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Archive de la catégorie «Intelligence territoriale»

Vers une stratégie panafricaine d’intelligence économique ?

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 1 novembre 2009 at 1:35

Retrouvez la réponse de Guy Gweth dans Les Afriques n°95 (du 29 octobre au 4 novembre 2009) sous le titre « Pour une stratégie continentale d’intelligence économique », page 22. Extraits:

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“L’intelligence économique au service de l’Afrique”

In Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Interview, Leadership, Management de l'information, Veille stratégique on 15 octobre 2009 at 8:07

L*A*G_G

A lire dès le jeudi 15 octobre 2009 dans l’hebdomadaire Les Afriques n° 93, l’interview de Guy Gweth, réalisée par Dominique Flaux, directeur de publication du journal de la finance africaine.

Extraits :

«  Les Afriques : Quels sont les secteurs d’activité en Afrique qui nécessitent le plus d’intelligence économique et de veille concurrentielle ?

« Guy Gweth : En Afrique, nous avons recensé sept grands secteurs qui nécessitent de vraies stratégies d’intelligence économique soutenues par les États comme on le voit au Japon avec le ministère l’économie, du commerce extérieur et de l’industrie. Pour nous, ce sont les sept urgences de l’intelligence économique en Afrique: l’agroalimentaire, les assurances, les banques, le BTP, les Télécoms, les NTIC, les transports aériens. Les démarches initiées dans ce sens par SMBG Bank au Maroc, Kenya Airways, Orascom en Egypte, MTN et Vodacom en Afrique du Sud, sont les cinq grands exemples que nous suivons depuis 2007 sur le continent [...] »

Les Afriques n° 93, semaine du 15 au 21 octobre, est disponible en  Afrique CFA 1500 FCFA – Algérie : 80 DA – Belgique 1,9 a – Canada 3,50 $ CAD – France 1,9 a – France OM 2,20 a – Italie 1,90 a – Luxembourg 1,9 a – Maroc 12 DH – Suisse CHF 3,80 – Tunisie 2,3 DT.

GwethMarshall Consulting

Les défis de la diplomatie économique africaine (2)

In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence territoriale, Intelligence économique on 11 octobre 2009 at 11:00

Rappel: bien avant la chute de Lehman Brothers le 15 septembre 2009, la plupart des grandes puissances travaillaient déjà à orienter leur diplomatie dans un sens résolument Business. En France par exemple, les opérateurs économiques sont quasiment de tous les voyages internationaux de Nicolas Sarkozy depuis mai 2007.  Pour gagner des parts de marché à l’extérieur et attirer plus d’investisseurs et de touristes étrangers, la diplomatie africaine doit relever au moins deux défis: élaborer des stratégies nationales d’intelligence économique et activer les leviers d’actions stratégiques correspondants.

Activer les leviers d’actions stratégiques

A ce niveau, trois principaux axes retiennent l’attention des stratèges pour ce qui est notamment de l’influence. Il s’agit d’internet, des normes et du cas spécifique des ONG et associations internationales.

Internet

Il n’est nul besoin d’adhérer aux théories du complot pour constater que le traitement de l’information africaine dans les grands médias internationaux pose un grave problème et constitue un puissant frein aux investissements étrangers. Même si l’actualité n’est pas toujours à la fête, force est d’observer que les atouts du continent noir ne sont que très rarement à la une des journaux et magazines. Devant ce constat, Internet apparaît comme une caisse de résonance low cost capable de servir de contre-pouvoir au rouleau compresseur de grands médias. C’est la plage rêvée pour impacter les perceptions d’investisseurs et de touristes potentiels dans un marché qui comptera 2,2 milliards  d’internautes en 2013!

Les normes et classements

A l’heure qu’il est, de nombreux classements et normes existent dans la sphère internationale pour mesurer la performance des États, des entreprises, des individus ou de l’attractivité d’une région. Même s’ils ne font pas l’unanimité, les classements tels que Doing Business attirent l’attention des décideurs politiques, des opérateurs économiques et de l’opinion publique. A défaut d’en créer, la diplomatie économique africaine doit pouvoir infiltrer ces sphères de manière pro-active afin d’en impacter les usages et la finalité. Abandonner ce terrain oblige toujours à la défensive. C’est pour cette raison primordiale que la Chine (à travers l’université Jiao Tong de Shangai) par exemple, a initié le classement des 500 premières universités du monde en 2003, en attendant d’investir le champ des ONG.

Les ONG et associations internationales

Hormis des cas exceptionnels comme celui des autorités d’Abuja qui ont exigé et obtenu les excuses de l’américain Sony le 21 septembre dernier pour atteinte à la réputation du Nigeria dans une publicité, les exécutifs africains sont rivés dans une posture défensive. Pis, ils se défendent mal lorsqu’ils sont pris à partie par des ONG comme Transparency International. Ce type d’affrontement asymétrique est et sera défavorable à l’image du continent tant que l’Afrique n’aura pas généré des ONG capables de faire face à leurs homologues occidentaux. Les dirigeants chinois l’ont appris à leurs dépends lors du passage de la flamme olympique en Europe en août 2008, même s’ils ont su réagir par des opérations d’information ciblées.

La diplomatie économique est avant tout une question d’influence et de stratégie. Produire des connaissances ou des œuvres d’art, créer des normes ou des classements, organiser des visites touristiques ou d’affaires, octroyer des bourses d’étude ou des distinctions honorifiques… sont redoutablement efficaces lorsqu’ils sont pilotés par un État-stratège. Les diplomates ne demandent pas plus pour contribuer  à la richesse des nations.

Guy Gweth

Avez-vous lu Les défis de la diplomatie économique africaine (1) ?

Les défis de la diplomatie économique africaine (1)

In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Soft Power on 8 octobre 2009 at 6:25

Bien avant la chute de Lehman Brothers le 15 septembre 2009, la plupart des grandes puissances travaillaient déjà à réorienter leur diplomatie dans un sens résolument business. En France par exemple, les opérateurs économiques sont pratiquement de tous les voyages internationaux de Nicolas Sarkozy depuis mai 2007. Du nord au sud du globe, le durcissement de la concurrence et la fébrilité générée par la crise économique et financière ont propulsé la diplomatie économique au devant de la scène. Pour gagner des parts de marché à l’extérieur et attirer plus d’investisseurs et de touristes étrangers, la diplomatie africaine doit relever au moins deux défis principaux: élaborer des stratégies nationales d’intelligence économique et activer les leviers d’actions correspondants.

Élaborer une stratégie  nationale d’intelligence économique

Cette étape fondamentale passe par la définition précise d’une doctrine nationale, le choix des secteurs prioritaires de l’Etat concerné et leur déclinaison institutionnelle et opérationnelle.

Définition d’une doctrine

Si l’on considère simplement l’intelligence économique comme un processus de collecte, d’analyse et de mise en circulation sécurisée de l’information économique utile aux décideurs, il faut en conclure qu’elle est l’indispensable point de départ d’une diplomatie économique efficace. Un tel dispositif peut se révéler extrêmement rentable dans un pays comme le Ghana  qui a bénéficié de la visite très symbolique du Président Obama du 10 au 11 juillet 2009 après l’élection exemplaire de John Atta Mills à la tête de l’Etat, et où la découverte de nouveaux gisements de gaz et de pétrole devrait attirer plus d’investissements étrangers que jamais. Cela implique de définir des principes de bases, un plan d’action précis et des secteurs prioritaires.

Choix des secteurs prioritaires

La délimitation d’un périmètre de priorités est primordiale dans la définition d’une stratégie nationale d’intelligence économique. Elle permet d’éviter des pertes d’énergies là où on en a le moins besoin pour les concentrer dans les secteurs les plus rentables pour le pays. Cela est vrai aussi bien pour les richesses dont dispose une nation que pour celles qu’elle convoite. En se focalisant par exemple sur le secteur des hydrocarbures, le Nigeria a attiré 20 milliards de dollars d’investissements en 2008, soit 8 milliards de plus qu’en 2007, d’après le rapport 2009 de la CNUCED. Cette approche ne doit cependant pas conduire à délaisser les secteurs vitaux tels que l’agriculture. Il faut l’inscrire de manière opérationnelle au cœur des institutions.

Déclinaison institutionnelle et opérationnelle

Comme modèle de déclinaison d’une stratégie d’intelligence économique, il n’y a pas mieux que le super ministère japonais de l’économie, du commerce extérieur et de l’industrie, plus connu sous l’abréviation METI (Ministry of Economics, Trade and Industry). Il a été crée en 1949 sous le sigle MITI pour favoriser les technopôles dans le pays, surveiller les échanges du Japon avec l’extérieur, informer et conseiller les entreprises nipponnes à l’international. Ce modèle pourrait d’autant plus inspirer les gouvernements africains qu’il a été institué dans un Japon complètement dévasté par la 2ème guerre mondiale et qu’il a su fédérer les secteurs publics et privés du pays autour de leviers d’action communs, avec les résultats qu’on connaît.

A suivre prochainement: les leviers d’actions stratégiques

Guy Gweth

Belgique – l’intelligence stratégique vue de Wallonie

In Contre-Intelligence stratégique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Veille stratégique on 7 octobre 2009 at 7:15

Encore peu connue sous nos latitudes, l’intelligence stratégique est un enjeu capital pour le développement des petites et moyennes entreprises. D’après Vincent Bovy, directeur de l’Agence de Stimulation Économique, les PME wallonnes seraient bien inspirées de s’en soucier.

Très connue dans les pays comme le Canada ou les États-Unis, l’intelligence stratégique est encore peu connue dans nos contrées. Une méconnaissance qui n’étonne guère Vincent Bovy, le directeur de l’Agence de Stimulation Économique: “Il s’agit d’une approche que l’on ne s’étonnera pas de voir dans une entreprise britannique, suédoise ou finlandaise, et que l’on retrouvera moins au fur et à mesure que l’on se dirige vers le sud de l’Europe”. D’une manière générale, le directeur de l’Agence de Stimulation Économique relève une autre différence culturelle entre les pays du nord et les pays du sud de l’Europe, différence intimement liée à cette pratique de l’intelligence stratégique: “Les pays nordiques ont une forme d’approche directe, une forme de culot que l’on voit moins dans les cultures plus latines”. A cet égard, nos entreprises wallonnes sont pour ainsi dire au milieu du gué: elles sont modérément audacieuses.

“Sortons de nos frontières!”

Doit-on en conclure que nos entreprises sont moyennement menacées? Ce n’est pas l’avis de Vincent Bovy qui relève à juste titre que l’audace devrait être un incontournable de l’économie wallonne: “Nous voudrions voir pointer une préoccupation de croissance au sein des PME wallonnes (…) Il s’agit d’un sujet important, plus encore pour la Belgique et pour la Wallonie où c’est un gros euphémisme de dire que le marché domestique est un marché très réduit. Contrairement à des marchés comme celui de la France ou de l’Allemagne qui sont relativement vastes, le marché belge est un marché beaucoup trop petit et sur lequel évoluent déjà de très nombreuses entreprises. Dès lors, une chose saute aux yeux: la plus petite PME est confrontée à la globalisation de façon nécessairement plus brutale que ne peut l’être une PME allemande ou une PME française. D’où l’urgence, pour elles, d’enfin devenir audacieuses, de sortir de l’exigüité du territoire de la Wallonie et d’intégrer très vite ce processus d’intelligence stratégique.

L’intelligence stratégique, dans le concret

Très loin des grandes théories, Vincent Bovy appréhende cette pratique de manière très concrète: “L’intelligence stratégique, cela revient à intégrer d’autres dimensions sur maîtrise de l’information, sur les aspects liés à la protection du know how, à la maîtrise de tout ce que l’on appelle le knowledge management. Cette approche met aussi en œuvre des actions de lobbying, pratique qui touche à des sujets extrêmement importants puisqu’ils portent sur des questions aussi sensibles que celle des normes, des législations, des réglementations…” A cet égard, Vincent Bovy estime que les PME wallonnes ont encore un long chemin à parcourir: “Très honnêtement, un grand nombre de nos PME risquent vite d’être totalement hors-jeu si elles ne changent pas”. En effet, si les acteurs évoluant au sein des grandes entreprises belges sont totalement convaincus par l’importance de pratiques “exploratoires” comme le lobbying, et si l’on y maîtrise déjà assez bien les risques, c’est malheureusement encore loin d’être le cas au sein des PME”. Une situation très dangereuse, à cause de laquelle une PME wallonne bien portante peut mourir: “Imaginez une PME florissante qui ne s’est pas renseignée à propos des démarches à entreprendre pour protéger une innovation. Du jour au lendemain, elle peut se faire mettre à plat par une entreprise brésilienne, russe ou chinoise qui va lui damer le pion en lui volant une innovation qu’elle n’aura par exemple pas pris la peine de protéger”.

Les trois clefs de l’intelligence économique

C’est précisément là le sens de la démarche de l’Agence de Stimulation Économique: faire prendre conscience de l’urgence à devenir audacieux et à  maîtriser tous les circuits de l’information. Vincent Bovy: “Concrètement, il est important de pouvoir introduire au sein de chaque PME un système de veille économique. Cela va des outils de recherche dont certains -parfois assez performants- sont disponibles gratuitement sur Internet jusqu’à des outils de datamining plus spécialisés. Le deuxième point sur lequel il me semble important d’insister, c’est celui de la stratégie de protection du savoir-faire, de ses recherches, de ses données. Et le troisième et dernier point, c’est celui du lobbying. Imaginons que vous soyez imprimeur. Vous pouvez très bien être confronté du jour au lendemain à une nouvelle norme portant sur les encres. Une norme qui peut vous mettre dans l’embarras, parce que vous n’avez pas pu vous y préparer. En jouant à travers des réseaux que la PME devra prendre le temps de tisser soigneusement, l’entreprise peut accompagner le changement en cours, et se placer dans les meilleures conditions pour sortir grandie des évolutions qui se font jour dans son environnement”.

Ne plus se concentrer sur le seul produit

Pendant des années et aujourd’hui encore, de nombreux entrepreneurs ont eu le réflexe de faire porter leur réflexion stratégique sur leur produit, qui représentait -pensaient-elles- le cœur de leur activité. “Lourde erreur…”, observe encore Vincent Bovy. “Lorsque vous considérez un secteur qui a beaucoup bougé comme celui des matelas, que constatez-vous? Que des entreprises qui proposaient de très bons produits peuvent parfois se faire détrôner par des concurrents venus de pays que l’on pensait inoffensifs comme l’Inde ou le Pakistan”. A cet égard, Vincent Bovy observe que la politique de la PME doit bien sûr continuer à s’exercer sur le produit. Toutefois, pour innover, point de nécessité de mettre en branle des changements technologiques fondamentaux et extrêmement compliqués. Et Vincent Bovy de prendre l’exemple d’Amora qui a été le premier à inventer le panier remonte-cornichons, une sorte de petit panier en plastique qui permet de remonter des cornichons sans avoir à plonger les doigts dans le vinaigre. L’innovation sur le produit est donc une condition nécessaire, mais pas suffisante: il faudra aussi penser en terme de distribution innovante, de packagings attractifs, de partenariats révolutionnaires… Ne pas s’astreindre à cette gymnastique intellectuelle, c’est prendre le risque de laisser mourir son entreprise.

Agence de Stimulation Economique de Liège (Belgique) – Source : Pmekmo

Pétrole : la Chine vise 6 milliards de barils au Nigeria

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Stratégie, veille on 1 octobre 2009 at 9:28

La Chine voudrait conclure l’un de ses plus gros contrats d’énergie à l’étranger dans les prochains jours. Pékin est prêt à débourser entre 30 et 50 milliards de dollars au Nigéria pour y exploiter d’importants champs pétroliers.

La Chine qui cherche à sécuriser ses approvisionnements en hydrocarbure espère mettre la main sur une partie du pétrole du Nigéria, selon le Financial Times. Les gisements en négociation représentent un sixième des réserves du Nigéria soit 6 milliards de barils. L’offre chinoise est estimée entre 30 et 50 milliards de dollars.

LA CNOOC, l’une des trois majors chinoises de l’énergie, est en négociation avec le Nigéria au même titre que Shell, Chevron, Total et ExxonMobil pour exploiter 16 gisements dont les licences détenues par les sociétés pétrolières occidentales arrivent à la fin de leurs échéances.

Le ministre nigérian du Pétrole Rilwan Lukman a confirmé mercredi que des discussions étaient en cours avec la Chine sur un possible contrat pétrolier, mais qu’aucune décision n’a été prise. “Les Chinois ne sont pas les seuls à chercher à avoir accès au pétrole et au gaz du Nigéria… Nous sommes en discussion continue avec divers groupes et intervenants“, a-t-il précisé.

Rappel : avec ses 2.356.000 barils par jour, le Nigéria représente 2,9% du pétrole mondial. Le pays a vu sa production entravée par le conflit politique qui l’oppose au groupe séparatiste Mend dans le delta du Niger. Le Nigéria a rejoint l’OPEP en 1971.

TV,  AFP & GG

Le risque d’investir en Guinée équatoriale

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Management de l'information, Risk Management on 29 septembre 2009 at 8:30

Le 30 août 1979, le colonel Teodoro Obiang Nguema accède au pouvoir à Malabo (capitale d’un État lilliputien de 28 051 km² situé dans le golfe de Guinée), à la suite d’une révolution de palais. A l’époque, la Guinée équatoriale est exsangue et le nouveau Président est obligé de faire appel au concours du Fonds monétaire international.

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1000 bonnes raisons d’investir au Ghana

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, veille on 27 septembre 2009 at 4:05

C’est au Ghana que Barack Obama, fraîchement élu Président des Etats-Unis, a réservé sa première visite officielle en Afrique, en compagnie du Corporate Council on Africa (CAA)[1]. C’était du 10 au 11 juillet 2009, 17 mois après son prédécesseur républicain Georges W. Bush. Entreprise dans le cadre de la nouvelle diplomatie américaine du smart power, cette visite avait également pour objectif stratégique de saluer le modèle démocratique ghanéen,  invitant les opérateurs internationaux à y investir.

Patrie du panafricaniste Kwame Nkrumah, le Ghana fait figure de berceau des « États-Unis d’Afrique » et regorge de tout ce que le continent compte de richesses au niveau des hommes, des institutions, de la faune, de la flore, du climat et du sous-sol. Situé au bord du golfe de Guinée, ce pays de 23 382 848 habitants partage ses frontières avec la Côte d’Ivoire, le Togo et le Burkina Faso. Avec ses 238 540 km², (presque l’équivalent du golfe persique) la Côte-de-l’or[2] est réputée pour ses minerais et sa bonne gouvernance économique et politique.

Les découvertes de  pétrole off shore commencées en 2007 (avec les 600 millions de barils des champs pétrolifères du Cap des Trois Points et de Deep Water Tano) continuent. En 2009, la société nationale (GNPC) et ses partenaires (Tullow Oil, Kosmos Energy, Anadarko et Sabre Oil & Gaz) ont annoncé la découverte de nouvelles réserves de pétrole et de gaz sur les côtes du bassin de Tano, à l’ouest du pays. Mis à part ce créneau, l’eau, l’énergie, le BTP, les NTIC et les transports sont les cinq grands secteurs où il fait bon investir en ce moment.

Le Ghana est 92ème dans le classement Doing Business 2010 devant l’Argentine (118), la Russie (120) et le Brésil (129) avec 135 créations d’entreprises sur toute l’année et un indice de divulgation de l’information de 7/10 contre 5.5/10 dans l’OCDE et 4.5/10 en moyenne en Afrique subsaharienne. Il faut 33 jours et 08 procédures pour créer une SARL dans le pays alors que la moyenne est de 41 jours et 9 procédures en Afrique subsaharienne. En visitant le Ghana, Barack Obama a tracé la voie de la réussite aux investisseurs qui osent.

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[1] Fondé en 1993, le Corporate Council on Africa  (CAA) a été institué pour faciliter les relations commerciales entre les  Etats-Unis et l’Afrique. Le Board du CCA est notamment composé des représentants de  Boeing, Chevron, Exxon Mobile, General Electric,  Johnson & Johnson Corp, Merck, Motorola, Oracle, Standard Bank Group et de World Coca-Cola Foundation.

[2] Nom du Ghana avant son indépendance en 1957,  appellation due à  ses immenses richesses minières (or, diamant, bauxite, etc.)

La Guinée ou l’art d’effrayer les investisseurs

In Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 25 septembre 2009 at 1:50

Alors que les pays riches rivalisent d’adresse pour attirer le plus d’investisseurs, de  touristes et de travailleurs qualifiés possible ; alors les pays émergents se battent pour séduire les entreprises qui délocalisent, de nombreux pays au sud du Sahara jouent à faire peur aux opérateurs étrangers. C’est le cas de la Guinée Conakry, un peuple de travailleurs infatigables, une terre de tradition hospitalière pourtant affublée de  la note « D »[1] dans la catégorie « environnement des affaires » du Département Etudes Economiques et Risques Pays de COFACE, au même titre que le Zimbabwé ou l’Afghanistan. L’insécurité.

Des exemples

Le 16 septembre dernier à Conakry, des militaires guinéens se présentent au siège de Total Guinée dans le but d’enlever son directeur général. Le DG, Philippe Chauvin, échappe aux agresseurs grâce à l’intervention de ses employés et de quelques passants. Un mois plus tôt, c’est l’ambassadeur de Ghana qui avait été enlevé, brutalisé et dépouillé par des hommes armés…

Des causes

Depuis la prise du pouvoir par les militaires au lendemain du décès de Lansana Conté le 23 décembre 2008, les diplomates et hommes d’affaires asiatiques, européens et africains sont régulièrement la cible de bandes armées qui se croient au dessus des lois. D’ici à 2012, le marché de la security business va flamber dans ce pays comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire.

Des réalités

Malgré ses ressources naturelles, la Guinée Conakry est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Elle est 173ème dans le classement Doing Business 2010[2] avec 179 créations d’entreprises/an pour 111 fermetures et un indice de protection des investisseurs de 172. Il faut 41 jours et 13 procédures pour créer une société à responsabilité limitée (SARL) dans ce pays[3].

Une solution

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[1] « D » équivaut à la moins bonne note du classement

[2] Doing Business, Rapport 2010, Banque Mondiale (BM) & International Finance Corporation (IFC)

[3] Pour créer une SARL en Afrique subsaharienne, il faut en moyenne 41 jours et 9 procédures.

Les développements de l’intelligence économique en Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 20 septembre 2009 at 4:00

Dans Le Monde diplomatique n°666[1], Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, écrit : « je reste, en effet, fondamentalement convaincu que celle-ci (l’Afrique) ne pourra résister aux défis de la globalisation qu’unie et solidaire. » Cette exigence d’unité et de solidarité vaut également pour l’intelligence économique (IE) dont la situation connaît d’énormes disparités sur le continent. Mais aussi inégaux soient-ils, les développements de l’IE au niveau des États, des entreprises, des éducateurs et des experts  doivent concourir à l’éclosion du désir de gagner ensemble que l’Union africaine appelle de ses vœux.

Les États

L’intelligence économique, ne nous voilons pas les yeux, tarde à être considéré comme un sujet d’importance vitale par les gouvernements africains. Sur ce point, les pays d’Afrique francophone (hormis le Sénégal et le Maroc dans une certaine mesure) peinent à emboiter le pas à la France où on observe de remarquables avancées. Malgré la barrière linguistique qui empêche de s’y intéresser de près, les meilleurs élèves du continent demeurent la Libye (2ème) et surtout l’Afrique du Sud (au 1er rang). 45ème pays le plus compétitif au monde[2], cette dernière a été classée 34ème dans le classement Doing Business 2009-2010 devant le Portugal (48), l’Espagne (62), la Chine (89), la Russie (120), l’Inde (133) et le Brésil (129). Le pays de Nelson Mandela attire 6,5 millions de touristes/an (soit trois fois la population du Gabon) malgré de graves problèmes d’insécurité.

Les entreprises

L’état des lieux décrit par Adrian Alvarez dans la dernière livraison de Competitive Intelligence[3] consacré à l’Amérique latine est applicable à l’Afrique. Invoquant les cas du Chili et du Brésil, Alvarez remarque : « Dans ces deux pays, les premiers départements de competitive intelligence ont vu le jour dans de grands groupes (tels que Unilever, Procter & Gamble)… » En Afrique, seules les multinationales comme Bolloré ou Progosa, MTN ou BMCE Bank… ont de vraies unités d’IE. La communauté des hommes d’affaires chinois diffuse également des bulletins d’alertes d’une redoutable efficacité dans la détection et la réponse aux appels d’offre. Certains grands groupes (de télécoms, énergie et transports) bénéficient d’informations concurrentielles obtenues par leurs ambassades grâce au matériel d’interceptions arrivé par la valise diplomatique. Les entreprises locales patientent.

Les éducateurs

Mise à part l’Afrique du Sud, le Sénégal semble être le seul pays africain où l’IE est officiellement enseignée en tant que spécialité. Au Burkina Faso, au Cameroun, au Maroc et à Madagascar notamment, des antennes locales d’universités ou de centres de formation français dispensent quelques heures de veille et d’IE à la française. Pourtant, dans Critical Success Factors in the Brazilian CI Process paru page 13 in Competitive Intelligence (vide supra), Fernando de Almeida, professeur à l’université de Sao Polo relève un détail d’importance: dans des cultures comme celles d’Afrique ou d’Amérique latine, « la communication, dit-il, passe par les mimiques (…) une partie seulement est exprimée de manière explicite, soit verbalement, soit par écrit. » Le refus et/ou l’incapacité d’intégrer la matrice culturelle locale dans les formations d’IE est pour le moins suspect.

Les experts-consultants

Parlant de businessmen dans le royaume chérifien, c’est Abdelmalek Alaoui qui résume à peu près la situation des professionnels africains de l’IE, « cette situation où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique »[4] Heureusement, quelques acteurs tels que l’AMIE, GwethMarshall Consulting (1er cabinet d’intelligence économique en Afrique centrale) et l’OAIE travaillent à fédérer les énergies des experts africains au profit de stratégies sous-régionales tournées vers une vision régionale.

Pour conclure son texte cité plus haut, Jean Ping avertit : « au moment où la Commission  est en passe de devenir l’Autorité de l’Union africaine, l’Afrique doit plus que jamais donner des réponses à ses citoyens et lever les incertitudes… » La mission première de l’intelligence économique n’est-elle pas de réduire l’incertitude?

Guy Gweth


[1] Le Monde diplomatique (supplément), n°666, septembre 2009

[2] Forum économique mondial de Davos, Rapport sur la compétitivité globale 2008-2009

[3] SCIP, Competitive Intelligence, volume 12, n°3, mai/juin 2009

[4] Alaoui (A), Intelligence économique et guerres sécrètes au Maroc, Le serpent à plumes éditions, avril 2009

Quelle intelligence économique pour le sud du Sahara ?

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Sécurité on 13 septembre 2009 at 1:30

Pour la rubrique « Trois questions à » d’un magasine économique, le journaliste  Jean Vincent Tchienehom nous demandait récemment si « c’est cher même pour une petite entreprise d’intégrer l’intelligence économique dans sa stratégie ? » Les entreprises ne s’enquièrent du coût de l’ignorance qu’au moment de mettre la clé sous la porte. La perception qu’ont donnée les fabricants de logiciels de veille à l’IE dissuade nombre de PME et PMI des PMA. Pourtant l’intelligence économique (IE) comme elle opère dans les pays en développement (et singulièrement au sud du Sahara) est sans commune mesure avec ce qui a cours dans les pays riches.

Tout au plus les similitudes s’arrêtent-elles à la théorie et à quelques outils. L’opérationnel est tout autre. Dans ce champ, ceux qui tentent de transférer tel quel le savoir-faire du Nord vers le Sud ne visent qu’à perpétuer la suprématie du premier sur le second. Sans –loin s’en faut- aider à résoudre les questions liées au contexte local. C’est pour cette raison que chaque fois que nous parlons d’intelligence économique et stratégique en Afrique noire, nous attachons du prix à consacrer un chapitre entier à la contre-influence. Ceux qui boivent le sang de ce continent n’arrivent pas en chars. Ils empruntent la culture, les idées.

Au delà de l’aptitude des décideurs à se poser les bonnes questions, de la méthodologie à déployer pour produire du renseignement et des capacités pour chercher, trouver et protéger l’information, l’IE est un moyen de partage enrichissant. Ce que l’on nomme « solidarité africaine » trouve donc ici un terrain d’expression supplémentaire. Mais il importe fondamentalement de bien identifier ses concurrents. Le jour où les Africains mettront un nom sur l’ennemi extérieur, tirer dans la même direction se sera plus une question de coût mais de stratégie d’intelligence commune entre forces vives de la nation.

Car en vérité, l’intelligence économique est par dessus tout un état d’esprit et un esprit d’équipe. Aidée par la mondialisation, la guerre économique telle qu’elle se déploie aux quatre coins du monde n’épargnera aucune entité isolée. Les Africains (États, entreprises, ONG et experts) doivent se « battre ensemble comme des frères » ou se préparer à « mourir ensemble comme un troupeau » suivant la sentence imagée et réaliste de Luther King. De l’Etat-stratège aux pôles de compétitivité en passant par une diplomatie économique résolument offensive, c’est un nouvel état d’esprit qui convoque les décideurs.

Il est étonnant d’observer que les secteurs névralgiques tels que le pétrole, le bois, la bauxite, les transports, les aires cultivables, etc… qui sont la convoitise des puissances étrangères ne soient à ce jour l’objet d’une surveillance par des unités spéciales formées aux techniques d’intelligence stratégique. Des informateurs y sont actifs, mais nous avons prouvé qu’au Congo et en RDC par exemple, ils sont dépassés par les réseaux et la vitesse d’exécution de leur vis-à-vis. Sur ce point, comme sur celui de la guerre informatique en particulier, la refonte des services de renseignements africains est une nécessité  a-b-s-o-l-u-e.

En résumé, l’intelligence économique pourrait bien profiter à l’Afrique noire à condition de se départir de l’influence étrangère, d’instaurer l’Etat-stratège, de définir les secteurs prioritaires, de mettre en place des plateformes de collecte et de partage d’informations, de révolutionner les services de renseignements, de créer des lieux d’échanges privilégiés entre les secteurs public et privé. En attendant, y a-t-il plus loyal que les acteurs africains de l’IE (point d’intersection entre expertise internationale et maîtrise du contexte local) pour avertir et outiller les pouvoirs publics, les entreprises, les ONG et les médias nationaux?

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire :

Contre-intelligence : l’expertise d’une PME africaine

Le novembre de l’intelligence économique en Afrique

Dix clés pour comprendre les enjeux de l’IE en Afrique

Intelligence économique: les quatre vérités de l’OAIE

In Gestion de crise, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information on 6 septembre 2009 at 11:01

Joseph_BayeheLe 12 avril 2007, le site Outils Froids publiait un article de 20 lignes intitulé: “Le retour de l’organisation africaine de l’intelligence économique (OAIE).” En guise de conclusion, l’auteur exigeait des excuses et des explications de l’Organisation suite au report sine die du colloque “intelligence économique en Afrique, enjeux et perspectives” initialement prévu du 15 au 18 février 2006 à Dakar. Une demande légitime. Depuis, le temps a passé. Sans effacer les traces de ce qui s’apparente aujourd’hui à une crise mal gérée. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, j’ai invité Joseph Bayehe, Phd., directeur exécutif de l’OAIE pour un entretien vérité. Au nom de l’Organisation présidée par le Général Mamadou Mansour Seck, ancien ambassadeur du Sénégal aux Etats-Unis, il a accepté de me répondre. En exclusivité.

Guy Gweth: la décision de reporter in extremis la tenue du colloque de Dakar sus-mentionné s’est révélée extrêmement éprouvante pour l’OAIE et l’ensemble de ses partenaires. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Joseph Bayehe : il y a eu un mélange de plusieurs facteurs parmi lesquels : un problème de coordination au niveau du Comité scientifique, le départ d’un membre de l’équipe d’organisation, et le désengagement de certains de nos partenaires. Les partenaires qui sont restés et dont la participation était conditionnée par celle des autres ont tiré les conséquences par leur retrait, malgré eux. Je dois dire ici que les choses se sont passées très vite et il y a d’autres détails que je ne peux exposer ici et qui ont milité pour l’annulation.

Avez-vous des regrets ?

Des regrets, évidemment nous en avons. Nous avons mal communiqué ou pas assez communiqué sur les raisons du report-annulation de notre Colloque. Beaucoup d’acteurs africains et non africains de l’intelligence économique n’ont pas selon toute vraisemblance été informés.  Je comprends la réaction qu’ils ont eue par la suite et je saisis l’occasion que vous m’offrez à travers votre blog de présenter au nom de l’OAIE et à mon nom personnel toutes nos excuses à tous ceux qui ont été touchés d’une manière ou d’une autre par l’annulation du Colloque et leur demande de nous réitérer leur confiance. A ceux qui sont restés avec nous, qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde reconnaissance.

De nombreuses personnalités et institutions internationales étaient impliquées dans l’organisation de ce colloque qui sont toujours prêtes à suivre. Pouvez-vous en citer quelques unes?

Je citerai d’abord l’UEMOA et son président Soumaïla Cissé qui a compris depuis 2005 notre combat, et qui de tout temps a eu une oreille plus qu’attentive. La BAD et son Président Donald Kaberuka ; au niveau de l’Union Africaine aussi, du Nepad, de l’ACBF, du CRDI. Des personnalités telles Jacques Bonjawo, Paul Dishman, ancien président de la SCIP et bien d’autres encore. Nous sommes entrain de travailler pour la présence d’au moins deux chefs d’Etats africains. Le moment venu, tout sera dévoilé.

Alors que la guerre cognitive fait rage dans le cyberespace, comment justifiez-vous la relative carence des acteurs africains de l’intelligence économique sur le terrain de la communication stratégique et de la production des connaissances en ligne ?

Il s’agit probablement d’une question de culture et de l’absence d’un catalyseur. Je sais qu’ils sont nombreux les Africains qui veulent produire des connaissances en ligne. Mais ils ont besoin d’un milieu dans lequel ils peuvent s’exprimer, un cadre opératoire.

Il faudrait aussi faire  remarquer les orientations de la plupart des acteurs. Certains aimeraient plutôt mettre leur connaissance au service des entreprises qu’ailleurs. L’existence des blogs comme le vôtre poussera certainement d’autres à s’y investir.

Les Africains sont réputés solidaires. Arrivez-vous à expérimenter cette « solidarité africaine » sur le terrain de l’information et du partage des connaissances ?

Vous savez que chaque fois qu’on parle d’information au niveau des entreprises ou même des États, le mot prend une autre connotation et donne lieu à des réactions qui quelques fois n’ont pas lieu d’être. On n’arrive pas à faire la différence entre ce qui est pour soi et ce qui peut nous servir à nous, mais aussi servir aux autres sans qu’on perde sa compétitivité.

Cette solidarité n’est pas effective au plein sens du terme mais elle tend à s’installer déjà au niveau des intellectuels africains. La sensibilisation et la formation peuvent aider à changer la mentalité. On voit aussi la nécessité de créer des banques de données accessibles et interactives pour limiter la rétention de l’information et favoriser la culture au partage ./.

Communication stratégique, enjeu de défense nationale

In Communication d'influence, Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Perception Management, Soft Power on 23 août 2009 at 5:45

fritz-jules-ebelle-eboumbouFragiliser l’adversaire avant de le convier aux négociations est une vieille tactique de guerre qui marche encore. Les diplomates le savent très bien: il est plus aisé de fixer les conditions de paix lorsque les vaincus n’ont d’autres choix que la reddition. L’héritage des guerres passées à la société de l’information actuelle est visible dans la déstabilisation des dirigeants africains (par campagnes de désinformation ou rapports d’enquêtes… publiés à l’approche de grands rendez-vous internationaux). Pour contribuer à faire de la communication stratégique un enjeu de défense nationale dans ces pays, j’ai invité le chef de la cellule de communication au cabinet du Premier Ministre du Cameroun, Fritz-Jules Ebellé Eboumbou, journaliste principal. Fondateur en 1995 de l’Association Nationale des Professionnels de la Communication Institutionnelle (ANAPROCI), c’est un expert aguerri qui nous fait l’honneur de répondre à quelques questions. Une exclusivité.

Guy Gweth: en Afrique, le personnel politique, les acteurs de la société civile et même les opérateurs économiques montrent encore une certaine timidité à communiquer dans la blogosphère. Pourquoi le chef de la cellule de communication au cabinet du Premier Ministre du Cameroun a-t-il accepté mon invitation?

Fritz-Jules Ebellé Eboumbou: en vous remerciant sincèrement pour votre aimable invitation de m’exprimer à travers votre blog, il m’est agréable de vous faire savoir qu’un communicateur parvenu à mon niveau ne peut que se réjouir de l’opportunité ainsi offerte d’exposer ses attentes, préoccupations et convictions (apc).

Le Cameroun (comme plusieurs pays africains) est périodiquement l’objet d’attaques par l’information de la part d’acteurs extérieurs, actes hostiles souvent bien relayés par la presse nationale. Sans entrer dans le fond, comment jugez-vous les réponses apportées par les autorités nationales à ce type d’assauts?

L’héritage du parti unique dans le comportement et les attitudes de nos dirigeants n’est pas à minimiser. Dans ce contexte, vous ne l’ignorez pas, le secret était élevé à la dignité de culte. Faire savoir ce que l’on fait n’était pas une préoccupation. Les messages des pouvoirs publics allaient vers les administrés à sens unique. Sans que les réactions des concernés soient un souci majeur. Du jour au lendemain, sans préavis, le mur de Berlin tombe et on se réveille dans un monde nouveau avec de nouvelles exigences de gouvernance pour lesquelles on était peu préparé. Et même si en général, les accusations dont ils sont l’objet ne sont pas toujours fondées, nos gouvernants restent embrigadés par les vieux réflexes qui sont insuffisamment adaptés aux nouvelles réalités de l’heure. On assiste alors à une communication de type défensive bien peu percutante au regard des résultats généralement en deça des attentes de nos pouvoirs publics.

Quelles sont à votre avis, les raisons qui font que de nombreux États au sud du Sahara n’ont toujours pas inscrit la communication stratégique comme enjeu de défense nationale alors que les dégâts sont terribles pour l’image et l’économie de ces pays?

Il convient de considérer chaque cas dans son contexte, d’éviter les généralisations abusives. Si vous examinez les textes réglementaires vous serez surpris des dispositions envisagées. Le sempiternel problème réside au niveau de l’application effective des textes en question. Au Cameroun que je connais bien, l’arsenal juridique dans le domaine de la communication est très pertinent. Des mesures sont arrêtées au niveau de la Présidence de la République. Chaque département ministériel dispose d’une Cellule de Communication. Les Services du Premier Ministre ne sont pas en reste. Mais comment coordonner tout cela? Comment en faire un instrument véritablement dédié à la valorisation de l’image de marque des institutions nationales tant sur le plan interne qu’externe? La prise de conscience est bien réelle. C’est la mise en œuvre effective des préoccupations des pouvoirs publics qui demeure problématique.

Au cabinet du Premier Ministre du Cameroun, vous travaillez depuis une dizaine d’années sur un concept de laboratoire d’idées dont le leitmotiv est: “les batailles se gagnent ou se perdent ou sur le terrain de la communication.” Quels en sont les axes stratégiques?

Nous travaillons à restaurer la confiance entre le corps des journalistes toutes tendances confondues avec les pouvoirs publics, nous visons à restaurer des liens de partenariat entre nos pouvoirs publics et la presse internationale, nous nous attelons à faire adopter une communication de proximité en direction de nos partenaires stratégiques. Nous entendons amener nos pouvoirs publics à s’approprier les concepts modernes de l’intelligence stratégique pour améliorer leur positionnement sur la scène internationale. En janvier 2010, nous serons outillés pour mesurer les résultats obtenus dans ces différents chantiers… ./.

Sécurité : Périclès convoqué place Beauvau

In Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Sécurité on 22 juin 2009 at 5:45

Illustre homme politique grec, Périclès vécut de -495 à -429. Particulièrement éloquent, ce fils de militaire s’initia très tôt à la gestion des affaires de la cité avant d’accéder au poste de stratège où il fut exceptionnellement élu quinze ans de suite. Son influence fut telle sur son époque qu’aujourd’hui encore, certains parlent du « siècle de Périclès » comme on parlerait du siècle de l’information, toutes proportions gardées bien sûr. Car si ce brave stratège athénien devait ressurgir pour calibrer la quête du renseignement aux exigences des Etats modernes, il opterait sans doute pour un logiciel d’analyse de données à entrées multiples. C’est ce qu’a entrepris le ministère français de l’intérieur pour mettre à la disposition des gendarmes, des policiers et des juges cet outil d’enquête assisté par ordinateur (EAO). Une démarche qui intéresse aussi les professionnels de l’intelligence économique et stratégique.

Comment va fonctionner Périclès ?

Si dans les prochains jours, le ministère français de l’Intérieur réussit à faire passer son article spécial dans la loi d’orientation pour la sécurité («Lopsi 2»), alors pour tout individu tombant sous le coup de cette loi, Périclès pourra, sous le contrôle d’un juge, fournir en un clic : des données relatives à ses antécédents judiciaires, ses appels téléphoniques, ses informations bancaires, sa sécurité sociale, son permis de conduire, sa carte grise, son Google profile (réseaux sociaux compris: Facebook, Twitter, MySpace… etc.) ainsi que les références GPS du périmètre du crime et des environs. L’objectif des analystes ici sera de détecter la répétition de signatures techniques. Car plus on introduira des fichiers interopérables, plus Périclès aura le pouvoir de générer des « associations». Ainsi, pour le criminologue Alain Bauer, «la méthode sérielle crée des coïncidences là où il n’y avait que des hasards».

Périclès représente-il une révolution ?

Fidèles à l’image d’exception qu’ils ont de tout ce qu’ils réalisent, certains amis français parlent déjà de révolution à propos de Périclès dans Le Figaro, ce qui n’est pas faux si on se limite à l’Hexagone. Car jusqu’ici, les policiers et gendarmes français devaient étudier chaque fichier de manière quasi artisanale, avec une lenteur prudente mais préjudiciable à l’enquête. Périclès sera révolutionnaire parce qu’avec son système de réquisition judiciaire accélérée, il ira instantanément collecter l’information actualisée dans des bases de données des administrations publiques (ex: la police) ou privées (ex: les opérateurs de téléphonie mobile). Mais il suffit de regarder des séries américaines telles « FBI: portés disparus » ou « Les experts Miami » pour se rendre compte qu’outre Atlantique, les enquêteurs fédéraux ont plus de dix ans d’avance sur le sujet, y compris dans le cadre d’opérations de competitive intelligence.

Quel intérêt pour les experts de l’IE?

L’idée que Périclès s’étende aux banques de données d’administrations telles que les institutions financières, le fisc ou la sécurité sociale attise silencieusement la convoitise des professionnels de l’intelligence économique qui aimeraient bien en avoir une copie. Hélas, pas dans la patrie des droits de l’Homme ! Certaines associations n’y voient-elles pas déjà une espèce d’EDVIGE pour les méchants ? En tout état de cause, ce logiciel consacre la république des analystes dans une société de l’information où la principale équation à résoudre en matière de renseignement est calquée sur le calcul de la vitesse (V= d:t) [2]. L’intelligence économique appliquée au territoire a donc instamment besoin d’un Périclès à lui, tout aussi respectueux de la vie privée des citoyens que de la sécurité économique de la nation et des entreprises dites stratégiques. Les pires criminels ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils ont muté. Périclès aussi.

Guy Gweth


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pericles

[2] Vitesse (V) = distance (d) : temps (t). Mutatis mutandis,

Renseignement (R) = information(I) : temps (t)

Le Ghana ou le rêve africain des Américains

In Communication d'influence, Coopération internationale, Géostratégie, Intelligence territoriale, Soft Power on 2 juin 2009 at 6:20

Du 10 au 11 juillet 2009, Barack Obama sera au Ghana pour sa 1ère visite officielle en Afrique noire en qualité de président des Etats-Unis, 17 mois après son prédécesseur Georges W. Bush. Les analystes sont unanimes: Accra est la fenêtre idoine pour dévoiler la feuille de route de la nouvelle politique africaine de Washington; et Obama, le VRP idéal pour attirer les opérateurs internationaux désireux d’investir en Afrique. Le Ghana est en effet le rêve africain des investisseurs étrangers : système sociopolitique stable et démocratique, appareils administratif et judiciaire fiables, fiscalité attractive, sous-sol riche en or et pétrole, main d’œuvre qualifiée et bon marché [ ... ]

L’idée que Barack Obama n’aurait de toute façon réservé sa première visite en Afrique qu’à un pays anglo-saxon ne suffit pas à justifier le choix du nouveau président des Etats-Unis. Il n’irait certes pas risquer son aura dans une «démocratie d’Afrique francophone », mais ça aurait pu être le Nigéria ou l’Afrique du Sud. Non seulement Accra jouit d’une solide relation avec Washington depuis 1957, date de son indépendance, mais le Ghana est la première destination des Américains en quête de  racines africaines. La figure emblématique du panafricaniste Nkrumah dont les Etats-Unis d’Afrique furent le crédo d’une vie est vénérée chez les Africains-Américains. D’après une estimation d’Abou Bakr Moreau, professeur d’études américaines à Dakar, « le Ghana est le pays d’Afrique au Sud du Sahara qui accueille le plus de visiteurs noirs américains, devant l’Afrique du Sud et le Kenya. Un grand nombre de Noirs Américains ont, en effet, choisi de s’y installer au point qu’il y existe une communauté noire américaine bien intégrée, qui s’y sent parfaitement chez elle aujourd’hui. » Et les Américains ne sont pas seuls à faire le déplacement de la Côte d’Or.*

Lors de mon pèlerinage à Accra en juillet 2008, j’ai été émerveillé par l’extraordinaire identité de ce pays. Les Ghanéens sont aussi ouvertement religieux que l’Etat est laïc. Un taxi sur deux porte une croix, un chapelet, ou un verset coranique. La devise des Etats-Unis « In God we trust » est la plus prisée. Pendant mon séjour, les immenses portraits du candidat à la présidentiel, Akufo-Ado, du Nouveau parti patriotique (NPP) au pouvoir, laissent croire qu’il va succéder au président John Kufuor. Avec la bénédiction de ce dernier dont la résidence officielle est en plein centre ville, un seul vigile à l’entrée (!) La victoire d’Atta-Mills du Congrès national démocratique (NDC) en a surpris plus d’un par son éclat, la maturité de l’électorat et le fair-play du candidat du pouvoir. Le Ghana est aussi un des rares pays africains à célébrer officiellement les Pères fondateurs de l’Etat. Que ce soit les billets de banque, les statuts, le mausolée de Kwamé Nkrumah ou les programmes de l’University of Ghana dont Kofi Annan est le chancelier depuis le 11 août 2008… tout concourt à fortifier la nation. Un vouloir-vivre-ensemble relayé à l’extérieur par le ministère du tourisme et des relations avec la Diaspora.

Accompagnée par le très influent Corporate Council on Africa (CAA)[1] la première visite du président Obama au Ghana sera l’occasion de mettre en avant la démocratie ghanéenne tout en renforçant la diplomatie (économique et culturelle) des Etats-Unis en Afrique subsaharienne.

Guy Gweth


*Référence à “Gold Coast”, nom du Ghana à l’époque coloniale. Il fut abandonné le 6 mars 1957, jour de l’indépendance du pays.

[1] Fondé en 1993, le Corporate Council on Africa a été institué pour faciliter les relations commerciales entre les  Etats-Unis et l’Afrique. Il conseille la Maison-Blanche et travaille exclusivement avec les gouvernements, les multinationales et les groupes d’opérateurs économiques en vue d’améliorer le climat des affaires et promouvoir l’image de l’Afrique auprès d’investisseurs américains. Le Board du CCA est notamment composé des représentants de  Boeing, Chevron, Exxon Mobil, General Electric,  Johnson & Johnson Corp, Merck, Motorola, Oracle, Standard Bank Group, World Coca Cola Foundation… Etc.

L’éveil de l’intelligence économique en Côte d’Ivoire

In Guerre économique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information on 7 mai 2009 at 6:29

L’objectif stratégique d’une opération de relations publiques est le contact. Le 14 mai 2007, l’ISEAM organisait un colloque sur le thème « intelligence économique et Afrique » au palais du Luxembourg à Paris. L’occasion d’approcher une pionnière de l’IE dans l’Hexagone, Josette Buffaerts-Thomas, origine haïtienne, Pdg de CIM, administrateur de la Fépie, bonne connaissance de la Côte d’Ivoire. « Il y a dix ans, j’ai travaillé sur les premiers dispositifs d’intelligence économique au Gabon et en Côte d’Ivoire avec des gens de très bon niveau, me confia-t-elle. La majorité avait le titre de docteur…» Plus tard, visiblement émue, elle ajouta : « je ne comprends pas pourquoi ça ne démarre pas. »

Un peu plus d’un an après cet entretien, le 25 septembre 2008, la fondation Stratégie Défense MAG démarrait ses activités en Côte d’Ivoire à l’initiative de Marie Ange Gabrielle Adjobi, ancienne auditrice de l’Institut français des hautes études de défense nationale (IHEDN). Doté d’un budget déclaré d’un milliard de frs cfa (?), la fondation qui s’est positionnée sur le segment patriotique de l’intelligence économique a depuis commencé à sensibiliser les publics cibles aux nouveaux enjeux de la défense nationale. Elle offre des prestations payantes aux entreprises et cadres supérieurs ainsi que des formations gratuites d’initiation à l’IE. Son site internet, très attendu, y apportera plus d’aura et de visibilité.

En attendant, le « 1er blog d’intelligence économique en Côte d’Ivoire » est en ligne depuis le début de l’année. C’est l’oeuvre d’un jeune ami, Marc Amand, directeur associé du Cabinet Ileads basé à Abidjan. Ce blog encore à ses débuts se veut une plateforme d’informations utile aux décideurs ivoiriens. Avec le temps, il se forgera une identité. Pour le moment, la stratégie ivoire de l’auteur ne vise pas à créer un contenu original, encore moins à échafauder des théories d’intelligence économiques inédites. Marc Amand publie avec l’opiniâtreté de la goutte d’eau dont la chute répétée perfore le granit des mentalités de l’entreprise ivoirienne. « Là où il y a une volonté, il y a un  chemin » écrivait Lénine.

La volonté du gouvernement de Laurent Gbagbo de relancer la machine économique du pays après plusieurs années de recul lié à la crise politique et militaire remet naturellement l’intelligence économique au goût du jour. Pour s’en convaincre, la session de perfectionnement aux investissements internationaux du 16 au 21 mars 2009 sous la direction de Gnamien Yao, directeur de l’Institut africain de développement et de stratégie (IADS) et Pascal Chaigneau, administrateur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) de Paris, a permis aux participants et experts de débattre sérieusement de la problématique de « l’intelligence économique, enjeu de compétitivité nationale. »

Si Josette Buffaerts-Thomas peut aujourd’hui se réjouir du réveil de l’intelligence économique au pays d’Alpha Blondy comme partout ailleurs en Afrique, nul doute qu’elle espère comme l’ensemble de la communauté de l’IE une meilleure présence online des acteurs ivoiriens. Grâce à des recoupements, on sait à présent que de nombreux experts en intelligence économique d’origine et/ou de nationalité ivoiriennes gisent dans l’anonymat aux motifs qu’ils ne sont visibles ni sur internet, ni dans la presse, ni dans les librairies. Mais à tous ceux ont douté, les Gabrielle Adjobi et Marc Amand… apportent la preuve qu’en matière de défense économique nationale, il y a des générations spontanées.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire :

Intelligence économique au Cameroun : on sensibilise

Le novembre de l’intelligence économique en Afrique

Intelligence économique et guerres secrètes au Maroc

In Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Sécurité on 15 avril 2009 at 4:45

Abdelmalek Alaoui, associé gérant de Global Intelligence Partner et ancien étudiant de l’Ecole de guerre économique, a le mérite de poser les grandes problématiques auquel un pays doit faire face au risque de subir un déclassement économique mais aussi politique. Son livre, Intelligence Economique et Guerres Secrètes au Maroc, est à la fois un livre politique, visant à faire prendre conscience au Maroc de l’importance de l’IE, et un livre témoignage, montrant par l’exemple ce que peut apporter l’IE  [ ... ]

Le principal frein, selon A. Alaoui, au développement d’une politique d’intelligence économique est la résistance au changement qui est une pratique en grande partie héritée de l’époque coloniale (même si la présence française a ancré dans les têtes le « principe de précaution », indispensable à l’IE). Ce « tropisme français » s’est ainsi transformé en « maladie marocaine », une tendance au conservatisme qui se retrouve dans l’attitude économique. Selon A. Alaoui, le dirigeant marocain est frappé de « parisianisme » aigu.

De plus, « le Maroc a un système culturel où celui qui prend des risques fait figure de « mauvais joueur ». L’originalité jugée suspecte pousse à se méfier de celui qui en fait preuve et à le mettre sous contrôle. Le pays ne favorise donc pas l’aventure, l’imagination, la créativité, la prise de risque et l’ouverture aux idées nouvelles ».

Ce double frein culturel induit des insuffisances en matière de politiques d’intelligence économique : PME non sensibilisées, frilosité pour les partenariats public-privé, manque de culture du partage, opacité des circuits institutionnels fournissant des informations stratégiques, etc. Comme le dit l’auteur, « cette situation, où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique ».

Pourtant, le Maroc dispose d’atouts et doit aller de l’avant. « L’ambition du Maroc [...] doit être la création du « Marocain hybride », qui sait surveiller comme les Chinois, analyser comme les Français et agir comme les Américains. [...] Ce Marocain doit être agressif dans la mondialisation, informé des risques et opportunités et confiant dans son pays et ses gouvernants ». Or, cela amène à parler de la formation. Outre la nécessité de créer une agence marocaine d’intelligence économique ainsi qu’une doctrine, Abdelmalek Alaoui prône la création d’une « école de guerre économique marocaine, ouverte aux civils et aux militaires » permettant la formation de cadres de haut niveau.

Ainsi, pour l’auteur, la doctrine de guerre économique répond à un impératif absolu pour le Maroc, qui doit conserver un rythme de croissance au moins équivalent à celui des dix dernières années, au risque de ne pouvoir résorber de manière durable les inégalités. « Le pays a su identifier ses réserves de croissance et de développement mais n’a pas encore la maîtrise des outils pour pérenniser cette tendance positive ».

Sources : Infoguerre

Les entreprises africaines invitées au bal de l’IE*

In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, veille on 11 mars 2009 at 9:32

Le ministre nigérien du Commerce, Halidou Badjé, a invité ce mercredi, les entreprises africaines à maîtriser et protéger les informations stratégiques liées à leurs domaines d’activité.

La maîtrise et la protection de l’information stratégique est un facteur important pour tout acteur économique dans son élan d’accroissement et de développement, a dit M. Badjé en marge de l’ouverture d’un colloque international de trois jours sur « la compétitivité des entreprises et l’intelligence économique ».

Premier colloque du genre à être organisé au Niger, cette rencontre qui réunit des experts africains et européens, permettra d’élaborer des modèles d’actions au profit des entités étatiques et des entreprises, indique-t-on.

« Ce colloque intervient au moment où le Niger engage un programme de restructuration et de mise à niveau de ses entreprises (…) face au contexte de mondialisation et des APE », a souligné le ministre du commerce.

Le débat, a estimé M. Badjé, devra dépasser le cadre de ce colloque pour charrier toutes les composantes de l’activité économique notamment les universités et les Instituts de formation afin de permettre aux jeunes diplômés d’avoir des informations précises sur l’intelligence économique.

Selon lui, une étude menée récemment sur 147 entreprises de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a montré que celles ayant une sensibilité à l’intelligence économique connaissent une plus grande compétitivité.

Face à la concurrence acharnée sur le marché dans un contexte de globalisation, la compétitivité et le recours à une sécurité économique se révèlent comme une « préoccupation essentielle » pour tous les acteurs, selon Alain Pierre, l’administrateur général du groupe nigérien Fortinium, initiateur de ce colloque.

M. Alain Pierre a affirmé que l’intelligence économique gagne aujourd’hui en audience et connaît un développement certain, car sa pratique a servi le développement des économies du Nord et continue d’alimenter le secteur de l’innovation industrielle en Asie, en Europe et en Amérique.

Cependant, a-t-il regretté, cette discipline est peu connue en Afrique où le concept de l’intelligence économique reste « abstrait et ambigu » dans l’esprit du citoyen africain.

La rencontre de Niamey va déboucher sur un plan d’action stratégique pour l’instauration de l’intelligence économique dans les organisations et entreprises africaines, a expliqué Alain Pierre.

Il s’agit également de tendre vers la mise en route d’une dynamique de compétitive des entreprises africaines, a-t-il ajouté.

Fortinium group, porteur de ce projet, est né de la volonté de jeunes africains qui cumulent un historique professionnel dans divers domaines liés à la finance, la gestion, les technologies.

Source: DS/od/aft/APA

*IE: Intelligence économique

France : les atteintes à la sûreté de l’État ont explosé en 2008

In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Veille stratégique on 19 février 2009 at 8:39

De la violation du secret défense au pillage économique, la police du renseignement relève de plus en plus d’atteintes aux “intérêts fondamentaux de la nation” française.

Qui en veut à l’État et à ses secrets ? À en croire le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, les «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» ont augmenté de plus de 40 % l’an dernier, passant de 461 cas signalés en 2007 à 654 affaires transmises à la justice. Ici, c’est un petit génie de l’informatique qui tente d’infiltrer le réseau crypté d’une société nationale ; là, un internaute qui fait l’apologie de l’attentat suicide contre les personnels d’ambassade français au Maghreb ; ailleurs, un universitaire qui dévoile en ligne toutes les ficelles d’une technologie de pointe que les autorités voulaient protéger. Les affaires les plus délicates relèvent de la compétence de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) issue de la fusion des RG et de la DST.

«Complot», «trahison», «compromission du secret Défense», «intelligence économique » ou «avec une puissance étrangère» : les principales infractions concernées touchent à la sûreté de l’État. «Il peut s’agir d’un document classifié retrouvé au hasard d’une perquisition chez une personne non habilité à en connaître le contenu, d’une tentative de corruption d’un cadre d’une entreprise d’armement pour lui soutirer des informations techniques sur un système d’arme», explique un commissaire de police. «Nous constatons aussi beaucoup de disparitions d’ordinateurs contenant des fichiers sensibles», déplore un agent de renseignement de haut rang. «Il suffit qu’un fonctionnaire habilité se fasse voler son PC portable ou même son téléphone mobile contenant les numéros du service auquel il est rattaché pour que les faits soient aussitôt qualifiés d’atteinte au secret», nuance toutefois un magistrat spécialisé.

Toutes les procédures engagées par la police et la gendarmerie l’an dernier n’ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires. Mais elles ont justifié plus de 70 gardes à vue. Quatre personnes ont aussi été incarcérées.Les dossiers ouverts visaient 661 Français pour seulement 17 étrangers. Parmi les personnes mises en cause, on comptait 19 femmes pour 659 hommes. Et 10 mineurs.

Les contre-espions ne sont guère diserts sur le profil des 7 garçons et 3 filles de moins de dix-huit ans mêlés en 2008 à une affaire d’État. Un juge assure que «dans ce type de situation, le jeune se retrouve souvent impliqué pour avoir bravé l’interdit, par exemple, en cassant par jeu le code sécurisé d’une institution publique depuis son ordinateur ou pour avoir proféré sur un site des propos inconséquents malgré tout constitutifs d’une infraction».

Les affaires les plus importantes sont traitées à Paris par le pôle antiterroriste, au sein d’une section des atteintes au secret de la Défense nationale. Chaque juge antiterroriste traite 5 à 10 dossiers, essentiellement des affaires de compromission du secret défense liées à des contrats d’armement ou des notes des services de renseignement imprudemment divulguées. L’un d’eux concerne l’exploitation par le journaliste Guillaume Dasquié de rapports de la DGSE sur les menaces pesant sur les États-Unis avant le 11 septembre 2001. «Parfois, ce sont des noms de fonctionnaires agissant sous couverture qui sont livrés», regrette un magistrat parisien.

Pour le préfet Bernard Squarcini, patron de la DCRI, l’inflation statistique des «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» reflète avant tout la répression accrue engagée par ses services depuis leur récente restructuration. Il faut y voir aussi, selon lui, l’un des effets de la politique de sensibilisation au risque d’espionnage économique conduite par les préfets auprès des PME et des PMI en région.

Sources: Le Figaro

Tunisie: 2ème conférence internationale sur les SI et l’IE

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Management de l'information on 13 février 2009 at 7:35

L’évènement à Hammamet était, le 12 février 2009, l’ouverture de la deuxième conférence internationale sur les «Systèmes d’information et intelligence économique», SIIE’2009, organisée par l’Ecole Supérieure de Commerce Electronique de La Manouba et l’Université de Nancy.

Présidée par Malek Ghenima, directeur de l’ESCE La Manouba, Aris Ouksel, professeur à l’Université de Chicago et Sahbi Sidhom, professeur à l’Université de Nancy, la session d’ouverture était une occasion pour les intervenants de relever les principaux éléments de la compétitivité des organisations fondée sur la pratique de l’intelligence économique, l’ingénierie du savoir et l’usage des technologies de l’information et de la communication d’autant plus que l’intervention de l’invité d’honneur le Professeur, Ridha Methnani, chef cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de la Technologie a insisté sur l’importance de l’intégration d’une culture de veille stratégique, compétitive et technologique afin d’anticiper les phénomènes issus de la mondialisation, menaces et opportunités pour la protection des savoir-faire et des innovations.

« Les thèmes principaux de cette conférence portant essentiellement sur les systèmes d’information et intelligence économique sont opportuns du fait de l’impact de cet intelligence dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises tunisiennes dans un environnement changeant», a déclaré M. Ghenima, tout en ajoutant que « dans un monde exacerbé par la globalisation, la maîtrise de l’information est l’un des éléments essentiels de la veille stratégique et économique, permettant aux entreprises d’avoir la capacité d’analyser en temps réel les impératifs de leur environnement ».

« C’est une ère de risque où il est difficile de maîtriser les risques et de les évaluer », a souligné M. Sidhom, professeur à l’Université de Nancy. En effet, dans un contexte de grave crise financière et économique, les Systèmes d’Informations et l’Intelligence Economique deviennent plus que déterminants pour la compétitivité et la pérennité des entreprises. Cela dit, il faut attendre à ce que l’année 2009 soit « une étape charnière qui incombe aux dirigeants des entreprises la charge d’analyser minutieusement la sphère économique en investissant en matière des SI et exploiter a fond les opportunités par l’économie de savoir » a-t-il ajouté.

Invité d’honneur, le professeur Ridha Methnani, Ridha Methnani, chef cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de la Technologie, a insisté, lors de la présentation de l’allocution du ministre, Prof. Lazhar Bououni, sur l’importance de s’investir dans cette nouvelle discipline qui joue un rôle essentiel pour la performance, la compétitivité des actions stratégiques et la maîtrise ainsi que la protection de l’information qui sont devenues un enjeu majeur.

«La Tunisie a choisit de bâtir la société de savoir en investissant dans les Systèmes d’Informations et Intelligence Economique, en multipliant les réformes structurels ainsi que qualitatifs de l’enseignement supérieur et en renforçant la coopération internationale en la matière, indispensable pour s’approcher des standards internationaux » a-t-il ajouté. Une telle conférence, dédiée à des thèmes d’actualités, s’inscrit dans ce cadre, puisque « parmi, les aspects de la bonne gouvernance, la gestion adéquate de l’information semble être un atout majeur dans le processus de prise de décision par les entreprises et dans le renforcement de sa capacité à anticiper les mutations technologiques et économiques mondiales et l’amélioration de sa compétitivité », a-t-il déclaré.

La 2ème Conférence internationale SIIE 2009, 12-14 février 2009 à Hammamet en Tunisie est partie de ce constat. Les entreprises, les industries les universités et même les Etats commencent à s’investir dans cette nouvelle approche qui devient de plus en plus un catalyseur de l’économie de savoir, puisqu’elle se base sur la propagation de la culture de la performance, la compétitivité des actions stratégiques et la maîtrise ainsi que la protection de l’information qui sont devenues un enjeu majeur. D’autant plus que, la question de du rapport entre Système d’Information, Intelligence Economique et Processus de prise de décision est plus que jamais posée.

Sources : Webmanager Center

Les secrets de l’intelligence économique à la française

In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 5 février 2009 at 6:59

Dans l’Hexagone, tout se passe comme si les acteurs de l’intelligence économique avaient besoin -à l’instar de certaines loges- d’un peu d’ombre pour exister, d’un soupçon de lumière pour être reconnus, d’un subtil mélange de mystère et de publicité pour être recrutés et craints  tout à la fois. Étrange microcosme que ce lieu où, depuis l’affaire Ben Barka,  l’establishment économique et politique n’a jamais voulu s’unir au monde du renseignement autrement que par les liens du concubinage.

Dans « Particularisms of the CI profession in France » publié sur le site américain de la SCIP, nous avons mis en lumière quelques éléments factuels qui, à notre avis, empêchent un fonctionnement éthique des professionnels de l’intelligence économique (IE) dans l’Hexagone. Nous avons ainsi pu revisiter des affaires telles que la condamnation le 23 janvier 2008 par le tribunal de Bourg-en-Bresse d’un cabinet d’IE et son client à 30.000 euros d’amende pour violation de la vie privée,  l’affaire de la brigade des fraudes aux moyens de paiements (BFMP) qui éclata à Paris au matin du 13 mars 2008 ou encore l’affaire d’espionnage sur Olivier Besancenot qui mit le patron de Taser France dans le collimateur de la police parisienne dès le 14 octobre 2008. Après le décryptage des tendances lourdes qui s’en dégagent, nous avons dû constater qu’une bonne moitié des acteurs de l’IE opérant en France peine à se passer de  barbouzerie.

Le train de mesures envisagé par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, dans le cadre de son projet de loi visant à assainir les pratiques de cette profession dans le pays ne rassure ni les voisins de la France ni ses partenaires non-européens. En reprenant notre analyse sur le site Intelligence Matter, Andreas Romppel, président de la “Deutsches Competitive Intelligence Forum” s’est dit préoccupé par l’impact des pratiques françaises sur les grands projets de recherche au niveau européen. Situation paradoxale s’il en est, car pendant que les superpuissances redoutent la culture et le savoir-faire français en matière d’espionnage économique et industriel, l’Hexagone sécurise de l’intérieur et continue, sans état d’âme, de conquérir  des parts de marché dans les pays avancés ou émergents. On ne le dit pas assez: pour le french businessman, l’exploitation de sources ouvertes ou fermées aux fins de concurrence tient du réflexe.

Certes on continue de professer dans les amphis que ce sont les anciens de la police ou des services de renseignement d’État qui, par leurs pratiques border line, appellent l’opprobre sur la communauté de l’IE. Cette accusation n’est vraie qu’en partie. Prenez comme béquilles les jeunes gens sortis des universités ou des écoles de commerce avec un Master en intelligence économique. Scrutez attentivement leurs publications en ligne lorsqu’ils en ont. Vous verrez que 3/5 de leurs articles sont anonymes ou griffés par des initiales,  renforçant délibérément l’image d’une profession du secret. Or signer un article d’intelligence économique ou de biologie… sur un blog, un quotidien régional ou dans une revue scientifique fait dire à l’auteur:  « Je respecte mes lecteurs. J’ai qualité pour tenir ces propos. J’en assume la responsabilité. » D’où vient-il qu’on veuille se cacher lorsqu’on a l’éthique et la loi pour soi?

Dans les pays francophones de l’hémisphère sud, la tentation est grande d’importer de telles pratiques, comme en d’autres temps et domaines. Il faut faire attention à ne prélever chez nos amis français que ce qu’ils font de meilleur: l’analyse, l’engagement et la rhétorique.

Guy Gweth

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1. Peut-on démystifier l’intelligence économique?

2. Tout ce que l’intelligence économique n’est pas!

Intelligence économique au Cameroun : on sensibilise

In Communication d'influence, Diplomatie économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale on 25 janvier 2009 at 12:07

Dès sa création en 2007, GwethMarshall Consulting, leader du conseil en intelligence économique et stratégique en Afrique centrale[1], a développé quatre programmes citoyens. L’objectif : assurer une appropriation rapide et harmonieuse de l’esprit et des techniques d’intelligence compétitive par les groupes cibles. Le programme SIC[2] vise tout particulièrement à sensibiliser les autorités publiques locales et consulaires, les entreprises et chambres de commerce, les collectivités locales et la société civile ainsi que le secteur éducatif de la zone Cemac*. C’est dire si nous nous sommes réjouis de la tenue le 14 janvier dernier de la conférence de l’Acrie sur le thème « l’intelligence économique : une réponse à l’ère de l’information » à l’Institut africain d’informatique (IAI-Cameroun) de Yaoundé.

A l’invitation de Armand-Claude Abanda, représentant résident au Cameroun de l’IAI, Pascal Frion de l’Acrie (« premier réseau européen d’intelligence économique »)  a entretenu les étudiants en informatique sur les enjeux de l’intelligence économique (IE) dans un contexte d’hyperconcurrence mondiale. « L’intelligence économique, a-t-il dit, est une réponse à l’ère de l’information car elle propose des comportements, des méthodes, elle suscite que les individus et les organisations se motivent pour se questionner, chercher, traiter, diffuser et protéger l’information. » Pour le conférencier, l’ère de l’information se distingue de la logique des moyens et de la logique de résultats. Il faut opter pour une logique du choix.

Dans un langage simple, l’orateur a défini l’IE comme  « l’ensemble des actions conjuguées de questionnement stratégique pour identifier des besoins et des demandes, de la recherche d’information de ce qui nous manque, de traitement de l’information utile, de la diffusion de l’information pertinente, sans oublier  la protection de l’information discriminante. » Il a insisté sur l’idée de projet dans une démarche d’intelligence économique car pour lui, « sans projet, nous risquons la boulimie d’information et l’infobésité, ce qui occasionne de la perte de temps, de la frustration, une non performance, etc. L’intelligence économique (ponctuelle, pour décider et agir) se distingue de la veille (pour savoir). »

Parlant des nouveaux rapports de force internationaux, Pascal Frion avertit : «il faut donc être prêt, ponctuellement, à se battre légalement dans une guerre économique parfois délicate à identifier. C’est ce qu’on appelle l’offensive légale. De manière défensive, la veille doit nous tenir informé de manière régulière sur ce qui se passe autour de nous. Pour un Etat, ou pour une région (intelligence économique territoriale) il s’agit également d’aborder la géopolitique, la géoéconomie, etc. » L’orateur aurait pu profiter de ce paragraphe pour souligner l’idée de souveraineté et de patriotisme économiques qui sous-tend tout dispositif national ou régional d’IE mais le temps a sans doute manqué.

Grâce à son programme citoyen SIC, GwethMarshall entend diversifier ce type d’initiative en associant un maximum de théoriciens et de praticiens  venant d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe, un appui stratégique à la diplomatie économique des Etats de la Cemac. Avec l’ouverture prochaine d’une antenne sous-régionale de la SCIP[3], l’Afrique centrale entend jouer un rôle de premier plan en matière de stratégies concertées d’intelligence économique à l’échelle continentale. Ici, on a fait le choix stratégique de partir à la conquête des meilleurs pratiques mondiales d’IE (japonaises, étasuniennes, chinoises, britanniques et allemandes) sans oublier l’apport des écoles sud-africaines et françaises.

Ce sont les grand-mères bantu du Cameroun qui enseignent à leurs petits-enfants que « la sagesse c’est de recueillir celle des autres ».

Guy Gweth

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Le novembre de l’intelligence économique en Afrique


[1] Afrique centrale (zone Cemac*) : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad.

[2] SIC : Sensibilisation à l’Intelligence Collective

[3] SCIP : Society of Competitive Intelligence Professionals

Maroc: l’Oriental à l’heure de l’IE régionale

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, veille on 24 janvier 2009 at 6:54

L’Agence de l’Oriental et la Wilaya organisent les premières journées scientifiques « Oriental.ma » sur le thème de l’intelligence économique régionale du 26 au 27 janvier 2009.

En proposant une réflexion sur ce thème, l’Agence de l’Oriental et la Wilaya, en collaboration avec les partenaires institutionnels nationaux et régionaux (Conseil Régional, Fédération Nationale des Chambres de Commerce, d’Industrie et des Services, Université, Centre Régional d’Investissement (CRI), etc.) et de la société civile comme l’Association Marocaine d’Intelligence Economique (AMIE), posent les jalons d’une démarche d’intelligence économique régionale pour l’Oriental.

En effet, plus aucun décideur, plus aucune organisation ne peut faire aujourd’hui l’économie de l’innovation, devenue une urgence. Il s’agit d’innovation ouverte et créative s’attaquant à tous les enjeux de notre vie sociale, économique et culturelle. La démarche s’impose plus encore dans le domaine du développement régional. Définir une stratégie de développement en connaissance de cause, qui tienne compte des ressources locales, et ambitieuse à la fois, la partager, la mettre en œuvre, nécessite la mise en place d’un système d’intelligence des situations économiques et sociales.

Il s’agit aussi d’identifier, de promouvoir et de défendre les enjeux clés de la Région, à partir de systèmes de veille et d’analyse. Il convient également d’anticiper les grandes évolutions et de comprendre par exemple les forces et les faiblesses des régions similaires, innovantes ailleurs dans le monde pour mieux coopérer. Cette nouvelle approche du développement des territoires fondée sur la maîtrise des méthodes de l’intelligence économique se développe en effet dans des pays comme la France, le Royaume Uni, mais aussi dans les pays émergents comme la Chine et l’Indonésie, dont les cas seront présentés lors de ces rencontres.

Une première étape a été franchie en croisant une diversité de regards et d’expertises marocains et français dans le cadre de la revue « Oriental.ma ». Elle prend en compte les expériences déjà organisées au Maroc en la matière, notamment la récente convention sur l’intelligence économique signée entre la Fédération des Chambres de Commerce, d’Industrie et des Services et l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie, en partenariat avec l’Association Marocaine d’Intelligence Economique et l’Association Internationale Francophone d’Intelligence Economique.

Pour aller plus loin et organiser des projets concrets sur la base de cette fertilisation croisée, l’Agence de l’Oriental et la Wilaya de la Région de l’Oriental, partenaires, invitent les auteurs de la dernière livraison de la revue, praticiens et experts, hommes d’entreprise ou de prospective à débattre avec les acteurs de la Région, à l’occasion des Premières Journées Scientifiques « Oriental.ma », sous le thème de l’intelligence économique régionale.
Ces rencontres s’organisent autour de quatre moments forts : échanges de pratiques à l’échelle internationale, pratiques nationales au Maroc, intelligence économique régionale dans l’Oriental, et enfin, dynamique de régionalisation et projets concrets d’intelligence économique à réaliser.

Le programme de Jumelage Institutionnel financé par la Commission Européenne et dont le séminaire de lancement s’est tenu le 16 janvier dernier, au siège de la Wilaya d’Oujda, concernant respectivement le jumelage de l’Agence de l’Oriental et l’Agence Andalouse de Coopération Internationale (Junta de Andalucia ; Espagne) et celui de la Wilaya et la Région de Galice (Espagne), contient parmi les activités à réaliser d’ici 2010 celles relatives à la mise en place de dispositifs d’intelligence économique et territoriale en faveur de l’Oriental.

Sources : 1. OujdaCity – 2. Yawatani

IE: le benchmarking des groupes d’autodéfense en Afrique centrale

In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 juillet 2008 at 5:46

La crise économique qui traverse la zone Cemac depuis plusieurs années a considérablement fragilisé l’appareil étatique dans l’accomplissement de certaines de ses missions régaliennes. Une partie de ces dernières est ainsi tombée dans le champ d’activités des promoteurs privés, des bailleurs de fonds, des églises, des Ong… et des associations en bonne place desquelles les groupes d’autodéfense.

Nés de l’insécurité et de la montée du grand banditisme, les groupes d’autodéfense sont l’œuvre des jeunes de quartiers, costauds, solidaires, scolarisés ou non. Leur objectif est de sécuriser leur territoire. En alternance, ils veillent de jour comme de nuit. Ils surveillent les environs, collectent des informations, notent tout mouvement suspect. Ils ont le soutien plein et entier des populations locales. Y compris financièrement. Les criminels les redoutent. Les pouvoirs publics les observent. Un nouveau rapport de forces voit le jour dans les cités. Mais très vite, certains groupes franchissent la ligne jaune. Ils se prennent à arrêter des malfrats, à les juger devant des tribunaux populaires, à exécuter les peines par eux-mêmes. Il arrive qu’un membre du groupe cherche à se venger d’un rival et le dénonce comme « malfaiteur », poussant parfois à commettre l’irréparable. Embarrassé, l’Etat rend justice, tout en reconnaissant implicitement l’aide exceptionnelle de ces entités de facto, non prévues par les lois de la république. Il faut les encadrer.

Du 25 au 27 février 2004, alors que j’assure le pilotage d’Interconsult Cameroon, j’organise avec l’aide de bailleurs de fonds allemands, une session nationale au centre Jean XXIII de Mvolyé, à Yaoundé, afin de sensibiliser ces groupes au respect des droits humains. Pour mener à bien cette mission sans précédent, j’invite des experts de haut niveau dont l’ancien préfet Jean-Marie Ndongo et surtout Bell Luc René, ancien gouverneur et ex-délégué général à la sureté nationale. Ils nous font l’honneur d’accepter. Dans son propos liminaire, l’ancien chef de la police camerounaise tient à préciser que si l’Etat tolère les groupes d’autodéfense, c’est en réalité dans une logique stratégique visant à pénétrer les zones dites sensibles, grâce au soutien informationnel des habitants, dans le but de mieux gérer et garantir la sécurité publique.

La stratégie d’intelligence économique que nous impulsons dans la zone Cemac a tout appris de ce schéma contextuel. Face à l’exacerbation de la concurrence, à la réduction des moyens de l’Etat, nos entreprises se regroupent aussi bien par région que par secteurs d’activités. Moins fragiles et plus audacieuses, elles travaillent ensemble autour d’une plateforme d’information sécurisée avec la collaboration, voire, l’impulsion de l’Etat. Peu à peu, ce dernier diminue ses fonctions opérationnelles pour davantage se consacrer à son rôle d’Etat-stratège. Ces plateformes visent la défense et la compétitivité par la transformation du renseignement économique en outils de création et de protection des richesses. Rien à voir avec un quelconque protectionnisme. La vérité est que  les compagnies se prennent en main pour agir dans le respect bien compris des règles de saine concurrence. Elles n’ignorent pas qu’en définitive, c’est aux pouvoirs publics d’assurer les missions de contrôle, de protection des personnes, des biens, et donc des entreprises implantées sur l’ensemble du territoire national. Mais elles gagnent en assurance. L’Etat devient clairvoyant. La Cemac peut voir venir.

Des jeunes de quartiers qui inspirent une stratégie d’intelligence économique aux entreprises? Il fallait y penser.

Guy Gweth

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Pratiques de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine

La mention « SCIP » de GwethMarshall expliquée au public

In Brève, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Lobbying, Management de l'information on 13 avril 2008 at 1:47

Depuis quelques jours, vous êtes de plus en plus nombreux à nous demander la signification du logo « SCIP » ci-contre, présent sur l’ensemble de nos plaquettes et site internet. Fidèle à notre politique de communication, nous vous livrons ici, en quelques lignes, le contenu et la raison d’être de cet insigne qui a récemment épousé la charte graphique de l’Agence GwethMarshall Consulting.

Bref rappel

La Society of Competitive Intelligence Professionals (SCIP) est la première et la plus puissante organisation mondiale de professionnels de l’intelligence compétitive. Elle a été créée en 1986 à Washington, DC et regroupe à ce jour plus de 3400 professionnels de plus de 50 nationalités. Son siège social est basé au 1700 Diagonal Road, Suite 600 Alexandria, dans l’Etat de Virginie aux Etats-Unis. Elu pour un mandat de trois ans, son président actuel est Joseph Goldberg de Motorola, Inc.

Raison d’être

Membre de la SCIP depuis 2007, c’est le 11 février 2008 que Guy Gweth, fondateur de GwethMarshall Consulting a été officiellement autorisé à se prévaloir du logo « SCIP ». Nos tractations avec la maison-mère de Virginie devraient déboucher prochainement sur la création d’une branche « SCIP » pour les six pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale)*** que nous couvrons.

Contenu

« SCIP » est plus qu’une simple abréviation. C’est un label d’excellence qui apporte à chacun de nos clients la garantie d’un service de grande qualité sur les plans professionnels et éthique. Il est à la fois la marque d’une reconnaissance, celle de nos pairs ; mais aussi et surtout une exigence, celle d’assurer à nos partenaires des services d’un niveau irréprochable. Il en va de la crédibilité et du respect de la très prestigieuse institution qui l’octroie. Tout savoir sur GwethMarshall Consulting.

***CEMAC: Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, et Tchad.