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Archive de la catégorie «Intelligence sportive»

Vos chantiers thématiques pour la rentrée

In Benchmarking, Diplomatie économique, Intelligence compétitive, Intelligence sportive, Intelligence économique, Stratégie on 4 septembre 2009 at 8:50

Chers lecteurs,

Depuis janvier 2008, vous êtes plusieurs milliers à nous témoigner votre intérêt en consultant, en imprimant et en recommandant des centaines de pages de ce site. Nous vous en sommes reconnaissants. Car par vos commentaires et suggestions, grâce aux demandes toujours plus pointues des ONG’s et entreprises clientes, vous réussissez chaque jour à nous pousser à la conquête de nouveaux territoires d’investigations au profit de décideurs stressés par l’incertitude et des bouleversements constants. D’où ces chantiers thématiques.

Certains parmi vous le savent : si nous théorisons sur l’intelligence stratégique et la diplomatie économique, c’est davantage pour tenir en alerte nos publics-cibles, au plus pour sensibiliser l’opinion africaine, parfois échanger avec des collègues, éventuellement décoiffer les étudiants d’écoles bien pensantes et tracer des sillons aux générations futures, fût-ce modestement. Car l’intelligence, la vraie, ne se raconte pas. Non. Elle se pratique. C’est la substance de cette practice que nous allons exposer d’une manière plus cohérente.

L’objectif est de laisser les aspects pédagogiques de notre matière aux cabinets conseils, aux établissements supérieurs et autres centres de formation pour nous atteler à résoudre (ou tout au moins contribuer à solutionner) les problèmes d’ordre informationnel qui se posent aux États et aux entreprises ainsi qu’aux organisations de la société civile du Sud. Chaque thème abordé comprendra trois articles d’une page A4. Pas plus. Ce que Siméon Ombiono, notre ancien professeur de droit civil qualifie de « pluie d’idées dans un désert de mots. »

Seuls les articles protégés ou dictés par une actualité brûlante échapperont à la règle des trois billets. Chaque fois que cela sera possible, nous invoquerons le passé pour tenter de sonder le présent et nous projeter dans l’avenir. C’est Christian Harbulot, notre maître en infoguerre qui aime à rappeler que « les gens ont tendance à répéter leurs actes… » Cela est particulièrement vrai dans le cadre d’attaques informationnelles comme nous le verrons ensemble. Même en essayant d’innover, les lignes de forces de nos articles resteront celles-là.

Dans les jours qui viennent, nous aborderons tour à tour les thèmes de l’exception africaine en matière d’intelligence économique (en compagnie d’experts africains tels que Joseph Bayehe, directeur exécutif de l’organisation africaine de l’intelligence économique), la souveraineté des États africains en matière de télécommunications où nous montrerons avec l’aide d’ingénieurs comment l’Afrique est sur écoutes 24h/24. Suivront l’affrontement des compagnies aériennes dans le ciel africain, l’agriculture, le tourisme… etc.

Plus tard, le tirage au sort de la coupe du monde de football 2010 au pays de Nelson Mandela sera l’occasion d’approfondir le thème de l’intelligence sportive. Du coup de tête de Zidane aux soupçons portés sur le sprinter jamaïcain Usain Bolt, triple recordman mondial, en passant par les rumeurs lancées contre la championne sud-Africaine du 800 m Caster Semenia… Nous décrypterons les dernières techniques de déstabilisation en cours dans le sport de haut niveau avec l’espoir que l’Afrique remporte sa première World Cup.

Chers lecteurs, si ces chantiers thématiques devaient manquer leur objectif, merci de nous l’exprimer en pensant comme Montaigne que c’est « du choc des idées (que) jaillit la lumière. »

Bonne rentrée !

Guy Gweth

Le pillage technologique est vital pour développer l’Afrique

In Intelligence sportive, Intelligence économique, Stratégie, Veille stratégique on 21 septembre 2008 at 2:00

Si dès janvier 2009, chaque travailleur africain de la Diaspora réussit à transférer par semestre: un logiciel, une machine agricole, un process, une ingénierie ou une bonne pratique vers une entreprise de son pays d’origine comme il transfère mensuellement des fonds avec Western Union; Si toute compagnie étrangère qui exécute un chantier en Afrique centrale est contractuellement astreinte au transfert de savoir-faire aux locaux comme l’exigent les Chinois chez eux*, d’ici 2020, les 6 pays de la Cemac** connaitront un décollage économique approchant celui des 4 dragons de l’Asie du sud-est*** dans les années 70. En attendant l’Etat-stratège, nos entreprises peuvent tout à fait impulser ce mouvement intelligent, citoyen, entrainant l’Etat et la Diaspora dans leur sillage. Quid de l’éthique ? Les gardiens de la loi savent tous qu’on ne tire pas sur l’ambulance. Urgence fait droit.

Lorsque j’avais 10-12 ans, Oscar, un homme d’un âge très avancé qui habitait au dos de notre maison familiale avait coutume de répéter à ses petits-enfants que « celui qui n’apprend pas du passé est condamné dans l’avenir ». L’histoire du monde est pleine de faits académiques qui donnent raison à ce vieux sage bantu. De tout temps en effet, la volonté de puissance, la recherche de l’espace vital ou simplement l’instinct de survie ont conduit des hommes et femmes à partir à la conquête. L’Afrique porte encore les stigmates de l’esclavage et de la colonisation. Ce crime épouvantable a crée un tel écart de développement économique, industriel et technologique entre le Nord et le Sud que seul un saut quantique proprement africain peut permettre de combler ce fossé. Refuser de comprendre cette leçon du passé c’est rejeter le scanner de nos retards actuels et hypothéquer l’avenir de l’Afrique. A contrario, accepter d’en tirer les enseignements, c’est inscrire la révolte constructive au cœur de notre action, c’est nous obliger au  combat, à une guerre autre, sans effusion de sang, faite de patriotisme, d’intelligence, de savoir, de stratégie et de stratagèmes. Le pillage technologique y est une arme primordiale.

« Rien n’est bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l’on en pense», écrivait Shakespeare dans Hamlet. Si l’Afrique pense que son bonheur réside dans son développement intégral, elle doit en lever les obstacles. Les Africains du XXIè siècle n’ont ni le temps, ni les moyens, ni la sottise de réinventer le fil à couper le beurre. Il leur est impératif d’ouvrir l’œil et l’oreille en se rappelant la mission prométhéenne que confia la Reine des Diallobé à Samba Diallo dans l’Aventure ambigüe de Cheikh Hamidou Kane : voler le feu au ciel pour le ramener à la terre. Mais attention ! Il ne s’agit pas de vendre son âme -on n’en a qu’une- mais bien de viser, caresser et in fine « rompre l’os et sucer la substantifique moelle», comme disait Rabelais dans le prologue de Gargantua. Les technologies que nous allons transférer dès demain en Afrique doivent être compatibles à nos besoins locaux. Grâce à une adaptation judicieuse, elles devront aider nos entreprises, nos institutions, nos écoles à devenir autonomes et compétitives. En l’occurrence, l’esprit précède et commande l’action.

Concluons en prenant exemple sur les Chinois: lors des JO de Pékin 2008, l’empire du milieu nous a convaincu par la preuve que lorsque les circonstances l’imposent, c’est dans le camp adverse qu’il faut aller piocher son entraineur, ses méthodes, ses techniques, bref le meilleur de son savoir-faire, y adjoindre le nôtre, la discipline et l’amour de la patrie pour gagner. A l’arrivée: 100 médailles dont 51 en or ! Sur ce point, l’absence d’unités d’élite spécialisées dans le Renseignement sportif de haut niveau en zone Cemac est une lacune sans nom ! Comment comprendre que de talentueux Africains évoluant dans les meilleurs clubs du monde ne soient systématiquement débriefés à la maison, voire encouragés à transférer au pays les bonnes pratiques d’entrainement acquises à l’étranger, dans le cadre d’une  stratégie nationale d’intelligence sportive? Se hâter lentement peut être fatal. Allons!

Guy Gweth

* Sans doute parce que la  Chine actuelle est essentiellement dirigée par des ingénieurs de formation. Mais est-ce là l’unique raison de leur stratégie volontariste?

** Les 6 pays de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale: Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad.

*** Les 4 dragons d’Asie du Sud-Est: Corée du Sud, Hong-Kong, Taïwan, Singapour.

De l’intelligence économique à l’intelligence compétitive

In Intelligence culturelle, Intelligence sportive, Intelligence verte, Intelligence économique, Leadership, Stratégie on 19 mai 2008 at 6:02

Comment réduire l’incertitude des managers, détecter les risques et opportunités du marché, prévoir l’entrée de nouveaux concurrents, trouver dans et en dehors de l’organisation l’information utile à la prise de décision, tirer profits des bonnes pratiques de la concurrence ou anticiper de nouvelles règlementations dans un secteur d’activité donné?

Ces questions -loin s’en faut- ne sont guère l’apanage des seuls opérateurs économiques. Elles ressortissent tout naturellement du management en situation concurrentielle et de la part croissante que prend l’information stratégique dans le capital du leadership moderne. Toute proportion gardée, elles interpellent aussi bien le directeur général de Total Gabon que Mispa C., P-dg d’une PME de commercialisation de produits bio en RCA, Brice M., président d’une ONG de développement au Congo Brazzaville ou Kadidja H., cette jeune Tchadienne de 29 ans récemment désignée pour booster le marketing stratégique d’une nouvelle église de réveil de 9700 âmes, après des études de commerce et de théologie aux Etats-Unis. Pour tous ces managers, il n’y a d’intelligence que si elle sert la compétitivité, de manière éthique et légale.

Pour apporter des réponses aux questions de ces décideurs Africains comme à ceux de Wall Street ou de la City, les experts de l’intelligence économique (version francophone) seront prompts à répondre présents. Et pour cause. Malgré la relative variété des secteurs d’activité sus-évoqués, la plupart dira être en mesure d’appliquer l’intelligence économique au management d’une PME, d’un territoire, d’une association humanitaire ou au sport… Traduction: ces experts seront en mesure de prendre de la distance, puis de sortir leur modèle en mètre ruban, de le tirer depuis le questionnement du client jusqu’au renseignement en passant par la collecte, le traitement, l’analyse des données pertinentes et leur conversion en devises décisionnelles sécurisées (à soumettre à la sagacité du manager).

Devant ce tableau, vous comprendrez que je ne digère plus la dictature de l’adjectif économique chez nombre de théoriciens et praticiens de l’intelligence compétitive au sein de l’espace francophone. Pareille obstination se justifierait-elle par le fait que les Anglosaxons ont franchi ce pas avant nous (Voir les subtilités entre Business intelligence et Competitive intelligence) et que le “mimétisme” n’est guère la part des orgueilleux ? Ou est-ce simplement parce que mes bons camarades ont quelque scrupule à tuer le maître ? Mystère.

Fille du Renseignement, l’intelligence économique est en tout état de cause un sous-ensemble de l’intelligence compétitive, comme peuvent l’attester nos trois managers centrafricaine, congolais et tchadienne rencontrés plus haut, chacun dans son secteur d’activité. Au final, me direz-vous, ce n’est pas plus qu’une question d’adjectif, cette affaire… -Bien vu! Et cela est suffisamment important pour s’en expliquer auprès du grand public. Non?

Guy Gweth

L’intelligence économique appliquée au sport

In Benchmarking, Intelligence sportive, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie on 30 janvier 2008 at 7:49

L’intelligence économique appliquée au sport de haut niveau se développe progressivement en France et ailleurs. Dans un univers concurrentiel par nature, où il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur au final, ce concept appliqué au sport trouve toute sa légitimité. En effet, la performance du sportif ne recouvre plus seulement la notion d’entrainement, mais implique de nouveaux aspects et enjeux, du fait d’une médiatisation croissante et de la professionnalisation de nombreuses disciplines, ou en passe de le devenir.

Si la quête de l’exploit et de la victoire occupe le devant de la scène, elle peut à elle seule répondre à l’ensemble des enjeux liés au sport du XXIème siècle. Les impacts économiques, sécuritaires, géopolitiques ou encore sociétaux que le sport moderne engendre doivent retenir plus encore l’attention des décideurs et responsables du mouvement sportifs et des pouvoirs publics. Le sport d’aujourd’hui, à la croisée des chemins, devient complexe et multiforme. L’ensemble des acteurs (pouvoirs publics et mouvements sportifs) doivent pouvoir développer de nouvelles réponses, et mettre en place une véritable culture de la connaissance dans divers domaines stratégiques liés à la performance, qui est actuellement insuffisant.

Le rôle de l’Etat stratège, qui impulse et accompagne, sensibilise (…) est de prendre en compte l’ensemble de ces aspects transversaux. L’intelligence sportive doit permettre à l’Etat et aux organisations sportives non seulement de donner aux sportifs plus de moyens d’ accéder à la performance et de résister à la farouche concurrence internationale, mais également d’identifier ces nouveaux enjeux transversaux, d’anticiper les changements, et de pouvoir apporter une réponse adéquate. Il convient donc dès à présent d’en prendre la mesure, et de se doter d’outils et d’organisations réactives, permettant l’élaboration d’une politique publique de prospective adaptée, à la hauteur des nouveaux défis que le monde sportif devra affronter demain (…)

En conclusion (…) il est indispensable désormais de se doter de véritables outils de prospective, et de développer les actions de lobbying et d’influence en faveur de notre conception du sport. Pour parvenir à mettre en œuvre véritablement une culture publique de l’intelligence sportive, incluant l’ensemble des différents enjeux auxquels elle touche, des disciplines d’excellence pourraient être identifiées, à l’instar de secteurs d’activités sensibles, où l’effort des pouvoirs publics porterait plus particulièrement. Dans ces secteurs, il faudrait encourager la recherche et l’innovation, tout en œuvrant à la lutte contre la contrefaçon. Ce département doit comprendre en son sein un pôle capable de gérer des situations de crises, telles que des actions de déstabilisation ou de débauchage, ainsi que des campagnes médiatiques virulentes (…)

Sources: Marie Brigaud, inspectrice de la Jeunesse et des Sports, ancienne auditrice en Intelligence économique à L’institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN).