AfriCommodities et GwethMarshall Consulting lancent 4 messages d’alertes aux décideurs africains sur les nouveaux territoires de l’intelligence économique (IE).
Archive de la catégorie «Sécurité»
Audit d’entreprise, nouveau territoire de l’IE en Afrique
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 8 novembre 2009 at 11:308 clés pour éviter les Malwares sur Facebook et Twitter
In Espionnage, Guerre de l'information, Management de l'information, Réseaux sociaux, Sécurité, veille on 3 novembre 2009 at 11:00Avec l’essor de Twitter et Facebook, les réseaux sociaux sont devenus un des terrains de chasse préférés des hackers. Pour vous éviter d’en être victime, Sarah Perez a développé huit best practices…
L’âge d’or de la Security Business dans le Puntland somalien
In Gestion de crise, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Sécurité on 2 novembre 2009 at 10:17« Quelle idée d’avoir appelé cette planète terre alors qu’elle est clairement océan? », s’étonnait Arthur Charles Clarke en introduction du livre vert maritime de l’Union européenne.
90% des gisements de matières premières en Afrique restent à développer
In Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 25 octobre 2009 at 11:25Nouveau partenaire stratégique de GwethMarshall Consulting, le bureau d’ingénieur-conseil AfriCommodities vient de dévoiler sa banque de données d’intelligence économique consacrée au marché des matières premières. On apprend ainsi que sur les 10 millions de gisements de matières premières offshore et onshore inventoriés en Afrique, 10% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y sont développés, 9′900′000 titres, soit 90% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y restent à développer et que des millions de gisements offshore et onshore probables et possibles ne sont pas encore développés.
L’observatoire Satellital des matières premières d’Afrique est une des principales innovations d’AfriCommodities qui intègre toutes les technologies de son partenaire Google, notamment Google Earth, Google Maps et Google Street View. Cette interface permettra par exemple d’offrir à tout utilisateur de cette banque de données une visite virtuelle des principaux gisements des matières premières d’Alger à Johannesburg.
Actuellement, grâce à la convention qui lie Google et la NASA, l’interface de Google Street View permet d’observer en back office toutes les entités nommées de l’Afrique. En front office les différentes entités nommées pourront être ouvertes au grand public via cette plate forme satellitale en temps quasi réel ultérieurement. Exemples: marchés boursiers, gisements des matières premières, banque, compagnies minières, commerces, administrations publiques, ports, aéroports, frontières, circulation, etc. Cette fonctionnalité touchant à la sécurité des États, des négociations sont en cours avec les missions diplomatiques à Genève, Berne, Paris et Bruxelles pour éviter tout conflit d’intérêts.
La banque de données d’AfriCommodities comprend des données structurées sur 53 États d’Afrique, 12 types de gisements de matières premières, 10′000 types de matières premières classés par odre alphabétique, 10 millions de gisements offshore et onshore inventoriés par télédétection satellitale, 10 millions de kits bancables validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, 10 millions de kits de Business plan validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, des millions de scènes d’images à très haute résolution du Satellite Landsat TM et ETM+ ortho rectifiées et non ortho rectifiées recouvrant comme un puzzle les 30′310′000 km² de superficie des 53 États d’Afrique… etc. Durant un an, le prototype de cette banque de données (draft) va subir des modifications aussi bien au niveau de sa charte graphique que de ses principales rubriques pour atteindre son niveau d’efficience optimale.
En back office, une communauté de compétences africaines (du continent et de sa Diaspora) travaille en réseau avec l’observatoire satellital des matières premières d’Afrique du faits des enjeux stratégiques du projet. Il faut bien comprendre que « la valeur financière des gisements africains de matières premières, connus à ce jour, s’élève à 46 200 milliards de dollars. Il suffirait de valoriser 12 % de cette immense richesse pour financer, sur l’ensemble du continent, des infrastructures (transports, énergies, télécommunications, santé, éducation) du même niveau que celles de l’Europe. »*
David Beylard* & Guy Gweth
Les clés USB inquiètent les services secrets norvégiens
In Contre-Intelligence stratégique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 22 octobre 2009 at 10:23L’article ci-après rappellera certainement à nos plus fidèles lecteurs un billet intitulé « La prostitution des clés USB, un piège trop sexy? » que j’ai rédigé il y a un an et demi, le 17 juin 2008, et pour lequel mes confrères belges d’Euresis m’ont accusé d’apologie d’actes d’espionnage électronique. Que les services secrets norvégiens aient mis tant de temps à attirer l’attention des entreprises sur les risques d’espionnage par les clés USB montre combien les professionnels de l’intelligence économique ont encore du pain sur la planche en matière de sensibilisation à la sécurité.
Guy Gweth
« Il y a eu une telle augmentation du nombre de piratages de données l’année dernière que les services de contre-espionnage norvégiens estiment que ce développement devient préoccupant.
« Les secrets des entreprises ainsi que des informations sensibles s’échappent parce que des programmes espions se répandent parmi les ordinateurs norvégiens. Ces petites briques allongées (clés USB) que nous utilisons tous habituellement pour enregistrer de grandes quantités de données peuvent en effet porter avec elles des programmes capable de voler des informations sur les ordinateurs. Étant donné que les gens utilisent souvent la même clé sur de nombreux ordinateurs différents, aussi bien à la maison qu’au travail, ce genre de virus se répand rapidement. C’est un raccourci très tentant pour pénétrer des systèmes informatiques par ailleurs bien surveillés.
« Les services de contre-espionnage ne veulent pas révéler qui est à l’origine de telles pratiques, ni quelles entreprises ou institutions sont ainsi espionnées. Il est cependant clair que l’usage fréquent des clés USB rend la tâche plus facile à ceux qui veulent spolier les entreprises d’informations précieuses. Par ce biais des clés USB on contourne les mécanismes de sécurité habituels que les entreprises utilisent pour se protéger, comme les pare-feu et les programmes anti-virus. Et puisque les clés font l’aller-retour entre le bureau et la maison, on peut pirater par là des informations venant de réseaux non connectés à Internet, puisque ces informations volées seront emportées par la clé en-dehors de l’entreprise, pour être envoyées ensuite automatiquement par Internet au pirate.
« Les services secrets donnent donc maintenant l’alarme et demandent instamment que les gens soient plus attentifs à la manière d’utiliser leurs clés USB au sein des entreprises et des instances publiques. – “Vous ne devez pas utiliser la même clé au bureau et à la maison. Vous devriez aussi désactiver sur votre ordinateur la fonction qui permet l’exécution automatique des programmes lorsque la clé est insérée, c’est-à-dire les fonctions “autorun” ou “autoplay” recommande Christophe Birkeland, des services secrets norvégiens. »
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“Les Etats-Unis se dotent d’un cyber-commandement militaire“
Allemagne – l’espionnage des salariés en procès à Francfort
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Management de l'information, Sécurité, Veille stratégique on 6 octobre 2009 at 5:57Le procès qui débute à Francfort suscite beaucoup d’attention outre-Rhin. Il devra en effet instruire l’affaire des pratiques de surveillance et d’espionnage à la Deutsche Bank, première banque du pays. Un nouveau dossier sur la longue liste de scandales d’espionnage de salariés, qui secoue le monde industriel depuis des mois.
Qui était responsable de la surveillance de Michael Bohndorf, actionnaire « critique » de la Deutsche Bank ? Qui connaissait les pratiques d’espionnage du membre de la direction Hermann-Josef Lamberti ? Pour élaborer un début de réponse, la vice-présidente du tribunal, Gesine Brackert, passe en revue la politique de sécurité de la Deutsche Bank. L’audition est édifiante : engagement de détectives privés, mais aussi d’une « espionne » chargée de faire parler l’actionnaire, installation de balises de localisation sous le véhicule du membre de la direction, et d’un microphone dans un bouquet de fleurs… Les méthodes fleurent bon les romans d’espionnage. Et pourtant, elles existent bel et bien et font partie id’un arsenal sophistiqué de surveillance, partant « du haut vers le bas » de la hiérarchie en entreprise.
L’affaire ne touche pas que les hauts dirigeants, loin de là. « Il y a par exemple un grand intérêt pour les employeurs à s’intéresser aux données sur l’état de santé et la constitution de leurs salariés – et bien sûr, sur la potentialité des femmes salariées à devenir enceinte ou pas », explique Peter Schaar, en charge de la défense des protections de données auprès du gouvernement. « Nous sommes en passe de nous habituer à une surveillance totale et à un contrôle global. Les logiciels deviennent toujours meilleur marché, pour une utilisation de plus en plus simple en dépit d’une complexité accrue ».
Les cas particuliers de la Deutsche Bahn et de Deutsche Telekom
173 000. C’est le nombre de salariés que la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn (DB) a espionné pendant dix ans. A ce nombre déjà considérable, il faut ajouter les salariés de la Deutsche Post, de l’opérateur Deutsche Telekom, d’Airbus Allemagne, du constructeur automobile Daimler, de Siemens, du discounter Lidl (voir article lié)…La « lutte contre la corruption » et la « criminalité économique » sont les deux raisons principales invoquées par les directions des entreprises pour se justifier… Mais quid des données sur l’état de santé des salariés, collectées et conservées ? De la surveillance des échanges de courrier électronique entre représentants du personnel et journalistes ? Des fiches sur les performances au travail ?
Dans son appel à la manifestation contre « la surveillance totale des citoyens et salariés », le syndicat DGB dénonce une facette supplémentaire de ce qu’il appelle le « Turbokapitalismus » : « Les écoutes téléphoniques, la surveillance par vidéo, l’espionnage qui ont été dévoilés ces derniers mois montrent que les entreprises ne considèrent leurs salariés que comme des outils de production, dont la sphère privée est piétinée. Le but est de créer un sentiment d’insécurité, et d’empêcher une organisation syndicale de dénoncer la détérioration des conditions de travail. »
Pour Gerhart Baum, à la tête de la commission en charge d’enquêter sur les affaires d’espionnage chez Telekom et la Bahn, le cas des deux anciennes entreprises nationales montre une culture fondée sur l’autoritarisme et la rigidité des structures. Dans un entretien au Spiegel, il rapporte ainsi qu’ «il y avait chez Deutsche Bahn et Deutsche Telekom une mentalité de chef en pays conquis, selon le mot d’ordre « l’Etat, c’est moi ». On ne peut que saluer la lutte contre la corruption au sein de son entreprise. Mais c’est d’une grande arrogance de croire que l’on peut mener seul les enquêtes, sans faire appel à la justice ». Les deux dirigeants responsables des pratiques d’espionnage n’ont pu résister à la pression publique, devenue insoutenable, et se sont vus contraints de démissionner.
Guerre psychologique
En dépit de ces démissions et de la mise en place d’une commission d’enquête, les cas de ces deux entreprises ne représentent que la pointe de l’iceberg, précise Gerhart Baum. « On pourrait croire que ces entreprises considèrent l’économie comme un champ de bataille. Et cette guerre déborde sur d’autres territoires comme internet avec l’infiltration des blogs et des forums de discussions, ou encore la rédaction de lettres aux éditeurs écrites par des écrivains rémunérés, chargés de polir l’image des entreprises».
La forte mobilisation lors de la manifestation à Berlin contre la collecte des données reflète bien la sensibilité accrue des salariés et des syndicalistes sur la question de la protection des données et d’espionnage au travail. Les principaux syndicats allemands ont ainsi mis sur pied un site internet offrant conseils juridiques, mais aussi techniques de défense informatique, ainsi qu’un « Chef-check » chargé de vérifier si le supérieur hiérarchique use ou non de pratiques d’espionnage.
Mais Ingrid Sehrbrock, vice-présidente du syndicat DGB, ne se fait pourtant pas d’illusion : « Le scandale des derniers mois montre combien le droit fondamental de gérer soi-même ses données personnelles est piétiné. Mais la marge de manœuvre des salariés est réduite, car qui veut risquer son emploi à cause de la collecte illégale de ses données ? »
Claire Stam à Francfort (Allemagne) – Novethic
Enjeux diplomatiques et stratégiques 2009
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Prospective, Risk Management, Sécurité on 4 octobre 2009 at 10:18Certains penseront à juste titre qu’en tant qu’Ancien du CEDS de Paris, je prêche pour ma paroisse. La vérité va au delà : Enjeux diplomatiques et stratégiques est l’ouvrage de référence qu’il faut absolument lire lorsqu’on opère sur la scène internationale aujourd’hui.
Réalisée par « une équipe pluridisciplinaire constituée d’universitaires, de diplomates, de journalistes et d’officiers supérieurs », l’édition 2009 est parue chez Economica sous la direction de Pascal Chaigneau. Y ont collaboré : Viatcheslav Avioustskii, Francis Balle, Dominique Bangoura, Mustapha Benchenane, Raymond Carter, Emmanuel Caulier, Jean-Christophe Dallemagne, Carla di Martino, Patrick Dombrowsky, Yacouba Doumbia, Jean-Louis Dufour, Georges Estievenart, Patrick Ferras, Gilles Gallet, Thierry Garcin, Thérèse Gastaut, Jorge Huerta-Jemio, Fereydoun Khavand, André Lewin, Fouad Nohra, Jean-Bernard Ouvrieu, Henri Paris, et Olivier Rouquan. Voici quelques extraits :
2008-2009 : le nouveau visage des médias
« Philip Meyer, dans son livre The Vanishing Newspaper, annonce par avance l’année où les quotidiens imprimés auront été définitivement remplacés par les sites d’informations du Web : 2040. L’annonce fait écho au célèbre discours prononcé par Rupert Murdoch, le 13 avril 2005, devant les représentants de l’Association américaine des rédacteurs en chef. Au sein du New York Times, en privé, on tient pour révolue l’heureuse époque où la règle d’or consistait, pour le journal, à ‘publier toutes les informations dignes de l’être’. » P. 235
La vie des Nations Unies en 2008
« La date du 2 avril (2009) et la place, Londres, étaient retenues pour le sommet du G-20. On dit qu’il devait être refondateur du système financier mondial et constituer un deuxième Bretton Woods. Mais comment pouvait-il en être ainsi, s’il s’agit pour vingt États de décider de ce qui en concerne 192 ? Certes, on imagine que les ‘locomotives’ du Groupe des 77 qui participent au G-20 telles que l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Inde s’efforceront d’être porteuses des revendications de tous les pays du Sud… » P. 245
Le retour de l’État sur la scène internationale
« Parallèlement à l’économie, l’État opère son retour sur la scène internationale par la guerre, de nouveau ultima ratio regnum. Pour souligner le poids des souverainetés comme détentrices de la violence légale, Louis XIV faisait graver à la bouche de ses canons : ‘Le dernier argument du Roi’. La résurgence de la Russie sur la scène géostratégique et la guerre de Géorgie d’août 2008 ont redonné aux conflits entre États que l’ont croyait oubliés une particulière actualité. » P. 8
La guerre en 2008
Les États continuent de ne pas voir dans la guerre un moyen de résoudre les contradictions qui les opposent. Restent les affrontements entre États et groupes armés et autres guerres par procuration. Il n’est pas dit que ces guerres asymétriques soient complètement inutiles. Elles amènent les armées à reconsidérer leurs méthodes de combat et d’entraînement, à mieux appréhender les formes de la guerre probable que décrit, avec talent et une grande qualité d’analyse, le général Vincent Desportes, et finalement à mieux se préparer à rétablir la paix. » P. 225
Guy Gweth
La Guinée ou l’art d’effrayer les investisseurs
In Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 25 septembre 2009 at 1:50Alors que les pays riches rivalisent d’adresse pour attirer le plus d’investisseurs, de touristes et de travailleurs qualifiés possible ; alors les pays émergents se battent pour séduire les entreprises qui délocalisent, de nombreux pays au sud du Sahara jouent à faire peur aux opérateurs étrangers. C’est le cas de la Guinée Conakry, un peuple de travailleurs infatigables, une terre de tradition hospitalière pourtant affublée de la note « D »[1] dans la catégorie « environnement des affaires » du Département Etudes Economiques et Risques Pays de COFACE, au même titre que le Zimbabwé ou l’Afghanistan. L’insécurité.
Des exemples
Le 16 septembre dernier à Conakry, des militaires guinéens se présentent au siège de Total Guinée dans le but d’enlever son directeur général. Le DG, Philippe Chauvin, échappe aux agresseurs grâce à l’intervention de ses employés et de quelques passants. Un mois plus tôt, c’est l’ambassadeur de Ghana qui avait été enlevé, brutalisé et dépouillé par des hommes armés…
Des causes
Depuis la prise du pouvoir par les militaires au lendemain du décès de Lansana Conté le 23 décembre 2008, les diplomates et hommes d’affaires asiatiques, européens et africains sont régulièrement la cible de bandes armées qui se croient au dessus des lois. D’ici à 2012, le marché de la security business va flamber dans ce pays comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire.
Des réalités
Malgré ses ressources naturelles, la Guinée Conakry est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Elle est 173ème dans le classement Doing Business 2010[2] avec 179 créations d’entreprises/an pour 111 fermetures et un indice de protection des investisseurs de 172. Il faut 41 jours et 13 procédures pour créer une société à responsabilité limitée (SARL) dans ce pays[3].
Une solution
Pour investir et/ou vous maintenir en Guinée en toute sécurité, demandez conseil à vos experts.
[1] « D » équivaut à la moins bonne note du classement
[2] Doing Business, Rapport 2010, Banque Mondiale (BM) & International Finance Corporation (IFC)
[3] Pour créer une SARL en Afrique subsaharienne, il faut en moyenne 41 jours et 9 procédures.
Côte d’Ivoire: Trafigura fait la loi aux victimes du Probo Koala
In Gestion de crise, Guerre économique, Management de l'information, Perception Management, Risk Management, Soft Power, Sécurité on 21 septembre 2009 at 5:57C’est dimanche 20 septembre 2009 que Trafigura a annoncé avoir trouvé un accord avec 31 000 victimes des déchets toxiques du Probo Koala. Pour arrêter les poursuites judiciaires engagées par la côte d’Ivoire en 2007, l’entreprise néerlandaise avait versé 100 milliards de francs Cfa à l’État ivoirien.
Protégé : Les limites de la protection rapprochée sur internet
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Guerre de l'information, Management de l'information, Risk Management, Sécurité, veille on 18 septembre 2009 at 9:28Quelle intelligence économique pour le sud du Sahara ?
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Sécurité on 13 septembre 2009 at 1:30Pour la rubrique « Trois questions à » d’un magasine économique, le journaliste Jean Vincent Tchienehom nous demandait récemment si « c’est cher même pour une petite entreprise d’intégrer l’intelligence économique dans sa stratégie ? » Les entreprises ne s’enquièrent du coût de l’ignorance qu’au moment de mettre la clé sous la porte. La perception qu’ont donnée les fabricants de logiciels de veille à l’IE dissuade nombre de PME et PMI des PMA. Pourtant l’intelligence économique (IE) comme elle opère dans les pays en développement (et singulièrement au sud du Sahara) est sans commune mesure avec ce qui a cours dans les pays riches.
Tout au plus les similitudes s’arrêtent-elles à la théorie et à quelques outils. L’opérationnel est tout autre. Dans ce champ, ceux qui tentent de transférer tel quel le savoir-faire du Nord vers le Sud ne visent qu’à perpétuer la suprématie du premier sur le second. Sans –loin s’en faut- aider à résoudre les questions liées au contexte local. C’est pour cette raison que chaque fois que nous parlons d’intelligence économique et stratégique en Afrique noire, nous attachons du prix à consacrer un chapitre entier à la contre-influence. Ceux qui boivent le sang de ce continent n’arrivent pas en chars. Ils empruntent la culture, les idées.
Au delà de l’aptitude des décideurs à se poser les bonnes questions, de la méthodologie à déployer pour produire du renseignement et des capacités pour chercher, trouver et protéger l’information, l’IE est un moyen de partage enrichissant. Ce que l’on nomme « solidarité africaine » trouve donc ici un terrain d’expression supplémentaire. Mais il importe fondamentalement de bien identifier ses concurrents. Le jour où les Africains mettront un nom sur l’ennemi extérieur, tirer dans la même direction se sera plus une question de coût mais de stratégie d’intelligence commune entre forces vives de la nation.
Car en vérité, l’intelligence économique est par dessus tout un état d’esprit et un esprit d’équipe. Aidée par la mondialisation, la guerre économique telle qu’elle se déploie aux quatre coins du monde n’épargnera aucune entité isolée. Les Africains (États, entreprises, ONG et experts) doivent se « battre ensemble comme des frères » ou se préparer à « mourir ensemble comme un troupeau » suivant la sentence imagée et réaliste de Luther King. De l’Etat-stratège aux pôles de compétitivité en passant par une diplomatie économique résolument offensive, c’est un nouvel état d’esprit qui convoque les décideurs.
Il est étonnant d’observer que les secteurs névralgiques tels que le pétrole, le bois, la bauxite, les transports, les aires cultivables, etc… qui sont la convoitise des puissances étrangères ne soient à ce jour l’objet d’une surveillance par des unités spéciales formées aux techniques d’intelligence stratégique. Des informateurs y sont actifs, mais nous avons prouvé qu’au Congo et en RDC par exemple, ils sont dépassés par les réseaux et la vitesse d’exécution de leur vis-à-vis. Sur ce point, comme sur celui de la guerre informatique en particulier, la refonte des services de renseignements africains est une nécessité a-b-s-o-l-u-e.
En résumé, l’intelligence économique pourrait bien profiter à l’Afrique noire à condition de se départir de l’influence étrangère, d’instaurer l’Etat-stratège, de définir les secteurs prioritaires, de mettre en place des plateformes de collecte et de partage d’informations, de révolutionner les services de renseignements, de créer des lieux d’échanges privilégiés entre les secteurs public et privé. En attendant, y a-t-il plus loyal que les acteurs africains de l’IE (point d’intersection entre expertise internationale et maîtrise du contexte local) pour avertir et outiller les pouvoirs publics, les entreprises, les ONG et les médias nationaux?
Guy Gweth
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In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Prospective, Risk Management, Sécurité on 5 septembre 2009 at 8:49Protégé : Comment Kadhafi a dupé la France, de Tripoli à Paris
In Communication d'influence, Diplomatie économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Perception Management, Sécurité on 25 août 2009 at 8:45Protégé : Ce que le FBI savait sur Bernard Madoff
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Sécurité on 17 août 2009 at 10:01Les taupes de Fidel Castro aux Etats-Unis
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Sécurité on 9 août 2009 at 11:12C’est l’histoire vraie d’un couple de septuagénaires américains qui espionnaient leur propre pays au profit de Fidel Castro. Un chef d’œuvre pour les services de renseignements cubains qui ont réussi à traiter pendant 30 ans un haut fonctionnaire US au dessus de tout soupçon. Cette histoire peut être lue sous le prisme de l’intelligence économique, mutatis mutandis.
GG
“Cette fois-là, Walter Kendall Myers a manqué de vigilance. C’est une faute professionnelle pour un agent secret. Le 15 avril dernier, lorsqu’un inconnu l’aborde sur un trottoir de Washington, lui souhaite « bon anniversaire » et lui tend un « puro » – l’un de ces cigares cubains interdits de vente aux Etats-Unis – ce distingué haut fonctionnaire à la retraite est persuadé d’avoir affaire à son « officier traitant » de La Havane. Erreur fatale : l’inconnu en question est en réalité un enquêteur du FBI qui boucle trois ans d’investigations. Et s’apprête à faire éclater au grand jour une affaire d’espionnage digne des meilleurs polars de John le Carré.
“Taupe ayant ses accès dans les sommets de la diplomatie américaine, Kendall Myers, 72 ans, travaillait en effet pour le compte de Cuba… depuis trois décennies ! Expert et analyste en relations internationales au Département d’Etat, ce gentleman au profil d’aristocrate anglais détenait une accréditation « top secret ».
“Il pouvait ainsi accéder quotidiennement à la base de données de cette administration, aujourd’hui dirigée par Hillary Clinton. Avec l’aide de sa femme, Gwendolyn, 71 ans, assistante de direction à la banque Riggs, le fonctionnaire a transmis des milliers de documents et d’informations ultrasensibles à ses officiers traitants, qui, à leur tour, les acheminaient directement vers le bureau de Fidel Castro.
“Arrière-petit-fils de l’inventeur du téléphone Alexander Graham Bell, Kendall Myers présentait pourtant un pedigree au-dessus de tout soupçon. Issus de la bonne bourgeoisie américaine, lui et son épouse vivaient dans un immeuble chic des beaux quartiers de Washington. Amis, famille, collègues ne leur connaissaient qu’une seule passion : la voile, que ce couple BCBG pratiquait chaque week-end à bord de son « 37-pieds ». Jamais, au grand jamais, ils n’avaient manifesté devant eux le moindre intérêt pour la politique latino-américaine ni mentionné le nom de Cuba.
“En cet après-midi fatidique du 15 avril, le vrai-faux officier traitant cubain demande à Kendall Myers de le retrouver, le soir même, au bar d’un hôtel. Deux autres rencontres secrètes suivront, les 16 et 30 avril, toujours à Washington, mais dans l’intimité de chambres d’hôtels. Habitué à travailler en tandem, Kendall Myers vient chaque fois avec Gwendolyn, sa femme, sa complice. Au fil de cinq heures de discussions au total, l’agent du FBI multiplie les questions pièges afin de vérifier les éléments de l’enquête en sa possession.
“En confiance, les septuagénaires n’y voient que du feu. « Comment va tout le monde, à la maison ? » interrogent-ils d’emblée avant d’exprimer leur amour immodéré pour l’île communiste, où ils rêvent de se rendre un jour à la voile, car « Cuba compte vraiment pour [eux] ». L’instant d’après, badins, ils dénigrent les Etats-Unis : « Le problème de ce pays, c’est qu’il y a trop d’Américains. » Mais l’essentiel est ailleurs : lors des trois rendez-vous secrets, par petites touches, les époux Myers livrent d’innombrables et fascinants détails sur leur travail d’agents cubains.
“Titulaire d’un doctorat en relations internationales, Kendall Myers entame sa carrière au Département d’Etat à la fin des années 1970. Spécialiste de l’Europe, il est d’abord enseignant au sein du Foreign Service Institute (FSI), où il prépare les diplomates en partance pour le Vieux Continent. En 1978, lui-même assiste, en auditeur libre, à une conférence sur Cuba donnée par un diplomate de ce pays. A la fin de sa présentation, le Cubain invite Kendall Myers à participer à un voyage d’études non officiel sur l’île, où il se rend en décembre 1978, pendant deux semaines.
Sur place, l’Américain est pris en main, à son insu, par les services cubains, qui lui réservent leur meilleur « tratamiento », lequel consiste à présenter à leurs invités de marque la révolution sous son meilleur jour. Le « traitement » est couronné de succès [...]
Lire l’article complet in L’Express.
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Quand Capital s’amuse à pirater des sites d’entreprises
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence économique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 27 juillet 2009 at 11:25Le magazine Capital du mois d’août 2009, en kiosque depuis le 23 juillet, met le feu aux poudres et livre un article exclusif et explosif sur les sites web d’entreprise. Et le titre en dit long : « Pirater un site Web d’entreprise, un jeu d’enfant ! ». Les journalistes se sont tout simplement « amusés » à pirater les sites de sociétés telles qu’Orange, Virgin Mobile, HP, Amaguiz ou encore Facebook ! « Pas besoin d’être un pirate pour trouver un trésor : quelques clics et un peu d’astuce nous ont suffi pour forcer la porte de nombreux sites d’entreprise » affirme le journaliste, preuves à l’appui avec un tableau récapitulatif des infos récoltées, de ce qu’auraient pu en faire des pirates, et du temps de réaction des entreprises concernées.
Le principal problème que l’on retient à la lecture de l’article est que les sociétés n’accordent pas assez d’importance à la sécurisation de leur site web. D’autre part, une fois la faille détectée, la réaction de la société est plus ou moins inquiétante. Ainsi Orange a réagit immédiatement et a bloqué son site le temps de le sécuriser, Virgin Mobile a réagit en 24 heures et HP immédiatement. En revanche, d’autres résolvent le problème en un mois voire deux mois pour Facebook, par exemple. Enfin, d’autres ne réagissent pas. Capital expliquent concernant les sites Lactel, Francine et Lustucru que « prévenues par nos soins en mars dernier, les trois sociétés n’ont toujours pas réagi ». (Le magazine est parvenu à se procurer « l’identité et les adresses mail des centaines de gagnants du jeu concours Crêpes en fête organisé en février derniers »).
Alors comment a fait Capital pour devenir un véritable pirate du web et ce apparemment si facilement ? L’article commence ainsi et donne le ton « Fidèles de Virgin Mobile, vous pouvez remercier Capital. Pendant des semaines, votre opérateur téléphonique a laissé traîner sur son site Internet tout un tas de données confidentielles vous concernant : nom, adresse, numéro de téléphone, code secret, identification Imei de votre appareil… Il suffisait de taper sur son clavier un numéro de facture pour la faire apparaître à l’écran » Autres exemples à propos d’Orange : « Pour permettre à ses clients d’accéder à leur facture sans délier les cordons de la bourse, la société leur fournit par e-mail un mot de passe ultrasecret, qui se trouve être un simple numéro. Comme chez Virgin Mobile, il suffit d’en connaître un et de le faire varier (en l’augmentant de 1, puis de 2, etc.) pour avoir accès aux comptes personnels de 400 000 usagers de la maison », et de Hewlett Packard : « nous avons accédé sans difficulté à un fichier comportant l’adresse e-mail des 5 millions de lecteurs de la lettre d’information du groupe ».
Les journalistes n’ont pas profité de leur trouvaille, ils ont averti les sociétés, mais les pirates eux en auraient tiré parti ! A propos du site Virgin Mobile, Capitale explique que : « un hacker facétieux – et prêt à commettre un délit pénal – n’aurait eu aucun mal à bloquer autant de lignes qu’il le souhaitait en quelques minutes. » A propos d’Orange : « Inutile de dire que la concurrence aurait adoré entrer en possession d’un tel fichier. Et les accros aux sites pédophiles plus encore, car il leur aurait permis de surfer à loisir sur le Net en usurpant l’identité des utilisateurs d’Orange. »
Plus grave encore, Capital a réussi à accéder via le site Titre emploi service aux dossiers Urssaf de dizaines de milliers d’employeurs : « Numéros de Siret, fiches de paie des salariés, données bancaires complètes… » et explique « Cette caverne d’Ali Baba aurait permis mille manipulations à des flibustiers malintentionnés, de la création de vraies-fausses sociétés à l’espionnage économique, en passant par toutes les arnaques bancaires possibles et imaginables. Estomaquée par notre découverte, la direction de l’Urssaf a illico fermé son portail pousse-au-crime. En oubliant au passage de prévenir les entreprises cotisantes des risques considérables qu’elle leur avait fait courir. »
Sources : La Vie numérique
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In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, Sécurité on 15 juillet 2009 at 9:15Il n’est que de feuilleter la florissante littérature des services secrets pour se rendre à l’évidence que les couvertures de «journaliste », « humanitaire » ou « universitaire » sont parmi les plus vieilles d’usage dans le cadre des covert operations. Mais au delà des précautions à prendre en pareille occasion, l’enlèvement d’agents français en Somalie le 14 juillet 2009 offre le prétexte idéal pour soulever deux des questions qui travaillent la communauté du renseignement dans les pays occidentaux en guerre contre le terrorisme islamiste: la capitalisation des agents issus de minorités ethniques et la nécessaire rénovation des techniques de renseignement humain (Humint). L’exploitation de sources ouvertes par les forces hostiles (grâce aux NTIC) a radicalement changé la donne sur le théâtre des opérations.
Paris, 14 juillet 2009. 8h 35. Les Champs Elysées grouillent de monde. Le soleil brille sur la capitale française mais on a l’impression qu’il cache de gros nuages. Dans l’attente de Nicolas Sarkozy qui doit présider le défilé militaire, France 2 diffuse les images de quelques membres du gouvernement. Parmi eux, Hervé Morin, l’air soucieux. La co-présentatrice du Direct, Marie Drucker, explique que le ministre de la défense est préoccupé parce que « deux étrangers ont été arrêtés tôt ce matin en Somalie. A l’heure qu’il est, on ne connaît pas leur nationalité. » En fait d’étrangers, il s’agit de « deux conseillers français en mission officielle d’assistance auprès du gouvernement somalien. »[1]
D’après notre confrère du blog Secret Défense, les deux Français auraient été envoyés récemment sur place par la Direction Générale de la Sécurité Extérieure pour une mission de conseil en matière de sécurité, dans le cadre du soutien de la France au gouvernement légal du président cheikh Charif Ahmed. L’enlèvement a d’ailleurs eu lieu à l’hôtel Sahafi, l’une des zones les plus sécurisées de la capitale. Tout de suite après, l’ONG Reporters Sans Frontières[2] est montée au créneau s’estimant « choquée qu’ils aient pu se faire passer pour des journalistes. Etre journaliste, ce n’est pas une couverture, dit RSF, c’est un métier… »
Une grande cécité guette désormais les services occidentaux. Rivés dans une posture du fort au faible, ils sont incapables d’une part d’envisager que l’adversaire est au fait de techniques (permettant de trouer les vieilles couvertures d’usage dans la milieu); pis, certains s’empêchent de promouvoir et d’utiliser leurs agents opérationnels originaires de « zones sensibles ». Ces derniers sont tout juste bons à traduire des écoutes et au mieux à infiltrer des bandes de braqueurs ou de dealers dans les « banlieues difficiles ». On feint d’ignorer que lorsqu’un « visage de craie »[3] pose son pied sur le tarmac de Mogadiscio, il est immédiatement « pris en charge »(?)
Au 2nd trimestre 2008, dix agents africains-américains des services secrets se sont plaint de discrimination raciale aux Etats-Unis. Dans le procès qui les opposait à leurs supérieurs, ils ont brandi devant la cour fédérale du District de Columbia des e-mails méprisants échangés entre leurs supérieurs hiérarchiques respectifs. En Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et en France, les agents issus de minorités avouent sous anonymat qu’ils sont parfois mal notés et qu’ils ne grimpent pas assez vite dans la hiérarchie à cause de leurs origines… Des accusations graves et récurrentes mais difficiles à vérifier de l’extérieur. Les contradictions du monde « civilisé » feraient-elles le lit des intégristes ? A voir.
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“Secret Défense” : 1 vecteur, 2 messages, 3 cibles
Guy Gweth
[1] Selon les termes du communiqué publié dans l’après-midi du 14 juillet 2009 par le Quai d’Orsay.
[2] D’après Reporters Sans Frontières, cinq journalistes ont été tués dans le pays depuis le 1er janvier 2009.
[3] Expression populaire désignant les personnes de race blanche en langue locale.
Les Etats-Unis créent un cyber-commandement militaire
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 6 juillet 2009 at 5:30Le Pentagone vient d’instaurer un commandement militaire chargé d’effectuer des cyber-attaques et de protéger les réseaux sensibles des Etats-Unis. Le “cyber-commandement” (CyberCom) sera placé sous l’autorité du Commandement stratégique américain (Stratcom). Il devrait être opérationnel à partir de l’automne.
Robert M. Gates, secrétaire d’Etat à la Défense, devrait nommer le lieutenant général Keith Alexander à la tête du CyberCom. C’est l’actuel directeur de la puissante National Security Agency (NSA) en charge de la sécurité de la nation (veille, espionnage, interceptions de communications multi-canaux dont Internet).
Face à un afflux d’attaques en provenance de l’Internet (la Russie et la Chine sont souvent pointées du doigt), l’Administration Obama cherche à améliorer la protection de ses 15 000 réseaux numériques militaires américains et sept millions d’ordinateurs ou terminaux nomades rattachés à la Défense américaine.
Il y a six mois, William Lynn, vice-secrétaire américain à la Défense, avait déclaré que les tentatives d’intrusion sur les réseaux sensibles se comptaient en milliers par jour. Au cours des six derniers mois, le Pentagone a consacré une enveloppe 100 millions de dollars pour déjouer les attaques en ligne et nettoyer les systèmes informatiques en cas de dégâts.
Cette estimation a été donnée par le General Kevin Chilton, haut responsable militaire de l’Air Force (head of the US Strategic Command) lors d’une conférence sur la cyber-sécurité donnée dans l’Etat du Nebraska.
Le budget a servi à acquérir de l’équipement informatique, à faire appel à des sous-traitants et des ressources humaines supplémentaires pour réparer les dégâts après des attaques venues de l’extérieur mais aussi à cause des erreurs d’administration commises en interne.
“Le plus important à retenir, c’est que nous sommes conscients des attaques à divers degrés. Entre les assauts les moins sophistiqués en provenance d’adolescents qui s’ennuient jusqu’aux attaques plus élaborés visant les infrastructures de la Nation. Et, au milieu, on trouve une jolie couche de cyber-criminalité”, selon les propos recueillis par Associated Press. “C’est en effet notre principal challenge : comment organiser notre défense face à ces multiples attaques.”
Le General Kevin Chilton a refusé d’indiquer le pourcentage des attaques visant les systèmes de Pentagone provenant du monde civil et celles liées aux gouvernements ou issues de forces armées à une échelle internationale.
John Davis, qui dispose du grade de “Brigadier General” et commandant-adjoint de l’armée américaine pour les opérations de réseaux, a déclaré que les investissements seraient plus judicieux si l’on renforçait en amont les systèmes informatiques plutôt que de passer derrière les attaques. “Vous pouvez me payer maintenant ou me payer plus tard”, déclare John Davis. “Ce serait mieux de dépenser cet argent de manière pro-active plutôt que de réparer les failles après les assauts.”
GG, en complément d’une adaptation Vnunet de Online attacks cost Pentagon $100 million.
Protégé : Les fils de la veuve et l’héritage d’Omar Bongo
In Diplomatie économique, Gestion de crise, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Sécurité on 6 juillet 2009 at 3:10Le futur N°1 du MI6 étalé sur Facebook…
In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Management de l'information, Risk Management, Sécurité on 6 juillet 2009 at 11:12Scandale en Grande-Bretagne. Le futur chef des Services secrets britanniques, Sir John Sawers, a vu des données sensibles – des photos et des informations personnelles – dévoilées sur Facebook… par son épouse. Une partie de la classe britannique s’inquiète des répercussions pour la sécurité de l’actuel diplomate et réclame une enquête, mais le Foreign Office tente de minimiser l’affaire.
Qui eut cru possible qu’un futur chef des services secrets britanniques exposerait sa vie privée sur Facebook? Ou du moins, laisserait sa femme publier sur son profil toutes sortes d’informations privées, des photographies de vacances, de réunions de familles, amicales ou leur adresse personnelle? Le tout sur un profil ouvert aux 200 millions d’utilisateurs du site communautaire, sans aucune restriction de confidentialité? Ces questions, nos voisins d’outre-Manche et l’ensemble de la classe politique, se les posent après que le Mail on Sunday a révélé dimanche que Lady Shelley Sawers, l’épouse de Sir John Sawers, le futur patron du MI6, a publié sur sa page Facebook un nombre important de données privées.
Le journal dominical anglais a averti les autorités, qui ont fait disparaître toutes ces informations, mais certaines photos sont reproduites sur le site internet du journal. On y voit Sir John Sawers à la plage, à New York, avec sa fille Corinne, etc… D’après le Mail on Sunday, les photos permettaient de connaître le réseau amical de l’actuel ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’ONU. Un réseau constitué entre autres de diplomates de haut niveau et d’acteurs, dont Moir Lesly, très connue sur l’île pour son rôle dans une série à succès The Archers, et Alistair Cameron, une autre actrice de série. Sont révélés également, les lieux de vacances, les habitudes, l’adresse de l’appartement du couple à Londres et celles de leurs trois enfants et des parents de Sir John Sawers.
Bref, autant d’informations qui font craindre pour la sécurité du futur espion n°1 de Grande-Bretagne et de sa famille, souligne le journal, qui relève que des terroristes ou des pays ennemis de la Grande-Bretagne pourraient utiliser cet “incroyable écart“. “On a redouté que cette bourde immensément embarrassante ait pu compromettre la sécurité de la famille et des amis de Sir John“, commente le Mail on Sunday, qui consacre sa Une à cet incident, le dernier d’une longue série d’impairs commis par les responsables des services de sécurité britannique.
Immédiatement, la classe politique s’est emparée de l’affaire. Edward Davey, le porte-parole des libéraux et démocrates pour les Affaires étrangères, a réclamé une enquête. “Le Premier ministre Gordon Brown doit mettre sur pied une enquête interne pour déterminer si cela a compromis trop sérieusement la sécurité du futur chef du MI6 pour lui permettre de prendre le poste“, a-t-il dit. “Une bonne part de l’argent du contribuable a servi ces dernières années à faire en sorte que lui et sa famille soient protégés. Eh bien, ça ne semble plus du tout pertinent, à présent“, a lâché le député conservateur Patrick Mercer, ajoutant qu’ainsi, Sir John Sawers s’exposait à la critique et au chantage (…)
Mais David Miliband, le ministre du Foreign Office a apporté son soutien entier à Sir John Sawers. “Il a été nommé il y a 10 jours à la tête du MI6, c’est un professionnel remarquable qui va faire un très bon travail dans une organisation remarquable qui fait beaucoup pour notre pays“, a-t-il expliqué. “C”, le nom de code du diplomate, devrait donc prendre ses fonctions comme prévu, en novembre.
Maud Pierron
Sécurité : Périclès convoqué place Beauvau
In Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Sécurité on 22 juin 2009 at 5:45Illustre homme politique grec, Périclès vécut de -495 à -429. Particulièrement éloquent, ce fils de militaire s’initia très tôt à la gestion des affaires de la cité avant d’accéder au poste de stratège où il fut exceptionnellement élu quinze ans de suite. Son influence fut telle sur son époque qu’aujourd’hui encore, certains parlent du « siècle de Périclès » comme on parlerait du siècle de l’information, toutes proportions gardées bien sûr. Car si ce brave stratège athénien devait ressurgir pour calibrer la quête du renseignement aux exigences des Etats modernes, il opterait sans doute pour un logiciel d’analyse de données à entrées multiples. C’est ce qu’a entrepris le ministère français de l’intérieur pour mettre à la disposition des gendarmes, des policiers et des juges cet outil d’enquête assisté par ordinateur (EAO). Une démarche qui intéresse aussi les professionnels de l’intelligence économique et stratégique.
Comment va fonctionner Périclès ?
Si dans les prochains jours, le ministère français de l’Intérieur réussit à faire passer son article spécial dans la loi d’orientation pour la sécurité («Lopsi 2»), alors pour tout individu tombant sous le coup de cette loi, Périclès pourra, sous le contrôle d’un juge, fournir en un clic : des données relatives à ses antécédents judiciaires, ses appels téléphoniques, ses informations bancaires, sa sécurité sociale, son permis de conduire, sa carte grise, son Google profile (réseaux sociaux compris: Facebook, Twitter, MySpace… etc.) ainsi que les références GPS du périmètre du crime et des environs. L’objectif des analystes ici sera de détecter la répétition de signatures techniques. Car plus on introduira des fichiers interopérables, plus Périclès aura le pouvoir de générer des « associations». Ainsi, pour le criminologue Alain Bauer, «la méthode sérielle crée des coïncidences là où il n’y avait que des hasards».
Périclès représente-il une révolution ?
Fidèles à l’image d’exception qu’ils ont de tout ce qu’ils réalisent, certains amis français parlent déjà de révolution à propos de Périclès dans Le Figaro, ce qui n’est pas faux si on se limite à l’Hexagone. Car jusqu’ici, les policiers et gendarmes français devaient étudier chaque fichier de manière quasi artisanale, avec une lenteur prudente mais préjudiciable à l’enquête. Périclès sera révolutionnaire parce qu’avec son système de réquisition judiciaire accélérée, il ira instantanément collecter l’information actualisée dans des bases de données des administrations publiques (ex: la police) ou privées (ex: les opérateurs de téléphonie mobile). Mais il suffit de regarder des séries américaines telles « FBI: portés disparus » ou « Les experts Miami » pour se rendre compte qu’outre Atlantique, les enquêteurs fédéraux ont plus de dix ans d’avance sur le sujet, y compris dans le cadre d’opérations de competitive intelligence.
Quel intérêt pour les experts de l’IE?
L’idée que Périclès s’étende aux banques de données d’administrations telles que les institutions financières, le fisc ou la sécurité sociale attise silencieusement la convoitise des professionnels de l’intelligence économique qui aimeraient bien en avoir une copie. Hélas, pas dans la patrie des droits de l’Homme ! Certaines associations n’y voient-elles pas déjà une espèce d’EDVIGE pour les méchants ? En tout état de cause, ce logiciel consacre la république des analystes dans une société de l’information où la principale équation à résoudre en matière de renseignement est calquée sur le calcul de la vitesse (V= d:t) [2]. L’intelligence économique appliquée au territoire a donc instamment besoin d’un Périclès à lui, tout aussi respectueux de la vie privée des citoyens que de la sécurité économique de la nation et des entreprises dites stratégiques. Les pires criminels ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils ont muté. Périclès aussi.
Guy Gweth
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pericles
[2] Vitesse (V) = distance (d) : temps (t). Mutatis mutandis,
Renseignement (R) = information(I) : temps (t)
Protégé : Gabon: les investisseurs face à l’incertitude post-Bongo
In Coopération internationale, Gestion de crise, Géostratégie, Risk Management, Sécurité on 10 juin 2009 at 2:01La competitive intelligence à l’usage des ONG
In Benchmarking, Coopération internationale, Géoéconomie, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 8 juin 2009 at 5:45Le 12 avril 2009, le New York Time plaçait « Dead Aid»[1] au 29è rang des best-sellers aux Etats-Unis. L’ouvrage de la Zambienne Dambisa Moyo[2] décrypte avec méthode, chiffres et exemples, comment le business de l’aide au développement accroit la dépendance de l’Afrique et profite à des réseaux d’ONG rompues aux techniques de guerre économique. Dans son éditorial du 29 avril 2009 au Time, Paul Wolfowitz, ancien directeur de la Banque Mondiale, confirme l’analyse de l’économiste africaine de 40 ans (classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde[3]) et comprend la tension déclenchée par la parution de l’ouvrage dans les milieux de la solidarité internationale. Désormais dotées de stratèges et de lobbyistes, de business models et de commerciaux, de réseaux et de communicateurs, la plupart des grandes ONG maîtrisent parfaitement les techniques de competitive intelligence et les appliquent sans en parler.
Tous les spécialistes de la charity business savent qu’à chaque début d’exercice, les responsables financiers d’ONG de développement se posent systématiquement ces trois questions : 1. Quels bailleurs financent tel type de projet ? (In-Out), 2. Quels projets finance tel bailleur de fonds ? (Out-In), 3. Comment rester compétitif en développant des sources de financements autonomes ? (In-In). Les professionnels de la competitive intelligence aident les décideurs à y répondre en activant trois touches :
1. Veille et enquêtes ciblées (sur les bailleurs de fonds, leurs projets, leur langage, leurs enveloppes, leurs exigences, leurs réseaux…) ;
2. Cartographie et profiling des acteurs (décideurs, concurrence, entreprises, relais d’opinions, donateurs publics et privés…) ;
3. Recherche, innovation et sécurité de l’information (Benchmarking, knowledge management, anticipation des tendances, protection du patrimoine informationnel pour éviter des intrusions comme celle d’EDF sur Greenpeace récemment.)
Depuis une décennie, les grandes figures de l’action humanitaire telles que l’Abbé Pierre ou Mère Teresa sont étudiées dans les meilleurs cursus d’intelligence économique et stratégique. Leur décryptage révèle que les techniques utilisées pour attirer les financements dans ces « organisations à but non lucratif » n’ont rien à envier aux opérations de guerre psychologique conçues par des officines ou des agences de marketing. Avec la bénédiction des Nations Unies, la multiplication des acteurs de la société civile a généré une extraordinaire concurrence entre les protagonistes ; et, à l’instar des marchés de Dieu, de la sécurité ou de la beauté, le business de la pauvreté se nourrit des failles décelées dans nos perceptions. Ce sont aussi ces failles que Dambisa Moyo a mis en exergue dans Dead Aid. Son courage et son expertise lui valent aujourd’hui d’être particulièrement écoutée des présidents Khadafi de Libye et Kagamé du Rwanda sur les questions d’aide au développement.
Guy Gweth*
[1] Dans Dead Aid (L’aide fatale), l’auteur soutient que la suspension dans un délai de 5 ans de toute aide accordée à l’Afrique, hors aide d’urgence « permettrait de stimuler la croissance » du continent.
[2] Dambisa Moyo est titulaire d’un doctorat en économie de l’université d’Oxford, d’un master de l’université de Harvard et d’un MBA de l’American University of Washington D.C.. Après la Banque Mondiale, elle a travaillé 8 ans chez Goldman Sachs avant de prendre la direction du hedge fund Absolute Return for Children. Dambisa Moyo milite pour des mécanismes innovants d’autofinancement du développement en Afrique à travers la microfinance, l’accès aux marchés de capitaux et le commerce avec la Chine.
[3] Classement 2009 du New York Time
* L’auteur de cet article a été consultant auprès d’Amnesty International, Caritas Internationalis, Catholic Relief Services, Justice & Paix, Friedrich Ebert Stiftung, etc.
Ils ont troué le F-35 du Pentagone !
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Sécurité on 22 avril 2009 at 2:25Plusieurs mois avant l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, le Pentagone signalait des tentatives d’intrusion récurrentes visant à obtenir un accès à des données vitales pour la sécurité des Etats-Unis. Dès sa prise de fonction, le nouveau président a aussitôt commandé un rapport d’urgence sur la cybersécurité nationale. Mais depuis quelques heures, preuve est faite que des pirates informatiques ont bel et bien troué le programme d’armement le plus coûteux du Pentagone, celui relatif à la construction de l’avion de chasse F-35.
D’après le Wall Street Journal qui a révélé l’information de manière officielle, les hackers ont réussi à copier des données concernant ce programme de 300 milliards de dollars, baptisé “Joint Strike Fighter”. Comme nous le montrions dans notre article « Pratiques de contre-intelligence stratégique », des données aussi sensibles sont logiquement stockées dans un « bunker » (entrepôt d’ordinateurs hautement sécurisés, jamais connectés sur internet.) Pour l’heure, nos amis américains déclarent ignorer l’origine et la gravité de cette intrusion, même si tous les regards convergent vers la Chine.
Depuis plusieurs années, les spécialistes soupçonnaient l’Empire du Milieu d’entretenir secrètement des unités spéciales de guerre cybernétique, Roger Faligot l’a confirmé en 2008 in Les services secrets chinois de Mao aux JO. Plus récemment (le 29 mars 2009), l’institut canadien de veille contre la piraterie a révélé l’une des plus grosses opérations d’espionnage de ce début de siècle. Mandatés par des proches du Dalaï-Lama, les experts du centre international d’études Munk ont découvert que des dizaines d’ordinateurs appartenant aux représentants du Tibet en Inde, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Belgique, avaient été repérés, piégés, piratés de leur contenu.
A chaque fois, le modus operandi est le même : un e-mail doté d’une charge de Ghost-Rat est envoyé à la cible. Le virus s’installe dans le disque dur de l’ordinateur et pompe scrupuleusement son contenu. Totalement contrôlé à distance, il enregistre du son et des images à l’insu de l’utilisateur si l’ordinateur visé est muni d’une webcam. Ce réseau espion qui aurait déjà visité plusieurs gouvernements (dont celui des Etats-Unis et l’Otan) serait basé à Hainan, dans l’extrême sud du territoire chinois, zone où un navire espion américain a été intercepté par la marine chinoise il y a quelques semaines.
Ces dernières années, les actes d’infoguerre ont connu une croissance exponentielle, générant des pertes astronomiques pour les entreprises et les gouvernements. A l’heure qu’il est, les analystes sont forcés de constater que la langue de bois qui a régné jusqu’ici dans les chancelleries est désormais préjudiciable à la sécurité de nombreux États. Le cyberespace doit être regardé comme un espace international. Et comme tel, il doit être règlementé par des normes juridiques internationales à l’instar du droit de la guerre. Les États-Unis sont en situation de défendre cette position face à la Chine. En auront-ils le courage ?
Guy Gweth
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Pratiques de contre-intelligence économique : l’expertise d’une PME africaine
Entreprise en crise ? Une aubaine pour la concurrence
In Espionnage économique, Gestion de crise, Intelligence économique, Sécurité, veille on 19 avril 2009 at 12:46
Au sein de la communauté des professionnels de la competitive intelligence, les plus anciens racontent parfois combien il peut être difficile d’exercer ce métier toute sa vie. Car il exige une attention et une tension extrêmes ainsi qu’un excellent quotient de paranoïa. Dans les entreprises sensibles qui connaissent la crise et surtout les plans sociaux, les professionnels de l’intelligence économique (IE) sont véritablement sur le pied de guerre.
En temps normal, il n’est déjà pas aisé de sensibiliser les titulaires de postes sensibles aux gestes de sécurité (référence aux moyens de communication, aux rencontres fortuites, aux publications dans des revues spécialisées, aux interviews, à la participation aux salons…) A fortiori en temps de crise. Comment convaincre un salarié qui va quitter le navire contre son plein gré qu’il peut être “tamponné” en vue de fragiliser le patrimoine informationnel de sa future ex-entreprise ? Cela appelle des compétences spécifiques.
La crise, le chômage partiel, les plans sociaux ou les fermetures d’usines et les mouvements sociaux qui s’en suivent deviennent dès lors une véritable aubaine pour des concurrents en quête de renseignements industriels ou technologiques. D’autant que lorsqu’un salarié est invité à quitter la compagnie, il se sent généralement « trahi », a parfois envie d’en découdre et/ou de trouver une oreille attentive (cible idéale pour l’élicitation). Or « c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis »…
Comment détecter une intrusion? Not easy, puisque le profil type est celui d’une personne attentionnée, bienveillante et désireuse de recueillir les confidences, de comprendre et, éventuellement, de proposer son “aide”. Elle se mêlera aux déçus de l’entreprise, soit comme collègue (taupe?), soit comme « journaliste », soit comme « syndicaliste », soit comme « membre d’une association », soit comme « ami d’un ami » ou voisin de tabouret dans le bistrot qui jouxte l’entreprise…
Il se peut alors que le professionnel du renseignement humain (Humint) en mission chez le concurrent en crise décide de traiter durablement sa cible jusqu’à l’embaucher. Il se peut aussi a contrario qu’il lui fausse compagnie en lui laissant une carte de visite (ou professionnelle) trafiquée après avoir ponctionné les renseignements visés par son donneur d’ordre. Dans la plupart des cas, la cible a la vague sensation d’avoir été réconfortée ou vidée par « un type sorti de nulle part… » Un professionnel.
En tout état de cause, la crise reste une formidable opportunité pour les prédateurs d’informations à haute valeur ajoutée et une aubaine pour les acteurs de l’IE, qu’ils soient employés dans une entreprise en crise, chez le concurrent de cette dernière ou en libéral.
Guy Gweth
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Une taupe dans votre dispositif d’intelligence économique? C’est possible!
L’IE* au secours de la microfinance camerounaise
In Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 16 avril 2009 at 8:30Dans une interview publiée le 12 avril 2009 dans Les Afriques, Jacques Attali (président de PlaNet Finance) prévoit 30% de croissance par an pour la microfinance en Afrique dans les prochaines années. « L’Afrique représente 10% des encours de la microfinance mondiale, avec 10 millions de bénéficiaires» sur lesquels il importe de veiller de manière spécifique.
Au Cameroun, le programme intégré d’appui aux acteurs du secteur informel (Piaasi) a bénéficié depuis 2005 de près de 4,5 milliards de fcfa issus des fonds PPTE (Pays pauvres très endettés) et octroyé 5000 microcrédits, générant un total de 20.542 emplois (dont 5542 emplois directs et 15000 emplois indirects). Les pouvoirs publics confrontés à d’énormes difficultés de recouvrement doivent désormais faire appel à l’expertise des acteurs de l’intelligence économique au Cameroun et dans la zone Cemac.
Le 15 janvier 2009, le ministère camerounais de l’emploi et de la formation professionnelle faisait savoir que « sur un montant de 1.760 millions fcfa de crédits accordés en 2006 et 2007 aux acteurs du secteur informel, seulement quelques 200 millions ont été recouvrés. » Le 14 avril 2009, Claude Meloné Loé, le coordonnateur du Piaasi, a dû avouer que les autorités sont confrontées à « des bénéficiaires des microcrédits qui se délocalisent, se font tuer en fabriquant des actes de décès, ou alors changent d’activités. »
L’une des principales caractéristiques de la microfinance étant l’éthique, la décision du gouvernement camerounais d’inscrire comme priorité le recouvrement des fonds prêtés tombe parfaitement dans le champ d’investigation de l’intelligence économique et exige un process de renseignement parfaitement adapté au sujet, à la cible et au contexte locaux.
Guy Gweth
*IE: Intelligence économique
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Intelligence économique au Cameroun: on sensibilise
Intelligence économique et guerres secrètes au Maroc
In Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Sécurité on 15 avril 2009 at 4:45Abdelmalek Alaoui, associé gérant de Global Intelligence Partner et ancien étudiant de l’Ecole de guerre économique, a le mérite de poser les grandes problématiques auquel un pays doit faire face au risque de subir un déclassement économique mais aussi politique. Son livre, Intelligence Economique et Guerres Secrètes au Maroc, est à la fois un livre politique, visant à faire prendre conscience au Maroc de l’importance de l’IE, et un livre témoignage, montrant par l’exemple ce que peut apporter l’IE [ ... ]
Le principal frein, selon A. Alaoui, au développement d’une politique d’intelligence économique est la résistance au changement qui est une pratique en grande partie héritée de l’époque coloniale (même si la présence française a ancré dans les têtes le « principe de précaution », indispensable à l’IE). Ce « tropisme français » s’est ainsi transformé en « maladie marocaine », une tendance au conservatisme qui se retrouve dans l’attitude économique. Selon A. Alaoui, le dirigeant marocain est frappé de « parisianisme » aigu.
De plus, « le Maroc a un système culturel où celui qui prend des risques fait figure de « mauvais joueur ». L’originalité jugée suspecte pousse à se méfier de celui qui en fait preuve et à le mettre sous contrôle. Le pays ne favorise donc pas l’aventure, l’imagination, la créativité, la prise de risque et l’ouverture aux idées nouvelles ».
Ce double frein culturel induit des insuffisances en matière de politiques d’intelligence économique : PME non sensibilisées, frilosité pour les partenariats public-privé, manque de culture du partage, opacité des circuits institutionnels fournissant des informations stratégiques, etc. Comme le dit l’auteur, « cette situation, où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique ».
Pourtant, le Maroc dispose d’atouts et doit aller de l’avant. « L’ambition du Maroc [...] doit être la création du « Marocain hybride », qui sait surveiller comme les Chinois, analyser comme les Français et agir comme les Américains. [...] Ce Marocain doit être agressif dans la mondialisation, informé des risques et opportunités et confiant dans son pays et ses gouvernants ». Or, cela amène à parler de la formation. Outre la nécessité de créer une agence marocaine d’intelligence économique ainsi qu’une doctrine, Abdelmalek Alaoui prône la création d’une « école de guerre économique marocaine, ouverte aux civils et aux militaires » permettant la formation de cadres de haut niveau.
Ainsi, pour l’auteur, la doctrine de guerre économique répond à un impératif absolu pour le Maroc, qui doit conserver un rythme de croissance au moins équivalent à celui des dix dernières années, au risque de ne pouvoir résorber de manière durable les inégalités. « Le pays a su identifier ses réserves de croissance et de développement mais n’a pas encore la maîtrise des outils pour pérenniser cette tendance positive ».
Sources : Infoguerre
« Duplicity » : un film pour professionnels de l’IE
In Benchmarking, Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Sécurité on 23 mars 2009 at 12:59Entre séduction et manipulation, la différence est parfois difficile à distinguer. C’est ce que montrent les personnages interprétés dans le film “Duplicity” sorti le 25/03/09 dans l’Hexagone par Julia Roberts et Clive Owen, tout en charme et double jeu. Un film intéressant pour les professionnels de l’intelligence économique (IE) et du monde du renseignement en général*.
Claire Stenwick, spécialiste de l’espionnage et du contre-espionnage à la CIA américaine, et Ray Koval, spécialiste de l’espionnage et du contre-espionnage au MI6 britannique, se rencontrent le 4 juillet 2003 dans les jardins de l’ambassade des Etats-Unis à Dubaï, lors de la réception donnée pour la fête nationale américaine. Séduction mutuelle. Nuit dans le même lit. Mais au petit matin, quand il se réveille, elle est déjà partie. Après lui avoir subtilisé des documents importants.
Cinq ans plus tard, chacun a quitté ses services secrets pour un emploi dans le privé. Claire, ex-CIA donc, est désormais au service d’un géant de l’industrie pharmaceutique new-yorkais. Et Ray, ex-MI6 donc, est au service d’un autre géant de l’industrie pharmaceutique new-yorkais. Tous deux plus rivaux que jamais.
Pour les deux firmes, l’espionnage industriel est capital. Et surtout le contre-espionnage. Car l’un des deux géants s’apprête à lancer un produit révolutionnaire, susceptible de générer des milliards de dollars de bénéfices. Autant dire que quand Claire et Ray se retrouvent, c’est à nouveau la guerre. Mais l’attirance mutuelle reste très forte, et manipulation n’empêche pas séduction.
Oui, mais qui manipule qui? Amants, rivaux, complices, ou les trois à la fois? Et jusqu’où? Et qui aura le dernier mot, dans cette histoire d’amour où les mots “confiance”, “sincérité” ou “transparence” n’ont plus aucun sens? Ou encore: comment deux scorpions s’y prennent-ils pour faire l’amour? Réponse: en faisant très, très attention…
Pour le spectateur, il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil de l’histoire de ce “Duplicity”, où les retours en arrière, les rebondissements et les fragmentations d’écran se succèdent à un rythme soutenu. On suit les aventures des deux personnages, de Dubaï à New York en passant par Rome, Londres, les Bahamas, Miami ou Zurich: dépaysement assuré, en attendant de tout comprendre (peut-être) à la fin du film.
C’est le deuxième long métrage réalisé par Tony Gilroy, après “Michael Clayton” (avec George Clooney). Auparavant le réalisateur s’était fait remarquer pour ses scénarios plutôt bien ficelés de thrillers plutôt compliqués: la trilogie Jason Bourne avec Matt Damon (“La mémoire dans la peau”, etc.), “Dolores Claiborne” d’après Stephen King, “L’associé du Diable” avec Al Pacino et Charlize Theron, “L’échange” avec Meg Ryan et Russell Crowe.
“Duplicity” fait immanquablement penser aux films du genre, où l’arnaqueur n’est pas toujours celui qu’on croit et où les ressorts de la manipulation ne sont connus du spectateur qu’à la fin de l’histoire: il y a 35 ans de cela, Paul Newman et Robert Redford faisaient déjà la même chose dans “L’Arnaque”, et depuis les “Ocean’s Eleven” et autres “Usual Suspects”, “Braquage à l’italienne”, “Les Associés”, “The Score”, “Sex crimes” ou “Cash” ne diffèrent que dans les détails.
Pour que le film fonctionne, tout au long d’un scénario plus ou moins crédible, les acteurs doivent attirer la sympathie du spectateur. Julia Roberts, plus charmeuse et machiavélique que jamais, et Clive Owen, l’acteur à la mode en ce moment (il est à l’affiche de “L’enquête”, au scénario fort semblable), y parviennent sans peine. Et, en contrepoint de ce couple glamour, dans les seconds rôles antipathiques mais bien typés, Tom Wilkinson et Paul Giamatti, en PDG des firmes pharmaceutiques rivales, sont parfaits.
TempsRéel – NouvelObs.
* Note de GG
Cibles, armes et stratégies de la cyberguerre
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Sécurité on 19 mars 2009 at 6:01Le 24 mars prochain aura lieu Forum International de la Cybercriminalité (FIC) à Lille. L’occasion pour nos amis de Silicon de rencontrer en avant-première le Lieutenant-Colonel Régis Fohrer, chargé de mission Intelligence Economique et des nouvelles criminalités pour la région de Gendarmerie Nord Pas-de-Calais. Il est l’un des instigateurs de ce forum.
Silicon.fr : Le cyber-terrorisme ou la guerre informatique peut apparaître comme une notion nébuleuse. Quels sont les cas qui peuvent la caractériser ?
Lt-Col Régis Fohrer : Il est important de donner une définition large de la notion du cyber-terrorisme. Cela comprend tous les réseaux électroniques, tout ce qui peut avoir une interférence sur les réseaux. Un acte ou une volonté de nuire qui peut ne pas avoir d’influence directe sur une structure mais qui peuvent aboutir à du piratage. Prenez un avion dont les instruments de mesures peuvent être brouillés si une connexion Wi-Fi est présente à son bord. Plus près de nous, nous avons mené des travaux sur le Tramway de Douai qui est piloté à distance.
Quelles sont les technologies qu’utilisent les terroristes ? Sont-ils au fait des nouveaux outils 2.0 ou préfèrent-ils des méthodes plus traditionnelles de piratage ?
Il faut que les utilisateurs du Net aient une conscience civique du cyberespace. Savoir qu’il s’agit d’un nouveau continent qui ressemble plus à une jungle qu’autre chose. Un endroit où de nombreux prédateurs se trouvent. Les réseaux sociaux entrent typiquement dans cette logique. Il faut se rendre compte que tous ces outils sont autant de moyens d’attirer les regards curieux.
D’un autre côté, les botnets ou ordinateurs zombies sont les moyens le plus utilisés pour déstabiliser jusqu’à des Etats entiers (Estonie et Géorgie, ndr). On estime à 750.000 leur nombre à travers le monde mais on atteindra très bientôt le million.
Peut-on tracer une carte des Etats cybernétiques voyous sur un échiquier mondial ?
La Chine, par exemple, développe son propre Internet. Vu que les autorités brident les droits des internautes, un Net spécifique voit le jour qui entrera forcément en conflit avec le Web mondial. Des lieutenants chinois (Qiao Liang et Wang Xiangsui) ont d’ailleurs écrit en 1999 un ouvrage intitulé “La Guerre hors limites” qui montre combien l’Empire du Milieu sait utiliser les nouvelles méthodes de déstabilisation, y compris virtuelles. Le soldat est alors démilitarisé et le type de conflit proposé ressemble de près aux principes de la guérilla.
Prenez aussi le conflit israélo-palestinien, nous avons assisté à des atteintes aux souverainetés des Etats ou des belligérants en place, du fait de travaux de désinformation militaire claire, notamment dans la bande de Gaza.
Dans ce cas, quels sont les motifs qui poussent à l’action ? Est-ce le prolongement de moyens militaires ou de nouveaux buts à atteindre pour les terroristes ?
Trois ingrédients sont nécessaires pour mener une attaque cyber : du temps, un dessein et de l’argent. C’est à peu près tout. Sont acteurs : des Etats, des groupes néo-nazis mais aussi des ONG… tous peuvent commettre des actes très difficilement contrôlables.
La France préfère parler de lutte informatique offensive plutôt que de cyber-guerre. Cela montre que la coopération est des plus utiles dans ce domaine. D’ailleurs un membre des services secrets américain sera présent à Lille pour ce Forum International de la Cybercriminalité à Lille…
Une collaboration saine qui a pour but de faire comprendre qu’il existe une réelle différence culturelle entre certains acteurs. Mais nous préférons penser en France que si nous n’avons pas de “guerre de retard” comme en 1940, la guerre a bel et bien commencé.
Les renseignements allemands soupçonnés de piratage
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Sécurité on 12 mars 2009 at 8:29Le journal Der Spiegel vient de publier une enquête mentionnant de nombreux cas d’intrusions et de surveillance informatiques, notamment à l’étranger, menés par le BND, les services secrets allemands.
La Chine n’est pas le seul Etat à être pointé du doigt pour des affaires d’espionnage informatique. Le site d’information allemand, Der Spiegel, rapporte ainsi que les services secrets (BND) de son pays seraient impliqués dans plusieurs cas de piratages informatiques au cours des deux dernières années.
Selon le quotidien en ligne, le BND aurait accédé à distance à des disques durs et installé des chevaux de Troie - des keyloggers plus précisément (enregistreurs de frappes clavier) - afin de dérober des données. Les services secrets allemands se seraient introduits dans plus de 2 500 systèmes informatiques, notamment à l’étranger. Der Spiegel cite par exemple l’ordinateur d’un scientifique pakistanais travaillant dans le nucléaire, Abdul Qadir Khan, mais aussi le réseau informatique d’Irak ou encore celui d’une association allemande présente en Afghanistan.
La police souhaite opérer de la surveillance informatique
Ce n’est pas la première fois que la presse allemande se fait l’écho d’affaires d’espionnage impliquant le BND. En avril 2008 déjà, un article relatait l’interception d’emails échangés entre des journalistes de Der Spiegel et le ministre afghan du commerce, Amin Farhang.
Dans cette affaire, les services de renseignements avaient installé un cheval de Troie sur l’ordinateur du ministre. Ce programme avait notamment permis de recueillir ses identifiants à son compte de messagerie Yahoo et ainsi de consulter ses emails.
Le cas Magic Lantern aux Etats-Unis
En Allemagne, l’interception des échanges électroniques ne concerne pas uniquement le BND. Le ministère de l’Intérieur travaille ainsi à un projet de loi visant à doter les services de police des moyens et des droits les autorisant à effectuer de la surveillance et des perquisitions informatiques. L’installation de chevaux de Troie est une des pistes étudiées.
Nos voisins d’outre-Rhin ne sont cependant pas les seuls à envisager cette évolution. Des projets analogues destinés à répondre aux mutations de la criminalité sont également étudiés en France et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, le FBI a reconnu depuis désormais dix ans avoir utilisé un programme espion : Magic Lantern.
Christophe Auffray
Protégé : Les coulisses de la guerre contre la ‘terreur’
In Communication d'influence, Débat, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Stratégie, Sécurité on 1 mars 2009 at 6:55Sécurité: Conflicker a infecté l’armée française!
In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Management de l'information, Sécurité on 9 février 2009 at 8:32Des systèmes informatiques militaires ont été infectés par le ver Conficker. Microsoft a pourtant corrigé cette faille depuis trois mois. Le ministère de la Défense ne prendrait pas toujours en compte les fameux patches de sécurité publiés par Microsoft pour mieux sécuriser les PC sous Windows.
En effet, selon Intelligence Online, du nom d’une publication (papier et Web) sur les “réseaux d’influence” publiée sous forme de lettre confidentielle, les réseaux informatiques de l’armée française sont infectés depuis quelques jours par le ver Conflicker (baptisé aussi Conficker par Microsoft). Ainsi, la propagation d’un tel agent infectieux dans des systèmes informatiques censés être très protégés “pose de sérieuses questions sur la sécurité des réseaux militaires français et leur capacité à faire face à une cyber-attaque d’envergure”, commente Intelligence Online.
Ce ver, qui a déjà contaminé plus de 9 millions d’ordinateurs dans le monde, avait été repéré à la mi-janvier par des chercheurs en sécurité. Il exploite une faille de sécurité corrigée par la firme de Redmond depuis déjà octobre 2008. Il continue donc d’infecter les PC connectés à Internet dont les mises à jours sous Windows n’ont pas été prises en comptes par leurs utilisateurs…
Le réseau informatique interne de la Marine française, baptisé Intramar, a été le premier a être touché par Conficker. Le 16 janvier, quelques jours après avoir constaté qu’un virus avait infecté des PC de la marine, l’état-major a décidé “d’isoler ce réseau des autres systèmes d’informations”.
Toujours selon Intelligence Online, des ordinateurs de la base aérienne de Villacoublay (Yvelines) et du 8ème régiment de transmissions ont été touchés par le ver informatique. Conficker aurait ainsi entraîné des pannes informatiques et un ralentissement des activités opérées depuis les ordinateurs infectés.
Difficulté de mesurer l’ampleur des dégâts
Pour le moment, le ministère de la Défense ne serait pas capable de déterminer “combien d’ordinateurs et de systèmes d’informations militaires sont susceptibles d’avoir été contaminés par le virus Conflicker”.
Initialement transmissible par Internet, l’infection des systèmes informatiques internes des armées françaises, parfois non connectés au Web, a pu se propager par l’intermédiaire de périphériques amovibles, comme des clés USB, qui contenaient déjà ce virus contracté lors de précédentes connexions au Net effectuées via un autre ordinateur étranger à ces réseaux fermés.
C’est en tout cas un coup dur pour le ministère de la Défense qui a encore beaucoup d’efforts à réaliser pour s’inspirer du Livre Blanc sur la Défense, évoquant le réseau Internet comme une infrastructure critique.
Anne Confolant / Sources : Vnunet
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Les secrets de l’intelligence économique à la française
In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Sécurité on 5 février 2009 at 6:59Dans l’Hexagone, tout se passe comme si les acteurs de l’intelligence économique avaient besoin -à l’instar de certaines loges- d’un peu d’ombre pour exister, d’un soupçon de lumière pour être reconnus, d’un subtil mélange de mystère et de publicité pour être recrutés et craints tout à la fois. Étrange microcosme que ce lieu où, depuis l’affaire Ben Barka, l’establishment économique et politique n’a jamais voulu s’unir au monde du renseignement autrement que par les liens du concubinage.
Dans « Particularisms of the CI profession in France » publié sur le site américain de la SCIP, nous avons mis en lumière quelques éléments factuels qui, à notre avis, empêchent un fonctionnement éthique des professionnels de l’intelligence économique (IE) dans l’Hexagone. Nous avons ainsi pu revisiter des affaires telles que la condamnation le 23 janvier 2008 par le tribunal de Bourg-en-Bresse d’un cabinet d’IE et son client à 30.000 euros d’amende pour violation de la vie privée, l’affaire de la brigade des fraudes aux moyens de paiements (BFMP) qui éclata à Paris au matin du 13 mars 2008 ou encore l’affaire d’espionnage sur Olivier Besancenot qui mit le patron de Taser France dans le collimateur de la police parisienne dès le 14 octobre 2008. Après le décryptage des tendances lourdes qui s’en dégagent, nous avons dû constater qu’une bonne moitié des acteurs de l’IE opérant en France peine à se passer de barbouzerie.
Le train de mesures envisagé par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, dans le cadre de son projet de loi visant à assainir les pratiques de cette profession dans le pays ne rassure ni les voisins de la France ni ses partenaires non-européens. En reprenant notre analyse sur le site Intelligence Matter, Andreas Romppel, président de la “Deutsches Competitive Intelligence Forum” s’est dit préoccupé par l’impact des pratiques françaises sur les grands projets de recherche au niveau européen. Situation paradoxale s’il en est, car pendant que les superpuissances redoutent la culture et le savoir-faire français en matière d’espionnage économique et industriel, l’Hexagone sécurise de l’intérieur et continue, sans état d’âme, de conquérir des parts de marché dans les pays avancés ou émergents. On ne le dit pas assez: pour le french businessman, l’exploitation de sources ouvertes ou fermées aux fins de concurrence tient du réflexe.
Certes on continue de professer dans les amphis que ce sont les anciens de la police ou des services de renseignement d’État qui, par leurs pratiques border line, appellent l’opprobre sur la communauté de l’IE. Cette accusation n’est vraie qu’en partie. Prenez comme béquilles les jeunes gens sortis des universités ou des écoles de commerce avec un Master en intelligence économique. Scrutez attentivement leurs publications en ligne lorsqu’ils en ont. Vous verrez que 3/5 de leurs articles sont anonymes ou griffés par des initiales, renforçant délibérément l’image d’une profession du secret. Or signer un article d’intelligence économique ou de biologie… sur un blog, un quotidien régional ou dans une revue scientifique fait dire à l’auteur: « Je respecte mes lecteurs. J’ai qualité pour tenir ces propos. J’en assume la responsabilité. » D’où vient-il qu’on veuille se cacher lorsqu’on a l’éthique et la loi pour soi?
Dans les pays francophones de l’hémisphère sud, la tentation est grande d’importer de telles pratiques, comme en d’autres temps et domaines. Il faut faire attention à ne prélever chez nos amis français que ce qu’ils font de meilleur: l’analyse, l’engagement et la rhétorique.
Guy Gweth
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Le novembre de l’intelligence économique en Afrique
In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 1 décembre 2008 at 6:19Séminaire d’intelligence économique à l’intention des hauts fonctionnaires de l’administration publique le 27 novembre à Dakar, conférence sur «l’intelligence économique et la veille technologique…» le 19 novembre à Libreville, rencontre internationale sur le thème « Compétitivité et accumulation des compétences dans la mondialisation…» les 13-14 novembre à Rabat, 2èmes assises de l’intelligence économique les 10-11 novembre à Alger… L’effervescence qu’a connue l’intelligence compétitive en ce 11ème mois de l’année sur le continent mérite notre attention.
Comme un effet domino
On se souviendra longtemps de cette prémonition du Haut responsable français à l’intelligence économique, Alain Juillet: « l’intelligence économique (IE) sera au 21ème siècle ce que le marketing a été au 20ème. » Le vent d’IE qui a soufflé en Afrique centrale, du nord et de l’ouest en ce mois de novembre 2008 est en effet sans précédent. Comme par effet domino, de Libreville à Dakar, de Rabat à Alger, des spécialistes ont invité les décideurs à venir discuter des enjeux majeurs de la quête, de la protection, de la diffusion, du management stratégique de l’information utile face à l’exacerbation de la concurrence au niveau mondial.
De Libreville à Dakar
Au Gabon, Prosper Tonda Mabenda du Groupe d’études et de recherches sur la communication (GERC) rattaché à l’institut de recherches en sciences humaines (IRSH) de l’université Omar Bongo (UOB) s’est attelé à décrypter les enjeux et à sensibiliser les acteurs publics et privés aux vertus de l’intelligence économique pour le Gabon. Tonda Mabenda milite pour la création d’un « pôle d’intelligence économique national autour des secteurs vitaux et au sein duquel l’université et la recherche joueront un rôle éminemment stratégique ».
Au Sénégal, le séminaire organisé par le centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) et l’agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a été présenté par les autorités comme point de départ d’une politique publique d’intelligence économique au Sénégal. Cette rencontre a bénéficié de l’expertise de Christian Harbulot, directeur de l’EGE. Une formation de haut niveau devrait voir le jour dès janvier 2009 au sein du CEDS avec, à la clé, un diplôme supérieur spécialisé en intelligence économique et stratégique.
De Rabat à Alger
Au Maroc, les participants à la rencontre internationale organisée sous le patronage de Sa Majesté le roi Mohammed VI ont insisté sur le nécessaire partenariat éducation -secteur privé- secteur public pour faire face aux défis de la mondialisation. Ils ont plaidé pour une dotation d’aide à la création de structures d’intelligence économique pérennes au sein des collectivités territoriales et des entreprises. Une formation de haut niveau en IE devrait bientôt voir le jour au Maroc sur le modèle du 3è cycle spécialisé de l’école de guerre économique de Paris.
En Algérie, il était question du début de la mise en œuvre des pratiques d’intelligence économique pour 2009. Organisées par le VIP Group, les 2èmes assises de l’IE ont attiré des cadres de l’administration et du privé. Après l’adoption en conseil de ministres d’un projet de loi contre la cybercriminalité, Alger attend désormais la nomination d’un directeur général de l’intelligence économique au ministère de l’industrie. Cette remarquable prise de conscience sur le rôle de l’intelligence compétitive en Afrique appelle cependant quelques mises en garde.
Entre Africains
Il n’y a pas d’intelligence économique sans stratégie. La volonté des Etats de se doter de dispositifs nationaux d’IE est un engagement de longue durée. Mais l’hyperpolitisation des centres de décisions est un frein. En l’absence d’experts indépendants capables de penser la stratégie des Etats sur 15-25 ans, il manquera toujours cette cohésion qui fait gagner une équipe. D’autre part, l’intelligence économique étatique est une question de souveraineté et de patriotisme économiques. La place laissée vacante par les acteurs africains de l’IE sur le terrain de la production des connaissances est occupée par la concurrence, mais il serait regrettable d’ignorer leur potentiel. Par ailleurs, nos liens privilégiés avec certains pays ne doivent pas limiter nos choix. Le Japon, la Chine et les Etats-Unis ont des dispositifs d’intelligence compétitive plus performants et plus proches de nos matrices culturelles.
Et si quelque barrière devait empêcher l’Afrique d’accéder aux meilleures pratiques, l’intelligence économique n’y serait que la continuation de ses erreurs par d’autres moyens.
Guy Gweth
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L’entreprise africaine face aux enjeux de la veille stratégique
Contre-intelligence: l’expertise d’une PME africaine
In Benchmarking, Guerre de l'information, Intelligence compétitive, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 18 novembre 2008 at 6:29C’est l’une des curiosités de la société de l’information: les esprits les plus brillants sont parfois les moins connus. Ce constat est d’autant plus valable chez les professionnels de l’intelligence économique que les meilleures recettes sont aussi les mieux protégées. Aujourd’hui, je vous convie à la découverte d’une PME africaine dont les pratiques de contre-intelligence économique peu académiques, à peine coûteuses, fort discrètes et très efficaces forcent le respect de concurrents dotés d’énormes budgets de surveillance.
La contre-intelligence économique est un ensemble d’outils, de méthodes et d’activités de défense dont le but est de neutraliser ou détourner de manière légale toute opération d’espionnage ou d’intelligence économique concurrente ou hostile. Qu’elle soit défensive ou offensive, interne ou externe à l’organisation, la contre-intelligence a pour référence le cycle de renseignement. Elle peut donc viser les questions des décideurs, la collecte des données y afférant, l’analyse de ces dernières, la protection et l’exploitation du renseignement à produire par l’organisation ou la partie adverse. Dans le cas de notre PME africaine, la ruse est au cœur du dispositif de contre-intelligence économique.
Avec ses 83 salariés, l’établissement Aurora* travaille depuis quatre ans sur un créneau innovant extrêmement porteur de l’avis des spécialistes interrogés. En moins d’une demi-dizaine d’années, la start-up a repoussé trois offres d’achats. Ses concurrents directs étant de grandes multinationales, tout ou presque a été tenté pour la faire plier : incitation des cadres à publier dans des revues internationales, invitations à des voyages d’études, benchmarking, elicitation, offres d’emploi fictives, débauchage, chevaux de troie via internet, tentatives de vol, manœuvres de déstabilisation… etc. En vain.
Pour y faire face, deux jeunes femmes de 26 et 29 ans à l’allure d’éternelles étudiantes animent à plein temps l’unité d’intelligence économique (U-IE) à laquelle est stratégiquement rattachée la communication interne et corporate de l’entreprise. C’est à la cadette que revient le pilotage du counter-intelligence unit: « toutes les deux, on est à la fois les yeux, les oreilles, le nez, l’armure et le glaive de la compagnie », m’a-t-elle confié avant d’ajouter : « nous avons la chance d’avoir un boss et des collègues qui nous font totalement confiance, et pour rien au monde, on ne peut se permettre de faillir. »
Dans leur bunker** comme dans d’autres cellules d’IE, des banques de données constamment mises à jour révèlent des cartographies détaillées de la concurrence, des ONG partenaires ou hostiles, de plusieurs centres de décisions politiques avec à chaque fois le profile des équipes dirigeantes, leurs postes, leurs réseaux et la typologie des stratégies d’intelligence compétitive qui en découlent… Sur le site internet de la PME, 1/5 des informations publiées vise à leurrer la concurrence (!) Et lorsqu’un veilleur hostile insiste sur un détail, notre duo de choc lui poste un missile informationnel***.
Dans toute l’entreprise, seuls trois ordinateurs « préparés» sont connectés au réseau internet. Avec un savant mélange de vraies et de fausses informations codées par des mots de passe faciles à casser, l’unité d’intelligence économique nourrit copieusement ceux qui pensent avoir troué son dispositif de sécurité. En interne comme à l’extérieur, l’usage des e-mails, téléphone et fax est extrêmement réduit, les communications à distance sont brèves, cryptées et voilées. Entre collègues ou dans la relation-client, la direction de l’entreprise soutient mordicus que cette « petite restriction » accroit les contacts humains.
En plus des clauses de confidentialité et de non-concurrence (d’usage traditionnel dans ce type de structure), l’U-IE a conçu un manuel ludique de sécurité à l’adresse des employés. A chaque niveau de responsabilité correspond une petite histoire à raconter si une envie irrépressible de parler travail vient à prendre un salarié dans un avion, un taxi, un café, une conférence, en amour ou en famille… Grâce à une communication corporate adaptée à cet objectif stratégique, des liens étroits existent entre salariés qui ont fini par créer comme un cordon de sécurité autour du patrimoine informationnel de l’entreprise.
Depuis trois ans, ce dispositif de contre-intelligence économique (dont j’ai voulu la description éparse) a causé de tels désagréments aux concurrents que certains ont suspendu la veille autour d’Aurora. Ce retour d’expérience devrait parler aux acteurs de l’IE chez qui la maîtrise des outils de veille électronique constitue l’unique fond de commerce.
Guy Gweth
* Pour des raisons évidentes, l’appellation « Aurora » est fictive dans ce cadre.
** Les missiles informationnels permettent d’injecter à l’adversaire des données toxiques afin d’altérer son jugement, voire de le compromettre.
*** Le bunker ici est constitué d’ordinateurs sécurisés jamais connectés à internet.
Les Bakassi Freedom Fighters s’attaquent à Total & Cie
In Intelligence stratégique, Sécurité, Veille stratégique on 31 octobre 2008 at 12:59
Selon l’agence Reuters, « des hommes armés à bord de vedettes rapides ont détourné un bateau au large du Cameroun, ce 31 Octobre 2008. Le bateau, affrété par la compagnie pétrolière Total, transportait une dizaine de membres d’équipage dont sept Français et remorquait une péniche près de la côte camerounaise et d’une installation pétrolière ». D’après la société de services pétroliers, 10 employés du groupe Bourbon ont été enlevés, dont 2 Camerounais et 1 Tunisien. Le navire Sagitta qui comptait 15 personnes à son bord a été intercepté par les Bakassi Freedom Fighters à 180 km de Douala, la capitale économique du pays.
La régression des réserves mondiales de pétrole, les attentats contre les tours jumelles du World Trade center et les crises à répétition dans le golfe persique ont contraint les grandes puissances mondiales à trouver une alternative plus sûre pour approvisionner leur marché en pétrole dès 2001. Avec la découverte de nouveaux gisements de pétrole en Angola, à Sao Tomé et Principe et en Guinée équatoriale, le pétrole africain est devenu « une priorité pour la Sécurité nationale américaine de l’après 11 septembre.» Depuis, les Etats-Unis déploient un dispositif complexe de sécurité (ceinturant leur périmètre d’intérêts) qui, à terme, devrait couvrir notamment : l’Angola, le Cameroun, le Cap vert, le Gabon, le Ghana, la Guinée équatoriale, Sao Tomé et Principe. De son côté, la Chine dont les besoins en énergies s’accroissent au fil des ans travaille elle aussi à diversifier et à sécuriser ses approvisionnements dans la région. Elle compte déjà parmi ses plus gros fournisseurs: l’Angola, le Congo, la Guinée équatoriale, le Tchad et le Gabon…, pour ne citer que les Etats du Golfe. Elle importe l/3 de son pétrole d’Afrique, soit 9% des exportations du continent alors que les Etats-Unis sont à 33% et que l’Europe (dont l’influence traditionnelle dans la région est désormais l’affaire des compagnies Total, BP et Agip) est à 20%.
Avec plus de 4. 500.000 barils de brut par jour, le golfe de Guinée devrait s’attribuer plus de 20% du marché pétrolier mondial d’ici 2010 selon les prévisions du Centre d’Etudes stratégiques de Washington. Les réserves confirmées de pétrole, le long des 3.700 kilomètres de sa ligne côtière, sont aujourd’hui estimées à 15 milliards de barils. Nouvel eldorado des compagnies pétrolières occidentales, le golfe est souvent le théâtre d’attaques ciblant des intérêts étrangers. Les entreprises d’extraction y sont régulièrement accusées de ne pas contribuer au développement local, d’exploiter les populations riveraines et de polluer l’environnement « avec la complicité d’autorités corrompues ». Rien qu’en cette année 2008, des opérations de piratage ont eu lieu au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Nigeria et au Bénin.
Le 12 octobre 2008, le gouvernement camerounais a annoncé qu’il allait mettre en place un nouveau dispositif de surveillance des côtes et de la mer territoriale par satellite, avec l’appui des Etats-Unis et de la France. L’acquisition de ce matériel, capable de détecter un bateau de pirates à longue distance, répond à l’appel international au renforcement de la surveillance maritime lancé au vu de la recrudescence des actes de pirateries sur les côtes africaines. La station balnéaire camerounaise de Limbé a d’ailleurs été victime d’une attaque surprise le 27 septembre 2008. Les assaillants, présentés comme des pirates de mer, y ont dévalisé trois banques locales, emportant un butin de l’ordre de 230 millions FCFA.
En superposant la cartographie des grands conflits mondiaux actuels sur celle des principales zones pétrolifères du globe, de nombreux analystes – et j’en suis – n’ont de cesse de se demander si l’or noir ne sera pas une malédiction pour l’Afrique. Mais l’usage de la violence comme arme de négociation avec l’Etat devrait profondément interroger l’autorité et la gouvernance du pays-cible. D’ici à 2011, le Cameroun traversera une phase décisive de son histoire tant au plan politique qu’au niveau de sa sécurité nationale.
Guy Gweth
A toutes fins utiles, lire aussi “Soft power: codes et lignes de force du cinéma nigérian”
Quand les services équato-guinéens opèrent chez le voisin
In Communication d'influence, Coopération internationale, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Stratégie, Sécurité on 23 octobre 2008 at 5:57La Guinée équatoriale a-t-elle une stratégie de puissance sous-régionale en zone Cemac*? Nous avons tenté d’y répondre dans une étude rendue publique le 30.06.08 et cédée un mois plus tard. L’actualité des services secrets de Guinée équatoriale, ces derniers jours, renforce le chapitre assez documenté que nous y avons accordé à “La main invisible” du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, guide suprême de ce petit émirat pétrolier du golfe de Guinée depuis 1979… Malabo veut se faire respecter. A tout prix. Quitte à marcher sur les accords et traités internationaux.
Ce qu’il faut préciser
Nous savons à présent que quelques révélations inédites de l’étude sus-mentionnée (étayées par des documents exclusifs) ont conduit certains analystes à conclure que nous avons non seulement bénéficié de privilèges de la part des renseignements locaux dans la réalisation de cette enquête, mais que nous avons été “pré-financés” pour réaliser « un travail de légitimation » des opérations extérieures des services équato-guinéens. Mais si la deuxième partie de cette critique est farfelue, la première mérite une réponse : aucun professionnel ne peut mener une enquête rigoureuse sur un sujet d’une telle nature sans un minimum de collaboration de la cible. Ce n’est pas Gordon Thomas ou Roger Faligot qui nous démentiront. Le nouveau rapport de force que tente d’imposer la Guinée équatoriale mérite qu’on s’en approche de très près, au besoin en usant du stratagème de la lamproie. Car ici plus qu’ailleurs, les stratégies des Etats sont celles des individus qui incarnent l’exécutif à un moment donné. Comment comprendre la politique équato-guinéenne actuelle dans la zone Cemac si l’on n’ose pousser l’enquête jusqu’au cœur de l’orgueil, des ambitions, des frustrations et des rancœurs accumulés depuis près de trois décennies déjà par ceux qui gouvernent à Malabo ?
Ce que révèle l’actualité
Le 7 octobre 2008, Cipriano Nguema Mba, ancien colonel et trésorier de l’armée équato-guinéenne a été exfiltré de Yaoundé et convoyé par les services secrets de son pays où il est actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Black-Beach. Cette opération remarquablement montée en collaboration avec l’ambassade équato-guinéenne dans la capitale camerounaise a bénéficié de la complicité de deux policiers locaux. Ces derniers ont été inculpés d’”intelligence avec un service de renseignement étranger” par les autorités camerounaises qui affirment que l’ancien colonel bénéficie toujours du statut de réfugié politique au Cameroun, d’après la convention de Genève du 28 juillet 1951. Rappel: Cipriano Nguema Mba a été jugé par contumace et condamné à 30 ans de prison pour tentative de coup d’Etat et détournement de fonds en septembre 2005 par un tribunal militaire au terme d’un procès à huis clos. Cette même année, Florencio Ela Bibang et Juan Abaga, tous deux ex-officiers supérieurs de l’armée nationale, avaient été soustraits et exfiltrés du Nigeria par les mêmes services spéciaux équato-guinéens et conduits -sans autre forme de procès- dans leur pays où ils purgent depuis de lourdes peines de prison.
Ce qu’il faut en conclure
Dans l’analyse contemporaine des problématiques de leadership, la taille d’un Etat ne constitue plus un déterminant absolu. L’exemple du Vatican -Etat lilliputien s’il en est- dont la Sainte Alliance et le Sodalitium Pianum forment le service de renseignement le plus complet au monde avec le Mossad israélien est là pour le démontrer. Même s’il faut toutes proportions garder en matière de puissance. Les deux opérations d’exfiltration sus-citées, en totale violation des normes internationales, n’ont rencontré que de tièdes réactions au HCR**, au Nigeria comme au Cameroun. Ce qui conforte Malabo dans sa stratégie d’influence: lancer un signal fort à tous les opposants guinéens en exile et persuader les États voisins que les forces spéciales équato-guinéennes sont capables d’opérer sur le territoire de ceux-ci, en tout temps, si elles jugent que la sécurité de leur pays en dépend. Une attitude qui renforce le nouveau rapport de forces que nous décrivions déjà dans notre étude. Reste à savoir si une telle volonté de puissance peut être soutenue, voire transférée au champ économique pour donner naissance à une intelligence compétitive et stratégique résolument offensive en Afrique centrale.
Guy Gweth
Dans le même ordre d’idées, lire:
“Histoire secrète du Mossad”: l’enquête de Gordon Thomas
“Les Services secrets chinois, de Mao aux JO”: l’enquête de Roger Faligot
Guerre économique, nouveau défi des services de renseignement en Afrique centrale
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*CEMAC: Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale
**HCR: Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
Infoguerre à Bretton Woods: objectif Strauss-Kahn
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Guerre de l'information, Management de l'information, Perception Management, Sécurité on 19 octobre 2008 at 6:59
En matière de guerre par l’information (infoguerre), l’éthique, la loi, le bon sens, ne sont pas une fin. Ce sont des moyens. Ils servent à fabriquer des vérités ou des contre-vérités en fonction des perceptions du groupe-cible. Le Conseil en infoguerre n’a donc pas vocation à émettre un quelconque jugement sur l’acte posé par le client. Il part du postulat que nul n’est parfait, et active le pouvoir de l’information ouverte (ou fermée) de manière défensive (ou offensive) aux fins d’atteindre un objectif. L’attaque qui vise l’actuel directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn (DSK), mérite qu’on s’y attarde. Elle est pédagogique à plus d’un titre.
La faille exploitée par les anti-DSK
Dominique Strauss-Khan est à peine nommé directeur du FMI en septembre 2007 qu’il tombe sous le charme de la Hongroise Piroska Nagy, responsable du département Afrique du Fonds. Début 2008, les deux hauts fonctionnaires deviennent intimes. Problème: Nagy est mariée, DSK aussi. L’idylle tourne court et la Hongroise démissionne du Fonds. Mais déjà, une sourde rumeur enfle à Bretton Woods qui arrive aux oreilles d’Aleksei Mozhin, le représentant de la Russie. Il alerte l’époux de Piroska Nagy, Mario Blejer, lui aussi ancien employé du FMI. En rappel, lorsque Paris avait proposé DSK à la direction du FMI, la Russie avait énergiquement protesté. Moscou soutenait alors la candidature de Josef Tosovsky, ancien premier ministre et ex-membre des services secrets de Prague. Mozhin, c’est peu dire, s’était insurgé contre la mainmise de l’Occident sur les institutions de Bretton Woods. Début juillet, le Russe porte l’aventure extra-conjugale du directeur à l’attention du Doyen du Fonds, Shakour Shaalan. Ce dernier demande alors au cabinet d’avocats Morgan, Lewis & Bockius d’enquêter sur d’éventuels abus de DSK dans les causes et les modalités de départ de Piroska Nagy du Fonds monétaire international en août 2008.
Matrices culturelles et particularismes
Lorsque les journalistes français Christophe Deloire et Christophe Dubois publient « Sexus Politicus » en été 2006, leurs collègues américains sont surpris de voir que l’opinion publique française ne s’offusque pas spécialement des frasques extra-conjugales de leurs dirigeants. Outre-Atlantique, le rapport très détaillé de Kenneth Starr sur le “Monica Gate” montre à quel point l’infidélité d’un dirigeant peut être problématique, surtout si elle est doublée de parjure. Et pour aussi excessive que puisse paraître l’Amérique, cette pudeur, voire cette pudibonderie protestante vaut pour toutes les hautes personnalités officiant sur le sol étatsunien. Dominique Strauss-Kahn était-il au fait de ce détail ? Quelle que soit la réponse, les Ivans qui l’avaient déjà profiler n’ont pas manqué de le cribler… Qu’il soit blanchi ou pas, DSK sortira affaibli de cette affaire, y compris dans sa posture de meilleur présidentiable socialiste en France, sauf coup de théâtre. Pour ce qui est de Bretton Woods, la crise financière, économique et à présent morale ne fera qu’accentuer la crise de légitimité dont souffre l’ensemble du système des Nations Unies depuis quelques années déjà.
La protection de la réputation, un marché…
Dès sa parution en octobre 2006 aux éditions Fayard, si certaines compagnies d’assurance s’étaient penchées sur « une brève histoire de l’avenir », elles auraient sans doute déjà innové en proposant une « assurance-réputation » à leurs clients VIP. Et il n’est pas tard. Dans cet ouvrage qui n’a pas connu le succès qu’il mérite, l’auteur, Jacques Attali, prévient que sous peu, les personnalités devront cher payer pour avoir droit à une vie privée. La preuve… Après le départ brutal de l’ex-patron de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, acculé à la démission en mai 2007 pour favoritisme à l’endroit de sa maîtresse libyenne Shaha Riza, le cas de DSK révélé par le Wall Street Journal dans son édition du 18 octobre 2008 vient rappeler à ceux qui en doutaient encore que la protection de la réputation est promise à un bel avenir. Dans un monde globalisé où l’information est devenue une arme, l’accessoire (un détail de la vie privée) peut facilement l’emporter sur le principal (les compétences) et avoir de graves conséquences sur la crédibilité (des institutions).
Que ce soit contre l’écrivain Milan Kundera ou Miss France 2008, Valérie Bègue, le milliardaire camerounais Yaya Bello ou l’actuel directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn…, les cas de déstabilisations par l’information ont une constante. Les victimes sont présumées coupables jusqu’à ce que la preuve de leur innocence soit établie.
Guy Gweth
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McCain/ Obama: infoguerre pour D.C.
Des mailing-list africaines exploitées pour déstabiliser Coca-Cola
Vaincre une rumeur malveillante et traquer la source
In Contre-Intelligence stratégique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence compétitive, Sécurité on 1 octobre 2008 at 5:45Début septembre 2008, un riche homme d’affaires du nord Cameroun défraie la chronique de manière inattendue. Par ce matin froid et sec à Maroua, le journal local, L’œil du Sahel, titre à sa une: « Un milliardaire distribue le Sida » ! C’est le début de « l’affaire Yaya Bello ». L’accusation est-elle fondée ? La rumeur n’en demande pas tant. Seule compte la perception de l’opinion publique. Le scoop fait l’effet d’une tempête locale. Malgré l’achat rapide de la quasi totalité des exemplaires de « l’édition mortelle » par les hommes de main du businessman, le vin est tiré. Il faut le boire. Pour ce milliardaire comme pour toutes les victimes des opérations de déstabilisation par la rumeur, rien ne sera plus pareil. Jamais.
La rumeur est un bruit de fond social qui court comme « la maladie d’amour dans le cœur des enfants » de tous âges. C’est une information non officielle qu’il fait bon transmettre sans vérifier. Très prisée dans le cadre d’opérations noires, elle peut être le fait d’individus isolés, de groupes d’intérêts économiques, politiques ou militaires… et bien sûr des services secrets. Elle peut être scientifiquement conçue, testée et injectée dans des foyers propices à son expansion. Elle vise généralement à déstabiliser, à décrédibiliser, à « anéantir » une personne physique ou morale, à modifier l’attitude d’un groupe-cible, à l’intoxiquer ou à soulever des populations. Parmi les intrants qui la composent, les plus exploités sont l’argent, le pouvoir, le sexe, la maladie et la mort. Semblable à un cyclone, on peut déterminer d’où elle part mais jamais où elle va s’arrêter. Dame rumeur se nourrit de nos peurs, de nos croyances, de nos fantasmes; et voyage aux frais de la princesse. A moins de s’y attaquer de manière professionnelle, son espérance de vie est illimitée.
Le Cameroun par exemple est un excellent site d’expérimentation de ce phénomène où de toute façon, la justice -quand elle est saisie- n’agit évidemment qu’a posteriori. Au nombre des plus folles rumeurs ayant le plus impacté sur la réputation du personnel politique de ce pays au cours des vingt dernières années, citons : l’histoire du serpentologue de la Cameroon Radio & Television (CRTV) en 1999, le décès du président Paul Biya en Suisse en 2004, la liste complète des homosexuels du Cameroun en 2006, ou encore la préparation d’un coup d’Etat à Yaoundé en 2007. A ce jour, aucune des ces opérations n’a été officiellement élucidée. L’attaque qui vise Yaya Bello, sous réserve de la véracité de l’information publiée par L’œil du Sahel, renforce localement la thèse d’un transfert de la rumeur, en tant qu’arme d’infoguerre, de sa sphère sociopolitique habituelle au champ économique. Une tendance lourde.
Même en disposant d’un excellent réseau de capteurs de signaux faibles dans les principaux « foyers d’incubation» du phénomène (armée & police, hôpitaux & prisons, presse, forum internet & mailing-list, grandes écoles & universités, points de passage des diplomates & de l’élite locale…), il est extrêmement complexe de noyer, de dévier ou de retourner une rumeur malveillante, encore moins de tracer son auteur. Et pourtant, une attaque par l’information suffit à démolir en un jour une vie entière passée à bâtir une famille, une entreprise, une carrière ou votre réputation. En essayant de plaider sa propre cause au cours d’une interview, sans le coaching de professionnels sûrs, Yaya Bello s’est enfoncé comme on ne le souhaite à personne.
Heureusement, le décryptage minutieux et l’analyse comparée des modes opératoires des 23 plus grandes opérations de déstabilisation par l’information en Afrique centrale au cours des 10 dernières années nous permettent aujourd’hui d’affirmer que la rumeur n’est pas une fatalité. Loin s’en faut. Si elle est détectée et traitée à temps par des professionnels, elle laissera au pire de très légères cicatrices. Autre bonne nouvelle pour ceux qui l’ont testée: notre système de contre-offensive RALE (Retour à l’envoyeur) peut produire dans certains cas, en fonction de la loi et des coutumes du groupe-cible, des effets irrémédiables chez l’auteur (ou la chaîne de production) d’une rumeur d’origine non-étatique visant à ternir votre image.
Guy Gweth
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A Review of Notable Political Rumors from Cameroon
La rumeur d’Orleans, une brève présentation in Wikipedia
Des mailing-list africaines exploitées pour déstabiliser Coca-Cola,
La déstabilisation de Valérie Bègue, Miss France, expliquée à ma grand-mère
Africom officiellement en service actif dès le 1er octobre 2008
In Leadership, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 30 septembre 2008 at 6:24

C’est l’épilogue d’une longue période d’intenses préparations, le nouveau commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique dont le président Bush avait annoncé la constitution en février 2007 entre officiellement en service actif ce 1er octobre 2008.
À la veille de son inauguration, la vice-ministre adjointe de la défense chargée des affaires africaines, Mme Theresa Whalen, a déclaré aux observateurs que ce commandement connu sous le nom d’Africom deviendrait l’outil le plus visible des États-Unis au service de leur objectif primordial à l’égard de l’Afrique, à savoir la promotion de leurs relations dans le cadre d’un engagement soutenu. Il s’agit en particulier, pour ce sixième commandement régional, de renforcer les programmes de coopération militaire et d’autres activités relatives à l’Afrique de concert avec divers organismes fédéraux, notamment l’Agence des États-Unis pour le développement international et le département d’État, et avec l’assistance de partenaires internationaux. Jusqu’à présent, les responsabilités militaires américaines à l’égard de l’Afrique étaient confusément réparties entre trois commandements qui étaient chargés aussi, respectivement, du Moyen-Orient, de l’Europe et du Pacifique.
Selon Mme Whalen, l’Africom sera un instrument plus efficace de sécurisation et de maintien de l’ordre et aidera les divers États africains à s’attaquer à leurs problèmes respectifs, qu’il s’agisse de pauvreté, de famine, d’épidémies, de prolifération d’armes, de piraterie ou de conflit. Toutefois, les restrictions imposées au champ d’action des forces américaines en Afrique n’ont pas changé lors de la création du nouveau commandement. « Le fait que nous ayons établi une nouvelle structure organisationnelle afin de mener à bien notre stratégie de sécurité en Afrique n’a modifié aucune des règles qui gouvernaient les anciennes. » La haute responsable du ministère de la défense s’est notamment élevée contre l’idée selon laquelle la création du commandement présageait en quelque sorte la « militarisation » de la politique africaine des États-Unis: « Les gens seront surpris de constater que la direction de l’Africom (pour moitié militaire et moitié civile) exercera encore plus de prudence lorsqu’il s’agira d’envisager une solution militaire à un problème africain ».
L’Africom s’attachera principalement à renforcer la capacité des forces maritimes et terrestres de ses partenaires, afin que ces derniers puissent coopérer en faveur de la solution des diverses difficultés régionales, allant de la réaction à une catastrophe naturelle à la prévention des conflits en passant par la lutte antiterroriste. Selon les responsables américains, un continent africain stable et prospère correspond aux intérêts bien compris des États-Unis dans la mesure où un regain de prospérité, l’amélioration de la santé des populations et une sécurité accrue en Afrique contribueront sans aucun doute au renforcement de la sécurité et de la prospérité dans le monde entier. Les États-Unis vont également aider leurs partenaires africains à « mieux asseoir leur régime démocratique, à mieux appliquer leur respect des droits de l’homme, à favoriser leur croissance économique et à bâtir de solides institutions régionales ». Le centre est dirigé par le général de l’armée de terre William Ward, épaulé par deux co-adjoints: l’ambassadrice Mary Carlin Yates, qui a servi au Burundi et au Ghana et qui est spécialisée dans les activités mixtes militaro-civiles, et le vice-amiral de la marine Robert Moeller, coordonnateur des activités opérationnelles.
Quant à dire que la création de l’Africom serait motivée par l’intérêt considérable que manifeste la Chine à l’égard de l’Afrique, l’administration Bush répond que l’essor des activités chinoises en Afrique n’était pas à l’horizon lorsque l’idée d’un nouveau commandement américain pour ce continent a commencé à faire son chemin, au début de cette décennie. De plus, la Chine ne faisait nullement partie de « l’équation stratégique » des Etats-Unis. Infos recueillies auprès de l’US Department Of State.
Des mailing lists africaines exploitées pour déstabiliser Coca -Cola
In Communication d'influence, Guerre économique, Perception Management, Sécurité, veille on 10 septembre 2008 at 12:18
Depuis quelques semaines, des réseaux d’internautes d’Afrique centrale sont à leur tour infectés par un texte Anti-Coca-Cola (voir infra) circulant depuis le premier trimestre 2008 en Europe et dans plusieurs forums tels que MySpace. Une opération de déstabilisation par l’information tout à fait classique. Certes un peu artisanale (ce qui lui donne un air citoyen), mais plutôt bien menée. Elle rappelle l’offensive essuyée par Perrier au début des années 90. Elle rassemble les principaux facteurs clés de succès pour susciter une réaction de l’opinion publique (Baumard 2001): 1. Le risque alimentaire (ce qui entre en soi) 2. Le risque d’hygiène (ce qui touche à soi) 3. Le risque physique (ce qui peut faire mal à soi).
Manipulations: les confessions d’un assassin financier
In Soft Power, Sécurité, veille on 2 septembre 2008 at 5:48
Le livre autobiographique de John Perkins raconte comment il a fait exploser des économies pour maintenir des servitudes envers Washington. Il s’en repent. A distance, il y a prescription. Mais le procédé court toujours…
A la fin d’un cursus universitaire moyen, John Perkins est engagé pour faire des fiches de conjoncture économique en Equateur. Rien d’étonnant, il est diplômé en commerce. Mais voilà que quelques uns de ses talents cachés et beaucoup de ses frustrations passées l’amènent dans le giron de Main, une entreprise spécialisée dans le conseil. En fait d’entreprise conseil, un partenaire honorable des agences américaines, CIA et NSA… Les initiations « sans limites » par Claudine, elle-même agent de la « corporatocratie », rend notre « héros » opérationnel pour sa première mission : l’Indonésie. Nous sommes dans les années 60 et la lutte contre le communisme bat son plein à Washington. Cela va justifier les coups les plus tordus, les servitudes les plus viles, les inféodations les plus inavouables. De quoi s’agit il ? De recommander aux décideurs des pays cibles des politiques de « développement » qui produisent de la dépendance financière. Mais cela peut prendre du temps. Pour aller plus vite encore, ce sont les gouvernants eux-même qui sont ferrés : dette, luxure, chantage. Les opinions subodoraient le procédé. Le livre de Perkins le met à nu. C’est son histoire qu’il raconte. Cela donne un genre littéraire insoupçonnable, enrobé dans des CV « Stinger », des commandos avec des QI appréciables, assistés de chacals, qui agissent dans l’exotisme des Iles Vierges et de Java pour mettre le monde en coupe réglée. Cette «corporatocratie» s’appuie sur des chevaliers modernes: les EHM, « Economic Hit Man ». Perkins était un assassin financier.
Témoin à charge et pièces convaincantes
Si Eva Joly, la juge d’instruction qui a démantelé le système ELF en France, dénonce, dans un lancinant aveu d’impuissance, « ceux qui ont perdu l’habitude d’être contredits » en parlant des puissants faiseurs de destin, John Perkins fournit dans son livre le mode opératoire, côté cuisine, de la machine à asservir, souvent à appauvrir. Il explique le protocole implémenté par une poignée de cabinets qui utilisent les institutions internationales telles que l’ONU, l’OMC et le FMI ; en poussant à l’extrême la dérèglementation qui a mis le reste du monde dans une situation de vertiges permanents dont les réactions anaphylactiques sont des guerres civiles et des émeutes populaires permanentes. Ses accessoires étant la corruption, le chantage et l’exploitation des « déviants ». Le noyau de ce cataclysmique protocole est d’une banale composition : le taux de croissance et le produit national brut. John Perkins explique comment ces deux indices sont sciemment manipulés pour créer une hiérarchie orientée entre pays amis et pays hostiles, « grâce aux sciences biaisées de la prévision, de l’économétrie et de la statistique ». Et pour justifier plus de prêts accordés par le FMI, la BIRD, les grandes banques. En réalité, Les confessions d’un assassin financier suggère que le capitalisme avait perdu son âme, si tant est qu’il en avait une, bien avant de perdre la tête, comme le décrit dans son livre le prix Nobel Joseph E. Stiglitz. Le livre de John Perkins est d’ailleurs une illustration spectaculaire des dégâts de « l’information asymétrique », chantier théorique connu de Stiglitz l’universitaire.
Résister est possible
La main invisible de la corporatocratie, le gouvernement du monde par l’intérêt des grandes firmes américaines, n’est finalement jamais très loin : et lorsque les évènements la dépassent (attentats du 11 septembre), la riposte porte sa marque (invasion de l’Irak). John Perkins plaide coupable. Il avoue sa « contribution » dans la fabrication d’identités meurtrières. Par la manipulation d’acteurs économiques et sociaux. Il jure aussi que la rédemption est possible. Son livre est aussi l’occasion de rappeler que jamais rien n’est écrit à l’avance. Ceux qui résistent détournent souvent le cours du crime. Comme Omar Torrijos, qui s’est battu pour le « droit des pauvres » au Panama et qui avait compris la duperie des aides internationales. Le président Jimmy Carter est décrit comme « une anomalie » à la tête de la Maison-Blanche: « Sa vision du monde était incompatible avec celle des assassins financiers».
AO: Chérif Aissat In LesAfriques
John Perkins. Les confessions d’un assassin financier, Révélations sur la manipulation des économies du monde par les Etats-Unis. 280 pages. Editions alTerre, 2004. Titre original anglais : confession of an economic hit man.
La Cemac en ordre de bataille contre le blanchiment d’argent
In Sécurité, veille on 28 août 2008 at 12:30
La capitale congolaise a accueilli du 26 au 27 août un séminaire de sensibilisation sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans la zone CEMAC. Ces assises entraient dans le prolongement des assises de Libreville du 7 au 9 avril dernier qui avaient permis aux représentants de la sous-région de coordonner les mesures de lutte avec le soutien de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC).
Les représentants des six pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) se sont donc réunis le 26 août dernier au siège de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) de Brazzaville pour un séminaire de deux jours sur la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment des capitaux. Dans le cadre des recommandations issues des assises de Libreville au début du mois d’avril dernier, la République du Congo, la République centrafricaine (RCA), la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Gabon et le Tchad sont réunis pour harmoniser les mesures de prévention et de lutte contre ces phénomènes transnationaux qui freinent le développement et la sécurisation de la sous-région. Ces travaux étaient organisés en collaboration avec le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) et placés sous le patronage du ministre congolais de l’Economie, des Finances et du Budget, Pacifique Issoïbeka.
Les représentants de la CEMAC y ont notamment examinéla convention des Nations Unies contre la corruption et celle contre la criminalité transnationale organisée. Ces documents ont déjà été adoptés par de nombreux pays.
En rappel, le GABAC est l’un des outils permettant aux pays de la CEMAC de lutter contre le blanchiment d’argent. Il a été créé par un acte additionnel de la conférence des Chefs d’Etat d’Afrique centrale, tenue le 14 décembre 2000 à N’Djamena (Tchad). C’est une structure de promotion des normes, instruments et standards de lutte contre le blanchiment d’argent. Le GABAC dispose de démembrements dans les différents pays de la sous-région et dans cette logique de coordination des actions pour une surveillance accrue, les Etats de la sous-région avaient également mis en place les agences nationales d’investigations financières (ANIF).
L’atelier sous-régional organisé à Libreville du 7 au 9 avril derniers par le ministère de la Justice, en collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avait permis de réfléchir aux moyens de rendre performant le cadre normatif et les mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique centrale. A cette occasion, l’ONUDC avait assuré son soutien pour le suivi de la coordination de la lutte et de la prévention de ces phénomènes dans la sous-région.
Sources: Gaboneco
Le cryptage de haute puissance, dernier rempart contre l’espionnage électronique ?
In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité on 1 août 2008 at 4:33Que ce soit sous le couvert de la sécurité nationale, de la guerre économique ou de la lutte contre le terrorisme… l’espionnage électronique constitue l’un des enjeux majeurs de la nouvelle globalisation. L’Afrique demeure une colonie dans cet univers; mais la ruse peut considérablement altérer le jugement d’un adversaire, même averti. Après un rapide coup d’œil dans “les grands oreilles” déployées par les puissances anglo-saxonnes pour quadriller le monde, nous envisagerons les moyens de contournement de cette technologie intelligente, en nous basant sur des tactiques de cryptage de haute puissance et quelques clés de la sagesse africaine, aux fins de resserrer nos systèmes de défense.
Echelon: des exploits aux limites des « grandes oreilles »
En 1947, les Etats-Unis et le Royaume Uni signent un accord secret en matière de coopération des personnels et systèmes de renseignement électronique baptisé UKUSA. Ils sont tour à tour rejoints par le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, et plus tard par la Norvège, le Danemark, l’Allemagne et la Turquie, au titre de « pays tiers » à ce réseau dont le nom de code est Echelon. Grâce à cet accord, les cinq premiers signataires supervisent chacun une partie du monde. C’est ainsi que l’Europe et l’Afrique échoient aux Britanniques, dont la puissante station de Menwith Hill ne tarde pas à irriter les autres pays européens dont la France. En guise de réponse, l’ancien directeur de la CIA, James Wollsey, déclarera : « Nous traquons vigoureusement la corruption. Et on peut dire que l’Europe est la capitale mondiale de la corruption. Les entreprises européennes ont l’habitude de décrocher des contrats par la corruption en Asie, en Amérique latine et au proche orient, qu’ils ne pourraient pas obtenir en respectant les règles du jeu…»
Cette accusation, bien que surprenante pour le grand public n’en est pas moins fondée. Pour preuve: en 1995, l’Arabie saoudite est en pourparlers avec l’avionneur européen Airbus pour un contrat de 6 milliards $. Les communications téléphoniques ( fax compris) entre les deux parties sont régulièrement interceptées par la NSA et transmises à Boeing qui remporte finalement le marché ! On sait à présent que si le consortium européen resta muet dans cette affaire, c’est parce que grâce à leurs « grandes oreilles », les États-Unis détenaient des preuves de corruption contre Airbus. D’après Ducan Campbell, expert en renseignement de communication, « Echelon surveille les grandes sociétés commerciales de tous les pays pour suivre leurs transactions ». Avec ses puissants ordinateurs, Echelon est en effet capable de reconnaître une voix parmi des millions d’autres, d’où qu’elle appelle dans le monde, pour peu qu’elle soit répertoriée dans le « dictionnaire » du système. Il en va de même pour les e-mails, les fax… et même certaines imprimantes laser comme nous l’avons récemment révélé sur ce site. Mais si les terroristes arrivent à surprendre le monde, c’est qu’Echelon -qui met la terre entière sous haute surveillance- a bien des failles.
Les moyens de contournement
L’une des principales limites d’Echelon réside dans son incapacité à comprendre le contexte d’une conversation. Il a donc besoin d’un apport humain. Or la masse de données à traiter est phénoménale. D’après Gilles Brassard, chercheur à l’Université de Montréal, son autre limite fondamentale réside dans le fait que « les systèmes de cryptographie de haute puissance sont pratiquement inviolables ». Non pas qu’ils soient infaillibles, mais il est quasiment impossible de les briser en un temps raisonnable. Du moins pour l’instant. On peut dès lors penser qu’avec une longueur de clé suffisante, les États et les entreprises de la Cemac peuvent garder leur patrimoine informationnel à l’abri de l’espionnage électronique.
C’est dans cette optique qu’un certain nombre d’organisations de la sous-région a opté pour la téléphonie sécurisée de Skype, sur nos conseils. Je rappelle que Skype utilise une technologie décentralisée peer to peer qui fait appel à la norme AES (Advanced Encryption Standard), soit 256 bits, la même que celle utilisée par l’administration fédérale américaine pour protéger ses informations à caractère sensible. Mais il s’avère que l’utilisation de Skype E. peut fragiliser l’entreprise étant donné son caractère anonyme et non contrôlé. Pire, j’ai récemment vérifié que grâce à l’éditeur de logiciel Digitask, les services allemands avaient trouvé la parade pour casser la clé de cryptage de Skype, permettant ainsi les écoutes de « sujets suspects »…
Pour ne pas conclure…
Manquer de souveraineté en matière de télécommunications est en soi un handicap monumental. Or celui “qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner“, déclarait Louis XI, bien longtemps avant la signature de UKUSA. Face aux superpuissances, le salut est dans la ruse, dirait Sun Tzu. Les stratèges africains doivent pouvoir retrouver leur capacité à substituer, à transposer et à dissimuler. Ce cocktail d’imprévisibilité gît dans des jeux de stratégie tels que l’Awélé. Ses stratagèmes habitent une kyrielle de contes bantou non encore traduits en langues occidentales. Le lion, le lièvre, le singe, l’éléphant et la tortue qui sont les principaux acteurs de ces allégories sont assez représentatifs des acteurs de la scène internationale. N’y apprend-on pas comment la tortue, dernière sous tout rapport, l’emporte toujours sur les plus forts ?
Guy Gweth
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Soft power: codes et lignes de force du cinéma nigérian
In Communication d'influence, Géostratégie, Géoéconomie, Perception Management, Soft Power, Sécurité, veille on 27 juillet 2008 at 7:46La quasi totalité des tableaux de bord existant en matière de prospective macroéconomique indique qu’en 2050, le Nigeria sera la 1ère puissance économique en Afrique. Mais le pétrole (malgré les cours actuels du baril), le gaz (et ses enjeux stratégiques) ou la démographie (avec l’importance du marché intérieur qu’il implique) ne doivent guère voiler les yeux des analystes à Oxford & Harvard. La puissance économique du Nigeria est un tout complexe. D’ailleurs, passée la porte des critères de Bretton Woods, ce géant de 132 millions d’habitants établis sur 923368 Km² découvre une force de frappe inouïe: l’économie souterraine. La saga de ce microcosme puissant et sulfureux est désormais disponible en DVD, aux bons soins de Nollywood et Kannywood. Le cinéma nigérian nous enseigne autant qu’il renseigne et fascine autant qu’il façonne les esprits.
Partons d’un postulat qui m’est particulièrement cher dans le reverse engineering des problématiques d’influence par le cinéma: même avec la plus fine manipulation, un film (bon ou mauvais) trahit toujours les projets de ceux qui l’ont conçu. Autant qu’un code génétique, il révèle les courants et lignes de force qui traversent un microcosme à un moment précis. Pour contribuer à cerner l’environnement d’un objectif à distance, il peut donc s’avérer intéressant d’interroger sa matrice culturelle en décryptant soigneusement ses productions de référence. Une analyse comparée du Nigeria de l’intérieur et de sa vitrine cinématographique me conforte dans ce postulat clé. A présent, prenons deux exemples au pif pour tenter de décoder ensemble les messages que recèle cette double face de Janus.
Le film intitulé Sharon stone par exemple met en scène une jeune femme belle comme la reine de Saba. Avec ses mensurations avantageuses et son visage angélique, l’actrice Geneviève Nnaji -qui l’incarne- est fiancée à trois hommes qu’elle promet tous d’épouser ! Une véritable course à la ruse où se mêlent argent, religion, baraka, sexe, internet, duperie, villas luxueuses et Mercedes à n’en plus finir. De quoi susciter des vocations au sein d’une jeunesse nigériane enflammée par le désir de réussite à tout prix. Dans Italian deal, en revanche, un jeune sanguin opportuniste nommé Franck consent à prêter sa douce et charmante fiancée à un homme d’affaires italien contre US$500.000. Elle accepte par amour. Lui rêve de vite s’enrichir en créant une compagnie de voitures d’occasion. Peu importe le sacrifice !
Contrairement à la plupart des films africains qui traitent généralement de misère, de souffrance ou de sorcellerie, le cinéma nigérian projette des jeunes loups aux dents longues. Très longues. Ils sont brillants. Innovants. Rationnels. Agressifs. Des « entrepreneurs » selon la définition de Schumpeter. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait que derrière certains studios, plane l’ombre d’une main invisible: la puissante mafia nigériane. Or « Le pouvoir se gagne par les idées » écrivait Gramsci. Et ces néo-capitalistes nigérians ont de qui tenir. On se souviendra volontiers que dès 1971, c’est Cosa Nostra qui supervisa le célèbre Parrain de Francis Ford Coppola ou encore que via Sun Yee On, ce sont en fait les redoutables triades chinoises qui produisaient Bruce Lee… La liste est longue. Mais la place manque ici.
Version tropicale de la jet set russe composée de milliardaires trentenaires, les maffiosi nigérians contrôlent l’essentiel de l’économie souterraine de l’Etat fédéral grâce aux trafics (humains, drogues, matières premières…), machines à sous, contrefaçons, enlèvements ciblés et escroqueries sur internet. Ce sont des winners avides. Cupides. Sans morale ni peur. En fins stratèges, ils portent à l’écran la « destruction créatrice » dont parlait Schumpeter. Désormais, ceux qui s’aventurent en Afrique centrale et de l’ouest doivent compter avec ces nouveaux Yakusa noirs dont le code d’honneur se résume dans la devise de Lord Bering: «Money first! »
Guy Gweth
IE: le benchmarking des groupes d’autodéfense en Afrique centrale
In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 juillet 2008 at 5:46La crise économique qui traverse la zone Cemac depuis plusieurs années a considérablement fragilisé l’appareil étatique dans l’accomplissement de certaines de ses missions régaliennes. Une partie de ces dernières est ainsi tombée dans le champ d’activités des promoteurs privés, des bailleurs de fonds, des églises, des Ong… et des associations en bonne place desquelles les groupes d’autodéfense.
Nés de l’insécurité et de la montée du grand banditisme, les groupes d’autodéfense sont l’œuvre des jeunes de quartiers, costauds, solidaires, scolarisés ou non. Leur objectif est de sécuriser leur territoire. En alternance, ils veillent de jour comme de nuit. Ils surveillent les environs, collectent des informations, notent tout mouvement suspect. Ils ont le soutien plein et entier des populations locales. Y compris financièrement. Les criminels les redoutent. Les pouvoirs publics les observent. Un nouveau rapport de forces voit le jour dans les cités. Mais très vite, certains groupes franchissent la ligne jaune. Ils se prennent à arrêter des malfrats, à les juger devant des tribunaux populaires, à exécuter les peines par eux-mêmes. Il arrive qu’un membre du groupe cherche à se venger d’un rival et le dénonce comme « malfaiteur », poussant parfois à commettre l’irréparable. Embarrassé, l’Etat rend justice, tout en reconnaissant implicitement l’aide exceptionnelle de ces entités de facto, non prévues par les lois de la république. Il faut les encadrer.
Du 25 au 27 février 2004, alors que j’assure le pilotage d’Interconsult Cameroon, j’organise avec l’aide de bailleurs de fonds allemands, une session nationale au centre Jean XXIII de Mvolyé, à Yaoundé, afin de sensibiliser ces groupes au respect des droits humains. Pour mener à bien cette mission sans précédent, j’invite des experts de haut niveau dont l’ancien préfet Jean-Marie Ndongo et surtout Bell Luc René, ancien gouverneur et ex-délégué général à la sureté nationale. Ils nous font l’honneur d’accepter. Dans son propos liminaire, l’ancien chef de la police camerounaise tient à préciser que si l’Etat tolère les groupes d’autodéfense, c’est en réalité dans une logique stratégique visant à pénétrer les zones dites sensibles, grâce au soutien informationnel des habitants, dans le but de mieux gérer et garantir la sécurité publique.
La stratégie d’intelligence économique que nous impulsons dans la zone Cemac a tout appris de ce schéma contextuel. Face à l’exacerbation de la concurrence, à la réduction des moyens de l’Etat, nos entreprises se regroupent aussi bien par région que par secteurs d’activités. Moins fragiles et plus audacieuses, elles travaillent ensemble autour d’une plateforme d’information sécurisée avec la collaboration, voire, l’impulsion de l’Etat. Peu à peu, ce dernier diminue ses fonctions opérationnelles pour davantage se consacrer à son rôle d’Etat-stratège. Ces plateformes visent la défense et la compétitivité par la transformation du renseignement économique en outils de création et de protection des richesses. Rien à voir avec un quelconque protectionnisme. La vérité est que les compagnies se prennent en main pour agir dans le respect bien compris des règles de saine concurrence. Elles n’ignorent pas qu’en définitive, c’est aux pouvoirs publics d’assurer les missions de contrôle, de protection des personnes, des biens, et donc des entreprises implantées sur l’ensemble du territoire national. Mais elles gagnent en assurance. L’Etat devient clairvoyant. La Cemac peut voir venir.
Des jeunes de quartiers qui inspirent une stratégie d’intelligence économique aux entreprises? Il fallait y penser.
Guy Gweth
Dans le même ordre d’idées, lisez:
Pratiques de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine
La prostitution des clés USB: un piège trop sexy?
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Sécurité on 17 juin 2008 at 6:49
Lorsque nous étions gamins, mes copains et moi trouvions souvent de la monnaie par terre. Nous la ramassions. Pas vous ? Nous, c’était neuf fois sur dix ! Nous courrions ensuite, non sans joie, vers les échoppes du voisinage pour acquérir d’éphémères babioles, des bonbons ou des tablettes de chocolat ; comme par crainte de garder quelque pièce par-devers nous.
Il faut dire que, moralement, nous n’étions pas tout à fait quitte avec l’idée de trouver sans chercher. D’ailleurs, nous ne le rapportions jamais aux parents, de peur d’être sommés de rétrocéder à la terre ce que le ciel nous avait si généreusement offert. A l’époque on ne parlait ni d’intelligence économique ou si peu, ni d’hypercompétition, ni de cybercriminalité et encore moins de guerre économique. Elle est belle, la vie de ces gamins d’Afrique qu’on ne montre pas à la télé.
Au fur et à mesure que nous grandissions, le hasard devenait avare. Dieu était-il fauché ? Mystère. En tout cas, les temps changeaient. Nous le ressentions. Mais jamais notre vigilance ne décrut. Aujourd’hui, stylos, téléphones portables et autres clés USB sont les objets perdus les plus convoités par les enfants que nous ne sommes plus. Mais aussi par les adultes. Hélas. Des professionnels qui plus est. Et là résident des pièges du hasard.
Pour nos retrouvailles dans la ville de notre enfance, mes copains et moi avons décidé de passer de l’autre côté, sur le versant de ceux qui « perdent » des objets avec préméditation. Des hameçons… Après avoir prétexté un rdv professionnel avec une amie comptable, nous nous sommes introduits chez TUSAURAS SA et y avons, comme par hasard, « égaré » nos deux clés USB. Trois quarts d’heure après notre départ, nous sommes revenus dans l’entreprise, l’air essoufflé et préoccupé tout à la fois. Nos clés avaient bien sûr disparu. Aucun mystère. Mais personne ne les avait même entr’aperçues ! Notre amie en était outrée, mais pas surprise le moins du monde. Deux clés USB JetFlash 168 16 Go neuves ? La magie du hasard.
Une connexion internet et deux e-mails plus tard, nous savions presque tout du pôle juridique de TUSAURAS SA. L’idée qu’une clé USB tombée du ciel pouvait être introduite dans un ordinateur sans autre forme de procès avait flatté plus d’un salarié, nous ouvrant au passage une artère intelligente au cœur de l’entreprise. Pour sûr, les parents et surtout les DSI auraient raison de blâmer ceux qui s’ouvrent ainsi aux charmes des clés inconnues. Moralité : méfiez-vous des clés USB qui trainent ou vont et viennent dans plusieurs ordinateurs… Ce peut être des armes d’espionnage.
Pendant que mes copains et moi écoutions les excuses des cadres de TUSAURAS SA à qui nous venions de renvoyer le colis juridique de leur entreprise par e-mail, nous nous amusions comme des gamins; en pensant surtout à ces stagiaires, consultants et coopérants qui pillent les entreprises, partis politiques, ONG… etc, simplement en introduisant une vicieuse clé USB dans la bonne machine. Un plaisir d’adulte… Un risque aussi: l’inverse est possible. Toujours se protéger !
Guy Gweth
Industrie du lait et légitime défense économique en Afrique
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Guerre économique, Prospective, Stratégie, Sécurité on 11 juin 2008 at 10:17
Les bombardements quotidiens d’images que subissent les populations d’Afrique via les chaînes de télévisions occidentales ont un effet d’Hiroshima et Nagasaki sur la psyché. Au point que lorsqu’un jeune diplômé africain achève ses études à l’étranger, il est crucial qu’il s’interroge sur l’opportunité d’un retour au pays natal. Le nombre de parents et amis qui l’en dissuadent depuis le continent est impressionnant. C’est pourtant ce qu’a bravé le docteur Bagore Bathily, un vétérinaire sénégalais de 33 ans, diplômé de l’université de Liège en Belgique, aujourd’hui P-dg de la Laiterie du Berger, la seule unité industrielle qui transforme du lait de collecte au Sénégal. La crise alimentaire a permis à l’opinion publique internationale d’apprécier l’extraordinaire combat de cet industriel du lait de collecte local face au lait déshydraté importé d’Europe. Plus qu’un sujet d’intelligence économique in vivo, voici une problématique qui convoque une stratégie nationale de légitime défense économique.
Pendant la période coloniale, les stratèges européens avaient conçu dans les colonies des niches propices à l’écoulement de produits issus du vieux continent. Dès 1960, l’indépendance politique laissa logiquement place à de nouvelles formes de dépendance basées sur l’éducation, la culture ou le commerce de produits manufacturés made in Europe. Ainsi naquit la dictature du lait déshydraté qui lamina littéralement les habitudes de consommation locale par l’influence (enrôlement des élites, des médecins et autres puéricultrices…, le perception management et la normalisation), le marketing et surtout la guerre des prix, créant ainsi un véritable casus belli économique. Pendant plusieurs années, l’Union Européenne subventionna ses agriculteurs pour les aider à produire et exporter plus facilement vers les pays pauvres (ex-colonies). Empruntant un mode opératoire de soft power désormais décodé, les instances financières européennes firent une injection d’exotisme concurrentiel dans le secteur du lait au Sénégal en finançant Bagore Bathily, un enfant du pays, pour démarrer à petite échelle la Laiterie du Berger.
Mais en vérité, parce qu’il concerne l’alimentation et relève d’une situation on ne peu plus asymétrique -par ailleurs exacerbée par la crise alimentaire mondiale-, le marché du lait en Afrique est un terrain d’affrontement propice à une guerilla du lait par la guerre de l’information. Pour cela, il suffit d’un sursaut patriotique, d’une pincée de volonté politique, d’un peu d’ingéniosité, d’un brin d’imagination, d’un soupçon d’audace… le tout dans un moule de stratégie offensive pour, au pire, crier à l’autodéfense économique et alimentaire. Voilà qui est moins facile à dire qu’à faire… Pionniers de l’intelligence économique sur le continent avec les Sud-Africains, si les acteurs sénégalais continuent de regarder au lieu d’agir pour défendre leur territoire de consommation, ils risquent d’être perçus par l’opinion publique comme des tigres en papier. Une partie du discours du président Wade à Rome sonnera faux. Les petits éleveurs, les paysans locaux et le téméraire Bagore Bathily iront à l’abattoir. Pis, dans les 10-15 ans à venir, les concurrents vendront aux populations du lait de toilette, du savon ou des glaces dont le parfum rappellera comme par hasard le lait déshydraté importé qu’elles buvaient dans leur enfance… Et la boucle sera bouclée!
Guy Gweth
Algérie: le Conseil de la Nation face aux impératifs de défense économique
In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 11 juin 2008 at 9:14
“Les travaux des 4es JEP sur la défense économique, organisés à l’initiative du Conseil de la nation sous le haut patronage du Président de la République d’Algérie, se sont achevés le 7 juin 2008 au soir sur une série de constats et de recommandations. Extraits:
“…Le docteur Walid Laggoune, professeur de droit, en abordant «les aspects juridiques de la défense économique», s’est référé à la législation en matière de défense de la sécurité nationale citant les codes d’investissements…, la détermination des secteurs stratégiques intégrant la défense économique et la notion d’intelligence économique.
“Walid Laggoune qui s’appuie sur la législation nationale en matière de développement économique et d’adaptation juridique appelle à plus d’effort normatif au regard des nouvelles vulnérabilités, pour définir les principes et tracer les contours d’une défense économique efficiente. Le juriste Ahmed Laraba, dans sa communication «Observation sur la notion de défense économique», met en parallèle le lien intrinsèque entre la défense nationale et la défense économique comme réponse appropriée aux vulnérabilités nationales, risques et menaces dans un droit de projection interne et externe et de prospective de nouveaux mécanismes de défense. Le professeur de droit considère le potentiel économique comme constituant un paramètre fondamental de toute politique de défense nationale. Les deux segments liés constituent une défense nationale conquérante.”
Lire l’article complet in Elmoudjahid.com.
Comment Total aggrave la pollution au Nigeria
In Intelligence stratégique, Intelligence verte, Sécurité, veille on 11 juin 2008 at 12:11L’article qui suit se situe dans la droite ligne de la « Stratégie de contre-pollution: ce qui attend les entreprises en Afrique centrale » édité sur ce site le 05 avril 2008.

«Parmi les multiples ravages commis en Afrique par les multinationales étrangères, le torchage du gaz au Nigeria est peut être une des plus désastreuses. Il est pratiqué dans le delta du fleuve Niger par cinq grandes compagnies occidentales privées qui contrôlent la quasi-totalité de la production d’hydrocarbures nigerianes (Exxon, Shell, Total, Chevron et Eni), en association avec la compagnie nationale Nigeriane à hauteur de 55 à 60 % pour les principaux gisements. » Cette analyse s’appuie sur les investigations de l’association française Les Amis de la Terre portant sur les activités de Total dans le pays. Lire l’article in Icicemac.com.
En rappel, «Le rapport Total, la mise en examen a été publié le 16 mai 2008 [...] Ses conclusions sont accablantes: dans les domaines du climat et des énergies renouvelables, de la préservation de l’environnement, des droits humains, de la corruption, de la transparence ou de la communication, les performances de Total sont loin des meilleures pratiques, voire extrêmement mauvaises dans certains cas. Alors que le groupe communique beaucoup dans les media pour tenter d’améliorer son image déplorable aux yeux du grand public et de la société civile, la réalité est donc toute autre : en 2008, à l’heure de l’urgence climatique, de l’épuisement des réserves de pétrole et des grands défis sociaux et environnementaux du 21ème siècle, Total reste un groupe pétrolier archaïque et opaque. » d’après Gwenael Wasse, chargé de campagne Responsabilité des entreprises chez Les Amis de la Terre.
Consulter le rapport “Total, la mise en examen”./.
Le business des failles, un marché en nette croissance chez les hackers
In Guerre de l'information, Guerre économique, Sécurité, veille on 9 juin 2008 at 5:06
Rechercher des failles de sécurité ou en faire le commerce deviendrait-il une activité de plus en plus lucrative ? Alors que le marché de la sécurité sur Internet est dans un état de petite maturation – en tendance légèrement baissière – l’arsenal de piratage s’étoffe d’armes toujours plus efficaces. Un constat amer que font les responsables de SI réunis ce mercredi pour traiter de l’économie souterraine liée aux failles de sécurité.
Pour cause, malgré une croissance forte de la demande en équipement de sécurité grâce à l’explosion de la vente des ordinateurs portables, le marché commence seulement à se stabiliser. Eric Domage, directeur études et conseil du pôle télécoms et sécurité d’IDC ne peut que constater le comportement profane des utilisateurs “Les consommateurs s’attendent à un « anti-tout » performant qui les mettra à l’abri d’attaques. Pour autant la part des dépenses liées à la sécurité informatique dans un ménage est en baisse. Il est passé cette année à 3,4 % contre 5,4%“.
Du côté des entreprises, la situation est plus paradoxale. Les professionnels interrogés sur les risques de menace considèrent à 57 % que l’attaque par virus reste la plus dangereuse et la plus probable. Pourtant, le Cercle européen de la Sécurité et des Systèmes d’informations estime que 80 % des attaques sont d’ordre interne (vol d’informations par un employé, manque de politique de confidentialité, utilisation de matériel professionnel en dehors du travail…). De quoi faire passer des nuits blanches aux DSI.
Face à la menace, les solutions de sécurité font face à des réseaux de hackers et de pirates de plus en plus organisés. Principalement basés dans certains pays de l’ex-bloc soviétique ainsi qu’en Chine, ils agissent “en bande de crime organisé” selon les mots de François Paget, Secrétaire Général du Clusif et chercheur chez McAfee : “Désormais les réseaux sont véritablement organisés“. Il existe même des packs pour pirater un site à la demande. Il ajoute, “vous pouvez vous procurer très aisément un « Full infoz » qui vous procure toutes les informations sur une personne : n° de carte bancaire, de sécurité sociale, téléphone, adresse… Cette vente d’informations génère des sommes incroyables pour les pirates“. Une économie souterraine à laquelle les forces de gendarmerie font souvent face sans pouvoir réagir efficacement. En matière de course entre le gendarme et le voleur, Joël Ferry, Colonel de Gendarmerie et Commandant de la section Recherches de Versailles estime que “les services de l’Etat ne sont pas en mesure de réagir. Le nombre des fraudes a grimpé depuis l’avènement du haut débit et la coopération avec certains pays n’est pas des meilleures…“. Un constat rude surtout que dans un tiers des cas d’attaques contre une entreprise aucune plainte n’est déposée. AO: Olivier Robillart – Silicon.fr
Crise alimentaire: le coup de gueule de Me Wade à Rome
In Débat, Gestion de crise, Géostratégie, Stratégie, Sécurité on 4 juin 2008 at 5:30“Ne venez plus nous imposer des institutions, des experts, l’Afrique d’aujourd’hui ce n’est plus celle d’il y a vingt ans… Aujourd’hui, nous avons les cadres dans tous les domaines, diplômés dans les plus grandes universités, alors qu’on arrête cette farce… » Un discours qui vous rappellera sans doute la genèse de GwethMarshall, la première Agence d’intelligence économique et stratégique en Afrique centrale.
Suisse: l’Afrique soupçonnée de piratage informatique
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Stratégie, Sécurité, veille on 22 mai 2008 at 9:31
L’information ci-dessous questionne la pertinence de la géolocalisation d’un IP (internet protocol) comme indice primordial pour déterminer l’origine d’un piratage informatique. Ces derniers mois, cet indice a poussé plusieurs gouvernements à désigner la Chine comme Etat-Pirate alors qu’un hacker A de nationalité B peut se déplacer dans un pays C et attaquer une cible dans un Etat D. Parfois sans masquer adresse «son IP». Un peu comme si un criminel expérimenté laissait volontairement ses empreintes digitales sur le lieu du crime pour pas qu’on ne puisse jamais me retrouver (!)
En Afrique où des internautes ont accès à des ordinateurs collectifs, rien n’empêche notre hacker A de nationalité B de s’en prendre à une cible D située au bout du monde. Le sujet est sensible dans certains Services où l’on craint de dévoiler des carences face à ce type de criminalité et/ou d’alimenter l’imagination déjà fertile des chapeaux noirs. D’où la tactique du bouc-émissaire. Il serait cependant facile, voire irresponsable de rejeter notre super indice en bloc, du moins en l’absence d’une enquête approfondie.
Guy Gweth
L’info: des pirates informatiques ont exploité un faux concours de photos et des sites piégés pour tenter d’espionner des employés ministériels.
Plusieurs ordinateurs utilisés par des fonctionnaires du Département fédéral des affaires étrangères et du Secrétariat d’État à l’économie Suisses ont du être remplacés à la suite d’une attaque informatique assez intéressante. La radio DRS a indiqué qu’un pirate informatique avait tenté de s’introduire dans les petits secrets du ministère en novembre dernier. Des Chinois ? Même pas, du moins c’est ce que révèle l’ip relevé par les services secrets helvétiques. La machine ayant été utilisée dans l’attaque était africaine.
Le pirate a envoyé un courrier, vantant l’existence d’un concours photographique. Mission, inciter les lecteurs à cliquer sur le lien donné. L’adresse renvoyait sur un site piégé qui avait pour mission d’installer un logiciel espion dans la machine du visiteur cliqueur. Marc Henauer, chef de la section cybercriminalité à l’Office fédéral de police (fedpol), a indiqué le «professionnalisme des agresseurs».
Sources: Zataz.com.
Guerre économique: l’Allemagne met ses entreprises en garde contre l’espionnage
In Espionnage économique, Guerre économique, Sécurité on 20 mai 2008 at 6:10
Un rapport des services de renseignements allemands met en garde les entreprises contre les espions venus de Chine et de Russie.
Les entreprises allemandes sont de plus en plus menacées par l’espionnage industriel. Dans leur rapport 2007 rendu public la semaine dernière, les services de renseignements intérieurs allemands mettent en garde les multinationales comme les petites et moyennes entreprises (PME). Pour espionner une entreprise, il suffit d’un stagiaire zélé. La Russie et la Chine sont expertes dans l’envoi de taupes «non professionnelles». «Nous remarquons l’existence d’efforts grandissants pour se procurer du savoir-faire venu d’Allemagne de façon illégale», a précisé le président des services de renseignements intérieurs, Heinz Fromm.
Deux catégories de pays s’intéressent au savoir allemand. Les États dont le développement industriel est déjà abouti sont à la recherche d’informations concernant les stratégies économiques. Les autres, plus en retard sur le plan technologique, veulent connaître les secrets des produits. Stagiaires, étudiants, scientifiques et espions classiques sont mis à contribution. Les nouvelles technologies gagnent également du terrain. «Les attaques sur Internet représentent actuellement la menace la plus dangereuse», souligne le rapport des services allemands. Selon les experts, «la plupart des agressions électroniques détectées en ce moment prennent leur source en Chine », premier partenaire de l’Allemagne en Asie.
Parmi les secteurs touchés, l’automobile figure en bonne place. Les énergies renouvelables, les technologies de la communication ou encore la chimie sont également dans le collimateur «des services secrets étrangers et aussi des entreprises concurrentes», indique le rapport des services secrets allemands. Prétextant un nombre incertain de cas, les autorités fédérales se refusent à chiffrer l’ampleur du phénomène. Les estimations des experts sont variables. Dans l’ensemble, ils évaluent les dommages subis par les entreprises du pays plus de vingt milliards d’euros par an. (é) Figaro.
L’arme fatale du spam : gloire et fortune pour les naïfs
In Guerre de l'information, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 13 mai 2008 at 12:59On le sait, les cyber-escrocs savent très bien comment exploiter les phénomènes de l’actualité (tragique ou non) pour attirer dans leurs filets les internautes naïfs. Aujourd’hui, la mode des télé-crochets donne des idées aux spammeurs qui ont décidé d’exploiter à fond ce filon.

L’éditeur Symantec a ainsi repéré une campagne de spam faisant miroiter des castings pour des films (“Vous décidez de travailler quand vous le voulez”, peut-on lire dans le mail, voir illustration) en échange bien sûr des mails des internautes.On note toutefois que le taux global de spam est repassé sous la barre des 80% du nombre total de mails, soit un recul de 8% par rapport au mois précédent.
L’éditeur a également repéré de nouveaux types de phishing à partir de Google AdWords. Les cyberescrocs encouragent les utilisateurs à cliquer sur un lien pour mettre à jour leurs informations de facturation et/ou à actualiser leur compte en les dirigeants sur des sites frauduleux. Le lien qui apparaît dans le corps du message semble légitime, mais il redirige l’utilisateur vers un site compromis hébergé dans un certain nombre de pays, dont la Roumanie, le Brésil et le Canada.
Rik Ferguson, architecte des solutions chez Trend Micro, explique qu’ “à de nombreux égards, Google est victime de son propre succès. A mesure que la société a vu sa part de marché augmenter avec la diversité de produits et services qu’elle propose, elle est devenue une cible de plus en plus intéressante pour les cybercriminels. La motivation des pirates a évolué : de la simple fierté d’être un ‘l33t h4×0r’, le pirate d’aujourd’hui a pour seule ambition de générer des profits, ce qui signifie que la menace face à n’importe quelle plate-forme populaire est bien réelle.” Sources : Olivier Chicheportiche/ Silicone
Agences d’IE : Paris veut faire le ménage
In Communication d'influence, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 13 mai 2008 at 12:54

Au ministère de l’Intérieur, le message est clair : «T out ce qui ressemble de près ou de loin à une officine ou à de la “ barbouzerie ” va être combattu avec la plus grande fermeté», prévient-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Dans la plus grande discrétion, la Place Beauvau planche sur une opération «mains propres». Une très officielle procédure d’agrément délivré par l’État serait imposée aux sociétés, mais aussi à la nuée de «consultants» gravitant autour d’elles. Cette licence individuelle pourrait être délivrée au terme d’une enquête associant la future direction centrale du renseignement intérieur, englobant l’actuelle DST, et les Renseignements généraux… Lire l’article de Christophe Cornevin et Mathieu Delahousse in le Figaro.fr
La France a son service de contre-espionnage économique
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Non classé, Stratégie, Sécurité, veille on 5 mai 2008 at 5:28L’organigramme de la DCRI a été diffusé fin avril aux responsables de cette nouvelle direction du ministère de l’Intérieur, qui fusionne les RG et la DST. Principale nouveauté, la création d’un service de contre-espionnage économique.

Tous les chefs de service des Renseignements généraux et de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont reçu, fin avril 2008, un document barré du tampon secret-défense et soigneusement numéroté, pour éviter toute fuite malveillante. Ce document présente le nouvel organigramme de la future Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui, le 1er juillet 2008, fusionnera la DST et les Renseignements généraux (RG), au sein du ministère de l’Intérieur.
Selon des informations recueillies par latribune.fr, la principale nouveauté concerne l’un des sept grands services, la puissante sous-direction chargée de la protection des entreprises, avec la création en son sein d’un service de “contre-ingérence”, en clair de contre-espionnage, chargé de lutter contre l’espionnage industriel. Curieusement, cette sous-direction, qui existait déjà à la DST, ne disposait pas d’agents spécifiquement dévolus à la lutte contre l’espionnage industriel. Elle regroupait, notamment, un service de relation avec les entreprises, chargé de les informer sur les éventuelles menaces qui les guettent, avec une vingtaine de fonctionnaires suivant chacun un secteur spécifique. Un autre service était chargé de suivre les officines d’intelligence économique. Or, plusieurs affaires, certaines très médiatisées, comme celle de la stagiaire chinoise employée par le groupe Valéo, et d’autres tenues secrètes montrent, s’il en est besoin, que les nouvelles menaces se trouvent, après le terrorisme, sur le terrain économique.
Avec ce nouveau service, la sous-direction protégeant les entreprises, dirigée par le contrôleur général Gilles Gray, va donc, dès le 1er juillet, pouvoir réellement traquer les espions industriels pillant les technologies les plus sensibles. Ses agents, des spécialistes rompus aux techniques de contre-espionnage, ont été soigneusement formés aux spécificités de l’action dans l’univers économique et financier, bien différente du contre-espionnage traditionnel (…) Source: La Tribune
La flamme olympique menace de brûler les intérêts français en Chine
In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 17 avril 2008 at 5:14L’article de Miryam Berber ci-après vient étayer l’analyse que nous faisions le 8 avril 2008 in « JO 2008 : la confrontation entre la Chine et l’Occident s’enflamme à Paris ». Nous vous confiions à l’occasion que les Chinois accusaient le coup des déboires subits par la précieuse flamme olympique à Paris, mais qu’ils avaient de la mémoire.

Les faits que relate Miryam corroborent –en était-il besoin ?- la rupture des frontalières qui pouvaient jadis exister entre le jeu politique inter-étatique, la marge de manœuvre des opérateurs économiques et les activités de la société civile (pour nous en tenir au cas qui nous intéresse). La propagation contagieuse de phénomènes éthiques, sociaux, diplomatiques, religieux, environnementaux et scientifiques… au champ économique via les autoroutes de l’information tend à en systématiser l’effet domino. L’âpreté de la concurrence internationale s’y prête. Au sommet des Etats, cette complexité managériale inhérente au changement actuel de paradigmes nécessite une expertise transversale qui fait encore défaut aux personnels politiques.
Après le boycott en janvier-février 2006 des produits danois (de chez Arla Food notamment, qui perdit jusqu’à 1,34 million d’euros par jour durant la crise) dans les pays arabo-musulmans suite à la publication des caricatures de Mahomet, les menaces qui pèsent sur les intérêts français en Chine confirment notre thèse sur l’urgence de l’Etat moderne à définir une stratégie de communication globale. Elle seule peut intégrer la pluralité des sensibilités, des minima émotionnels, tout en privilégiant la « sécurité économique», pour paraphraser nos amis japonais. Mon rêve et mon espoir sont que l’ensemble des États de la zone CEMAC s’en inspire, au plus tôt ! Guy Gweth
L’article de Miryam Berber:
[En réponse aux manifestations lors du passage de la flamme olympique à Paris, les internautes chinois appellent à boycotter les grandes marques françaises. Le distributeur Carrefour, mais également le groupe de luxe LVMH, sont actuellement la cible d’une campagne sur la toile chinoise. Les deux groupes sont accusés de soutenir le Tibet financièrement. Pour l’heure, le gouvernement chinois s’est abstenu de toute condamnation.
Fiasco du parcours de la flamme à Paris, éventuelle absence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des JO, mobilisation des athlètes français en faveur du Tibet… toutes ces actions pourraient jouer en défaveur des intérêts français en Chine. Première entreprise visée : le géant de la distribution Carrefour, présent en Chine depuis plus de 10 ans, avec 122 hypermarchés et 280 magasins de hard-discount. Depuis deux semaines, des militants anonymes appellent au boycott de la chaîne de supermarchés, qu’ils accusent de soutenir les milieux favorables à l’indépendance du Tibet.
Forums de discussions, chats en direct, sites internet, blogs, boîtes mail ou bien encore SMS… tous les moyens sont bons pour appeler les Chinois à ne plus faire leurs courses dans les enseignes Carrefour, à partir du 1er mai. Un autre boycott est proposé à partir du 8 mai, soit trois mois avant l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin le 8 août prochain. « Le peuple français et le gouvernement français ont méprisé le sérieux de la flamme olympique et les sentiments du peuple chinois, la Chine ne peut pas être insultée », peut-on lire sur plusieurs sites web […]
Les tensions actuelles entre la France et la Chine en raison du Tibet et des JO commencent à inquiéter les entrepreneurs français à Pékin, même s’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de ce mouvement de contestation. Certains attendent un geste des autorités chinoises. Pour l’heure, le gouvernement chinois s’est, pour sa part, abstenu de condamner ces appels au boycott. « Je crois que certains citoyens chinois ont exprimé récemment leurs opinions et leurs émotions personnelles. Nous espérons que la partie française est en mesure d’écouter les voix du peuple chinois en ce qui concerne les problèmes récents et d’adopter une position objective » a estimé, mardi, Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Avant d’ajouter que « l’amitié franco-chinoise nécessitait des efforts des deux parties ». ]
Mains invisibles: Tibet, le « Grand Jeu » et la CIA
In Guerre économique, Stratégie, Sécurité on 13 avril 2008 at 11:29Etant donné le contexte historique de l’agitation au Tibet, il existe une raison de croire que Beijing a été pris par surprise lors des manifestations récentes pour la simple raison que leur planification a eu lieu en dehors du Tibet et que la direction des manifestants est aussi entre les mains d’organisateurs anti-chinois, qui se trouvent en sécurité et hors de portée, au Népal et en Inde du Nord.
Par Richard M Bennett / Sources : Centre de Recherches sur la Mondialisation

De même, le financement et le contrôle général de l’agitation sont liés au dirigeant spirituel tibétain, le Dalaï Lama, et par voie de conséquence à la CIA, à cause de la coopération rapprochée du Dalaï Lama avec le renseignement US depuis plus de 50 ans.
Effectivement, compte tenu de l’implication profonde de la CIA avec le Mouvement Free Tibet (Mouvement Liberer le Tibet) et son financement de Radio Free Asia suspicieusement bien informée, il semble peu probable que toute révolte puisse avoir été planifiée ou puisse avoir eu lieu sans que le National Clandestine Service ( Service National Clandestin auparavant connu sous le nom de Directorate of Operations – Directoire des Opérations), qui se trouve aux quartiers généraux de la CIA à Langley, n’en ait eu au préalable connaissance.
L’ex-haut responsable des services secrets indou et journaliste respecté, B Raman, a fait le 21 mars le commentaire suivant : « sur la base de preuves disponibles, c’est raisonnablement possible d’affirmer avec conviction que le soulèvement initial à Lhasa le 14 mars a été pré-planifié et bien orchestré. »
Géolocalisation : les réfugiés sous l’oeil de Google Earth
In Sécurité, veille on 9 avril 2008 at 8:23D’après le portail spécialisé silicon.fr, le service de géolocalisation du géant américain, Google Earth vient d’intégrer une nouvelle fonctionnalité : le suivi des déplacements de réfugiés…

Les campements de réfugiés ont par définition une visibilité limitée dans la mesure où ils disparaissent aussi rapidement qu’ils naissent. Il est donc très difficile pour les agences internationales et les médias de localiser ces camps et de relayer des informations sur la situation de ces réfugiés.
Le bureau HCR des Nations Unies souhaite montrer la détresse de ces réfugiés et le travail important qu’il fournit à ses populations en détresse. C’est à sa demande que ce système a été développé afin de permettre aux internautes de constater par eux-mêmes l’ampleur de son action. Cette fonctionnalité a donc été réalisée en partenariat et elle est disponible sur les solutions Earth et Maps. Pour l’instant, le HCR a autorisé Google à se pencher sur les zones frontalières du Darfour et du Tchad, de l’Irak et de la Colombie. D’autres camps plus spécifiques sont également visibles en ligne.
L’accès à Google Earth pourrait également être utile aux équipes des Nations unies présentes sur place. En effet, ces dernières se trouvent souvent dans des zones isolées. Françoise Jaccoud, membre de l’UNHCR, résume très bien l’intérêt de cette visibilité supplémentaire. “L’impact de Google Earth est limité par notre imagination, pourtant cela peut réduire considérablement la distance entre les réfugiées et les autres habitants de planète.”
Intelligence économique et protection de l’info stratégique
In Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 8 avril 2008 at 6:56
L’information est devenue stratégique pour devancer la concurrence ou décrocher de nouveaux marchés. Gérer et protéger cette information constitue un nouvel enjeu : c’est l’intelligence économique (IE). Entre espionnage industriel et OPA hostile, nos entreprises sont-elles vulnérables? Que doivent-elles protéger et comment s’y prendre?
Les exemples de la stagiaire chinoise soupçonnée d’espionnage industriel chez Valeo ou du vol d’un pneu Michelin sur un rallye au Japon ont mis en lumière la notion d’intelligence économique en France. Une découverte pour le grand public mais aussi pour nombre d’entrepreneurs français totalement étrangers à cette notion stratégique. L’intelligence économique (IE), kezako ? Les définitions diffèrent mais on peut comprendre cette problématique comme la maîtrise et la protection de l’information stratégique utile aux décideurs économiques. Seulement voilà, en même temps qu’ils permettaient de découvrir ce nouvel enjeu économique, ces exemples les plus connus de l’IE ont desservi sa vulgarisation dans les PME.
« Les barbouzeries c’est fini »
« Beaucoup confondent encore l’IE et l’espionnage. Les affaires médiatisées ont entretenu le fantasme de l’espion et des écoutes téléphoniques dans le monde économique. Aujourd’hui, les chefs d’entreprise doivent savoir que l’époque des barbouzeries est terminée. Il y a une nouvelle génération d’experts qui n’est plus issue des services de renseignements mais qui est formée à l’IE », indique Hervé Chevallier, responsable de Covigilance, cabinet de conseil en ingénierie de veille. L’intelligence économique n’est donc pas réservée aux seules multinationales mais les PME, tous secteurs confondus, doivent l’intégrer à leur réflexion pour protéger leur patrimoine. En 2006, une étude des Renseignements généraux révèle que 75 % des entreprises françaises visées par une attaque extérieure comptent moins de 500 salariés. Les différents acteurs de l’IE sont catégoriques : au sein des entreprises, la faille est d’abord humaine. Pour Gilles V (*), officier des RG, « les chefs d’entreprise français sont naïfs. Dans les entreprises, la menace, ce n’est pas l’espion mais la négligence : ne pas fermer ses bureaux ou ne pas détruire les documents confidentiels. On se rend compte qu’il est souvent plus facile d’obtenir le mot de passe d’un ordinateur que la carte d’accès à la cantine de l’entreprise ! C’est inquiétant, car certaines PME se font véritablement dépouiller ». Un alarmisme partagé par Bernard Lage, gérant de Geos Business Intelligence, filiale IE du Groupe Geos, pour qui « certains pays sont à l’affût de nos technologies. Et si les entreprises françaises ne se protègent pas, elles risquent de perdre leur rang ». Le signal d’alarme est donc tiré depuis quelques années. Pragmatisme et bon sens seront le plus souvent vos deux principaux alliés pour prévenir une menace qui est de moins en moins hypothétique.
(*) Le prénom a été modifié pour préserver son anonymat.
Des “James Bond” d’un nouveau genre
L’intelligence économique (IE) a emprunté son nom et certaines de ses méthodes à l’espionnage à la James Bond. Enseignée dans les universités en Europe, aux États-Unis et depuis peu en France, elle s’en est éloignée à grands pas ces dernières années et a acquis ses lettres de noblesse dans les entreprises.
« Cellules de veille »
Ces « James Bond » sont désormais des ingénieurs ou des commerciaux chargés de la collecte et de l’exploitation d’informations publiques glanées dans les publications scientifiques, les revues spécialisées, les rapports annuels, etc. Même si certaines entreprises, américaines notamment, continuent à accorder primes et promotions à des chasseurs d’informations. La mission de ces cadres, constitués en « cellules de veille » stratégiques pour suivre au plus près leurs concurrents, s’étend aussi au traitement, à la diffusion et la protection des informations utiles à leur entreprise, lui permettant de rattraper ou de creuser un avantage concurrentiel et d’assurer ainsi sa survie dans un univers concurrentiel impitoyable.
Les PME pénalisées
Les petites et moyennes entreprises sont les plus pénalisées dans cette course effrénée à l’information, nerf de la guerre économique. Certaines sont pillées à leur insu, le dépôt d’un brevet n’étant plus une garantie tous risques contre la contrefaçon dans un système mondialisé. La plupart découvrent à peine la nouvelle culture de l’intelligence économique, qui passe aussi par la maîtrise des autoroutes de l’information et en particulier d’Internet.
Entre vrais experts et faux spécialistes
Le domaine de l’intelligence économique est relativement neuf en France mais beaucoup cherchent à en tirer profit. C’est le cas de personnes issues des milieux de la sécurité (détectives privés, agents de sécurité, militaires, etc.) qui s’improvisent experts en IE et discréditent les vrais professionnels. « Le problème, c’est qu’il n’y pas encore d’ordre professionnel dans ce domaine et n’importe qui peut monter son cabinet », précise Gille V, officier des RG. La Fépie (Fédération des professionnels de l’IE) tente pourtant de définir les règles de fonctionnement de la profession. L’IE nécessite une vraie expertise, des moyens humains, technologiques, relationnels et financiers importants dont ne disposent pas ces prétendus experts. Certains se présentent comme des professionnels de l’espionnage pouvant mettre sous écoute untel ou untel, faire chanter tel concurrent… Fuyez ces apprentis James Bond et demandez conseils auprès des services publics ou consulaires.
Quel coût pour une entreprise ?
En matière d’intelligence économique (IE), une phrase de John Fitzgerald Kennedy reste d’actualité. « L’information coûte cher mais rien ne coûte plus cher que l’ignorance ». Pour autant, difficile d’évaluer selon la taille de l’entreprise et son secteur d’activité le coût de prestations en intelligence économique. Pascal Frion, dirigeant du prestataire en IE Acrie, indique sobrement que cet « investissement peut être comparé au coût d’une assurance pour couvrir un risque ». Plutôt que de s’équiper en outil informatique dès la première année, il conseille plutôt aux petites entreprises des dépenses de salaires et de frais de fonctionnement avec un tiers-temps ou un mi-temps consacré à l’IE. Les prestations externes peuvent se faire au forfait ou par abonnement calculé sur le résultat. Hervé Chevalier indique que « le diagnostic IE d’une belle PME coûtera entre 5.000 et 10.000 €, quand une demi-journée de sensibilisation du personnel sera facturée 500 € ». Si le coût de l’IE défensive est variable selon les spécificités de l’entreprise, le retour sur investissement est lui aussi difficilement estimable car l’IE ne génère pas généralement de gains directs (…)
Le B.A.-BA contre les fuites
La majorité de l’information s’obtient sans difficulté et en toute légalité. Mais une information sur trois émane de recherches très pointues, voire illégales. On estime ainsi que :
- 70 % de l’information est blanche. Elle s’obtient facilement sur Internet, dans les documentations, les salons professionnels, les articles de presse, etc.
- 25 % de l’information est grise. Elle s’obtient dans le cadre d’une veille technologique ou en matière d’intelligence économique (benchmarking, fausse identité…)
- 5 % de l’information est noire. Elle s’obtient de manière illégale par la filature, l’écoute téléphonique, l’intrusion dans les ordinateurs, la manipulation des individus, la corruption, etc…
Avant de mettre en place des portiques de sécurité ou de s’équiper en logiciel spécialisé, l’intelligence économique passe d’abord par du bon sens. Voici trois clefs.
La discrétion
La chose est connue et pourtant les trains et les avions demeurent encore des espaces où l’information économique circule trop librement. Les cadres dirigeants s’y laissent aller, selon Bernard Lage de Géos. « Certains cadres dévoilent le nom de leurs clients ou de leurs fournisseurs. D’autres font des confidences à leur voisin sans savoir qu’il travaille pour la concurrence. Le pire, c’est lorsqu’il y a un colloque qui réunit tous les acteurs d’une filière dans une ville. Il suffit alors de prendre le bon TGV et d’écouter les discussions ». Les langues se délient également trop facilement sur les salons professionnels ou au téléphone.
Sécurisez vos locaux
Une entreprise ne doit pas être ouverte à tous les vents. « Un livreur ne doit pas pouvoir s’introduire comme ça dans une entreprise », indique Pascal Frion, d’Acrie. Les entreprises doivent mettre en place une procédure pour éviter les fuites. Cela passe la plupart du temps par des règles élémentaires comme le fait d’effacer le tableau de la salle de réunion une fois celle-ci terminée. La gestion des badges ou des digicodes dans une entreprise pose également régulièrement question. Certains salariés laissent entrer un inconnu qui, pensent-ils, travaille dans un autre service. Lors d’un entretien, fermez les dossiers qui peuvent traîner sur vos bureaux. Balisez le circuit de visite de votre entreprise car trop souvent un visiteur peut photographier de manière illicite une maquette ou une machine avec son téléphone portable. Mettez sous coffre les documents les plus importants (brevet, fichier client, etc.) et broyez ceux que vous jetez.
Verrouillez vos systèmes d’information
L’informatique peut constituer le cheval de Troie de vos entreprises. Vous travaillez par exemple sur votre ordinateur portable dans le train via le wi-fi, sachez que ce que vous faites peut être récupéré par un tiers. Fred Rivard, ex-programmateur chez IBM et fondateur de la société nantaise IST, est très sensibilisé à ces questions d’IE. « On a un réseau public et un privé non connecté à internet. Des mots de passe bien sûr et les infos sont encodées ou cryptées. J’utilise le watermaking (technique qui consiste à insérer une signature invisible à l’intérieur des images numériques transitant par réseaux pour lutter contre la fraude) pour l’échange de certaines infos ». Parmi une liste non exhaustive de précautions, sachez que les données confidentielles doivent uniquement être traitées sur des postes de travail non connectés en réseau, les dossiers doivent avoir des mots de passe différents et renouvelés régulièrement, vos ordinateurs doivent disposer de logiciels de détection d’erreurs ou d’intrusion. Installez des logiciels de sécurité (antivirus, anti-spyware, anti-spam, etc.) et modifiez les configurations et mots de passe du constructeur installés par défaut. N’autorisez pas n’importe quel téléchargement sur votre réseau et bannissez-y les messageries du type MSN, qui peuvent constituer une brèche.
Simon Janvier
Stratégie de contre-pollution: ce qui attend les entreprises en Afrique centrale
In Intelligence verte, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 5 avril 2008 at 7:59
Abidjan, 20 août 2006, il est 06 :20. Aminata, 28 ans s’est levée plus tôt que d’habitude à la suite d’un cauchemar.
En pleine forme, la jeune infirmière profite de son temps d’avance pour apprêter le petit déjeuner de ses 2 fillettes : Léa, 3 ans et Philippa, 5 ans. A 6 :35, Claude son époux se lève à son tour et la surprend alors assise à même le sol, la tête en arrière contre la porte de la cuisine, un mouchoir vert sur le nez. L’expert comptable de 34 ans ne tarde pas à comprendre ce qui arrive à sa bien-aimée. C’est alors qu’il décide d’ouvrir toutes les issues de l’appartement pour laisser entrer l’air frais. Lorsque le réveil sonne à 6 :45, les fillettes se lèvent, le pouce et l’indexe en triangle sur les narines. « Maman, maman, c’est quoi cette odeur d’œufs pourris ? », s’écrie Léa… qui ignore à cet instant précis que sa mère ne lui répondra plus jamais.
La veille, dans la nuit du 19 au 20 août 2006, le Probo Koala, un navire russe affrété par la néerlandaise Trafigura et battant pavillon panaméen, parti d’Espagne depuis plusieurs mois, accoste à Abidjan, principal port d’Afrique de l’ouest pour une vidange. Avec la complicité de quelques personnalités locales et la dextérité de Weibs et Puma Energie, le navire européen déverse d’après Greenpeace, 400 tonnes de boues issues du raffinage pétrolier, riches en matière organique et en éléments soufrés très toxiques (hydrogène sulfuré, H2S et mercaptans) sur 11 sites d’Abidjan, en totale violation des normes internationales en vigueur. Selon nos sources, les séquelles de cette catastrophe innommable – qui a fait une quinzaine de morts et provoqué plus de 17000 consultations médicales- traverseront la génération abidjanaise actuelle.
Dans la zone CEMAC, les analystes qui suivent cette actualité de près en ont tiré cinq leçons majeures:
1. L’Afrique continue d’être perçue comme une zone de non-droit absolu où les nations « civilisées » peuvent espérer agir en violation des normes internationales. («L’Europe intoxique l’Afrique». Tel est le slogan qui a été peint par les militants de Greenpeace en grandes lettres jaunes sur la coque du Probo Koala).
2. Les entreprises étrangères peuvent donc s’affranchir des lois et règlements en vigueur dans leur propre pays et aller semer la mort et la désolation, ailleurs, là-bas, dans les lointaines Afriques…
3. Certains décideurs africains -incompétence et/ou cupidité- intègrent mal la brutalité des relations commerciales internationales et ne saisissent pas encore totalement les nouveaux enjeux liés à la protection de l’environnement.
4. La veille et la communication stratégique de la société civile locale et internationale ont été exemplaires et donc pleins d’enseignements.
5. Excellent levier d’information à bas coûts, internet a constitué une admirable caisse de résonance pour cette opération d’envergure mondiale.
Le décryptage de ces 5 facteurs lourds a contribué à construire un dispositif d’intelligence verte dont l’objectif stratégique est d’amener les entreprises opérant en Afrique centrale à n’avoir d’autres alternatives qu’un comportement social responsable. Ainsi par exemple, l’attitude des entreprises étrangères en matière d’environnement dans la CEMAC sera systématiquement comparée à celles en cours dans leur pays d’origine. “Ecologie en deçà des Pyrénées, écologie au delà!”. Le schéma simplifié qui suit montre la quintuple ossature de cette stratégie de contre-pollution, purement citoyenne.
Guy Gweth,
En hommage à Aminata, son époux Claude et leurs deux filles, Léa et Philippa.

*En sus de normes locales en étude, la conformité aux instruments ci-après sera strictement surveillée :
1. Les référentiels d’engagement à l’instar du Global Compact, les principes directeurs de l’OCDE, les référentiels internationaux sectoriels (type : PRI et Principes Equateur) ;
2. Les référentiels de normes et de certification à l’instar de:
- ISO (séries ISO 9000 et ISO 14000) liées à la qualité d’un processus et à la gestion environnementale d’un site;
- EMAS (Eco-Management and Audit Scheme);
- Les certifications “développement durable” sur le modèle de l’Ecopass pour les PME;
- Les initiatives de labellisation de la société civile dont la forte notoriété, on l’ a vu, contribuera à faire des référentiels incontournables dans leurs domaines respectifs;
3. Les référentiels mis en place par les agences africaines de notation.
Pour une stratégie globale de sécurité économique en Afrique centrale
In Guerre économique, Intelligence économique, Interview, Stratégie, Sécurité on 25 mars 2008 at 6:38
Patrice Passy est ingénieur d’affaires et directeur général de MIQ Conseil, un cabinet spécialisé en intelligence économique (IE), management de projets et ingénierie d’affaires. Depuis l’Hexagone, il compte parmi les membres les plus actifs de la communauté africaine de l’IE. C’est en exclusivité qu’il répond ici à nos questions.
Guy Gweth: à quoi faites-vous référence lorsque vous parlez de guerre économique en Afrique centrale ?
Patrice Passy: je fais référence à « l’espace convoité », à la montée en puissance du « rôle de pivot stratégique » du monde non occidental que devient l’Afrique centrale en particulier, et, plus généralement le Golfe de Guinée. Je m’explique, l’Afrique Centrale, depuis le 11 septembre, fait l’objet, non seulement, d’une réévaluation géostratégique par les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, Inde, Brésil, Royaume-Uni, France…) et aussi, d’un reclassement géoéconomique, par les « majors » pétroliers. Elle n’est plus uniquement une zone de confort stratégique française. Elle remplit désormais, les critères permettant d’intégrer les « espaces convoités », les « zones utiles », de la compétition géopolitique mondiale. A cela s’ajoute le terrorisme mondial, la cherté du prix du baril de pétrole qui fait de cette zone, partie intégrante du Golfe de Guinée, une région hautement stratégique […] Les réserves confirmées de pétrole, le long des 3.700 kilomètres de la ligne côtière du golfe de Guinée, s’élèveraient à 15 milliards de barils. Selon le Centre d’études stratégiques américain à l’heure actuelle, les pays du golfe de Guinée produisent ensemble 4 500 000 barils de brut par jour. D’après ses prévisions dans 5 ans, ces pays s’attribueront 20% du marché mondial du pétrole. La raison pour laquelle je parle de guerre économique concernant cette partie du monde est que le Golfe de Guinée, et notamment sa composante Afrique Centrale, bénéficie d’une position géostratégique qui le met en contact avec toutes les autres sous-régions. Il est donc incontournable pour toute question qui a trait à l’Afrique. Les États occidentaux (France, Grande Bretagne, Belgique, Espagne), orientaux (Chine, Japon, Inde, Israël), du Sud (Brésil) et d’Afrique (Afrique du Sud, Nigeria, Libye, Maroc) ; sans oublier leurs acteurs privés de toutes natures : multinationales, institutions internationales, idéologues, prédateurs, affairistes ont tous compris : celui qui tient le Golfe de Guinée tient l’Afrique. Nous assistons ainsi, en Afrique centrale, à des conflits entre intérêts stratégiques rivaux, concurrents, complémentaires dans le jeu des échanges internationaux.
Le climat actuel des affaires en Afrique centrale est-il propice aux investisseurs étrangers?
L’IED (Investissement Etranger Direct) occupe une place de plus en plus importante dans les stratégies de développement économique en tant que moyen essentiel pour financer le développement sans aggraver l’endettement. La volonté d’attirer l’IED en Afrique a donné lieu à des réformes économiques dans la plupart des pays de la zone franc. Réforme fiscale, juridique, financière et structurelle dans certains cas. Reste à savoir si ces réformes ont stimulé les flux d’IED vers l’Afrique et, si ces derniers favorisent l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté.
Que peut rapporter concrètement l’intelligence économique et stratégique aux économies d’Afrique subsaharienne?
Nous, les acteurs et professionnels de l’intelligence économique, avons la lourde mission grâce à une forte sensibilisation, d’informer les décideurs politiques de la nécessité d’une mutation stratégique des États de l’Afrique centrale face à la globalisation. La nécessaire sécurité économique qu’imposent les enjeux émergents dans le Golfe de Guinée va donc impliquer notre savoir-faire pour susciter une impulsion forte des politiques afin de promouvoir la création de structure permettant la mutualisation des ressources publiques et privées des pays africains pour y faire face […]
L’approche fonctionnelle qui fait considérer l’information comme un bien stratégique, d’où la nécessité de préserver en toutes circonstances l’accès du pays aux sources d’informations indispensables, a été la plus adoptée par rapport à la configuration de ces États et de ses économies. A nous, non pas de critiquer comme nous aimons le faire si facilement, mais de proposer aux décideurs dans une logique d’offres, une architecture adaptée, visant la promotion d’une stratégie globale de sécurité économique aux pays d’Afrique Centrale.
Il est urgent aujourd’hui de donner aux organisations publiques et privées, un corpus juridique, une analyse adaptée des enjeux du moment et des textes dont l’importance n’est plus à discuter. A ce jour l’absence de législation sur la sécurité économique ainsi que l’inexistence d’une stratégie politique nationale de sécurité économique est l’éloquent corolaire d’un défaut de culture stratégique dans ces États./.
Depuis 2008, les meilleurs experts africains de l’intelligence concurrentielle s’expriment prioritairement sur ce site de référence.
Alerte 419: le « scam nigérian » détourne le calendrier en ligne de Google !
In Sécurité, veille on 19 mars 2008 at 7:13“Vous avez gagné un million de dollars. Pour réclamer cette somme, merci de cliquer sur ce lien…”

Les ’scammeurs’, ou spécialistes du “scam nigérian” utilisent les noms de personnalités du monde des affaires pour envoyer leur “appâts” sous la forme d’invitation à une réunion dans les calendriers Google.
Apparemment, les e-mails sont personnalisés, avec l’envoi d’un lien différent à chaque destinataire, ce qui complique nettement le filtrage par URL.
Rappelons que les pirates qui utilisent le scam ou Fraude 419, comme hameçon procèdent toujours de la même façon. Généralement, ils commencent par envoyer un pourriel à l’orthographe très approximative, dans lequel une personne explique qu’elle possède une importante somme d’argent et que, ne pouvant pas utiliser cet argent dans son pays, elle a besoin d’utiliser un compte à l’étranger pour transférer rapidement cet argent.
“C’est une nouvelle forme d’utilisation de l’ingénierie sociale, le fait que ces scams aient été envoyés d’emblée en masse est assez surprenant – habituellement, nous assistons à une phase de test pour évaluer le taux de réponse et certaines techniques ne vont pas plus loin que cette phase. Cette technique est donc différente” analyse Bogdan Dumitru, responsable technique de BitDefender.
Le “scam nigérian” annonce à la cible (la victime potentielle) qu’elle a hérité ou qu’une source inconnue d’origine douteuse lui doit une importante somme d’argent et demande ensuite à la victime potentielle de payer pour assurer ” l’organisation de la livraison” de cette importante somme d’argent. La consigne a été donnée aux équipes du support Google de bloquer les comptes utilisés.
Cette nouvelle vague de spam a été détectée tôt lundi 17 mars 2008 au matin par les analystes antispam des laboratoires BitDefender et a déjà été ajoutée à la base de signatures de l’antispam. Sources : Silicon
Géostratégie: vers plus de guerre pour moins de pétrole
In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 16 mars 2008 at 8:52Depuis la nuit des temps, les hommes font la guerre pour voler à leurs voisins les richesses dont ils disposent. Pourquoi aujourd’hui, alors que le pétrole et l’eau s’épuisent au même rythme que la banquise fond, l’homme changerait-il ?
Le pic de production ? C’est déjà maintenant…
Alors que mille explications conjoncturelles fantaisistes sont apportées pour justifier la hausse du prix du pétrole, l’explication structurelle la plus crédible est écartée : l’épuisement des ressources pétrolières.
Le champ pétrolier de Ghawar en Arabie saoudite, le plus gros gisement de pétrole au monde sur lequel repose tous les espoirs de croissance de la production mondiale de pétrole, semble ne plus vouloir répondre au caprice de la demande exponentielle depuis 2006. De même, le plus gros champ pétrolier du Mexique, Cantarell, a connu une baisse de production brutale depuis 2004. Le deuxième champ pétrolier au monde, le champ de Burgan au Koweït aurait lui aussi atteint son pic de production depuis peu. La production pétrolière de la mer du Nord baisse déjà depuis 1999.
La liste des pays qui ont atteint leur pic de production pétrolier est de plus en plus longue et laisse de moins en moins de place au doute.
Duel discret, en l’absence totale de règles
En apparence, personne ne s’inquiète du pic de production du pétrole. Pas de panique, pas de stock pétrolier faramineux, pas de rush pétrolier, mais derrière cette hausse du prix du litre d’essence, une guerre discrète et néanmoins violente a lieu pour les derniers barils de pétrole disponibles.
D’un point de vue politique, deux champions s’opposent :
- Le champion d’hier : les USA qui, depuis deux siècles, ont toujours su prendre les virages stratégiques importants.
- Le champion de demain : la Chine, qui au-delà de son milliard trois cent millions d’habitants, est surtout capable de construire une politique à très long terme. Et ça peu de pays sont aujourd’hui capables de le faire.
Il y a deux challengers : l’Inde qui a une nécessité vitale d’énergie pour sa croissance et la Russie que l’on oublie un peu vite mais qui bâtit pourtant son retour autour de l’énergie.
Ne vous y trompez pas car même si leur guerre est discrète, elle n’en est pas moins brutale, et leur seule règle demeure l’absence totale de règles.
La malédiction des derniers barils
Les compagnies pétrolières sont en première ligne dans cette guerre pour de nouvelles ressources. Elles ne sont pas toujours conscientes des enjeux globaux, mais bien au fait cependant de la difficulté de trouver de nouvelles ressources. Ainsi, elles forent massivement les derniers champs pétroliers accessibles.
Accessibles techniquement : les nouvelles ressources sont de plus en plus complexes à exploiter et donc de plus en plus chères. Il est facile à concevoir qu’un baril, que l’on va chercher à 2 kilomètres sous la mer ou 6 kilomètres (offshore ultra-profond) sous la terre, va coûter plus cher qu’un baril extrait sur terre après un simple forage. L’investissement change d’échelle, on passe des millions aux milliards de dollars.
Accessibles politiquement: le problème pour une partie des compagnies pétrolières est d’avoir le soutien politique nécessaire pour s’aventurer sur les derniers territoires où des ressources sont encore disponibles. C’est le cas des pays aux climats géostratégiques à haute tension dans lequel même une multinationale peut perdre jusqu’à son dernier “bouton de culotte” tellement la tectonique des plaques entre ces géants est puissante. Ces derniers barils de pétrole ont toutes les chances d’être une malédiction pour les pays qui possèdent ces dernières réserves mondiales.

Les conflits régionaux vont se multiplier
Depuis la nuit des temps, la première raison pour faire la guerre à son voisin reste la convoitise : hier convoitise de l’or ou de la nourriture, aujourd’hui convoitise du pétrole. Le lien entre guerre et ressources n’est pas nouveau mais risque d’être, encore un peu plus qu’hier, à l’origine de nombreuses guerres pour contrôler les derniers champs pétroliers et les axes stratégiques nécessaires à leur transport. Pas de grande guerre comme la guerre froide l’a imaginé, mais des petits conflits régionaux toujours plus nombreux, affaiblissants encore un peu plus de nombreux états déjà en situation critique. Ceci va considérablement augmenter le chaos alors que le problème de la production d’énergie s’ajoute à d’autres problèmes majeurs comme celui de l’eau, de la pollution sur fond de croissance de la population mondiale.
Nous sommes à un virage crucial
Je suis tous les jours étonné par la quasi naïveté de la vision à long terme de nombreux industriels et gestionnaires. L’analogie qui me semble la plus appropriée est celle de l’apparition du chemin de fer ou de l’automobile et de ceux alors qui continuaient à croire à l’avenir de la traction animale.
Aujourd’hui le virage est aussi important. Le pétrole est encore présent, mais la production va se tarir petit à petit, les guerres vont se multiplier dans les pays producteurs et les nouvelles ressources pétrolières seront de plus en plus chères à extraire. Ainsi, le monde de l’énergie va être considérablement modifié et le monde économique subira un impact énorme.
L’avenir appartient aux visionnaires
Les six dernières années étaient celles des précurseurs, les années à venir sont celles des suiveurs, et après viendra celles de la masse. Il sera alors trop tard ! Si vous étiez dans le train au départ ce n’est pas le moment de descendre, si vous l’avez loupé c’est le moment de monter, en effet il n’y aura pas de troisième arrêt. Sources: Thomas Chaize
Contre-intelligence économique: le savoir-faire canadien
In Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence économique, Sécurité on 15 mars 2008 at 12:26
Ces dernières années, différents services de renseignement ont mené des investigations de contre-intelligence dont les résultats peuvent directement servir aux entreprises. Nous sommes heureux de partager avec vous la synthèse des travaux réalisés par le service canadien de renseignement de sécurité car elle est parmi les plus faciles à exploiter. Selon ses conclusions, il existe plusieurs méthodes utilisées par les gouvernements étrangers qui tentent d’obtenir de l’information corporative ou exclusive sensible (espionnage économique). Ex: les demandes spontanées d’information exclusive, la conduite inappropriée durant les visites, les offres de services suspectes, le ciblage à des expositions, des séminaires et des congrès internationaux, l’exploitation d’entreprises ou de projets de recherche conjoints, l’acquisition de technologies et d’entreprises, la sollicitation de collaboration d’anciens employés, le ciblage des ressemblances culturelles. GG
Ces activités constituent des indicateurs d’espionnage économique qui ne correspondent pas toujours à une menace réelle de collecte étrangère, mais elles peuvent servir de signaux. L’existence d’un certain nombre d’indicateurs dans une situation donnée pourrait ainsi justifier un examen plus approfondi.
1.Demandes spontanées d’information exclusive
Les demandes spontanées d’information classifiée ou exclusive sont associées aux activités de collecte étrangère. Les demandes prennent souvent la forme d’envois de messages par télécopieur, par la poste, par courrier électronique ou par téléphone adressés à des particuliers plutôt qu’au service de l’entreprise responsable du marketing. Les demandes peuvent comporter des sondages ou des questionnaires et sont fréquemment transmises par Internet.
Les sondages à des fins de marketing peuvent permettre de recueillir de l’information technologique et commerciale sensible. Lorsque cette méthode particulière est utilisée, il importe de tenir compte de l’utilisateur final de l’information et de la personne qui répond au sondage. L’utilisation accrue d’Internet fournit une méthode de communication directe avec le gouvernement et l’industrie canadienne à des fins de collecte étrangère. L’accès par Internet au babillard de l’entreprise, à sa page d’accueil et à ses employés offre au collecteur étranger de nombreuses possibilités pour élargir son offensive de collecte.
Indicateurs
- L’adresse Internet est située dans un pays étranger.
- Le destinataire n’a jamais rencontré l’expéditeur.
- L’information sur la technologie demandée est classifiée, son exportation est contrôlée ou elle a des applications tant commerciales que militaires.
- Le demandeur se dit étudiant ou consultant.
- Le demandeur précise que son employeur est un gouvernement étranger ou le travail est effectué pour un gouvernement ou un programme étranger.
- Le demandeur s’informe au sujet d’un programme, d’un projet ou d’un contrat lié à la défense.
- Le demandeur s’informe au sujet de programmes liés à la défense en utilisant des sigles particuliers au programme visé.
- Le demandeur admet qu’il n’a pu obtenir l’information ailleurs parce qu’elle est classifiée ou assujettie à des contrôles.
- Le demandeur conseille au destinataire de ne pas tenir compte de la demande si elle pose un problème sur le plan de la sécurité ou si elle vise de l’information que le destinataire ne peut fournir en raison de la classification de sécurité, des contrôles relatifs à l’exportation, etc.
- Le demandeur conseille au destinataire de ne pas se soucier de la sécurité.
- Le demandeur assure le destinataire qu’il n’est pas nécessaire d’obtenir de licence d’exportation ou que cela ne constitue pas un problème.
- Les sondages à des fins de marketing peuvent être transmis par télécopieur ou par courrier à un particulier par l’entremise du bureau de marketing de l’entreprise.
- Les sondages à des fins de marketing peuvent être envoyés par des consortiums étrangers ou par des entreprises de consultants. Les entreprises étrangères ayant des liens avec le renseignement étranger sont souvent un consortium de représentants officiels, de militaires ou d’intérêts privés.
- Les sondages à des fins de marketing débordent souvent du cadre généralement accepté de l’information liée au marketing.
- Tout porte à croire que le « responsable du sondage » travaille pour une entreprise étrangère concurrente.
- Les sondages peuvent rechercher de l’information exclusive concernant les liens de l’entreprise, les projections de marché, les politiques de fixation des prix, les noms des responsables de programmes ou de technologies, les employés de l’entreprise affectés au programme, les méthodes d’achat, et les types et les montants en dollars des contrats avec le gouvernement canadien.
- Les clients et les fournisseurs d’une entreprise peuvent aussi recevoir des sondages à des fins de marketing qui débordent du cadre généralement accepté de l’information liée au marketing.
2.Conduite inappropriée durant les visites
Les visites de délégations étrangères à des entreprises peuvent poser des risques pour la sécurité si les entreprises ne gèrent pas convenablement les risques et ne prennent pas les mesures de sécurité appropriées.
Indicateurs
- Les visiteurs sont escortés par un diplomate ou un représentant de l’ambassade qui tente de cacher son rôle officiel au cours d’une visite prétendument commerciale.
- Le but avoué de la visite est remplacé par un programme caché, autrement dit des visiteurs arrivent pour parler du programme X, mais font tout ce qu’ils peuvent pour discuter du programme Y et rencontrer le personnel qui y est associé.
- Des participants imprévus s’ajoutent aux visiteurs à la dernière minute.
- Des visiteurs « égarés » se montrent très insultés lorsqu’on les ramène à l’ordre.
- On a recours à des mécanismes de rechange. Par exemple, si une demande de visite classifiée est rejetée, l’entité étrangère peut tenter d’obtenir une visite commerciale.
- Des visiteurs posent des questions qui débordent du sujet de la visite approuvée, dans l’espoir d’obtenir une réponse spontanée ou de courtoisie.
3.Offres de services suspectes
Des scientifiques et des ingénieurs étrangers offrent leurs services à des installations de recherche, des établissements universitaires et des entreprises qui travaillent pour la défense. Il peut s’agir d’une tactique pour placer un ressortissant étranger à l’intérieur d’un établissement afin d’y recueillir de l’information sur une technologie convoitée.
Indicateurs
- Le demandeur étranger a une formation scientifique dans une spécialité dans laquelle son pays a été identifié comme ayant un besoin en recherche.
- Le postulant étranger offre ses services « gratuitement ». C’est le gouvernement étranger ou une société liée à ce gouvernement qui assume ses frais.
- Des internes étrangers (qui étudient en vue d’une maîtrise ou d’un doctorat) offrent de travailler pour un spécialiste gratuitement, habituellement pour une période de deux à trois ans.
- L’information sur la technologie sur laquelle l’étranger veut mener une recherche est exclusive, classifiée ou assujettie à des contrôles en matière d’exportation.
4.Ciblage à des expositions, des séminaires et des congrès internationaux
Les expositions, les séminaires et les congrès internationaux offrent des possibilités de faire un lien entre des programmes et des technologies et du personnel spécialisé, mais ils peuvent également présenter certains risques pour la sécurité.
Indicateurs
- Les thèmes des séminaires et des congrès portent sur des technologies et/ou des applications classifiées ou assujetties à des contrôles.
- Le pays ou l’organisation qui parraine le séminaire ou la conférence a déjà essayé en vain de visiter les installations.
- On reçoit une invitation pour donner des séances d’information ou une conférence dans un pays étranger, tous frais payés.
- On demande un résumé de l’exposé 6 à 12 mois avant la tenue du séminaire.
- Il semble étrange qu’on photographie ou qu’on filme dans un contexte donné.
- Les participants portent des macarons d’identification faux ou incomplets.
5.Exploitation d’entreprises ou de projets de recherche conjoints
Les divers programmes d’échanges et de coproduction peuvent offrir des possibilités de collecte importantes pour des intérêts étrangers ayant pour cible une technologie restreinte ou exclusive.
Indicateurs
- Le représentant étranger veut avoir accès au réseau informatique local (RL).
- Le représentant étranger veut avoir un accès illimité aux installations.
- On incite des entrepreneurs à fournir de nombreuses données techniques dans le cadre du processus d’appel d’offres, puis le contrat est annulé.
- Les ententes visant d’éventuels échanges de technologies dans le cadre de l’entreprise conjointe sont à sens unique.
- L’organisation étrangère envoie plus de représentants étrangers que ne le demande le projet.
- Les représentants étrangers s’intéressent à certains employés de l’entreprise afin d’obtenir de l’information qui dépasse la portée du projet.
6.Acquisitions de technologies et d’entreprises
Des entités étrangères tentent d’obtenir accès à des technologies sensibles en achetant des entreprises et des technologies canadiennes.
Indicateurs
- De nouveaux employés provenant de l’entreprise partenaire étrangère, ou de ses associés étrangers, veulent obtenir immédiatement accès à de l’information corporative ou exclusive sensible.
7.Sollicitation de la collaboration d’anciens employés
Les anciens employés qui avaient accès à de l’information classifiée ou exclusive sensible demeurent une préoccupation possible sur le plan du contre-espionnage. Le fait de miser sur les ressemblances culturelles afin d’établir le contact est souvent associé à la tentative de collecte. D’anciens employés peuvent être considérés comme d’excellents sujets aux fins d’opérations de collecte et comme moins susceptibles de se sentir tenus de respecter les exigences de l’entreprise en matière de sécurité ou les contrôles imposés aux exportations canadiennes.
Indicateurs
- Un ancien employé occupe un emploi au sein d’une entreprise étrangère qui travaille sur la même technologie.
- Un ancien employé reste en contact avec son ancienne entreprise et ses employés.
- L’employé travaille tour à tour quelques années pour des entreprises canadiennes, puis quelques années pour des entreprises étrangères.
8.Ciblage des ressemblances culturelles
Des entités étrangères exploitent les antécédents culturels du personnel de l’entreprise en vue d’obtenir de l’information.
Indicateurs
- Des employés reçoivent des vœux spontanés ou d’autres types de correspondance de l’ambassade du pays d’origine.
- Des employés reçoivent des invitations pour visiter le pays d’origine de leur famille afin d’y prononcer une conférence ou d’y recevoir un prix.
- Des visiteurs étrangers s’intéressent particulièrement à des employés de l’entreprise qui sont de même origine culturelle qu’eux afin de partager avec eux travail et loisirs.
Africom & Eurofor: stratégie de cadrillage en douce de l’Afrique
In Géostratégie, Géoéconomie, Prospective, Soft Power, Stratégie, Sécurité, veille on 14 mars 2008 at 7:51

Sous couvert de grands principes, l’ingérence humanitaire et la guerre contre le terrorisme, sous couvert de sigles abscons, à coups d’Africom au Maghreb, de «Recamp» (1) dans l’Afrique francophone ou d’Eufor dans le centre du continent(2), le quadrillage occidental de l’Afrique se fait en douceur, face aux bouleversements géostratégiques induits par l’émergence de la Chine dans l’ancienne chasse gardée coloniale de l’Occident et la féroce bataille qui s’y déroule pour la maîtrise des réserves stratégiques sur le flanc méridional de l’Europe. Sur fond d’exacerbation de la controverse publique sur les bienfaits et les méfaits de la colonisation, son «rôle positif » et ses séquelles, les «test ADN» et les «charters de la honte» en France, l’«immigration choisie» en Europe, la percée chinoise s’est produite d’une manière pacifique propulsée par le déficit américain, un consistant matelas financier constitué de plusieurs milliards de dollars de bons de trésor américains sur un continent que n’obère aucun passif colonial de la Chine. Par son impact psychologique et ses conséquences à long terme, elle est comparable à la conquête arabe de la rive méridionale de la Méditerranée qui a brisé le monopole de la navigation et du commerce dans l’ancien «Mare Notrum» et l’Atlantique sud, déclenchant en retour les Croisades et la colonisation du continent africain en vue de rétablir le statut quo ante.
I – Le grand jeu occidental en Afrique face la Chine
Au prétexte de la «guerre contre le terrorisme», les Etats-Unis s’emploient à mettre sur pied spécialement pour le continent noir un corps d’armée qui prendra le nom de «VIII me corps d’armée» américain afin d’achever le maillage militaire de la planète par une présence physique opérationnelle sur l’ensemble des continents. L’AFRICOM dont la création a été décidée en 2007 aura compétence sur les 50 Etats membres de l’Union Africaine, à l’exception de l’Egypte. Sa mission officielle est de «développer la coopération militaire avec les pays africains, d’apporter un soutien à des missions non militaires et de mener des opérations militaires sur le continent africain si elles sont décidées par le gouvernement américain».
L’offensive diplomatique américaine en direction de l’Afrique s’est déployée crescendo depuis deux ans, parallèlement à la pénétration chinoise, avec l’implication croissante des grands pontes de l’administration néo-conservatrice. Le ballet diplomatique américain a été inauguré par le Général William Cape Ward (novembre 2007 à Addis-Ababa), commandant en chef de ce corps d’armée, suivi de John Negroponte, l’ancien proconsul américain en Irak et responsable en chef du renseignement américain, puis de Robert Gates, le nouveau secrétaire à la Défense, enfin de George Bush. Point culminant de cette offensive, la tournée du président américain sur le continent noir à la mi-février 2008, à moins d’un an à la fin de son mandat présidentiel, ne semble pas avoir réduit la résistance africaine à son projet. Quatre pays sollicités- Le Ghana, la Zambie, le Nigeria et l’Algérie- y ont même opposé une fin de non recevoir à sa proposition.
Dns ce contexte, sauf revirement de dernière minute, le choix se porterait finalement sur le Maroc très désireux d’abriter le siège du nouveau commandement de l’armée américaine pour l’Afrique, un moyen pour le Royaume chérifien de pérenniser sa souveraineté sur le Sahara occidental face aux revendications indépendantistes de la République Arabe Saharouie Démocratique (RASD) soutenue par Alger.
Le choix du Maroc de servir de pivot à la nouvelle force d’intervention américaine en Afrique, s’il était confirmé, se situerait dans le prolongement de la coopération stratégique des Etats-Unis avec les pétromonarchies du Golfe. Il viendrait en complément de la présence au Qatar, sur le golfe arabo-persique, du QG du Centcom, le commandement central américain qui ouvre une zone allant du Maroc à l’Afghanistan, et de la base navale de Manama (Bahrein), QG de la V me flotte américaine pour le golfe arabo-persique/Océan indien.
Dans le droit fil de cette coopération, le Royaume chérifien s’est toujours situé en pointe du combat pour la défense des intérêts occidentaux sur le continent africain, un combat qu’il confond avec la survie du régime monarchique. Membre du «Safary club» au paroxysme de la guerre froide soviéto-américaine (1948-1989), le Maroc a assuré la protection et la survie des régimes pro-occidentaux africains, notamment le Zaïre de Mobutu et le Togo de Eyadema au sein d’une alliance secrète conclue avec les encouragements des Etats-Unis, entre l’Arabie saoudite, qui en était le financier, la France, son stratège, et le Maroc, son exécutant.
Ce rôle souterrain a d’ailleurs été illustré tant par les complicités françaises dans la disparition de Mehdi Ben Barka, chef de l’opposition marocaine, que par le rôle dépotoir assumé par le Maroc pour les tyrans déchus et décrétés ipso facto indésirables par leur ancien protecteur malgré leur état de service patenté, comme ce fut le cas avec l’asile accordé au Président zaïrois Mobutu, répudié par la France dont il a pourtant été un zélé serviteur pendant près de trente ans.
Dans le cas d’espèce, le choix du Maroc se serait porté par défaut, après le refus de l’Algérie et du Nigeria, deux acteurs majeurs du continent d’accueillir le QG de l’Africom. Soucieux de diversifier leurs alliances, les Etats-Unis s’étaient d’abord tournés vers ces deux puissances émergentes d’Afrique, bien que la première soit en butte à des actions de type terroriste et le second à des troubles claniques.
Selon des informations de presse non encore confirmées officiellement, le QG de l’Africom devrait être édifié à l’extrême sud du Maroc dans la région de Tan Tan, à la limite des frontières du Sahara Occidental, à proximité de la bourgade de Ras Dari, choisie pour abriter ce projet. Du fait de sa proximité des côtes atlantiques marocaines, le site offre des facilités pour l’US Navy. Outre la base de Tan Tan, les Etats-Unis disposent au Maroc de la base aérienne de Ben Jarir, à une soixantaine de kilomètres de Marrakech ainsi que du site-relais de VOA (Voice of America) à Tanger. Le Maroc aurait donné son accord à l’installation du QG de l’Africom en contrepartie de substantiels avantages financiers.
Cet arrangement dans ses volets militaires et financiers expliquerait les déboires de la France dans la vente du «Rafale» que Jaques Chirac puis Nicolas Sarkozy ont vainement tenté de vendre au Royaume. Des déboires amplifiés d’ailleurs par les dysfonctionnements des institutions françaises qui ont fait preuve dans cette transaction stratégique portant sur l’avenir du nouvel avion de combat de supériorité aérienne, d’un amateurisme déconcertant, se lançant dans cette aventure sans concertation, d’une manière concurrente, l’Elysée voulant placer à tout prix l’appareil en guise de produit d’appel pour les pétromonarchies arabes et le constructeur Dassault, en comptable méticuleux de sa trésorerie, plutôt préoccupé de conserver la maîtrise de la détermination des prix.
Survivance d’une tradition coloniale, l’Africom était auparavant rattaché au commandement européen à Stuttgart auprès de l’USEUCOM (United States European Command). Selon le département d’Etat, la région du Sahel, notamment le Mali et la Mauritanie, constituerait un abri potentiel pour les activistes islamistes. Auparavant, les Etats-Unis surveillaient l’Afrique à travers trois commandements: Central Command (CENTCOM) dont la zone de responsabilité s’étendait sur 27 pays dont sept sont africains, le commandement européen (EUCOM), sa zone couvrant 91 Etats dont 42 sont africains, le commandement pacifique enfin (PACOM) qui a autorité sur une zone couvrant Madagascar et les îles en périphérie de l’est du continent africain.
Si le souci proclamé des Etats-Unis est de mener une guerre planétaire contre le terrorisme, la création d’un commandement spécifique pour l’Afrique marque aussi d’une manière sous-jacente l’implication plus marquée de l’Amérique dans la compétition que se livrent les grandes puissances pour la conquête des marchés africains particulièrement le pétrole qui fournit 30 pour cent de la consommation mondiale.
Dans l’attente du déploiement de l’Africom, l’administration américaine avait aménagé en 2006-2007 dans le Golfe de Guinée une base flottante, constituée de navires à très grande vitesse (swift ship) servis par un équipage de 300-400 marins pour la surveillance côtière le long des pays riverains: Angola, Cameroun, Gabon, Ghana, Guinée équatoriale, Liberia, Sao-Tome et Principe, Sénégal et Nigeria.
Le dispositif américain en Afrique est complété en Afrique orientale par la co-location de la base française de Djibouti «Le camp Lemonier», ainsi que de la base aéro-navale de Diego-garcia dans l’Océan indien, et par le nouveau rôle de gendarme confié à l’Ethiopie dans sa répression des mouvements islamistes dans la zone, notamment en Somalie.
Le positionnement américain à Djibouti a notamment pour mission de détecter les groupes terroristes en liaison avec ceux du Moyen-Orient. Le gouvernement américain soupçonne, en effet, l’organisation Al-Qaïda de s’être implantée en Afrique de l’est, en particulier en Somalie qui aurait abrité, selon Washington, le comorien Fazul Abdullah Mohammed et le kenyan Saleh Ali Saleh Nabhan, impliqués dans les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998 au cours desquels deux cent vingt quatre personnes avaient été tuées.
Ces suspicions fondées ou non expliquent le coup de force éthiopien soutenu par les Américains contre la Somalie en 2007 ayant débouché sur l’éviction du pouvoir du régime des «Tribunaux islamiques » à Mogadiscio.
Le positionnement américain à Djibouti, face au Golfe, permet en outre le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. La base de Djibouti permet ainsi aux Etats-Unis et à la France de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique considérée désormais comme vitale pour leurs intérêts stratégiques, une bande allant de l’oléoduc Higleg-Port Soudan (1600 km) dans le sud-est à l’oléoduc Tchad-Cameroun (100 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un poste d’opération américain en Ouganda donne aux Etats-Unis la possibilité de contrôler le sud-Soudan où se trouve le gros des réserves soudanaises de brut.
II- Face à la Chine, l’humanisme sélectif des pays occidentaux au Darfour
L’Amérique importe 15 pour cent du pétrole africain pour sa consommation domestique. Mais la concurrence est rude avec la Chine: L’Angola est d’ores et déjà le principal fournisseur de pétrole à la Chine devant l’Arabie saoudite, avec 456.000 barils/jour, alors que le Soudan et le Nigeria, deux bêtes noires des pays occidentaux sur le continent, ont octroyé d’importantes concessions pétrolières à la Chine, et que des informations persistantes, sur fond de rumeurs de presse sur une probable déstabilisation du président Joseph Kabila, font état d’un troc imminent entre la Chine et la République du Congo prévoyant la livraison de trois mille tonnes de cuivre en contrepartie de la construction de 3000 kilomètres de routes et d’infrastructures annexes (hôpitaux, établissements scolaires, électrification de villages etc.).
Signe de la défiance que suscite la politique occidentale en général et la politique américaine en particulier, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo (1976-1979/1999-20O7), s’exprimant en sa qualité de président du pays le plus peuplé d’Afrique (130 millions d’habitants) et premier producteur africain de pétrole, n’avait pas hésité à enfreindre les usages diplomatiques pour souhaiter à son homologue chinois dans son allocation de bienvenue que «la Chine dirige le Monde».
Selon les prévisions des stratèges occidentaux, l’Afrique subsaharienne risque de supplanter le Moyen-orient en tant que principal fournisseur énergétique des Etats-Unis. L’Afrique occidentale dispose de près de soixante milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Son pétrole à faible teneur en soufre, est un brut doux, fort apprécié par les pétroliers américains. De nouveaux gisements sont signalés au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale et en Mauritanie, qui deviendra un pays exportateur vers la fin de la décennie.
Parallèlement à ses découvertes, les Etats-Unis ont multiplié les initiatives diplomatiques et militaires en vue de sceller les pays africains à la stratégie globale américaine. Des points d’intervention favorisant le déploiement rapide des forces américaines ont été aménagés dans la zone sahélienne sénégalo-malienne, ainsi qu’en Namibie à la frontière avec l’Angola.
Des opérations conjointes avec les pays du Sahel ont été lancées en 2003-2004 contre le groupe Salafiste pour la prédication et le combat (GPS) dans le cadre du «programme de contre-terrorisme en Afrique». Les attaques contre les touristes français en Mauritanie en décembre 2007, entraînant l’annulation du rallye automobile Paris-Dakar et son transfert vers l’Amérique latine, de même que l’attentat contre l’ambassade israélienne à Nouakchott témoignent des réticences locales et régionales au déploiement américain en Afrique.
Dans ce grand jeu des puissances, l’Afrique émerge comme champ de bataille stratégique, dont la Chine en a fait sa ligne de front dans sa recherche d’une plus grande influence mondiale, triplant son commerce avec le continent, verrouillant ses ressources énergétiques, et, fait plus grave pour l’avenir, assurant l’éducation des futures élites africaines dans les universités chinoises.
C’est dans ce contexte qu’il importe d’appréhender le conflit du Darfour. Les appels incessants à des interventions humanitaires au Soudan, principalement de la France, sont destinés en premier lieu à contrecarrer l’influence grandissante de la Chine qui a réussi le contournement de l’Europe par l’Afrique à qui elle inflige de surcroît une rude et traumatisante concurrence dans son ancienne chasse gardée.
Le nouvel humanitarisme sélectif des anciennes puissances coloniales, qui fustigent le Soudan mais couvrent de mansuétude d’aussi redoutables autocrates que le tchadien Idriss Déby, son prédécesseur Hissène Habre ou encore le libyen Mouammar al-Kadhafi, parait sans consistance face au poids d’une Chine, sans passif colonial avec l’Afrique, dispensant de surcroît un important flot de liquidités, sans contrepartie politique.
La mise en place de l’Eufor, le corps expéditionnaire européen chargé de s’interposer entre les belligérants aux confins soudano-tchadiens répond autant à des considérations humanitaires qu’au souci des Occidentaux de créer un glacis stratégique au centre de l’Afrique, à proximité de la plateforme opérationnelle de la Chine dans la zone, un cordon sanitaire identique à celui que les pays occidentaux veulent établir autour de l’Iran, l’autre grand fournisseur d’énergie de la Chine.
Le dérapage à l’automne 2007 de la ténébreuse opération prétendument humanitaire de l’affaire de l’«Arche de Zoe» sur l’exfiltration de faux orphelins prétendument du Darfour participe de cette pression à forte charge émotive, à fort dividende médiatique pour un interventionnisme plus marqué des pays occidentaux au Soudan par le biais du Darfour.
Le redéploiement militaire français en Afrique annoncé depuis l’Afrique du sud, le 28 février, par le président Nicolas Sarkozy, loin d’opérer un bouleversement stratégique dans les relations franco-africaines, participe de ce même souci de discrétion efficace. Le Recamp (renforcement des capacités africaines de maintien de la paix) est une opération à double détente visant à associer des pays tiers (Afrique, Europe, ONU) aux opérations militaires françaises en Afrique dans le but de partager les coûts et de diluer les responsabilités, tut en conservant la maîtrise des opérations. Un chef d’œuvre de ravalement cosmétique d’un repositionnement militaire identique au dispositif américain dans le Golfe (Arabie saoudite, Bahrein, Qatar, Koweit et Irak), face à l’Iran.
Toute conscience se pose en s’opposant. L’Occident a constamment forgé des concepts pour assurer sa domination sur le reste du Monde. Il en a été de la théorie du «Res Nullus» et du «Fardeau de l’Homme blanc» justifiant les conquêtes coloniales. Constamment besoin d’un ennemi extérieur pour cimenter sa cohésion et perpétuer sa suprématie.
Depuis la fin de la II me Guerre mondiale (1939-1945), toute une littérature belliqueuse a développé les thèmes sur le péril rouge (contre le communisme), avant de se rabattre après l’implosion de l’Empire soviétique (1989) sur le péril vert (l’Islam), et, dans le domaine de la stigmatisation, «le juif bolchévique» a cédé la place au «nazislamisme». Notons que le «péril vert» est un jalon intermédiaire préludant à la naissance du «péril jaune» (Chine, Inde, Japon) qui sera d’actualité lorsque ses trois pays majeurs d’Asie auront parachevé leur phase de montée en puissance, vers l’an 2025.
A cette date, l’Occident aura perdu le monopole de la puissance et partant son rôle prescripteur. Il devra, par la force des choses, composer. Dur métier pour celui qui a constamment imposé, dur apprentissage de la diversité. Composer avec les autres composantes de la planète. Cette échéance explique sa frénésie d’acquisition de gages territoriaux et énergétiques (Irak, Afghanistan, Darfour, Balkan) en vue d’aborder la prochaine étape en position de force dans une «stratégie de transformation du réel», qui se réduit en une quête désespérée visant à enrayer un déclin prévisible par le maintien de «Droits acquis» aux faîtes de la puissance.
Quant à la France, qui abrite l’un des plus importants patrimoines immobiliers des dirigeants africains –pas moins de 47 résidences somptueuses rien que pour Omar Bongo (Gabon) et son beau-père Denis Sassou Nguesso (Congo)- elle est conduite, sous l’effet de cette compétition, à un partenariat contraignant avec les Etats-Unis. Contrainte à une coopération militaire avec l’Amérique, en raison de son infléchissement atlantiste, elle est contrainte aussi de subir de plein fouet la concurrence américaine dans son «pré-carré». Une transaction mutuellement féconde…mais au bénéfice exclusif des Américains.
En somme, et, pour reprendre le jargon politique à la mode, une offre « win, win » gagnant, gagnant pour les Américains, et pour eux seuls, sur les deux tableaux, avec en contrepartie pour la France, l’illusion de participer au «grand jeu mondial» sur le seul continent où elle dispose encore d’une certaine influence.
Lointaines réminiscences de ses déboires coloniaux, l’activisme de la France au Soudan au-delà du débauchage de la Libye pour en faire un substitut à l’Algérie dans la fourniture du gaz et un marché sécurisé pour ses exportations militaires et ses centrales nucléaires, pourrait, d’une manière sous-jacente, répondre à son souci de purger son «complexe de Fachoda» (3), le désastre militaire et diplomatique français subi dans ce pays contre les Anglais au XIX me siècle durant la phase de conquête coloniale écartant durablement la France des eaux du Nil. René Naba
Notes
1-Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix): Ce concept recouvre le nouveau dispositif français en Afrique mis en place progressivement depuis l’été 2007. Il consiste à associer des pays européens et africains et éventuellement les organisations internationales aux opérations de maintien de la paix dans le double but de partager les coûts et donc de réduire les frais pour la France et de diluer les responsabilités évitant le sempiternel tête à tête France-Afrique. Quatre pôles correspondent à quatre «sous-régions» et dessinent ce que pourrait être la future carte des implantations françaises. Il s’agit de Dakar (Sénégal), Libreville (Gabon), Djibouti et La Réunion. Dans chacun de ses pôles, la France a créé un petit état-major et prépositionné du matériel. Ils participent à l’entraînement des armées des pays de la région et sont censés accueillir des officiers européens.
2- EUFOR TCHAD/RCA: est une opération militaire de transition chargée notamment de la protection de la population en proie à la guerre civile dans l’Est du Tchad et dans le Nord-Est de la République centrafricaine. Sa mise en place a été décidée par l’Union Européenne le 28 janvier 2008, dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), en vue de faire face à la crise du Darfour dans la zone frontalière soudano-tchadienne. Forte de trois membres, dont le contingent français en constitue l’ossature (1.700 membres), l’Eufor Tchad est commandée par le général de Corps d’armée Patrick Nash
3-La crise de Fachoda: Dans l’imaginaire collectif français, l’épreuve de force qui opposa Paris et Londres, en 1898, demeure comme le plus important revers militaire et diplomatique, une profonde humiliation infligée par le Royaume uni à la France sur le continent africain. Ce sérieux incident diplomatique au retentissement considérable en pleine phase d’expansion coloniale entraîna la fin des ambitions françaises sur l’Egypte et la zone nilotique (Egypte, Soudan, Ouganda), alors qu’elle avait été le maître d’oeuvre du percement du Canal de Suez. Le site de Fachoda (ou Kodok) est situé à 650 km au sud de la capitale soudanaise Khartoum.
Sécurité informatique : 1000 sites internet piratés en un jour !
In Espionnage économique, Sécurité, veille on 13 mars 2008 at 8:52L’attaque, visiblement d’origine chinoise, s’est portée sur des url populaires et très fréquentées, d’après l’éditeur McAfee.

L’attaque est historique selon l’éditeur de sécurité McAfee. Mercredi 5 mars, plus de 10.000 sites Web légitimes et populaires ont été piratés par des cybercriminels afin de rerouter les internautes vers des sites piégés.
Les pages Web ont toutes été modifiées par l’ajout d’un code qui redirige les visiteurs vers un autre site Web, chargé d’un cocktail de logiciels malveillants visant à pénétrer le PC du visiteur. La redirection et l’attaque se passent évidemment totalement à l’insu de l’internaute, explique l’éditeur.
Les pirates ont exploité les failles encore trop nombreuses présentes dans moult sites Web, même très importants. “Les pirates ont apparemment reprogrammé les pages Web, dans le cadre d’une attaque automatisée qui a exploré Internet à la recherche de serveurs non sécurisés. Puis ils ont injecté un code JavaScript qui redirige le navigateur vers un site en Chine, afin d’envoyer les logiciels malveillants. Pour infiltrer le PC, le cocktail de logiciels malveillants tente d’exploiter des vulnérabilités dans Windows, RealPlayer et d’autres applications”, ajoute McAfee.
Les internautes piégés risquent de voir leurs mots de passe de jeux en ligne détournées et une backdoor s’installer discrètement dans leur système afin d’y faire entrer encore plus de malwares. L’origine de l’attaque semble chinoise, McAfee indique que pour toutes les pages, le code malicieux était envoyé depuis le même serveur en Chine. A ce jour, une partie des 10.000 sites Web piégés auraient été nettoyés. Mais une partie seulement.
Sources: Silicon.fr.
Peut-on démystifier l’intelligence économique?
In Débat, Intelligence économique, Sécurité on 9 mars 2008 at 5:57
Dans l’œuvre titanesque de sensibilisation à l’intelligence économique à laquelle nous nous attelons actuellement en Afrique centrale, observons que les jeunes politiques et chefs d’entreprises intègrent progressivement les enjeux du travail en réseaux sécurisés, de souveraineté économique et de compétitivité auxquels la mondialisation oblige l’Afrique. Ils comprennent que le concurrent -même sous couvert de coopération nord-sud, d’échanges culturels ou d’aide humanitaire…- ne peut les instruire à ses dépends. Ce point d’appui fondamental revêt, pour les acteurs africains d’intelligence économique, une responsabilité immense dont l’un des défis, et non des moindres, est de se faire comprendre de leurs interlocuteurs. Cette exigence n’est cependant pas l’apanage de l’Afrique. Loin s’en faut. D’après des retours d’expériences auprès des PME-PMI européennes, l’intelligence économique, de par « son jargon abscons », « ses cartographies complexes » et « ses retours sur investissements difficilement quantifiables » renvoie souvent l’image d’une école de mystères dont le parvis est bondé de candidats volontaristes et le Graal réservé à une infime minorité d’initiés. Le 28 février 2008 à 8h 49, Justin Mabouth, un de nos fidèles lecteurs au Cameroun nous invitait sur ce blog à une explication, une de plus, de l’intelligence économique en « termes simples » dans l’optique, disait-il avec pertinence, « d’une adhésion de masse » en Afrique centrale. D’où cette question qui interpelle l’ensemble de la communauté IE internationale: peut-on démystifier l’intelligence économique ? Dans l’espoir que la réponse soit « <OUI », commençons par identifier les « obstacles » liés aux deux grands courants qui travaillent la profession avant d’examiner une troisième voie, médiane celle-là, qui pourrait être la clé d’une intelligence économique rendue simple par sa clarté.
-le courant “élitiste”
Il est d’abord constitué de “For ever BOND ».
Sans porter de jugement de valeur, nos analystes y regroupent les adeptes du « monde obscur », celui des officines de renseignements. Les « For ever BOND » sont souvent, pas toujours, d’anciens agents des services secrets reconvertis dans l’intelligence compétitive et/ou économique et/ou stratégique entre 45 et 65 ans en moyenne. Le leader mondial Kroll & Associates n’est-il pas l’œuvre d’un ancien des services américains ? Les « For ever BOND » parlent peu, publient peu, écoutent beaucoup. Ils peuvent vous rappeler 6 mois après que vous leur avez donné votre carte de visite au cours d’une conférence de haut niveau, juste pour avoir une information précise aux fins de recoupement. Leurs questions sont généralement ouvertes. Après, silence radio. Ils répondent rarement aux emails. Lorsqu’ils le font, c’est trois lignes maximum, des verbes d’actions, plusieurs abréviations qui masquent des fautes d’orthographe tout en donnant un air pressé, hyper-occupé. Ils ne vont pas à la ligne. Généralement piètres communicateurs, ils ne disposent d’un site internet que parce que c’est dans l’air du temps. « C’est inévitable actuellement » nous a confié l’un d’eux en manipulant son Blackberry. Ils sont d’ailleurs plusieurs à n’avoir jamais consulté le contenu du site internet de leur « boîte », lequel a été réalisé par un webmaster externe sous la supervision de l’assistante de direction. Si l’information c’est le pouvoir, pour eux, la distance crée le mythe. Ils ne répondent à une invitation que si elle vaut vraiment la peine. Par une espèce de cooptation, la majeure partie des « For ever BOND » officie auprès de grandes multinationales au titre de consultants, aux côtés d’un sous groupe, plus modéré que nous appellerons les « Young BOND ».
Cette sous catégorie est composée de jeunes dont la moyenne d’âge oscille entre 25 et 35 ans. Formés à l’intelligence économique pure dans des instituts privés de très haut niveau, ils n’ont pas l’intention – à brève échéance du moins- de brader un savoir acquis à coups de sacrifices financiers non négligeables ($ 10,000 – 15,000). Pour ces « neo-BOND », les principaux outils de travail sont internet, banques de données payantes ou non et cartographie des acteurs. Contrairement aux « For ever BOND », les « Young BOND» tiennent des sites internet et des blogs régulièrement mis à jour. Ils ont étudié la psychologie de la communication et savent que c’est le nerf de la guerre dans la société de l’information. Prudemment, ils publient à dose homéopathique d’assez bons articles à vocation pratique dans la plupart des cas, en direction de cibles très bien déterminées. Ils visent tour à tour les entreprises (aspect utilitaire), leurs collègues et les journalistes (pour la rigueur méthodologique ou une trouvaille) et de temps en temps le grand public (sensibilisation et affirmation d’une identité professionnelle). Mais attention, ils savent créer la rupture, se faire rare pour donner soif à leurs abonnés (flux RSS). Les outils de veille auxquels ils ont accès sur certains moteurs de recherche leur confèrent parfois une notoriété de qualité, à force d’être parmi les premiers à cueillir les informations chaudes. La présentation le 25 février 2008 sur notre blog du livre « L’Afrique répond à Sarkozy contre le discours de Dakar » reprise par d’autres blogs a par exemple généré chez ces derniers un trafic supérieur à celui de la source. C’est un constat, de par la vivacité et la réactivité que confère une jeunesse bien formée, les « Young BOND » veillent, surveillent, recueillent, recoupent et diffusent ce qui met en avant leur expertise sans les dépouiller gratuitement. Majoritairement respectueux de la législation et de l’éthique, ils fonctionnent quasiment toujours en réseaux.
-Le courant “populiste”
Sur la foi de sources généralement crédibles, nos analystes y classent de jeunes personnes âgées de 28 à 38 ans. Souvent formés dans les universités ou ayant succombé aux charmes de la matière à la faveur d’un module d’IE dispensé dans le cadre d’une autre formation de 2è ou 3è cycle, les « populistes » sont les plus enclins à démocratiser l’intelligence économique. Souvent fonctionnaires ou conseils auprès de PME-PMI, leur profession peut se résumer, selon eux, au « management de connaissances disponibles dans l’environnement d’une entreprise en vue d’assurer la compétitivité de cette dernière». Pour l’immense majorité des « populistes », l’IE c’est simplement la veille grâce à des sources humaines ( lecture de journaux, visite de salons, rapports d’étonnement…) avec des logiciels (de préférence gratuits sur internet…) ; c’est ensuite l’installation au sein de entreprise d’une plateforme sécurisée de partage de l’information (interne= employés, externe= collectée via la veille, puis analysée) utile à la prise de décision ; l’IE pour « les populistes », c’est enfin l’influence qui passe, selon eux, par les regroupements professionnels et la mise en commun de leurs moyens respectifs aux fins de lobbying. La simplicité méthodologique des « populistes », pour séduisante qu’elle soit est cependant loin de faire l’unanimité.
Entre les deux grandes catégories ci-dessus, il existe tout de même un ascenseur (celui des caractères ou des comportements conjoncturels). Il permet à certains acteurs IE de passer sans transition d’une classe à une autre ou plus simplement d’échapper à tout classement; sans pour autant que cela aide à démystifier l’intelligence économique aux yeux de la « masse ». D’où la troisième voie, celle que propose l’Afrique.
Ce que propose l’Afrique
Conciliants par nature, sagesse ou stratégie ( ?), les jeunes experts africains ont choisi un symbole, comme le faisaient leurs ancêtres, pour tenter de résoudre l’énigme. Pour ces « centristes » de l’IE en effet, l’intelligence économique ressemble à une figure géométrique de type cubique dont les six faces représentent tout aussi symboliquement autant d’aspects de la même matière. A l’exception du stratège qui garde une vue d’ensemble de l’ouvrage, tous les autres aspects (commerciaux, informatiques, influence…) ont chacun un langage propre. Vue d’ici, la construction donne l’image d’un immense cube de Babel avec une kyrielle de langues différentes. A ceci près que le stratège assure la traduction instantanée de toutes les phrases comportant les signaux : « Partage + information + stratégique», « Compétitivité + entreprises» « Sécurité + économique». Avec cette méthode et des étiquettes bien lisibles aux portes d’entrée, l’intelligence économique s’en trouvera démystifiée, en Afrique tout au moins. Car il faut bien le dire, l’intelligence économique, comme le sport, c’est surtout l’action, celle qui consiste à exploiter l’information ouverte pour être le meilleur en respectant les règles du jeu!
Guy Gweth
Guerre économique: la bataille pour le contrôle mental
In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence économique, Perception Management, Prospective, Soft Power, Stratégie, Sécurité on 5 mars 2008 at 8:29Il est délicat, le slogan qui accompagne “Le droit de l’intelligence économique” de Thibault du Manoir de Juaye dans l’annuaire 2008 des acteurs de l’intelligence économique en France. On peut en effet lire en présentation de cet excellent ouvrage que “faire de l’intelligence sans barbouzeries, c’est possible!” Au delà des angles légal et règlementaire qu’aborde l’auteur, j’adhère moi aussi à l’aspect éthique qui y est sous-jacent. Cependant, en tant que praticien de sensibilité anglo-saxonne, je suis très sensible au benchmarking des bonnes pratiques issues du monde du renseignement militaire. A la suite des Américains, cette attitude est aussi partagée depuis 10 ans en France par le Général Pichot-Duclos et Christian Harbulot, fondateurs de l’EGE Paris. Pour ces pionniers, en effet, le transfert du savoir-faire militaire au monde civil est rendu vital au regard du durcissement des affrontements économiques en cours et futurs. La grande bataille stratégique autour du contrôle psychique constitue donc un excellent terrain d’expérimentation.
Un peu d’histoire…
Les plus âgés parmi vous se souviennent des années qui précédèrent et celles qui suivirent immédiatement la deuxième guerre mondiale et la course aux armements biologiques qui fit rage dans les officines nord-coréennes, chinoises, allemandes, russes et américaines notamment. Nombre d’entre vous, j’en suis sûr, se remémorent encore la psychose qui s’empara de Washington au lendemain de la libération de ses prisonniers de guerre fin 1953. Capturés par l’ennemi, des aviateurs et des hommes de l’infanterie américaine de retour aux USA commencèrent à faire l’apologie de la vie sous un régime communiste. Le Président des États-Unis se tourna vers l‘aigle de profil qui allait faire la renommée de Langley, en Virginie, et demanda à la CIA comment des soldats superbement entrainés pouvaient se laisser à devenir des traîtres. Dans les tentatives de reconstitution qui débutèrent, Allen Dulles, alors à la tête des renseignements américains, se rappela le procès du cardinal Josef Mindszenty en 1949. A la page 101 de son enquête sur “Les armes secrètes de la CIA” parue en 2006, Gordon Thomas, relate comment ce chef de l’église catholique hongroise “avoua avoir trahi… en bougeant comme un robot…” devant les juges russes. A partir de cet évènement, le contrôle du psychisme devint la priorité n°1 des scientifiques de l’agence américaine de renseignements. Initiée en février 1954 sous la direction du docteur Sidney Gottlieb, le programme secret MK-Ultra avait clairement pour mission de ” chercher toute méthode permettant de modifier le comportement humain.” Cette époque accoucha de plusieurs essais et théories telles que “l’infantilisation psychologique traumatique” ou encore “la conduite psychique” qui consistait à faire écouter au patient (aujourd’hui consommateur ou électeur) ses propres paroles jusqu’à ce que ses barrières psychologiques s’effondrent et qu’il ouvre son inconscient. La publication en 1984 de “Battel for the mind” par le professeur William Sargant marqua la consécration de plusieurs années de sacrifices et d’efforts, certes inachevés mais aux résultats transférables à d’autres domaines.
Le transfert de savoir-faire
Avec la chute du mur de Berlin et l’arrêt de l’affrontement est-ouest, fin 1989, les multinationales américaines furent les premières à benchmarker les méthodes d’influence de la guerre froide et à s’inspirer de la Révolution dans les Affaires Militaires (RMA) aux États-unis pour en adapter le savoir-faire à leur stratégie marketing. Dans les agences de publicité new-yorkaises, le début des années 90 vit jaillir une pépinière de jeunes concepteurs généralement âgés de moins de trente ans et n’ayant qu’une seule obsession: provoquer l’acte d’achat chez des individus “normaux” qui, sans la publicité, n’auraient pas acheté. De nombreuses expériences menées en psychologie sociale et cognitive ne tardent pas à venir à leur secours. Dans leur “Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens” paru une première fois en 1987 et réédité 2002, les Français Joules et Beauvois relatent une kyrielle de techniques (pour la plus part déjà expérimentées aux États-Unis) qui nous influencent au quotidien. Je vous le recommande. Dans l’opérationnel, le leader américain de la grande distribution Wal-Mart Stores, Inc. fut l’une des premières multinationales à exploiter la vidéo surveillance au delà de son objectif initial de sécurité. Dans leurs bureaux du 702 Southwest 8th Street de Bettonville, les marketistes de ce géant mondial n’hésitent pas à visionner de longues heures d’enregistrements-vidéo pour traquer et analyser les comportements de clients dans les rayons de grandes surfaces. Toujours plus loin, dans ses “100 petites expériences en psychologie du consommateur pour mieux comprendre, comment on vous influence” paru en 2006, Nicolas Géguin confirme, à titre d’exemple parmi d’autres, – sur la foi d’expériences menées aux États-Unis et en France- que la diffusion de musique rapide dans votre supermarché aux heures d’affluence comme lors des fêtes de fin d’année “vous incitera à faire votre shopping au pas de course.” (p119) Vous l’aurez compris, cet aspect aussi puissant que soft de la guerre économique opère avec votre consentement, en tous cas, sans vous contraindre le moins du monde, que vous soyez client ou concurrent, allié ou ennemi.
Les perspectives
Les recherches en psychologie cognitive sont un enjeu infiniment stratégique. La bataille pour le contrôle du mental humain est loin de s’achever. Rien que le profiling de dirigeants que nous réalisons au profit de nos clients au sein de GwethMarshall Consulting, par exemple, est déterminant pour la signature de leurs contrats. Evidemment, les entreprises ne sont pas les seules à en profiter. Des mouvements religieux ainsi que les femmes et hommes politiques dont le contrôle des comportements de masses a toujours été le vœu secret sont également à l’affût des progrès à venir. Certains parmi vous auront constaté que la situation est assez proche du tableau que brosse Xavier Couture in “La dictature de l’émotion: où va la télévision” paru en 2005 chez Louis Audibert Editions.
Quoi de plus légal, de plus éthique, de plus écologique et de plus intelligent, en effet, que de servir au consommateur, à l’électeur ou au patient, ce qu’il veut ou croit vouloir ?
Guy Gweth
Protégé : ” Les services secrets chinois de Mao aux JO”, Roger Faligot
In Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 2 mars 2008 at 4:22Intelligence économique & rivalités des puissances en Afrique
In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 2 mars 2008 at 3:22L’analyse qui suit devrait pouvoir permettre aux Africains de bien cerner les positions et les questionnements de la France et plus généralement des grandes puissances mondiales qui sont à l’assaut des richesses stratégiques dont regorge le continent. Car dans le nouveau “partage du gâteau africain” en cours, si les États africains ne développent rapidement une stratégie de défense économique commune et efficace, les concurrents n’en feront qu’une bouchée. Guy Gweth
“Un mouvement est en marche en Afrique. Ce mouvement échappe à la France.” par Patrick Sevaistre -directeur général, Afrique Initiatives SA, Conseiller auprès du président du Conseil des Investisseurs Français en Afrique.
“Un rapport récent sur l’action extérieure de l’état de l’aide au développement dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) vient de dresser un bilan sans complaisance de toutes “les insuffisances” de la présence française en Afrique: budget de l’aide gonflé par les annulations de dettes (en dix ans, l’aide bilatérale française a diminué de moitié et est équivalente à celle du Danemark), saupoudrage des moyens (90 pays se partagent moins de 10% de l’enveloppe bilatérale), influence limitée à Bruxelles alors que Paris finance près de 25% du FED (Fonds Européen de développement), engagements financiers énormes dans la gestion des crises (850 millions d’euros pour l’opération Licorne) et quasiment rien pour la phase de restructuration…
“Pendant ce temps, la Chine devient la puissance du continent, s’intéresse à tous les gisements pétroliers et uranifères de l’hinterland boudés par les majors occidentaux et réanime -en rivalité avec les Indiens(Mittal et Tata Steel)- tous les gisements de fer. Tandis que les Etats-Unis “réinvestissent” en Afrique pour sécuriser leurs approvisionnements énergétiques (25% en 2025) et contrer la menace terroriste dans la bande sahélienne. Les fonds souverains, arabes et chinois, qui placent les réserves de change de leurs banques centrales, déferlent sur l’Afrique.
“Que faire pour défendre nos intérêts (français) ? De quels outils disposons-nous pour les défendre sans pour autant, du moins dans l’immédiat, entrer en conflit ouvert avec les Chinois? Il est clair que s’opposer directement à la déferlante chinoise en Afrique n’est déjà plus réaliste. A nous d’en tirer les conséquences quant à notre propre politique vis-à-vis du continent.
“En effet, nous devons, à l’instar des Chinois et des Américains, clairement affirmer nos intérêts vis-à-vis de l’Afrique, nous avons besoin d’une nouvelle politique française, plus ambitieuse et s’inscrivant dans la durée, accompagnée enfin, et comme c’est le cas de la Chine et aussi des Etats-Unis, d’un vrai dispositif d’intelligence économique qui, placé au sommet de l’Etat, soit pleinement opérationnel dans ses deux dimensions traditionnelles: renseignement – influence. Force est de constater qu’on en est encore loin auj
