiques, relationnels et financiers importants dont ne disposent pas ces prétendus experts. Certains se présentent comme des professionnels de l’espionnage pouvant mettre sous écoute untel ou untel, faire chanter tel concurrent… Fuyez ces apprentis James Bond et demandez conseils auprès des services publics ou consulaires.

Quel coût pour une entreprise ?

En matière d’intelligence économique (IE), une phrase de John Fitzgerald Kennedy reste d’actualité. « L’information coûte cher mais rien ne coûte plus cher que l’ignorance ». Pour autant, difficile d’évaluer selon la taille de l’entreprise et son secteur d’activité le coût de prestations en intelligence économique. Pascal Frion, dirigeant du prestataire en IE Acrie, indique sobrement que cet « investissement peut être comparé au coût d’une assurance pour couvrir un risque ». Plutôt que de s’équiper en outil informatique dès la première année, il conseille plutôt aux petites entreprises des dépenses de salaires et de frais de fonctionnement avec un tiers-temps ou un mi-temps consacré à l’IE. Les prestations externes peuvent se faire au forfait ou par abonnement calculé sur le résultat. Hervé Chevalier indique que « le diagnostic IE d’une belle PME coûtera entre 5.000 et 10.000 €, quand une demi-journée de sensibilisation du personnel sera facturée 500 € ». Si le coût de l’IE défensive est variable selon les spécificités de l’entreprise, le retour sur investissement est lui aussi difficilement estimable car l’IE ne génère pas généralement de gains directs (…)

Le B.A.-BA contre les fuites

La majorité de l’information s’obtient sans difficulté et en toute légalité. Mais une information sur trois émane de recherches très pointues, voire illégales. On estime ainsi que :
- 70 % de l’information est blanche. Elle s’obtient facilement sur Internet, dans les documentations, les salons professionnels, les articles de presse, etc.
- 25 % de l’information est grise. Elle s’obtient dans le cadre d’une veille technologique ou en matière d’intelligence économique (benchmarking, fausse identité…)
- 5 % de l’information est noire. Elle s’obtient de manière illégale par la filature, l’écoute téléphonique, l’intrusion dans les ordinateurs, la manipulation des individus, la corruption, etc…

Avant de mettre en place des portiques de sécurité ou de s’équiper en logiciel spécialisé, l’intelligence économique passe d’abord par du bon sens. Voici trois clefs.

La discrétion

La chose est connue et pourtant les trains et les avions demeurent encore des espaces où l’information économique circule trop librement. Les cadres dirigeants s’y laissent aller, selon Bernard Lage de Géos. « Certains cadres dévoilent le nom de leurs clients ou de leurs fournisseurs. D’autres font des confidences à leur voisin sans savoir qu’il travaille pour la concurrence. Le pire, c’est lorsqu’il y a un colloque qui réunit tous les acteurs d’une filière dans une ville. Il suffit alors de prendre le bon TGV et d’écouter les discussions ». Les langues se délient également trop facilement sur les salons professionnels ou au téléphone.

Sécurisez vos locaux

Une entreprise ne doit pas être ouverte à tous les vents. « Un livreur ne doit pas pouvoir s’introduire comme ça dans une entreprise », indique Pascal Frion, d’Acrie. Les entreprises doivent mettre en place une procédure pour éviter les fuites. Cela passe la plupart du temps par des règles élémentaires comme le fait d’effacer le tableau de la salle de réunion une fois celle-ci terminée. La gestion des badges ou des digicodes dans une entreprise pose également régulièrement question. Certains salariés laissent entrer un inconnu qui, pensent-ils, travaille dans un autre service. Lors d’un entretien, fermez les dossiers qui peuvent traîner sur vos bureaux. Balisez le circuit de visite de votre entreprise car trop souvent un visiteur peut photographier de manière illicite une maquette ou une machine avec son téléphone portable. Mettez sous coffre les documents les plus importants (brevet, fichier client, etc.) et broyez ceux que vous jetez.

Verrouillez vos systèmes d’information

L’informatique peut constituer le cheval de Troie de vos entreprises. Vous travaillez par exemple sur votre ordinateur portable dans le train via le wi-fi, sachez que ce que vous faites peut être récupéré par un tiers. Fred Rivard, ex-programmateur chez IBM et fondateur de la société nantaise IST, est très sensibilisé à ces questions d’IE. « On a un réseau public et un privé non connecté à internet. Des mots de passe bien sûr et les infos sont encodées ou cryptées. J’utilise le watermaking (technique qui consiste à insérer une signature invisible à l’intérieur des images numériques transitant par réseaux pour lutter contre la fraude) pour l’échange de certaines infos ». Parmi une liste non exhaustive de précautions, sachez que les données confidentielles doivent uniquement être traitées sur des postes de travail non connectés en réseau, les dossiers doivent avoir des mots de passe différents et renouvelés régulièrement, vos ordinateurs doivent disposer de logiciels de détection d’erreurs ou d’intrusion. Installez des logiciels de sécurité (antivirus, anti-spyware, anti-spam, etc.) et modifiez les configurations et mots de passe du constructeur installés par défaut. N’autorisez pas n’importe quel téléchargement sur votre réseau et bannissez-y les messageries du type MSN, qui peuvent constituer une brèche.

Simon Janvier

Affrontement dur entre Progosa et Bolloré pour le contrôle du port de Douala

In Guerre de l'information, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie, veille on 4 avril 2008 at 8:52

La gestion du port de Douala, principal porte d’entrée maritime d’Afrique centrale, fait l’objet d’une bataille devant la justice camerounaise entre le groupe français Bolloré et la société espagnole Progosa, dirigée par le Français Jacques Dupuydauby, qui estime qu’il en a été injustement écarté…

africanport.jpg

Tout commence en 2003. Bolloré, déjà bien implanté au Cameroun, remporte alors en association avec le danois Maersk la concession du port à conteneurs pour une période de 15 ans. Mais en novembre 2007, Progosa porte plainte contre X pour “favoritisme et corruption” au sujet de l’attribution du marché. Le groupe espagnol accuse Bolloré “d’avoir utilisé différentes manœuvres dignes de la mafia“, selon le texte de la plainte.

Au mépris de la confidentialité qui devrait entourer toutes les offres, les requérants ont appris par l’un de leurs concurrents qu’il était en possession de leur dossier de candidature avant même que le dépouillement n’ait été envisagé“, poursuit Progosa dans la plainte. “Nous avions gagné techniquement l’appel d’offres mais les critères de sélection ont soudainement changé et nous avons été éliminés“, assure M. Dupuydauby. “Pourtant, sur le plan tarifaire, nous étions aussi les meilleurs: nous proposions de verser à l’Etat camerounais une redevance deux fois plus élevée que celle proposée par Bolloré“, explique-t-il. A l’époque, la Banque mondiale, rappelle-t-il, avait émis un avis défavorable sur l’offre de Bolloré, estimant qu’elle était contraire aux intérêts économiques du Cameroun.

La plainte de Progosa a été jugée recevable et le juge d’instruction a notamment entendu plusieurs fois Alphonse Siyam Siwé, qui était directeur général du Port autonome de Douala (PAD) en 2003. Celui-ci, devenu ensuite ministre de l’Energie et de l’Eau entre 2004 et 2006, a été condamné en décembre 2007 à 30 ans de prison pour avoir détourné avec trois complices des fonds publics d’un montant de 38 milliards de francs CFA (57,9 millions d’euros) lorsqu’il était patron du port. Le groupe Bolloré affirme ne pas être inquiet : pour lui, les accusations portées par Progosa sont “fantaisistes” et “mensongères“. Il a d’ailleurs à son tour attaqué Jacques Dupuydauby en justice “pour commentaire tendancieux” et déposé également une plainte en diffamation contre lui, “dans laquelle l’action publique est déjà déclenchée“, assure Michel Calzaroni, responsable de la communication de Bolloré. “Nous souhaitons respecter le bon déroulement de la procédure afin que la justice camerounaise accomplisse son travail en toute sérénité“, répond la société française. “Le groupe Bolloré n’a aucun autre commentaire à apporter aux déclarations de Jacques Dupuydauby”.

Cette bataille de Douala, dont la presse camerounaise s’est peu fait l’écho jusqu’ici, survient alors que les deux groupes luttent depuis quelques années pour le contrôle de plusieurs autres ports africains: Lomé (Togo), Port-Gentil (Gabon) et Libreville. Après avoir été associées pendant quelques années, les deux entreprises se déchirent aujourd’hui. Selon une source proche du dossier, “en tout, une vingtaine de plaintes (contre l’autre) ont été déposées par les deux groupes” au Togo, au Gabon, en Suisse et en Espagne.

Sources : Afriquecentrale.info

Pour une stratégie globale de sécurité économique en Afrique centrale

In Guerre économique, Intelligence économique, Interview, Stratégie, Sécurité on 25 mars 2008 at 6:38

pp.jpgPatrice Passy est ingénieur d’affaires et directeur général de MIQ Conseil, un cabinet spécialisé en intelligence économique (IE), management de projets et ingénierie d’affaires. Depuis l’Hexagone, il compte parmi les membres les plus actifs de la communauté africaine de l’IE. C’est en exclusivité qu’il répond ici à nos questions.

Guy Gweth: à quoi faites-vous référence lorsque vous parlez de guerre économique en Afrique centrale ?

Patrice Passy: je fais référence à « l’espace convoité », à la montée en puissance du « rôle de pivot stratégique » du monde non occidental que devient l’Afrique centrale en particulier, et, plus généralement le Golfe de Guinée. Je m’explique, l’Afrique Centrale, depuis le 11 septembre, fait l’objet, non seulement, d’une réévaluation géostratégique par les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, Inde, Brésil, Royaume-Uni, France…) et aussi, d’un reclassement géoéconomique, par les « majors » pétroliers. Elle n’est plus uniquement une zone de confort stratégique française. Elle remplit désormais, les critères permettant d’intégrer les « espaces convoités », les « zones utiles », de la compétition géopolitique mondiale. A cela s’ajoute le terrorisme mondial, la cherté du prix du baril de pétrole qui fait de cette zone, partie intégrante du Golfe de Guinée, une région hautement stratégique […] Les réserves confirmées de pétrole, le long des 3.700 kilomètres de la ligne côtière du golfe de Guinée, s’élèveraient à 15 milliards de barils. Selon le Centre d’études stratégiques américain à l’heure actuelle, les pays du golfe de Guinée produisent ensemble 4 500 000 barils de brut par jour. D’après ses prévisions dans 5 ans, ces pays s’attribueront 20% du marché mondial du pétrole. La raison pour laquelle je parle de guerre économique concernant cette partie du monde est que le Golfe de Guinée, et notamment sa composante Afrique Centrale, bénéficie d’une position géostratégique qui le met en contact avec toutes les autres sous-régions. Il est donc incontournable pour toute question qui a trait à l’Afrique. Les États occidentaux (France, Grande Bretagne, Belgique, Espagne), orientaux (Chine, Japon, Inde, Israël), du Sud (Brésil) et d’Afrique (Afrique du Sud, Nigeria, Libye, Maroc) ; sans oublier leurs acteurs privés de toutes natures : multinationales, institutions internationales, idéologues, prédateurs, affairistes ont tous compris : celui qui tient le Golfe de Guinée tient l’Afrique. Nous assistons ainsi, en Afrique centrale, à des conflits entre intérêts stratégiques rivaux, concurrents, complémentaires dans le jeu des échanges internationaux.

Le climat actuel des affaires en Afrique centrale est-il propice aux investisseurs étrangers?

L’IED (Investissement Etranger Direct) occupe une place de plus en plus importante dans les stratégies de développement économique en tant que moyen essentiel pour financer le développement sans aggraver l’endettement. La volonté d’attirer l’IED en Afrique a donné lieu à des réformes économiques dans la plupart des pays de la zone franc. Réforme fiscale, juridique, financière et structurelle dans certains cas. Reste à savoir si ces réformes ont stimulé les flux d’IED vers l’Afrique et, si ces derniers favorisent l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté.

Que peut rapporter concrètement l’intelligence économique et stratégique aux économies d’Afrique subsaharienne?

Nous, les acteurs et professionnels de l’intelligence économique, avons la lourde mission grâce à une forte sensibilisation, d’informer les décideurs politiques de la nécessité d’une mutation stratégique des États de l’Afrique centrale face à la globalisation. La nécessaire sécurité économique qu’imposent les enjeux émergents dans le Golfe de Guinée va donc impliquer notre savoir-faire pour susciter une impulsion forte des politiques afin de promouvoir la création de structure permettant la mutualisation des ressources publiques et privées des pays africains pour y faire face […]

L’approche fonctionnelle qui fait considérer l’information comme un bien stratégique, d’où la nécessité de préserver en toutes circonstances l’accès du pays aux sources d’informations indispensables, a été la plus adoptée par rapport à la configuration de ces États et de ses économies. A nous, non pas de critiquer comme nous aimons le faire si facilement, mais de proposer aux décideurs dans une logique d’offres, une architecture adaptée, visant la promotion d’une stratégie globale de sécurité économique aux pays d’Afrique Centrale.

Il est urgent aujourd’hui de donner aux organisations publiques et privées, un corpus juridique, une analyse adaptée des enjeux du moment et des textes dont l’importance n’est plus à discuter. A ce jour l’absence de législation sur la sécurité économique ainsi que l’inexistence d’une stratégie politique nationale de sécurité économique est l’éloquent corolaire d’un défaut de culture stratégique dans ces États./.

Depuis 2008, les meilleurs experts africains de l’intelligence concurrentielle s’expriment prioritairement sur ce site de référence.

Géostratégie: vers plus de guerre pour moins de pétrole

In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 16 mars 2008 at 8:52

Depuis la nuit des temps, les hommes font la guerre pour voler à leurs voisins les richesses dont ils disposent. Pourquoi aujourd’hui, alors que le pétrole et l’eau s’épuisent au même rythme que la banquise fond, l’homme changerait-il ?

Le pic de production ? C’est déjà maintenant…
Alors que mille explications conjoncturelles fantaisistes sont apportées pour justifier la hausse du prix du pétrole, l’explication structurelle la plus crédible est écartée : l’épuisement des ressources pétrolières.

Le champ pétrolier de Ghawar en Arabie saoudite, le plus gros gisement de pétrole au monde sur lequel repose tous les espoirs de croissance de la production mondiale de pétrole, semble ne plus vouloir répondre au caprice de la demande exponentielle depuis 2006. De même, le plus gros champ pétrolier du Mexique, Cantarell, a connu une baisse de production brutale depuis 2004. Le deuxième champ pétrolier au monde, le champ de Burgan au Koweït aurait lui aussi atteint son pic de production depuis peu. La production pétrolière de la mer du Nord baisse déjà depuis 1999.

La liste des pays qui ont atteint leur pic de production pétrolier est de plus en plus longue et laisse de moins en moins de place au doute.

Duel discret, en l’absence totale de règles
En apparence, personne ne s’inquiète du pic de production du pétrole. Pas de panique, pas de stock pétrolier faramineux, pas de rush pétrolier, mais derrière cette hausse du prix du litre d’essence, une guerre discrète et néanmoins violente a lieu pour les derniers barils de pétrole disponibles.

D’un point de vue politique, deux champions s’opposent :

- Le champion d’hier : les USA qui, depuis deux siècles, ont toujours su prendre les virages stratégiques importants.

- Le champion de demain : la Chine, qui au-delà de son milliard trois cent millions d’habitants, est surtout capable de construire une politique à très long terme. Et ça peu de pays sont aujourd’hui capables de le faire.

Il y a deux challengers : l’Inde qui a une nécessité vitale d’énergie pour sa croissance et la Russie que l’on oublie un peu vite mais qui bâtit pourtant son retour autour de l’énergie.

Ne vous y trompez pas car même si leur guerre est discrète, elle n’en est pas moins brutale, et leur seule règle demeure l’absence totale de règles.

La malédiction des derniers barils
Les compagnies pétrolières sont en première ligne dans cette guerre pour de nouvelles ressources. Elles ne sont pas toujours conscientes des enjeux globaux, mais bien au fait cependant de la difficulté de trouver de nouvelles ressources. Ainsi, elles forent massivement les derniers champs pétroliers accessibles.

Accessibles techniquement : les nouvelles ressources sont de plus en plus complexes à exploiter et donc de plus en plus chères. Il est facile à concevoir qu’un baril, que l’on va chercher à 2 kilomètres sous la mer ou 6 kilomètres (offshore ultra-profond) sous la terre, va coûter plus cher qu’un baril extrait sur terre après un simple forage. L’investissement change d’échelle, on passe des millions aux milliards de dollars.

Accessibles politiquement: le problème pour une partie des compagnies pétrolières est d’avoir le soutien politique nécessaire pour s’aventurer sur les derniers territoires où des ressources sont encore disponibles. C’est le cas des pays aux climats géostratégiques à haute tension dans lequel même une multinationale peut perdre jusqu’à son dernier “bouton de culotte” tellement la tectonique des plaques entre ces géants est puissante. Ces derniers barils de pétrole ont toutes les chances d’être une malédiction pour les pays qui possèdent ces dernières réserves mondiales.

oilprice08.gif

Les conflits régionaux vont se multiplier
Depuis la nuit des temps, la première raison pour faire la guerre à son voisin reste la convoitise : hier convoitise de l’or ou de la nourriture, aujourd’hui convoitise du pétrole. Le lien entre guerre et ressources n’est pas nouveau mais risque d’être, encore un peu plus qu’hier, à l’origine de nombreuses guerres pour contrôler les derniers champs pétroliers et les axes stratégiques nécessaires à leur transport. Pas de grande guerre comme la guerre froide l’a imaginé, mais des petits conflits régionaux toujours plus nombreux, affaiblissants encore un peu plus de nombreux états déjà en situation critique. Ceci va considérablement augmenter le chaos alors que le problème de la production d’énergie s’ajoute à d’autres problèmes majeurs comme celui de l’eau, de la pollution sur fond de croissance de la population mondiale.

Nous sommes à un virage crucial
Je suis tous les jours étonné par la quasi naïveté de la vision à long terme de nombreux industriels et gestionnaires. L’analogie qui me semble la plus appropriée est celle de l’apparition du chemin de fer ou de l’automobile et de ceux alors qui continuaient à croire à l’avenir de la traction animale.

Aujourd’hui le virage est aussi important. Le pétrole est encore présent, mais la production va se tarir petit à petit, les guerres vont se multiplier dans les pays producteurs et les nouvelles ressources pétrolières seront de plus en plus chères à extraire. Ainsi, le monde de l’énergie va être considérablement modifié et le monde économique subira un impact énorme.

L’avenir appartient aux visionnaires
Les six dernières années étaient celles des précurseurs, les années à venir sont celles des suiveurs, et après viendra celles de la masse. Il sera alors trop tard ! Si vous étiez dans le train au départ ce n’est pas le moment de descendre, si vous l’avez loupé c’est le moment de monter, en effet il n’y aura pas de troisième arrêt. Sources: Thomas Chaize

Contre-intelligence économique: le savoir-faire canadien

In Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence économique, Sécurité on 15 mars 2008 at 12:26

Ces dernières années, différents services de renseignement ont mené des investigations de contre-intelligence dont les résultats peuvent directement servir aux entreprises.  Nous sommes heureux de partager avec vous la synthèse des travaux réalisés  par le service canadien de renseignement de sécurité car elle est parmi les plus faciles à exploiter. Selon ses conclusions, il existe plusieurs méthodes utilisées par les gouvernements étrangers qui tentent d’obtenir de l’information corporative ou exclusive sensible (espionnage économique). Ex: les demandes spontanées d’information exclusive, la conduite inappropriée durant les visites, les offres de services suspectes, le ciblage à des expositions, des séminaires et des congrès internationaux, l’exploitation d’entreprises ou de projets de recherche conjoints, l’acquisition de technologies et d’entreprises, la sollicitation de collaboration d’anciens employés, le ciblage des ressemblances culturelles. GG

Ces activités constituent des indicateurs d’espionnage économique qui ne correspondent pas toujours à une menace réelle de collecte étrangère, mais elles peuvent servir de signaux. L’existence d’un certain nombre d’indicateurs dans une situation donnée pourrait ainsi justifier un examen plus approfondi.

1.Demandes spontanées d’information exclusive

Les demandes spontanées d’information classifiée ou exclusive sont associées aux activités de collecte étrangère. Les demandes prennent souvent la forme d’envois de messages par télécopieur, par la poste, par courrier électronique ou par téléphone adressés à des particuliers plutôt qu’au service de l’entreprise responsable du marketing. Les demandes peuvent comporter des sondages ou des questionnaires et sont fréquemment transmises par Internet.

Les sondages à des fins de marketing peuvent permettre de recueillir de l’information technologique et commerciale sensible. Lorsque cette méthode particulière est utilisée, il importe de tenir compte de l’utilisateur final de l’information et de la personne qui répond au sondage. L’utilisation accrue d’Internet fournit une méthode de communication directe avec le gouvernement et l’industrie canadienne à des fins de collecte étrangère. L’accès par Internet au babillard de l’entreprise, à sa page d’accueil et à ses employés offre au collecteur étranger de nombreuses possibilités pour élargir son offensive de collecte.

Indicateurs

  • L’adresse Internet est située dans un pays étranger.
  • Le destinataire n’a jamais rencontré l’expéditeur.
  • L’information sur la technologie demandée est classifiée, son exportation est contrôlée ou elle a des applications tant commerciales que militaires.
  • Le demandeur se dit étudiant ou consultant.
  • Le demandeur précise que son employeur est un gouvernement étranger ou le travail est effectué pour un gouvernement ou un programme étranger.
  • Le demandeur s’informe au sujet d’un programme, d’un projet ou d’un contrat lié à la défense.
  • Le demandeur s’informe au sujet de programmes liés à la défense en utilisant des sigles particuliers au programme visé.
  • Le demandeur admet qu’il n’a pu obtenir l’information ailleurs parce qu’elle est classifiée ou assujettie à des contrôles.
  • Le demandeur conseille au destinataire de ne pas tenir compte de la demande si elle pose un problème sur le plan de la sécurité ou si elle vise de l’information que le destinataire ne peut fournir en raison de la classification de sécurité, des contrôles relatifs à l’exportation, etc.
  • Le demandeur conseille au destinataire de ne pas se soucier de la sécurité.
  • Le demandeur assure le destinataire qu’il n’est pas nécessaire d’obtenir de licence d’exportation ou que cela ne constitue pas un problème.
  • Les sondages à des fins de marketing peuvent être transmis par télécopieur ou par courrier à un particulier par l’entremise du bureau de marketing de l’entreprise.
  • Les sondages à des fins de marketing peuvent être envoyés par des consortiums étrangers ou par des entreprises de consultants. Les entreprises étrangères ayant des liens avec le renseignement étranger sont souvent un consortium de représentants officiels, de militaires ou d’intérêts privés.
  • Les sondages à des fins de marketing débordent souvent du cadre généralement accepté de l’information liée au marketing.
  • Tout porte à croire que le « responsable du sondage » travaille pour une entreprise étrangère concurrente.
  • Les sondages peuvent rechercher de l’information exclusive concernant les liens de l’entreprise, les projections de marché, les politiques de fixation des prix, les noms des responsables de programmes ou de technologies, les employés de l’entreprise affectés au programme, les méthodes d’achat, et les types et les montants en dollars des contrats avec le gouvernement canadien.
  • Les clients et les fournisseurs d’une entreprise peuvent aussi recevoir des sondages à des fins de marketing qui débordent du cadre généralement accepté de l’information liée au marketing.

2.Conduite inappropriée durant les visites

Les visites de délégations étrangères à des entreprises peuvent poser des risques pour la sécurité si les entreprises ne gèrent pas convenablement les risques et ne prennent pas les mesures de sécurité appropriées.

Indicateurs

  • Les visiteurs sont escortés par un diplomate ou un représentant de l’ambassade qui tente de cacher son rôle officiel au cours d’une visite prétendument commerciale.
  • Le but avoué de la visite est remplacé par un programme caché, autrement dit des visiteurs arrivent pour parler du programme X, mais font tout ce qu’ils peuvent pour discuter du programme Y et rencontrer le personnel qui y est associé.
  • Des participants imprévus s’ajoutent aux visiteurs à la dernière minute.
  • Des visiteurs « égarés » se montrent très insultés lorsqu’on les ramène à l’ordre.
  • On a recours à des mécanismes de rechange. Par exemple, si une demande de visite classifiée est rejetée, l’entité étrangère peut tenter d’obtenir une visite commerciale.
  • Des visiteurs posent des questions qui débordent du sujet de la visite approuvée, dans l’espoir d’obtenir une réponse spontanée ou de courtoisie.

3.Offres de services suspectes

Des scientifiques et des ingénieurs étrangers offrent leurs services à des installations de recherche, des établissements universitaires et des entreprises qui travaillent pour la défense. Il peut s’agir d’une tactique pour placer un ressortissant étranger à l’intérieur d’un établissement afin d’y recueillir de l’information sur une technologie convoitée.

Indicateurs

  • Le demandeur étranger a une formation scientifique dans une spécialité dans laquelle son pays a été identifié comme ayant un besoin en recherche.
  • Le postulant étranger offre ses services « gratuitement ». C’est le gouvernement étranger ou une société liée à ce gouvernement qui assume ses frais.
  • Des internes étrangers (qui étudient en vue d’une maîtrise ou d’un doctorat) offrent de travailler pour un spécialiste gratuitement, habituellement pour une période de deux à trois ans.
  • L’information sur la technologie sur laquelle l’étranger veut mener une recherche est exclusive, classifiée ou assujettie à des contrôles en matière d’exportation.

4.Ciblage à des expositions, des séminaires et des congrès internationaux

Les expositions, les séminaires et les congrès internationaux offrent des possibilités de faire un lien entre des programmes et des technologies et du personnel spécialisé, mais ils peuvent également présenter certains risques pour la sécurité.

Indicateurs

  • Les thèmes des séminaires et des congrès portent sur des technologies et/ou des applications classifiées ou assujetties à des contrôles.
  • Le pays ou l’organisation qui parraine le séminaire ou la conférence a déjà essayé en vain de visiter les installations.
  • On reçoit une invitation pour donner des séances d’information ou une conférence dans un pays étranger, tous frais payés.
  • On demande un résumé de l’exposé 6 à 12 mois avant la tenue du séminaire.
  • Il semble étrange qu’on photographie ou qu’on filme dans un contexte donné.
  • Les participants portent des macarons d’identification faux ou incomplets.

5.Exploitation d’entreprises ou de projets de recherche conjoints

Les divers programmes d’échanges et de coproduction peuvent offrir des possibilités de collecte importantes pour des intérêts étrangers ayant pour cible une technologie restreinte ou exclusive.

Indicateurs

  • Le représentant étranger veut avoir accès au réseau informatique local (RL).
  • Le représentant étranger veut avoir un accès illimité aux installations.
  • On incite des entrepreneurs à fournir de nombreuses données techniques dans le cadre du processus d’appel d’offres, puis le contrat est annulé.
  • Les ententes visant d’éventuels échanges de technologies dans le cadre de l’entreprise conjointe sont à sens unique.
  • L’organisation étrangère envoie plus de représentants étrangers que ne le demande le projet.
  • Les représentants étrangers s’intéressent à certains employés de l’entreprise afin d’obtenir de l’information qui dépasse la portée du projet.

6.Acquisitions de technologies et d’entreprises

Des entités étrangères tentent d’obtenir accès à des technologies sensibles en achetant des entreprises et des technologies canadiennes.

Indicateurs

  • De nouveaux employés provenant de l’entreprise partenaire étrangère, ou de ses associés étrangers, veulent obtenir immédiatement accès à de l’information corporative ou exclusive sensible.

7.Sollicitation de la collaboration d’anciens employés

Les anciens employés qui avaient accès à de l’information classifiée ou exclusive sensible demeurent une préoccupation possible sur le plan du contre-espionnage. Le fait de miser sur les ressemblances culturelles afin d’établir le contact est souvent associé à la tentative de collecte. D’anciens employés peuvent être considérés comme d’excellents sujets aux fins d’opérations de collecte et comme moins susceptibles de se sentir tenus de respecter les exigences de l’entreprise en matière de sécurité ou les contrôles imposés aux exportations canadiennes.

Indicateurs

  • Un ancien employé occupe un emploi au sein d’une entreprise étrangère qui travaille sur la même technologie.
  • Un ancien employé reste en contact avec son ancienne entreprise et ses employés.
  • L’employé travaille tour à tour quelques années pour des entreprises canadiennes, puis quelques années pour des entreprises étrangères.

8.Ciblage des ressemblances culturelles

Des entités étrangères exploitent les antécédents culturels du personnel de l’entreprise en vue d’obtenir de l’information.

Indicateurs

  • Des employés reçoivent des vœux spontanés ou d’autres types de correspondance de l’ambassade du pays d’origine.
  • Des employés reçoivent des invitations pour visiter le pays d’origine de leur famille afin d’y prononcer une conférence ou d’y recevoir un prix.
  • Des visiteurs étrangers s’intéressent particulièrement à des employés de l’entreprise qui sont de même origine culturelle qu’eux afin de partager avec eux travail et loisirs.

Guerre économique: la bataille pour le contrôle mental

In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence économique, Perception Management, Prospective, Soft Power, Stratégie, Sécurité on 5 mars 2008 at 8:29

Il est délicat, le slogan qui accompagne “Le droit de l’intelligence économique” de Thibault du Manoir de Juaye dans l’annuaire 2008 des acteurs de l’intelligence économique en France. On peut en effet lire en présentation de cet excellent ouvrage que “faire de l’intelligence sans barbouzeries, c’est possible!” Au delà des angles légal et règlementaire qu’aborde l’auteur, j’adhère moi aussi à l’aspect éthique qui y est sous-jacent. Cependant, en tant que praticien de sensibilité anglo-saxonne, je suis très sensible au benchmarking des bonnes pratiques issues du monde du renseignement militaire. A la suite des Américains, cette attitude est  aussi partagée depuis 10 ans en France par le Général Pichot-Duclos et Christian Harbulot, fondateurs de l’EGE Paris. Pour ces pionniers, en effet, le transfert du savoir-faire militaire au monde civil est rendu vital au regard du durcissement des affrontements économiques en cours et futurs. La grande bataille stratégique autour du contrôle psychique constitue donc un excellent terrain d’expérimentation.

Un peu d’histoire…

Les plus âgés parmi vous se souviennent des années qui précédèrent et celles qui suivirent immédiatement la deuxième guerre mondiale et la course aux armements biologiques qui fit rage dans les officines nord-coréennes, chinoises, allemandes, russes et américaines notamment. Nombre d’entre vous, j’en suis sûr, se remémorent encore la psychose qui s’empara de Washington au lendemain de la libération de ses prisonniers de guerre fin 1953. Capturés par l’ennemi, des aviateurs et des hommes de l’infanterie américaine de retour aux USA commencèrent à faire l’apologie de la vie sous un régime communiste. Le Président des États-Unis se tourna vers l‘aigle de profil qui allait faire la renommée de Langley, en Virginie, et demanda à la CIA comment des soldats superbement entrainés pouvaient se laisser à devenir des traîtres. Dans les tentatives de reconstitution qui débutèrent, Allen Dulles, alors à la tête des renseignements américains, se rappela le procès du cardinal Josef Mindszenty en 1949. A la page 101 de son enquête sur “Les armes secrètes de la CIA” parue en 2006, Gordon Thomas, relate comment ce chef de l’église catholique hongroise “avoua avoir trahi… en bougeant comme un robot…” devant les juges russes. A partir de cet évènement, le contrôle du psychisme devint la priorité n°1 des scientifiques de l’agence américaine de renseignements. Initiée en février 1954 sous la direction du docteur Sidney Gottlieb, le programme secret MK-Ultra avait clairement pour mission de ” chercher toute méthode permettant de modifier le comportement humain.” Cette époque accoucha de plusieurs essais et théories telles que “l’infantilisation psychologique traumatique” ou encore “la conduite psychique” qui consistait à faire écouter au patient (aujourd’hui consommateur ou électeur) ses propres paroles jusqu’à ce que ses barrières psychologiques s’effondrent et qu’il ouvre son inconscient. La publication en 1984 de “Battel for the mind” par le professeur William Sargant marqua la consécration de plusieurs années de sacrifices et d’efforts, certes inachevés mais aux résultats transférables à d’autres domaines.

Le transfert de savoir-faire

Avec la chute du mur de Berlin et l’arrêt de l’affrontement est-ouest, fin 1989, les multinationales américaines furent les premières à benchmarker les méthodes d’influence de la guerre froide et à s’inspirer de la Révolution dans les Affaires Militaires (RMA) aux États-unis pour en adapter le savoir-faire à leur stratégie marketing. Dans les agences de publicité new-yorkaises, le début des années 90 vit jaillir une pépinière de jeunes concepteurs généralement âgés de moins de trente ans et n’ayant qu’une seule obsession: provoquer l’acte d’achat chez des individus “normaux” qui, sans la publicité, n’auraient pas acheté. De nombreuses expériences menées en psychologie sociale et cognitive ne tardent pas à venir à leur secours. Dans leur “Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens” paru une première fois en 1987 et réédité 2002, les Français Joules et Beauvois relatent une kyrielle de techniques (pour la plus part déjà expérimentées aux États-Unis) qui nous influencent au quotidien. Je vous le recommande. Dans l’opérationnel, le leader américain de la grande distribution Wal-Mart Stores, Inc. fut l’une des premières multinationales à exploiter la vidéo surveillance au delà de son objectif initial de sécurité. Dans leurs bureaux du 702 Southwest 8th Street de Bettonville, les marketistes de ce géant mondial n’hésitent pas à visionner de longues heures d’enregistrements-vidéo pour traquer et analyser les comportements de clients dans les rayons de grandes surfaces. Toujours plus loin, dans ses “100 petites expériences en psychologie du consommateur pour mieux comprendre, comment on vous influence” paru en 2006, Nicolas Géguin confirme, à titre d’exemple parmi d’autres, – sur la foi d’expériences menées aux États-Unis et en France- que la diffusion de musique rapide dans votre supermarché aux heures d’affluence comme lors des fêtes de fin d’année “vous incitera à faire votre shopping au pas de course.” (p119) Vous l’aurez compris, cet aspect aussi puissant que soft de la guerre économique opère avec votre consentement, en tous cas, sans vous contraindre le moins du monde, que vous soyez client ou concurrent, allié ou ennemi.

Les perspectives

Les recherches en psychologie cognitive sont un enjeu infiniment stratégique. La bataille pour le contrôle du mental humain est loin de s’achever. Rien que le profiling de dirigeants que nous réalisons au profit de nos clients au sein de GwethMarshall Consulting, par exemple, est déterminant pour la signature de leurs contrats. Evidemment, les entreprises ne sont pas les seules à en profiter. Des mouvements religieux ainsi que les femmes et hommes politiques dont le contrôle des comportements de masses a toujours été le vœu secret sont également à l’affût des progrès à venir. Certains parmi vous auront constaté que la situation est assez proche du tableau que brosse Xavier Couture in “La dictature de l’émotion: où va la télévision” paru en 2005 chez Louis Audibert Editions.

Quoi de plus légal, de plus éthique, de plus écologique et de plus intelligent, en effet, que de servir au consommateur, à l’électeur ou au patient, ce qu’il veut ou croit vouloir ?

Guy Gweth

Intelligence économique & rivalités des puissances en Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 2 mars 2008 at 3:22

L’analyse qui suit devrait pouvoir permettre aux Africains de bien cerner les positions et les questionnements de la France et plus généralement des grandes puissances mondiales qui sont à l’assaut des richesses stratégiques dont regorge le continent. Car dans le nouveau “partage du gâteau africain” en cours, si les États africains ne développent rapidement une stratégie de défense économique commune et efficace, les concurrents n’en feront qu’une bouchée. Guy Gweth

“Un mouvement est en marche en Afrique. Ce mouvement échappe à la France.” par Patrick Sevaistre -directeur général, Afrique Initiatives SA, Conseiller auprès du président du Conseil des Investisseurs Français en Afrique.

“Un rapport récent sur l’action extérieure de l’état de l’aide au développement dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) vient de dresser un bilan sans complaisance de toutes “les insuffisances” de la présence française en Afrique: budget de l’aide gonflé par les annulations de dettes (en dix ans, l’aide bilatérale française a diminué de moitié et est équivalente à celle du Danemark), saupoudrage des moyens (90 pays se partagent moins de 10% de l’enveloppe bilatérale), influence limitée à Bruxelles alors que Paris finance près de 25% du FED (Fonds Européen de développement), engagements financiers énormes dans la gestion des crises (850 millions d’euros pour l’opération Licorne) et quasiment rien pour la phase de restructuration…

“Pendant ce temps, la Chine devient la puissance du continent, s’intéresse à tous les gisements pétroliers et uranifères de l’hinterland boudés par les majors occidentaux et réanime -en rivalité avec les Indiens(Mittal et Tata Steel)- tous les gisements de fer. Tandis que les Etats-Unis “réinvestissent” en Afrique pour sécuriser leurs approvisionnements énergétiques (25% en 2025) et contrer la menace terroriste dans la bande sahélienne. Les fonds souverains, arabes et chinois, qui placent les réserves de change de leurs banques centrales, déferlent sur l’Afrique.

“Que faire pour défendre nos intérêts (français) ? De quels outils disposons-nous pour les défendre sans pour autant, du moins dans l’immédiat, entrer en conflit ouvert avec les Chinois? Il est clair que s’opposer directement à la déferlante chinoise en Afrique n’est déjà plus réaliste. A nous d’en tirer les conséquences quant à notre propre politique vis-à-vis du continent.
“En effet, nous devons, à l’instar des Chinois et des Américains, clairement affirmer nos intérêts vis-à-vis de l’Afrique, nous avons besoin d’une nouvelle politique française, plus ambitieuse et s’inscrivant dans la durée, accompagnée enfin, et comme c’est le cas de la Chine et aussi des Etats-Unis, d’un vrai dispositif d’intelligence économique qui, placé au sommet de l’Etat, soit pleinement opérationnel dans ses deux dimensions traditionnelles: renseignement – influence. Force est de constater qu’on en est encore loin aujourd’hui.

“ce dispositif est indispensable pour dénoncer le dumping chinois, les dérives, les manquements, les menaces sur l’environnement et le non-respect par la Chine de ses engagements internationaux (prolifération)… et alimenter les ONG pour lancer des mouvements de polémique auprès de la société civile africaine. Il l’est également pour trouver , au cas par cas, des terrains de coopération commune sino-européenne (Cf. pétrole).
“Notre intérêt premier est de promouvoir la prospérité et la stabilité du continent noir… et si l’Afrique connaît aujourd’hui son plus fort taux de croissance depuis trente ans (6%), c’est en partie grâce à l’expansion économique chinoise…
“Il nous faut continuer à examiner de près les approches chinoises en Afrique et en tirer des leçons pour définir une nouvelle politique vis-à-vis du continent. Cette politique passe par un lobbying fort des entreprises françaises, et des stratégies novatrices en matière de pénétration et d’enracinement en Afrique; elle passe aussi par une action pragmatique et ciblée de la France à l’égard des élites de la nouvelle génération. Celle-ci est plus que jamais nécessaire pour rebâtir l’image d’une France partenaire ‘naturel’ du continent africain, avec l’idée sous-jacente de bâtir un réseau capable de concurrencer l’influence anglo-saxonne et maintenant chinoise! Ce réseau est devenu prioritaire au moment où, vu d’Afrique, notre pays donne une impression d’immobilisme, voire de désengagement et où la nécessaire banalisation des relations entre la France et les Etats africains est considérée paradoxalement comme un signe d’abandon et de désintérêt vis-à-vis de l’Afrique.

“L’Afrique est à la croisée des chemins. Les changements qu’elle connaît portent en eux la nécessité d’un profond renouvèlement de notre conception des relations entre la France et l’Afrique. A nous de nous adapter: un mouvement est en marche en Afrique qui commence à échapper à la France et qui pourrait continuer de lui échapper encore au fur et à mesure d’un déficit de communication avec les nouveaux décideurs africains qui va s’accroissant, tandis que la concurrence anglo-saxonne et chinoise se fait de plus en plus présente.”

Sun Tzu, de l’art de la guerre aux racines africaines de la stratégie

In Guerre économique, Géostratégie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 février 2008 at 8:16

Exceptionnellement, nous ne commenterons point les deux ouvrages qui suivent: le premier, L’art de la guerre, parce que votre humble serviteur, tout en s’y retrouvant, n’est pas encore en situation de donner un avis suffisant sur cette bible de la stratégie ancienne et contemporaine. La profonde méditation de ces écrits nous oblige -au plus- à vous le conseiller vivement. Le second, Comprendre et appliquer Sun Tzu, parce qu’il est déjà le commentaire prudent, l’heureuse tentative d’exégèse par un ainé, de la stratégie chinoise jusqu’à son insoupçonnable parenté avec les jeux de stratégie africains. Guy G.

1° L’art de la Guerre, 255 pages, Champs Flammarion 2006, traduit de l’anglais par Francis Wang.

sun-tzu-book.jpg

-Extrait de l’avant-propos de Liddell Hart-
“Les essais de Sun Tzu sur l’art de la Guerre constituent le plus ancien des traités connus sur le sujet, mais ils n’ont jamais été surpassés quant à l’étendue et à la profondeur du jugement. Ils pourraient à juste titre être désignés comme la quintessence de la sagesse sur la conduite de la guerre. Parmi tous les théoriciens militaires du passé, Clausewitz est le seul qui lui soit comparable. Encore a-t-il vieilli davantage et est-il en partie périmé, bien qu’il ait écrit plus de 2000 ans après lui. Sun Tzu possède une vision plus claire, une pénétration plus grande et une fraîcheur éternelle.”

-Extraits de la préface de Samuel Griffith-
” Ce n’est pas seulement en tant que curiosité antique que la série des essais de Sun Tzu mérite de notre part un intérêt attentif. L’art de la guerre est beaucoup plus que cela. C’est un ouvrage empreint de sagesse et exhaustif, se distinguant par des qualités de lucidité et d’imagination qui lui assurent depuis des siècles une place de premier plan dans l’ensemble des ouvrages de référence de la littérature militaire chinoise (…)

“Sun Tzu était convaincu qu’une planification minutieuse fondée sur une information exacte concernant l’ennemi contribuerait à une solution militaire rapide (…)
” Avant les hostilités, des agents secrets détachaient de l’ennemi ses alliés et menaient un certain nombre d’activités clandestines de subversion… pendant ce temps, des espions dont l’action s’exerçait à tous les échelons appréciaient la situation de l’ennemi. Leurs rapports secrets servaient de plan de base à des plans ‘victorieux’.”

Sun Tzu a dit: “Notre invincibilité dépend de nous, la vulnérabilité de l’ennemi, de lui.”

2° Comprendre et appliquer Sun Tzu, 166 pages, Pierre Fayard, Polia Editions, 2004

sun-tzu-par-fayard.jpg

Extrait:
“Il est possible de rapprocher l’esprit de ce stratagème (celui de Sun Tzu ci-dessus cité) de la philosophie de l’Awélé, jeu emblématique du continent africain, où il n’est pas recommandé de s’emparer de l’initiative d’emblée pour conduire la partie. L’accumulation d’un potentiel de graines, initialement en partage, a pour effet de restreindre la part de l’autre, dont la marge de manœuvre s’amenuise jusqu’à ce qu’il soit acculé à subir les décisions du même.

Des informations américaines classées “secret défense” aux mains des Chinois

In Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Sécurité, veille on 14 février 2008 at 9:35

Quatre personnes ont été arrêtées lundi 11.02.08 aux Etats-Unis, accusées d’espionnage pour le compte de la Chine dans deux affaires distinctes impliquant des secrets militaires et industriels, y compris sur la navette spatiale américaine, a indiqué le ministère de la Justice américain.

Dans un premier dossier, Tai Shen Kuo et Yu Xin Kang, deux habitants de La Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud), et Gregg William Bergersen d’Alexandria (Virginie, est) ont été arrêtés pour avoir fourni à la Chine des documents classés secret défense, selon un communiqué du département de la Justice. Dans la seconde affaire, un ex-ingénieur de Boeing, Dongfan Chung alias “Greg” Chung, a été arrêté pour vol et transmission à la Chine de secrets commerciaux de Boeing, notamment des informations sur la navette spatiale américaine, indique un communiqué séparé. Tai Shen Kuo, 58 ans, est accusé d’avoir travaillé sous les ordres d’un responsable Chinois non identifié pour obtenir des informations classées secret défense de la part de Gregg William Bergersen, 51 ans, un employé du département de la Défense, indique le département de la Justice.

La plupart de ces informations concernaient les ventes de matériel militaire des Etats-Unis à Taïwan“, selon le communiqué.

Yu Xin Kang, 33 ans, un citoyen Chinois résidant aux Etats-Unis, a été qualifié de “courroie de transmission” entre M. Kuo et le responsable Chinois. MM. Kuo et Kang risquent la perpétuité s’ils sont reconnus coupables de conspiration visant à fournir des informations liées à la défense nationale à un gouvernement étranger. M. Bergersen, expert à l’Agence américaine de coopération pour la défense et la sécurité, basée à Arlington en Virginie encourt de son côté une peine de dix ans de prison pour avoir divulgué des informations liées à la défense nationale à des personnes non autorisées.

Dans l’autre affaire, Dongfan Chung, 72 ans, né en Chine et naturalisé Américain, a été inculpé d’espionnage économique pour avoir soustrait des secrets concernant la navette spatiale américaine, l’avion de transport militaire C-17 et la fusée Delta IV. Il est soupçonné d’avoir recueilli ces informations alors qu’il travaillait pour le constructeur aéronautique américain Boeing et auparavant pour le sous-traitant du ministère américain de la Défense, Rockwell. “Chung est soupçonné d’avoir obtenu ce matériel pour le compte de la République populaire de Chine“, indique le département de la Justice. Les Etats-Unis soupçonnent cet homme, vivant à Orange, en Californie (ouest), d’avoir reçu des consignes depuis 1979 en provenance d’individus liés à l’industrie aéronautique chinoise qui lui demandaient de recueillir des informations spécifiques. Il a été inculpé de huit chefs d’espionnage industriel, chacun d’entre eux passible de 15 ans de prison et de 500.000 dollars d’amende, et de six autres chefs d’inculpation.

Le ministère de la Justice a indiqué que cette affaire était liée à une enquête visant Chi Mak, un ingénieur américain d’origine chinoise vivant en Californie et des membres de sa famille, reconnus coupables l’an dernier d’avoir fourni des données sensibles en provenance de la défense américaine à la Chine. Le ministre adjoint de la Justice chargé de la sécurité nationale, Kenneth Wainstein a affirmé que la première affaire “comportait tous les éléments d’une opération classique d’espionnage”. Avant d’ajouter que « Les poursuites d’aujourd’hui démontrent que l’espionnage étranger demeure une sérieuse menace dans le monde d’après Guerre Froide ». La Chine a aussitôt réagi par la voix du porte-parole de son ministère des affaires étrangères Liu Jianchao: “Nous exhortons les Etats-Unis à abandonner leur mentalité de guerre froide”!

Sources : AFP

Guerre économique, nouveau défi des services de renseignement en Afrique centrale

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 14 février 2008 at 9:30

Pour l’instant, l’Afrique centrale a d’autres soucis que le terrorisme islamiste, même si une veille permanente doit être entretenue pendant les quinze prochaines années sur quelques groupuscules présents sur le sol nigérian. A priori, cet important facteur conjoncturel allège -au moins pour partie- la tâche de nos services de renseignement, en regard de leurs homologues d’Afrique du nord, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Europe.

La sortie du gouvernement tchadien le 13.02.08 liant ses rebelles à Al Qaida Al Jihâd est le fruit d’une intoxication dont  certains dirigeants à N’djamena n’évaluent pas le coût sur le moment, émotion oblige. Pareille manœuvre de communication ne saurait donc être prise en compte dans le cadre d’une analyse sérieuse. En revanche, le redéploiement des forces qui découle de la tendance lourde évoquée plus haut génère une nouvelle grille de lecture et des axes stratégiques  prioritaires pour faire face à la guerre économique que subit l’Afrique centrale.

L’environnement général actuel

Au plan politique, l’existence de facteurs non négligeables tels que la pression de la communauté internationale ou la sur-médiatisation des entorses aux droits de l’Homme poussent inexorablement à la fin des régimes autoritaires. Qui plus est, il n’est pratiquement plus de lieu sur la planète où l’on puisse durablement se soustraire à la justice. Cela étant, les opposants aux régimes en place s’expriment plus ou moins librement dans l’ensemble, même si l’alternance demeure viciée. Encore que cela ne soit guère l’apanage de l’Afrique. « Le pouvoir rend fou », disait Lord Acton. Il n’est que d’observer l’exemple de la Russie. Même dans le meilleur des cas, on comprend sur le tard que les élections ne sont pas plus qu’un signe extérieur de démocratie. Du vernis. Toujours est-il que nos Services sont une fois de plus allégés, au vu des trente dernières années. Le moment est venu de transférer au monde économique l’expérience et le potentiel jadis accumulés dans le cadre des opérations autrement plus complexes.

Au plan diplomatique, l’Afrique centrale observe les atermoiements de la France, ancienne puissance coloniale, la percée chinoise, nouvelle surper-puissance mondiale, et les Etats-Unis où l’arrivée probable d’un Noir à la Maison-Blanche pourrait peut-être modifier la donne dans les rapports Afrique-Etats-Unis. Notre ouverture remplie d’humilité aux techniques et méthodes de ces trois écoles différentes, en plus de la nôtre propre, constitue également une prodigieuse source d’enseignements qui surpasse forcément chacune d’elles, prise isolément.

Au niveau plus général de la coopération internationale, les relations sud-sud restent à parfaire. L’Union Africaine est une priorité qui n’arrive pas encore à annihiler les querelles de leadership inter-étatiques. C’est un fait que les opérateurs privés doivent prendre la main dans la construction d’une Afrique des Nations. « Si nous ne combattons pas ensemble comme des frères, disait Martin Luther King, nous mourrons ensemble comme un troupeau. » Cela n’a jamais été plus vrai. L’ouverture à l’Amérique latine -qui nous est proche par sa matrice culturelle, sa situation actuelle et ses nombreux combats- est aussi un objectif stratégique important.

Au niveau social, de nombreuses infrastructures de base restent attendues (Routes, écoles, hôpitaux…) L’Afrique centrale demeure un nid fertile pour les grandes endémies ainsi que les expérimentations médicales de tous ordres. Si nos États ne prennent pas de véritables mesures de sécurité publique, quantité d’hommes, de femmes et d’enfants vont disparaître. La population pauvre d’Afrique Noire fait peur aux pays développés. « La bombe P » dont parlait Thomas Malthus gronde et frappe à ses portes, mais  l’Occident ne veut et ne peut les accueillir. Des solutions doivent donc être trouvées. Mais pouvons-nous laisser aux autres le soin de décider pour nous ? C’est le rôle des soldats de défendre la patrie. Et pour cela, il lui faut des yeux et des oreilles qui sondent au loin l’ennemi, prévient le grand-maître chinois, Zun Tsu.

Dans la sphère des technologies de la communication, la démocratisation d’internet est aussi urgente pour notre décollage économique que la construction des routes et hôpitaux. Notre dépendance partielle à la France doit être palliée par le renseignement humain (Humint) par ailleurs plus adapté à notre matrice culturelle, en attendant de nous doter de nos propres infrastructures comme le fait déjà le Nigeria avec l’aide des Chinois. D’un autre côté, sans attenter à leur liberté sacrée, les médias régionaux (publics et privés) devront être sensibilisés d’une manière ou d’une autre aux vertus de l’intelligence collective et du patriotisme économique. Quant aux médias des grandes puissances, seules des stratégies asymétriques de guerre de d’information, via internet notamment, pourront venir à bout du marketing noir qu’ils ne cessent de faire de l’Afrique. C’est un combat long mais avec une possible victoire à la clé.

Pour ce qui est de la sécurité commune de nos périmètres nationaux réciproques, il appert désormais que la prétendue intangibilité des frontières issues de la colonisation a été un piège, au vu de l’évolution actuelle du monde. Le vieil adage « diviser pour mieux régner» hélas perdure. Il nous faut éliminer la méfiance mutuelle et favoriser la libre circulation des biens et des personnes dans la zone CEMAC. Ce n’est pas un discours. C’est le cœur profond de nos populations qui bat ainsi. Si nous sommes un seul et même peuple, alors agissons à l’unisson. Et maintenant!

Par ailleurs, une grande guerre commence avec l’usage du golfe de Guinée comme point de passage pour les trafiquants de drogue. La sécurisation de ce périmètre à brève échéance par l’ensemble des pays de la région est primordiale. Nos services secrets saisiront parfaitement les contours de la déstabilisation en cours si, en plus des pandémies, des conflits larvés et de la pauvreté, nos populations doivent aussi souffrir de dépendance aux stupéfiants. Deo gracias nos hommes et femmes, surtout les plus jeunes y résistent de manière étonnante.

La société civile, mise en vogue au début de la décennie 90 par les Nations Unies est devenue un univers à surveiller de très près. Nos Etats doivent rapidement légiférer sur l’origine et la traçabilité de leurs sources de financement. Les contrôles de moralité doivent être institués pour leurs dirigeants. Le sondage des réseaux associatifs Nord-Sud est bourré d’enseignements. L’univers des ONG reste une formidable mine informationnelle. Mais il faut pouvoir remonter à la source, apprendre et comprendre qui tire les ficelles dans l’ombre, à quelle cadence, de quelle manière et pour quelles fins. L’air de rien, l’humanitaire et l’aide aux ONG du Sud autant que les religions et leurs prophètes, sont plus que jamais la continuation de la politique étrangère des puissances par d’autres moyens.

L’écologie est le nouveau champ de normalisation sur lequel entend surfer le monde occidental après plus d’un siècle de pollution industrielle sans relâche. L’Afrique n’a ni les moyens de payer pour les autres ni d’hypothéquer son décollage industriel. Du coup, la surveillance de nos merveilleuses réserves forestières devient un enjeu stratégique au même titre que la veille sur les technologies vertes. En sus, les pays pauvres doivent engager un lobbying intensif pour que les riches pollueurs d’hier paient leurs dommages aujourd’hui si l’on souhaite remettre les compteurs à zéro…

Dans la sphère économique, la croissance de l’Afrique augmente (5,8% en 2007) mais l’assiette de nos économies reste modeste (moins de 5% ) au niveau mondial. Le richissime sous-sol d’Afrique centrale est doré (Or, or noir, or bleu, or vert…) C’est un théorème. Et les puissances citées plus haut ont besoin de nos matières premières. Elles sont prêtes à tout pour les obtenir. Y compris la corruption et la création des associations de lutte contre la corruption. Il nous faut crever l’abcès. Nos lignes de défense sont fragiles. Beaucoup de frères et sœurs sont passés à l’ennemi. Parfois à leur insu. Le tissu local est laminé par les commerçants étrangers qui ont juré de gagner leur part d’Afrique au détriment des populations locales. La jeunesse est à la déroute, prête au sacrifice suprême. Le soleil brille sans éclairer l’avenir. L’heure du grand combat a donc sonné. Nous sommes David face à Goliath. La guerre économique fait rage. Et parce que nous ne pouvons tomber plus bas, nos services de renseignements doivent être à la pointe de ce nouveau combat, par tous les moyens éthiques possible, mais à leur propre manière, pour paraphraser  le stratège Israélien David Ben Gourion.

Dix axes stratégiques prioritaires en découlent qu’il serait bien naïf de développer ici :

1- Instaurer un service de défense économique obligatoire pour tous les jeunes de 18 ans ;

2- Encourager les échanges d’étudiants, de chercheurs et de religieux… avec des pays ayant des intérêts économiques et militaires importants dans la sous-région ;

3- Susciter des vocations d’agents de renseignement économique notamment en direction des jeunes ayant des profils de techniciens adaptés aux critères de « l’immigration choisie » ;

4- Accroître jusqu’à 60% au moins la part d’enseignement des NTIC et l’informatique en particulier, ainsi que le coefficient des modules de langues étrangères (anglais, arabe et chinois… ) et de dialectes locaux dans les cursus de formation des officiers;

5- Relooker l’image des services de renseignements, initier et exécuter des plans marketing et de communication à l’intention du public en général, du monde des affaires et de la culture en particulier (ex:  réalisation de films, construction de sites internet, création et participation aux think-tank…) ;

6- Mettre en place des stratégies de combats asymétriques inspirées de nos traditions guerrières ancestrales, en association directe avec le monde des entreprises nationales et celles de la diaspora ;

7- Consacrer des unités d’élites entières à la guerre économique au sein des armées nationales ainsi qu’un budget conséquent (ad minima 40 à 45% du budget des services de renseignement) ;

8- Acquérir conséquemment du matériel technologique de pointe, d’origine, de fabrication et de fonctionnement variés ;

9- Participer à l’instauration d’une culture d’intelligence collective ;

10- Brandir des trophées pour reconquérir la confiance des populations et canaliser leurs émotions vers l’unique combat qui vaille la peine : l’Afrique debout.

Guy Gweth

Guerre économique : Gazprom menace les positions occidentales au Nigeria

In Guerre économique, Stratégie, veille on 13 février 2008 at 8:54

Gazprom est en phase d’approche au Nigeria. Certains médias européens soupçonnent un « complot » pour le contrôle des sources d’approvisionnements en gaz. Abuja a un autre point de vue…

gazprom.jpg

Depuis un mois, des discussions sont en cours entre Gazprom et le gouvernement du Nigeria pour l’acquisition de blocs d’exploration et pour la réalisation d’investissements dans le GNL. Gazprom serait prêt à mettre entre 1 et 2,5 milliards de dollars dans le gaz naturel. Les discussions ne sont qu’à un stade préliminaire, elles n’en provoquent pas moins un flot de commentaires inquiets des approches de Gazprom en direction du Nigeria, où se trouvent les plus grandes réserves de gaz prouvées d’Afrique : 5210 milliards de m3 pour une production annuelle qui ne dépasse pas encore les 28 milliards de m3.

Le gouvernement aspire à générer, à court terme, autant de revenus du gaz que du pétrole.

L’arrivée éventuelle de Gazprom dans la prospection est d’autant plus intéressante pour le Nigeria que sa proposition d’investissement est adossée d’emblée à une prise en charge du problème du torchage du gaz qui affecte considérablement la santé des populations du Delta avec, en sus, un manque à gagner estimé à 2,5 milliards de dollars par an. Gazprom, qui d’ailleurs pratique le torchage en Russie, proposerait une capture du gaz pour le brûler dans des centrales et fournir ainsi de l’électricité. Le Nigeria qui avait fait de janvier 2008 la date butoir de la fin de la pratique du torchage, a dû, sur pression des multinationales, reporter l’échéance vers la fin de l’année. Il est probable que cela sera encore différé jusqu’en 2010.

L’arrivée du géant russe dans un terrain où les Chinois ont déjà entrepris de concurrencer les multinationales occidentales n’est pas pour déplaire au Nigeria.

L’arrivée du géant russe sur un terrain où les Chinois ont déjà entrepris de concurrencer les multinationales occidentales n’est pas pour déplaire au Nigeria. Le gaz est largement sous-exploité au Nigeria alors que le gouvernement aspire à générer, à court terme, autant de revenus du gaz que du pétrole. Le mégaprojet de gazoduc, le « Trans-Saharan Gas-Pipeline » (TSGP), mené avec l’Algérie pour un montant supérieur à 10 milliards de dollars, devrait permettre en 2015 d’acheminer de 20 à 30 milliards de m3 de gaz naturel du Nigeria vers l’Europe, via le Niger et l’Algérie. Les projets encore balbutiants du géant russe au Nigeria tiennent plus de place dans la presse occidentale que le projet d’usine de liquéfaction de gaz dans l’Etat d’Akwa Ibom, sans doute parce que Gazprom n’y figure pas… L’investissement, en discussion avec un consortium regroupant Centrica (Grèce), Consolidated Contractors Co (Grande Bretagne) et Statoil (Norvège), est pourtant colossal. Il porte sur 10 milliards de dollars et permettra au Nigeria d’atteindre, entre autres, le marché nord-américain du GNL. Le « méchant loup » russe est encore loin d’avoir fait main basse sur le gaz nigérian. Sources : JFA

Protégé : Dix clés pour comprendre les enjeux de l’intelligence économique en Afrique

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 10 février 2008 at 10:15

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


Guerre économique & géostratégie: la nouvelle course à l’Afrique des Etats-Unis

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 10 février 2008 at 10:14

S’il y a un Nouveau Grand Jeu en cours en Asie, il y a aussi une nouvelle “Course à l’Afrique” de la part des grandes puissances. The National Security Strategy of the United States de 2002 déclarait que le “combat contre le terrrorisme mondial » et la nécessité d’assurer la sécurité énergétique des USA requéraient des USA qu’ils augmentent leur engagement en Afrique et appelaient à une « coalition volontaire » pour établir des arrangements sécuritaires sur ce continent. Peu après, le Commandement US d’Europe, basé à Stuttgart, en Allemagne -et chargé des opérations militaires U.S. en Afrique subsaharienne -a augmenté ses activités en Afrique de l’Ouest, se centrant sur les pays ayant d’importantes productions ou réserves de pétrole dans ou autour du Golfe de Guinée (en gros de la Côte d’Ivoire à l’Angola). Le Commandement militaire US pour l’Europe consacre maintenant 70% de son temps aux affaires africaines, alors qu’elles avaient une part insignifiante encore en 2003.

Comme l’a remarqué Richard Haass, actuellement président du Conseil sur les Relations étrangères, dans sa préface au rapport publié par le Conseil en 2005 sous le titre Plus que de l’humanitarisme : une approche stratégique US de l’Afrique [More Than Humanitarianism: A Strategic U.S. Approach Toward Africa]: “À la fin de la décennie, l’Afrique subsaharienne est susceptible de devenir une source d’importations énergétiques US aussi importante que le Moyen-Orient.» L’Afrique de l’Ouest dispose de quelques 60 milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Son pétrole, à faible teneur en soufre, est un brut doux fort apprécié par l’économie US. Les agences et les boîtes à idées US prévoient qu’un baril de pétrole sur cinq entrant dans le circuit économique mondial dans la deuxième moitié de cette décennie viendra du Golfe de Guinée et que la part provenant du Golfe de Guinée dans les importations US passera de 15 à 20 % en 2010 et à 25% en 2015. Le Nigeria fournit déjà 10% du pétrole importé par les USA. L’Angola en fournit 4% et sa part devrait doubler d’ici la fin de la décennie. La découverte de nouvelles réserves et l’expansion de la production pétrolière sont en train de faire d’autres pays de la région des exportateurs importants de pétrole, notamment la Guinée équatoriale, São Tomé et Principe, le Gabon, le Cameroun et le Tchad. La Mauritanie deviendra un exportateur de pétrole en 2007. Le Soudan, limité par la Mer rouge à l’Est et le Tchad à l’Ouest, est un important producteur de pétrole.

À l’heure actuelle, la principale base militaire permanente US en Afrique est celle établie à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, qui permet aux USA le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. La base de Djibouti est aussi à proximité du pipeline soudanais (les militaires françaises ont depuis longtemps une présence militaire importante à Djibouti ainsi qu’une base aérienne à Abéché, au Tchad, près de la frontière soudanaise). La base de Djibouti permet aux USA de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique, qui est désormais considérée comme vitale pour leurs intérêts stratégiques – une vaste bande allant du pipeline Higleig-Port Soudan (1600 km) dans le sud-est au pipeline Tchad-Cameroun (1000 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un nouveau poste d’opérations avancées en Ouganda donne aux USA la possibilité de contrôler le sud-Soudan, où se trouve la plus grosse patrie du pétrole soudanais.

En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire US pour l’Europe a désormais établi des postes d’opérations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon-ainsi qu’en Namibie, à la frontière avec l’Angola, au Sud – qui impliquent l’amélioration de pistes aériennes, le stockage de réserves essentielles et de carburant ainsi que des accords (avec les gouvernements locaux) permettant le déploiement rapide de troupes US. En 2003 a été lancé un programme de contreterrorisme en Afrique de l’Ouest et en mars 2004, des Forces spéciales US ont été directement engagées dans une opération militaire avec des pays du Sahel contre le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui figure sur la liste des organisations terroristes dressée par Washington. Le Commandement US pour l’Europe est en train de développer un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée appelé la Garde du Golfe de Guinée. Il prévoit aussi la construction d’une base militaire navale US à São Tomé et Principe, qui selon, le Commandement US, pourrait rivaliser avec la base navale de Diego Garcia dans l’Océan indien. Le Pentagone est donc est en train de se mouvoir agressivement pour établir une présence militaire dans le Golfe de Guinée qui permettra le contrôle de la partie occidentale de la route transafricaine du pétrole et les réserves vitales de pétrole qui y ont été découvertes. L’Opération Flintlock (“Pistolet à pierre”), une manœuvre militaire de mise en route, a impliqué en 2005 1000 membres des Forces spéciales US. L’été prochain (2006), le Commandement pour l’Europe va conduire des manœuvres de sa nouvelle force de réaction rapide pour le Golfe de Guinée.

Ici, les canons suivent le commerce : les grandes entreprises pétrolières US et occidentales sont prises dans une course au pétrole ouest-africain et réclament de la sécurité. Selon le Wall Street Journal du 25 avril 2006, le Commandement militaire US pour l’Europe est en train de travailler avec la Chambre de Commerce US pour étendre l’emprise des entreprises US en Afrique dans le cadre d’une « réponse US intégrée. » Dans cette course économique aux ressources pétrolières africaines, les anciennes puissances coloniales, la Grande-Bretagne et la France, sont en compétition avec les USA. Mais sur le plan militaire, elles collaborent étroitement avec les USA pour assurer le contrôle impérial occidental sur la région.

L’escalade de la présence militaire US en Afrique est fréquemment justifiée par la nécessité de combattre le terrorisme et de contrer une instabilité croissante dans la région pétrolière de l’Afrique subsaharienne. Depuis 2003 le Soudan a été ravagé par une guerre civile et un conflit ethnique concentrés dans la région du Darfour, au sud-ouest (où se trouve une grande partie du pétrole soudanais), qui ont donné lieu à d’innombrables violations des droits humains et des massacres par des milices liées au gouvernement de populations de la région. Des tentatives de coups d’État ont eu lieu dans les nouveaux pétro-États de São Tomé et Principe (2003) e de Guinée équatoriale (2004). Le Tchad, dirigé par un régime brutalement oppressif protégé par un appareil de sécurité et de renseignements appuyé par les USA, a aussi vécu une tentative de coup d’État en 2004. Un coup d’État réussi a eu lieu en 2005 en Mauritanie contre l’homme fort soutenu par les USA Maaouiya Ould Taya. En Angola, la guerre civile a duré trois décennies – provoquée et alimentée par les USA, qui, avec l’Afrique du sud, ont organisé l’armée terroriste dirigée par l’UNITA de Jonas Savimbi – jusqu’au cessez-le-feu qui a suivi la mort de Savimbi en 2002. Au Nigeria, pays hégémonique dans la région, règnent la corruption, les révoltes et le vol organisé de pétrole, avec des parts considérables de la production pétrolière du delta du Niger qui sont siphonnées – jusqu’à 300 000 barils par jour au début de 2004. (16) L’apparition d’une insurrection armée dans le delta du Niger et le conflit potentiel entre le Nord musulman et Sud non musulman sont des sources majeures d’inquiétude US.

Il y a donc des appels incessants, avec un flot de justifications douteuses, à des « interventions humanitaires » US en Afrique. Le rapport du Conseil pour les Relations étrangères More than Humanitarianism insiste sur le fait que “les USA et leurs alliés doivent être prêts à prendre les mesures appropriées pour agir » au Darfour, au Soudan, « y compris des sanctions et, si nécessaire, une intervention militaire, si le Conseil de sécurité est bloqué pour le faire. » Parallèlement, l’idée que les militaires US pourraient être amenés avant longtemps à intervenir au Nigeria a été fortement agitée parmi les sommités et dans les cercles d’experts. Le correspondant de l’Atlantic Monthly Jeffrey Taylor écrivait en avril 2006 que le Nigeria était devenu “le plus grand État failli sur terre“, et qu’une poursuite de la déstabilisation de cet État ou son passage sous la coupe de forces islamiques radicales mettrait en danger « les importantes réserves pétrolières que l’Amérique a juré de protéger. Si ce jour devait arriver, cela donnerait le signal d’une intervention militaire bien plus massive que la campagne d’Irak. »

Mais les adeptes de la grande stratégie US s’accordent à penser que les vrais enjeux ne sont pas les pays africains en soi et le bien-être de leurs populations, mais le pétrole et la présence croissante de la Chine en Afrique. Comme le Wall Street Journal l’a écrit dans “L’Afrique émerge comme champ de bataille stratégique” (“Africa Emerges as a Strategic Battlefield”), « La Chine a fait de l’Afrique une ligne de front dans sa recherche d’une plus grande influence mondiale, triplant son commerce avec le continent , qui est passé à $37 milliards ces cinq dernières années, verrouillant les ressources énergétiques, concluant des accords commerciaux avec des régimes comme celui du Soudan et éduquant les futures élites africaines dans les universités et écoles militaires chinoises » Dans More than Humanitarianism, le Conseil pour les relations étrangères décrit le menace principale comme venant de la Chine : ” La Chine a altéré le contexte stratégique en Afrique. À travers toute l’Afrique, aujourd’hui, la Chine est en train d’acquérir le contrôle sur des ressources naturelles, éliminant les fournisseurs occidentaux des principaux projets de construction d’infrastructures et fournissant des prêts à bas taux et autres stimulants pour améliorer son avantage dans la compétition. » La Chine importe plus d’un quart de son pétrole d’Afrique, en premier lieu d’Angola, du Soudan et du Congo. Elle est le premier investisseur étranger au Soudan. Elle a fourni au Nigeria d’importantes subventions pour augmenter son influence et lui a vendu des avions de chasse. La plus grande menace, du point de vue des grands stratèges US, est venue du prêt à bas taux de 2 milliards de $ à l’Angola en 2004, qui a permis à l’Angola de résister aux exigences du FMI qu’il remodèle son économie et sa société selon des critères néolibéraux.

Pour le Conseil pour les relations étrangères, tout cela ne fait qu’aggraver la menace qui pèse sur le contrôle impérialiste occidental de l’Afrique. Vu le rôle de la Chine, écrit le Conseil dans son rapport, « les USA et l’Europe ne peuvent pas considérer l’Afrique comme leur chasse gardée, comme les Français voyaient autrefois l’Afrique francophone. Les règles sont en train de changer dans la mesure où la Chine cherche non seulement à accéder aux ressources, mais aussi à contrôler la production et la distribution de ressources, et peut-être même à se positionner pour obtenir un accès prioritaire à ces ressources, qui deviennent plus rares ». Le rapport du Conseil sur l’Afrique est tellement soucieux de combattre la Chine par le biais de l’expansion militaire US dans la région qu’il fait appel à nul autre que Chester Crocker, ancien secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines de l’administration Reagan , qui exprime sa « nostalgie mélancolique pour l’époque où les USA où l’Occident étaient les seuls puissances influentes et pouvaient poursuivre leurs… objectifs avec les mains libres. »

Ce qui est certain, c’est que l’Empire US s’est élargi à des parties de l’Afrique dans sa recherche rapace de pétrole. Il pourrait en résulter des ravages pour les peuples africains. Comme la vieille course à l’Afrique, cette nouvelle course est une lutte entre grandes puissances pour les richesses et le pillage – pas pour le développement de l’Afrique ou le bien-être de ses populations.

John B. Forster

Protégé : Confidences sur la guerre économique au Cameroun

In Diplomatie économique, Guerre économique, Interview, veille on 6 février 2008 at 6:46

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :