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Archive for the ‘Leadership’ Category

Le journal « Les Afriques » fait le pari de l’intelligence économique

In Agenda, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie on 15 octobre 2009 at 11:07

L_A_News

Dès le 22 octobre 2009, Les Afriques, le journal de la finance africaine, publiera une chronique hebdomadaire de l’intelligence économique (IE) sous la plume de Guy Gweth. Après France 24, c’est la première fois qu’un grand média international s’engage à traiter de ce sujet de manière continue. Une bonne nouvelle pour les entreprises et la communauté de l’IE.

Les Afriques est le premier journal financier panafricain. Tiré à 23 000 exemplaires, il paraît tous les jeudis sur un papier couleur « saumon » et possède des éditions marocaine  et algérienne. En pariant sur l’intelligence économique, l’hebdomadaire répond aux besoins des entrepreneurs africains et internationaux, et engage la sensibilisation à grande échelle de nos décideurs. Jusqu’à présent, la chaîne France 24 était le seul grand média international à consacrer un programme (bi-mensuel) à l’intelligence économique, une émission animée par Ali Laïdi.

Lancé en juillet 2007, l’hebdomadaire Les Afriques est consultable en ligne. L’ensemble des publications est disponible en PDF. Les titres sont libres d’accès (cliquer ici). En mai 2009, le site du journal comptait 6500 abonnés à la newsletter quotidienne, 135 000 visiteurs distincts et un total de 1.8 millions de pages affichées. La version papier est actuellement disponible en  Afrique centrale et de l’ouest, en Algérie, en Belgique, au Canada, en France (Métropole et DOM-TOM), en Italie, au Luxembourg, au Maroc, en Suisse et en Tunisie.

GwethMarshall Consulting

“L’intelligence économique au service de l’Afrique”

In Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Interview, Leadership, Management de l'information, Veille stratégique on 15 octobre 2009 at 8:07

L*A*G_G

A lire dès le jeudi 15 octobre 2009 dans l’hebdomadaire Les Afriques n° 93, l’interview de Guy Gweth, réalisée par Dominique Flaux, directeur de publication du journal de la finance africaine.

Extraits :

«  Les Afriques : Quels sont les secteurs d’activité en Afrique qui nécessitent le plus d’intelligence économique et de veille concurrentielle ?

« Guy Gweth : En Afrique, nous avons recensé sept grands secteurs qui nécessitent de vraies stratégies d’intelligence économique soutenues par les États comme on le voit au Japon avec le ministère l’économie, du commerce extérieur et de l’industrie. Pour nous, ce sont les sept urgences de l’intelligence économique en Afrique: l’agroalimentaire, les assurances, les banques, le BTP, les Télécoms, les NTIC, les transports aériens. Les démarches initiées dans ce sens par SMBG Bank au Maroc, Kenya Airways, Orascom en Egypte, MTN et Vodacom en Afrique du Sud, sont les cinq grands exemples que nous suivons depuis 2007 sur le continent [...] »

Les Afriques n° 93, semaine du 15 au 21 octobre, est disponible en  Afrique CFA 1500 FCFA – Algérie : 80 DA – Belgique 1,9 a – Canada 3,50 $ CAD – France 1,9 a – France OM 2,20 a – Italie 1,90 a – Luxembourg 1,9 a – Maroc 12 DH – Suisse CHF 3,80 – Tunisie 2,3 DT.

GwethMarshall Consulting

Les capitaux libyens et russes à l’assaut de l’Italie

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Leadership, Stratégie, Veille stratégique on 2 octobre 2009 at 9:42

Roma

L’argent n’a pas d’odeur. Selon « Il Corriere della Sera », déjà 5 milliards d’euros ont été investis au cours des derniers mois par la Russie et la Libye en Italie et plus de 60 milliards devraient arriver rapidement. « Une rivière de capitaux », écrit le quotidien italien, même s’il y a des « préoccupations » avec ces deux pays, notamment en matière de droits de l’homme. Et les litiges commerciaux avec Tripoli ne manquent pas. La Libye devait encore quelque 626 millions de dollars à des entreprises italiennes, après la suspension des paiements en rétorsion de l’embargo des pays occidentaux de 1986.

Ce qui ressort de l’enquête du journal sur les investissements russes et libyens, c’est qu’ils sont surtout destinés à des sociétés leaders dans des secteurs stratégiques « avec tous les risques possibles pour le système italien ». Ainsi la banque centrale de Libye a investi dans UniCredit, la Libyan Investment Authority dans l’ENI, sans parler évidemment du club de football Juventus. De même le russe Severstal a racheté Lucchini, Metinvest a pris Trametal, Rusal Eurallumina. Et, d’après le journal, d’autres entreprises comme Telecom Italia, Finmeccanica, Impregilo, Generali sont dans le collimateur. Les possibilités d’investissement en Italie ne manquent pas et les « meilleures » propositions proviennent de Russie et de Libye. La légende de la caricature du « Corriere della Sera » résume ainsi la situation : « Ta banque, qui l’a achetée : les Russes ou les Libyens ? », demande un personnage. « Je ne sais pas. Les comptes sont en roubles et les intérêts en chameaux. »

Les Échos

Le groupe Ben Laden à l’assaut du marché ouest-africain

In Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Leadership, Stratégie, veille on 28 juillet 2009 at 12:18

Après une timide offensive ces dernières années en Afrique subsaharienne, le géant saoudien, Saudi Ben Laden Group, se lance à la conquête de l’Afrique francophone conformément à la nouvelle politique d’investissement en direction du marché ouest-africain convenue par ses administrateurs au courant de la première quinzaine du mois de juillet 2009.

Passer à la vitesse supérieure

Cette option stratégique des décideurs de la multinationale saoudienne intervient au lendemain d’opérations de prospection fructueuses effectuées en Afrique occidentale, respectivement au Sénégal, au Mali et en Guinée, entre mai et juin. Le groupe Saudi Ben Laden, qui a décidé de promouvoir son image en Afrique subsaharienne face à la montée en puissance des firmes asiatiques – via son programme d’investissements 2010-2014 – entend passer à la vitesse supérieure. Dans le domaine des hydrocarbures, Saudi Ben Laden arrive sur le marché sénégalais. Compte tenu de sa position stratégique, la multinationale saoudienne a fortement manifesté son intention d’acquérir 34% du capital de la SAR (Société Africaine de Raffinage) aux côtés de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de la société à hauteur de 65,4%) et de la firme pétrolière française, Total, présente dans le capital avec 34,6%. Lourdement handicapée ces dernières années par les fluctuations du marché pétrolier mondial et les manquements de la politique énergétique du pays, la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui tournait quasiment à perte, serait en passe de sortir la tête de l’eau. Saudi Ben Laden a décidé de mobiliser un investissement de près de 250 milliards de FCFA à court terme pour redresser l’entreprise ainsi « sauvée » de justesse d’un dépôt de bilan (…)

Total reste prudent

Total adhère avec beaucoup de réserve au schéma d’engagement de capitalisation envisagé par Saudi Ben Laden qui passerait de 34% à 51% du capital dans les années à venir. Même si le pétrolier français est resté à la table des négociations avec le géant saoudien, l’heure est à la prudence côté français. A en croire une source proche du dossier, « Total pourrait ne conserver que 20% des parts contre 34% à l’heure actuelle, après la prise d’actions de Saudi Ben Laden à hauteur de 51% qui deviendrait l’actionnaire majoritaire ». Le reste du dispositif actionnarial sera partagé entre l’Etat et le personnel, selon cette source. Le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr a décliné les ambitions du groupe saoudien qui a inscrit dans le cahier de charges le liant à la SAR la création d’une raffinerie d’exploitation complète et qui alimentera en produits pétroliers les pays de la sous-région africaine. Dotée d’une capacité de stockage de 1,2 million/t, largement en dessous de la demande en énergie qui serait de l’ordre de 1,8 million, la SAR compte, via son nouveau partenaire stratégique, redonner un second souffle à la filière hydrocarbures. Saudi Ben Laden group devrait libérer une première tranche des fonds, estimée à près de 120 milliards de FCFA d’ici à fin septembre 2009.

Le Mali dans les rangs

Le consortium saoudien, qui poursuit son offensive sur le marché ouest-africain, est également annoncé au Mali pour un important projet d’investissements dans le secteur immobilier. Saudi Ben Laden figurerait sur la short-list des entreprises internationales ciblées par le gouvernement malien qui a lancé il y a deux mois un programme de 4850 logements à réaliser avant fin 2010. Des officiels saoudiens du groupe Saudi Ben Laden ont pris langue avec l’Office malien de l’habitat pour réaliser ces travaux sous forme de joint-venture public-privé. Déjà, on apprend que l’Etat malien a soumis aux partenaires financiers internationaux ce projet immobilier en juin dernier et que la Banque Islamique de Développement (BID) est pressentie comme chef de file des bailleurs pour son financement. Saudi Ben Laden, serait prêt à apporter une enveloppe de 60 milliards de FCFA en partenariat avec le secteur public malien.

Ismael Aidara

Protégé : Profiling du candidat français à la Présidence du Gabon

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Intelligence stratégique, Leadership, Stratégie on 9 juillet 2009 at 10:29

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Business : combien rapporte la mort de Michael Jackson

In Agenda, Gestion de crise, Intelligence culturelle, Leadership, Management de l'information, Perception Management on 7 juillet 2009 at 10:34

Alors que des centaines de millions de personnes aux quatre coins de la planète rendent un dernier hommage au plus brillant artiste de l’histoire de l’humanité, David Walsh de WSWS nous entraine dans les sombres couloirs de ce qu’il ne fait pas bon révéler en public : les dollars de la mort. Car c’est en milliards de dollars de bénéfices que s’évalue le retour au ciel de ce demi-dieu. Extraits :

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Le groupe Bolloré peut-il rafraîchir son image tropicale ?

In Guerre de l'information, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Leadership, Management de l'information on 29 juin 2009 at 6:06

Avril 2009, Le Monde diplomatique[1] titre sur « les guerres africaines de Vincent Bolloré » entre « affaires, médias et humanitaires ». Quelques jours plus tôt, le 28 mars 2009 (coïncidence ?) c’est France Inter qui consacre une émission à « L’empire noir de Vincent Bolloré ». Comme pour exécuter une commande, en moins d’une semaine, on a remis au goût du jour la vieille théorie de « Bolloré, entreprise néocoloniale » au moment où la guerre pour le contrôle des ports fait rage sur le continent africain. La contre-offensive des stratèges de Puteaux est donc attendue. Mais l’opération « transparence » organisée en avril fait l’effet d’un antalgique. Car les 3 jours de voyage effectués par Dominique Lafont, DG de Bolloré Africa Logistics, à bord de son jet, en compagnie de journalistes ne semblent pas avoir positivement impacté la perception qu’a l’opinion publique de la multinationale.

Bolloré en Afrique c’est 30% du chiffre d’affaires du groupe en 2008, 19000 emplois, un réseau de 200 agences disséminés dans 43 pays, des domaines d’activités aussi stratégiques que les transports maritimes ou ferroviaires, la logistique minière, industrielle, pétrolière et humanitaire… Depuis 2004, le groupe a raflé la gestion de nombreux terminaux à conteneurs sur le continent à l’instar d’Abidjan en Côte d’Ivoire, Douala au Cameroun, Cotonou au Bénin, Lomé au Togo, Pointe-Noire au Congo, Tama au Ghana ou Tincan au Nigeria… Et perdu quelques uns comme celui de Dakar au Sénégal en octobre 2007. Pour le groupe comme pour ses quatre principaux concurrents (l’allemand DB Schenker Logistics, l’émirati Dubaï Ports World,  le danois APMT et l’espagnol Progosa), l’objectif stratégique est le contrôle des points d’entrée et de sortie du continent car « l’Afrique est comme une île reliée au monde par les mers. Donc qui tient les grues tient le continent. »[2]

Les analystes sont presque tous d’accord sur un point: Vincent Bolloré a réussi l’un de ses plus beaux coups de communication indirecte en recevant en mai 2007 Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président de la république, sur son yacht privé, tous frais payés. Attentifs, les décideurs d’Afrique francophone pour qui « l’ami d’un ami est un ami » ont parfaitement saisi le message. Le navire du milliardaire avait à peine mouillé au large de Delimara Bay que « la rupture » prônée par son illustre hôte s’effritait devant la real politik. Qui peut reprocher à un Etat de promouvoir et de protéger ses champions à l’international? Sauf que dans le cas Bolloré, les concurrents (aidés par les retours d’ascenseur du groupe breton à ses amis du nord et du sud) ont choisi de communiquer sur les soupçons de collusions, voire des  « liens incestueux » entre l’Elysée et Bolloré, le groupe Bolloré et les décideurs africains, les présidents africains et l’Elysée. La « Françafrique » en somme.

Or vu son artillerie [télévision (Direct 8), publicité (Havas), presse gratuite (Matin plus et Direct soir), RP (d’anciens ministres africains et français)…], il serait pour le moins prétentieux de faire une leçon de communication à Bolloré, si ce n’est que le cordonnier est rarement le mieux chaussé. L’édition de code d’éthique[3] et de publi-reportages n’est bien sûr pas négligeable. Mais il est temps de sortir des sentiers battus. En se servant de tribunes à valeurs symboliques certaines, la concurrence a réussi à porter la guerre économique sur le terrain de « la morale dans les affaires ». Pour échapper à ce crucifix où l’ont cloué ses challengers, Bolloré doit absolument faire diversion. Il faut arriver à créer une histoire à faire raconter par des gens ordinaires, un rêve à partager avec l’opinion publique. A ceux qui me disent à Puteaux qu’il faudra une révolution pour cela, je réponds toujours qu’au 21è siècle, aucune entreprise ne pourra durablement gagner si elle n’investit dans l’émotion.

Guy Gweth


[1] Le Monde diplomatique n°661, p 1, 16 & 17

[2] Propos prêtés à un « ancien de Bolloré » in  « L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises » dans Le Monde diplomatique de février 2006.

[3] Le groupe Bolloré aurait rédigé un code d’éthique comprenant une liste  noire de quatre pays (Érythrée, Guinée Bissau, Lesotho et Swaziland) où il ne souhaite pas investir pour “cause de corruption rempante”. Nous n’avons pu vérifier l’exactitude de cette information.

Protégé : Les cercles d’influence où Biya remplace Bongo

In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Leadership on 24 juin 2009 at 11:13

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Chine-UE: Pékin fait vaciller les 27

In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Leadership, Perception Management, Soft Power, Stratégie, veille on 27 novembre 2008 at 8:59

Ce devrait être un théorème pour les stratèges français de la coopération sino-européenne: faire perdre la face aux officiels chinois est un affront impardonnable au pays de Mao. Lorsque cela vient à se produire, la contre-offensive de Pékin remplit souvent trois critères: elle est spectaculaire, mémorable et lourde de conséquences. C’est en pleine crise financière internationale que le géant asiatique a choisi d’humilier la présidence française de l’union européenne.

Souvenez-vous, après le passage tumultueux de la flamme olympique à Paris en avril 2008, nous vous prévenions ici que les dignitaires chinois avaient de la mémoire et qu’ils n’hésiteraient pas, au moment opportun, à riposter à l’affront que les activistes droitdelhommistes français et quelques politiques pro-tibétains venaient  ainsi d’infliger au peuple chinois devant les caméras du monde entier. A l’époque, la real économique avait malgré tout contraint le président français à faire le voyage de Pékin pour l’ouverture des JO et à surseoire à rencontrer le guide spirituel tibétain.

Que Nicolas Sarkozy décide après coup d’un rendez-vous avec le Dalaï-Lama pour le 6 décembre 2008 en Pologne était certes l’affront de trop, mais en réalité un excellent prétexte pour Pékin. Le report sine die du sommet Chine-Union européenne du 1er décembre 2008 auquel devait assister le premier ministre chinois, Wen Jiabao, arrive en effet après de nombreuses mises en garde adressées par les dirigeants chinois aux autorités françaises.  Dans la foulée, Airbus a dû annoncer le report de la finalisation d’une commande de 150 appareils passée par la Chine en novembre 2007. Les rencontres entre businessmen européens et chinois en marge du sommet ont toutes été annulées. A l’heure qu’il est, les opérateurs français dans l’empire du milieu redoutent un durcissement de l’environnement de leurs affaires.

Il n’est pas complexe de profiler les dirigeants politiques français. Les analystes chinois n’ont d’ailleurs pas tardé à comprendre que “le président Sarkozy est très sensible aux pressions… ” Conséquence: lorsque le nouvel exécutif français effectue son premier voyage officiel en Chine en novembre 2007 avec 20 milliards  d’euros de contrat à la clé, les stratèges chinois retiennent l’absence de Yama Yade, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères chargée des droits de l’homme, comme le résultat de leurs pressions sur Paris. En reportant unilatéralement le sommet de Lyon, Pékin a voulu envoyer un signal symbolique fort, profond et durable au vieux continent et à la France en particulier.

L’Europe qui oublie parfois qu’elle n’est ni les Etats-Unis d’Amérique ni réellement unie expérimente donc le courroux spectaculaire d’un acteur devenu incontournable dans le concert des nations à l’heure où la crise financière internationale préoccupe les grandes chancelleries. L’aile dure du régime communiste ne pouvait manquer pareille opportunité pour punir Paris et les 27; un acte historique malgré la relative discrétion des grands médias européens dans le traitement de cette information.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire :

Shoot China ! Le jîhad médiatique occidental s’intensifie

Jo 2008: la confrontation entre Chinois et Occidentaux s’enflamme à Paris

Retour de manivelle : la flamme olympique menace de brûler les intérêts français en Chine

Sankara, le rêve ajourné d’une Afrique libre et compétitive

In Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Leadership on 15 octobre 2008 at 11:59

Capitaine Thomas Sankara, 38 ans, Président du Burkina Faso, assassiné à 16h le 15 Octobre 1987 à Ouagadougou, est le père naturel de l’intelligence stratégique africaine. 21 ans après la disparition du leader révolutionnaire, le continent noir n’a toujours pas trouvé un stratège de sa trempe. Le rêve d’une Afrique libre et compétitive dans le concert des nations est donc ajourné. Sine die.

Lorsqu’il accède au pouvoir le 4 août 1983, Sankara a déjà diagnostiqué, analysé la situation du continent et de son peuple. Très vite, sa stratégie révolutionnaire passe de la théorie à l’action. La Haute-Volta (nom de son pays à l’époque coloniale) devient Burkina Faso (le “pays des hommes intègres”). Le train de vie du gouvernement baisse (Le chef de l’Etat roule en Renault 5 ). La politique des institutions financières internationales de Bretton Woods en Afrique est démasquée. Les procès pour corruption sont radiodiffusés. L’excision des femmes est bannie et leur participation à la vie politique encouragée. Plusieurs écoles et institutions hospitalières voient le jour. Des millions d’arbres sont plantées pour faire barrage au Sahel. Les impôts agricoles sont supprimés. Les Burkinabès sont incités à produire et « consommer burkinabè»… En 4 ans de règne, le train de vie des citoyens s’est amélioré. Panafricaniste et tiers-mondiste, Sankara plaide la cause des plus pauvres à l’OUA comme aux Nations Unies et exige que l’Afrique soit libre pour pouvoir être compétitive à son rythme, avec ses propres valeurs. Mais le succès de ce jeune leader  charismatique ne fait pas les affaires des puissances prédatrices. Il faut le neutraliser avant qu’il n’aille plus loin et ne devienne particulièrement contagieux.

L’analyse des traitements de chocs activés dans le cadre des stratégies de puissance ciblant un ennemi ou une chasse gardée en phase d’émancipation révèle un mode opératoire en 2 étapes: une phase de destruction et une phase de reconstruction, ayant chacune trois objectifs. Ce schéma a été appliqué dans l’opération d’élimination de Sankara, avec de lourdes conséquences pour l’Afrique.

Pour détruire, il faut nécessairement:

1. Décapiter le mouvement d’émancipation en faisant supprimer son leader (de préférence par ses proches). Cf: Patrice Lumumba, Steve Biko, Ruben Um Nyobe…;

2. Disperser, puis opposer les énergies fédérées par le leader disparu;

3. Dissuader durablement toute initiative semblable à celle du leader supprimé.

Il est aisé d’observer l’effet anesthésiant de cette stratégie de la violence aux Etats-Unis où certains Africains-Américains veulent s’abstenir de voter pour Barack Obama de peur qu’il ne soit assassiné à l’instar d’autres leaders Noirs avant lui, Martin Luther King ou Malcom X… Comme si les partisans de McCain avaient oublié que Abraham Lincoln et John Kennedy furent, eux aussi, brutalement neutralisés…

Pour reconstruire, le suzerain doit :

1. Remplacer le leader supprimé par son bourreau ou un frère-ennemi;

2. Assurer à ce dernier, impunité, sécurité et longévité au pouvoir;

3. Obtenir en échange un vassal absolu à la tête d’un pays satellite.

A quelques nuances près, c’est dans cette ténébreuse situation que se trouve la majorité des pays africains, un quart de siècle après la révolution sankariste.

Mais au bout de 21 ans de cris et de lamentations, continuer à pleurer sur la mémoire de ce vaillant combattant, c’est donner force et raison à l’adversaire, c’est continuer de diffuser le poison de la peur qui gît dans son assassinat. Il faut plutôt poursuivre son combat. Car si le fils des « hommes intègres » revenait, nous serions bien confus de confesser que nous n’avons fructifié aucun de ses talents, lui qui donna sa vie pour sauver l’Afrique. Il savait que celui qui le trahirait partageait sa table et ne se déroba pas. De même que lors de son arrestation, Jésus demanda à Pierre de ranger son épée, de même Sankara demanda-t-il à ses gardes, au moment fatidique, de laisser faire : « C’est moi qu’ils veulent ! » Il sera exécuté quelques minutes plus tard à l’arme automatique. Voilà pourquoi le sankarisme apparaît comme un christianisme du développement. Un modèle de sacrifice, d’amour et d’espérance. 

Guy Gweth

Ouvrages consacrés au Capitaine Thomas Sankara

Africom officiellement en service actif dès le 1er octobre 2008

In Leadership, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 30 septembre 2008 at 6:24

C’est l’épilogue d’une  longue période d’intenses préparations, le nouveau commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique dont le président Bush avait annoncé la constitution en février 2007 entre officiellement en service actif ce 1er octobre 2008.

À la veille de son inauguration, la vice-ministre adjointe de la défense chargée des affaires africaines, Mme Theresa Whalen, a déclaré aux observateurs que ce commandement connu sous le nom d’Africom deviendrait l’outil le plus visible des États-Unis au service de leur objectif primordial à l’égard de l’Afrique, à savoir la promotion de leurs relations dans le cadre d’un engagement soutenu. Il s’agit en particulier, pour ce sixième commandement régional, de renforcer les programmes de coopération militaire et d’autres activités relatives à l’Afrique de concert avec divers organismes fédéraux, notamment l’Agence des États-Unis pour le développement international et le département d’État, et avec l’assistance de partenaires internationaux. Jusqu’à présent, les responsabilités militaires américaines à l’égard de l’Afrique étaient confusément réparties entre trois commandements qui étaient chargés aussi, respectivement, du Moyen-Orient, de l’Europe et du Pacifique.

Selon Mme Whalen, l’Africom sera un instrument plus efficace de sécurisation et de maintien de l’ordre et aidera les divers États africains à s’attaquer à leurs problèmes respectifs, qu’il s’agisse de pauvreté, de famine, d’épidémies, de prolifération d’armes, de piraterie ou de conflit. Toutefois, les restrictions imposées au champ d’action des forces américaines en Afrique n’ont pas changé lors de la création du nouveau commandement. « Le fait que nous ayons établi une nouvelle structure organisationnelle afin de mener à bien notre stratégie de sécurité en Afrique n’a modifié aucune des règles qui gouvernaient les anciennes. » La haute responsable du ministère de la défense s’est notamment élevée contre l’idée selon laquelle la création du commandement présageait en quelque sorte la « militarisation » de la politique africaine des États-Unis: « Les gens seront surpris de constater que la direction de l’Africom (pour moitié militaire et moitié civile) exercera encore plus de prudence lorsqu’il s’agira d’envisager une solution militaire à un problème africain ».

L’Africom s’attachera principalement à renforcer la capacité des forces maritimes et terrestres de ses partenaires, afin que ces derniers puissent coopérer en faveur de la solution des diverses difficultés régionales, allant de la réaction à une catastrophe naturelle à la prévention des conflits en passant par la lutte antiterroriste. Selon les responsables américains, un continent africain stable et prospère correspond aux intérêts bien compris des États-Unis dans la mesure où un regain de prospérité, l’amélioration de la santé des populations et une sécurité accrue en Afrique contribueront sans aucun doute au renforcement de la sécurité et de la prospérité dans le monde entier. Les États-Unis vont également aider leurs partenaires africains à « mieux asseoir leur régime démocratique, à mieux appliquer leur respect des droits de l’homme, à favoriser leur croissance économique et à bâtir de solides institutions régionales ». Le centre est dirigé par le général de l’armée de terre William Ward, épaulé par deux co-adjoints: l’ambassadrice Mary Carlin Yates, qui a servi au Burundi et au Ghana et qui est spécialisée dans les activités mixtes militaro-civiles, et le vice-amiral de la marine Robert Moeller, coordonnateur des activités opérationnelles.

Quant à dire que la création de l’Africom serait motivée par l’intérêt considérable que manifeste la Chine à l’égard de l’Afrique, l’administration Bush répond que l’essor des activités chinoises en Afrique n’était pas à l’horizon lorsque l’idée d’un nouveau commandement américain pour ce continent a commencé à faire son chemin, au début de cette décennie. De plus, la Chine ne faisait nullement partie de « l’équation stratégique » des Etats-Unis.  Infos recueillies auprès de l’US Department Of State.

Protégé : Le code barre des agents d’influence chinois en Afrique

In Communication d'influence, Géostratégie, Intelligence culturelle, Intelligence stratégique, Leadership on 31 août 2008 at 3:31

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L’effet Obama devrait doper le business américain en Afrique

In Communication d'influence, Leadership, Perception Management, Prospective on 25 juin 2008 at 2:43

Peut-être sera-t-il élu au soir du 4 novembre 2008. Peut-être pas. Le peuple américain est souverain. Mais quel que soit le verdict sorti des urnes, l’ascension spectaculaire du sénateur Barack Obama aura permis aux Etats-Unis d’écrire leur plus belle histoire de marketing politique sur la scène internationale depuis le plan Marshall. Une opération d’influence collective, sans préméditation, qui devrait profiter à l’image de marque et aux intérêts de la première puissance, aux quatre coins du monde, et plus encore en Afrique Noire.

La présidence Bush jr. ou la diplomatie du pompier pyromane

La présidence Bush, avouons-le, fut parmi les plus complexes de la Maison-Blanche. Sitôt réélus, les républicains souvent taxés de « va-t-en guerre » se retrouvèrent en effet à gérer les terribles attentats du 11 septembre 2001 et à devoir restaurer le leadership des Etats-Unis aux yeux des Américains et à la face du monde. Entre désillusions, émotions, real politik et intérêts économiques, les libertés publiques payèrent le prix le plus élevé avec entre autres, de nombreux cas de violation du secret de la correspondance. Ramenée à la guerre d’Irak, aux scandales d’Abu Ghraib et Guantanamo…, l’image des Etats-Unis devint catastrophique partout dans le monde sauf en Afrique, comme le révéla l’étude «Malaise global», réalisée en juin 2007 dans 47 pays par l’institut Pew. Les concurrents de l’Oncle Sam continuent d’ailleurs d’exploiter cette faille auprès de leurs «alliés» africains pour savonner la planche à l’Africom et freiner autant que possible l’expansion économique et militaire des Etats-Unis sur le continent d’origine du sénateur de l’Illinois.

Le « Yes, we can! » du soft power étatsunien

«Les Etats-Unis sont prêts pour un président Noir parce que nous en avons déjà eu plusieurs… à l’écran. Ils ont même été les plus mordants que nous ayons connus : Morgan Freeman dans le film Deep Impact et Dennis Haysbert dans la série 24 Heures chrono», reconnaissait récemment Joel Stein dans le Los Angeles Times avant d’ajouter plus loin : «au fond, tous les présidents sont des personnages de fiction. Si le président produit des effets très concrets sur certaines personnes(…) pour la plupart d’entre nous, son influence est la façon dont nous percevons notre pays ». Ajoutons en l’occurrence, la manière dont les décideurs africains perçoivent les Etats-Unis. A ce jour, Hollywood, CNN, NBA, le prestige des universités et le storytelling à l’américaine ont une influence inégalée en Afrique Noire. En propulsant un Africain-Américain dans la course à la Maison-Banche, le peuple d’Amérique envoie un message : «si une autre Amérique est possible, alors, un autre monde est possible !» La preuve par Obama. C’est une variante du rêve américain qui renaît des cendres d’une puissance meurtrie, essoufflée, décriée, mais fascinante par sa volonté de changement, son réalisme exceptionnel, son désir d’avenir. Si l’Afrique se voit quand elle regarde dans un miroir étatsunien, elle ne peut que lui sourire en retour.

Tout bien considéré…

Les Américains mesurent peu l’extraordinaire influence dont ils jouissent en Afrique Noire. Parmi eux, les diplomates nés autour de 1945 sont ceux qui demeurent les plus rivés aux vieux manuels de procédure qui imposaient d’en référer au Quai d’Orsay avant de s’aventurer dans ce qui jadis était considéré comme le pré-carré français. Un revenez-y du congrès de Berlin 1884-1885 qui consacra «le partage du gâteau africain.» La percée des Chinois et des Indiens, leur pragmatisme sans-gêne et leur appétit pour les matières premières… commencent sérieusement à réveiller des Américains par ailleurs décidés à augmenter leurs importations pétrolières du golfe de Guinée de 15 à 25% d’ici 2015; tout en luttant contre le terrorisme islamiste dont le Nigeria recèle de menues cellules dormantes. D’autres marchés stratégiques tels que l’eau, l’énergie, le bois, les transports, les NTIC… s’ouvrent de plus en plus aux investisseurs américains prompts à surfer sur le capital-perception engrangé en Afrique par l’effet Obama (!)

Guy J. Gweth

Les secrets du segment Afrique de Western Union: transfert de propriété

In Benchmarking, Intelligence économique, Leadership, Perception Management, Stratégie on 6 juin 2008 at 2:06

Le 1er Juin 2008, nous publiions sur ce site: [“C’est un fait dont on parle trop rarement: au moins un Africain émigré sur deux adresse les trois quarts de son salaire à sa famille restée sur le continent afin d’assurer sa subsistance.” Nous, enfants de la tradition.

Marketing ethnique, Perception Management, Communication stratégique, Conquête des espaces, Relation client… Enquête exclusive au cœur d’une stratégie commerciale qui séduit la diaspora africaine. Comment de pauvres Africains ont enrichi Western Union, Transfert d’argent? C’est à découvrir prochainement. Ici.]

Aujourd’hui, nous regrettons de ne pouvoir publier les résultats de cette enquête aux motifs de cession des droits de propriété à des tiers. Comme vous devez le savoir, les entreprises , les gouvernements et les organisations non-gouvernementales sont prioritaires pour connaître et exploiter les résultats de nos productions à des fins de compétitivité. Aussi prions-nous l’ensemble de nos lecteurs d’excuser ce rendez-vous manqué, dû à la real intelligence.

Guy J. Gweth

De l’intelligence économique à l’intelligence compétitive

In Intelligence culturelle, Intelligence sportive, Intelligence verte, Intelligence économique, Leadership, Stratégie on 19 mai 2008 at 6:02

Comment réduire l’incertitude des managers, détecter les risques et opportunités du marché, prévoir l’entrée de nouveaux concurrents, trouver dans et en dehors de l’organisation l’information utile à la prise de décision, tirer profits des bonnes pratiques de la concurrence ou anticiper de nouvelles règlementations dans un secteur d’activité donné?

Ces questions -loin s’en faut- ne sont guère l’apanage des seuls opérateurs économiques. Elles ressortissent tout naturellement du management en situation concurrentielle et de la part croissante que prend l’information stratégique dans le capital du leadership moderne. Toute proportion gardée, elles interpellent aussi bien le directeur général de Total Gabon que Mispa C., P-dg d’une PME de commercialisation de produits bio en RCA, Brice M., président d’une ONG de développement au Congo Brazzaville ou Kadidja H., cette jeune Tchadienne de 29 ans récemment désignée pour booster le marketing stratégique d’une nouvelle église de réveil de 9700 âmes, après des études de commerce et de théologie aux Etats-Unis. Pour tous ces managers, il n’y a d’intelligence que si elle sert la compétitivité, de manière éthique et légale.

Pour apporter des réponses aux questions de ces décideurs Africains comme à ceux de Wall Street ou de la City, les experts de l’intelligence économique (version francophone) seront prompts à répondre présents. Et pour cause. Malgré la relative variété des secteurs d’activité sus-évoqués, la plupart dira être en mesure d’appliquer l’intelligence économique au management d’une PME, d’un territoire, d’une association humanitaire ou au sport… Traduction: ces experts seront en mesure de prendre de la distance, puis de sortir leur modèle en mètre ruban, de le tirer depuis le questionnement du client jusqu’au renseignement en passant par la collecte, le traitement, l’analyse des données pertinentes et leur conversion en devises décisionnelles sécurisées (à soumettre à la sagacité du manager).

Devant ce tableau, vous comprendrez que je ne digère plus la dictature de l’adjectif économique chez nombre de théoriciens et praticiens de l’intelligence compétitive au sein de l’espace francophone. Pareille obstination se justifierait-elle par le fait que les Anglosaxons ont franchi ce pas avant nous (Voir les subtilités entre Business intelligence et Competitive intelligence) et que le “mimétisme” n’est guère la part des orgueilleux ? Ou est-ce simplement parce que mes bons camarades ont quelque scrupule à tuer le maître ? Mystère.

Fille du Renseignement, l’intelligence économique est en tout état de cause un sous-ensemble de l’intelligence compétitive, comme peuvent l’attester nos trois managers centrafricaine, congolais et tchadienne rencontrés plus haut, chacun dans son secteur d’activité. Au final, me direz-vous, ce n’est pas plus qu’une question d’adjectif, cette affaire… -Bien vu! Et cela est suffisamment important pour s’en expliquer auprès du grand public. Non?

Guy Gweth

Affrontement dur entre Progosa et Bolloré pour le contrôle du port de Douala

In Guerre de l'information, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie, veille on 4 avril 2008 at 8:52

La gestion du port de Douala, principal porte d’entrée maritime d’Afrique centrale, fait l’objet d’une bataille devant la justice camerounaise entre le groupe français Bolloré et la société espagnole Progosa, dirigée par le Français Jacques Dupuydauby, qui estime qu’il en a été injustement écarté…

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Tout commence en 2003. Bolloré, déjà bien implanté au Cameroun, remporte alors en association avec le danois Maersk la concession du port à conteneurs pour une période de 15 ans. Mais en novembre 2007, Progosa porte plainte contre X pour “favoritisme et corruption” au sujet de l’attribution du marché. Le groupe espagnol accuse Bolloré “d’avoir utilisé différentes manœuvres dignes de la mafia“, selon le texte de la plainte.

Au mépris de la confidentialité qui devrait entourer toutes les offres, les requérants ont appris par l’un de leurs concurrents qu’il était en possession de leur dossier de candidature avant même que le dépouillement n’ait été envisagé“, poursuit Progosa dans la plainte. “Nous avions gagné techniquement l’appel d’offres mais les critères de sélection ont soudainement changé et nous avons été éliminés“, assure M. Dupuydauby. “Pourtant, sur le plan tarifaire, nous étions aussi les meilleurs: nous proposions de verser à l’Etat camerounais une redevance deux fois plus élevée que celle proposée par Bolloré“, explique-t-il. A l’époque, la Banque mondiale, rappelle-t-il, avait émis un avis défavorable sur l’offre de Bolloré, estimant qu’elle était contraire aux intérêts économiques du Cameroun.

La plainte de Progosa a été jugée recevable et le juge d’instruction a notamment entendu plusieurs fois Alphonse Siyam Siwé, qui était directeur général du Port autonome de Douala (PAD) en 2003. Celui-ci, devenu ensuite ministre de l’Energie et de l’Eau entre 2004 et 2006, a été condamné en décembre 2007 à 30 ans de prison pour avoir détourné avec trois complices des fonds publics d’un montant de 38 milliards de francs CFA (57,9 millions d’euros) lorsqu’il était patron du port. Le groupe Bolloré affirme ne pas être inquiet : pour lui, les accusations portées par Progosa sont “fantaisistes” et “mensongères“. Il a d’ailleurs à son tour attaqué Jacques Dupuydauby en justice “pour commentaire tendancieux” et déposé également une plainte en diffamation contre lui, “dans laquelle l’action publique est déjà déclenchée“, assure Michel Calzaroni, responsable de la communication de Bolloré. “Nous souhaitons respecter le bon déroulement de la procédure afin que la justice camerounaise accomplisse son travail en toute sérénité“, répond la société française. “Le groupe Bolloré n’a aucun autre commentaire à apporter aux déclarations de Jacques Dupuydauby”.

Cette bataille de Douala, dont la presse camerounaise s’est peu fait l’écho jusqu’ici, survient alors que les deux groupes luttent depuis quelques années pour le contrôle de plusieurs autres ports africains: Lomé (Togo), Port-Gentil (Gabon) et Libreville. Après avoir été associées pendant quelques années, les deux entreprises se déchirent aujourd’hui. Selon une source proche du dossier, “en tout, une vingtaine de plaintes (contre l’autre) ont été déposées par les deux groupes” au Togo, au Gabon, en Suisse et en Espagne.

Sources : Afriquecentrale.info

Leadership: 23 jeunes africains dans l’élite mondiale

In Brève, Leadership, veille on 12 mars 2008 at 7:47

Vingt-trois Africains figurent sur une liste de 245 jeunes dirigeants reconnus à travers le monde par le Forum économique Mondial.

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La liste a été rendue publique mardi à Genève, et désigne des leaders de 40 ans ou moins qui ont fait preuve d’excellence dans des domaines divers. On y retrouve des exécutifs, des scientifiques, des journalistes, et même des sportifs. Selon le communiqué de presse du Forum, ces jeunes ont été sélectionnés à partir d’une liste de près de 5000 candidatures à l’échelle mondiale. Ils sont reconnus pour leurs accomplissements professionnels, mais aussi leur engagement envers la société et leur potentiel à contribuer à façonner l’avenir du monde.

Sur la liste, on retrouve des politiques comme le président Joseph Kabila de la République démocratique du Congo et Lalla Salma, épouse de Mohamed VI, roi du Maroc. Mais les leaders du business ont formé le plus grand groupe, avec au total 11 personnalités, soit à peu près la moitié. Sur le plan régional, on remarque que l’Afrique australe empoche le plus grand nombre de nominations, avec au total 12 jeunes désignés, tous des Sud Africains.

En Afrique de l’ouest, le sénégalais Karim Wade, directeur général de l’Anoci figure sur la liste, de même que l’entrepreneur nigérian Kola Karim. L’Afrique centrale est représentée par l’ingénieur camerounais Achankeng Leke, en plus du président Kabila. Les autres pays représentés sur la liste sont le Kenya, l’Ouganda et le Soudan. Sources : allAfrica.com, par Wendell Marsh.