Chères lectrices, chers lecteurs,
Depuis la création de ce blog le 15 janvier 2008, vous avez été des milliers à nous lire (Cf. Statistiques de WordPress.com ci-en haut, sur votre droite). Cela nous encourage et nous oblige. D’autant plus que ce chiffre ne prend guère en compte la fréquentation de notre version espagnole par nos amis de la communauté hispanique, ni la version anglaise par nos lecteurs anglo-saxons. Merci à tous !
Depuis lors, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe, vous n’avez eu de cesse de nous témoigner votre soutien à travers vos nombreux courriers. Certains parmi vous nous questionnent au quotidien. Le temps qui nous est imparti ne nous offre que l’opportunité de vous répondre à un moment précis. A l’occasion de notre quinzième jour d’existence, nous avons donc regroupé vos préoccupations en cinq points pour tenter de répondre à tous, et à chacun. Dans l’avenir, ce Quiz Intelligent semestriel, voire annuel si vous le voulez bien.
Question : Etes-vous un espion des temps modernes?
Guy Gweth : Si je l’étais, je vous le dirais (!) Je n’en suis pas un. Hélas. Plus sérieusement, l’information blanche, celle dont mes collègues et moi nous servons représente plus de 90% de la masse informationnelle disponible. Pourquoi espionner quand il suffit d’observer, de collecter, de recouper, de vérifier, d’analyser et de fructifier le renseignement ainsi obtenu au profit de cette Afrique magnifique, riche et jeune… dans laquelle tout reste à construire.
Question : Dans certains de vos articles on pense que vous êtes proche des pouvoirs politiques en place dans la CEMAC. Dans d’autres articles, on dirait que vous êtes plutôt un opposant. Qu’en est-il exactement ?
Guy Gweth : Les politiques passent, les nations demeurent. De même qu’il est mal aisé pour une armée nationale de prendre des positions politiques, de même serais-je fort mal inspiré de m’aligner sur X ou Y. Au contraire, dans l’intérêt de nos pays, il m’importe d’être en bonne intelligence avec les divers courants. Le développement économique de la zone CEMAC est mon unique motivation.
Question : Comment faites-vous pour accepter les missions de leaders qui ne respectent pas les droits de l’Homme alors que vous avez-vous même été un fervent défenseur de droits humains ?
Guy Gweth : Défenseur des droits de l’Homme, je le suis toujours ! Le vrai problème à résoudre est celui du décollage économique de la zone CEMAC. Nous respectons une charte d’éthique dans la conduite de nos missions et chaque fois que les intérêts de l’Afrique centrale sont en jeu, nous répondons présents. La défense et la promotion des droits de l’Homme est certes une de nos priorités. Mais attention ! La principale et la plus urgente de toutes est notre développement économique et social. L’accessoire suit le principal. Notre principal. Et non celui des pays tiers.
Question : Pourquoi vous êtes focalisé sur la CEMAC alors que l’ensemble de l’Afrique gagnerait à profiter d’une démarche comme celle que vous menez actuellement ?
Guy Gweth : Vous avez raison d’évoquer la globalité de l’Afrique dans notre stratégie d’intelligence économique. Sachez que c’est notre objectif stratégique primordial. Nous avons des collègues en Afrique du Nord, du Sud, de l’EST et de l’Ouest. Nous sommes persuadés que la création des Etats-Unis d’Afrique passera plus vite par les peuples que par leurs dirigeants. Et rôle joué actuellement au niveau des sous-régions par les opérateurs privés est une donnée que personne n’avait imaginée jusqu’ici. On a l’habitude d’abandonner toute initiative inter-étatique entre les mains des politiques. Lesquels sont parfois en rivalité les uns avec les autres. L’opinion publique l’ignore très souvent. Nous avons anticipé l’Afrique des peuples et nous la concrétisons à travers ce choix.
Cela étant, nous avons garanti tout notre soutien au Président Mouammar Kadhafi lors de sa dernière visite à Paris pour son combat en faveur des Etats-Unis d’Afrique. Il faut se dépêcher d’agir. L’Afrique n’a plus le temps d’attendre. Et le Guide libyen semble être actuellement celui qui a le mieux intégré cette idée parmi ses compères de l’Union Africaine.
Question : L’intelligence économique fait penser à des films de James Bond. N’avez-vous pas peur ?
Guy Gweth : La peur… Dans un prochain article, je reviendrai sur l’industrie de la peur et le sous développement économique en Afrique centrale. Car c’est bien d’une industrie qu’il s’agit. Même dans les pays développés, la peur est un excellent produit de vente aux niveaux politique, économique et social. Vous comprendrez fort bien que je ne fasse mes courses à ce marché-là. Mon appréhension à moi, c’est de trouver le sommeil tous les soirs, en pensant à ces milliers d’enfants qui ne mangent pas à leur faim, ne vont pas à l’école et ne peuvent se soigner parce que les « forts » sont passés avant et ont tout raflé. Voilà mon appréhension. Le combat pour le développement de l’Afrique est structurant. Une raison d’être. C’est en cela que nos frères et sœurs disparus près des côtes espagnoles à la quête d’une vie meilleure sont des modèles. Ce sont des martyres économiques. Pendant des décennies, ils inspireront une nouvelle génération d’Africains dans tous les domaines où la peur doit justement être vaincue.