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Archive for the ‘Intelligence compétitive’ Category

Afrique – Les entreprises minières dans le collimateur du Saint-Siège

In Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique on 29 octobre 2009 at 6:01

AfriCommodities, partenaire stratégique de GwethMarshall Consulting, a été longuement cité sur la question de l’exploitation minière lors de la 2ème Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques qui s’est tenue du 4 au 25 octobre à Rome.  Se référant aux travaux du numéro 1 d’AfriCommodities, voici ce qu’écrit Eucharistiemisericor* le 27 octobre 2009:

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Business infos: les réseaux sociaux africains à la traine

In Brève, Débat, Intelligence compétitive, Management de l'information, Stratégie, veille on 18 octobre 2009 at 9:07

De toutes les communautés, les Africains sont ceux qui s’appellent le plus spontanément  « mon frère », « ma sœur », ou  « chéri »… Où qu’ils soient, quoi qu’ils fassent, qu’ils se connaissent ou pas, ils se reconnaissent. Ils n’ont quasiment pas besoin de formaliser un réseau. Ils se regroupent naturellement. La plupart de ces regroupements ne sont hélas pas encore  rentables en termes de renseignement et de business pour l’ensemble des participants. Pourquoi?

A la fin d’une enquête réalisée entre septembre 2008 et septembre 2009 sur un échantillon de sept groupes comptant entre 15 et 150 membres (évoluant peu ou prou dans le même secteur d’activités), j’ai constaté que chaque fois qu’un réseau est constitué d’individus originaires d’Afrique, environ 10% sont inactifs. 10% partagent des informations générales déjà publiées dans un journal, un site internet ou une rumeur. 20% partagent spontanément des renseignements précis. 60% sont en attente de gestes et d’informations dont ils ont besoin pour leurs affaires. Parmi ces derniers, seul 1/3 renvoie l’ascenseur dans les 6 mois suivants.

Pas besoin d’être un super analyste et encore moins un spécialiste de la question du don et du contre don pour en déduire que ces réseaux sont en majorité constitués d’individus par trop tournés vers leur seuls intérêts. La principale conséquence qui en découle est que les « frères et sœurs »  qui reçoivent sans donner sont démasqués et blacklistés au bout de 6 à 12 mois d’appartenance au réseau. Pour ceux qui comprennent en revanche que tendre systématiquement la main ou se laisser inviter (sans réelle contrepartie) sont le meilleur moyen de perdre en intérêt et influence, le win-win reste un incroyable accélérateur de business et de réussite.

Pour aller aux sources du malaise, lire :

Gaston Paul Effa, « Nous, enfants de la tradition », éditions Anne Carrière, 2008

Guy Gweth

Le risque d’investir en Guinée équatoriale

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Management de l'information, Risk Management on 29 septembre 2009 at 8:30

Le 30 août 1979, le colonel Teodoro Obiang Nguema accède au pouvoir à Malabo (capitale d’un État lilliputien de 28 051 km² situé dans le golfe de Guinée), à la suite d’une révolution de palais. A l’époque, la Guinée équatoriale est exsangue et le nouveau Président est obligé de faire appel au concours du Fonds monétaire international.

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Les développements de l’intelligence économique en Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 20 septembre 2009 at 4:00

Dans Le Monde diplomatique n°666[1], Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, écrit : « je reste, en effet, fondamentalement convaincu que celle-ci (l’Afrique) ne pourra résister aux défis de la globalisation qu’unie et solidaire. » Cette exigence d’unité et de solidarité vaut également pour l’intelligence économique (IE) dont la situation connaît d’énormes disparités sur le continent. Mais aussi inégaux soient-ils, les développements de l’IE au niveau des États, des entreprises, des éducateurs et des experts  doivent concourir à l’éclosion du désir de gagner ensemble que l’Union africaine appelle de ses vœux.

Les États

L’intelligence économique, ne nous voilons pas les yeux, tarde à être considéré comme un sujet d’importance vitale par les gouvernements africains. Sur ce point, les pays d’Afrique francophone (hormis le Sénégal et le Maroc dans une certaine mesure) peinent à emboiter le pas à la France où on observe de remarquables avancées. Malgré la barrière linguistique qui empêche de s’y intéresser de près, les meilleurs élèves du continent demeurent la Libye (2ème) et surtout l’Afrique du Sud (au 1er rang). 45ème pays le plus compétitif au monde[2], cette dernière a été classée 34ème dans le classement Doing Business 2009-2010 devant le Portugal (48), l’Espagne (62), la Chine (89), la Russie (120), l’Inde (133) et le Brésil (129). Le pays de Nelson Mandela attire 6,5 millions de touristes/an (soit trois fois la population du Gabon) malgré de graves problèmes d’insécurité.

Les entreprises

L’état des lieux décrit par Adrian Alvarez dans la dernière livraison de Competitive Intelligence[3] consacré à l’Amérique latine est applicable à l’Afrique. Invoquant les cas du Chili et du Brésil, Alvarez remarque : « Dans ces deux pays, les premiers départements de competitive intelligence ont vu le jour dans de grands groupes (tels que Unilever, Procter & Gamble)… » En Afrique, seules les multinationales comme Bolloré ou Progosa, MTN ou BMCE Bank… ont de vraies unités d’IE. La communauté des hommes d’affaires chinois diffuse également des bulletins d’alertes d’une redoutable efficacité dans la détection et la réponse aux appels d’offre. Certains grands groupes (de télécoms, énergie et transports) bénéficient d’informations concurrentielles obtenues par leurs ambassades grâce au matériel d’interceptions arrivé par la valise diplomatique. Les entreprises locales patientent.

Les éducateurs

Mise à part l’Afrique du Sud, le Sénégal semble être le seul pays africain où l’IE est officiellement enseignée en tant que spécialité. Au Burkina Faso, au Cameroun, au Maroc et à Madagascar notamment, des antennes locales d’universités ou de centres de formation français dispensent quelques heures de veille et d’IE à la française. Pourtant, dans Critical Success Factors in the Brazilian CI Process paru page 13 in Competitive Intelligence (vide supra), Fernando de Almeida, professeur à l’université de Sao Polo relève un détail d’importance: dans des cultures comme celles d’Afrique ou d’Amérique latine, « la communication, dit-il, passe par les mimiques (…) une partie seulement est exprimée de manière explicite, soit verbalement, soit par écrit. » Le refus et/ou l’incapacité d’intégrer la matrice culturelle locale dans les formations d’IE est pour le moins suspect.

Les experts-consultants

Parlant de businessmen dans le royaume chérifien, c’est Abdelmalek Alaoui qui résume à peu près la situation des professionnels africains de l’IE, « cette situation où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique »[4] Heureusement, quelques acteurs tels que l’AMIE, GwethMarshall Consulting (1er cabinet d’intelligence économique en Afrique centrale) et l’OAIE travaillent à fédérer les énergies des experts africains au profit de stratégies sous-régionales tournées vers une vision régionale.

Pour conclure son texte cité plus haut, Jean Ping avertit : « au moment où la Commission  est en passe de devenir l’Autorité de l’Union africaine, l’Afrique doit plus que jamais donner des réponses à ses citoyens et lever les incertitudes… » La mission première de l’intelligence économique n’est-elle pas de réduire l’incertitude?

Guy Gweth


[1] Le Monde diplomatique (supplément), n°666, septembre 2009

[2] Forum économique mondial de Davos, Rapport sur la compétitivité globale 2008-2009

[3] SCIP, Competitive Intelligence, volume 12, n°3, mai/juin 2009

[4] Alaoui (A), Intelligence économique et guerres sécrètes au Maroc, Le serpent à plumes éditions, avril 2009

Intelligence économique: les quatre vérités de l’OAIE

In Gestion de crise, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information on 6 septembre 2009 at 11:01

Joseph_BayeheLe 12 avril 2007, le site Outils Froids publiait un article de 20 lignes intitulé: “Le retour de l’organisation africaine de l’intelligence économique (OAIE).” En guise de conclusion, l’auteur exigeait des excuses et des explications de l’Organisation suite au report sine die du colloque “intelligence économique en Afrique, enjeux et perspectives” initialement prévu du 15 au 18 février 2006 à Dakar. Une demande légitime. Depuis, le temps a passé. Sans effacer les traces de ce qui s’apparente aujourd’hui à une crise mal gérée. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, j’ai invité Joseph Bayehe, Phd., directeur exécutif de l’OAIE pour un entretien vérité. Au nom de l’Organisation présidée par le Général Mamadou Mansour Seck, ancien ambassadeur du Sénégal aux Etats-Unis, il a accepté de me répondre. En exclusivité.

Guy Gweth: la décision de reporter in extremis la tenue du colloque de Dakar sus-mentionné s’est révélée extrêmement éprouvante pour l’OAIE et l’ensemble de ses partenaires. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Joseph Bayehe : il y a eu un mélange de plusieurs facteurs parmi lesquels : un problème de coordination au niveau du Comité scientifique, le départ d’un membre de l’équipe d’organisation, et le désengagement de certains de nos partenaires. Les partenaires qui sont restés et dont la participation était conditionnée par celle des autres ont tiré les conséquences par leur retrait, malgré eux. Je dois dire ici que les choses se sont passées très vite et il y a d’autres détails que je ne peux exposer ici et qui ont milité pour l’annulation.

Avez-vous des regrets ?

Des regrets, évidemment nous en avons. Nous avons mal communiqué ou pas assez communiqué sur les raisons du report-annulation de notre Colloque. Beaucoup d’acteurs africains et non africains de l’intelligence économique n’ont pas selon toute vraisemblance été informés.  Je comprends la réaction qu’ils ont eue par la suite et je saisis l’occasion que vous m’offrez à travers votre blog de présenter au nom de l’OAIE et à mon nom personnel toutes nos excuses à tous ceux qui ont été touchés d’une manière ou d’une autre par l’annulation du Colloque et leur demande de nous réitérer leur confiance. A ceux qui sont restés avec nous, qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde reconnaissance.

De nombreuses personnalités et institutions internationales étaient impliquées dans l’organisation de ce colloque qui sont toujours prêtes à suivre. Pouvez-vous en citer quelques unes?

Je citerai d’abord l’UEMOA et son président Soumaïla Cissé qui a compris depuis 2005 notre combat, et qui de tout temps a eu une oreille plus qu’attentive. La BAD et son Président Donald Kaberuka ; au niveau de l’Union Africaine aussi, du Nepad, de l’ACBF, du CRDI. Des personnalités telles Jacques Bonjawo, Paul Dishman, ancien président de la SCIP et bien d’autres encore. Nous sommes entrain de travailler pour la présence d’au moins deux chefs d’Etats africains. Le moment venu, tout sera dévoilé.

Alors que la guerre cognitive fait rage dans le cyberespace, comment justifiez-vous la relative carence des acteurs africains de l’intelligence économique sur le terrain de la communication stratégique et de la production des connaissances en ligne ?

Il s’agit probablement d’une question de culture et de l’absence d’un catalyseur. Je sais qu’ils sont nombreux les Africains qui veulent produire des connaissances en ligne. Mais ils ont besoin d’un milieu dans lequel ils peuvent s’exprimer, un cadre opératoire.

Il faudrait aussi faire  remarquer les orientations de la plupart des acteurs. Certains aimeraient plutôt mettre leur connaissance au service des entreprises qu’ailleurs. L’existence des blogs comme le vôtre poussera certainement d’autres à s’y investir.

Les Africains sont réputés solidaires. Arrivez-vous à expérimenter cette « solidarité africaine » sur le terrain de l’information et du partage des connaissances ?

Vous savez que chaque fois qu’on parle d’information au niveau des entreprises ou même des États, le mot prend une autre connotation et donne lieu à des réactions qui quelques fois n’ont pas lieu d’être. On n’arrive pas à faire la différence entre ce qui est pour soi et ce qui peut nous servir à nous, mais aussi servir aux autres sans qu’on perde sa compétitivité.

Cette solidarité n’est pas effective au plein sens du terme mais elle tend à s’installer déjà au niveau des intellectuels africains. La sensibilisation et la formation peuvent aider à changer la mentalité. On voit aussi la nécessité de créer des banques de données accessibles et interactives pour limiter la rétention de l’information et favoriser la culture au partage ./.

Vos chantiers thématiques pour la rentrée

In Benchmarking, Diplomatie économique, Intelligence compétitive, Intelligence sportive, Intelligence économique, Stratégie on 4 septembre 2009 at 8:50

Chers lecteurs,

Depuis janvier 2008, vous êtes plusieurs milliers à nous témoigner votre intérêt en consultant, en imprimant et en recommandant des centaines de pages de ce site. Nous vous en sommes reconnaissants. Car par vos commentaires et suggestions, grâce aux demandes toujours plus pointues des ONG’s et entreprises clientes, vous réussissez chaque jour à nous pousser à la conquête de nouveaux territoires d’investigations au profit de décideurs stressés par l’incertitude et des bouleversements constants. D’où ces chantiers thématiques.

Certains parmi vous le savent : si nous théorisons sur l’intelligence stratégique et la diplomatie économique, c’est davantage pour tenir en alerte nos publics-cibles, au plus pour sensibiliser l’opinion africaine, parfois échanger avec des collègues, éventuellement décoiffer les étudiants d’écoles bien pensantes et tracer des sillons aux générations futures, fût-ce modestement. Car l’intelligence, la vraie, ne se raconte pas. Non. Elle se pratique. C’est la substance de cette practice que nous allons exposer d’une manière plus cohérente.

L’objectif est de laisser les aspects pédagogiques de notre matière aux cabinets conseils, aux établissements supérieurs et autres centres de formation pour nous atteler à résoudre (ou tout au moins contribuer à solutionner) les problèmes d’ordre informationnel qui se posent aux États et aux entreprises ainsi qu’aux organisations de la société civile du Sud. Chaque thème abordé comprendra trois articles d’une page A4. Pas plus. Ce que Siméon Ombiono, notre ancien professeur de droit civil qualifie de « pluie d’idées dans un désert de mots. »

Seuls les articles protégés ou dictés par une actualité brûlante échapperont à la règle des trois billets. Chaque fois que cela sera possible, nous invoquerons le passé pour tenter de sonder le présent et nous projeter dans l’avenir. C’est Christian Harbulot, notre maître en infoguerre qui aime à rappeler que « les gens ont tendance à répéter leurs actes… » Cela est particulièrement vrai dans le cadre d’attaques informationnelles comme nous le verrons ensemble. Même en essayant d’innover, les lignes de forces de nos articles resteront celles-là.

Dans les jours qui viennent, nous aborderons tour à tour les thèmes de l’exception africaine en matière d’intelligence économique (en compagnie d’experts africains tels que Joseph Bayehe, directeur exécutif de l’organisation africaine de l’intelligence économique), la souveraineté des États africains en matière de télécommunications où nous montrerons avec l’aide d’ingénieurs comment l’Afrique est sur écoutes 24h/24. Suivront l’affrontement des compagnies aériennes dans le ciel africain, l’agriculture, le tourisme… etc.

Plus tard, le tirage au sort de la coupe du monde de football 2010 au pays de Nelson Mandela sera l’occasion d’approfondir le thème de l’intelligence sportive. Du coup de tête de Zidane aux soupçons portés sur le sprinter jamaïcain Usain Bolt, triple recordman mondial, en passant par les rumeurs lancées contre la championne sud-Africaine du 800 m Caster Semenia… Nous décrypterons les dernières techniques de déstabilisation en cours dans le sport de haut niveau avec l’espoir que l’Afrique remporte sa première World Cup.

Chers lecteurs, si ces chantiers thématiques devaient manquer leur objectif, merci de nous l’exprimer en pensant comme Montaigne que c’est « du choc des idées (que) jaillit la lumière. »

Bonne rentrée !

Guy Gweth

Le groupe Ben Laden à l’assaut du marché ouest-africain

In Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Leadership, Stratégie, veille on 28 juillet 2009 at 12:18

Après une timide offensive ces dernières années en Afrique subsaharienne, le géant saoudien, Saudi Ben Laden Group, se lance à la conquête de l’Afrique francophone conformément à la nouvelle politique d’investissement en direction du marché ouest-africain convenue par ses administrateurs au courant de la première quinzaine du mois de juillet 2009.

Passer à la vitesse supérieure

Cette option stratégique des décideurs de la multinationale saoudienne intervient au lendemain d’opérations de prospection fructueuses effectuées en Afrique occidentale, respectivement au Sénégal, au Mali et en Guinée, entre mai et juin. Le groupe Saudi Ben Laden, qui a décidé de promouvoir son image en Afrique subsaharienne face à la montée en puissance des firmes asiatiques – via son programme d’investissements 2010-2014 – entend passer à la vitesse supérieure. Dans le domaine des hydrocarbures, Saudi Ben Laden arrive sur le marché sénégalais. Compte tenu de sa position stratégique, la multinationale saoudienne a fortement manifesté son intention d’acquérir 34% du capital de la SAR (Société Africaine de Raffinage) aux côtés de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de la société à hauteur de 65,4%) et de la firme pétrolière française, Total, présente dans le capital avec 34,6%. Lourdement handicapée ces dernières années par les fluctuations du marché pétrolier mondial et les manquements de la politique énergétique du pays, la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui tournait quasiment à perte, serait en passe de sortir la tête de l’eau. Saudi Ben Laden a décidé de mobiliser un investissement de près de 250 milliards de FCFA à court terme pour redresser l’entreprise ainsi « sauvée » de justesse d’un dépôt de bilan (…)

Total reste prudent

Total adhère avec beaucoup de réserve au schéma d’engagement de capitalisation envisagé par Saudi Ben Laden qui passerait de 34% à 51% du capital dans les années à venir. Même si le pétrolier français est resté à la table des négociations avec le géant saoudien, l’heure est à la prudence côté français. A en croire une source proche du dossier, « Total pourrait ne conserver que 20% des parts contre 34% à l’heure actuelle, après la prise d’actions de Saudi Ben Laden à hauteur de 51% qui deviendrait l’actionnaire majoritaire ». Le reste du dispositif actionnarial sera partagé entre l’Etat et le personnel, selon cette source. Le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr a décliné les ambitions du groupe saoudien qui a inscrit dans le cahier de charges le liant à la SAR la création d’une raffinerie d’exploitation complète et qui alimentera en produits pétroliers les pays de la sous-région africaine. Dotée d’une capacité de stockage de 1,2 million/t, largement en dessous de la demande en énergie qui serait de l’ordre de 1,8 million, la SAR compte, via son nouveau partenaire stratégique, redonner un second souffle à la filière hydrocarbures. Saudi Ben Laden group devrait libérer une première tranche des fonds, estimée à près de 120 milliards de FCFA d’ici à fin septembre 2009.

Le Mali dans les rangs

Le consortium saoudien, qui poursuit son offensive sur le marché ouest-africain, est également annoncé au Mali pour un important projet d’investissements dans le secteur immobilier. Saudi Ben Laden figurerait sur la short-list des entreprises internationales ciblées par le gouvernement malien qui a lancé il y a deux mois un programme de 4850 logements à réaliser avant fin 2010. Des officiels saoudiens du groupe Saudi Ben Laden ont pris langue avec l’Office malien de l’habitat pour réaliser ces travaux sous forme de joint-venture public-privé. Déjà, on apprend que l’Etat malien a soumis aux partenaires financiers internationaux ce projet immobilier en juin dernier et que la Banque Islamique de Développement (BID) est pressentie comme chef de file des bailleurs pour son financement. Saudi Ben Laden, serait prêt à apporter une enveloppe de 60 milliards de FCFA en partenariat avec le secteur public malien.

Ismael Aidara

Protégé : Les fils de la veuve et l’héritage d’Omar Bongo

In Diplomatie économique, Gestion de crise, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Sécurité on 6 juillet 2009 at 3:10

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Evaluer la performance de l’intelligence économique

In Benchmarking, Débat, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique on 3 mai 2009 at 1:59

L’intelligence économique (IE) aura sa révolution le jour où elle fera scission avec l’idéologie. Pendant quelques années encore, la profession pourra s’appuyer sur l’esprit et la théorie de la défense nationale pour sensibiliser le personnel politique et les dirigeants d’entreprises dites stratégiques. C’est la phase des premiers pas et de la pédiatrie. Mais les vrais professionnels savent que cette posture ne durera pas ad vitam eternam. Arrivée à maturité (les Anglosaxons sont plus avancés) l’IE francophone devra se séparer de sa part affective pour devenir une discipline « mûre » comme le sont aujourd’hui le marketing ou l’audit comptable…, c’est à dire dotée de  règles de métier solides et reconnues, de pratiques éprouvées et d’outils pertinents pour évaluer sa performance individuelle  comme tout autre service de l’entreprise.

A l’heure qu’il est, les responsables d’IE au sein des grands groupes arrivent à peu près à communiquer sur leur métier en interne. Il est évident qu’un cadre dirigeant sensibilisé comme on l’a vu plus haut sera davantage enclin à écouter et à appuyer le responsable de veille ou d’intelligence économique. Des auteurs comme François Jakobiak font d’ailleurs du soutien du Top management la condition sine qua non à la réussite des acteurs d’IE. Mais lorsqu’Alex arrive en commercial pour vendre l’intelligence économique à un dirigeant de PME (à coup d’arguments sur la sécurité informatique, d’exemples de détection de nouvelles tendances ou en vantant l’efficacité des derniers outils de veille automatisée…) on lui prête souvent attention, s’enquiert du coût, calcule mentalement, guettant le moment idéal pour lui demander: combien ça va rapporter?

Thats’s the question ! Quel montant attribuer aux gains générés par l’IE dans une entreprise ? Les responsables des services marketing et communication arrivent déjà à chiffrer les bénéfices d’une campagne publicitaire, fût-ce de manière approximative. Pas nous. Pourtant, en période de crise, comme l’écrit Patrick Jaunant in Obectif Performance, « les entreprises ont tendance à lancer des ‘programmes de transformation’ de leurs fonctions métier et support en vue d’améliorer la performance » ; et les services marketing/communication sont les premiers qui passent à la trappe. Alors au nom de quels arguments l’intelligence économique résisterait-elle, étant entendu que le management ne dispose pas d’outils pour évaluer sa rentabilité financière et sa performance? C’est ici qu’émerge notre idée de benchmarking.

Lorsque dans certains pays, on commence à fixer des objectifs chiffrés à des unités de police, que dans la grande distribution les services de sécurité ont des minima d’arrestations/j à honorer, qu’au sein d’un gouvernement les ministres sont notés… la communauté des professionnels de l’IE est en devoir d’enquêter sur les outils de cette recherche de performance. Détecter de nouveaux entrants sur un segment, intoxiquer un veilleur hostile,  sonder les clients du concurrent, cartographier le réseau d’influence de ceux qui sont en face… C’est bien. Mais si le décideur ne suit pas ? Comment s’inspirer de Robert Kaplan et David Norton pour formaliser un Balanced Scorecard spécifique à l’IE ? Sans doute faudra-t-il une révolution pour poser ces questions dans la sphère francophone. Mais  c’est inéluctable.

Guy Gweth

Anticiper grâce au Management Profiling

In Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, veille on 20 avril 2009 at 6:29

Le magasine Competitive intelligence dans son volume 12, n°2 de mars-avril 2009 donne à lire un excellent article de Dale Fehringer sur le management profiling (MP). Bien que peu utilisé, le MP est un remarquable outil d’anticipation (des actions et stratégies concurrentes) aux mains des acteurs de l’intelligence économique et stratégique.

Avec l’humour qu’on lui connaît, Fehringer (ancien CI manager chez Visa International) rappelle qu’il est arrivé à l’intelligence compétitive le jour où son patron lui a demandé d’éviter qu’à l’avenir, son entreprise ne soit surprise par les activités des groupes concurrents. Devant l’ampleur de la tâche à lui confiée, Dale comprit très vite que dans son cycle de renseignement, les outils qui servaient habituellement à l’analyse ne suffisaient pas à prédire les décisions des concurrents. Il fallait les compléter. Fehringer pensa au management profiling.

D’après la Competitive Intelligence Foundation, seuls 13,8% de professionnels de l’IE utiliseraient le MP. Dale Fehringer explique cette situation par la difficulté des analystes à convaincre le Top-Management du bien fondé de cet outil. Pour avoir été confronté il y a quelques mois à un dirigeant de multinationale pour qui « ni le MBTI ni la PNL ni les deux mis ensemble ne fonctionnent avec les décideurs africains », j’avoue que la tâche n’est pas aisée d’autant que, mis à part les jugements de valeurs, les résultats du MP peuvent parfois se révéler approximatifs.

Pourtant, comme le montre Dale Fehringer dans son article, le management profiling combine deux facteurs clés : la biographie réelle et la psychologie de la cible. Les données ainsi récoltées doivent ensuite être décryptées à l’aide d’outils tels que le MBTI,  le FIRO-B, etc… Mais ce travail suffit-il pour autant à prédire comment va agir l’entreprise concurrente ? Pas sûr. Car « les entreprises ne prennent pas de décisions stratégiques. Les individus, si. » écrivaient Fleisher et Bensoussan en 2003. L’enjeu est donc de pénétrer la personnalité des décideurs d’en face.

Il me souvient que pour convaincre le dirigeant de multinationale que j’évoquais plus haut, on s’était arrêté à la simple analyse de son prénom, avant d’aller plus loin. – « Les Vincent aiment tirer les ficelles, voire manipuler. Exigeants, autoritaires et directifs, ils sont susceptible d’avoir, sous des dehors calmes, des accès de colère lorsque l’on s’oppose à leurs désirs… Orgueilleux, ils donnent l’impression d’être sûrs d’eux-même. Sensibles à leur image de marque, ils n’acceptent pas l’échec et font l’impossible pour se surpasser : n’êtes-vous pas le meilleur ? »

En analysant Les armes secrètes de la CIA (Gordon Thomas, 2006) j’ai eu confirmation qu’il y a une dizaine d’années à peine, les agences fédérales américaines (la CIA en particulier) continuaient d’employer des équipes mixtes de psychiatres, de psychanalystes, d’astrologues, de graphologues et même de voyants dans le cadre de missions de profiling et d’anticipation. J’ignore si cette pratique a perduré jusqu’à ce jour, mais le moins que l’on puisse dire c’est que les traces de cette application sont toujours visibles dans les productions hollywoodiennes.

Tout bien considéré, la vraie question est celle de la rigueur méthodologique. Lorsqu’il est adossé au cycle de renseignement classique (besoin, collecte, analyse, reporting, validation & feedback), le management profiling peut occuper une place de choix dans la boîte à outils du professionnel de l’intelligence économique et stratégique. Dale Fehringer et Melanie Wing en parleront plus longuement au cours d’une session intitulée “Using management profiling to predict competitor strategies” lors du Scip09 international Conference and Exibition à Chicago, Etats-Unis.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire: Guerre économique: la bataille pour le contrôle mental

Intelligence économique et guerres secrètes au Maroc

In Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Sécurité on 15 avril 2009 at 4:45

Abdelmalek Alaoui, associé gérant de Global Intelligence Partner et ancien étudiant de l’Ecole de guerre économique, a le mérite de poser les grandes problématiques auquel un pays doit faire face au risque de subir un déclassement économique mais aussi politique. Son livre, Intelligence Economique et Guerres Secrètes au Maroc, est à la fois un livre politique, visant à faire prendre conscience au Maroc de l’importance de l’IE, et un livre témoignage, montrant par l’exemple ce que peut apporter l’IE  [ ... ]

Le principal frein, selon A. Alaoui, au développement d’une politique d’intelligence économique est la résistance au changement qui est une pratique en grande partie héritée de l’époque coloniale (même si la présence française a ancré dans les têtes le « principe de précaution », indispensable à l’IE). Ce « tropisme français » s’est ainsi transformé en « maladie marocaine », une tendance au conservatisme qui se retrouve dans l’attitude économique. Selon A. Alaoui, le dirigeant marocain est frappé de « parisianisme » aigu.

De plus, « le Maroc a un système culturel où celui qui prend des risques fait figure de « mauvais joueur ». L’originalité jugée suspecte pousse à se méfier de celui qui en fait preuve et à le mettre sous contrôle. Le pays ne favorise donc pas l’aventure, l’imagination, la créativité, la prise de risque et l’ouverture aux idées nouvelles ».

Ce double frein culturel induit des insuffisances en matière de politiques d’intelligence économique : PME non sensibilisées, frilosité pour les partenariats public-privé, manque de culture du partage, opacité des circuits institutionnels fournissant des informations stratégiques, etc. Comme le dit l’auteur, « cette situation, où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique ».

Pourtant, le Maroc dispose d’atouts et doit aller de l’avant. « L’ambition du Maroc [...] doit être la création du « Marocain hybride », qui sait surveiller comme les Chinois, analyser comme les Français et agir comme les Américains. [...] Ce Marocain doit être agressif dans la mondialisation, informé des risques et opportunités et confiant dans son pays et ses gouvernants ». Or, cela amène à parler de la formation. Outre la nécessité de créer une agence marocaine d’intelligence économique ainsi qu’une doctrine, Abdelmalek Alaoui prône la création d’une « école de guerre économique marocaine, ouverte aux civils et aux militaires » permettant la formation de cadres de haut niveau.

Ainsi, pour l’auteur, la doctrine de guerre économique répond à un impératif absolu pour le Maroc, qui doit conserver un rythme de croissance au moins équivalent à celui des dix dernières années, au risque de ne pouvoir résorber de manière durable les inégalités. « Le pays a su identifier ses réserves de croissance et de développement mais n’a pas encore la maîtrise des outils pour pérenniser cette tendance positive ».

Sources : Infoguerre

Les entreprises africaines invitées au bal de l’IE*

In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, veille on 11 mars 2009 at 9:32

Le ministre nigérien du Commerce, Halidou Badjé, a invité ce mercredi, les entreprises africaines à maîtriser et protéger les informations stratégiques liées à leurs domaines d’activité.

La maîtrise et la protection de l’information stratégique est un facteur important pour tout acteur économique dans son élan d’accroissement et de développement, a dit M. Badjé en marge de l’ouverture d’un colloque international de trois jours sur « la compétitivité des entreprises et l’intelligence économique ».

Premier colloque du genre à être organisé au Niger, cette rencontre qui réunit des experts africains et européens, permettra d’élaborer des modèles d’actions au profit des entités étatiques et des entreprises, indique-t-on.

« Ce colloque intervient au moment où le Niger engage un programme de restructuration et de mise à niveau de ses entreprises (…) face au contexte de mondialisation et des APE », a souligné le ministre du commerce.

Le débat, a estimé M. Badjé, devra dépasser le cadre de ce colloque pour charrier toutes les composantes de l’activité économique notamment les universités et les Instituts de formation afin de permettre aux jeunes diplômés d’avoir des informations précises sur l’intelligence économique.

Selon lui, une étude menée récemment sur 147 entreprises de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a montré que celles ayant une sensibilité à l’intelligence économique connaissent une plus grande compétitivité.

Face à la concurrence acharnée sur le marché dans un contexte de globalisation, la compétitivité et le recours à une sécurité économique se révèlent comme une « préoccupation essentielle » pour tous les acteurs, selon Alain Pierre, l’administrateur général du groupe nigérien Fortinium, initiateur de ce colloque.

M. Alain Pierre a affirmé que l’intelligence économique gagne aujourd’hui en audience et connaît un développement certain, car sa pratique a servi le développement des économies du Nord et continue d’alimenter le secteur de l’innovation industrielle en Asie, en Europe et en Amérique.

Cependant, a-t-il regretté, cette discipline est peu connue en Afrique où le concept de l’intelligence économique reste « abstrait et ambigu » dans l’esprit du citoyen africain.

La rencontre de Niamey va déboucher sur un plan d’action stratégique pour l’instauration de l’intelligence économique dans les organisations et entreprises africaines, a expliqué Alain Pierre.

Il s’agit également de tendre vers la mise en route d’une dynamique de compétitive des entreprises africaines, a-t-il ajouté.

Fortinium group, porteur de ce projet, est né de la volonté de jeunes africains qui cumulent un historique professionnel dans divers domaines liés à la finance, la gestion, les technologies.

Source: DS/od/aft/APA

*IE: Intelligence économique

France : les atteintes à la sûreté de l’État ont explosé en 2008

In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Veille stratégique on 19 février 2009 at 8:39

De la violation du secret défense au pillage économique, la police du renseignement relève de plus en plus d’atteintes aux “intérêts fondamentaux de la nation” française.

Qui en veut à l’État et à ses secrets ? À en croire le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, les «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» ont augmenté de plus de 40 % l’an dernier, passant de 461 cas signalés en 2007 à 654 affaires transmises à la justice. Ici, c’est un petit génie de l’informatique qui tente d’infiltrer le réseau crypté d’une société nationale ; là, un internaute qui fait l’apologie de l’attentat suicide contre les personnels d’ambassade français au Maghreb ; ailleurs, un universitaire qui dévoile en ligne toutes les ficelles d’une technologie de pointe que les autorités voulaient protéger. Les affaires les plus délicates relèvent de la compétence de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) issue de la fusion des RG et de la DST.

«Complot», «trahison», «compromission du secret Défense», «intelligence économique » ou «avec une puissance étrangère» : les principales infractions concernées touchent à la sûreté de l’État. «Il peut s’agir d’un document classifié retrouvé au hasard d’une perquisition chez une personne non habilité à en connaître le contenu, d’une tentative de corruption d’un cadre d’une entreprise d’armement pour lui soutirer des informations techniques sur un système d’arme», explique un commissaire de police. «Nous constatons aussi beaucoup de disparitions d’ordinateurs contenant des fichiers sensibles», déplore un agent de renseignement de haut rang. «Il suffit qu’un fonctionnaire habilité se fasse voler son PC portable ou même son téléphone mobile contenant les numéros du service auquel il est rattaché pour que les faits soient aussitôt qualifiés d’atteinte au secret», nuance toutefois un magistrat spécialisé.

Toutes les procédures engagées par la police et la gendarmerie l’an dernier n’ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires. Mais elles ont justifié plus de 70 gardes à vue. Quatre personnes ont aussi été incarcérées.Les dossiers ouverts visaient 661 Français pour seulement 17 étrangers. Parmi les personnes mises en cause, on comptait 19 femmes pour 659 hommes. Et 10 mineurs.

Les contre-espions ne sont guère diserts sur le profil des 7 garçons et 3 filles de moins de dix-huit ans mêlés en 2008 à une affaire d’État. Un juge assure que «dans ce type de situation, le jeune se retrouve souvent impliqué pour avoir bravé l’interdit, par exemple, en cassant par jeu le code sécurisé d’une institution publique depuis son ordinateur ou pour avoir proféré sur un site des propos inconséquents malgré tout constitutifs d’une infraction».

Les affaires les plus importantes sont traitées à Paris par le pôle antiterroriste, au sein d’une section des atteintes au secret de la Défense nationale. Chaque juge antiterroriste traite 5 à 10 dossiers, essentiellement des affaires de compromission du secret défense liées à des contrats d’armement ou des notes des services de renseignement imprudemment divulguées. L’un d’eux concerne l’exploitation par le journaliste Guillaume Dasquié de rapports de la DGSE sur les menaces pesant sur les États-Unis avant le 11 septembre 2001. «Parfois, ce sont des noms de fonctionnaires agissant sous couverture qui sont livrés», regrette un magistrat parisien.

Pour le préfet Bernard Squarcini, patron de la DCRI, l’inflation statistique des «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» reflète avant tout la répression accrue engagée par ses services depuis leur récente restructuration. Il faut y voir aussi, selon lui, l’un des effets de la politique de sensibilisation au risque d’espionnage économique conduite par les préfets auprès des PME et des PMI en région.

Sources: Le Figaro

Tunisie: 2ème conférence internationale sur les SI et l’IE

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Management de l'information on 13 février 2009 at 7:35

L’évènement à Hammamet était, le 12 février 2009, l’ouverture de la deuxième conférence internationale sur les «Systèmes d’information et intelligence économique», SIIE’2009, organisée par l’Ecole Supérieure de Commerce Electronique de La Manouba et l’Université de Nancy.

Présidée par Malek Ghenima, directeur de l’ESCE La Manouba, Aris Ouksel, professeur à l’Université de Chicago et Sahbi Sidhom, professeur à l’Université de Nancy, la session d’ouverture était une occasion pour les intervenants de relever les principaux éléments de la compétitivité des organisations fondée sur la pratique de l’intelligence économique, l’ingénierie du savoir et l’usage des technologies de l’information et de la communication d’autant plus que l’intervention de l’invité d’honneur le Professeur, Ridha Methnani, chef cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de la Technologie a insisté sur l’importance de l’intégration d’une culture de veille stratégique, compétitive et technologique afin d’anticiper les phénomènes issus de la mondialisation, menaces et opportunités pour la protection des savoir-faire et des innovations.

« Les thèmes principaux de cette conférence portant essentiellement sur les systèmes d’information et intelligence économique sont opportuns du fait de l’impact de cet intelligence dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises tunisiennes dans un environnement changeant», a déclaré M. Ghenima, tout en ajoutant que « dans un monde exacerbé par la globalisation, la maîtrise de l’information est l’un des éléments essentiels de la veille stratégique et économique, permettant aux entreprises d’avoir la capacité d’analyser en temps réel les impératifs de leur environnement ».

« C’est une ère de risque où il est difficile de maîtriser les risques et de les évaluer », a souligné M. Sidhom, professeur à l’Université de Nancy. En effet, dans un contexte de grave crise financière et économique, les Systèmes d’Informations et l’Intelligence Economique deviennent plus que déterminants pour la compétitivité et la pérennité des entreprises. Cela dit, il faut attendre à ce que l’année 2009 soit « une étape charnière qui incombe aux dirigeants des entreprises la charge d’analyser minutieusement la sphère économique en investissant en matière des SI et exploiter a fond les opportunités par l’économie de savoir » a-t-il ajouté.

Invité d’honneur, le professeur Ridha Methnani, Ridha Methnani, chef cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de la Technologie, a insisté, lors de la présentation de l’allocution du ministre, Prof. Lazhar Bououni, sur l’importance de s’investir dans cette nouvelle discipline qui joue un rôle essentiel pour la performance, la compétitivité des actions stratégiques et la maîtrise ainsi que la protection de l’information qui sont devenues un enjeu majeur.

«La Tunisie a choisit de bâtir la société de savoir en investissant dans les Systèmes d’Informations et Intelligence Economique, en multipliant les réformes structurels ainsi que qualitatifs de l’enseignement supérieur et en renforçant la coopération internationale en la matière, indispensable pour s’approcher des standards internationaux » a-t-il ajouté. Une telle conférence, dédiée à des thèmes d’actualités, s’inscrit dans ce cadre, puisque « parmi, les aspects de la bonne gouvernance, la gestion adéquate de l’information semble être un atout majeur dans le processus de prise de décision par les entreprises et dans le renforcement de sa capacité à anticiper les mutations technologiques et économiques mondiales et l’amélioration de sa compétitivité », a-t-il déclaré.

La 2ème Conférence internationale SIIE 2009, 12-14 février 2009 à Hammamet en Tunisie est partie de ce constat. Les entreprises, les industries les universités et même les Etats commencent à s’investir dans cette nouvelle approche qui devient de plus en plus un catalyseur de l’économie de savoir, puisqu’elle se base sur la propagation de la culture de la performance, la compétitivité des actions stratégiques et la maîtrise ainsi que la protection de l’information qui sont devenues un enjeu majeur. D’autant plus que, la question de du rapport entre Système d’Information, Intelligence Economique et Processus de prise de décision est plus que jamais posée.

Sources : Webmanager Center

Les secrets de l’intelligence économique à la française

In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 5 février 2009 at 6:59

Dans l’Hexagone, tout se passe comme si les acteurs de l’intelligence économique avaient besoin -à l’instar de certaines loges- d’un peu d’ombre pour exister, d’un soupçon de lumière pour être reconnus, d’un subtil mélange de mystère et de publicité pour être recrutés et craints  tout à la fois. Étrange microcosme que ce lieu où, depuis l’affaire Ben Barka,  l’establishment économique et politique n’a jamais voulu s’unir au monde du renseignement autrement que par les liens du concubinage.

Dans « Particularisms of the CI profession in France » publié sur le site américain de la SCIP, nous avons mis en lumière quelques éléments factuels qui, à notre avis, empêchent un fonctionnement éthique des professionnels de l’intelligence économique (IE) dans l’Hexagone. Nous avons ainsi pu revisiter des affaires telles que la condamnation le 23 janvier 2008 par le tribunal de Bourg-en-Bresse d’un cabinet d’IE et son client à 30.000 euros d’amende pour violation de la vie privée,  l’affaire de la brigade des fraudes aux moyens de paiements (BFMP) qui éclata à Paris au matin du 13 mars 2008 ou encore l’affaire d’espionnage sur Olivier Besancenot qui mit le patron de Taser France dans le collimateur de la police parisienne dès le 14 octobre 2008. Après le décryptage des tendances lourdes qui s’en dégagent, nous avons dû constater qu’une bonne moitié des acteurs de l’IE opérant en France peine à se passer de  barbouzerie.

Le train de mesures envisagé par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, dans le cadre de son projet de loi visant à assainir les pratiques de cette profession dans le pays ne rassure ni les voisins de la France ni ses partenaires non-européens. En reprenant notre analyse sur le site Intelligence Matter, Andreas Romppel, président de la “Deutsches Competitive Intelligence Forum” s’est dit préoccupé par l’impact des pratiques françaises sur les grands projets de recherche au niveau européen. Situation paradoxale s’il en est, car pendant que les superpuissances redoutent la culture et le savoir-faire français en matière d’espionnage économique et industriel, l’Hexagone sécurise de l’intérieur et continue, sans état d’âme, de conquérir  des parts de marché dans les pays avancés ou émergents. On ne le dit pas assez: pour le french businessman, l’exploitation de sources ouvertes ou fermées aux fins de concurrence tient du réflexe.

Certes on continue de professer dans les amphis que ce sont les anciens de la police ou des services de renseignement d’État qui, par leurs pratiques border line, appellent l’opprobre sur la communauté de l’IE. Cette accusation n’est vraie qu’en partie. Prenez comme béquilles les jeunes gens sortis des universités ou des écoles de commerce avec un Master en intelligence économique. Scrutez attentivement leurs publications en ligne lorsqu’ils en ont. Vous verrez que 3/5 de leurs articles sont anonymes ou griffés par des initiales,  renforçant délibérément l’image d’une profession du secret. Or signer un article d’intelligence économique ou de biologie… sur un blog, un quotidien régional ou dans une revue scientifique fait dire à l’auteur:  « Je respecte mes lecteurs. J’ai qualité pour tenir ces propos. J’en assume la responsabilité. » D’où vient-il qu’on veuille se cacher lorsqu’on a l’éthique et la loi pour soi?

Dans les pays francophones de l’hémisphère sud, la tentation est grande d’importer de telles pratiques, comme en d’autres temps et domaines. Il faut faire attention à ne prélever chez nos amis français que ce qu’ils font de meilleur: l’analyse, l’engagement et la rhétorique.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lisez:

1. Peut-on démystifier l’intelligence économique?

2. Tout ce que l’intelligence économique n’est pas!

Intelligence économique au Cameroun : on sensibilise

In Communication d'influence, Diplomatie économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale on 25 janvier 2009 at 12:07

Dès sa création en 2007, GwethMarshall Consulting, leader du conseil en intelligence économique et stratégique en Afrique centrale[1], a développé quatre programmes citoyens. L’objectif : assurer une appropriation rapide et harmonieuse de l’esprit et des techniques d’intelligence compétitive par les groupes cibles. Le programme SIC[2] vise tout particulièrement à sensibiliser les autorités publiques locales et consulaires, les entreprises et chambres de commerce, les collectivités locales et la société civile ainsi que le secteur éducatif de la zone Cemac*. C’est dire si nous nous sommes réjouis de la tenue le 14 janvier dernier de la conférence de l’Acrie sur le thème « l’intelligence économique : une réponse à l’ère de l’information » à l’Institut africain d’informatique (IAI-Cameroun) de Yaoundé.

A l’invitation de Armand-Claude Abanda, représentant résident au Cameroun de l’IAI, Pascal Frion de l’Acrie (« premier réseau européen d’intelligence économique »)  a entretenu les étudiants en informatique sur les enjeux de l’intelligence économique (IE) dans un contexte d’hyperconcurrence mondiale. « L’intelligence économique, a-t-il dit, est une réponse à l’ère de l’information car elle propose des comportements, des méthodes, elle suscite que les individus et les organisations se motivent pour se questionner, chercher, traiter, diffuser et protéger l’information. » Pour le conférencier, l’ère de l’information se distingue de la logique des moyens et de la logique de résultats. Il faut opter pour une logique du choix.

Dans un langage simple, l’orateur a défini l’IE comme  « l’ensemble des actions conjuguées de questionnement stratégique pour identifier des besoins et des demandes, de la recherche d’information de ce qui nous manque, de traitement de l’information utile, de la diffusion de l’information pertinente, sans oublier  la protection de l’information discriminante. » Il a insisté sur l’idée de projet dans une démarche d’intelligence économique car pour lui, « sans projet, nous risquons la boulimie d’information et l’infobésité, ce qui occasionne de la perte de temps, de la frustration, une non performance, etc. L’intelligence économique (ponctuelle, pour décider et agir) se distingue de la veille (pour savoir). »

Parlant des nouveaux rapports de force internationaux, Pascal Frion avertit : «il faut donc être prêt, ponctuellement, à se battre légalement dans une guerre économique parfois délicate à identifier. C’est ce qu’on appelle l’offensive légale. De manière défensive, la veille doit nous tenir informé de manière régulière sur ce qui se passe autour de nous. Pour un Etat, ou pour une région (intelligence économique territoriale) il s’agit également d’aborder la géopolitique, la géoéconomie, etc. » L’orateur aurait pu profiter de ce paragraphe pour souligner l’idée de souveraineté et de patriotisme économiques qui sous-tend tout dispositif national ou régional d’IE mais le temps a sans doute manqué.

Grâce à son programme citoyen SIC, GwethMarshall entend diversifier ce type d’initiative en associant un maximum de théoriciens et de praticiens  venant d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe, un appui stratégique à la diplomatie économique des Etats de la Cemac. Avec l’ouverture prochaine d’une antenne sous-régionale de la SCIP[3], l’Afrique centrale entend jouer un rôle de premier plan en matière de stratégies concertées d’intelligence économique à l’échelle continentale. Ici, on a fait le choix stratégique de partir à la conquête des meilleurs pratiques mondiales d’IE (japonaises, étasuniennes, chinoises, britanniques et allemandes) sans oublier l’apport des écoles sud-africaines et françaises.

Ce sont les grand-mères bantu du Cameroun qui enseignent à leurs petits-enfants que « la sagesse c’est de recueillir celle des autres ».

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lisez :

Le novembre de l’intelligence économique en Afrique


[1] Afrique centrale (zone Cemac*) : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad.

[2] SIC : Sensibilisation à l’Intelligence Collective

[3] SCIP : Society of Competitive Intelligence Professionals

Maroc: l’Oriental à l’heure de l’IE régionale

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, veille on 24 janvier 2009 at 6:54

L’Agence de l’Oriental et la Wilaya organisent les premières journées scientifiques « Oriental.ma » sur le thème de l’intelligence économique régionale du 26 au 27 janvier 2009.

En proposant une réflexion sur ce thème, l’Agence de l’Oriental et la Wilaya, en collaboration avec les partenaires institutionnels nationaux et régionaux (Conseil Régional, Fédération Nationale des Chambres de Commerce, d’Industrie et des Services, Université, Centre Régional d’Investissement (CRI), etc.) et de la société civile comme l’Association Marocaine d’Intelligence Economique (AMIE), posent les jalons d’une démarche d’intelligence économique régionale pour l’Oriental.

En effet, plus aucun décideur, plus aucune organisation ne peut faire aujourd’hui l’économie de l’innovation, devenue une urgence. Il s’agit d’innovation ouverte et créative s’attaquant à tous les enjeux de notre vie sociale, économique et culturelle. La démarche s’impose plus encore dans le domaine du développement régional. Définir une stratégie de développement en connaissance de cause, qui tienne compte des ressources locales, et ambitieuse à la fois, la partager, la mettre en œuvre, nécessite la mise en place d’un système d’intelligence des situations économiques et sociales.

Il s’agit aussi d’identifier, de promouvoir et de défendre les enjeux clés de la Région, à partir de systèmes de veille et d’analyse. Il convient également d’anticiper les grandes évolutions et de comprendre par exemple les forces et les faiblesses des régions similaires, innovantes ailleurs dans le monde pour mieux coopérer. Cette nouvelle approche du développement des territoires fondée sur la maîtrise des méthodes de l’intelligence économique se développe en effet dans des pays comme la France, le Royaume Uni, mais aussi dans les pays émergents comme la Chine et l’Indonésie, dont les cas seront présentés lors de ces rencontres.

Une première étape a été franchie en croisant une diversité de regards et d’expertises marocains et français dans le cadre de la revue « Oriental.ma ». Elle prend en compte les expériences déjà organisées au Maroc en la matière, notamment la récente convention sur l’intelligence économique signée entre la Fédération des Chambres de Commerce, d’Industrie et des Services et l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie, en partenariat avec l’Association Marocaine d’Intelligence Economique et l’Association Internationale Francophone d’Intelligence Economique.

Pour aller plus loin et organiser des projets concrets sur la base de cette fertilisation croisée, l’Agence de l’Oriental et la Wilaya de la Région de l’Oriental, partenaires, invitent les auteurs de la dernière livraison de la revue, praticiens et experts, hommes d’entreprise ou de prospective à débattre avec les acteurs de la Région, à l’occasion des Premières Journées Scientifiques « Oriental.ma », sous le thème de l’intelligence économique régionale.
Ces rencontres s’organisent autour de quatre moments forts : échanges de pratiques à l’échelle internationale, pratiques nationales au Maroc, intelligence économique régionale dans l’Oriental, et enfin, dynamique de régionalisation et projets concrets d’intelligence économique à réaliser.

Le programme de Jumelage Institutionnel financé par la Commission Européenne et dont le séminaire de lancement s’est tenu le 16 janvier dernier, au siège de la Wilaya d’Oujda, concernant respectivement le jumelage de l’Agence de l’Oriental et l’Agence Andalouse de Coopération Internationale (Junta de Andalucia ; Espagne) et celui de la Wilaya et la Région de Galice (Espagne), contient parmi les activités à réaliser d’ici 2010 celles relatives à la mise en place de dispositifs d’intelligence économique et territoriale en faveur de l’Oriental.

Sources : 1. OujdaCity – 2. Yawatani

Le novembre de l’intelligence économique en Afrique

In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 1 décembre 2008 at 6:19

Séminaire d’intelligence économique à l’intention des hauts fonctionnaires de l’administration publique le 27 novembre à Dakar, conférence sur «l’intelligence économique et la veille technologique…» le 19 novembre  à Libreville, rencontre internationale sur le thème « Compétitivité et accumulation des compétences dans la mondialisation…» les 13-14 novembre à Rabat, 2èmes assises de l’intelligence économique les 10-11 novembre à Alger… L’effervescence qu’a connue l’intelligence compétitive en ce 11ème mois de l’année sur le continent mérite notre attention.

Comme un effet domino

On se souviendra longtemps de cette prémonition du Haut responsable français à l’intelligence économique, Alain Juillet: « l’intelligence économique (IE) sera au 21ème siècle ce que le marketing a été au 20ème. » Le vent d’IE qui a soufflé en Afrique centrale, du nord et de l’ouest en ce mois de novembre 2008 est en effet sans précédent. Comme par effet domino, de Libreville à Dakar, de Rabat à Alger, des spécialistes ont invité les décideurs à venir discuter des enjeux majeurs de la quête, de la protection, de la diffusion, du management stratégique de l’information utile face à l’exacerbation de la concurrence au niveau mondial.

De Libreville à Dakar

Au Gabon, Prosper Tonda Mabenda du Groupe d’études et de recherches sur la communication (GERC) rattaché à l’institut de recherches en sciences humaines (IRSH) de l’université Omar Bongo (UOB) s’est attelé à décrypter les enjeux et à sensibiliser les acteurs publics et privés aux vertus de l’intelligence économique pour le Gabon. Tonda Mabenda milite pour la création d’un « pôle d’intelligence économique national autour des secteurs vitaux et au sein duquel l’université et la recherche joueront un rôle éminemment stratégique ».

Au Sénégal, le séminaire organisé par le centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) et l’agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a été présenté par les autorités comme point de départ d’une politique publique d’intelligence économique au Sénégal. Cette rencontre a bénéficié de l’expertise de Christian Harbulot, directeur de l’EGE. Une formation de haut niveau devrait voir le jour dès janvier 2009 au sein du CEDS avec, à la clé, un diplôme supérieur spécialisé en intelligence économique et stratégique.

De Rabat à Alger

Au Maroc, les participants à la rencontre internationale organisée sous le patronage de Sa Majesté le roi Mohammed VI ont insisté sur le nécessaire partenariat éducation -secteur privé- secteur public pour faire face aux défis de la mondialisation. Ils ont plaidé pour une dotation d’aide à la création de structures d’intelligence économique pérennes au sein des collectivités territoriales et des entreprises. Une formation de haut niveau en IE devrait bientôt voir le jour au Maroc sur le modèle du 3è cycle spécialisé de l’école de guerre économique de Paris.

En  Algérie, il était question du début de la mise en œuvre des pratiques d’intelligence économique pour 2009. Organisées par le VIP Group, les 2èmes assises de l’IE ont attiré des cadres de l’administration et du privé. Après l’adoption en conseil de ministres d’un projet de loi contre la cybercriminalité, Alger attend désormais la nomination d’un directeur général de l’intelligence économique au ministère de l’industrie. Cette remarquable prise de conscience sur le rôle de l’intelligence compétitive en Afrique appelle cependant quelques mises en garde.

Entre Africains

Il n’y a pas d’intelligence économique sans stratégie. La volonté des Etats de se doter de dispositifs nationaux d’IE est un engagement de longue durée. Mais l’hyperpolitisation des centres de décisions est un frein. En l’absence d’experts indépendants capables de penser la stratégie des Etats sur 15-25 ans, il manquera toujours cette cohésion qui fait gagner une équipe. D’autre part, l’intelligence économique étatique est une question de souveraineté et de patriotisme économiques. La place laissée vacante par les acteurs africains de l’IE sur le terrain de la production des connaissances est occupée par la concurrence, mais il serait regrettable d’ignorer leur potentiel. Par ailleurs, nos liens privilégiés avec certains pays ne doivent pas limiter nos choix. Le Japon, la Chine et les Etats-Unis ont des dispositifs d’intelligence compétitive plus performants et plus proches de nos matrices culturelles.

Et si quelque barrière devait empêcher l’Afrique d’accéder aux meilleures pratiques, l’intelligence économique n’y serait que la continuation de ses erreurs par d’autres moyens.

Guy Gweth

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Dix clés pour comprendre les enjeux de l’IE en Afrique centrale

Intelligence économique et rivalités des puissances en Afrique

L’entreprise africaine face aux enjeux de la veille stratégique

Contre-intelligence: l’expertise d’une PME africaine

In Benchmarking, Guerre de l'information, Intelligence compétitive, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 18 novembre 2008 at 6:29

C’est l’une des curiosités de la société de l’information: les esprits les plus brillants sont parfois les moins connus. Ce constat est d’autant plus valable chez les professionnels de l’intelligence économique que les meilleures recettes sont aussi les mieux protégées. Aujourd’hui, je vous convie à la découverte d’une PME africaine dont les pratiques de contre-intelligence économique peu académiques, à peine coûteuses, fort discrètes et très efficaces forcent le respect de concurrents dotés d’énormes budgets de surveillance.

La contre-intelligence économique est un ensemble d’outils, de méthodes et d’activités de défense dont le but est de neutraliser ou détourner de manière légale toute opération d’espionnage ou d’intelligence économique concurrente ou hostile. Qu’elle soit défensive ou offensive, interne ou externe à l’organisation, la contre-intelligence a pour référence le cycle de renseignement. Elle peut  donc viser les questions des décideurs, la collecte des données y afférant, l’analyse de ces dernières, la protection et l’exploitation du renseignement à produire par l’organisation ou la partie adverse. Dans le cas de notre PME africaine, la ruse est au cœur du dispositif de contre-intelligence économique.

Avec ses 83 salariés, l’établissement Aurora* travaille depuis quatre ans sur un créneau innovant extrêmement porteur de l’avis des spécialistes interrogés. En moins d’une demi-dizaine d’années, la start-up a repoussé trois offres d’achats. Ses concurrents directs étant de grandes multinationales, tout ou presque a été tenté pour la faire plier : incitation des cadres à publier dans des revues internationales, invitations à des voyages d’études, benchmarking, elicitation, offres d’emploi fictives, débauchage, chevaux de troie via internet, tentatives de vol, manœuvres de déstabilisation… etc. En vain.

Pour y faire face, deux jeunes femmes de 26 et 29 ans à l’allure d’éternelles étudiantes animent à plein temps l’unité d’intelligence économique (U-IE) à laquelle est stratégiquement rattachée la communication interne et corporate de l’entreprise. C’est à la cadette que revient le pilotage du counter-intelligence unit: «  toutes les deux, on est à la fois les yeux, les oreilles, le nez, l’armure et le glaive de la compagnie », m’a-t-elle confié avant d’ajouter : « nous avons la chance d’avoir un boss et des collègues qui nous font totalement confiance, et pour rien au monde, on ne peut se permettre de faillir. »

Dans leur bunker** comme dans d’autres cellules d’IE, des banques de données  constamment mises à jour révèlent des cartographies détaillées de la concurrence, des ONG partenaires ou hostiles, de plusieurs centres de décisions politiques avec à chaque fois le profile des équipes dirigeantes, leurs postes, leurs réseaux et la typologie des stratégies d’intelligence compétitive qui en découlent… Sur le site internet de la PME, 1/5 des informations publiées vise à leurrer la concurrence (!) Et lorsqu’un veilleur hostile insiste sur un détail, notre duo de choc  lui poste un missile informationnel***.

Dans toute l’entreprise, seuls trois ordinateurs « préparés» sont connectés au réseau internet. Avec un savant mélange de vraies et de fausses informations codées par des mots de passe faciles à casser, l’unité d’intelligence économique nourrit copieusement ceux qui pensent avoir troué son dispositif de sécurité. En interne comme à l’extérieur, l’usage des e-mails, téléphone et fax est extrêmement réduit, les communications à distance sont brèves, cryptées et voilées. Entre collègues ou dans la relation-client, la direction de l’entreprise soutient mordicus que cette « petite restriction » accroit les contacts humains.

En plus des clauses de confidentialité et de non-concurrence (d’usage traditionnel dans ce type de structure), l’U-IE a conçu un manuel ludique de sécurité à l’adresse des employés. A chaque niveau de responsabilité correspond une petite histoire à raconter si une envie irrépressible de parler travail vient à prendre un salarié dans un avion, un taxi, un café, une conférence, en amour ou en famille… Grâce à une communication corporate adaptée à cet objectif stratégique, des liens étroits existent entre salariés qui ont fini par créer comme un cordon de sécurité autour du patrimoine informationnel de l’entreprise.

Depuis trois ans, ce dispositif de contre-intelligence économique (dont j’ai voulu la description  éparse) a causé de tels désagréments aux concurrents que certains ont suspendu la veille autour d’Aurora. Ce retour d’expérience devrait parler aux acteurs de l’IE chez qui la maîtrise des outils de veille électronique constitue l’unique fond de commerce.

Guy Gweth

* Pour des raisons évidentes, l’appellation « Aurora » est fictive dans ce cadre.

** Les missiles informationnels permettent d’injecter à l’adversaire des données toxiques  afin d’altérer son  jugement, voire de le compromettre.

*** Le bunker ici est constitué d’ordinateurs sécurisés jamais connectés à internet.

Sankara, le rêve ajourné d’une Afrique libre et compétitive

In Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Leadership on 15 octobre 2008 at 11:59

Capitaine Thomas Sankara, 38 ans, Président du Burkina Faso, assassiné à 16h le 15 Octobre 1987 à Ouagadougou, est le père naturel de l’intelligence stratégique africaine. 21 ans après la disparition du leader révolutionnaire, le continent noir n’a toujours pas trouvé un stratège de sa trempe. Le rêve d’une Afrique libre et compétitive dans le concert des nations est donc ajourné. Sine die.

Lorsqu’il accède au pouvoir le 4 août 1983, Sankara a déjà diagnostiqué, analysé la situation du continent et de son peuple. Très vite, sa stratégie révolutionnaire passe de la théorie à l’action. La Haute-Volta (nom de son pays à l’époque coloniale) devient Burkina Faso (le “pays des hommes intègres”). Le train de vie du gouvernement baisse (Le chef de l’Etat roule en Renault 5 ). La politique des institutions financières internationales de Bretton Woods en Afrique est démasquée. Les procès pour corruption sont radiodiffusés. L’excision des femmes est bannie et leur participation à la vie politique encouragée. Plusieurs écoles et institutions hospitalières voient le jour. Des millions d’arbres sont plantées pour faire barrage au Sahel. Les impôts agricoles sont supprimés. Les Burkinabès sont incités à produire et « consommer burkinabè»… En 4 ans de règne, le train de vie des citoyens s’est amélioré. Panafricaniste et tiers-mondiste, Sankara plaide la cause des plus pauvres à l’OUA comme aux Nations Unies et exige que l’Afrique soit libre pour pouvoir être compétitive à son rythme, avec ses propres valeurs. Mais le succès de ce jeune leader  charismatique ne fait pas les affaires des puissances prédatrices. Il faut le neutraliser avant qu’il n’aille plus loin et ne devienne particulièrement contagieux.

L’analyse des traitements de chocs activés dans le cadre des stratégies de puissance ciblant un ennemi ou une chasse gardée en phase d’émancipation révèle un mode opératoire en 2 étapes: une phase de destruction et une phase de reconstruction, ayant chacune trois objectifs. Ce schéma a été appliqué dans l’opération d’élimination de Sankara, avec de lourdes conséquences pour l’Afrique.

Pour détruire, il faut nécessairement:

1. Décapiter le mouvement d’émancipation en faisant supprimer son leader (de préférence par ses proches). Cf: Patrice Lumumba, Steve Biko, Ruben Um Nyobe…;

2. Disperser, puis opposer les énergies fédérées par le leader disparu;

3. Dissuader durablement toute initiative semblable à celle du leader supprimé.

Il est aisé d’observer l’effet anesthésiant de cette stratégie de la violence aux Etats-Unis où certains Africains-Américains veulent s’abstenir de voter pour Barack Obama de peur qu’il ne soit assassiné à l’instar d’autres leaders Noirs avant lui, Martin Luther King ou Malcom X… Comme si les partisans de McCain avaient oublié que Abraham Lincoln et John Kennedy furent, eux aussi, brutalement neutralisés…

Pour reconstruire, le suzerain doit :

1. Remplacer le leader supprimé par son bourreau ou un frère-ennemi;

2. Assurer à ce dernier, impunité, sécurité et longévité au pouvoir;

3. Obtenir en échange un vassal absolu à la tête d’un pays satellite.

A quelques nuances près, c’est dans cette ténébreuse situation que se trouve la majorité des pays africains, un quart de siècle après la révolution sankariste.

Mais au bout de 21 ans de cris et de lamentations, continuer à pleurer sur la mémoire de ce vaillant combattant, c’est donner force et raison à l’adversaire, c’est continuer de diffuser le poison de la peur qui gît dans son assassinat. Il faut plutôt poursuivre son combat. Car si le fils des « hommes intègres » revenait, nous serions bien confus de confesser que nous n’avons fructifié aucun de ses talents, lui qui donna sa vie pour sauver l’Afrique. Il savait que celui qui le trahirait partageait sa table et ne se déroba pas. De même que lors de son arrestation, Jésus demanda à Pierre de ranger son épée, de même Sankara demanda-t-il à ses gardes, au moment fatidique, de laisser faire : « C’est moi qu’ils veulent ! » Il sera exécuté quelques minutes plus tard à l’arme automatique. Voilà pourquoi le sankarisme apparaît comme un christianisme du développement. Un modèle de sacrifice, d’amour et d’espérance. 

Guy Gweth

Ouvrages consacrés au Capitaine Thomas Sankara

Vaincre une rumeur malveillante et traquer la source

In Contre-Intelligence stratégique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence compétitive, Sécurité on 1 octobre 2008 at 5:45

Début septembre 2008, un riche homme d’affaires du nord Cameroun défraie la chronique de manière inattendue. Par ce matin froid et sec à Maroua, le journal local, L’œil du Sahel, titre à sa une: « Un milliardaire distribue le Sida » ! C’est le début de « l’affaire Yaya Bello ». L’accusation est-elle fondée ? La rumeur n’en demande pas tant. Seule compte la perception de l’opinion publique. Le scoop fait l’effet d’une tempête locale. Malgré l’achat rapide de la quasi totalité des exemplaires de « l’édition mortelle » par les hommes de main du businessman, le vin est tiré. Il faut le boire. Pour  ce milliardaire comme pour  toutes  les victimes des opérations de déstabilisation par la rumeur, rien ne sera plus pareil. Jamais.

La rumeur est un bruit de fond social qui court comme « la maladie d’amour dans le cœur des enfants » de tous âges. C’est une information non officielle qu’il fait bon transmettre sans vérifier. Très prisée dans le cadre d’opérations noires, elle peut être le fait d’individus isolés, de groupes d’intérêts économiques, politiques ou militaires… et bien sûr des services secrets. Elle peut être scientifiquement conçue, testée et injectée dans des foyers propices à son expansion. Elle vise généralement à déstabiliser, à décrédibiliser, à « anéantir » une personne physique ou morale, à modifier l’attitude d’un groupe-cible, à l’intoxiquer ou à soulever des populations. Parmi les intrants qui la composent, les plus exploités sont l’argent, le pouvoir, le sexe, la maladie et la mort. Semblable à un cyclone, on peut déterminer d’où elle part mais jamais où elle va s’arrêter. Dame rumeur se nourrit de nos peurs, de nos croyances, de nos fantasmes; et voyage aux frais de la princesse. A moins de s’y attaquer de manière professionnelle, son espérance de vie est illimitée.

Le Cameroun par exemple est un excellent site d’expérimentation de ce phénomène où de toute façon, la justice -quand elle est saisie- n’agit évidemment qu’a posteriori. Au nombre des plus folles rumeurs ayant le plus impacté sur la réputation du personnel politique de ce pays au cours des vingt dernières années, citons : l’histoire du serpentologue de la Cameroon Radio & Television (CRTV) en 1999, le décès du président Paul Biya en Suisse en 2004,  la liste complète des homosexuels du Cameroun en 2006, ou encore  la préparation d’un coup d’Etat à Yaoundé en 2007. A ce jour, aucune des ces opérations n’a été officiellement élucidée. L’attaque qui vise Yaya Bello, sous réserve de la véracité de l’information publiée par L’œil du Sahel, renforce localement la thèse d’un transfert de la rumeur, en tant qu’arme d’infoguerre, de  sa sphère sociopolitique habituelle au champ économique. Une tendance lourde.

Même en disposant d’un excellent réseau de capteurs de signaux faibles dans les principaux « foyers d’incubation» du phénomène (armée & police, hôpitaux & prisons, presse, forum internet & mailing-list, grandes écoles & universités, points de passage des diplomates & de l’élite locale…), il est extrêmement complexe de noyer, de dévier ou de retourner une rumeur malveillante, encore moins de tracer son auteur. Et pourtant, une attaque par l’information suffit à démolir en un jour une vie entière passée à bâtir une famille, une entreprise, une carrière ou votre réputation. En essayant de plaider sa propre cause au cours d’une interview, sans le coaching de professionnels sûrs, Yaya Bello s’est enfoncé comme on ne le souhaite à personne.

Heureusement, le décryptage minutieux et l’analyse comparée des modes opératoires des 23 plus grandes opérations de déstabilisation par l’information en Afrique centrale au cours des 10 dernières années nous permettent aujourd’hui d’affirmer que la rumeur n’est pas une fatalité. Loin s’en faut. Si elle est détectée et traitée à temps par des professionnels, elle laissera au pire de très légères cicatrices. Autre bonne nouvelle pour ceux qui l’ont testée: notre système de contre-offensive RALE (Retour à l’envoyeur) peut produire dans certains cas, en fonction de la loi et des coutumes du groupe-cible, des effets irrémédiables chez l’auteur (ou la chaîne de production) d’une rumeur d’origine non-étatique visant à ternir votre image.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire aussi :

A Review of Notable Political Rumors from Cameroon

La rumeur d’Orleans, une brève présentation in Wikipedia

Des mailing-list africaines exploitées pour déstabiliser Coca-Cola,

La déstabilisation de Valérie Bègue, Miss France, expliquée à ma grand-mère

Et voici Link Project pour identifier les acteurs humanitaires!

In Intelligence compétitive, veille on 25 septembre 2008 at 5:34

Créé par la fondation Louise Blouin avec l’aide de Google, le site Link Project facilite la mise en relation des acteurs du développement en offrant un accès libre et gratuit à ses bases de données.

Google faisait déjà preuve de philanthropie avec Google.org. Le moteur propose désormais son expertise à des organismes à but non lucratif : il a participé au développement de l’outil de recherche Link Project, dédié au secteur humanitaire. Mis en place par la fondation Louise Blouin ce site d’information gratuit recense toutes les données publiquement accessibles à propos d’environ deux millions d’organisations philanthropiques et non gouvernementales, que ce soit dans le secteur de la santé, la pauvreté, l’éducation etc. “Cette innovation technologique devrait permettre aux divers acteurs du développement d’avoir une meilleure connaissance des projets analogues aux leurs dans telle ou telle région“, déclare Louise Blouin. “Ils pourront ainsi développer des partenariats, éviter les doublons et accroître leur efficacité“. Les données recensées seront les plus larges possibles : contacts, résumé du profil des organismes, recensement de leurs programmes, mesure de leur efficacité, paramètres financiers etc.

Favoriser la concertation et éviter les doublons

Toutes ces informations seront délivrées sous une forme standardisée permettant aux visiteurs du site de mieux s’y retrouver. Le Link Project compte ensuite sur les ONG elles-mêmes pour prendre en charge la mise à jour de leurs profils. Ces associations pourront notamment créer leurs propres liens en direction d’autres acteurs humanitaires apparentés, que ce soit par types d’initiatives ou zones géographiques. Le Bureau des Nations Unies pour les partenariats est censé battre le rappel de nombreuses agences humanitaires pour donner corps au projet. “Le lancement d’une nouvelle plate-forme d’information ne peut qu’être une bonne chose. Cela permet de créer des communautés virtuelles dont les acteurs, lorsqu’ils sont membres du secteur privé et de la société civile, sont difficiles à rassembler“, déclare à L’Atelier Axel Plathe, chef du bureau exécutif du secteur de la communication et de l’information de l’UNESCO.

Problèmes de culture et de ressources humaines

Ce dernier explique toutefois que l’optimisation du Link Project n’ira pas de soi. Citant l’exemple de Development Gateway, il rappelle que ce portail créé par la Banque Mondiale n’a permis de créer que peu de contacts réels. “ Les outils technologiques mis à disposition des ONG ne sont pas suffisamment utilisés. Il y a là un problème de culture de travail mais aussi de ressources humaines : la mise à jour des données sur les sites prend du temps“. De tels projets doivent enfin composer avec la susceptibilité des acteurs. Certains pourraient reprocher à Google sa monopolisation des contenus, comme l’Etat français le fait déjà avec la bibliothèque numérique du moteur de recherche. Rappelons que le réseau Devex favorise également la collaboration entre les professionnels de l’aide internationale en leur donnant accès à de très nombreuses informations sur le marché de l’humanitaire. L’inscription à ce site est cependant payante.

Sources : l’Atelier

Intelligence économique & Renseignement: l’incestueuse union en débat

In Débat, Intelligence compétitive on 30 juillet 2008 at 5:22

« Il existe un lien fort entre intelligence économique et  renseignement dont nul ne peut ignorer la réalité. Le jeu de cache-cache sémantique sur lequel repose le concept d’intelligence économique en France occulte certaines réalités qu’un examen attentif de la fonction renseignement doit permettre d’éclairer. Les fondements théoriques de cette discipline mis à mal par des contraintes opérationnelles nouvelles et un environnement marqué par l’explosion des technologies de l’information doivent être entièrement révisés sur les nouvelles bases que nous imposent ces réalités retrouvées.

« L’intelligence économique souffre d’une image déformée par le poids des mots que chacun voit se profiler derrière l’idée. Nul ne peut ignorer en effet que l’anglicisme intelligence masque en réalité le renseignement, lui-même soupçonné de camoufler l’espionnage auquel il est la plupart du temps assimilé. Ce double jeu de cache-cache sémantique, qui freine les développements pratiques dans l’entreprise du concept d’intelligence économique malgré l’indéfectible soutien des pouvoirs publics et de l’université, traduit en réalité un grave retard théorique et méthodologique dont souffre le renseignement. La grande mutation que vit ce dernier pour faire face au bouleversement des menaces et relever des défis sécuritaires nouveaux devrait pourtant nous inciter à travailler au renforcement d’un socle théorique dont aucune réforme d’envergure ne peut faire l’économie.

« Dans Le Monde du 5 juillet 2008, Isabelle Mandraud[1] constate, à propos de l’arrivée prochaine au poste de directeur général international de la société Gallice Security d’un ancien patron du service action de la DGSE, que le secteur privé de l’intelligence économique, poursuivant son expansion, continue d’aspirer des responsables de la sécurité publique. Elle note à cette occasion que le secteur privé, petit à petit, grignote ainsi des missions jusqu’ici considérées du domaine régalien. Cette information, rapprochée de plusieurs affaires récentes qui ont amené les médias, comme le constate Christian Harbulot dans un éditorial récent[2], à se repencher sur les liaisons dangereuses entre le monde de l’intelligence économique et celui du renseignement privé, incite à s’intéresser à la nature du lien qui existe entre intelligence économique et renseignement. Son caractère équivoque, que l’ambiguïté du vocabulaire contribue à favoriser malgré les innombrables tentatives d’éclaircissement de la part des autorités, montre bien qu’un effort important est encore à faire en matière de définitions… »

Lire l’intégralité de l’excellent article de Francis Beau:

Intelligence économique et renseignement: dix réalités fondamentales pour un renouveau du renseignement, publié le 30 juillet 2008 in AgoraVox.

Dans le même ordre d’idées, lire également l’article de Guy Gweth:

Peut-on démystifier l’intelligence économique ?, publié ici le 9 mars 2008.

IE: le benchmarking des groupes d’autodéfense en Afrique centrale

In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 juillet 2008 at 5:46

La crise économique qui traverse la zone Cemac depuis plusieurs années a considérablement fragilisé l’appareil étatique dans l’accomplissement de certaines de ses missions régaliennes. Une partie de ces dernières est ainsi tombée dans le champ d’activités des promoteurs privés, des bailleurs de fonds, des églises, des Ong… et des associations en bonne place desquelles les groupes d’autodéfense.

Nés de l’insécurité et de la montée du grand banditisme, les groupes d’autodéfense sont l’œuvre des jeunes de quartiers, costauds, solidaires, scolarisés ou non. Leur objectif est de sécuriser leur territoire. En alternance, ils veillent de jour comme de nuit. Ils surveillent les environs, collectent des informations, notent tout mouvement suspect. Ils ont le soutien plein et entier des populations locales. Y compris financièrement. Les criminels les redoutent. Les pouvoirs publics les observent. Un nouveau rapport de forces voit le jour dans les cités. Mais très vite, certains groupes franchissent la ligne jaune. Ils se prennent à arrêter des malfrats, à les juger devant des tribunaux populaires, à exécuter les peines par eux-mêmes. Il arrive qu’un membre du groupe cherche à se venger d’un rival et le dénonce comme « malfaiteur », poussant parfois à commettre l’irréparable. Embarrassé, l’Etat rend justice, tout en reconnaissant implicitement l’aide exceptionnelle de ces entités de facto, non prévues par les lois de la république. Il faut les encadrer.

Du 25 au 27 février 2004, alors que j’assure le pilotage d’Interconsult Cameroon, j’organise avec l’aide de bailleurs de fonds allemands, une session nationale au centre Jean XXIII de Mvolyé, à Yaoundé, afin de sensibiliser ces groupes au respect des droits humains. Pour mener à bien cette mission sans précédent, j’invite des experts de haut niveau dont l’ancien préfet Jean-Marie Ndongo et surtout Bell Luc René, ancien gouverneur et ex-délégué général à la sureté nationale. Ils nous font l’honneur d’accepter. Dans son propos liminaire, l’ancien chef de la police camerounaise tient à préciser que si l’Etat tolère les groupes d’autodéfense, c’est en réalité dans une logique stratégique visant à pénétrer les zones dites sensibles, grâce au soutien informationnel des habitants, dans le but de mieux gérer et garantir la sécurité publique.

La stratégie d’intelligence économique que nous impulsons dans la zone Cemac a tout appris de ce schéma contextuel. Face à l’exacerbation de la concurrence, à la réduction des moyens de l’Etat, nos entreprises se regroupent aussi bien par région que par secteurs d’activités. Moins fragiles et plus audacieuses, elles travaillent ensemble autour d’une plateforme d’information sécurisée avec la collaboration, voire, l’impulsion de l’Etat. Peu à peu, ce dernier diminue ses fonctions opérationnelles pour davantage se consacrer à son rôle d’Etat-stratège. Ces plateformes visent la défense et la compétitivité par la transformation du renseignement économique en outils de création et de protection des richesses. Rien à voir avec un quelconque protectionnisme. La vérité est que  les compagnies se prennent en main pour agir dans le respect bien compris des règles de saine concurrence. Elles n’ignorent pas qu’en définitive, c’est aux pouvoirs publics d’assurer les missions de contrôle, de protection des personnes, des biens, et donc des entreprises implantées sur l’ensemble du territoire national. Mais elles gagnent en assurance. L’Etat devient clairvoyant. La Cemac peut voir venir.

Des jeunes de quartiers qui inspirent une stratégie d’intelligence économique aux entreprises? Il fallait y penser.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lisez:

Pratiques de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine

Guerre économique et légitime défense préventive

In Guerre de l'information, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Prospective on 17 juillet 2008 at 2:35

L’une des limites normatives au concept de guerre économique est l’absence de déclaration de guerre, au sens du droit international. C’est pourquoi, à la faveur provisoire d’une exploitation métaphorique, nous conviendrons ici qu’il s’agit davantage d’une guerre non conventionnelle,  immatérielle dans la majorité des cas, plus agressive que préemptive, très souvent asymétrique, le faible essayant généralement de surprendre le fort par la ruse.

Une bonne partie des enseignements dispensés à l’Ecole de guerre économique de Paris repose sur les techniques de guerilla ou celles de la guerre hors limites telles que conceptualisées par les deux colonels de l’armée de l’air chinoise Liang Qiao et Xiangui Wang. L’effet de surprise est ainsi le facteur clé de succès des opérations d’infoguerre. Le 1er qui frappe l’emporte. Et même si la vapeur se renverse avec le temps, les dégâts causés aux personnes physiques ou morales lors d’attaques informationnelles sont souvent lourds. Voire irrémédiables pour les victimes. La croissance exponentielle de la cybercriminalité révèle au grand jour l’incapacité chronique des Etats à garantir la protection du patrimoine informationnel des entreprises ainsi que l’intégrité de l’espace virtuel des citoyens.

Devant cette réalité, convenons cette fois encore qu’attendre d’être attaqué pour  éventuellement réagir, c’est signer son propre arrêt de mort par procuration. Mais en l’absence d’un Droit de la guerre économique, d’un jus cogens spécifique à cette forme mutante et grandissante d’agression, face à l’impossibilité –en temps réel- de distinguer un combattant d’un non-combattant, la surveillance permanente de l’environnement des entreprises et le renseignement économique deviennent une nécessité impérieuse. Vitale. C’est sur cet impératif de sécurité que je fonde mon idée d’importer la légitime défense préventive sur le terrain de la guerre économique.

Dans son très bel ouvrage, La guerre préventive et le droit international paru en janvier 2007 aux éditions Dianoïa, mon ancien professeur de droit international à l’Université de Yaoundé II, Narcisse Mouelle Kombi, récuse à juste titre le motif de légitime défense préventive invoqué par le gouvernement Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003. Il y rappelle fort à propos que « le droit international est dans son essence et sa finalité, un droit préventif de la guerre ». Je le lui concède. Sauf qu’ en 1967 (guerre de six jours), 1975 (contre les camps palestiniens au Liban) et 1981 (pour détruire un réacteur nucléaire susceptible de nuire à l’Etat hébreu), Israël avait déjà fait école en convoquant la légitime défense pour motiver ses frappes préventives, se fondant en cela sur le célèbre pacte Briand Kellog du 26 août 1928.

Depuis ce pacte en effet, la quasi totalité des instruments juridiques internationaux reconnaît qu’il n’y a pas entorse au jus cogens « si les coups portés sont commandés par la nécessité de se défendre soi-même ou de protéger autrui ». Un acquis transférable à la guerre économique sous certaines conditions bien précises:

Primo, que grâce aux signaux faibles, l’attaque adverse soit jugée imminente.

Secundo, que la frappe soit proportionnelle à la gravité de l’attaque imminente.

Tercio, que la justice soit saisie a posteriori. A charge pour X de réparer les dommages causés à Y, en cas d’erreur ou d’abus  dûment établis par les autorités judiciaires compétentes.

En attendant, force est de constater que sur ce terrain mouvant et dangereux, l’Etat de droit restera pendant longtemps encore  l’adversaire le plus vulnérable d’entre tous.

Guy Gweth

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