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Archive de la catégorie «Stratégie»

Vers une stratégie panafricaine d’intelligence économique ?

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 1 novembre 2009 at 1:35

Retrouvez la réponse de Guy Gweth dans Les Afriques n°95 (du 29 octobre au 4 novembre 2009) sous le titre « Pour une stratégie continentale d’intelligence économique », page 22. Extraits:

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Business infos: les réseaux sociaux africains à la traine

In Brève, Débat, Intelligence compétitive, Management de l'information, Stratégie, veille on 18 octobre 2009 at 9:07

De toutes les communautés, les Africains sont ceux qui s’appellent le plus spontanément  « mon frère », « ma sœur », ou  « chéri »… Où qu’ils soient, quoi qu’ils fassent, qu’ils se connaissent ou pas, ils se reconnaissent. Ils n’ont quasiment pas besoin de formaliser un réseau. Ils se regroupent naturellement. La plupart de ces regroupements ne sont hélas pas encore  rentables en termes de renseignement et de business pour l’ensemble des participants. Pourquoi?

A la fin d’une enquête réalisée entre septembre 2008 et septembre 2009 sur un échantillon de sept groupes comptant entre 15 et 150 membres (évoluant peu ou prou dans le même secteur d’activités), j’ai constaté que chaque fois qu’un réseau est constitué d’individus originaires d’Afrique, environ 10% sont inactifs. 10% partagent des informations générales déjà publiées dans un journal, un site internet ou une rumeur. 20% partagent spontanément des renseignements précis. 60% sont en attente de gestes et d’informations dont ils ont besoin pour leurs affaires. Parmi ces derniers, seul 1/3 renvoie l’ascenseur dans les 6 mois suivants.

Pas besoin d’être un super analyste et encore moins un spécialiste de la question du don et du contre don pour en déduire que ces réseaux sont en majorité constitués d’individus par trop tournés vers leur seuls intérêts. La principale conséquence qui en découle est que les « frères et sœurs »  qui reçoivent sans donner sont démasqués et blacklistés au bout de 6 à 12 mois d’appartenance au réseau. Pour ceux qui comprennent en revanche que tendre systématiquement la main ou se laisser inviter (sans réelle contrepartie) sont le meilleur moyen de perdre en intérêt et influence, le win-win reste un incroyable accélérateur de business et de réussite.

Pour aller aux sources du malaise, lire :

Gaston Paul Effa, « Nous, enfants de la tradition », éditions Anne Carrière, 2008

Guy Gweth

Le journal « Les Afriques » fait le pari de l’intelligence économique

In Agenda, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie on 15 octobre 2009 at 11:07

L_A_News

Dès le 22 octobre 2009, Les Afriques, le journal de la finance africaine, publiera une chronique hebdomadaire de l’intelligence économique (IE) sous la plume de Guy Gweth. Après France 24, c’est la première fois qu’un grand média international s’engage à traiter de ce sujet de manière continue. Une bonne nouvelle pour les entreprises et la communauté de l’IE.

Les Afriques est le premier journal financier panafricain. Tiré à 23 000 exemplaires, il paraît tous les jeudis sur un papier couleur « saumon » et possède des éditions marocaine  et algérienne. En pariant sur l’intelligence économique, l’hebdomadaire répond aux besoins des entrepreneurs africains et internationaux, et engage la sensibilisation à grande échelle de nos décideurs. Jusqu’à présent, la chaîne France 24 était le seul grand média international à consacrer un programme (bi-mensuel) à l’intelligence économique, une émission animée par Ali Laïdi.

Lancé en juillet 2007, l’hebdomadaire Les Afriques est consultable en ligne. L’ensemble des publications est disponible en PDF. Les titres sont libres d’accès (cliquer ici). En mai 2009, le site du journal comptait 6500 abonnés à la newsletter quotidienne, 135 000 visiteurs distincts et un total de 1.8 millions de pages affichées. La version papier est actuellement disponible en  Afrique centrale et de l’ouest, en Algérie, en Belgique, au Canada, en France (Métropole et DOM-TOM), en Italie, au Luxembourg, au Maroc, en Suisse et en Tunisie.

GwethMarshall Consulting

Belgique – l’intelligence stratégique vue de Wallonie

In Contre-Intelligence stratégique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Veille stratégique on 7 octobre 2009 at 7:15

Encore peu connue sous nos latitudes, l’intelligence stratégique est un enjeu capital pour le développement des petites et moyennes entreprises. D’après Vincent Bovy, directeur de l’Agence de Stimulation Économique, les PME wallonnes seraient bien inspirées de s’en soucier.

Très connue dans les pays comme le Canada ou les États-Unis, l’intelligence stratégique est encore peu connue dans nos contrées. Une méconnaissance qui n’étonne guère Vincent Bovy, le directeur de l’Agence de Stimulation Économique: “Il s’agit d’une approche que l’on ne s’étonnera pas de voir dans une entreprise britannique, suédoise ou finlandaise, et que l’on retrouvera moins au fur et à mesure que l’on se dirige vers le sud de l’Europe”. D’une manière générale, le directeur de l’Agence de Stimulation Économique relève une autre différence culturelle entre les pays du nord et les pays du sud de l’Europe, différence intimement liée à cette pratique de l’intelligence stratégique: “Les pays nordiques ont une forme d’approche directe, une forme de culot que l’on voit moins dans les cultures plus latines”. A cet égard, nos entreprises wallonnes sont pour ainsi dire au milieu du gué: elles sont modérément audacieuses.

“Sortons de nos frontières!”

Doit-on en conclure que nos entreprises sont moyennement menacées? Ce n’est pas l’avis de Vincent Bovy qui relève à juste titre que l’audace devrait être un incontournable de l’économie wallonne: “Nous voudrions voir pointer une préoccupation de croissance au sein des PME wallonnes (…) Il s’agit d’un sujet important, plus encore pour la Belgique et pour la Wallonie où c’est un gros euphémisme de dire que le marché domestique est un marché très réduit. Contrairement à des marchés comme celui de la France ou de l’Allemagne qui sont relativement vastes, le marché belge est un marché beaucoup trop petit et sur lequel évoluent déjà de très nombreuses entreprises. Dès lors, une chose saute aux yeux: la plus petite PME est confrontée à la globalisation de façon nécessairement plus brutale que ne peut l’être une PME allemande ou une PME française. D’où l’urgence, pour elles, d’enfin devenir audacieuses, de sortir de l’exigüité du territoire de la Wallonie et d’intégrer très vite ce processus d’intelligence stratégique.

L’intelligence stratégique, dans le concret

Très loin des grandes théories, Vincent Bovy appréhende cette pratique de manière très concrète: “L’intelligence stratégique, cela revient à intégrer d’autres dimensions sur maîtrise de l’information, sur les aspects liés à la protection du know how, à la maîtrise de tout ce que l’on appelle le knowledge management. Cette approche met aussi en œuvre des actions de lobbying, pratique qui touche à des sujets extrêmement importants puisqu’ils portent sur des questions aussi sensibles que celle des normes, des législations, des réglementations…” A cet égard, Vincent Bovy estime que les PME wallonnes ont encore un long chemin à parcourir: “Très honnêtement, un grand nombre de nos PME risquent vite d’être totalement hors-jeu si elles ne changent pas”. En effet, si les acteurs évoluant au sein des grandes entreprises belges sont totalement convaincus par l’importance de pratiques “exploratoires” comme le lobbying, et si l’on y maîtrise déjà assez bien les risques, c’est malheureusement encore loin d’être le cas au sein des PME”. Une situation très dangereuse, à cause de laquelle une PME wallonne bien portante peut mourir: “Imaginez une PME florissante qui ne s’est pas renseignée à propos des démarches à entreprendre pour protéger une innovation. Du jour au lendemain, elle peut se faire mettre à plat par une entreprise brésilienne, russe ou chinoise qui va lui damer le pion en lui volant une innovation qu’elle n’aura par exemple pas pris la peine de protéger”.

Les trois clefs de l’intelligence économique

C’est précisément là le sens de la démarche de l’Agence de Stimulation Économique: faire prendre conscience de l’urgence à devenir audacieux et à  maîtriser tous les circuits de l’information. Vincent Bovy: “Concrètement, il est important de pouvoir introduire au sein de chaque PME un système de veille économique. Cela va des outils de recherche dont certains -parfois assez performants- sont disponibles gratuitement sur Internet jusqu’à des outils de datamining plus spécialisés. Le deuxième point sur lequel il me semble important d’insister, c’est celui de la stratégie de protection du savoir-faire, de ses recherches, de ses données. Et le troisième et dernier point, c’est celui du lobbying. Imaginons que vous soyez imprimeur. Vous pouvez très bien être confronté du jour au lendemain à une nouvelle norme portant sur les encres. Une norme qui peut vous mettre dans l’embarras, parce que vous n’avez pas pu vous y préparer. En jouant à travers des réseaux que la PME devra prendre le temps de tisser soigneusement, l’entreprise peut accompagner le changement en cours, et se placer dans les meilleures conditions pour sortir grandie des évolutions qui se font jour dans son environnement”.

Ne plus se concentrer sur le seul produit

Pendant des années et aujourd’hui encore, de nombreux entrepreneurs ont eu le réflexe de faire porter leur réflexion stratégique sur leur produit, qui représentait -pensaient-elles- le cœur de leur activité. “Lourde erreur…”, observe encore Vincent Bovy. “Lorsque vous considérez un secteur qui a beaucoup bougé comme celui des matelas, que constatez-vous? Que des entreprises qui proposaient de très bons produits peuvent parfois se faire détrôner par des concurrents venus de pays que l’on pensait inoffensifs comme l’Inde ou le Pakistan”. A cet égard, Vincent Bovy observe que la politique de la PME doit bien sûr continuer à s’exercer sur le produit. Toutefois, pour innover, point de nécessité de mettre en branle des changements technologiques fondamentaux et extrêmement compliqués. Et Vincent Bovy de prendre l’exemple d’Amora qui a été le premier à inventer le panier remonte-cornichons, une sorte de petit panier en plastique qui permet de remonter des cornichons sans avoir à plonger les doigts dans le vinaigre. L’innovation sur le produit est donc une condition nécessaire, mais pas suffisante: il faudra aussi penser en terme de distribution innovante, de packagings attractifs, de partenariats révolutionnaires… Ne pas s’astreindre à cette gymnastique intellectuelle, c’est prendre le risque de laisser mourir son entreprise.

Agence de Stimulation Economique de Liège (Belgique) – Source : Pmekmo

Les capitaux libyens et russes à l’assaut de l’Italie

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Leadership, Stratégie, Veille stratégique on 2 octobre 2009 at 9:42

Roma

L’argent n’a pas d’odeur. Selon « Il Corriere della Sera », déjà 5 milliards d’euros ont été investis au cours des derniers mois par la Russie et la Libye en Italie et plus de 60 milliards devraient arriver rapidement. « Une rivière de capitaux », écrit le quotidien italien, même s’il y a des « préoccupations » avec ces deux pays, notamment en matière de droits de l’homme. Et les litiges commerciaux avec Tripoli ne manquent pas. La Libye devait encore quelque 626 millions de dollars à des entreprises italiennes, après la suspension des paiements en rétorsion de l’embargo des pays occidentaux de 1986.

Ce qui ressort de l’enquête du journal sur les investissements russes et libyens, c’est qu’ils sont surtout destinés à des sociétés leaders dans des secteurs stratégiques « avec tous les risques possibles pour le système italien ». Ainsi la banque centrale de Libye a investi dans UniCredit, la Libyan Investment Authority dans l’ENI, sans parler évidemment du club de football Juventus. De même le russe Severstal a racheté Lucchini, Metinvest a pris Trametal, Rusal Eurallumina. Et, d’après le journal, d’autres entreprises comme Telecom Italia, Finmeccanica, Impregilo, Generali sont dans le collimateur. Les possibilités d’investissement en Italie ne manquent pas et les « meilleures » propositions proviennent de Russie et de Libye. La légende de la caricature du « Corriere della Sera » résume ainsi la situation : « Ta banque, qui l’a achetée : les Russes ou les Libyens ? », demande un personnage. « Je ne sais pas. Les comptes sont en roubles et les intérêts en chameaux. »

Les Échos

Pétrole : la Chine vise 6 milliards de barils au Nigeria

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Stratégie, veille on 1 octobre 2009 at 9:28

La Chine voudrait conclure l’un de ses plus gros contrats d’énergie à l’étranger dans les prochains jours. Pékin est prêt à débourser entre 30 et 50 milliards de dollars au Nigéria pour y exploiter d’importants champs pétroliers.

La Chine qui cherche à sécuriser ses approvisionnements en hydrocarbure espère mettre la main sur une partie du pétrole du Nigéria, selon le Financial Times. Les gisements en négociation représentent un sixième des réserves du Nigéria soit 6 milliards de barils. L’offre chinoise est estimée entre 30 et 50 milliards de dollars.

LA CNOOC, l’une des trois majors chinoises de l’énergie, est en négociation avec le Nigéria au même titre que Shell, Chevron, Total et ExxonMobil pour exploiter 16 gisements dont les licences détenues par les sociétés pétrolières occidentales arrivent à la fin de leurs échéances.

Le ministre nigérian du Pétrole Rilwan Lukman a confirmé mercredi que des discussions étaient en cours avec la Chine sur un possible contrat pétrolier, mais qu’aucune décision n’a été prise. “Les Chinois ne sont pas les seuls à chercher à avoir accès au pétrole et au gaz du Nigéria… Nous sommes en discussion continue avec divers groupes et intervenants“, a-t-il précisé.

Rappel : avec ses 2.356.000 barils par jour, le Nigéria représente 2,9% du pétrole mondial. Le pays a vu sa production entravée par le conflit politique qui l’oppose au groupe séparatiste Mend dans le delta du Niger. Le Nigéria a rejoint l’OPEP en 1971.

TV,  AFP & GG

1000 bonnes raisons d’investir au Ghana

In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, veille on 27 septembre 2009 at 4:05

C’est au Ghana que Barack Obama, fraîchement élu Président des Etats-Unis, a réservé sa première visite officielle en Afrique, en compagnie du Corporate Council on Africa (CAA)[1]. C’était du 10 au 11 juillet 2009, 17 mois après son prédécesseur républicain Georges W. Bush. Entreprise dans le cadre de la nouvelle diplomatie américaine du smart power, cette visite avait également pour objectif stratégique de saluer le modèle démocratique ghanéen,  invitant les opérateurs internationaux à y investir.

Patrie du panafricaniste Kwame Nkrumah, le Ghana fait figure de berceau des « États-Unis d’Afrique » et regorge de tout ce que le continent compte de richesses au niveau des hommes, des institutions, de la faune, de la flore, du climat et du sous-sol. Situé au bord du golfe de Guinée, ce pays de 23 382 848 habitants partage ses frontières avec la Côte d’Ivoire, le Togo et le Burkina Faso. Avec ses 238 540 km², (presque l’équivalent du golfe persique) la Côte-de-l’or[2] est réputée pour ses minerais et sa bonne gouvernance économique et politique.

Les découvertes de  pétrole off shore commencées en 2007 (avec les 600 millions de barils des champs pétrolifères du Cap des Trois Points et de Deep Water Tano) continuent. En 2009, la société nationale (GNPC) et ses partenaires (Tullow Oil, Kosmos Energy, Anadarko et Sabre Oil & Gaz) ont annoncé la découverte de nouvelles réserves de pétrole et de gaz sur les côtes du bassin de Tano, à l’ouest du pays. Mis à part ce créneau, l’eau, l’énergie, le BTP, les NTIC et les transports sont les cinq grands secteurs où il fait bon investir en ce moment.

Le Ghana est 92ème dans le classement Doing Business 2010 devant l’Argentine (118), la Russie (120) et le Brésil (129) avec 135 créations d’entreprises sur toute l’année et un indice de divulgation de l’information de 7/10 contre 5.5/10 dans l’OCDE et 4.5/10 en moyenne en Afrique subsaharienne. Il faut 33 jours et 08 procédures pour créer une SARL dans le pays alors que la moyenne est de 41 jours et 9 procédures en Afrique subsaharienne. En visitant le Ghana, Barack Obama a tracé la voie de la réussite aux investisseurs qui osent.

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[1] Fondé en 1993, le Corporate Council on Africa  (CAA) a été institué pour faciliter les relations commerciales entre les  Etats-Unis et l’Afrique. Le Board du CCA est notamment composé des représentants de  Boeing, Chevron, Exxon Mobile, General Electric,  Johnson & Johnson Corp, Merck, Motorola, Oracle, Standard Bank Group et de World Coca-Cola Foundation.

[2] Nom du Ghana avant son indépendance en 1957,  appellation due à  ses immenses richesses minières (or, diamant, bauxite, etc.)

La Guinée ou l’art d’effrayer les investisseurs

In Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 25 septembre 2009 at 1:50

Alors que les pays riches rivalisent d’adresse pour attirer le plus d’investisseurs, de  touristes et de travailleurs qualifiés possible ; alors les pays émergents se battent pour séduire les entreprises qui délocalisent, de nombreux pays au sud du Sahara jouent à faire peur aux opérateurs étrangers. C’est le cas de la Guinée Conakry, un peuple de travailleurs infatigables, une terre de tradition hospitalière pourtant affublée de  la note « D »[1] dans la catégorie « environnement des affaires » du Département Etudes Economiques et Risques Pays de COFACE, au même titre que le Zimbabwé ou l’Afghanistan. L’insécurité.

Des exemples

Le 16 septembre dernier à Conakry, des militaires guinéens se présentent au siège de Total Guinée dans le but d’enlever son directeur général. Le DG, Philippe Chauvin, échappe aux agresseurs grâce à l’intervention de ses employés et de quelques passants. Un mois plus tôt, c’est l’ambassadeur de Ghana qui avait été enlevé, brutalisé et dépouillé par des hommes armés…

Des causes

Depuis la prise du pouvoir par les militaires au lendemain du décès de Lansana Conté le 23 décembre 2008, les diplomates et hommes d’affaires asiatiques, européens et africains sont régulièrement la cible de bandes armées qui se croient au dessus des lois. D’ici à 2012, le marché de la security business va flamber dans ce pays comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire.

Des réalités

Malgré ses ressources naturelles, la Guinée Conakry est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Elle est 173ème dans le classement Doing Business 2010[2] avec 179 créations d’entreprises/an pour 111 fermetures et un indice de protection des investisseurs de 172. Il faut 41 jours et 13 procédures pour créer une société à responsabilité limitée (SARL) dans ce pays[3].

Une solution

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[1] « D » équivaut à la moins bonne note du classement

[2] Doing Business, Rapport 2010, Banque Mondiale (BM) & International Finance Corporation (IFC)

[3] Pour créer une SARL en Afrique subsaharienne, il faut en moyenne 41 jours et 9 procédures.

Protégé : Le lobby juif crucifie Farouk Hosni à l’Unesco

In Communication d'influence, Coopération internationale, Guerre de l'information, Géostratégie, Lobbying, Risk Management, Stratégie on 23 septembre 2009 at 10:19

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Les développements de l’intelligence économique en Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie on 20 septembre 2009 at 4:00

Dans Le Monde diplomatique n°666[1], Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, écrit : « je reste, en effet, fondamentalement convaincu que celle-ci (l’Afrique) ne pourra résister aux défis de la globalisation qu’unie et solidaire. » Cette exigence d’unité et de solidarité vaut également pour l’intelligence économique (IE) dont la situation connaît d’énormes disparités sur le continent. Mais aussi inégaux soient-ils, les développements de l’IE au niveau des États, des entreprises, des éducateurs et des experts  doivent concourir à l’éclosion du désir de gagner ensemble que l’Union africaine appelle de ses vœux.

Les États

L’intelligence économique, ne nous voilons pas les yeux, tarde à être considéré comme un sujet d’importance vitale par les gouvernements africains. Sur ce point, les pays d’Afrique francophone (hormis le Sénégal et le Maroc dans une certaine mesure) peinent à emboiter le pas à la France où on observe de remarquables avancées. Malgré la barrière linguistique qui empêche de s’y intéresser de près, les meilleurs élèves du continent demeurent la Libye (2ème) et surtout l’Afrique du Sud (au 1er rang). 45ème pays le plus compétitif au monde[2], cette dernière a été classée 34ème dans le classement Doing Business 2009-2010 devant le Portugal (48), l’Espagne (62), la Chine (89), la Russie (120), l’Inde (133) et le Brésil (129). Le pays de Nelson Mandela attire 6,5 millions de touristes/an (soit trois fois la population du Gabon) malgré de graves problèmes d’insécurité.

Les entreprises

L’état des lieux décrit par Adrian Alvarez dans la dernière livraison de Competitive Intelligence[3] consacré à l’Amérique latine est applicable à l’Afrique. Invoquant les cas du Chili et du Brésil, Alvarez remarque : « Dans ces deux pays, les premiers départements de competitive intelligence ont vu le jour dans de grands groupes (tels que Unilever, Procter & Gamble)… » En Afrique, seules les multinationales comme Bolloré ou Progosa, MTN ou BMCE Bank… ont de vraies unités d’IE. La communauté des hommes d’affaires chinois diffuse également des bulletins d’alertes d’une redoutable efficacité dans la détection et la réponse aux appels d’offre. Certains grands groupes (de télécoms, énergie et transports) bénéficient d’informations concurrentielles obtenues par leurs ambassades grâce au matériel d’interceptions arrivé par la valise diplomatique. Les entreprises locales patientent.

Les éducateurs

Mise à part l’Afrique du Sud, le Sénégal semble être le seul pays africain où l’IE est officiellement enseignée en tant que spécialité. Au Burkina Faso, au Cameroun, au Maroc et à Madagascar notamment, des antennes locales d’universités ou de centres de formation français dispensent quelques heures de veille et d’IE à la française. Pourtant, dans Critical Success Factors in the Brazilian CI Process paru page 13 in Competitive Intelligence (vide supra), Fernando de Almeida, professeur à l’université de Sao Polo relève un détail d’importance: dans des cultures comme celles d’Afrique ou d’Amérique latine, « la communication, dit-il, passe par les mimiques (…) une partie seulement est exprimée de manière explicite, soit verbalement, soit par écrit. » Le refus et/ou l’incapacité d’intégrer la matrice culturelle locale dans les formations d’IE est pour le moins suspect.

Les experts-consultants

Parlant de businessmen dans le royaume chérifien, c’est Abdelmalek Alaoui qui résume à peu près la situation des professionnels africains de l’IE, « cette situation où ceux qui devraient se parler murmurent, ceux qui devraient collaborer s’observent, et où ceux qui devraient interagir se repoussent, conduit à une absence de visibilité totale quant à la stratégie du pays face aux nécessités de la guerre économique »[4] Heureusement, quelques acteurs tels que l’AMIE, GwethMarshall Consulting (1er cabinet d’intelligence économique en Afrique centrale) et l’OAIE travaillent à fédérer les énergies des experts africains au profit de stratégies sous-régionales tournées vers une vision régionale.

Pour conclure son texte cité plus haut, Jean Ping avertit : « au moment où la Commission  est en passe de devenir l’Autorité de l’Union africaine, l’Afrique doit plus que jamais donner des réponses à ses citoyens et lever les incertitudes… » La mission première de l’intelligence économique n’est-elle pas de réduire l’incertitude?

Guy Gweth


[1] Le Monde diplomatique (supplément), n°666, septembre 2009

[2] Forum économique mondial de Davos, Rapport sur la compétitivité globale 2008-2009

[3] SCIP, Competitive Intelligence, volume 12, n°3, mai/juin 2009

[4] Alaoui (A), Intelligence économique et guerres sécrètes au Maroc, Le serpent à plumes éditions, avril 2009

Vos chantiers thématiques pour la rentrée

In Benchmarking, Diplomatie économique, Intelligence compétitive, Intelligence sportive, Intelligence économique, Stratégie on 4 septembre 2009 at 8:50

Chers lecteurs,

Depuis janvier 2008, vous êtes plusieurs milliers à nous témoigner votre intérêt en consultant, en imprimant et en recommandant des centaines de pages de ce site. Nous vous en sommes reconnaissants. Car par vos commentaires et suggestions, grâce aux demandes toujours plus pointues des ONG’s et entreprises clientes, vous réussissez chaque jour à nous pousser à la conquête de nouveaux territoires d’investigations au profit de décideurs stressés par l’incertitude et des bouleversements constants. D’où ces chantiers thématiques.

Certains parmi vous le savent : si nous théorisons sur l’intelligence stratégique et la diplomatie économique, c’est davantage pour tenir en alerte nos publics-cibles, au plus pour sensibiliser l’opinion africaine, parfois échanger avec des collègues, éventuellement décoiffer les étudiants d’écoles bien pensantes et tracer des sillons aux générations futures, fût-ce modestement. Car l’intelligence, la vraie, ne se raconte pas. Non. Elle se pratique. C’est la substance de cette practice que nous allons exposer d’une manière plus cohérente.

L’objectif est de laisser les aspects pédagogiques de notre matière aux cabinets conseils, aux établissements supérieurs et autres centres de formation pour nous atteler à résoudre (ou tout au moins contribuer à solutionner) les problèmes d’ordre informationnel qui se posent aux États et aux entreprises ainsi qu’aux organisations de la société civile du Sud. Chaque thème abordé comprendra trois articles d’une page A4. Pas plus. Ce que Siméon Ombiono, notre ancien professeur de droit civil qualifie de « pluie d’idées dans un désert de mots. »

Seuls les articles protégés ou dictés par une actualité brûlante échapperont à la règle des trois billets. Chaque fois que cela sera possible, nous invoquerons le passé pour tenter de sonder le présent et nous projeter dans l’avenir. C’est Christian Harbulot, notre maître en infoguerre qui aime à rappeler que « les gens ont tendance à répéter leurs actes… » Cela est particulièrement vrai dans le cadre d’attaques informationnelles comme nous le verrons ensemble. Même en essayant d’innover, les lignes de forces de nos articles resteront celles-là.

Dans les jours qui viennent, nous aborderons tour à tour les thèmes de l’exception africaine en matière d’intelligence économique (en compagnie d’experts africains tels que Joseph Bayehe, directeur exécutif de l’organisation africaine de l’intelligence économique), la souveraineté des États africains en matière de télécommunications où nous montrerons avec l’aide d’ingénieurs comment l’Afrique est sur écoutes 24h/24. Suivront l’affrontement des compagnies aériennes dans le ciel africain, l’agriculture, le tourisme… etc.

Plus tard, le tirage au sort de la coupe du monde de football 2010 au pays de Nelson Mandela sera l’occasion d’approfondir le thème de l’intelligence sportive. Du coup de tête de Zidane aux soupçons portés sur le sprinter jamaïcain Usain Bolt, triple recordman mondial, en passant par les rumeurs lancées contre la championne sud-Africaine du 800 m Caster Semenia… Nous décrypterons les dernières techniques de déstabilisation en cours dans le sport de haut niveau avec l’espoir que l’Afrique remporte sa première World Cup.

Chers lecteurs, si ces chantiers thématiques devaient manquer leur objectif, merci de nous l’exprimer en pensant comme Montaigne que c’est « du choc des idées (que) jaillit la lumière. »

Bonne rentrée !

Guy Gweth

Sectes : OPA sur l’Afrique

In Communication d'influence, Intelligence culturelle, Intelligence stratégique, Perception Management, Soft Power, Stratégie on 18 août 2009 at 10:00

Le 20 juillet 2008, nous publiions une carte postale de notre enquête sur l’industrie de la foi sur le continent noir sous le titre : le business de Dieu en Afrique subsaharienne. L’intérêt de notre étude pour l’intelligence économique et stratégique était triple. Primo : évaluer le capital et les intérêts générés le syndicat de Dieu. Secundo : décrypter les stratégies de contrôle mental activés pour ferrer les cibles. Tercio : sonder l’impact de cette industrie à l’organisation al qaedienne sur la société, l’économie et l’establishment politique des pays concernés. Un an plus tard, presque jour pour jour, le très bel article signé de Fabienne Pompey ce 17 août 2009 sur le site de Jeune Afrique sous le titre Sectes : OPA sur l’Afrique vient corroborer nos premiers résultats. Le journal de Béchir Ben Yahmed va même plus loin en citant les noms de puissantes organisations religieuses que nous préférions garder sous silence, à l’époque, pour les besoins de l’enquête. En voici quelques extraits. GG

“On trouve de tout sur le marché religieux et mystique du continent : des grandes Églises, des petites, des prophètes autoproclamés, des sectes et groupes initiatiques en tous genres. Un méli-mélo de la spiritualité qui profite de la grande liberté laissée aux cultes et de la misère des populations. Dérives, escroqueries et manipulations mentales : tout est, hélas, permis.

“Traquées, parfois traduites en justice en Europe – notamment en France, où la vigilance est forte –, les sectes trouvent en Afrique une terre d’accueil sans contraintes. De même, les évangélistes américains ou brésiliens professent, voire s’installent, à peu près comme ils veulent. Et les mystiques et autres mouvements new age ne rencontrent pas non plus d’entraves. Baignée dans les rites initiatiques, la sorcellerie, la magie, les fétiches et autres croyances, l’Afrique est une terre ouverte aux religions et à leurs avatars.

“Souvent dissimulés sous des associations de bienfaisance ou humanitaires, les sectes et mouvements religieux, européens, américains ou asiatiques, s’immiscent discrètement dans le quotidien des Africains. Un exemple : le 24 avril 2009, le quartier de Cocody, à Abidjan, abrite une cérémonie de lancement du Festival mondial de la paix, accompagné d’un projet « à impact social » sur le campus. La fête est rehaussée par la présence d’un représentant de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), Hamadoun Touré. Il fera même un discours, assez classique, sur la paix, principale préoccupation des Ivoiriens. Rien que de très ordinaire. À un seul détail près : la cérémonie se tient à l’initiative de la secte Moon.

“Le rêve africain de Moon

“Il y a bien longtemps que Moon a ses entrées à l’ONU. Après avoir fait ses premières recettes sur le thème de la lutte contre le communisme, avec un temps le soutien de la CIA, le gourou d’origine coréenne a senti le vent tourner et a réorienté sa croisade vers la « paix universelle ». Il crée alors des dizaines d’ONG et la FPU est reconnue, à ce titre, comme partenaire de l’ONU. Moon obtient une tribune aux Nations unies.

“À Paris, le porte-parole de son Église de l’unification, Laurent Ladouce, travaille à l’élaboration d’un « rêve africain », « le rêve de l’Afrique de jouer un rôle accru dans le monde et le rêve de centaines de millions d’Africains de mener une vie meilleure ». Pour cela, il faudrait « faire ressortir la beauté de la personnalité africaine, ses valeurs fortes et universelles, qui feront que les gens auront envie d’aimer les Africains, de les avoir comme amis, comme partenaires ». Le texte est un salmigondis de réflexions à l’emporte-pièce, allant de la définition d’une « stratégie touristique panafricaine » à une « éthique africaine du capitalisme ».

“De son Japon natal, Daisaku Ikeda, président de Soka Gakkai, bouddhiste, pense aussi que « l’Afrique est le continent du XXIe siècle ». Ce mouvement religieux et politique, qui revendique quelque 12 millions de membres dans le monde, est présent en Côte d’Ivoire depuis 1983, où il a été reconnu comme Église en 1999. Il aurait aujourd’hui 11 000 adeptes ivoiriens, dont un tiers dans le seul quartier de Yopougon, à Abidjan. Les représentations les plus importantes sur le continent sont au Ghana et en Afrique du Sud, mais aussi en Zambie, en Namibie, au Zimbabwe, en RDC ou au Mozambique.

“Avoir la caution d’un chef d’État, ou de hautes personnalités, est essentiel pour ces mouvements, qu’ils soient religieux, philosophiques ou thérapeutiques. C’est ainsi que l’une des grandes réussites de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, l’Amorc, sous l’impulsion de son ancien et défunt « Imperator », Raymond Bernard, a été de pouvoir compter dans ses rangs le président camerounais Paul Biya. Plusieurs membres du gouvernement ou des grands corps d’État sont, ou ont été, rosicruciens. Sur le continent, l’Amorc revendique quelque 25 000 membres et organise très régulièrement conférences et séminaires, de Dabou à Ouaga, en passant par Kinshasa.

“Ainsi, l’Église de scientologie, d’origine américaine et extrêmement suspecte aux yeux des autorités françaises, a été reconnue d’utilité publique en 2007 en Afrique du Sud. Elle bénéficie ainsi d’exonérations fiscales sur les dons des adeptes. Les scientologues ont racheté dans ce pays plusieurs superbes demeures classées. À Port Elizabeth, ils ont acquis un bâtiment ancien pour 8 millions de rands (près de 700 000 euros), plus 6 millions pour les rénovations, et profitent de l’exonération de taxes réservée aux investisseurs qui réhabilitent des monuments historiques !

“La scientologie se développe en Afrique sous couvert de ses « volontaires », qui interviennent dans des situations d’urgence humanitaire ou de programmes antidrogue, ou même dans des ONG de défense des droits de l’homme, comme le Youth for Human Rights International en Afrique du Sud. Ils ont aussi très officiellement pour mission « de réaliser des formations et des séminaires basés sur le travail de Ron Hubbard », le théoricien et fondateur de la scientologie.

“Les sectes poussent sur le terreau de la misère, du désespoir. Et, en Afrique, croyez-moi, les gourous se portent bien », assure Claude Wauthier, auteur de Sectes et prophètes d’Afrique noire. L’une des clés qui ont ouvert aux sectes les portes de l’Afrique réside dans leur promesse d’une vie meilleure, ici et maintenant. « Les gens cherchent une prière rentable dans le cadre d’un objectif précis : une guérison, la recherche d’un emploi, la réussite d’un projet, la résolution d’un conflit », estime Isidore Ndaywel è Nziem dans son Histoire du Zaïre.

“Plus grave, le projet politique qui se cache sous les oripeaux de la religion. « La pratique dans ces groupes amène à l’absence d’esprit critique, de distanciation, et à une désocialisation ; les sectes sont persuadées d’avoir trouvé un modèle social et donc un modèle politique qu’elles n’ont de cesse de dupliquer. Or ce sont en général des systèmes théocratiques, tyranniques et dictatoriaux », ajoute Jean-Pierre Jougla. « Dès qu’il y a un signe de déliquescence ou de vacance du pouvoir, les sectes se développent automatiquement », affirme-t-il […]

Retrouvez l’article complet dans Jeune Afrique

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Le business de Dieu en Afrique centrale

Guerre économique : la bataille pour le contrôle mental

Les taupes de Fidel Castro aux Etats-Unis

In Espionnage économique, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Sécurité on 9 août 2009 at 11:12

C’est l’histoire vraie d’un couple de septuagénaires américains qui espionnaient leur propre pays au profit de Fidel Castro. Un chef d’œuvre pour les services de renseignements cubains qui ont réussi à traiter pendant 30 ans un haut fonctionnaire US au dessus de tout soupçon. Cette histoire peut être lue sous le prisme de l’intelligence économique, mutatis mutandis.

GG

“Cette fois-là, Walter Kendall Myers a manqué de vigilance. C’est une faute professionnelle pour un agent secret. Le 15 avril dernier, lorsqu’un inconnu l’aborde sur un trottoir de Washington, lui souhaite « bon anniversaire » et lui tend un « puro » – l’un de ces cigares cubains interdits de vente aux Etats-Unis – ce distingué haut fonctionnaire à la retraite est persuadé d’avoir affaire à son « officier traitant » de La Havane. Erreur fatale : l’inconnu en question est en réalité un enquêteur du FBI qui boucle trois ans d’investigations. Et s’apprête à faire éclater au grand jour une affaire d’espionnage digne des meilleurs polars de John le Carré.

“Taupe ayant ses accès dans les sommets de la diplomatie américaine, Kendall Myers, 72 ans, travaillait en effet pour le compte de Cuba… depuis trois décennies ! Expert et analyste en relations internationales au Département d’Etat, ce gentleman au profil d’aristocrate anglais détenait une accréditation « top secret ».

“Il pouvait ainsi accéder quotidiennement à la base de données de cette administration, aujourd’hui dirigée par Hillary Clinton. Avec l’aide de sa femme, Gwendolyn, 71 ans, assistante de direction à la banque Riggs, le fonctionnaire a transmis des milliers de documents et d’informations ultrasensibles à ses officiers traitants, qui, à leur tour, les acheminaient directement vers le bureau de Fidel Castro.

“Arrière-petit-fils de l’inventeur du téléphone Alexander Graham Bell, Kendall Myers présentait pourtant un pedigree au-dessus de tout soupçon. Issus de la bonne bourgeoisie américaine, lui et son épouse vivaient dans un immeuble chic des beaux quartiers de Washington. Amis, famille, collègues ne leur connaissaient qu’une seule passion : la voile, que ce couple BCBG pratiquait chaque week-end à bord de son « 37-pieds ». Jamais, au grand jamais, ils n’avaient manifesté devant eux le moindre intérêt pour la politique latino-américaine ni mentionné le nom de Cuba.

“En cet après-midi fatidique du 15 avril, le vrai-faux officier traitant cubain demande à Kendall Myers de le retrouver, le soir même, au bar d’un hôtel. Deux autres rencontres secrètes suivront, les 16 et 30 avril, toujours à Washington, mais dans l’intimité de chambres d’hôtels. Habitué à travailler en tandem, Kendall Myers vient chaque fois avec Gwendolyn, sa femme, sa complice. Au fil de cinq heures de discussions au total, l’agent du FBI multiplie les questions pièges afin de vérifier les éléments de l’enquête en sa possession.

“En confiance, les septuagénaires n’y voient que du feu. « Comment va tout le monde, à la maison ? » interrogent-ils d’emblée avant d’exprimer leur amour immodéré pour l’île communiste, où ils rêvent de se rendre un jour à la voile, car « Cuba compte vraiment pour [eux] ». L’instant d’après, badins, ils dénigrent les Etats-Unis : « Le problème de ce pays, c’est qu’il y a trop d’Américains. » Mais l’essentiel est ailleurs : lors des trois rendez-vous secrets, par petites touches, les époux Myers livrent d’innombrables et fascinants détails sur leur travail d’agents cubains.

“Titulaire d’un doctorat en relations internationales, Kendall Myers entame sa carrière au Département d’Etat à la fin des années 1970. Spécialiste de l’Europe, il est d’abord enseignant au sein du Foreign Service Institute (FSI), où il prépare les diplomates en partance pour le Vieux Continent. En 1978, lui-même assiste, en auditeur libre, à une conférence sur Cuba donnée par un diplomate de ce pays. A la fin de sa présentation, le Cubain invite Kendall Myers à participer à un voyage d’études non officiel sur l’île, où il se rend en décembre 1978, pendant deux semaines.

Sur place, l’Américain est pris en main, à son insu, par les services cubains, qui lui réservent leur meilleur « tratamiento », lequel consiste à présenter à leurs invités de marque la révolution sous son meilleur jour. Le « traitement » est couronné de succès [...]

Lire l’article complet in L’Express.

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Une taupe dans le dispositif d’intelligence économique

Guerre économique: la bataille pour le contrôle mental

Protégé : Etranges tractations autour du diamant camerounais

In Diplomatie économique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Lobbying, Stratégie on 3 août 2009 at 8:40

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Le groupe Ben Laden à l’assaut du marché ouest-africain

In Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Leadership, Stratégie, veille on 28 juillet 2009 at 12:18

Après une timide offensive ces dernières années en Afrique subsaharienne, le géant saoudien, Saudi Ben Laden Group, se lance à la conquête de l’Afrique francophone conformément à la nouvelle politique d’investissement en direction du marché ouest-africain convenue par ses administrateurs au courant de la première quinzaine du mois de juillet 2009.

Passer à la vitesse supérieure

Cette option stratégique des décideurs de la multinationale saoudienne intervient au lendemain d’opérations de prospection fructueuses effectuées en Afrique occidentale, respectivement au Sénégal, au Mali et en Guinée, entre mai et juin. Le groupe Saudi Ben Laden, qui a décidé de promouvoir son image en Afrique subsaharienne face à la montée en puissance des firmes asiatiques – via son programme d’investissements 2010-2014 – entend passer à la vitesse supérieure. Dans le domaine des hydrocarbures, Saudi Ben Laden arrive sur le marché sénégalais. Compte tenu de sa position stratégique, la multinationale saoudienne a fortement manifesté son intention d’acquérir 34% du capital de la SAR (Société Africaine de Raffinage) aux côtés de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de la société à hauteur de 65,4%) et de la firme pétrolière française, Total, présente dans le capital avec 34,6%. Lourdement handicapée ces dernières années par les fluctuations du marché pétrolier mondial et les manquements de la politique énergétique du pays, la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui tournait quasiment à perte, serait en passe de sortir la tête de l’eau. Saudi Ben Laden a décidé de mobiliser un investissement de près de 250 milliards de FCFA à court terme pour redresser l’entreprise ainsi « sauvée » de justesse d’un dépôt de bilan (…)

Total reste prudent

Total adhère avec beaucoup de réserve au schéma d’engagement de capitalisation envisagé par Saudi Ben Laden qui passerait de 34% à 51% du capital dans les années à venir. Même si le pétrolier français est resté à la table des négociations avec le géant saoudien, l’heure est à la prudence côté français. A en croire une source proche du dossier, « Total pourrait ne conserver que 20% des parts contre 34% à l’heure actuelle, après la prise d’actions de Saudi Ben Laden à hauteur de 51% qui deviendrait l’actionnaire majoritaire ». Le reste du dispositif actionnarial sera partagé entre l’Etat et le personnel, selon cette source. Le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr a décliné les ambitions du groupe saoudien qui a inscrit dans le cahier de charges le liant à la SAR la création d’une raffinerie d’exploitation complète et qui alimentera en produits pétroliers les pays de la sous-région africaine. Dotée d’une capacité de stockage de 1,2 million/t, largement en dessous de la demande en énergie qui serait de l’ordre de 1,8 million, la SAR compte, via son nouveau partenaire stratégique, redonner un second souffle à la filière hydrocarbures. Saudi Ben Laden group devrait libérer une première tranche des fonds, estimée à près de 120 milliards de FCFA d’ici à fin septembre 2009.

Le Mali dans les rangs

Le consortium saoudien, qui poursuit son offensive sur le marché ouest-africain, est également annoncé au Mali pour un important projet d’investissements dans le secteur immobilier. Saudi Ben Laden figurerait sur la short-list des entreprises internationales ciblées par le gouvernement malien qui a lancé il y a deux mois un programme de 4850 logements à réaliser avant fin 2010. Des officiels saoudiens du groupe Saudi Ben Laden ont pris langue avec l’Office malien de l’habitat pour réaliser ces travaux sous forme de joint-venture public-privé. Déjà, on apprend que l’Etat malien a soumis aux partenaires financiers internationaux ce projet immobilier en juin dernier et que la Banque Islamique de Développement (BID) est pressentie comme chef de file des bailleurs pour son financement. Saudi Ben Laden, serait prêt à apporter une enveloppe de 60 milliards de FCFA en partenariat avec le secteur public malien.

Ismael Aidara

Renseignement: les vieilles couvertures en cause

In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, Sécurité on 15 juillet 2009 at 9:15

Il n’est que de feuilleter la florissante littérature des services secrets pour se rendre à l’évidence que les couvertures de «journaliste », « humanitaire » ou « universitaire »  sont parmi les plus vieilles d’usage dans le cadre des covert operations. Mais au delà des précautions à prendre en pareille occasion, l’enlèvement d’agents français en Somalie le 14 juillet 2009 offre le prétexte idéal pour soulever deux des questions  qui travaillent la communauté du renseignement dans les pays occidentaux en guerre contre le terrorisme islamiste: la capitalisation des agents issus de minorités ethniques et la nécessaire rénovation des techniques de renseignement humain (Humint). L’exploitation de sources ouvertes par les forces hostiles (grâce aux NTIC) a radicalement changé la donne sur le théâtre des opérations.

Paris, 14 juillet 2009. 8h 35. Les Champs Elysées grouillent de monde. Le soleil brille sur la capitale française mais on a l’impression qu’il cache de gros nuages. Dans l’attente de Nicolas Sarkozy qui doit présider le défilé militaire, France 2 diffuse les images de quelques membres du gouvernement. Parmi eux, Hervé Morin, l’air soucieux. La co-présentatrice du Direct, Marie Drucker, explique que le ministre de la défense est préoccupé parce que « deux étrangers ont été arrêtés tôt ce matin en Somalie. A l’heure qu’il est, on ne connaît pas leur nationalité. » En fait d’étrangers, il s’agit de « deux conseillers français en mission officielle d’assistance auprès du gouvernement somalien. »[1]

D’après notre confrère du blog Secret Défense, les deux Français auraient été envoyés récemment sur place par la Direction Générale de la Sécurité Extérieure pour une mission de conseil en matière de sécurité, dans le cadre du soutien de la France au gouvernement légal du président cheikh Charif Ahmed. L’enlèvement a d’ailleurs eu lieu à l’hôtel Sahafi, l’une des zones les plus sécurisées de la capitale. Tout de suite après, l’ONG Reporters Sans Frontières[2] est montée au créneau s’estimant « choquée qu’ils aient pu se faire passer pour des journalistes. Etre journaliste, ce n’est pas une couverture, dit RSF, c’est un métier… »

Une grande cécité guette désormais les services occidentaux. Rivés dans une posture du fort au faible, ils sont incapables d’une part d’envisager que l’adversaire est au fait de techniques (permettant de trouer les vieilles couvertures d’usage dans la milieu); pis, certains s’empêchent de promouvoir et d’utiliser leurs agents opérationnels originaires de « zones sensibles ». Ces derniers sont tout juste bons à traduire des écoutes et au mieux à infiltrer des bandes de braqueurs ou de dealers dans les « banlieues difficiles ». On feint d’ignorer que lorsqu’un « visage de craie »[3] pose son pied sur le tarmac de Mogadiscio, il est immédiatement « pris en charge »(?)

Au 2nd trimestre 2008, dix agents africains-américains des services secrets se sont plaint de discrimination raciale aux Etats-Unis. Dans le procès qui les opposait à leurs supérieurs, ils ont brandi devant la cour fédérale du District de Columbia des e-mails méprisants échangés entre leurs supérieurs hiérarchiques respectifs. En Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et en France, les agents issus de minorités avouent sous anonymat qu’ils sont parfois mal notés et qu’ils ne grimpent pas assez vite dans la hiérarchie à cause de leurs origines… Des accusations graves et récurrentes mais difficiles à vérifier de l’extérieur. Les contradictions du monde « civilisé » feraient-elles le lit des intégristes ? A voir.

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“Secret Défense” : 1 vecteur, 2 messages, 3 cibles

Guy Gweth


[1] Selon les termes du communiqué publié dans l’après-midi du 14 juillet 2009 par le Quai d’Orsay.

[2] D’après Reporters Sans Frontières, cinq journalistes ont été tués dans le pays depuis le 1er janvier 2009.

[3] Expression populaire désignant les personnes de race blanche en langue locale.

Protégé : Profiling du candidat français à la Présidence du Gabon

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Intelligence stratégique, Leadership, Stratégie on 9 juillet 2009 at 10:29

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Exxon et les négationnistes du réchauffement climatique

In Communication d'influence, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Prospective, Stratégie on 4 juillet 2009 at 12:30

C’est un constat: le réchauffement climatique de notre planète ne fait pas l’unanimité. Et pour cause… C’est un vrai business que de militer « pour » ou « contre » la thèse du réchauffement à Bruxelles ou à Washington D.C. tant les enjeux économiques sous-jacents sont colossaux. Dans les sphères où se décide l’avenir de l’humanité, les stratèges du doute au service du dilatoire (les négationnistes) résistent admirablement au rouleau compresseur de la pensée dominante grâce à une communication d’influence intensive et ciblée. Nous reprenons l’article du Monde ci-après parce que l’écologie est avec la lutte contre le tabagisme l’un des terrains de guerre économique les âpres et des plus feutrés tout à la fois, et que cet article dévoile un des épisodes symptomatiques du climat qui y prévaut.

« Exxon Mobil Corporation, la première compagnie pétrolière mondiale, a financé en 2008 des recherches remettant en cause le réchauffement climatique. Dans son édition du 1er juillet, le quotidien britannique The Guardian rappelle que les comptes d’Exxon Mobil montrent qu’en 2008, la compagnie a participé à hauteur de 75 000 dollars aux recherches du NCPA – National Center for Policy Analys, situé à Dallas (Texas) –, de 50 000 dollars à celles de l’Heritage Foundation et de 245 000 dollars à celles de l’American Enterprise Institute for Public Policy Research, toute deux situées à Washington. Ces différents lobbies sont connus pour leurs positions très sceptiques vis-à-vis du réchauffement climatique.

« Cité par The Guardian, Bob Ward, directeur de la communication de l’Institut de recherche sur les changements climatiques et l’environnement de la London School of Economics, considère que le NCPA comme l’Heritage Foundation ont publié des informations “inexactes et trompeuses sur les changements climatiques“. Le NCPA déclare notamment sur son site Internet que “si les causes et les conséquences de la tendance au réchauffement climatique sont encore inconnues, le coût des actions visant à réduire sensiblement les émissions de CO2 serait très élevé et entraînerait le déclin économique, l’accélération de la destruction de l’environnement, et n’aurait que peu d’effet sur le réchauffement global, quelle que soit sa cause“.

“L’ANNÉE 2008 EST PLUS FROIDE QUE L’ANNÉE 2007″

« De son côté, l’Heritage Fondation publiait, à l’occasion de la conférence sur le réchauffement climatique de décembre 2008 réunissant 190 pays à Poznan (Pologne), un mémorandum dans lequel elle remettait en cause le principe même du protocole de Kyoto. “Un nombre croissant de preuves scientifiques mettent en doute la menace du réchauffement climatique, notamment le fait que l’année 2008 est plus froide que l’année 2007“, écrivait alors Ben Lieberman, analyste principal des politiques de l’énergie et l’environnement pour l’Heritage Foundation.

« The Guardian rappelle pourtant qu’ Exxon avait admis, dès mai 2008, que son soutien à des groupes de pression qui remettent en question les changements climatiques entravait les actions visant à lutter contre le réchauffement. La compagnie affirmait alors son intention de couper les fonds de plusieurs de ces lobbies pour ne plus détourner l’attention sur les nécessaires recherches en matière d’énergie propre.

« Et malgré tout, selon l’agence AP, Exxon Mobil, comme les autres compagnies pétrolières, a encore augmenté de manière importante ses dépenses en matière de lobbying au cours du premier trimestre 2009. L’agence de presse chiffre à 44,5 millions de dollars les sommes déjà investies à Washington par les différents lobbies pétroliers en seulement trois mois, contre 129 millions de dollars sur l’ensemble de l’année 2008.

« Avec 9,3 millions de dollars investis, Exxon Mobil a déjà multiplié par trois ses dépenses par rapport à 2008. Selon AP, les compagnies pétrolières et les raffineurs cherchent notamment à limiter le coût de l’impact de la politique de Barack Obama sur le réchauffement climatique. »

Guy Gweth

Le new deal économique mondial selon Bilderberg 2009

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Management de l'information, Stratégie on 27 juin 2009 at 1:15

Le Groupe de Bilderberg est plus qu’un réseau d’élites. C’est un gouvernement mondial informel organisé en trois cercles concentriques. Il comprend les personnalités les plus influentes du monde des affaires, de la politique, des médias et du renseignement. La Conférence de Bilderberg se tient tous les ans depuis 1954. Dans un article assez détaillé paru dans Mondialisation, mon ami Andrew Gavin Marshall revient sur le plan de Bilderberg 2009 de réforme de l’économie politique mondiale. Un sujet d’importance stratégique pour la planète passé sous silence par les médias francophones.

Extraits:

« Du 14 au 17 mai l’élite mondiale a tenu une réunion secrète en Grèce dans le cadre de la conférence annuelle de Bilderberg sous l’attention éparse et restreinte des médias internationaux. Environ 130 des personnes les plus puissantes au monde se sont réunies afin de discuter des problèmes actuels urgents et de tracer une voie à suivre pour l’an prochain. Cette année, le principal sujet de discussion était la crise financière mondiale, ce qui n’est pas surprenant, si l’on considère que la liste des participants comprend bon nombre des premiers architectes de la crise ainsi que ceux étant sur le point de la ‘régler’.

« À la rencontre secrète dont il est question ‘une douzaine des personnes les plus riches au monde, invitées par Bill Gates et Warren Buffet, se sont rencontrées pour une réunion privée sans précédent pour discuter de dons d’argent’. La conférence se tenait à l’Université Rockefeller et comptait des philanthropes notoires tels Bill Gates, Warren Buffett, le maire de New York Michael Bloomberg, George Soros, Eli Broad, Oprah Winfrey, David Rockefeller Sr. et Ted Turner. Un des participants a déclaré qu’’elle n’était pas secrète [mais plutôt] censée être une réunion entre amis et collègues [et] dont les gens discutaient depuis longtemps. Bill et Warren espèrent le faire occasionnellement. Ils ont lancé une invitation et les gens sont venus’.

« Le journal Times du Royaume-Uni rapportait que ces ‘éminents milliardaires se sont rencontrés en secret pour envisager la façon dont leur richesse pourrait être utilisée pour ralentir la croissance de la population mondiale [et qu’ils] avaient parlé de joindre leurs forces pour surmonter les obstacles politiques et religieux au changement’. Fait intéressant, ‘la séance informelle d’après-midi était si discrète que certains assistants de ces milliardaires se sont fait dire qu’ils assistaient à un “breffage sur la sécurité“’. En outre, ‘on a alloué 15 minutes à chacun des milliardaires afin qu’ils présentent leur cause favorite. Pendant le dîner, ils ont discuté de la manière dont ils pourraient choisir une “cause d’ensemble“ pouvant servir leurs intérêts’. Ils ont par ailleurs ‘convenu que la surpopulation était une priorité’.

« Parmi les membres du Groupe Bilderberg, on trouve divers monarques européens. À la conférence cette année, il y avait la reine Beatrix des Pays-Bas, laquelle est justement l’actionnaire individuelle la plus importante de Royal Dutch Shell, une des plus grandes compagnies au monde. Elle était accompagnée d’un de ses trois fils, le prince Constantijn, qui a travaillé avec le Commissaire européen néerlandais pour l’Union européenne et comme expert-conseil en politiques stratégiques chez Booz Allen & Hamilton de Londres. Ce cabinet de consultants en stratégie et en technologie possède de l’expertise en analyse économique et commerciale, en analyse du renseignement et recherche opérationnelle, ainsi qu’en technologies de l’information, parmi bien d’autres [...]

Lire l’article complet d’Andrew Gavin Marshall in Mondialisation

Guy Gweth

Protégé : Le décryptage exclusif des psyops 2.0 testés en Iran

In Communication d'influence, Gestion de crise, Guerre de l'information, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Stratégie on 25 juin 2009 at 12:00

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Sécurité : Périclès convoqué place Beauvau

In Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, Stratégie, Sécurité on 22 juin 2009 at 5:45

Illustre homme politique grec, Périclès vécut de -495 à -429. Particulièrement éloquent, ce fils de militaire s’initia très tôt à la gestion des affaires de la cité avant d’accéder au poste de stratège où il fut exceptionnellement élu quinze ans de suite. Son influence fut telle sur son époque qu’aujourd’hui encore, certains parlent du « siècle de Périclès » comme on parlerait du siècle de l’information, toutes proportions gardées bien sûr. Car si ce brave stratège athénien devait ressurgir pour calibrer la quête du renseignement aux exigences des Etats modernes, il opterait sans doute pour un logiciel d’analyse de données à entrées multiples. C’est ce qu’a entrepris le ministère français de l’intérieur pour mettre à la disposition des gendarmes, des policiers et des juges cet outil d’enquête assisté par ordinateur (EAO). Une démarche qui intéresse aussi les professionnels de l’intelligence économique et stratégique.

Comment va fonctionner Périclès ?

Si dans les prochains jours, le ministère français de l’Intérieur réussit à faire passer son article spécial dans la loi d’orientation pour la sécurité («Lopsi 2»), alors pour tout individu tombant sous le coup de cette loi, Périclès pourra, sous le contrôle d’un juge, fournir en un clic : des données relatives à ses antécédents judiciaires, ses appels téléphoniques, ses informations bancaires, sa sécurité sociale, son permis de conduire, sa carte grise, son Google profile (réseaux sociaux compris: Facebook, Twitter, MySpace… etc.) ainsi que les références GPS du périmètre du crime et des environs. L’objectif des analystes ici sera de détecter la répétition de signatures techniques. Car plus on introduira des fichiers interopérables, plus Périclès aura le pouvoir de générer des « associations». Ainsi, pour le criminologue Alain Bauer, «la méthode sérielle crée des coïncidences là où il n’y avait que des hasards».

Périclès représente-il une révolution ?

Fidèles à l’image d’exception qu’ils ont de tout ce qu’ils réalisent, certains amis français parlent déjà de révolution à propos de Périclès dans Le Figaro, ce qui n’est pas faux si on se limite à l’Hexagone. Car jusqu’ici, les policiers et gendarmes français devaient étudier chaque fichier de manière quasi artisanale, avec une lenteur prudente mais préjudiciable à l’enquête. Périclès sera révolutionnaire parce qu’avec son système de réquisition judiciaire accélérée, il ira instantanément collecter l’information actualisée dans des bases de données des administrations publiques (ex: la police) ou privées (ex: les opérateurs de téléphonie mobile). Mais il suffit de regarder des séries américaines telles « FBI: portés disparus » ou « Les experts Miami » pour se rendre compte qu’outre Atlantique, les enquêteurs fédéraux ont plus de dix ans d’avance sur le sujet, y compris dans le cadre d’opérations de competitive intelligence.

Quel intérêt pour les experts de l’IE?

L’idée que Périclès s’étende aux banques de données d’administrations telles que les institutions financières, le fisc ou la sécurité sociale attise silencieusement la convoitise des professionnels de l’intelligence économique qui aimeraient bien en avoir une copie. Hélas, pas dans la patrie des droits de l’Homme ! Certaines associations n’y voient-elles pas déjà une espèce d’EDVIGE pour les méchants ? En tout état de cause, ce logiciel consacre la république des analystes dans une société de l’information où la principale équation à résoudre en matière de renseignement est calquée sur le calcul de la vitesse (V= d:t) [2]. L’intelligence économique appliquée au territoire a donc instamment besoin d’un Périclès à lui, tout aussi respectueux de la vie privée des citoyens que de la sécurité économique de la nation et des entreprises dites stratégiques. Les pires criminels ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils ont muté. Périclès aussi.

Guy Gweth


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pericles

[2] Vitesse (V) = distance (d) : temps (t). Mutatis mutandis,

Renseignement (R) = information(I) : temps (t)

Anticiper grâce au Management Profiling

In Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, veille on 20 avril 2009 at 6:29

Le magasine Competitive intelligence dans son volume 12, n°2 de mars-avril 2009 donne à lire un excellent article de Dale Fehringer sur le management profiling (MP). Bien que peu utilisé, le MP est un remarquable outil d’anticipation (des actions et stratégies concurrentes) aux mains des acteurs de l’intelligence économique et stratégique.

Avec l’humour qu’on lui connaît, Fehringer (ancien CI manager chez Visa International) rappelle qu’il est arrivé à l’intelligence compétitive le jour où son patron lui a demandé d’éviter qu’à l’avenir, son entreprise ne soit surprise par les activités des groupes concurrents. Devant l’ampleur de la tâche à lui confiée, Dale comprit très vite que dans son cycle de renseignement, les outils qui servaient habituellement à l’analyse ne suffisaient pas à prédire les décisions des concurrents. Il fallait les compléter. Fehringer pensa au management profiling.

D’après la Competitive Intelligence Foundation, seuls 13,8% de professionnels de l’IE utiliseraient le MP. Dale Fehringer explique cette situation par la difficulté des analystes à convaincre le Top-Management du bien fondé de cet outil. Pour avoir été confronté il y a quelques mois à un dirigeant de multinationale pour qui « ni le MBTI ni la PNL ni les deux mis ensemble ne fonctionnent avec les décideurs africains », j’avoue que la tâche n’est pas aisée d’autant que, mis à part les jugements de valeurs, les résultats du MP peuvent parfois se révéler approximatifs.

Pourtant, comme le montre Dale Fehringer dans son article, le management profiling combine deux facteurs clés : la biographie réelle et la psychologie de la cible. Les données ainsi récoltées doivent ensuite être décryptées à l’aide d’outils tels que le MBTI,  le FIRO-B, etc… Mais ce travail suffit-il pour autant à prédire comment va agir l’entreprise concurrente ? Pas sûr. Car « les entreprises ne prennent pas de décisions stratégiques. Les individus, si. » écrivaient Fleisher et Bensoussan en 2003. L’enjeu est donc de pénétrer la personnalité des décideurs d’en face.

Il me souvient que pour convaincre le dirigeant de multinationale que j’évoquais plus haut, on s’était arrêté à la simple analyse de son prénom, avant d’aller plus loin. – « Les Vincent aiment tirer les ficelles, voire manipuler. Exigeants, autoritaires et directifs, ils sont susceptible d’avoir, sous des dehors calmes, des accès de colère lorsque l’on s’oppose à leurs désirs… Orgueilleux, ils donnent l’impression d’être sûrs d’eux-même. Sensibles à leur image de marque, ils n’acceptent pas l’échec et font l’impossible pour se surpasser : n’êtes-vous pas le meilleur ? »

En analysant Les armes secrètes de la CIA (Gordon Thomas, 2006) j’ai eu confirmation qu’il y a une dizaine d’années à peine, les agences fédérales américaines (la CIA en particulier) continuaient d’employer des équipes mixtes de psychiatres, de psychanalystes, d’astrologues, de graphologues et même de voyants dans le cadre de missions de profiling et d’anticipation. J’ignore si cette pratique a perduré jusqu’à ce jour, mais le moins que l’on puisse dire c’est que les traces de cette application sont toujours visibles dans les productions hollywoodiennes.

Tout bien considéré, la vraie question est celle de la rigueur méthodologique. Lorsqu’il est adossé au cycle de renseignement classique (besoin, collecte, analyse, reporting, validation & feedback), le management profiling peut occuper une place de choix dans la boîte à outils du professionnel de l’intelligence économique et stratégique. Dale Fehringer et Melanie Wing en parleront plus longuement au cours d’une session intitulée “Using management profiling to predict competitor strategies” lors du Scip09 international Conference and Exibition à Chicago, Etats-Unis.

Guy Gweth

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Obama: 100 jours de puissance douce à la Maison Blanche

In Communication d'influence, Diplomatie économique, Perception Management, Soft Power, Stratégie on 18 avril 2009 at 8:27

Depuis une soixantaine de jours, la musique mexicaine s’est enrichie d’une nouvelle tendance. Le rythme et les sonorités sont restés les mêmes ; mais les textes des artistes qui passent sur les chaînes radio-tv locales racontent plus souvent les drames de l’immigration clandestine. Un storytelling sur mesure, conçu par les gardes-côtes américains et joués par des stars mexicaines sur financement du gouvernement fédéral des Etats-Unis. Partout où George Bush préconisait les forces armées (hard power), Barack Obama emprunte la culture et le dialogue (soft power) depuis bientôt 100 jours. Jamais exécutif américain n’est paru aussi « vulnérable », aussi conciliant et non moins conquérant à la face du monde. Morceaux choisis :

Vendredi 17 avril 2009: la main tendue de Barack Obama au sommet des Amériques : « Je prends devant vous l’engagement d’un partenariat d’égal à égal… un dialogue fondé sur le respect mutuel, les intérêts communs et les valeurs partagées »

Jeudi 16 avril 2009: le  président américain reconnaît la responsabilité des Etats-Unis dans le trafic de drogue au Mexique. Avec Felipe Calderon, il entend s’attaquer aux puissants cartels.

Lundi 13 avril 2009: Barack Obama lève les restrictions sur les voyages et les transferts d’argent des Américano-Cubains vers leur pays d’origine, marquant un premier assouplissement de la politique américaine envers l’île depuis son arrivée au pouvoir.

Vendredi 20 mars 2009: le président des Etats-Unis tend la main à l’Iran «Mon administration est désormais résolue à pratiquer une diplomatie qui traite la totalité des problèmes que nous avons devant nous, et à chercher à établir des relations constructives entre les Etats-Unis, l’Iran et la communauté internationale. Ce processus ne progressera pas par la menace. Nous cherchons au contraire un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel», dit-il dans son message sous-titré en farsi.

Jeudi 19 mars 2009: Barack Obama présente ses excuses après une regrettable allusion aux  jeux paralympiques sur le plateau de NBC. “Il s’est dit déçu de ses propres propos et a présenté ses excuses d’une façon très émouvante. Il a dit qu’il n’avait pas eu l’intention d’humilier cette partie de la population“,  devait déclarer Thim Shriver, parlant du président.

Mercredi 4 février 2009: « J’ai foiré… J’en assume la responsabilité. » Découvrant les ennuis fiscaux de celui qu’il avait choisi comme Secrétaire d’Etat à la santé, Barack Obama fait son mea culpa sur CNN au sujet du Sen. Daschle et promet plus de vigilance à l’avenir.

Jeudi 22 janvier 2009: Barack Obama signe la fermeture des prisons de Guantanamo et des tribunaux spéciaux après avoir suspendu les procès en cours 24 heures auparavant.

Si le consensualisme du président Obama reste dans le sillage de l’attitude constante des démocrates américains, sa diplomatie irrite considérablement la droite chrétienne (bastion républicain) traditionnellement va-t-en guerre. Mais nombre d’analystes du soft power sont intrigués qu’un leader européen ouvertement pro-américain ait récemment repris les thèses de l’extrême droite américaine pour parler de « faiblesse » du président des Etats-Unis. C’est un peu vite oublier que même dans un gant de velours, l’hyperpuissance américaine reste une redoutable main de fer à la conquête du monde. Pour l’instant, la méthode Obama fonctionne et semble hypnotiser y compris Al Qaeda. Reste à savoir ce qu’il en sera pour les 1300 prochains jours.

Guy Gweth

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L’IE* au secours de la microfinance camerounaise

In Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 16 avril 2009 at 8:30

Dans une interview publiée le 12 avril 2009  dans Les Afriques, Jacques Attali (président de PlaNet Finance) prévoit 30% de croissance par an pour la microfinance en Afrique dans les prochaines années. « L’Afrique représente 10% des encours de la microfinance mondiale, avec 10 millions de bénéficiaires» sur lesquels il importe de veiller de manière spécifique.

Au Cameroun, le programme intégré d’appui aux acteurs du secteur informel (Piaasi) a bénéficié depuis 2005 de près de 4,5 milliards de fcfa issus des fonds PPTE (Pays pauvres très endettés) et octroyé 5000 microcrédits, générant un total de 20.542 emplois (dont 5542 emplois directs et 15000 emplois indirects). Les pouvoirs publics confrontés à d’énormes difficultés de recouvrement doivent désormais faire appel à l’expertise des acteurs de l’intelligence économique au Cameroun et dans la zone Cemac.

Le 15 janvier 2009, le ministère camerounais de l’emploi et de la formation professionnelle faisait savoir que « sur un montant de 1.760 millions fcfa de crédits accordés en 2006 et 2007 aux acteurs du secteur informel, seulement quelques 200 millions ont été recouvrés. » Le 14 avril 2009, Claude Meloné Loé, le coordonnateur du Piaasi, a dû avouer que les autorités sont confrontées à « des bénéficiaires des microcrédits qui se délocalisent, se font tuer en fabriquant des actes de décès, ou alors changent d’activités. »

L’une des principales caractéristiques de la microfinance étant l’éthique, la décision du gouvernement camerounais d’inscrire comme priorité le recouvrement des fonds prêtés tombe parfaitement dans le champ d’investigation de l’intelligence économique et exige un process de renseignement parfaitement adapté au sujet, à la cible et au contexte locaux.

Guy Gweth

*IE: Intelligence économique

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Protégé : Les coulisses de la guerre contre la ‘terreur’

In Communication d'influence, Débat, Gestion de crise, Géostratégie, Intelligence stratégique, Stratégie, Sécurité on 1 mars 2009 at 6:55

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l’Afrique face à la microfinance islamique

In Coopération internationale, Diplomatie économique, Débat, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie on 9 février 2009 at 7:18

Avec des relations plus “solidaires” entre emprunteurs et épargnants, la microfinance islamique pourrait devenir une véritable opportunité pour l’Afrique selon le Sénégalais Mouhamed Diakité,  ancien de l’Ecole de Guerre économique de Paris, expert en finance et en intelligence économique. Voici ses arguments:

“L’une des causes de cette débâcle financière mondiale reste l’asymétrie informationnelle entre les banques et les usagers, accentuée par la multiplication des actifs fictifs ou virtuels. S’est ajoutée à ce défaut originel, une recherche « absolue » de l’intérêt, qui a détourné les institutions financières de leurs rôles d’inter-médiation sur les actifs tangibles et l’investissement par la création de richesses. Cette dérive du capitalisme occidental impose d’elle-même d’autres alternatives. C’est ainsi que la finance islamique, politiquement incorrecte il y a seulement deux ans en France, est aujourd’hui remise au goût du jour. C’est une alternative crédible car plus éthique et plus « socialement responsable ». C’est une finance qui favorise l’investissement et encourage la rigueur car le bénéfice et la perte sont partagés. La liquidité actuelle de la finance islamique milite pour une adaptation des cadres africains à cette alternative. Pourquoi, compte tenu du caractère limité du pouvoir d’achat des épargnants, ne pas vulgariser la microfinance islamique pour lutter contre la pauvreté.

800 milliards d’actifs

“La finance islamique représente aujourd’hui entre 500 et 800 milliards de dollars d’actifs gérés selon les principes de la Charia et a enregistré une croissance de plus de 20% depuis les dix dernières années. Cependant, son apport reste faible en Afrique, malgré les 412 millions de musulmans qui constituent près de 50% de la population globale estimée à 850 millions d’habitants. En tout, l’on recense 37 institutions financières en Afrique. Le potentiel du marché de la finance islamique pourrait atteindre 235 milliards de dollars. Pour le moment, l’on est encore loin de ce chiffre et loin du dynamisme observé au Moyen-Orient et en Malaisie, chef de file du pôle de la finance islamique en Asie du Sud-Est. A la fin 2007, l’intermédiation financière conforme à la Charia s’établissait à 18 milliards de dollars, ce qui représentait une part de marché inférieur à 8% de sa taille potentielle. Le développement de la finance islamique sur le continent africain doit pallier au déficit chronique par une approche plus calquée sur les réalités du terrain. L’introduction de la finance islamique améliorerait la contribution du secteur de la microfinance en général dans la mobilisation de l’épargne. Cette contribution n’excède pas aujourd’hui 5%. Pour redynamiser le secteur, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a élaboré en 2003 un programme régional d’appui à la finance décentralisé (PRAFIDE) pour la période 2004-2008. Ce nouveau dispositif, dont les volets essentiels ont fait l’objet d’une large concertation impliquant l’ensemble des acteurs du secteur, vise à maintenir, voire à consolider les fondations existantes et à bâtir un secteur solide et performant capable de répondre durablement à la demande sociale.

Stratégie en quatre axes

“Cette stratégie d’intervention se décline en quatre axes principaux : l’aménagement du cadre juridique, le renforcement des capacités des acteurs et la valorisation de l’expertise locale, l’amélioration de l’information sur le secteur (modernisation des systèmes d’information de gestion) et l’accroissement de l’efficacité des mécanismes de surveillance interne et externe. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, la microfinance est particulièrement développée. Dans ce dernier pays, le secteur reste largement dominé aujourd’hui par la FENACOOPEC (Fédération Nationale des Coopératives d‘Épargne et de Crédit) puisque cette structure, à elle seule, représente 88% de la clientèle, 91% des dépôts et 78% des crédits. Le taux de pénétration s’établirait à 25%, ce qui fait qu’en moyenne une famille sur quatre en Côte d’Ivoire fait régulièrement appel aux services financiers des institutions de microfinance. Avec l’adaptation de la règlementation, la création des Sharias Boards et une bonne vulgarisation par la communication, les instruments de la finance islamique pourraient donner à la microfinance classique en Afrique de l’Ouest le souffle qui lui manque tant pour atteindre le plus grand nombre.”

Niger : Areva conserve le 2è gisement mondial d’uranium

In Diplomatie économique, Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Management de l'information, Stratégie on 3 février 2009 at 7:00

Au cours d’une mission d’intelligence économique réalisée en juillet 2007 par Fred Raynal, Marc Hervé Blanchet, Guy Gweth, Jean-Luc Traineau & Pedro Santos au sein de l’école de guerre économique, nous avons passé au crible le dispositif d’Areva au Niger en vue d’y détecter les failles informationnelles exploitables par les parties adverses, et d’imaginer des scénarios d’attaques  (conventionnelles ou non) après avoir identifié les “ennemis” et leurs modes opératoires.

A l’époque, le géant mondial du nucléaire faisait face à la colère du gouvernement nigérien, à l’hostilité de plusieurs ONG locales et étrangères, ainsi qu’à la pression des concurrents chinois, indiens et australiens… La victoire d’Areva en ce début 2009 donne au moins deux indications essentielles. Primo, l’équipe dirigée par Anne Lauvergeon a parfaitement saisi l’importance du management stratégique de l’information dans ce dossier et blindé son dispositif jusqu’à la signature du contrat avec les autorités du Niger. Deuxio,  l’influence et la diplomatie économique françaises dans ce pays ont tourné à plein régime. L’article de Faycal Métaoui, ci-après, paru le 1er février 2009 in Les Afriques, revient sur quelques faits marquants. Extraits:

“Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva, a pesé de tout son poids pour conclure, dans les meilleures conditions, cet accord. Elle avait presque échoué dans un premier déplacement à Niamey en décembre 2008 avant d’arracher l’accord des autorités nigériennes au terme de longues négociations. Areva, présent au Niger avec ses deux filiales Somaïr et Cominak, était soupçonné par Niamey de financer les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) qui sont actifs dans le nord du pays. L’été 2007, Dominique Pin, directeur général d’Areva au Niger, et Gilles de Namur, chargé de la sécurité de la même entreprise, avaient été expulsés du pays.

“Le changement de cap a coïncidé avec l’émergence du MNJ. Pour Niamey, la cause était entendue : pour défendre ses intérêts, Areva a financé cette nouvelle rébellion afin de créer une situation d’instabilité dans la région d’Agadez. La Libye voisine a également été accusée d’appuyer les hommes armés. Le groupe français a aggravé son cas en refusant de communiquer des données géologiques sur le nord du Niger. Niamey, après une intervention discrète de hauts responsables français, a révisé sa position vis-à-vis d’Areva, mais l’a obligé à revoir les prix du minerai. Le groupe d’Anne Lauvergeon s’est engagé à payer le kilo d’uranium (yellow cake) à 61 euros au lieu de 41,6 euros (deux fois moins cher que sur des cours mondiaux fluctuant).

“Le nouvel accord d’Imouraren porte sur un investissement de 1,2 milliard d’euros. La capacité d’exploitation est de 35 ans pour une production annuelle de 5000 tonnes (mais la convention est limitée à 20 ans). « L’accord prévoit une répartition capitalistique de 66,65% pour Areva et de 33,35% pour l’Etat du Niger dans la société créée en vue de l’exploitation du gisement. C’est le plus grand projet industriel minier jamais envisagé dans ce pays », précise le groupe français, qui annonce la création de près de 1400 emplois directs liés au projet. Le démarrage de la production à Imouraren est prévu en 2012. Cela va permettre au Niger de se placer au deuxième rang mondial des pays producteurs d’uranium. Le gouvernement pourra commercialiser une partie de la production à travers l’entreprise Sopamin. Selon le ministre des Mines et de l’Energie, Mohamed Abdoulahi, le projet Imouraren offrira la possibilité de développer la connexion au réseau ferroviaire de la sous région (Imouraren-Cotonou) et la mise en œuvre d’un programme électronucléaire.”

Lire l’article complet de Faycal Métaoui in Les Afriques

En 2009, cap vers la diplomatie économique!

In Diplomatie économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Stratégie on 1 janvier 2009 at 2:40

guy

Par Guy J. Gweth

« L’Afrique attend toujours son premier président noir démocrate ». Voilà le texte qui accompagne le dessin d’Arend van Dam paru il y a quelques jours aux Pays-Bas et repris dans le hors-série n°26 du Courrier international. On y voit un paysage fait de soleil, de végétation, de cases en fumée,  de corps sans vie et de deux véhicules de la Croix-Rouge et des Nations Unies. Cette image qui abrège tous les diagnostics sur le continent africain est à intégrer à la carte postale d’un monde qui va célébrer en 2009 le couronnement d’un Africain-Américain comme 44è président des Etats-Unis, les 20 ans de la chute du Mur de Berlin ou encore le 400è anniversaire de l’astronomie ! Un tel tableau ne peut laisser indifférent aucun stratège. C’est l’une des raisons (les autres suivent) pour lesquelles j’ai décidé de franchir avec vous un pas supplémentaire sur les nouveaux chemins de la connaissance en mariant la diplomatie économique à l’intelligence stratégique.

Dès la création de ce site le 15 janvier 2008, j’ai attaché du prix à vulgariser l’intelligence compétitive et stratégique en Afrique centrale, tout en donnant à voir au reste du monde ce que nous apportons de contribution au développement de cette discipline. Mais, je l’avoue, mon vœu secret a toujours été d’inciter les jeunes experts africains à la production des connaissances afin d’éviter de subir les affres de la guerre cognitive en cours dans le cyberespace. Lors de mes nombreuses missions sur le continent, j’ai été profondément marqué par le fait que 8/10 citations employées par les universitaires, les politiques, les opérateurs économiques et moi-même faisaient référence aux auteurs d’autres continents. Or quand dans une société l’élite en est à un tel niveau de dépendance intellectuelle, penser le développement en termes de stratégie d’émancipation et de compétitivité ressemble à un exercice dont la stérilité pleure entre les lignes. Pourtant l’Afrique bouge, le monde change.

Depuis près d’une décennie, des entités qui jadis faisaient le pied de grue dans les lobbies réussissent une entrée spectaculaire sur la scène mondiale. Bien que non encore reconnus comme sujets de droit international, les réseaux, cercles, fonds souverains, fondations, agences de notation, think tank… dont les budgets dépassent parfois ceux de nombreux Etats apparaissent comme les néo-patries du XXIè siècle. Elles ont chacune un rêve, une histoire,  un gouvernement, un corpus normatif et un territoire-en-réseau qui s’émancipe des frontières nationales au gré des intérêts. Comme le montre la brillante victoire de celui que le prix Nobel Paul Krugman appelle « Barack Delano Obama », ces entités transcendent la race, le pays d’origine, la religion ou l’appartenance politique. Leur impact grandissant dans les affaires du monde convoque une grille de lecture extrêmement complexe car elles génèrent une nouvelle grammaire des relations internationales.

Même si leur montée en puissance inquiète officiellement certains pouvoirs étatiques, force est de constater qu’ils composent avec ces entités qui, grâce à une diplomatie de réseau, influencent les grands agendas internationaux en matière de finance, d’environnement, d’énergie, de santé, de culture et d’humanitaire… Disséquer ces organisations grâce aux sources ouvertes, cerner leurs intérêts, comprendre les mécanismes de leur fonctionnement et mesurer l’impact de leurs activités sur la compétitivité des entreprises et les économies nationales… Voilà à quoi s’attèlera ce site en 2009 sous le titre « Intelligence stratégique & diplomatie économique». Que nos lecteurs africains soient cependant rassurés, cette nouvelle orientation n’entamera que si peu la place de choix de l’Afrique dans nos analyses. D’ailleurs nos sites d’intelligence compétitive anglophone (Comintelca) et hispanophone (Intelcac) resteront spécialisés sur l’Afrique centrale durant toute l’année 2009.

« Secret Défense »: 1 vecteur, 2 messages, 3 cibles

In Communication d'influence, Contre-Intelligence stratégique, Intelligence culturelle, Perception Management, Stratégie on 14 décembre 2008 at 6:25

Au XXIè siècle, profitant de la dictature du numérique et de la liquidation progressive du papier, l’industrie du cinéma raflera le leadership détenu par le livre dans le contrôle des perceptions populaires. « Secret-défense » doit être inscrit dans cette stratégie de conquête des têtes et des cœurs (par le divertissement) pour être regardé et décrypté par les analystes du soft power.

Du réalisateur Philippe Haïm, « Secret Défense » est une production d’1h40 parue dans les salles hexagonales le 1o décembre 2008 avec -entre autres acteurs- Gérard Lanvin, Vahina Giocante, Nicolas Duvauchelle et Rachida Brakni. Le film, très captivant par certains aspects, nous plonge dans le monde obscur des services extérieurs français en proie à la menace terroriste. Le public peut ainsi vivre intensément les dangers qui guettent la France, l’esprit de sacrifice, de rigueur et de solitude d’agents prêts à risquer leur vie pour la patrie. En contrepartie, il y a au titre de résultats attendus, les sentiments que déclenche cette vision chez les spectateurs (neutres,  alliés ou ennemis de la France).

Certains résultats (Ex: Opération Mockingbird) des recherches faites par les services secrets américains dans les années 50 à 70 sur le contrôle mental dans le cadre du Mk ultra, sous l’impulsion d’Allen Dulles (directeur de la CIA à l’époque des faits), ont très vite convaincu les renseignements anglo-saxons, et plus tard la mafia italo-américaine, que le cinéma était (avec la télévision) le canal idéal pour influencer la sphère des idées sous couvert de divertissement. Cela est encore plus vrai aujourd’hui où le stress quotidien, les soupçons qui pèsent sur les grands médias, la quête du sens de la vie et la solitude profonde qui en découle poussent des millions de personnes dans l’évasion spirituelle et culturelle.

La participation d’Eric Denécé, ex-officier des services français et directeur de CF2R comme consultant dans le tournage de Philippe Haïm ne permet certes pas de mesurer le degré d’implication des stratèges gouvernementaux dans la production de « Secret Défense ». Mais pour en cerner les objectifs, je me suis permis d’insérer ce film dans l’agenda 2008 des grands changements en cours dans les services de renseignement français : publication du Livre blanc de la défense, création d’une direction centrale du renseignement intérieur, nomination d’un coordonnateur national du renseignement directement rattaché à la présidence de la république, exceptionnelle communication de recrutement au sein de la DGSE… etc.

La France qui, quoi qu’on en dise, a l’un des meilleurs services au monde, a toujours eu du mal à l’assumer. « Secret Défense » apparait ainsi comme un choix de soft power à l’américaine visant à la fois à dissuader l’ennemi, à sensibiliser l’opinion publique et à “susciter” des vocations aux métiers du renseignement. Ce film est à voir. Même s’il souffre d’une carence en  intelligence émotionnelle et qu’il appuie un peu trop sur la commande « occulte ». Devant le “Vous êtes à la DGSE, les services secrets français…” de Gérard Lanvin, le colonel JF Bianchi, mon grand-maître en stratégies d’influence aurait certainement sourit. Car  des milliers d’automobilistes de Virginie (États-Unis) croisent chaque jour, sur l’autoroute, un panneau de signalisation indiquant la direction de la Central Intelligence Agency à Langley…

L’influence, c’est aussi l’art du paradoxe.

Guy Gweth

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Le novembre de l’intelligence économique en Afrique

In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 1 décembre 2008 at 6:19

Séminaire d’intelligence économique à l’intention des hauts fonctionnaires de l’administration publique le 27 novembre à Dakar, conférence sur «l’intelligence économique et la veille technologique…» le 19 novembre  à Libreville, rencontre internationale sur le thème « Compétitivité et accumulation des compétences dans la mondialisation…» les 13-14 novembre à Rabat, 2èmes assises de l’intelligence économique les 10-11 novembre à Alger… L’effervescence qu’a connue l’intelligence compétitive en ce 11ème mois de l’année sur le continent mérite notre attention.

Comme un effet domino

On se souviendra longtemps de cette prémonition du Haut responsable français à l’intelligence économique, Alain Juillet: « l’intelligence économique (IE) sera au 21ème siècle ce que le marketing a été au 20ème. » Le vent d’IE qui a soufflé en Afrique centrale, du nord et de l’ouest en ce mois de novembre 2008 est en effet sans précédent. Comme par effet domino, de Libreville à Dakar, de Rabat à Alger, des spécialistes ont invité les décideurs à venir discuter des enjeux majeurs de la quête, de la protection, de la diffusion, du management stratégique de l’information utile face à l’exacerbation de la concurrence au niveau mondial.

De Libreville à Dakar

Au Gabon, Prosper Tonda Mabenda du Groupe d’études et de recherches sur la communication (GERC) rattaché à l’institut de recherches en sciences humaines (IRSH) de l’université Omar Bongo (UOB) s’est attelé à décrypter les enjeux et à sensibiliser les acteurs publics et privés aux vertus de l’intelligence économique pour le Gabon. Tonda Mabenda milite pour la création d’un « pôle d’intelligence économique national autour des secteurs vitaux et au sein duquel l’université et la recherche joueront un rôle éminemment stratégique ».

Au Sénégal, le séminaire organisé par le centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) et l’agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a été présenté par les autorités comme point de départ d’une politique publique d’intelligence économique au Sénégal. Cette rencontre a bénéficié de l’expertise de Christian Harbulot, directeur de l’EGE. Une formation de haut niveau devrait voir le jour dès janvier 2009 au sein du CEDS avec, à la clé, un diplôme supérieur spécialisé en intelligence économique et stratégique.

De Rabat à Alger

Au Maroc, les participants à la rencontre internationale organisée sous le patronage de Sa Majesté le roi Mohammed VI ont insisté sur le nécessaire partenariat éducation -secteur privé- secteur public pour faire face aux défis de la mondialisation. Ils ont plaidé pour une dotation d’aide à la création de structures d’intelligence économique pérennes au sein des collectivités territoriales et des entreprises. Une formation de haut niveau en IE devrait bientôt voir le jour au Maroc sur le modèle du 3è cycle spécialisé de l’école de guerre économique de Paris.

En  Algérie, il était question du début de la mise en œuvre des pratiques d’intelligence économique pour 2009. Organisées par le VIP Group, les 2èmes assises de l’IE ont attiré des cadres de l’administration et du privé. Après l’adoption en conseil de ministres d’un projet de loi contre la cybercriminalité, Alger attend désormais la nomination d’un directeur général de l’intelligence économique au ministère de l’industrie. Cette remarquable prise de conscience sur le rôle de l’intelligence compétitive en Afrique appelle cependant quelques mises en garde.

Entre Africains

Il n’y a pas d’intelligence économique sans stratégie. La volonté des Etats de se doter de dispositifs nationaux d’IE est un engagement de longue durée. Mais l’hyperpolitisation des centres de décisions est un frein. En l’absence d’experts indépendants capables de penser la stratégie des Etats sur 15-25 ans, il manquera toujours cette cohésion qui fait gagner une équipe. D’autre part, l’intelligence économique étatique est une question de souveraineté et de patriotisme économiques. La place laissée vacante par les acteurs africains de l’IE sur le terrain de la production des connaissances est occupée par la concurrence, mais il serait regrettable d’ignorer leur potentiel. Par ailleurs, nos liens privilégiés avec certains pays ne doivent pas limiter nos choix. Le Japon, la Chine et les Etats-Unis ont des dispositifs d’intelligence compétitive plus performants et plus proches de nos matrices culturelles.

Et si quelque barrière devait empêcher l’Afrique d’accéder aux meilleures pratiques, l’intelligence économique n’y serait que la continuation de ses erreurs par d’autres moyens.

Guy Gweth

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Chine-UE: Pékin fait vaciller les 27

In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Leadership, Perception Management, Soft Power, Stratégie, veille on 27 novembre 2008 at 8:59

Ce devrait être un théorème pour les stratèges français de la coopération sino-européenne: faire perdre la face aux officiels chinois est un affront impardonnable au pays de Mao. Lorsque cela vient à se produire, la contre-offensive de Pékin remplit souvent trois critères: elle est spectaculaire, mémorable et lourde de conséquences. C’est en pleine crise financière internationale que le géant asiatique a choisi d’humilier la présidence française de l’union européenne.

Souvenez-vous, après le passage tumultueux de la flamme olympique à Paris en avril 2008, nous vous prévenions ici que les dignitaires chinois avaient de la mémoire et qu’ils n’hésiteraient pas, au moment opportun, à riposter à l’affront que les activistes droitdelhommistes français et quelques politiques pro-tibétains venaient  ainsi d’infliger au peuple chinois devant les caméras du monde entier. A l’époque, la real économique avait malgré tout contraint le président français à faire le voyage de Pékin pour l’ouverture des JO et à surseoire à rencontrer le guide spirituel tibétain.

Que Nicolas Sarkozy décide après coup d’un rendez-vous avec le Dalaï-Lama pour le 6 décembre 2008 en Pologne était certes l’affront de trop, mais en réalité un excellent prétexte pour Pékin. Le report sine die du sommet Chine-Union européenne du 1er décembre 2008 auquel devait assister le premier ministre chinois, Wen Jiabao, arrive en effet après de nombreuses mises en garde adressées par les dirigeants chinois aux autorités françaises.  Dans la foulée, Airbus a dû annoncer le report de la finalisation d’une commande de 150 appareils passée par la Chine en novembre 2007. Les rencontres entre businessmen européens et chinois en marge du sommet ont toutes été annulées. A l’heure qu’il est, les opérateurs français dans l’empire du milieu redoutent un durcissement de l’environnement de leurs affaires.

Il n’est pas complexe de profiler les dirigeants politiques français. Les analystes chinois n’ont d’ailleurs pas tardé à comprendre que “le président Sarkozy est très sensible aux pressions… ” Conséquence: lorsque le nouvel exécutif français effectue son premier voyage officiel en Chine en novembre 2007 avec 20 milliards  d’euros de contrat à la clé, les stratèges chinois retiennent l’absence de Yama Yade, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères chargée des droits de l’homme, comme le résultat de leurs pressions sur Paris. En reportant unilatéralement le sommet de Lyon, Pékin a voulu envoyer un signal symbolique fort, profond et durable au vieux continent et à la France en particulier.

L’Europe qui oublie parfois qu’elle n’est ni les Etats-Unis d’Amérique ni réellement unie expérimente donc le courroux spectaculaire d’un acteur devenu incontournable dans le concert des nations à l’heure où la crise financière internationale préoccupe les grandes chancelleries. L’aile dure du régime communiste ne pouvait manquer pareille opportunité pour punir Paris et les 27; un acte historique malgré la relative discrétion des grands médias européens dans le traitement de cette information.

Guy Gweth

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Contre-intelligence: l’expertise d’une PME africaine

In Benchmarking, Guerre de l'information, Intelligence compétitive, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 18 novembre 2008 at 6:29

C’est l’une des curiosités de la société de l’information: les esprits les plus brillants sont parfois les moins connus. Ce constat est d’autant plus valable chez les professionnels de l’intelligence économique que les meilleures recettes sont aussi les mieux protégées. Aujourd’hui, je vous convie à la découverte d’une PME africaine dont les pratiques de contre-intelligence économique peu académiques, à peine coûteuses, fort discrètes et très efficaces forcent le respect de concurrents dotés d’énormes budgets de surveillance.

La contre-intelligence économique est un ensemble d’outils, de méthodes et d’activités de défense dont le but est de neutraliser ou détourner de manière légale toute opération d’espionnage ou d’intelligence économique concurrente ou hostile. Qu’elle soit défensive ou offensive, interne ou externe à l’organisation, la contre-intelligence a pour référence le cycle de renseignement. Elle peut  donc viser les questions des décideurs, la collecte des données y afférant, l’analyse de ces dernières, la protection et l’exploitation du renseignement à produire par l’organisation ou la partie adverse. Dans le cas de notre PME africaine, la ruse est au cœur du dispositif de contre-intelligence économique.

Avec ses 83 salariés, l’établissement Aurora* travaille depuis quatre ans sur un créneau innovant extrêmement porteur de l’avis des spécialistes interrogés. En moins d’une demi-dizaine d’années, la start-up a repoussé trois offres d’achats. Ses concurrents directs étant de grandes multinationales, tout ou presque a été tenté pour la faire plier : incitation des cadres à publier dans des revues internationales, invitations à des voyages d’études, benchmarking, elicitation, offres d’emploi fictives, débauchage, chevaux de troie via internet, tentatives de vol, manœuvres de déstabilisation… etc. En vain.

Pour y faire face, deux jeunes femmes de 26 et 29 ans à l’allure d’éternelles étudiantes animent à plein temps l’unité d’intelligence économique (U-IE) à laquelle est stratégiquement rattachée la communication interne et corporate de l’entreprise. C’est à la cadette que revient le pilotage du counter-intelligence unit: «  toutes les deux, on est à la fois les yeux, les oreilles, le nez, l’armure et le glaive de la compagnie », m’a-t-elle confié avant d’ajouter : « nous avons la chance d’avoir un boss et des collègues qui nous font totalement confiance, et pour rien au monde, on ne peut se permettre de faillir. »

Dans leur bunker** comme dans d’autres cellules d’IE, des banques de données  constamment mises à jour révèlent des cartographies détaillées de la concurrence, des ONG partenaires ou hostiles, de plusieurs centres de décisions politiques avec à chaque fois le profile des équipes dirigeantes, leurs postes, leurs réseaux et la typologie des stratégies d’intelligence compétitive qui en découlent… Sur le site internet de la PME, 1/5 des informations publiées vise à leurrer la concurrence (!) Et lorsqu’un veilleur hostile insiste sur un détail, notre duo de choc  lui poste un missile informationnel***.

Dans toute l’entreprise, seuls trois ordinateurs « préparés» sont connectés au réseau internet. Avec un savant mélange de vraies et de fausses informations codées par des mots de passe faciles à casser, l’unité d’intelligence économique nourrit copieusement ceux qui pensent avoir troué son dispositif de sécurité. En interne comme à l’extérieur, l’usage des e-mails, téléphone et fax est extrêmement réduit, les communications à distance sont brèves, cryptées et voilées. Entre collègues ou dans la relation-client, la direction de l’entreprise soutient mordicus que cette « petite restriction » accroit les contacts humains.

En plus des clauses de confidentialité et de non-concurrence (d’usage traditionnel dans ce type de structure), l’U-IE a conçu un manuel ludique de sécurité à l’adresse des employés. A chaque niveau de responsabilité correspond une petite histoire à raconter si une envie irrépressible de parler travail vient à prendre un salarié dans un avion, un taxi, un café, une conférence, en amour ou en famille… Grâce à une communication corporate adaptée à cet objectif stratégique, des liens étroits existent entre salariés qui ont fini par créer comme un cordon de sécurité autour du patrimoine informationnel de l’entreprise.

Depuis trois ans, ce dispositif de contre-intelligence économique (dont j’ai voulu la description  éparse) a causé de tels désagréments aux concurrents que certains ont suspendu la veille autour d’Aurora. Ce retour d’expérience devrait parler aux acteurs de l’IE chez qui la maîtrise des outils de veille électronique constitue l’unique fond de commerce.

Guy Gweth

* Pour des raisons évidentes, l’appellation « Aurora » est fictive dans ce cadre.

** Les missiles informationnels permettent d’injecter à l’adversaire des données toxiques  afin d’altérer son  jugement, voire de le compromettre.

*** Le bunker ici est constitué d’ordinateurs sécurisés jamais connectés à internet.

007 est-il un agent de guerre psychologique ?

In Communication d'influence, Guerre de l'information, Intelligence culturelle, Perception Management, Soft Power, Stratégie on 7 novembre 2008 at 11:00

Comme lors de la parution début 2008 de Indiana Jones et le royaume du Crâne de cristal qui se déroule pendant la guerre froide avec un impitoyable ennemi russe incarné par Cate Blanchett, Quantum of Solace vient à son tour d’entrer sous les feux nourris du parti communiste de Saint-Pétersbourg, la deuxième force politique de la Douma, le parlement russe. Motifs : le premier film cité véhicule « une grossière propagande anti-soviétique » et le second est une opération de « guerre psychologique ». Après une brève définition de la guerre psychologique et un court voyage au cœur de Quantum of Solace, nous allons attentivement regarder si cette accusation bien de l’Est est recevable, et si elle mérite les sarcasmes dont les grands médias veulent la couvrir à l’Ouest…

Qu’est-ce que la guerre psychologique ?

La guerre psychologique est une action d’influence complexe visant à détruire la volonté de combat d’un ennemi ou d’un groupe hostile, à réduire ou annihiler sa capacité à poursuivre les hostilités. Action d’influence parce qu’elle travaille les perceptions de la cible avec comme objectif de la vaincre sans combattre. Action complexe car la guerre psychologique combine les symboles, l’éthique, la science, la technologie, le physique et le psychique. Ici, on est plus proche des stratèges chinois de l’école de Sun Zi pour qui la guerre est essentiellement « l’art de la tromperie ». Et on n’est pas si éloigné que cela de la doctrine américaine du Shaping the mind ou colonisation de la sphère des idées. Une opération psychologique (psyops) cible généralement un gouvernement, une organisation non-gouvernementale, tout ou partie d’une population. Son objectif stratégique est de frapper le cœur et le cerveau de l’adversaire afin de liquéfier son organisation en injectant avec finesse des demi-vérités, la suspicion, la haine, la défiance… entre le sommet et la base.

De quoi parle Quantum of Solace ?

Paru officiellement en Octobre 2008, Quantum of Solace (du réalisateur Marc Forster), 22e aventure cinématographique de James Bond est la suite directe de Casino Royal sorti un an plus tôt. Tiré d’une nouvelle de Ian Flemming (auteur britannique et ancien assistant dans les services secrets de sa Gracieuse Majesté à la veille de la 2è guerre mondiale), le film est baptisé Quantum of Solace le 24 janvier 2008, y compris pour les cinéphiles francophones, sauf au Québec où le titre est 007 Quantum. Le scénario révèle un James Bond (Daniel Graig) décidé à régler ses comptes à ceux qui ont contraint Vesper (sa compagne in Casino Royal) à le trahir. Dans sa quête de vengeance, Bond croise la route de Camille (incarné par Olga Kourylenko). Les deux ont un ennemi commun : une puissante organisation « écologiste » dirigé par un businessman impitoyable, Dominic Green (joué par Mathieu Almaric) dont la mission est le contrôle d’une source précieuse dans des contrées pauvres, en manipulant les dirigeants locaux, le 10 Downing Street et même la CIA. 007 doit faire face à la trahison de ses amis et à la férocité de l’ennemi.

L’accusation russe est-elle recevable ?

Lorsqu’on a regardé Quantum of Solace, on voit que les critiques des communistes russes sont exagérées, bien qu’ils aient pris la mesure du danger, ce qu’ils appellent « la contagion idéologique » véhiculé par le cinéma US. La « fatwa » lancée contre l’actrice ukrenienne Olga Kourylenko est grotesque. Même si “Chacun sait que la CIA et le MI-6 financent les films de James Bond dans le cadre d’une opération spéciale de guerre psychologique contre la Russie (comme l’affirme Sergueï Malinkovitch, chef du Parti communisme à Saint-Pétersbourg), Quantum of Solace ne le révèle pas. La belle Olga Kourylenko qui incarne Camille est accusée de collaboration avec l’ennemi parce qu’elle joue aux côtés de l’espion britannique… Un revenez-y de la guerre froide? Le rouleau compresseur médiatique occidental -le Times en tête- ne pouvait que couvrir ces propos de ridicule. Pourtant, sous ces emportements russes, couve une vérité. L’ouverture en 1999 de l’Institute of Creative Technologies (ICT) a scellé l’alliance stratégique du Pentagone avec les studios hollywoodiens. Ce think tank qui bénéficie de la collaboration scientifique de l’Université de Californie du sud constitue un dispositif unique. Lors de son inauguration, le secrétaire à la défense de l’époque Louis Caldera déclarait « Nous n’avons jamais pu espérer bénéficier de l’expertise d’un Steven Spielberg ou d’autres professionnels de l’industrie du cinéma pour collaborer à des projets de l’armée… Le nouvel institut sera gagnant-gagnant pour tout le monde. » Il n’est pas inimaginable, face aux tensions entre Moscou et Washington, que le principe « gagnant-gagnant » de l’ICT soit activé, attendu que Hollywood est la continuation de la stratégie anglo-américaine par d’autres moyens.

Au final, ceux qui sont pressés de signer le livre des condoléances de l’hyperpuissance étasunienne devront s’armer de patience. Rien qu’en matière d’influence,  la machine de guerre émotionnelle et cognitive US pénètre  et colonise avec douceur tous les territoires où les GI’s ne peuvent aller de force,  précisément dans les cellules du cœur et du cerveau humains. Avec le libre consentement des victimes. Car c’est de  leur plein gré que les publics du monde entier (y compris les communistes de Saint-Pétersbourg) se constituent prisonniers des salles obscures, pendant quelques heures, pour savourer l’évangile selon Washington. On y raconte que « tous ceux qui arrivent à Hollywood ont rêvé ». Or tous ceux qui rêvent de Hollywood y sont déjà, l’instant d’un film…

Guy Gweth

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Soft Power: codes et lignes de force du cinéma nigérian

Afrique-Amérique: Histoire d’un baiser nuptial

In Agenda, Brève, Stratégie, veille on 5 novembre 2008 at 6:29

Acte V. Réaliser

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Barack Obama

*****

Acte IV. Rêver

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Martin Luther King

****

Acte III. Résister

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Malcolm X

***

Acte II. Oser

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Rosa Park

**

Acte I. Désirer

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Marcus Garvey

*

La Quintuple Ascension Afro-Américaine,

par Guy Gweth

Lire aussi: Soft Power: L’effet Obama devrait doper le business américain en Afrique centrale

Quand les services équato-guinéens opèrent chez le voisin

In Communication d'influence, Coopération internationale, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Stratégie, Sécurité on 23 octobre 2008 at 5:57

La Guinée équatoriale a-t-elle une stratégie de puissance sous-régionale  en zone Cemac*? Nous avons  tenté d’y répondre dans une étude rendue publique le 30.06.08 et cédée un mois plus tard. L’actualité des services secrets de Guinée équatoriale, ces derniers jours,  renforce le chapitre assez documenté que nous y avons accordé à “La main invisible” du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, guide suprême de ce petit émirat pétrolier du golfe de Guinée depuis 1979… Malabo veut se faire respecter. A tout prix. Quitte à marcher sur les accords et traités internationaux.

Ce qu’il faut préciser

Nous savons à présent que quelques révélations inédites de l’étude sus-mentionnée (étayées par des documents exclusifs) ont conduit certains analystes à conclure que nous avons non seulement bénéficié de privilèges de la part des renseignements locaux dans la réalisation de cette enquête, mais que nous avons été “pré-financés” pour réaliser « un travail de légitimation » des opérations extérieures des services équato-guinéens. Mais si la deuxième partie de cette critique est farfelue, la première mérite une réponse : aucun professionnel ne peut mener une enquête rigoureuse sur un sujet d’une telle nature sans un minimum de collaboration de la cible. Ce n’est pas Gordon Thomas ou Roger Faligot qui nous démentiront. Le nouveau rapport de force que tente d’imposer la Guinée équatoriale mérite qu’on s’en approche de très près, au besoin en usant du stratagème de la lamproie. Car ici plus qu’ailleurs, les stratégies des Etats sont celles des individus qui incarnent l’exécutif à un moment donné. Comment comprendre la politique équato-guinéenne actuelle dans la zone Cemac si l’on n’ose pousser l’enquête jusqu’au cœur de l’orgueil, des ambitions, des frustrations et des rancœurs accumulés depuis près de trois décennies déjà par ceux qui gouvernent à Malabo ?

Ce que révèle l’actualité

Le 7 octobre 2008, Cipriano Nguema Mba, ancien colonel et trésorier de l’armée équato-guinéenne a été exfiltré de Yaoundé et convoyé par les services secrets de son pays où il est actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Black-Beach. Cette opération remarquablement montée en collaboration avec l’ambassade équato-guinéenne dans la capitale camerounaise a bénéficié de la complicité de deux policiers locaux. Ces derniers ont été inculpés d’”intelligence avec un service de renseignement étranger” par les autorités camerounaises qui affirment que l’ancien colonel bénéficie toujours du statut de réfugié politique au Cameroun, d’après la convention de Genève du 28 juillet 1951. Rappel: Cipriano Nguema Mba a été jugé par contumace et condamné à 30 ans de prison pour tentative de coup d’Etat et détournement de fonds en septembre 2005 par un tribunal militaire au terme d’un procès à huis clos. Cette même année,  Florencio Ela Bibang et Juan Abaga, tous deux ex-officiers supérieurs de l’armée nationale, avaient été soustraits et exfiltrés du Nigeria par les mêmes services  spéciaux équato-guinéens et conduits -sans autre forme de procès- dans leur pays où ils purgent depuis de lourdes peines de prison.

Ce qu’il faut en conclure

Dans l’analyse contemporaine des problématiques de leadership, la taille d’un Etat ne constitue plus un déterminant absolu.  L’exemple du Vatican -Etat lilliputien s’il en est- dont la Sainte Alliance et le Sodalitium Pianum forment le service de renseignement le plus complet au monde avec le Mossad israélien est là pour le démontrer. Même s’il faut toutes proportions garder en matière de puissance. Les deux opérations d’exfiltration sus-citées, en totale violation des normes internationales, n’ont rencontré que de tièdes réactions au HCR**, au Nigeria comme au Cameroun. Ce qui conforte Malabo dans sa stratégie d’influence: lancer un signal fort à tous les opposants guinéens en exile et persuader les États voisins que les forces spéciales équato-guinéennes sont capables d’opérer sur le territoire de ceux-ci, en tout temps, si elles jugent que la sécurité de leur pays en dépend. Une attitude qui renforce le nouveau rapport de forces que nous décrivions déjà dans notre étude. Reste à savoir si une telle volonté de puissance peut être soutenue, voire transférée au champ économique  pour donner naissance à une intelligence compétitive et stratégique résolument offensive en Afrique centrale.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire:

“Histoire secrète du Mossad”: l’enquête de Gordon Thomas

“Les Services secrets chinois, de Mao aux JO”: l’enquête de Roger Faligot

Guerre économique, nouveau défi des services de renseignement en Afrique centrale

———

*CEMAC: Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale

**HCR: Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

Revivez McCain-Obama in infoguerre pour D.C.

In Benchmarking, Communication d'influence, Guerre de l'information, Management de l'information, Stratégie on 8 octobre 2008 at 7:59

Le benchmarking des techniques de guerre de l’information par les acteurs du monde politique, économique, humanitaire et sportif a bougé les lignes de la communication stratégique. En 2006, les arbitres jugeaient disproportionnée la réponse de Zidane (coup de tête) à l’attaque de Materazzi (injure). D’imaginer aujourd’hui que la Squadra Azzurra avait resserré le profiling des Bleus et que le défenseur italien n’avait eu qu’à presser le point sensible au moment M, change la nature du débat chez les spécialistes et élargit le champ d’application de l’infoguerre. Le durcissement de l’affrontement entre candidats à la Maison-Blanche intéresse la communauté de l’IE car la nature (1), la pertinence (2) et les méthodes (3) des attaques informationnelles ici préfigurent leur transposition aux champs de bataille voisins.

1. La nature des coups portés

Si l’on considère uniquement les 45 derniers jours de la campagne présidentielle américaine, on peut relever trois attaques informationnelles parmi les plus saillantes. Le 17 septembre 2008, les deux boîtes électroniques de la colistière de McCain sur Yahoo! sont piratées. Il n’y a pas longtemps, Sarah Palin utilisait ces adresses non sécurisées pour traiter ses affaires privées et celles de l’Alaska, l’Etat dont elle est gouverneur. La capture d’écran d’un e-mail de la candidate a fait le tour du monde. Dès le 4 Octobre, Palin va faire ses courses dans le passé de l’adversaire et revient avec une relique que tout le monde avait oubliée: dans les années 90, Obama était « ami » avec William Ayers, un ancien militant du Weather Underground (groupuscule radical qui perpétra des attentats aux USA pendant la guerre du Vietnam)… Le camp démocrate réplique aussitôt avec une vidéo sur « les liens » de McCain et Charles Keating, un banquier accusé de fraude à la fin des années 80. Dans ce contexte d’infoguerre exacerbée par la déroute de Wall Street, la déclaration peu avisée de McCain sur la prétendue « solidité des fondamentaux économiques américains » a sonné comme une passe à l’adversaire. Une faille pertinente pour enfermer le candidat républicain dans ses propres contradictions.

2. La pertinence des failles retenues

L’intégrité de la correspondance étant garantie par la constitution des Etats-Unis, l’atteinte portée au courrier électronique de Sarah Palin a été unanimement condamnée dans la forme. Mais au fond, l’insouciance et l’imprudence de la candidate républicaine à traiter de dossiers étatiques sensibles en utilisant un canal privé non sécurisé a mis le tout Washington D.C. en émoi; et interrogé « la capacité du ticket McCain-Palin à diriger l’Amérique d’aujourd’hui». En face, l’attaque visant « l’amitié » de Obama avec un ancien terroriste a été reçue par nombre d’analystes comme un coup porté sous la ceinture. Et il a été bien choisi, même si les sondages n’ont pas bougé. Remuez les souvenirs du 11 septembre aux USA et vous avez un cocktail détonnant. Malheureusement pour les républicains, la crise financière qui frappe la grande majorité de l’électorat braque l’attention sur le porte-monnaie du contribuable appelé à la rescousse des « patrons voyous de Wall Street » et leurs amis, dont McCain. Jouant sur la conjoncture, les stratèges démocrates font glisser le curseur de la sécurité internationale vers la sécurité financière, non sans méthode.

3. Les méthodes appliquées

Si au sommet des dispositifs concurrents, McCain et Obama semblent s’en tenir à une espèce de gentlement agreement, ce sont en revanche leurs états-majors qui déploient les opérations d’infoguerre par médias interposés. Les deux appareils de communication traquent le passé de leurs adversaires, détectent les incohérences, relèvent leurs contradictions, tout en visant des symboles susceptibles de décider les électeurs indécis, car c’est eux qui feront basculer le scrutin le 4 novembre 2008. D’après le FBI, les premières traces du piratage de la boîte électronique de Sarah Palin conduisent à David Kernell, 20 ans, étudiant à l’université Tennessee-Knoxville et fils d’un parlementaire démocrate. En visant cette faille, les démocrates demandent insidieusement aux électeurs : « Voulez-vous élire une insouciante à ce point capable de jouer avec la sécurité des Etats-Unis ?» A l’opposé, en rétablissant une vieille connexion entre le sénateur de l’Illinois  et l’homme qui fit exploser une bombe au Pentagone en 1972, les républicains veulent «démasquer» Barack Hussein pour, disent-ils, «montrer le vrai visage de Obama», «l’ami des terroristes».

Tout bien considéré, il y a d’un côté les attaques portant sur l’intégrité des Etats-Unis et, de l’autre, la psychose générée par la crise financière. Et là, rien de mieux que la sécurité du porte-monnaie pour décider l’électeur américain. C’est face à cet enjeu que McCain et Obama vont devoir se surpasser en méditant ce proverbe de la stratégie chinoise: ” Si tu veux réaliser quelque chose, fais en sorte que tes ennemis le fassent pour toi“.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lire: Infoguerre à Bretton Woods: objectif Strauss Kahn

Africom officiellement en service actif dès le 1er octobre 2008

In Leadership, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 30 septembre 2008 at 6:24

C’est l’épilogue d’une  longue période d’intenses préparations, le nouveau commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique dont le président Bush avait annoncé la constitution en février 2007 entre officiellement en service actif ce 1er octobre 2008.

À la veille de son inauguration, la vice-ministre adjointe de la défense chargée des affaires africaines, Mme Theresa Whalen, a déclaré aux observateurs que ce commandement connu sous le nom d’Africom deviendrait l’outil le plus visible des États-Unis au service de leur objectif primordial à l’égard de l’Afrique, à savoir la promotion de leurs relations dans le cadre d’un engagement soutenu. Il s’agit en particulier, pour ce sixième commandement régional, de renforcer les programmes de coopération militaire et d’autres activités relatives à l’Afrique de concert avec divers organismes fédéraux, notamment l’Agence des États-Unis pour le développement international et le département d’État, et avec l’assistance de partenaires internationaux. Jusqu’à présent, les responsabilités militaires américaines à l’égard de l’Afrique étaient confusément réparties entre trois commandements qui étaient chargés aussi, respectivement, du Moyen-Orient, de l’Europe et du Pacifique.

Selon Mme Whalen, l’Africom sera un instrument plus efficace de sécurisation et de maintien de l’ordre et aidera les divers États africains à s’attaquer à leurs problèmes respectifs, qu’il s’agisse de pauvreté, de famine, d’épidémies, de prolifération d’armes, de piraterie ou de conflit. Toutefois, les restrictions imposées au champ d’action des forces américaines en Afrique n’ont pas changé lors de la création du nouveau commandement. « Le fait que nous ayons établi une nouvelle structure organisationnelle afin de mener à bien notre stratégie de sécurité en Afrique n’a modifié aucune des règles qui gouvernaient les anciennes. » La haute responsable du ministère de la défense s’est notamment élevée contre l’idée selon laquelle la création du commandement présageait en quelque sorte la « militarisation » de la politique africaine des États-Unis: « Les gens seront surpris de constater que la direction de l’Africom (pour moitié militaire et moitié civile) exercera encore plus de prudence lorsqu’il s’agira d’envisager une solution militaire à un problème africain ».

L’Africom s’attachera principalement à renforcer la capacité des forces maritimes et terrestres de ses partenaires, afin que ces derniers puissent coopérer en faveur de la solution des diverses difficultés régionales, allant de la réaction à une catastrophe naturelle à la prévention des conflits en passant par la lutte antiterroriste. Selon les responsables américains, un continent africain stable et prospère correspond aux intérêts bien compris des États-Unis dans la mesure où un regain de prospérité, l’amélioration de la santé des populations et une sécurité accrue en Afrique contribueront sans aucun doute au renforcement de la sécurité et de la prospérité dans le monde entier. Les États-Unis vont également aider leurs partenaires africains à « mieux asseoir leur régime démocratique, à mieux appliquer leur respect des droits de l’homme, à favoriser leur croissance économique et à bâtir de solides institutions régionales ». Le centre est dirigé par le général de l’armée de terre William Ward, épaulé par deux co-adjoints: l’ambassadrice Mary Carlin Yates, qui a servi au Burundi et au Ghana et qui est spécialisée dans les activités mixtes militaro-civiles, et le vice-amiral de la marine Robert Moeller, coordonnateur des activités opérationnelles.

Quant à dire que la création de l’Africom serait motivée par l’intérêt considérable que manifeste la Chine à l’égard de l’Afrique, l’administration Bush répond que l’essor des activités chinoises en Afrique n’était pas à l’horizon lorsque l’idée d’un nouveau commandement américain pour ce continent a commencé à faire son chemin, au début de cette décennie. De plus, la Chine ne faisait nullement partie de « l’équation stratégique » des Etats-Unis.  Infos recueillies auprès de l’US Department Of State.

Le pillage technologique est vital pour développer l’Afrique

In Intelligence sportive, Intelligence économique, Stratégie, Veille stratégique on 21 septembre 2008 at 2:00

Si dès janvier 2009, chaque travailleur africain de la Diaspora réussit à transférer par semestre: un logiciel, une machine agricole, un process, une ingénierie ou une bonne pratique vers une entreprise de son pays d’origine comme il transfère mensuellement des fonds avec Western Union; Si toute compagnie étrangère qui exécute un chantier en Afrique centrale est contractuellement astreinte au transfert de savoir-faire aux locaux comme l’exigent les Chinois chez eux*, d’ici 2020, les 6 pays de la Cemac** connaitront un décollage économique approchant celui des 4 dragons de l’Asie du sud-est*** dans les années 70. En attendant l’Etat-stratège, nos entreprises peuvent tout à fait impulser ce mouvement intelligent, citoyen, entrainant l’Etat et la Diaspora dans leur sillage. Quid de l’éthique ? Les gardiens de la loi savent tous qu’on ne tire pas sur l’ambulance. Urgence fait droit.

Lorsque j’avais 10-12 ans, Oscar, un homme d’un âge très avancé qui habitait au dos de notre maison familiale avait coutume de répéter à ses petits-enfants que « celui qui n’apprend pas du passé est condamné dans l’avenir ». L’histoire du monde est pleine de faits académiques qui donnent raison à ce vieux sage bantu. De tout temps en effet, la volonté de puissance, la recherche de l’espace vital ou simplement l’instinct de survie ont conduit des hommes et femmes à partir à la conquête. L’Afrique porte encore les stigmates de l’esclavage et de la colonisation. Ce crime épouvantable a crée un tel écart de développement économique, industriel et technologique entre le Nord et le Sud que seul un saut quantique proprement africain peut permettre de combler ce fossé. Refuser de comprendre cette leçon du passé c’est rejeter le scanner de nos retards actuels et hypothéquer l’avenir de l’Afrique. A contrario, accepter d’en tirer les enseignements, c’est inscrire la révolte constructive au cœur de notre action, c’est nous obliger au  combat, à une guerre autre, sans effusion de sang, faite de patriotisme, d’intelligence, de savoir, de stratégie et de stratagèmes. Le pillage technologique y est une arme primordiale.

« Rien n’est bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l’on en pense», écrivait Shakespeare dans Hamlet. Si l’Afrique pense que son bonheur réside dans son développement intégral, elle doit en lever les obstacles. Les Africains du XXIè siècle n’ont ni le temps, ni les moyens, ni la sottise de réinventer le fil à couper le beurre. Il leur est impératif d’ouvrir l’œil et l’oreille en se rappelant la mission prométhéenne que confia la Reine des Diallobé à Samba Diallo dans l’Aventure ambigüe de Cheikh Hamidou Kane : voler le feu au ciel pour le ramener à la terre. Mais attention ! Il ne s’agit pas de vendre son âme -on n’en a qu’une- mais bien de viser, caresser et in fine « rompre l’os et sucer la substantifique moelle», comme disait Rabelais dans le prologue de Gargantua. Les technologies que nous allons transférer dès demain en Afrique doivent être compatibles à nos besoins locaux. Grâce à une adaptation judicieuse, elles devront aider nos entreprises, nos institutions, nos écoles à devenir autonomes et compétitives. En l’occurrence, l’esprit précède et commande l’action.

Concluons en prenant exemple sur les Chinois: lors des JO de Pékin 2008, l’empire du milieu nous a convaincu par la preuve que lorsque les circonstances l’imposent, c’est dans le camp adverse qu’il faut aller piocher son entraineur, ses méthodes, ses techniques, bref le meilleur de son savoir-faire, y adjoindre le nôtre, la discipline et l’amour de la patrie pour gagner. A l’arrivée: 100 médailles dont 51 en or ! Sur ce point, l’absence d’unités d’élite spécialisées dans le Renseignement sportif de haut niveau en zone Cemac est une lacune sans nom ! Comment comprendre que de talentueux Africains évoluant dans les meilleurs clubs du monde ne soient systématiquement débriefés à la maison, voire encouragés à transférer au pays les bonnes pratiques d’entrainement acquises à l’étranger, dans le cadre d’une  stratégie nationale d’intelligence sportive? Se hâter lentement peut être fatal. Allons!

Guy Gweth

* Sans doute parce que la  Chine actuelle est essentiellement dirigée par des ingénieurs de formation. Mais est-ce là l’unique raison de leur stratégie volontariste?

** Les 6 pays de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale: Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad.

*** Les 4 dragons d’Asie du Sud-Est: Corée du Sud, Hong-Kong, Taïwan, Singapour.

Shoot China! Le djihâd médiatique occidental s’intensifie-

In Stratégie, veille on 31 juillet 2008 at 5:08

Dès 2025, la Chine sera très probablement la première puissance économique mondiale. L’une des dernières incertitudes qui habitent encore  les prospectivistes quant à cette éventualité est l’attitude de l’Occident devant l’expansion vertigineuse de cette Vague Jaune. Que va-t-il arriver à ce pays-continent qui est à la fois une menace et une opportunité pour le reste du monde ? Comment va-t-il réagir aux attaques extérieures ? Quelles vont en être les conséquences pour la stabilité internationale ? Après que Guy Spitaels a conclu que « la guerre entre la Chine et les Etats Unis » n’aura quand même pas lieu, repenchons-nous sur une autre forme de guerre, celle où la communication est une arme, l‘information une munition, et le management des symboles une tactique de manipulation imparable. A l’approche des JO de Pékin 2008, ce sont les médias occidentaux  qui portent la flamme de la discorde dans le camp adverse, sous couvert de liberté d’informer.

Il y a des phénomènes qui ont l’air anodin. Mais en les retournant, en les transposant à d’autres sphères, ils se révèlent plus bavards, plus instructifs, prompts à nous renseigner sur la société dans laquelle ils opèrent. Le sempiternel dopage sur le Tour de France est de ceux-là. La prestigieuse compétition qui rassemble les meilleurs coureurs occidentaux depuis 1903 nous apprend que la tricherie et la déstabilisation de l’adversaire sont un pilier de la compétitivité occidentale. Lorsqu’au 20h de TF1, début juillet 2008, Harry Roselmack demande à Christian Prudhomme si la répétition des cas de dopage n’est pas de nature à discréditer la grande boucle, le directeur du Tour répond que cela prouve plutôt l’efficacité des contrôles antidopages. Une pirouette qui ne répond pas à la question. Cette attitude est typique de la rhétorique occidentale, et française en particulier. Elle est le fondement de ce qu’Arthur Schopenhauer baptisa « L’art d’avoir toujours raison ». L’Occident qui a bâti sa puissance sur la violence (deux guerres mondiales…) et l’exploitation des autres peuples (esclavage, colonisation) n’est pas prête à céder son leadership au pays de Hu Jintao. Raison pour laquelle, paraphrasant Clausewitz, la guerre de l’information est stratégiquement devenue «la continuation de (sa) politique par d’autres moyens ».

C’est dans cette optique qu’à Washington, le Dalaï-Lama a été reçu par Georges Bush à la Maison Blanche. A Paris, des photos du chef spirituel tibétain et de quelques dissidents chinois trônent à l’Hôtel de ville, à quelques jours des jeux… Faites le lien, mais laissez la coïncidence où elle est. Désormais, le téléspectateur peut suivre chaque soir un envoyé spécial faisant un reportage devant un char d’assaut ou un check point, pour montrer combien Pékin est sur les dents. Quand ce n’est pas la sureté nationale, c’est la pollution qui préoccupe les chaînes de télévisions. On scrute si les normes occidentales en la matière sont respectées dans un pays qui voit passer des milliers de businessmen européens et américains par an, sans que personne ne s’indigne de la qualité de l’air. Et comme si cela ne suffisait pas, des journalistes officiellement accrédités pour la couverture des jeux olympiques croient devoir rechercher des informations sportives sur des sites internet tels que celui d’Amnesty International, pourtant pourfendeur des JO de Pékin 2008… C’est dire si l’éclipse totale du soleil qui se produira ce 1er août au dessus de l’Empire du Milieu est un sinistre présage pour les Fils du Soleil et leur sécurité.

Tout bien considéré, c’est à l’unité et au capital-image de la Chine que l’Occident s’attaque plus que tout, installant insidieusement dans les perceptions de l’opinion publique mondiale des programmes malveillants que les spin doctors chinois auront du mal à éradiquer… Faille idéale s’il en est. Car les analystes sont désormais persuadés qu’à travers tous leurs efforts, les dirigeants pékinois -comme tous les politiques- sont en quête d’estime et de reconnaissance internationales.

Guy Gweth

IE: le benchmarking des groupes d’autodéfense en Afrique centrale

In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 juillet 2008 at 5:46

La crise économique qui traverse la zone Cemac depuis plusieurs années a considérablement fragilisé l’appareil étatique dans l’accomplissement de certaines de ses missions régaliennes. Une partie de ces dernières est ainsi tombée dans le champ d’activités des promoteurs privés, des bailleurs de fonds, des églises, des Ong… et des associations en bonne place desquelles les groupes d’autodéfense.

Nés de l’insécurité et de la montée du grand banditisme, les groupes d’autodéfense sont l’œuvre des jeunes de quartiers, costauds, solidaires, scolarisés ou non. Leur objectif est de sécuriser leur territoire. En alternance, ils veillent de jour comme de nuit. Ils surveillent les environs, collectent des informations, notent tout mouvement suspect. Ils ont le soutien plein et entier des populations locales. Y compris financièrement. Les criminels les redoutent. Les pouvoirs publics les observent. Un nouveau rapport de forces voit le jour dans les cités. Mais très vite, certains groupes franchissent la ligne jaune. Ils se prennent à arrêter des malfrats, à les juger devant des tribunaux populaires, à exécuter les peines par eux-mêmes. Il arrive qu’un membre du groupe cherche à se venger d’un rival et le dénonce comme « malfaiteur », poussant parfois à commettre l’irréparable. Embarrassé, l’Etat rend justice, tout en reconnaissant implicitement l’aide exceptionnelle de ces entités de facto, non prévues par les lois de la république. Il faut les encadrer.

Du 25 au 27 février 2004, alors que j’assure le pilotage d’Interconsult Cameroon, j’organise avec l’aide de bailleurs de fonds allemands, une session nationale au centre Jean XXIII de Mvolyé, à Yaoundé, afin de sensibiliser ces groupes au respect des droits humains. Pour mener à bien cette mission sans précédent, j’invite des experts de haut niveau dont l’ancien préfet Jean-Marie Ndongo et surtout Bell Luc René, ancien gouverneur et ex-délégué général à la sureté nationale. Ils nous font l’honneur d’accepter. Dans son propos liminaire, l’ancien chef de la police camerounaise tient à préciser que si l’Etat tolère les groupes d’autodéfense, c’est en réalité dans une logique stratégique visant à pénétrer les zones dites sensibles, grâce au soutien informationnel des habitants, dans le but de mieux gérer et garantir la sécurité publique.

La stratégie d’intelligence économique que nous impulsons dans la zone Cemac a tout appris de ce schéma contextuel. Face à l’exacerbation de la concurrence, à la réduction des moyens de l’Etat, nos entreprises se regroupent aussi bien par région que par secteurs d’activités. Moins fragiles et plus audacieuses, elles travaillent ensemble autour d’une plateforme d’information sécurisée avec la collaboration, voire, l’impulsion de l’Etat. Peu à peu, ce dernier diminue ses fonctions opérationnelles pour davantage se consacrer à son rôle d’Etat-stratège. Ces plateformes visent la défense et la compétitivité par la transformation du renseignement économique en outils de création et de protection des richesses. Rien à voir avec un quelconque protectionnisme. La vérité est que  les compagnies se prennent en main pour agir dans le respect bien compris des règles de saine concurrence. Elles n’ignorent pas qu’en définitive, c’est aux pouvoirs publics d’assurer les missions de contrôle, de protection des personnes, des biens, et donc des entreprises implantées sur l’ensemble du territoire national. Mais elles gagnent en assurance. L’Etat devient clairvoyant. La Cemac peut voir venir.

Des jeunes de quartiers qui inspirent une stratégie d’intelligence économique aux entreprises? Il fallait y penser.

Guy Gweth

Dans le même ordre d’idées, lisez:

Pratiques de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine

Une taupe dans le dispositif d’intelligence économique

In Contre-Intelligence stratégique, Diplomatie économique, Guerre de l'information, Stratégie on 16 juillet 2008 at 8:29

L’affaire d’espionnage industriel qui a récemment opposé Renault à l’hebdomadaire automobile Auto Plus révèle un type de menaces informationnelles que les responsables de l’intelligence économique (IE) préfèrent souvent occulter: l’existence de taupes au sein de l’entreprise, voire au cœur du dispositif d’IE. Il s’agit d’un fait grave; et non du simple jus de cerveau d’analyste.

Plus qu’un péché par omission

Même dans son manuel de référence L’intelligence économique, la comprendre, l’implanter, l’utiliser paru aux éditions de l’organisation en 2006 (l’un des meilleurs et des plus complets de la zone francophone à mon avis), François Jakobiak disserte assez peu sur les cas de trahison interne au sein de l’entreprise. Par sécurité psychologique plus que par omission, la communauté de l’IE s’est jusqu’ici contentée de penser que les menaces informationnelles viennent de l’extérieur (la concurrence, l’Etat, la société civile…) et un peu moins de l’intérieur de l’entreprise (défaillance technique, négligence, erreur ou trahison). Pourtant, telles des jumelles qui partagent tout ou presque, les dispositifs d’intelligence compétitive doivent désormais faire face à l’existence d’espions ou de taupes dans la maison, au même titre que les services de Renseignement classiques.

Les candidats potentiels à la félonie

Comme dans les Services donc, la taupe d’entreprise se recrute dans le vivier de la concurrence la plus ardue, de préférence chez le leader du secteur ou le concurrent direct ayant le budget le plus consistant en recherche et développement. Homme ou femme, la taupe d’entreprise est quelqu’un de brillant, ayant une parfaite maîtrise de ses dossiers, généralement hors de tout soupçon et sociable à souhait. Un ange polyglotte. Travaillant au cœur névralgique de l’entreprise, il occupe souvent d’importantes fonctions à la direction de la stratégie, de la R&D, de la SSI ou de l’innovation. Cependant, l’informateur se recrute aussi aisément auprès des services d’hygiène et de sécurité de l’entreprise, parmi les stagiaires, les intérimaires, les chasseurs de têtes ou des journalistes attitrés. Tout est fonction du but et de la faille détectée par l’officier traitant. Mais la plus astucieuse des approches demeure sans doute le recrutement d’une taupe au sein de la cellule de veille ou d’intelligence économique du concurrent.

Pourquoi on trahit son entreprise

Dans la communauté de l’intelligence économique comme dans celle du Renseignement classique, sept mobiles ont été répertoriés qui peuvent pousser un agent, un cadre ou un associé à distraire des informations stratégiques à son entreprise pour les refiler à la concurrence ou à la presse :

1- l’argent;

2- le sexe;

3- le pouvoir;

4- l’orgueil;

5- la frustration;

6- l’idéologie;

7- le chantage.

Une liste qui, a priori, intéresse l’ensemble du personnel. Et c’est tant mieux.  Toutefois, pour être efficace, il convient de la resserrer grâce au profiling individualisé et périodique des sujets à risque.

Quelles solutions  pour prévenir et/ou retourner ?

Cette question convoque en prime la taille de l’entreprise ainsi que son dispositif d’intelligence économique. Mais dans tous les cas de figure et sans entrer dans le détail, la DRH accentuera en amont le profiling et les enquêtes préalables à l’embauche d’un candidat dans un secteur classé sensible ou pour un stage. Par la suite, hormis les tâches de surveillance traditionnellement dévolues aux pôles de veille et IE, la direction devra instaurer un suivi personnalisé des postes névralgiques aux fins de noter et sonder des changements éventuels dans le comportement et la vie quotidienne de la cible, bien entendu, dans le respect de l’éthique et de la légalité. Non à la compagnie policière!

L’instauration d’un climat de bonne intelligence par le biais du dialogue (Intranet, machine à café, tête-à-tête) et des relations publiques internes permettra par exemple de mettre les sujets en confiance et ainsi de pouvoir poser des questions déjà soulevées dans un dossier précédent ou pendant l’entretien d’embauche, sans éveiller l’attention. L’objectif est de déceler si le salarié varie dans ses réponses. Ou simplement s’il se sent valorisé, reconnu et respecté au sein de l’entreprise. Une veille constante chez soi comme sur la concurrence.

Guy Gweth

La Guinée équatoriale a-t-elle une stratégie de puissance sous-régionale ?

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, veille on 30 juin 2008 at 8:32

La question peut paraître provocante à plus d’un titre. Mais elle mérite fortement d’être posée, au vu des signaux faibles envoyés ces cinq dernières années par Malabo à la communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC). Voici le décryptage exclusif de “la stratégie de la poudre aux yeux” , une enquête minutieuse au cœur de la doctrine sécrète du président Teodoro Obiang Nguema Mbazogo.

Oui, le sujet est provocant parce que la Guinée équatoriale en chiffres, c’est 515 000 habitants établis sur une superficie de 28050 km2, une croissance démographique à 2,25%, une densité de 18 hab/km2, une espérance de vie de 42 ans, un taux d’alphabétisation à 87%, un PIB par habitant de 8250$ , un indice de développement humain établi à 0,642… 2620 millions $ d’importations, 11675 millions $ d’exportations et trois principales ressources: le pétrole, le bois et le gaz naturel (…)

Mais nous nous sommes sérieusement interrogés. Car sur le plan économique, ce “petit Etat” pétrolier que les analystes s’accordent désormais à  désigner “ Koweit du golfe de Guinée” se targue d’une croissance en 2007 de 21,5%  contre 8% en 2006 (!) Son taux d’inflation est de 5,2% et les investissements directs étrangers dans ce pays s’élèvent à 1656 millions $. Avec une politique d’immigration digne de la Suisse, l’ancienne colonie espagnole peut se permettre d’organiser des expulsions spectaculaires de clandestins africains, d’offrir un 1 milliard Fcfa pour la reconstruction de N’Djamena, de demander et obtenir la tête du gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique centrale, d’exiger la refonte des textes de la Cemac pour tenir compte du nouveau poids économique et financier de la Guinée pétrolière… ou de claquer la porte de la 9è conférence des chefs d’Etats de la Cemac, le cas échéant (…)

Guy Gweth

Acquérir l’étude complète auprès de GwethMarshall Consulting.

Entreprise: business Intelligence et Intelligence économique

In Intelligence économique, Stratégie on 14 juin 2008 at 2:08

Les outils de la Business intelligence sont basés sur l’exploitation d’un système d’information décisionnel alimenté grâce à l’extraction de données diverses à partir des données de production, d’informations concernant l’entreprise ou son entourage et de données économiques. Ces systèmes d’informations s’inscrivent généralement dans un démarche globale prévoyant une veille stratégique et un cycle de renseignement (dans le cadre de l’intelligence économique) dont l’aboutissement final demeure la gestion du capital immatériel (informations, connaissances, compétences) de l’entreprise.

INTELLIGENCE ECONOMIQUE
Le terme d’intelligence économique renvoie à l’importance critique pour tous les acteurs de la vie économique d’avoir une connaissance pointue de leur environnement au sens large du terme, puisqu’il faut y inclure la connaissance des politiques publiques, des stratégies industrielles de ses concurrents, le suivi des évolutions technologiques et des inventions. La bonne information permet d’avoir conscience du besoin d’une décision et de prendre celle-ci de manière optimale.
L’accès rapide et étendu à une masse énorme d’information via Internet pose à l’évidence le problème de l’intelligence économique dans des termes totalement nouveau. La question est moins l’accès primaire à l’information, que la capacité de reconnaître ce qui est intéressant et qui produit cette information.
Une démarche d’intelligence économique vise à mettre en place des outils informatiques pour la veille, la collecte, le traitement et la diffusion de l’information à travers un système d’information fiable.
Le terme système d’information (ou SI) possède plusieurs significations. Dans un système d’information généralement, dirons-nous, d’une grande entreprise, on trouvera plusieurs applications dont des progiciels :
ERP – Enterprise Resource Planning (en français : PGI pour progiciel de gestion intégré) -qui intègre tous les systèmes informatisés permettant d’aider le travail dans l’entreprise.
CRM -Customer Relationship Management (en français : GRC gestion de la relation client) -Regroupe toutes les fonctions permettant d’intégrer les clients dans le système d’information de l’entreprise
SCM -Supply Chain Management – Regroupe toutes les fonctions permettant d’intégrer les fournisseurs et la logistique au système d’information de l’entreprise
GRH -Gestion des ressources humaines
GDT -Gestion de données techniques (ou PDM – Product Data Management) -Fonctions d’aide au stockage et à la gestion des données techniques. Surtout utilisé par les bureaux d’études.
Le domaine des systèmes d’information a certes une forte composante technologique et informatique. Mais c’est seulement un aspect de ce domaine qui est en fait beaucoup plus vaste. Il s’agit de concevoir comment circule et est stockée l’information de façon efficace et cohérente pour toutes les activités d’une entreprise, d’un réseau d’entreprises, d’une administration publique, des relations entre entreprises, citoyens, gouvernements…
Le champ est vaste et concerne tous les domaines des activités humaines. Malgré cette ampleur, ce domaine a son unité scientifique, construit autour de concepts, de constructions abstraites et concrètes, de composants de méthodes notamment qui sont indépendantes des activités concernées. Sans doute, un des maîtres mots de ce domaine des Systèmes d’Information est-il celui de modèle accompagné de celui de modélisation.
Par ailleurs dans les entreprises actuelles, le système d’information tend à s’orienter vers des ensembles plus globaux, l’information traitée par l’homme étant une connaissance à gérer.
En complément du SI, on a souvent une Ingénierie des connaissances qui s’articule autour des deux composantes suivantes, que l’on peut retrouver dans chaque domaine d’activité de l’entreprise :
La gestion de contenu (en anglais Content Management) , destinée à gérer les informations brutes à transformer en connaissances mieux structurées ;
La gestion des accès, c’est-à-dire la gestion des flux et des protocoles d’échange dans les réseaux de télécommunications internes ou partagés avec les partenaires.
En gros il faut dire que l’ensemble de ces démarches tournant autour du concept « intelligence » vise à trouver la bonne méthode pour recueillir et traiter l’information stratégique, transmise à la bonne personne, au bon moment, pour avoir un avantage compétitif.

Aboubacar Sadikh Ndiaye

Industrie du lait et légitime défense économique en Afrique

In Gestion de crise, Guerre de l'information, Guerre économique, Prospective, Stratégie, Sécurité on 11 juin 2008 at 10:17

Les bombardements quotidiens d’images que subissent les populations d’Afrique via les chaînes de télévisions occidentales ont un effet d’Hiroshima et Nagasaki sur la psyché. Au point que lorsqu’un jeune diplômé africain achève ses études à l’étranger, il est crucial qu’il s’interroge sur l’opportunité d’un retour au pays natal. Le nombre de parents et amis qui l’en dissuadent depuis le continent est impressionnant. C’est pourtant ce qu’a bravé le docteur Bagore Bathily, un vétérinaire sénégalais de 33 ans, diplômé de l’université de Liège en Belgique, aujourd’hui P-dg de la Laiterie du Berger, la seule unité industrielle qui transforme du lait de collecte au Sénégal. La crise alimentaire a permis à l’opinion publique internationale d’apprécier l’extraordinaire combat de cet industriel du lait de collecte local face au lait déshydraté importé d’Europe. Plus qu’un sujet d’intelligence économique in vivo, voici une problématique qui convoque une stratégie nationale de légitime défense économique.

Pendant la période coloniale, les stratèges européens avaient conçu dans les colonies des niches propices à l’écoulement de produits issus du vieux continent. Dès 1960, l’indépendance politique laissa logiquement place à de nouvelles formes de dépendance basées sur l’éducation, la culture ou le commerce de produits manufacturés made in Europe. Ainsi naquit la dictature du lait déshydraté qui lamina littéralement les habitudes de consommation locale par l’influence (enrôlement des élites, des médecins et autres puéricultrices…, le perception management et la normalisation), le marketing et surtout la guerre des prix, créant ainsi un véritable casus belli économique. Pendant plusieurs années, l’Union Européenne subventionna ses agriculteurs pour les aider à produire et exporter plus facilement vers les pays pauvres (ex-colonies). Empruntant un mode opératoire de soft power désormais décodé, les instances financières européennes firent une injection d’exotisme concurrentiel dans le secteur du lait au Sénégal en finançant Bagore Bathily, un enfant du pays, pour démarrer à petite échelle la Laiterie du Berger.

Mais en vérité, parce qu’il concerne l’alimentation et relève d’une situation on ne peu plus asymétrique -par ailleurs exacerbée par la crise alimentaire mondiale-, le marché du lait en Afrique est un terrain d’affrontement propice à une guerilla du lait par la guerre de l’information. Pour cela, il suffit d’un sursaut patriotique, d’une pincée de volonté politique, d’un peu d’ingéniosité, d’un brin d’imagination, d’un soupçon d’audace… le tout dans un moule de stratégie offensive pour, au pire, crier à l’autodéfense économique et alimentaire. Voilà qui est moins facile  à dire qu’à faire… Pionniers de l’intelligence économique sur le continent avec les Sud-Africains, si les acteurs sénégalais continuent de regarder au lieu d’agir pour défendre leur territoire de consommation, ils risquent d’être perçus par l’opinion publique comme des tigres en papier. Une partie du discours du président Wade à Rome sonnera faux. Les petits éleveurs, les paysans locaux et le téméraire Bagore Bathily iront à l’abattoir. Pis, dans les 10-15 ans à venir, les concurrents vendront aux populations du lait de toilette, du savon ou des glaces dont le parfum rappellera comme par hasard le lait déshydraté importé qu’elles buvaient dans leur enfance… Et la boucle sera bouclée!

Guy Gweth

Algérie: le Conseil de la Nation face aux impératifs de défense économique

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 11 juin 2008 at 9:14

“Les travaux des 4es JEP sur la défense économique, organisés à l’initiative du Conseil de la nation sous le haut patronage du Président de la République d’Algérie, se sont achevés le 7 juin 2008 au soir sur une série de constats et de recommandations. Extraits:

“…Le docteur Walid Laggoune, professeur de droit, en abordant «les aspects juridiques de la défense économique», s’est référé à la législation en matière de défense de la sécurité nationale citant les codes d’investissements…, la détermination des secteurs stratégiques intégrant la défense économique et la notion d’intelligence économique.


“Walid Laggoune qui s’appuie sur la législation nationale en matière de développement économique et d’adaptation juridique appelle à plus d’effort normatif au regard des nouvelles vulnérabilités, pour définir les principes et tracer les contours d’une défense économique efficiente. Le juriste Ahmed Laraba, dans sa communication «Observation sur la notion de défense économique», met en parallèle le lien intrinsèque entre la défense nationale et la défense économique comme réponse appropriée aux vulnérabilités nationales, risques et menaces dans un droit de projection interne et externe et de prospective de nouveaux mécanismes de défense. Le professeur de droit considère le potentiel économique comme constituant un paramètre fondamental de toute politique de défense nationale. Les deux segments liés constituent une défense nationale conquérante.”

Lire l’article complet in Elmoudjahid.com.

Du capital cognitif en Afrique: l’appel du “Bill Gates africain”

In Guerre économique, Intelligence stratégique, Stratégie on 9 juin 2008 at 5:27

L’Afrique francophone connaît peu Philip Emeagwali. Surnommé « Père de l’internet » par CNN et le Times, cet informaticien nigérian est l’un des gourous du nouvel âge de la société de l’information, qualifié par Bill Clinton de « Bill Gates africain ». Récipiendaire du Prix Gordon Bell (équivalent du Prix Nobel dans le domaine informatique), Philip Emeagwali fait de l’industrialisation de l’Afrique son credo. Ci-dessous des extraits d’une intervention faite devant la communauté africaine à Valence, le 11 mai 2008.

C’est le 25 mai 1963 qu’a été créé l’Organisation de l’unité africaine. Projetez-vous au 25 mai 2063, au centième anniversaire de l’organisation africaine, forcément un moment pour analyser les réussites et les échecs. La manchette d’un journal annonce ‘les derniers gisements de pétrole dans le territoire américain de l’Afrique de l’Ouest se sont épuisés’. L’article se poursuit ainsi: ‘Les dernières parties de la forêt équatoriale vont bientôt disparaître, traversées par des pipelines et des plateformes de forage des usines de raffinage de gaz naturel. La pollution globale sera le legs des générations futures. Les réserves pétrolières offshore de l’Afrique sont taries. Les installations pétrolières abandonnées deviendront alors un objet d’attraction pour les touristes. Les constructions qui accueillaient les bureaux et les usines des compagnies pétrolières se transformeront en villes fantômes. Dans un monde sans pétrole, le transport aérien va disparaître, et les hommes recommenceront à traverser les mers avec des navires à vapeur. Les fermiers utiliseront des chevaux à la place des tracteurs. La faux remplacera la moissonneuse batteuse. A mesure que les cultures diminueront, la famine envahira le globe. Sans moyens de faire rouler leurs véhicules, les parents resteront chez eux, sans boulot et les enfants marcheront pour aller à l’école.

“Un tel scénario peut devenir réalité car l’offre en pétrole n’est pas illimitée. Nous savons que les réserves actuelles ne conduisent pas l’humanité à plus de 40 ans. C’est aussi certain que la mort ou les taxes. Mais au lieu d’entrer dans la polémique à propos de l’année exacte où le pétrole va s’épuiser, je préfère supposer que nous y sommes déjà. Cela peut arriver plus vite qu’on ne le pense. Nos descendants nous remercieront ou nous blâmeront sur la quantité de pétrole que nous leur laisserons. Au lieu de se demander quand l’Afrique sera à bout de ses ressources naturelles, l’on peut se demander que fait l’Afrique de son pétrole et de ses matières premières ?

Capital intellectuel


“Actuellement, l’équivalent de 100 dollars en minerais de fer vaut le double une fois transformé en pots pour boire et réexporté vers l’Afrique. La même quantité vaudra 65 000 dollars, une fois transformée en aiguilles en Asie, 5 millions de dollars sous forme de bracelets à montres en Europe. D’où vient ce gap ? Il vient du capital intellectuel européen, du patrimoine de connaissances collectives de son peuple qui lui permet d’acheter 100 dollars en barres de fer, de les transformer et de les livrer avec une valeur ajoutée 50 000 fois supérieure. Cela revient à dire que l’absence du capital intellectuel est la cause de la pauvreté. Sans un capital intellectuel africain, le fer extrait de l’Afrique continuera à être transformé en Europe et à être réexporté en Afrique à des prix énormes. Pour rompre avec ce schéma, le continent devra promouvoir la créativité et l’éducation, indispensables pour donner de la valeur à ses matières premières. La pauvreté n’est pas l’absence d’argent, mais plutôt l’absence de connaissances.

“Dans les pays africains exportateurs de pétrole, des multinationales comme Shell, qui vendent des plateformes en échange de 40% de royalties sur la valeur du pétrole exporté, deviendront toujours plus riches alors que les travailleurs au sein de ces plateformes deviendront de plus en plus pauvres. Nul doute, l’éducation réduit plus vite la pauvreté que le pétrole. C’est le capital intellectuel et non les gros salaires qui élimineront la pauvreté. Si nous demandons tous de gros salaires, nous finirons par les dépenser pour nos propres besoins. Le capital intellectuel, lui, permettra de créer des produits dérivés à partir de la technologie. A la fin, il y aura non seulement redistribution de la richesse, mais aussi création et contrôle de la nouvelle richesse. La capacité africaine de réduire la pauvreté apportera la prospérité pour des millions de gens…

Sources: Journal de la Finance Africaine

Les secrets du segment Afrique de Western Union: transfert de propriété

In Benchmarking, Intelligence économique, Leadership, Perception Management, Stratégie on 6 juin 2008 at 2:06

Le 1er Juin 2008, nous publiions sur ce site: [“C’est un fait dont on parle trop rarement: au moins un Africain émigré sur deux adresse les trois quarts de son salaire à sa famille restée sur le continent afin d’assurer sa subsistance.” Nous, enfants de la tradition.

Marketing ethnique, Perception Management, Communication stratégique, Conquête des espaces, Relation client… Enquête exclusive au cœur d’une stratégie commerciale qui séduit la diaspora africaine. Comment de pauvres Africains ont enrichi Western Union, Transfert d’argent? C’est à découvrir prochainement. Ici.]

Aujourd’hui, nous regrettons de ne pouvoir publier les résultats de cette enquête aux motifs de cession des droits de propriété à des tiers. Comme vous devez le savoir, les entreprises , les gouvernements et les organisations non-gouvernementales sont prioritaires pour connaître et exploiter les résultats de nos productions à des fins de compétitivité. Aussi prions-nous l’ensemble de nos lecteurs d’excuser ce rendez-vous manqué, dû à la real intelligence.

Guy J. Gweth

Crise alimentaire: le coup de gueule de Me Wade à Rome

In Débat, Gestion de crise, Géostratégie, Stratégie, Sécurité on 4 juin 2008 at 5:30

“Ne venez plus nous imposer des institutions, des experts, l’Afrique d’aujourd’hui ce n’est plus celle d’il y a vingt ans… Aujourd’hui, nous avons les cadres dans tous les domaines, diplômés dans les plus grandes universités, alors qu’on arrête cette farce… » Un discours qui vous rappellera sans doute la genèse de GwethMarshall, la première Agence d’intelligence économique et stratégique en Afrique centrale.

Guerre économique: pourquoi et comment la Chine mise sur l’Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Stratégie, veille on 1 juin 2008 at 6:04

Ils construisent des immeubles en Algérie, extraient du pétrole au Soudan, font pousser du riz au Cameroun… En quelques années, les Chinois sont devenus omniprésents en Afrique. Serge Michel, ancien journaliste du Temps et de L’Hebdo, collaborateur au Monde, les a pistés durant plus d’un an en compagnie de Michel Beuret, journaliste à L’Hebdo, et du photographe Paolo Woods. Leur livre, «Chinafrique»*, témoigne de la formidable expansion de l’Empire du Milieu sur le continent Noir. Le Temps a interviewé Serge Michel:

-Comment a germé l’idée de ce livre?

Serge Michel: En octobre 2006, j’ai été reçu par le président de la Guinée, Lansana Conté. Il sortait de sa sieste et m’a parlé de la culture du riz, son obsession. C’est là qu’il a mentionné les Chinois, avec une remarque du genre: «Je leur ai donné un champ tout sec et vous devriez voir ce qu’ils en ont fait!» Il comparait leur attitude à celle des Blancs qui, dans son esprit, sont restés des colons qui veulent s’emparer des ressources de l’Afrique sans travailler. Cette idée que les Chinois mettent la main à la pâte impressionne fortement les Africains.

Dans l’antichambre qui menait au président, il y avait d’autres ministres qui m’ont tous parlé des Chinois. Celui des Mines m’a dit: cela fait 40 ans qu’Alcoa, Péchiney et les Russes exploitent notre bauxite et ne font rien d’autres que sortir le minerai, sans le raffiner pour en faire de l’aluminium. Les Chinois, eux, ont construit une mine, un barrage, une route, un chemin de fer, une usine de raffinage, le tout financé par leur banque pour l’import-export. En tant que dernière économie dirigée du monde, la Chine est aussi le dernier Etat à pouvoir aligner de la sorte banquiers et industriels pour réaliser de tels projets.

-Les Chinois auraient-ils trouvé la recette pour faire marcher l’Afrique?

-SM: Leur recette, c’est d’amener des ingénieurs payés 500 euros par mois alors qu’un Occidental en coûterait 15000. Là où un Français amènerait sa femme et ses enfants, aurait besoin d’une école internationale, d’une voiture de fonction et de vols réguliers vers l’Europe, le Chinois vient seul, dort dans son usine, sur une paillasse devant ses machines ou pas loin, et fait tous les métiers possibles – ingénierie, achat de pièces détachées, logistique etc. Pour eux, l’Afrique est une terre de promesse, non de ténèbres comme pour beaucoup d’Occidentaux. En Europe, un jeune diplômé de HEC aura envie de travailler à Londres. A quelques exceptions près, l’Afrique ne fait pas partie de son plan de carrière. Mais pour le Chinois, oui, parce qu’il pense qu’il va s’enrichir. Il investit, il prend des risques. Dans notre livre, nous parlons d’une biscuiterie au Nigeria qui n’a jamais été rentable. Les Chinois ont construit un immense hangar et accumulé des stocks de farine considérables. Leurs machines sont compatibles avec la chaîne de production anglaise des années 1950 qui se trouvaient dans l’usine. Leur technologie rustique est parfaitement adaptée aux installations qu’on trouve en Afrique.

-Cette présence obéit-elle à un plan visant à s’emparer de ressources naturelles, ou à conquérir une position stratégique?

-SM: C’est très difficile à savoir. Mais il y a quelques indices. La carte des investissements chinois recoupe à peu près celle des pays pétroliers. La majorité de leurs capitaux se concentre au Soudan, en Angola et au Nigeria. Le Congo-Kinshasa, avec 13 milliards de dollars d’investissements chinois, est une exception récente, mais il y a tellement d’autres ressources minières là-bas… En 1995, le Parti communiste chinois a donné l’ordre à ses entreprises de sortir du pays et de se mesurer à la compétition internationale. Beaucoup d’entre elles ont choisi l’Afrique, parce qu’elles peuvent y voir leurs concurrents à l’œuvre, les espionner, sans être trop jugées sur la qualité de leurs produits. L’Afrique est un terrain d’essai idéal pour des entreprises qui voulaient devenir globales et qui, un jour, viendront ici.

Deux autres facteurs ont accéléré cette évolution. D’abord, l’exigence de la Banque mondiale que tous les projets dans les pays qu’elle aide soient ouverts à des appels d’offres. Les Chinois gagnaient à tous les coups. Ensuite, les années 1990 ont été un grand moment de moralisme occidental envers les Africains. En 2002, l’Angola a demandé au FMI et à la banque mondiale d’organiser une conférence des donateurs pour sa reconstruction. Ces institutions ont refusé, au motif que le pays était corrompu et pas démocratique. L’Angola s’est donc tourné vers la Chine qui lui a prêté des milliards de dollars. Aujourd’hui, c’est un pays qui a le plus fort taux de croissance au monde – 23% en 2007 – et qui est très courtisé, comme le montre la visite de Nicolas Sarkozy à Luanda la semaine dernière.

-En Occident, les Chinois sont parfois considérés comme des sauterelles qui s’apprêteraient à saccager les merveilles naturelles de l’Afrique…

-SM: Je n’ai pas vu ça. Au Congo, j’ai vu des compagnies forestières chinoises dépasser leur quota, déborder leur concession, mais ce sont des coupes progressives, de deux ou trois arbres par hectare. Ce ne sont pas des coupes claires. Les Chinois ne sont pas en train de raser la forêt. Le principal problème est qu’ils ne nourrissent pas leurs bûcherons, qui sont obligés d’aller chasser dans la forêt de nuit pour s’alimenter. Cela dit, les compagnies occidentales ont déjà beaucoup coupé avant, donc nous sommes mal placés pour donner des leçons. En fin de compte, c’est aux Africains de savoir s’ils veulent conserver ou faire disparaître leur forêt. Mais les Chinois ne sont pas des sauterelles. Au contraire, ils sont très désireux de bien faire. Si les Africains leur imposent des règles, ils obéiront.

-Les puissances occidentales, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, assistent-elles passivement à l’irruption chinoise dans leur ancien pré carré?

-SM: Non. Il y a un renforcement global de la présence américaine en Afrique, avec le déploiement militaire dans le Sahara pour lutter contre Al-Qaida et le projet de commandement intégré AFRICOM, qu’ils veulent implanter en Afrique. Le discours des think-tanks à Washington, c’est que les Chinois peuvent être utiles au développement de l’Afrique, mais sur place, on constate que les diplomates américains sont obsédés par ce que font les Chinois et passent la moitié de leur temps à observer leurs activités. Ils sont extrêmement nerveux, même s’ils pensent qu’au fond, la Chine ne fait pas rêver les Africains, qu’elle n’est pour eux qu’un partenaire par défaut et que beaucoup de pays finiront par se tourner vers les Etats-Unis. Ces derniers ont d’ailleurs mis en place des programmes à long terme pour séduire les jeunes Africains.

Quant à la France, si elle a perdu beaucoup de terrain sur le plan économique – son commerce avec l’Afrique est de 55 milliards de dollars par an, contre 70 milliards pour le commerce sino-africain – elle a encore des entreprises très bien implantées comme Bolloré, Total, Bouygues ou Areva. Mais les Chinois sont utilisés pour leur faire peur. Au Niger, par exemple, le gouvernement leur a donné quelques contrats et a expulsé le directeur local d’Areva, ce qui a forcé cette société à doubler le prix de son offre pour un gros gisement d’uranium. Les Chinois ont servi d’épouvantails. Lorsque les Français se maintiennent, c’est souvent à des conditions moins avantageuses qu’avant.

-Est-ce que l’Occident, en redoutant une mainmise chinoise sur l’Afrique, n’est pas en train de se refaire le vieux film du «péril jaune»?

-SM: Toute la question est de savoir si les Chinois vont aider l’Afrique à se développer. C’est vrai que la psychose anti-chinoise est forte en ce moment, mais l’Occident a commis tellement d’erreurs en Afrique qu’il faut leur laisser cette chance. La présence chinoise a beaucoup d’aspects positifs. Lorsqu’elle réalise un projet, la Chine paie et construit derrière, ce qui réduit la corruption. Avant, les prix des projets triplaient entre leur conception et leur réalisation: avec les Chinois, ça ne marche plus comme ça. Et puis, il y a les infrastructures. En six mois, la Chine peut envoyer 2000 ouvriers dans un pays et y construire 700 kilomètres de routes. C’est le seul Etat au monde à pouvoir, comme en Algérie, déployer jusqu’à 13000 ouvriers sur un chantier d’autoroute. La Chine a cette dimension, elle est à l’échelle du continent africain, colossale.

* La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, Serge Michel, Michel Beuret, photographies de Paolo Woods, Paris, Grasset, 2008.

Afrique, intelligence économique et coopération nord-sud

In Débat, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie on 28 mai 2008 at 7:37

Tout au long de son histoire, l’Afrique a adhéré à la quasi totalité des offres de coopération que lui proposait l’étranger, et l’Occident en particulier. Non sans regrets. Il en fut ainsi des grands épisodes tels que l’esclavage et l’évangélisation, les guerres mondiales et la guerre froide, l’humanitaire et la dette, le commerce et la diplomatie; aujourd’hui, l’intelligence économique.

A chacun de ces rendez-vous historiques, les Africains servirent -entre autres- de cobayes, de marionnettes, d’idiots utiles, de chair à canon ou de vache à lait. De cette kyrielle d’épisodes, l’Afrique sortit trahie, exsangue, en retard, dépendante et humiliée. Peu à peu, l’idée que dans sa grande bonté l’Eternel créa une Afrique naïve, suiviste et généreuse pour servir de souffre-douleur à un monde impitoyable cessa d’être un simple trait d’humour blanc.

L’extraordinaire évolution du monde ces 50 dernières années a radicalement changé les paradigmes et creusé de nouveaux champs de bataille. La ruée vers les matières premières africaines, les rivalités entre l’Asie et l’Occident, la globalisation des échanges, la prise de conscience de jeunes africains et le management stratégique de l’information… ouvrent des brèches inespérées pour le continent noir, malgré son retard technologique. Et voici de nouveau, tel un vieux serpent de mer, le passé qui ressurgit: les alliés d’hier nous proposent la coopération en matière d’intelligence économique oubliant que leur ardoise regorge de dettes morales non soldées. Avec les mêmes expédients, on nous caresse dans le sens du poil. Nos futurs cadres sont cueillis dans les universités étrangères et conviés au bal des Judas. Des filles et fils de dirigeants non avisés sont tamponnés dans leurs clubs préférés. Et, signes d’hérédité, des patrons africains de l’ancienne génération en viennent à croire que leurs meilleurs concurrents leur offriront des armes pour se battre librement dans une compétition ouverte, sans précédent, et à l’issue incertaine : la guerre économique.

Comme des griots éternels, nous n’aurons de cesse de sensibiliser et de prévenir la jeune génération de décideurs et d’opérateurs économiques africains. Le patriotisme économique est l’âme de l’intelligence économique et la compétition en est l’esprit. Nos entreprises, nations, sous-régions et région se doivent d’abord d’écrire leur propre partition compétitive et stratégique pour pouvoir ensuite coopérer en bonne intelligence avec l’étranger. Pas avant !

L’Afrique n’a jamais été aussi seule que lorsqu’elle est se sait entourée d’amis. La preuve par l’Histoire.

Guy Gweth

Stratégie internationale: Tokyo double son aide à l’Afrique

In Guerre économique, Géoéconomie, Soft Power, Stratégie on 28 mai 2008 at 5:05

Lors de son discours d’ouverture de la 4e conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), à Yokohama, le Premier ministre japonais a promis de doubler l’aide de son pays au continent africain. Les dirigeants de 52 pays africains sont présents à cette conférence qui s’ouvre dans un contexte de rivalité entre la Chine et le Japon en Afrique.

«La deuxième puissance économique du monde ne peut pas observer les bras croisés la politique chinoise en Afrique.» C’est en ces termes qu’un haut responsable des Nations unies résume l’enjeu de cette conférence. Les Japonais ont un double objectif: d’abord stratégique, l’économie japonaise ne peut pas se désintéresser des matières premières africaines ; ensuite diplomatique, les Japonais savent que le soutien de l’Afrique est primordial s’ils veulent un jour occuper un siège permanent au Conseil de sécurité. Ils souhaitent d’ailleurs inscrire la question de la réforme des Nations unies à l’ordre du jour de cette conférence.

Pour démontrer que le continent africain est désormais une priorité, le Premier ministre japonais a officiellement annoncé, ce mercredi, le doublement de l’aide publique au développement destinée à l’Afrique, elle devrait passer de 580 millions d’euros par an aujourd’hui, à 1,16 milliard d’euros en 2012.

Cela dit les Japonais avancent prudemment, cette prudence se manifeste par la volonté de privilégier le multilatéral au détriment du bilatéral. L’aide japonaise passe essentiellement par le canal des Nations unies et de la Banque mondiale qui participent d’ailleurs à l’organisation de cette conférence, une approche totalement différente des Chinois qui, eux, traitent directement avec les Etats. (é) JK Fall, Rfi.

Les stratégies d’entreprise peuvent s’inspirer du football

In Benchmarking, Stratégie on 26 mai 2008 at 7:25

Le foot utilise de plus en plus les statistiques pour optimiser l’acquisition et la gestion des actifs mais aussi celle des talents et la performance opérationnelle. Une stratégie dont l’entreprise doit s’inspirer.

(é) Pierre Bosche, Directeur Général de l’activité Conseil Technologique et Intégration de Systèmes pour Accenture en France et Benelux

Les enseignements du sport sont vérifiables dans le monde de l’entreprise: celle-ci doit savoir exploiter ses données internes pour en faire un avantage concurrentiel. Ce, en développant tout d’abord ses capacités d’analyse en mettant l’accent notamment sur la qualité des données qui sont les garantes de la pertinence des décisions. En effet, il me semble que les bases traditionnelles de la concurrence s’érodent rapidement : il devient chaque jour de plus en plus difficile d’innover en matière de produits et services. Le cycle de vie des produits ne cesse de se raccourcir, tandis que les attentes des clients vont toujours croissantes. Les entreprises ont de plus en plus de données à leur disposition, avec une richesse jamais atteinte au préalable. Toute la difficulté réside à exploiter ces données mal structurées.

Utiliser les outils analytiques à des fins stratégiques

Je suis convaincu que les prises de décision doivent donc être plus affûtées et mieux informées, ce qui exige d’analyser plus en profondeur les rouages de l’entreprise. Selon moi, il n’a jamais été aussi facile de collecter et de synthétiser des données. La preuve avec le prix des technologies qui ne cesse de baisser tandis que la capacité des processeurs et des mémoires augmente en permanence et que les logiciels gagnent en standardisation et en fonctions. Des entreprises de pointe telles que Tesco, Barclays ou Honda n’ont pas attendu l’enseignement sportif, elles distancent déjà leurs concurrents grâce à l’utilisation de performants outils d’analyse.

Une nécessité de développer des compétences en analyse de données

D’après nos recherches, les sociétés les plus performantes – c’est-à-dire celles qui surpassent nettement leurs concurrents sur le long terme et par delà les cycles de conjoncture – utilisent deux fois plus les outils analytiques à des fins stratégiques qu’une entreprise moyenne. Et cinq fois plus que leurs homologues enregistrant les moins bons résultats ! Les meilleures entreprises l’ont bien compris : la technologie à elle seule ne peut rendre une organisation compétitive sur le plan analytique. C’est la raison pour laquelle ces dernières consacrent du temps et des efforts à développer des compétences et processus métiers dans le domaine de l’analyse de données. Ces entreprises performantes adressent donc un message fort à leurs concurrents. Presque aussi fort que celui que Zidane a adressé à Materazzi, son adversaire italien en 2006.

Suisse: l’Afrique soupçonnée de piratage informatique

In Espionnage économique, Guerre de l'information, Stratégie, Sécurité, veille on 22 mai 2008 at 9:31

L’information ci-dessous questionne la pertinence de la géolocalisation d’un IP (internet protocol) comme indice primordial pour déterminer l’origine d’un piratage informatique. Ces derniers mois, cet indice a poussé plusieurs gouvernements à désigner la Chine comme Etat-Pirate alors qu’un hacker A de nationalité B peut se déplacer dans un pays C et attaquer une cible dans un Etat D. Parfois sans masquer adresse «son IP». Un peu comme si un criminel expérimenté laissait volontairement ses empreintes digitales sur le lieu du crime pour pas qu’on ne puisse jamais me retrouver (!)

En Afrique où des internautes ont accès à des ordinateurs collectifs, rien n’empêche notre hacker A de nationalité B de s’en prendre à une cible D située au bout du monde. Le sujet est sensible dans certains Services où l’on craint de dévoiler des carences face à ce type de criminalité et/ou d’alimenter l’imagination déjà fertile des chapeaux noirs. D’où la tactique du bouc-émissaire. Il serait cependant facile, voire irresponsable de rejeter notre super indice en bloc, du moins en l’absence d’une enquête approfondie.

Guy Gweth

L’info: des pirates informatiques ont exploité un faux concours de photos et des sites piégés pour tenter d’espionner des employés ministériels.

Plusieurs ordinateurs utilisés par des fonctionnaires du Département fédéral des affaires étrangères et du Secrétariat d’État à l’économie Suisses ont du être remplacés à la suite d’une attaque informatique assez intéressante. La radio DRS a indiqué qu’un pirate informatique avait tenté de s’introduire dans les petits secrets du ministère en novembre dernier. Des Chinois ? Même pas, du moins c’est ce que révèle l’ip relevé par les services secrets helvétiques. La machine ayant été utilisée dans l’attaque était africaine.

Le pirate a envoyé un courrier, vantant l’existence d’un concours photographique. Mission, inciter les lecteurs à cliquer sur le lien donné. L’adresse renvoyait sur un site piégé qui avait pour mission d’installer un logiciel espion dans la machine du visiteur cliqueur. Marc Henauer, chef de la section cybercriminalité à l’Office fédéral de police (fedpol), a indiqué le «professionnalisme des agresseurs».

Sources: Zataz.com.

Sud-Sud: la Guinée équatoriale offre un milliard de Fcfa pour reconstruire N’Djamena

In Brève, Gestion de crise, Stratégie on 21 mai 2008 at 7:13

Le vice-ministre équato-guinéen des affaires étrangères, José Essono Macha, a annoncé le 19.05.08 l’octroi par son pays d’un don d’un milliard de Fcfa pour la reconstruction de la capitale du Tchad dont plusieurs installations ont été détruites lors du raid rebelle des 2 et 3 février 2008.

Le ministre équato-guinéen qui a fait cette déclaration au sortir d’une audience avec le Président Idriss Déby Itno, a aussi affirmé que son pays se tient aux côtés du Tchad dans le conflit qui l’oppose au Soudan. La Guinée équatoriale emboîte ainsi le pas au Nigeria qui, par l’entremise de Cherif Mbodou, gouverneur de l’Etat du Bornou, avait remis aux autorités tchadiennes d’importantes quantités de carburant et une somme d’un milliard de Fcfa pour « panser les plaies » de la capitale tchadienne après les évènements de février 2008.

L’émissaire équato-guinéen était porteur d’un message du Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, relatif à la réforme des institutions de la CEMAC. Le chef de l’Etat équato-guinéen préside en effet la commission de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale chargée de réformer les institutions de l’Organisation sous-régionale. Réf : MD/aft/APA

De l’intelligence économique à l’intelligence compétitive

In Intelligence culturelle, Intelligence sportive, Intelligence verte, Intelligence économique, Leadership, Stratégie on 19 mai 2008 at 6:02

Comment réduire l’incertitude des managers, détecter les risques et opportunités du marché, prévoir l’entrée de nouveaux concurrents, trouver dans et en dehors de l’organisation l’information utile à la prise de décision, tirer profits des bonnes pratiques de la concurrence ou anticiper de nouvelles règlementations dans un secteur d’activité donné?

Ces questions -loin s’en faut- ne sont guère l’apanage des seuls opérateurs économiques. Elles ressortissent tout naturellement du management en situation concurrentielle et de la part croissante que prend l’information stratégique dans le capital du leadership moderne. Toute proportion gardée, elles interpellent aussi bien le directeur général de Total Gabon que Mispa C., P-dg d’une PME de commercialisation de produits bio en RCA, Brice M., président d’une ONG de développement au Congo Brazzaville ou Kadidja H., cette jeune Tchadienne de 29 ans récemment désignée pour booster le marketing stratégique d’une nouvelle église de réveil de 9700 âmes, après des études de commerce et de théologie aux Etats-Unis. Pour tous ces managers, il n’y a d’intelligence que si elle sert la compétitivité, de manière éthique et légale.

Pour apporter des réponses aux questions de ces décideurs Africains comme à ceux de Wall Street ou de la City, les experts de l’intelligence économique (version francophone) seront prompts à répondre présents. Et pour cause. Malgré la relative variété des secteurs d’activité sus-évoqués, la plupart dira être en mesure d’appliquer l’intelligence économique au management d’une PME, d’un territoire, d’une association humanitaire ou au sport… Traduction: ces experts seront en mesure de prendre de la distance, puis de sortir leur modèle en mètre ruban, de le tirer depuis le questionnement du client jusqu’au renseignement en passant par la collecte, le traitement, l’analyse des données pertinentes et leur conversion en devises décisionnelles sécurisées (à soumettre à la sagacité du manager).

Devant ce tableau, vous comprendrez que je ne digère plus la dictature de l’adjectif économique chez nombre de théoriciens et praticiens de l’intelligence compétitive au sein de l’espace francophone. Pareille obstination se justifierait-elle par le fait que les Anglosaxons ont franchi ce pas avant nous (Voir les subtilités entre Business intelligence et Competitive intelligence) et que le “mimétisme” n’est guère la part des orgueilleux ? Ou est-ce simplement parce que mes bons camarades ont quelque scrupule à tuer le maître ? Mystère.

Fille du Renseignement, l’intelligence économique est en tout état de cause un sous-ensemble de l’intelligence compétitive, comme peuvent l’attester nos trois managers centrafricaine, congolais et tchadienne rencontrés plus haut, chacun dans son secteur d’activité. Au final, me direz-vous, ce n’est pas plus qu’une question d’adjectif, cette affaire… -Bien vu! Et cela est suffisamment important pour s’en expliquer auprès du grand public. Non?

Guy Gweth

Infoguerre: 1000 blogueurs pour relooker l’Afrique Noire

In Guerre de l'information, Guerre économique, Non classé, Soft Power, Stratégie on 16 mai 2008 at 7:27

Le terrible drame qui frappe le peuple birman depuis quelques jours est inénarrable; même si l’on s’efforce de le décrire pour informer, mobiliser, apprendre, comprendre, agir et dire notre solidarité à ceux qui restent. Car chaque matin, comme si de rien n’était, un nouveau jour en partance pour l’avenir vient chercher les vivants. Plusieurs leçons en découlent pour les politiques, les journalistes, les experts du droit humanitaire, les économistes… et bien sûr la communauté de l’intelligence économique et stratégique. Parmi les leçons les plus frappantes: le fait que les 1ères images du cyclone Nargis nous sont parvenues grâce aux blogueurs, contournant ainsi la terrible chape de plomb imposée par la junte militaire au pouvoir.

Non loin de là, lourdement éprouvée par la nature elle aussi, la Chine a été écorchée quelques jours auparavant, lors du passage de la flamme olympique dans les capitales occidentales. Mais Pékin ne s’est pas laissé faire. A la six-quatre-deux, une stratégie asymétrique d’infoguerre a été déroulée en contre-offensive à la charge des médias occidentaux. D’après la Strategic Planner Carine Senft-Gouin, « Internet et le téléphone mobile ont été les canaux majeurs de diffusion de la propagande [...] Un marketing viral bien rodé. Les jeunes Chinois affichaient leur patriotisme en mentionnant l’adresse du site sur leurs MSN [...] Une mobilisation qui voit émerger une armée de cyber-citoyens organisés, maîtrisant à la perfection l’animation de communautés virtuelles et les messages politiques simples, directs et fédérateurs.»

A l’autre bout du monde, après le rêve que nous fit vivre « él líder máximo de la Revolución Cubana », la jeunesse cubaine a besoin d’un grand bol d’air aujourd’hui. Et si à Pyinmana, Pékin ou à la Havane, l’autoritarisme règne, c’est encore dans ces trois capitales que brûle le désir le plus ardent de se battre intelligemment pour la Liberté ici et la Fierté nationale là-bas. Via la blogosphère, les jeunes Birmans, Chinois et Cubains on décidé de porter leur bataille sur la plus grande place publique du monde: internet. La plus célèbre de ces e-caballeros, la cubaine Yoani Sanchez, 32 ans, a été classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde par Times Magazine et auréolée du prix Ortega et Gasset il y a quelques jours. C’est cette génération de combattants de la toile que j’appelle la jeunesse africaine à benchmarker afin de modifier les perceptions du monde sur l’Afrique.

Il n’aura pas échappé aux pèlerins du Berceau de l’Humanité qu’en dépit du dénuement matériel qui asphyxie certaines populations comme ailleurs sur la planète ; la simplicité, la solidarité, le sourire et la joie de vivre l’emportent sur toute autre considération. Bien sûr, vous allez me demander pourquoi nos jeunes quittent le continent par milliers, pourquoi nos leaders préfèrent investir ou thésauriser à l’étranger, pourquoi notre continent ne profite pas encore assez des délocalisations ?… La réponse -au delà des problématiques que nous traitons habituellement sur ce site- réside pour partie dans la perception négative que les Africains se laissent imposer par les appareils de guerre médiatique étrangers, leurs relais en Afrique, et surtout par leur propre passivité. En conséquence, le continent regorge de combattants qui manquent d’esprit de conquête et d’ennemis extérieurs, de magiciens qui jouent au « rien pour tous et tous pour rien », de tacticiens qui manquent de stratégie globale, d’une armée d’internautes qui s’amusent sur la toile sans s’imaginer qu’ils manipulent-là les armes du présent et du futur, celles de la bataille pour l’image, l’image d’un peuple debout, un peuple qui veut et va s’en sortir. La réalité est l’enfant naturel de la perception. Pendant des générations, on nous a appris à tendre la main, à baisser la tête pour obéir, à lever « les yeux vers la montagne d’où viendra le salut », à demander « un plan Marshall pour l’Afrique »… Aucun discours ne nous a expliqué comme l’ex-ministre Hubert Vedrine que la « communauté internationale » est un effet de style, que la compétition mondiale est une lutte violente et sans merci, qu’il ne faut jamais attirer l’apitoiement sur soi et que le père Noël n’est que le héros d’une merveilleuse storytelling qui fait rêver les enfants une fois par an.

Grâce à la mondialisation de l’information et l’éclatement des vérités, les jeux sont à nouveau ouverts, l’heure est plus que jamais à l’engagement collectif auquel appelait déjà le Rvd Martin Luther King. Et la victoire de l’Afrique nouvelle passe par le regard chaud qu’elle porte sur elle-même, ce minimum d’amour-propre qui force le respect des autres. Avec 1000 blogs patriotes, nous devenons les vrais « enfants soldats » -qui, en benchmarkant les jeunes Birmans, Chinois et Cubains et en y ajoutant notre génie propre- sommes capables de relooker l’image du continent et de faire bouger les lignes de l’histoire d’un clic individuel, prix d’une intelligence collective active. Souvenons-nous des contes héroïques de nos lointains ancêtres et leur morale sous-jacente: une victoire se gagne ou se perd d’abord dans la nuit (du virtuel) avant de s’imprimer au grand jour. Toi qui viens de lire, hâte-toi pendant qu’il fait nuit, de peur qu’au lever du jour l’Afrique ne soit pas debout ! Guy Gweth

Fonds souverains, nouveaux maîtres de la finance mondiale

In Débat, Guerre économique, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie, veille on 16 mai 2008 at 6:51

En 2007, les fonds souverains ont accumulé 3500 milliards $US de réserves, un chiffre en hausse de 24 % par an au cours des trois dernières années, d’après le cabinet d’analyse américain Global Insight.

A ce rythme, le volume de ces fonds d’investissements pourrait dépasser le produit intérieur but (PIB) des États-Unis en 2015, et celui de l’Union européenne, d’ici 2016. Ce gonflement intervient alors que les économies émergentes, aux ressources financières dopées par la flambée des prix du pétrole et des matières premières, investissent de plus en plus à l’étranger pour s’assurer de meilleurs retours sur investissements.

Global Insight souligne que, forts de leur puissance, les fonds souverains modifient les liens traditionnels entre pays riches et pays en développement. «Armés de tels montants de liquidités qu’ils n’ont pas à rembourser, les fonds souverains sont les nouveaux maîtres de cérémonie de la finance où ils prennent la place des hedge funds et autre fonds d’investissement, et outrepassent les banques centrales dans leur rôle de prêteurs internationaux de dernier ressort», a estimé Jan Randolph, responsable du risque souverain, à Global Insight. Selon la firme, les fonds souverains ont injecté 80 milliards dans le secteur bancaire aux États-Unis en 2007. À l’échelle mondiale, 93 % de leurs investissements ont été dirigés vers le secteur financier occidental.

Le générateur de fonds souverains le plus puissant est la Chine, avec environ 1200 milliards $US, suivie par la Russie et le Koweït, selon Global Insight. Au cours des cinq dernières années, les puissances en plus fort développement dans ce domaine ont été le Nigeria (+291 %), Oman (+256 %), le Kazakhstan (+162 %), l’Angola (+84 %), la Russie (+74 %), et le Brésil (+65 %). Au mois de janvier 2008, le montant total des acquisitions réalisées par des fonds souverains s’est élevé à 20,6 milliards, soit près du tiers des opérations de fusion-acquisition faites par de tels fonds sur l’ensemble de 2007. Les fonds souverains représentent 35 % des fusions et acquisitions mondiales en 2007 et 28 % de celles réalisées aux États-Unis en janvier 2008.

La montée en puissance de ces fonds qui suscitent de l’espoir en Afrique inquiète évidemment les pays occidentaux. Récemment, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission européenne se sont mobilisés pour recommander plus de transparence dans leur fonctionnement et leurs stratégies d’investissement. Certains accusent ces fonds d’être en effet des outils au service d’intérêts politiques des Etats dont ils émanent et non pas des investisseurs tournés uniquement vers la recherche de profits financiers. Rudes batailles en perspective.

Guy Gweth

Après croisement des données fournies par : l’Afp, Rfi, Ledev & Global Insight/.

L’arme fatale du spam : gloire et fortune pour les naïfs

In Guerre de l'information, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 13 mai 2008 at 12:59

On le sait, les cyber-escrocs savent très bien comment exploiter les phénomènes de l’actualité (tragique ou non) pour attirer dans leurs filets les internautes naïfs. Aujourd’hui, la mode des télé-crochets donne des idées aux spammeurs qui ont décidé d’exploiter à fond ce filon.

L’éditeur Symantec a ainsi repéré une campagne de spam faisant miroiter des castings pour des films (“Vous décidez de travailler quand vous le voulez”, peut-on lire dans le mail, voir illustration) en échange bien sûr des mails des internautes.On note toutefois que le taux global de spam est repassé sous la barre des 80% du nombre total de mails, soit un recul de 8% par rapport au mois précédent.

L’éditeur a également repéré de nouveaux types de phishing à partir de Google AdWords. Les cyberescrocs encouragent les utilisateurs à cliquer sur un lien pour mettre à jour leurs informations de facturation et/ou à actualiser leur compte en les dirigeants sur des sites frauduleux. Le lien qui apparaît dans le corps du message semble légitime, mais il redirige l’utilisateur vers un site compromis hébergé dans un certain nombre de pays, dont la Roumanie, le Brésil et le Canada.

Rik Ferguson, architecte des solutions chez Trend Micro, explique qu’ “à de nombreux égards, Google est victime de son propre succès. A mesure que la société a vu sa part de marché augmenter avec la diversité de produits et services qu’elle propose, elle est devenue une cible de plus en plus intéressante pour les cybercriminels. La motivation des pirates a évolué : de la simple fierté d’être un ‘l33t h4×0r’, le pirate d’aujourd’hui a pour seule ambition de générer des profits, ce qui signifie que la menace face à n’importe quelle plate-forme populaire est bien réelle.” Sources : Olivier Chicheportiche/ Silicone

Agences d’IE : Paris veut faire le ménage

In Communication d'influence, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 13 mai 2008 at 12:54

Au ministère de l’Intérieur, le message est clair : «T out ce qui ressemble de près ou de loin à une officine ou à de la “ barbouzerie ” va être combattu avec la plus grande fermeté», prévient-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Dans la plus grande discrétion, la Place Beauvau planche sur une opération «mains propres». Une très officielle procédure d’agrément délivré par l’État serait imposée aux sociétés, mais aussi à la nuée de «consultants» gravitant autour d’elles. Cette licence individuelle pourrait être délivrée au terme d’une enquête associant la future direction centrale du renseignement intérieur, englobant l’actuelle DST, et les Renseignements généraux… Lire l’article de Christophe Cornevin et Mathieu Delahousse in le Figaro.fr

La relance du processus d’intégration sous-régionale en zone Cemac

In Brève, Stratégie, veille on 13 mai 2008 at 12:19

Le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale, Antoine Ntsimi, était à Libreville le 8 mai dernier pour présenter au président gabonais les axes de relance du processus d’intégration sous régionale en zone CEMAC, notamment à travers les mesures de libre circulation des biens, des personnes et des capitaux entre les pays membres.


Le fonctionnement de l’institution et les moyens matériels et financiers à investir pour faciliter l’intégration sous régionale étaient au cœur de la rencontre entre le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), et le chef de l’Etat gabonais.

“La libre circulation des personnes et des biens… des capitaux, est naturellement un dossier important, car pour créer un espace économique réellement viable et attractif, il faudrait que cette circulation soit effective et nous sommes en train de la mettre en action” a déclaré monsieur Ntsimi au terme de l’audience; avant de rappeler qu’”une réunion très importante s’est tenue il y a quelques mois à Yaoundé, où les ministres ont mis sur pied une feuille de route concrète, à la hauteur de résoudre les problèmes d’ordre sécuritaire. Il existe des problèmes de biométrie, des problèmes de sécurisation de la frontière extérieure de toute la zone CEMAC et c’est là une approche pragmatique qui a le mérite de résoudre les vrais problèmes qui se posent, de manière à rendre la libre circulation effective.”

Pour réussir l’entreprise de l’intégration, la CEMAC se doit de décloisonner son espace et sur ce terrain la Commission a décidé de réactiver le dossier de la compagnie aérienne Air CEMAC, qui selon Antoine Ntsimi est en bonne voie. “Se déplacer dans notre zone relève de gymnastiques incroyables et nous avons atteint dans ce dossier un niveau d’appropriation des Etats, qui soit irréversible, vous savez que toute compagnie aérienne a pour fonds de commerce les droits de trafic, qui sont effectivement déjà donnés par les Etats de la CEMAC et leur souscription sur capital communautaire, donc, nous pouvons dire que c’est un dossier qui a atteint un stade irréversible” a conclu le président de la CEMAC.

Source : Gaboneco

La France a son service de contre-espionnage économique

In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Non classé, Stratégie, Sécurité, veille on 5 mai 2008 at 5:28

L’organigramme de la DCRI a été diffusé fin avril aux responsables de cette nouvelle direction du ministère de l’Intérieur, qui fusionne les RG et la DST. Principale nouveauté, la création d’un service de contre-espionnage économique.

Tous les chefs de service des Renseignements généraux et de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont reçu, fin avril 2008, un document barré du tampon secret-défense et soigneusement numéroté, pour éviter toute fuite malveillante. Ce document présente le nouvel organigramme de la future Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui, le 1er juillet 2008, fusionnera la DST et les Renseignements généraux (RG), au sein du ministère de l’Intérieur.

Selon des informations recueillies par latribune.fr, la principale nouveauté concerne l’un des sept grands services, la puissante sous-direction chargée de la protection des entreprises, avec la création en son sein d’un service de “contre-ingérence”, en clair de contre-espionnage, chargé de lutter contre l’espionnage industriel. Curieusement, cette sous-direction, qui existait déjà à la DST, ne disposait pas d’agents spécifiquement dévolus à la lutte contre l’espionnage industriel. Elle regroupait, notamment, un service de relation avec les entreprises, chargé de les informer sur les éventuelles menaces qui les guettent, avec une vingtaine de fonctionnaires suivant chacun un secteur spécifique. Un autre service était chargé de suivre les officines d’intelligence économique. Or, plusieurs affaires, certaines très médiatisées, comme celle de la stagiaire chinoise employée par le groupe Valéo, et d’autres tenues secrètes montrent, s’il en est besoin, que les nouvelles menaces se trouvent, après le terrorisme, sur le terrain économique.

Avec ce nouveau service, la sous-direction protégeant les entreprises, dirigée par le contrôleur général Gilles Gray, va donc, dès le 1er juillet, pouvoir réellement traquer les espions industriels pillant les technologies les plus sensibles. Ses agents, des spécialistes rompus aux techniques de contre-espionnage, ont été soigneusement formés aux spécificités de l’action dans l’univers économique et financier, bien différente du contre-espionnage traditionnel (…) Source: La Tribune

La peur et le sous-développement

In Communication d'influence, Débat, Intelligence culturelle, Perception Management, Soft Power, Stratégie on 3 mai 2008 at 12:31

Le Petit Robert définit la peur comme un « phénomène psychologique à caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de conscience d’un danger réel ou imaginé, d’une menace. » La peur, force est de le constater, est l’un des ressors psychologiques communs à tous les animaux normaux. Chez les humains de notre ère, on n’a plus seulement peur pour sa vie, mais aussi pour sa famille, ses biens, son travail, ses idéaux, sa réputation, ses convictions, son honneur, son avenir… Préoccupation séculaire, la sécurité est devenue l’obsession des temps modernes et plus encore dans les pays riches. La peur, cette faille primordiale dans le système immunitaire humain, est la porte d’entrée préférée des hackers psychiques dans le vol de nos identifiants comportementaux. Elle peut être un puissant frein au développement.

Les usines à peur

Si le monde actuel croule sous le poids des religions et autres systèmes de croyances, c’est au moins pour partie à cause de l’inquiétude viscérale des humains pour leur avenir post mortem. A ce titre, l’enfer prévu par la littérature chrétienne reste un aiguillon extrêmement puissant pour les croyants. Dans le monde militaire, les opérations psychologiques puisent une part de leur essence dans le potentiel de peur accumulé par l’ennemi ou les populations cibles. Pour les commerces, le segment sécuritaire connaît une croissance exponentielle jamais démentie. Il n’est que de voir l’envolée des offres de logiciels en protection informatique ou l’omniprésence de Big Brother via ses dizaines de millions de cameras de surveillance sur la place publique européenne. Les analystes estiment par exemple qu’un individu habitant Londres est filmé 300 fois par jour! Mais au final, c’est incontestablement le champ politique qui emporte la palme d’or dans la fabrication des produits de communication à base de peur. Depuis des décennies en Occident, le thème de l’insécurité a porté au pouvoir des capteurs d’émotions, des metteurs en scène, des storytellers, des acteurs d’un public affairs’show dont les équipes de spin doctors se disputent le script avec les grands médias. Au menu: la peur de l’ennemi, des islamistes, des immigrés, des délocalisations, des fonds souverains, du chômage, de la pollution, etc.

“N’ayez pas peur!”

L’Afrique Noire n’est pas en reste dans cette course. Sauf que l’usage abusif de la peur ici, contrairement à certains pays d’Asie, en est venu à plomber le développement humain, économique et social. Et il faut bien le dire, l’autoritarisme politique, la crainte de feu générée par des sectes, l’humidité de la corruption dans les affaires ou la mousson du tribalisme… ne sont que la partie visible de l’iceberg. Au delà de ces phénomènes (certes non négligeables mais) de surface, c’est dans le sous-sol des us, des coutumes et des traditions que résident insidieusement les mécanismes les plus ingénieux d’exploitation par la peur. Une machine à fabriquer des exdividus au mieux, au pire des êtres entravés par les sangles invisibles du passé, et forcément recalés aux concours actuels du décollage économique. Sans donner raison à l’autre…, le cinéaste guinéen Cheick Fantamady Camara in Il va pleuvoir sur Conakry (1) et l’écrivain camerounais Gaston-Paul Effa in Nous, enfants de la tradition (2) donnent à réfléchir à la jeunesse africaine depuis quelques jours. Ils nous apprennent enfin à dire Non! à travers deux œuvres remarquables. Intenses. Puissantes.

1. Il va pleuvoir sur Conakry, de Cheick Fantamady Camara

Drame Psychologique – Fiction – 1h53 – depuis le 30.04.08 à Paris.

Bangali alias BB est un journaliste caricaturiste moderne et progressiste de 20 ans. Son père Karamo ainsi que son frère aîné Amine sont plutôt rompus à la pratique religieuse et au respect des traditions ancestrales. Désigné comme le digne successeur de son père, BB ne peut se résoudre à suivre un destin tout tracé. Il préfère se battre pour exercer librement son métier et vivre pleinement son amour pour la belle informaticienne Kesso. Quand celle -ci apprend qu’elle est enceinte, le père de BB refuse de voir naître un enfant conçu hors mariage… Sur fond de conflit de générations et de déséquilibre familial, le drame est inévitable.

2. Nous, enfants de la tradition, de Gaston-Paul Effa

Roman de 164 pages paru en mars 2008 aux éditions Anne carrière.

« C’est un fait dont on parle trop rarement : au moins un Africain émigré sur deux adresse les trois quarts de son salaire à sa famille restée sur le continent afin d’assurer sa subsistance. Osele, l’aîné de trente-trois enfants, est envoyé en France, où il fait de brillantes études d’ingénieur. Marié à une Française, père de deux enfants, il expédie tout son salaire en Afrique, ce qui le mène à la rupture conjugale. Le narrateur n’a de cesse de se justifier en remontant le cours de sa mémoire, dégageant peu à peu le modeste gisement d’une existence vouée au respect de la tradition. Cet homme dénué d’agressivité, qui n’élève jamais la voix, avec quel acharnement il dénonce la perpétuation d’un héritage ! Souvent, il invoque la peur, sa peur.

« Extrait : -Ta famille africaine ne te fait miroiter que ton droit d’aînesse et la tradition lorsqu’elle a besoin d’argent pour payer un mariage, un enterrement de plus. Mais qu’est-ce qu’ils croient là-bas, qu’il suffit de ramasser l’argent dans les caniveaux et de l’envoyer par Western Union? Ils savent que tu te tapes des journées de douze heures de travail pour eux? »

Guy Gweth

Etre lobbyiste en Afrique centrale aujourd’hui

In Communication d'influence, Intelligence économique, Lobbying, Perception Management, Soft Power, Stratégie on 26 avril 2008 at 9:56

En Afrique subsaharienne, peut-être plus qu’ailleurs dans le monde, les intérêts publics et privés pèsent à peu près pareillement sur la balance décisionnelle. Il arrive d’ailleurs fréquemment que les seconds l’emportent sur les premiers. C’est un fait. L’expertise et la profession qui consistent à infléchir la décision publique revêtent ici un caractère et des ressorts bien particuliers qu’il ne serait guère inconvenant d’appeler « lobbying à l’africaine ».

Mi-février 2001, François Bien (nom de code) alors âgé de 34 ans est nommé secrétaire d’ambassade dans l’un des six pays d’Afrique centrale qui composent la zone Cemac. Diplômé de science politique et relations internationales, monsieur Bien arrive en Afrique après quatre ans et six jours au poste d’attaché parlementaire, suivis d’un bref passage dans les services de renseignements. Lorsque fin novembre 2004, contre toute attente, notre homme est appelé à d’autres fonctions dans son pays d’origine, il n’hésite pas une seconde. Il démissionne. Sa décision est irrévocable. Il sera « lobbyiste ». M. Bien a appris à aimer son pays d’accueil, le soleil, les femmes, les paysages et… les combines. En trois ans de carrière africaine, M. B. comme l’appellent ses amis africains s’est fait une kyrielle de relations, les unes plus importantes que les autres. Le renseignement étant une seconde nature, Bien a pris le temps de décortiquer la matrice culturelle, les institutions et les personnalités publiques du pays… au point d’accrocher en face de son lit une cartographie (des acteurs qui comptent) qu’il modifie de temps en temps au crayon, à la manière d’un peintre surréaliste. Grâce à ses sources au secrétariat général du parlement, il pratique une veille juridique à faire pâlir d’envie les archivistes du Journal Officiel local. Chaque midi, il déjeune dans un restaurant différent mais toujours attenant à un ministère. Il consomme local et ne lit publiquement que les journaux locaux. Nombre de journalistes sont parmi ses amis. Tous les dimanches, il est présent à la cathédrale où il s’est fait des sympathies auprès de Mgr, les prêtres, les religieuses et d’autres frères et sœurs en Christ importants. Tous reconnaissent « sa grande générosité et sa remarquable simplicité». Lorsqu’il y a 10 mois M. B. obtient pour mission d’agir pour « contribuer à la prise d’une décision ministérielle favorable aux intérêts de la société XXX », là non plus, il n’hésite pas. Il a ses sources auprès de la cible. Dans un hôtel de la capitale, au titre d’avance, il reçoit du liquide en substance (dont 2/3 pour « mouiller la barbe à qui de droit »), « le reste de l’enveloppe ? Une fois que l’objectif sera atteint ». Monsieur B., c’est bien connu, n’a que l’obligation de moyens, mais ceux qui l’ont pratiqué savent qu’il parvient toujours à l’effet final recherché (EFR). Sauf que quelques jours plus tard, le cœur de cible de M. B. dans l’opération XXX est brusquement démis de ses fonctions et mis aux arrêts, sans procès. Motifs : “corruption et détournement de fonds publics”!

Parce qu’il continue d’avoir mauvaise presse en Afrique centrale, le lobbying -de par son côté pour le moins « sibyllin »- s’y exerce en 2008 sous couvert de nombreux statuts et d’une ribambelle de jeux de cartes dont on peut tirer trois as: la carte blanche (I), la carte noire (II) et la carte grise (III)

I-La carte blanche

I-1-Les hommes d’affaires étrangers

Américains, Européens et Asiatiques se livrent une concurrence sans merci sur ce terrain. L’une des opérations les plus inattendues ces 15 derniers mois est à mettre à l’actif du géant industriel Bolloré. Après une élection présidentielle marquée du sceau de la « rupture » entre la France et l’Afrique, le Président Sarkozy accepte l’invitation de Vincent Bolloré qui met gratuitement à sa disposition son avion privé (le Falcon 900 EX) et un yatch de luxe (le Paloma) pour un coût total de près 100 000 euros (65 500 000 fcfa). Un investissement tactique. Car il se trouve que pour le groupe Bolloré, l’Afrique reste une « terre promise et rentable ». Son patron ne voit pas d’un bon œil le rapprochement en cours entre dirigeants africains, hommes d’affaires et gouvernants chinois ou indiens au détriment des intérêts français. Pas besoin, en l’occurrence, d’entrer à l’académie de lobbying pour comprendre que c’est l’eau qui fait glisser le navire. Les chefs d’entreprise n’hésitent plus à mouiller le maillot.

I-2-Les « sorciers blancs »

Ceux qui fréquentent la fine fleur de la diaspora africaine à Paris et Bruxelles ont tous eu l’occasion d’entendre parler de PB, pdg d’une agence de communication parisienne très cotée en Afrique centrale. Véritable gourou des RP pour Hommes d’Etat, PB a ses entrées à l’UMP et donc à l’Elysée, même si pour l’entourage du président, « elle ne compte pas. Elle n’a pas accès au président. Elle n’est pas dans le circuit. » A son actif : avoir œuvré – concomitamment avec d’autres « sorciers blancs »- à faire recevoir les icônes de la « Françafrique » par Nicolas Sarkozy au lendemain de son élection, contre toute attente. PB symbolise parfaitement cette caste.

I-3-Les ONG et associations

Le lobbying associatif en nette expansion en Occident peine encore à trouver ses marques en Afrique centrale bien que l’on observe de temps à autres des opérations dites de « plaidoyer » aux résultats incertains. C’est ici que les réseaux nord-sud entrent en lice. In concreto, l’Ong X basée en zone Cemac, n’arrivant pas à se faire entendre localement, alerte ses partenaires Y et Z de Londres ou Bruxelles qui font théoriquement pression sur leurs gouvernements respectifs en jouant sur l’éthique des relations entre « un régime démocratique » et des « régimes non démocratiques… » Une approche de communication plus que de pression (aux résultats symboliques au mieux), qui contraste avec celles dites de la carte noire.

II-La carte noire

II-1-Les hommes d’influence

En Afrique centrale, ils constituent un cercle au contenu plus large que l’assiette dessinée en 1989 pour les États-Unis par Carter Douglass in Qui gouverne à Washington ? La 1ère partie d’entre-eux appartient à l’armée, au monde politique, au monde des affaires ou aux deux derniers à la fois. Dans tous les cas, ce sont les « hommes du président » ou du parti majoritaire, c’est à dire celui du chef de l’Etat. La seconde partie est constituée des hommes de la périphérie dirigeante, « des officiers de réserve » comme diraient les Camerounais pour qualifier les anciens hauts fonctionnaires ex- (ministres, administrateurs civils, militaires de hauts rang, commissaires de police… à la retraite) susceptibles à tout moment de revenir aux affaires sur décision du président de la République.

II-2-Les fusibles des seigneurs

Dans un titre resté populaire, le musicien camerounais Claude Moudi lance que « le chien du président est le président des chiens. » Une phrase qui en dit long sur l’influence que revêt l’entourage des décideurs dans une Afrique aux idées de groupe et aux valeurs familiales et solidaires fortes. Les dirigeants en sont conscients qui, pour certains subissent, et pour d’autres, se servent de parents, collègues de travail, d’associations, de tontines, et autres coreligionnaires comme intermédiaires et/ou fusibles dans la conclusion des affaires.

II-3-Les autorités morales

Malgré l’évolution des mœurs, l’Afrique centrale reste un extraordinaire foyer de croyances magico-religieuses, de rites traditionnels et de codes non écrits. Les leaders de ce marché tropical détiennent une capacité immatérielle sans égal à « faire bouger » l’ensemble des décideurs d’autant que, symboles de la sagesse, ils transcendent généralement les barrières partisanes de l’ici-bas pour élever le débat jusqu’aux cimes de la métaphysique. L’influence est ici le royaume terrestre des religieux et des chefs traditionnels, des grands guérisseurs et des marabouts du chef auxquels peuvent exceptionnellement s’ajouter des artistes ou sportifs de réputation internationale de type Yannick Noah. Cependant, la globalisation des pratiques a récemment donné naissance à une sorte de new age du lobbying africain.

III -la carte grise ou le new age du lobbying africain

Le nouvel âge d’un lobbying africain véritablement vécu comme tel provient notamment des initiatives africaines-américaines à l’instar du ” Centre for Culture, the African Poetry Theatre, Inc.” Basé à Jamaica, Queens aux États-Unis. Cette structure déjà vieille de plus de 20 ans est intéressante en termes d’approche stratégique du fait qu’elle englobe des activités multiformes et multisectorielles. Ainsi que confiait son directeur exécutif, John Watusi Branch en avril 2005 au Courrier d’Abidjan, « Nous sommes organisés pour promouvoir l’Afrique et défendre ses intérêts. Nous sommes les ”watchdogs” de l’Afrique (…) Nous mettons à la disposition des Américains et surtout des Africains-Américains la vraie information sur l’Afrique et les conflits qui freinent son développement. Nous agissons ainsi dans plusieurs domaines. Nous travaillons avec des personnalités politiques, des leaders d’opinion et des hommes de médias (…)». Plus loin, la belle croissance de plusieurs économies africaines depuis une dizaine d’années (6,2% prévue cette année) ainsi que l’hypercompétition des puissances sur le continent poussent à une plus grande professionnalisation du métier de lobbyiste. C’est ce qui justifie l’arrivée en Afrique du Nord de Hill and Knowlton en début d’année 2008 ou encore de GwethMarshall consulting en Afrique centrale sur la même période. Détail remarquable s’il en fût, les lobbyistes du new age n’agissent au profit de leurs clients que dans le respect de l’éthique et l’intérêt bien compris de l’Afrique.

François Bien est reparti vers son pays d’origine il y a une semaine, ayant eu vent de poursuites judiciaires imminentes à son encontre, aux motifs de corruption et escroquerie. « Les beaux jours sont à venir » aurait-il lancé à son amie dans l’enceinte de l’aéroport avant de faire tamponner son passeport curieusement resté diplomatique. Avec du recul, on sait à présent que cet homme aux multiples talents ne s’est jamais présenté comme lobbyiste. Sur sa carte de visite, on peut encore lire: « François Bien, Conseil pour les affaires». Une page se tourne.

Guy Gweth

De Nollywood à Kannywood : ébauche des nouveaux défis du cinema africain

In Communication d'influence, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie on 23 avril 2008 at 8:48

Dans un monde où les arts tendent -autant que la technologie- à se globaliser, le cinéma dispose aujourd’hui d’une confortable influence, aux côtés de la littérature et la musique.

Le nombre de soirs où la famille K. s’est passée de diner parce que Mirabelle, sa fille ainée, avait oublié la marmite au feu, au profit d’une série télévisée à succès ;

De voir cette bande de 3 jeunes africains-américains de Oak Brook, dans la banlieue de Chicago, qui décidèrent de se prendre en main après avoir regardé Will Smith incarnant Chris Gardner en compagnie de son fils de 5 ans in A la recherche du bonheur ;

Et le nombre incalculable de filles et fils d’Afrique Noire que leurs parents ont appelés Brenda, Brandon ou Kelly après la diffusion des séries américaines Melrose Place, Santa Barara ou Beverly Hills, à la télévision nationale de 1995 à 2005;

Rien que l’adjonction du suffixe « Wood » comme expression d’un certain succès… sont quelques exemples mineurs qui montrent de manière symptomatique la porosité culturelle des groupes cibles aux stratégies de l’industrie du cinéma. Or, nous vous le rappelions le 7 février 2008 -in Intelligence stratégique : le Gabon à la pointe du combat culturel en Afrique centrale-, le XXIè siècle sera bel et bien culturel. Et l’Afrique est tout à fait prête à projeter sa propre « dream society ».

Entre Nollywood et Kannywood au Nigéria, vous devinez que la production d’un cinéma discount constitue plus qu’un défi économique. La souveraineté culturelle est vitale pour tout peuple qui entend se projeter dans cet univers rendu implacable par l’exacerbation de la concurrence. Les religieux, politiques et opérateurs économiques auxquels Sana Harb fait allusion dans son article ont grand intérêt à sonder la profondeur stratégique d’une production cinématographique locale à bas coûts. L’Afrique qui n’a pas inventé la poudre à canon pour dompter le monde doit pouvoir exprimer son génie artistique et fructifier un patrimoine culturel empreint d’humanisme et de fraternité… pour ETRE et apprivoiser le monde, à sa manière. Guy J. Gweth

Lire Kannywood et Nollywood …, l’article de Sana Harb in LesAfriques

Le storytelling ou la magie du soft power narratif: ouvrage

In Communication d'influence, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie on 20 avril 2008 at 11:10

L’article « intelligence économique et bataille pour le contrôle mental » édité sur ce site le 05 mars 08 a été lu plus d’un demi millier de fois à ce jour. A la suite de sa publication, vous êtes quelques uns à avoir écrit pour nous transmettre vos impressions. Ainsi en va-t-il par exemple du gendarme retraité Pierre B., pour qui « le grand public n’a pas nécessairement besoin de savoir tout cela… » ou encore de Léa-Marie, cette pharmacienne grenobloise de 27 ans qui trouve « effrayant que les individus ayant de telles connaissances pour manipuler le public soient laissés en circulation, sans surveillance. » Dans votre grande majorité, vous demandiez grosso modo si l’Afrique Noire allait rester la cage d’escalier d’un monde obligé à la guerre cognitive. Tout en vous remerciant, c’est à toutes et à tous qu’en guise de réponse, nous dédions Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits paru en 2007 aux éditions La Découverte sous la plume bien intelligente de Christian Salmon du CNRS.

Pensées particulières

Evidemment qu’au moment de recommander cet ouvrage, des pensées particulières vont à l’élite africaine, consommatrice boulimique des boîtes de conserves mentales produites par les stratèges du soft power (souvent inspirés par la magie de nos griots), et si savamment distillées à travers l’éducation, la religion, la radio-tv, le cinéma, internet, le roman, la bande dessinée, le théâtre ou le discours politique.

Et pour tout vous dire,

Lorsqu’on tente une analyse prospective -à moyen terme- de l’intelligence économique et stratégique, on ne peut nier que dans les 10-15 ans à venir, des logiciels toujours plus intelligents (réf: sigint) s’empareront des activités de veille quasi in extenso, que la sécurité informatique prendra du galon de manière exponentielle, que le renseignement humain (humint) fera la différence entre les meilleurs, qu’à l’image du Chessmaster pour les jeux d’échecs, la prise de décision dans les grands groupes sera assistée par ordinateur et que l’essor des technologies comportementales tirera inexorablement la discipline vers le haut. Nul doute qu’en 2015 déjà, au moment d’évaluer les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), tandis que l’élite financière juchée au sommet de l’échelle de Maslow déboursera des sommes faramineuses pour un voyage dans l’espace, les spin doctors quant à eux, seront encore prêts à consentir des hypothèques inattendues pour des placements sûrs dans le Wall Street du contrôle mental. Et pour cause, sous peu, la grande guerre économique (dont les cibles stratégiques sont localisées dans la tête et le cœur du consommateur) aura pour principaux champs de bataille l’ego, la fibre et le neurone. Bonne lecture à tous !

Guy Gweth

Extrait de la quatrième…

« Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux Etats-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appellation anodine de « storytelling » : celui-ci est devenu une arme aux mains des « gourous » du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi à l’ombre des campagnes électorales victorieuses (…) se cachent les techniciens sophistiqués du storytelling management ou du digital storytelling… ».

La flamme olympique menace de brûler les intérêts français en Chine

In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité on 17 avril 2008 at 5:14

L’article de Miryam Berber ci-après vient étayer l’analyse que nous faisions le 8 avril 2008 in « JO 2008 : la confrontation entre la Chine et l’Occident s’enflamme à Paris ». Nous vous confiions à l’occasion que les Chinois accusaient le coup des déboires subits par la précieuse flamme olympique à Paris, mais qu’ils avaient de la mémoire.

Les faits que relate Miryam corroborent –en était-il besoin ?- la rupture des frontalières qui pouvaient jadis exister entre le jeu politique inter-étatique, la marge de manœuvre des opérateurs économiques et les activités de la société civile (pour nous en tenir au cas qui nous intéresse). La propagation contagieuse de phénomènes éthiques, sociaux, diplomatiques, religieux, environnementaux et scientifiques… au champ économique via les autoroutes de l’information tend à en systématiser l’effet domino. L’âpreté de la concurrence internationale s’y prête. Au sommet des Etats, cette complexité managériale inhérente au changement actuel de paradigmes nécessite une expertise transversale qui fait encore défaut aux personnels politiques.

Après le boycott en janvier-février 2006 des produits danois (de chez Arla Food notamment, qui perdit jusqu’à 1,34 million d’euros par jour durant la crise) dans les pays arabo-musulmans suite à la publication des caricatures de Mahomet, les menaces qui pèsent sur les intérêts français en Chine confirment notre thèse sur l’urgence de l’Etat moderne à définir une stratégie de communication globale. Elle seule peut intégrer la pluralité des sensibilités, des minima émotionnels, tout en privilégiant la « sécurité économique», pour paraphraser nos amis japonais. Mon rêve et mon espoir sont que l’ensemble des États de la zone CEMAC s’en inspire, au plus tôt ! Guy Gweth

L’article de Miryam Berber:

[En réponse aux manifestations lors du passage de la flamme olympique à Paris, les internautes chinois appellent à boycotter les grandes marques françaises. Le distributeur Carrefour, mais également le groupe de luxe LVMH, sont actuellement la cible d’une campagne sur la toile chinoise. Les deux groupes sont accusés de soutenir le Tibet financièrement. Pour l’heure, le gouvernement chinois s’est abstenu de toute condamnation.

Fiasco du parcours de la flamme à Paris, éventuelle absence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des JO, mobilisation des athlètes français en faveur du Tibet… toutes ces actions pourraient jouer en défaveur des intérêts français en Chine. Première entreprise visée : le géant de la distribution Carrefour, présent en Chine depuis plus de 10 ans, avec 122 hypermarchés et 280 magasins de hard-discount. Depuis deux semaines, des militants anonymes appellent au boycott de la chaîne de supermarchés, qu’ils accusent de soutenir les milieux favorables à l’indépendance du Tibet.

Forums de discussions, chats en direct, sites internet, blogs, boîtes mail ou bien encore SMS… tous les moyens sont bons pour appeler les Chinois à ne plus faire leurs courses dans les enseignes Carrefour, à partir du 1er mai. Un autre boycott est proposé à partir du 8 mai, soit trois mois avant l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin le 8 août prochain. « Le peuple français et le gouvernement français ont méprisé le sérieux de la flamme olympique et les sentiments du peuple chinois, la Chine ne peut pas être insultée », peut-on lire sur plusieurs sites web […]

Les tensions actuelles entre la France et la Chine en raison du Tibet et des JO commencent à inquiéter les entrepreneurs français à Pékin, même s’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de ce mouvement de contestation. Certains attendent un geste des autorités chinoises. Pour l’heure, le gouvernement chinois s’est, pour sa part, abstenu de condamner ces appels au boycott. « Je crois que certains citoyens chinois ont exprimé récemment leurs opinions et leurs émotions personnelles. Nous espérons que la partie française est en mesure d’écouter les voix du peuple chinois en ce qui concerne les problèmes récents et d’adopter une position objective » a estimé, mardi, Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Avant d’ajouter que « l’amitié franco-chinoise nécessitait des efforts des deux parties ». ]

Mains invisibles: Tibet, le « Grand Jeu » et la CIA

In Guerre économique, Stratégie, Sécurité on 13 avril 2008 at 11:29

Etant donné le contexte historique de l’agitation au Tibet, il existe une raison de croire que Beijing a été pris par surprise lors des manifestations récentes pour la simple raison que leur planification a eu lieu en dehors du Tibet et que la direction des manifestants est aussi entre les mains d’organisateurs anti-chinois, qui se trouvent en sécurité et hors de portée, au Népal et en Inde du Nord.

Par Richard M Bennett / Sources : Centre de Recherches sur la Mondialisation

De même, le financement et le contrôle général de l’agitation sont liés au dirigeant spirituel tibétain, le Dalaï Lama, et par voie de conséquence à la CIA, à cause de la coopération rapprochée du Dalaï Lama avec le renseignement US depuis plus de 50 ans.

Effectivement, compte tenu de l’implication profonde de la CIA avec le Mouvement Free Tibet (Mouvement Liberer le Tibet) et son financement de Radio Free Asia suspicieusement bien informée, il semble peu probable que toute révolte puisse avoir été planifiée ou puisse avoir eu lieu sans que le National Clandestine Service ( Service National Clandestin auparavant connu sous le nom de Directorate of Operations – Directoire des Opérations), qui se trouve aux quartiers généraux de la CIA à Langley, n’en ait eu au préalable connaissance.

L’ex-haut responsable des services secrets indou et journaliste respecté, B Raman, a fait le 21 mars le commentaire suivant : « sur la base de preuves disponibles, c’est raisonnablement possible d’affirmer avec conviction que le soulèvement initial à Lhasa le 14 mars a été pré-planifié et bien orchestré. »

Lire la suite in Mondialisation.

Coopération: Paris retrouve un peu de sagesse africaine

In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Soft Power, Stratégie, veille on 10 avril 2008 at 9:01

«J’aime l’Afrique et je veux qu’on parle de l’Afrique en bien. [...] L’Afrique n’est pas une, il faut s’en occuper État par État et c’est ce que j’ai l’intention de faire en allant sur le terrain [...] J’ai envie de renouer les fils là où ils ont été distendus [...] Il faut se garder de donner des leçons aux pays africains [...] La rupture c’est intellectuel… Ce n’est pas la brusquerie.» Morceaux choisis de l’inteview exclusive d’Alain Joyandet ce jeudi 10 04 08 à 6 :10 TU, au micro de Christophe Boisbouvier, RFI.

Après la très médiatique campagne de 2007 sur “la rupture” entre France et Afrique (période électorale oblige !);

Après le regrettable discours du 26 07 07 à l’université Cheik Anta Diop de Dakar;

Après l’affaire de l’arche de zoé, le “j’irai les chercher quoi qu’ils aient fait” du président français début novembre 2007, la suite des évènements à Ndjaména et la menace française de revoir ses accords de coopération militaire;

Après la réplique des intellectuels africains “contre le discours de Dakar”, fin février 2008 ;

Après l’extraordinaire rattrapage du Cap au jeudi 28 02 08 devant le Président Thabo Mbeki et le parlement sud-africain;

Après la publication de listings sur les biens immobiliers des chefs d’Etats africains en France le 01 02 08, alors que certains politiques français sont d’importants propriétaires en Afrique centrale à l’insu de l’opinion publique;

Après la décision de Libreville d’expulser tous les Français “sans papier” du Gabon début mars 2008;

Après l’acharnement de Jean-Marie Bockel à rompre avec la «françafrique »;

Et faisant suite à l’éviction de celui-ci sous la pression du président gabonais Omar Bongo Ondimba et de son homologue congolais Sassou Nguesso, notamment;

Considérant la fulgurante percée chinoise en Afrique centrale;

Ayant pris le pouls de la diaspora africaine ainsi que des experts et hommes d’affaires français évoluant en Afrique francophone;

Se rendant à l’évidence du caractère stratégique incontournable de l’Afrique noire à plusieurs égards;

Nicolas Sarkozy a radicalement revu sa copie en nommant le 18 mars 2008 un nouveau secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes, en la personne d’Alain Joyandet.

Homme de communication , le maire UMP de Vesoul apporte avec lui un style – revenez-y de chiraquie-, plus discret et plus posé, le type de tempérament empreint de sagesse, de sympathie et de grande diplomatie qui a si souvent fait la réussite de la France sur la scène internationale. Député et ancien sénateur, marié et père de trois enfants, Alain Joyandet s’est envolé ce jeudi 10 mars 2008 pour Libreville où il va tenter, dit-il, de « rectifier la ligne politique adoptée par le secrétariat d’État à la Coopération depuis l’arrivée de Jean-Marie Bockel à sa tête“.

Alors évidemment tout le monde ne voit pas ce revirement de l’Elysée d’un très bon œil. Ainsi pour Olivier Thimonier de l’association Survie par exemple, la visite d’Alain Joyandet au Gabon “ne donne pas un signe positif sur l’évolution de la politique de la France en Afrique“. Pour ma part, c’est le signe que Paris a compris la nécessité de modifier et même de professionnaliser sa communication vis-à-vis des Africains comme nous l’avions préconisé. Reste le plus difficile: allier l’acte à la parole… Afrique échaudée craint désormais l’eau froide!

Guy Gweth

Jeux et opérations d’information: quand l’Afrique s’éveillera…

In Benchmarking, Guerre de l'information, Guerre économique, Stratégie, veille on 10 avril 2008 at 7:27

L’utilisation spectaculaire des valeurs de l’olympisme au discrédit de la Chine est une preuve nouvelle qu’une stratégie d’information (ou de désinformation) bien menée, a en ce début de 21è siècle, un impact démultiplié.

Qui aurait pensé il y a seulement 10 ans, que le simple fait de manifester à côté d’un symbole aussi fort que la flamme olympique, pourrait mettre la Chine, puissance montante, dans une situation aussi délicate sur la scène internationale. Même Alain

Peyrefitte auteur du mémorable “Quand la chine s’éveillera” n’y aurait pas pensé, et le cœur de Pierre de COUBERTIN a bien dû se serrer un peu au vu des événements.

La caisse de résonance générée par le relais des ONG sur les 5 continents, est un outil efficace d’intelligence économique parmi d’autres. La bataille médiatique ne fait que commencer et la Chine va devoir tenir compte des réactions des autres nations. Une nouvelle fois dans l’histoire des jeux, comme Jesse OWENS, Tommie SMITH, John CARLOS, le pouvoir médiatique des jeux impose au monde de voir la réalité d’une population, et de se positionner. Les sponsors devront maintenant réfléchir avant de dépenser des milliards d’euros pour associer leur image à celle de la fraternité sportive. Les Pays Africains dits en Voie de Développement (si tant est que cette catégorisation soit probante*) ne verront pas passer la flamme. Tout comme les pays d’Océanie (Papouasie, Salomon, Fidji, Nouvelle-Guinée, Timor, etc.) qui essaient de se faire une place timide sur le marché économique mondial. Ils découvrent ainsi que la modernité, les médias, et des outils comme l’intelligence économique, peuvent leur servir. Ils peuvent se faire connaître, creuser leur sillon dans les méandres des flux économiques internationaux, et sortir de l’assistanat des institutions mondiales, pour acquérir une indépendance économique. Qu’ils retiennent la leçon. Leurs athlètes pourraient aussi un jour avoir des messages à envoyer au monde.
Souhaitons toutefois que le discrédit temporaire qui entache la Chine à travers l’épisode de la flamme olympique, sera limité et ne gâchera pas les heures de souffrance des sportifs à l’entrainement, le travail des artistes qui ont dessiné flambeau, logos, et autres motifs festifs qui devaient donner un air de fête à l’événement.

Par Marc-Hervé Blanchet, Ingénieur, Ancien de l’Ecole de Guerre Economique

* Développement selon Muhamad YUNUS : “Déterminé par le revenu réel par
habitant de la moitié de la plus pauvre d’une population”

JO 2008: la confrontation entre Chinois et Occidentaux s’enflamme à Paris

In Gestion de crise, Guerre de l'information, Géostratégie, Stratégie, veille on 8 avril 2008 at 7:57

Dans un article édité sur ce site le 17 février 2008 sur la guerre économique entre l’Europe et la Chine, j’évoquais déjà les tentatives occidentales de déstabilisation de la Chine par sociétés civiles interposées. Le passage de la flamme olympique ce 07 avril 2008 à Paris vient donner plus de relief à cette analyse. Bien plus, il corrobore parfaitement la dynamique de barrage stratégique contre la montée en puissance du pays de Mao.

Le profiling des dirigeants chinois

Tous les grands services de renseignements au monde (américains, allemands, britanniques, français, israéliens, russes… notamment) détiennent des fiches très détaillées et régulièrement mises à jour sur l’establishment politico-militaire chinois et de bien d’autres pays. Pour les plus avisés, il s’agit-là d’un secret de polichinelle puisque c’est la pratique normale au sein des officines étatiques. Mais pour le grand public, ce précieux détail peut s’avérer décisif à la compréhension des événements en cours autour de la Chine, le Tibet et les JO de 2008. Sur chaque fiche personnelle de dirigeant disais-je, au delà des traditionnels nom, prénom, date et lieu de naissance, on y retrouve les parcours professionnel et académique de la cible, sa situation familiale, voire ses états de santé, ses penchants sexuels, les informations sur ses maitresses s’il en existe, ses ex, ses amis, les établissements fréquentés, son régime alimentaire, ses magasins et marques préférés, ses hobbies… et surtout un profil psychologique aussi complet que possible. Certains cabinets d’intelligence économique n’en font pas moins au sujet des clients de leurs clients. Dans les lignes qui suivent, vous allez comprendre pourquoi le profiling sus-cité est tout particulièrement important lorsqu’on veut agir sur le processus décisionnel d’une organisation comme c’est le cas actuellement pour l’impressionnante cible Jaune.

Le Tibet ? Oui, mais pourquoi maintenant ?

Il faut être inhumain pour ne pas être solidaire du peuple tibétain, et exceptionnellement cruel pour ne pas s’émouvoir devant ses drames passés et actuels (indication de très grande importance au sein de l’opinion publique mondiale et occidentale en particulier). Le Tibet et son très respecté Dalai Lama, c’est bien connu, sont toujours apparus comme un caillou dans la chaussure du pouvoir central chinois. Or l’étude des profils psychologiques de Hu jintao et ses hommes est sans équivoque. En décidant de secouer le cocotier tibétain à 6 mois de l’ouverture des JO de Pékin 2008, les analystes n’avaient aucun doute sur la brutalité de la répression qui en découlerait et encore moins le haro international qui s’en suivrait. Le passage de la flamme olympique à Paris a donc permis d’atteindre le pic émotionnel, la sur-médiatisation et les condamnations attendus par les stratèges occidentaux.

En avant les ONG !

Sur les Champs Elysées ce 7 avril 2008, il est 12 :38 et la température est de saison. Mais de mémoire de parisiens, jamais on avait vu un tel déploiement de forces de l’ordre sur la plus belle avenue du monde, hormis le 14 juillet, fête nationale française. Tous les cinq mètres, de part et d’autre de l’avenue, je compte un policier parfaitement visible au milieu des touristes et des professionnels qui vont déjeuner.  Une page de l’histoire des relations internationales est entrain de s’écrire. Sous le couvert des acteurs non-étatiques. Car ce qu’il y a de particulièrement réussi dans l’opération APPT (Anti-Pékin-Pro-Tibet), c’est le retrait relatif des gouvernants occidentaux et la mise en avant des ONG et associations de défense des droits humains. Devant les exploits des manifestants, un reporter du 20h de TF1 est allé jusqu’à déclarer que la « police était dépassée ! ». Ainsi donc, les militants de Reporters sans frontières auraient grimpé sur la Tour Eiffel, Notre Dame de Paris… et déployé leurs drapeaux sans quelque bienveillance… pour se montrer aux cameras du monde dans ces prestigieux lieux de France. Cette fois, ONG et associations ont été plus qu’à la hauteur de la partition que les stratèges entendent leur faire jouer dans les nouveaux affrontements économiques et géopolitiques mondiaux. D’ailleurs, l’exceptionnelle mise en scène de leurs démonstrations ainsi que les images produites à cette occasion constituent déjà un excellent cas d’école.

Pékin perd la bataille de la communication

Pour le gouvernement chinois, évidemment, « rien n’arrêtera la flamme olympique ». Une jeune chinoise de 24 ans, étudiante en électronique dans l’hexagone me disait il y quelques heures, philosophe, dans un français parfait et sans accent: « il y aura un avant et un après Pékin 2008… », comme pour me rappeler que les Chinois ont de la mémoire. C’est vrai qu’une flamme olympique qui s’éteint à plusieurs reprises sur un sol étranger n’augure rien de pacifique dans les relations internationales. Qu’on s’en souvienne. Mais à l’ère de l’information, si le gouvernement chinois s’obstine à brider sa communication interne et externe, il perdra inévitablement l’estime d’une opinion publique internationale essentiellement nourrie au lait des médias occidentaux. Mais dès que Pékin aura tiré cette leçon, l’Occident n’aura qu’à bien se tenir. Car les Chinois apprennent vite et, je l’ai vérifié, ils ont vraiment de la mémoire !

Guy Gweth

Intelligence économique et protection de l’info stratégique

In Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 8 avril 2008 at 6:56

L’information est devenue stratégique pour devancer la concurrence ou décrocher de nouveaux marchés. Gérer et protéger cette information constitue un nouvel enjeu : c’est l’intelligence économique (IE). Entre espionnage industriel et OPA hostile, nos entreprises sont-elles vulnérables? Que doivent-elles protéger et comment s’y prendre?

Les exemples de la stagiaire chinoise soupçonnée d’espionnage industriel chez Valeo ou du vol d’un pneu Michelin sur un rallye au Japon ont mis en lumière la notion d’intelligence économique en France. Une découverte pour le grand public mais aussi pour nombre d’entrepreneurs français totalement étrangers à cette notion stratégique. L’intelligence économique (IE), kezako ? Les définitions diffèrent mais on peut comprendre cette problématique comme la maîtrise et la protection de l’information stratégique utile aux décideurs économiques. Seulement voilà, en même temps qu’ils permettaient de découvrir ce nouvel enjeu économique, ces exemples les plus connus de l’IE ont desservi sa vulgarisation dans les PME.

« Les barbouzeries c’est fini »

« Beaucoup confondent encore l’IE et l’espionnage. Les affaires médiatisées ont entretenu le fantasme de l’espion et des écoutes téléphoniques dans le monde économique. Aujourd’hui, les chefs d’entreprise doivent savoir que l’époque des barbouzeries est terminée. Il y a une nouvelle génération d’experts qui n’est plus issue des services de renseignements mais qui est formée à l’IE », indique Hervé Chevallier, responsable de Covigilance, cabinet de conseil en ingénierie de veille. L’intelligence économique n’est donc pas réservée aux seules multinationales mais les PME, tous secteurs confondus, doivent l’intégrer à leur réflexion pour protéger leur patrimoine. En 2006, une étude des Renseignements généraux révèle que 75 % des entreprises françaises visées par une attaque extérieure comptent moins de 500 salariés. Les différents acteurs de l’IE sont catégoriques : au sein des entreprises, la faille est d’abord humaine. Pour Gilles V (*), officier des RG, « les chefs d’entreprise français sont naïfs. Dans les entreprises, la menace, ce n’est pas l’espion mais la négligence : ne pas fermer ses bureaux ou ne pas détruire les documents confidentiels. On se rend compte qu’il est souvent plus facile d’obtenir le mot de passe d’un ordinateur que la carte d’accès à la cantine de l’entreprise ! C’est inquiétant, car certaines PME se font véritablement dépouiller ». Un alarmisme partagé par Bernard Lage, gérant de Geos Business Intelligence, filiale IE du Groupe Geos, pour qui « certains pays sont à l’affût de nos technologies. Et si les entreprises françaises ne se protègent pas, elles risquent de perdre leur rang ». Le signal d’alarme est donc tiré depuis quelques années. Pragmatisme et bon sens seront le plus souvent vos deux principaux alliés pour prévenir une menace qui est de moins en moins hypothétique.
(*) Le prénom a été modifié pour préserver son anonymat.

Des “James Bond” d’un nouveau genre

L’intelligence économique (IE) a emprunté son nom et certaines de ses méthodes à l’espionnage à la James Bond. Enseignée dans les universités en Europe, aux États-Unis et depuis peu en France, elle s’en est éloignée à grands pas ces dernières années et a acquis ses lettres de noblesse dans les entreprises.

« Cellules de veille »

Ces « James Bond » sont désormais des ingénieurs ou des commerciaux chargés de la collecte et de l’exploitation d’informations publiques glanées dans les publications scientifiques, les revues spécialisées, les rapports annuels, etc. Même si certaines entreprises, américaines notamment, continuent à accorder primes et promotions à des chasseurs d’informations. La mission de ces cadres, constitués en « cellules de veille » stratégiques pour suivre au plus près leurs concurrents, s’étend aussi au traitement, à la diffusion et la protection des informations utiles à leur entreprise, lui permettant de rattraper ou de creuser un avantage concurrentiel et d’assurer ainsi sa survie dans un univers concurrentiel impitoyable.

Les PME pénalisées

Les petites et moyennes entreprises sont les plus pénalisées dans cette course effrénée à l’information, nerf de la guerre économique. Certaines sont pillées à leur insu, le dépôt d’un brevet n’étant plus une garantie tous risques contre la contrefaçon dans un système mondialisé. La plupart découvrent à peine la nouvelle culture de l’intelligence économique, qui passe aussi par la maîtrise des autoroutes de l’information et en particulier d’Internet.

Entre vrais experts et faux spécialistes

Le domaine de l’intelligence économique est relativement neuf en France mais beaucoup cherchent à en tirer profit. C’est le cas de personnes issues des milieux de la sécurité (détectives privés, agents de sécurité, militaires, etc.) qui s’improvisent experts en IE et discréditent les vrais professionnels. « Le problème, c’est qu’il n’y pas encore d’ordre professionnel dans ce domaine et n’importe qui peut monter son cabinet », précise Gille V, officier des RG. La Fépie (Fédération des professionnels de l’IE) tente pourtant de définir les règles de fonctionnement de la profession. L’IE nécessite une vraie expertise, des moyens humains, technologiques, relationnels et financiers importants dont ne disposent pas ces prétendus experts. Certains se présentent comme des professionnels de l’espionnage pouvant mettre sous écoute untel ou untel, faire chanter tel concurrent… Fuyez ces apprentis James Bond et demandez conseils auprès des services publics ou consulaires.

Quel coût pour une entreprise ?

En matière d’intelligence économique (IE), une phrase de John Fitzgerald Kennedy reste d’actualité. « L’information coûte cher mais rien ne coûte plus cher que l’ignorance ». Pour autant, difficile d’évaluer selon la taille de l’entreprise et son secteur d’activité le coût de prestations en intelligence économique. Pascal Frion, dirigeant du prestataire en IE Acrie, indique sobrement que cet « investissement peut être comparé au coût d’une assurance pour couvrir un risque ». Plutôt que de s’équiper en outil informatique dès la première année, il conseille plutôt aux petites entreprises des dépenses de salaires et de frais de fonctionnement avec un tiers-temps ou un mi-temps consacré à l’IE. Les prestations externes peuvent se faire au forfait ou par abonnement calculé sur le résultat. Hervé Chevalier indique que « le diagnostic IE d’une belle PME coûtera entre 5.000 et 10.000 €, quand une demi-journée de sensibilisation du personnel sera facturée 500 € ». Si le coût de l’IE défensive est variable selon les spécificités de l’entreprise, le retour sur investissement est lui aussi difficilement estimable car l’IE ne génère pas généralement de gains directs (…)

Le B.A.-BA contre les fuites

La majorité de l’information s’obtient sans difficulté et en toute légalité. Mais une information sur trois émane de recherches très pointues, voire illégales. On estime ainsi que :
- 70 % de l’information est blanche. Elle s’obtient facilement sur Internet, dans les documentations, les salons professionnels, les articles de presse, etc.
- 25 % de l’information est grise. Elle s’obtient dans le cadre d’une veille technologique ou en matière d’intelligence économique (benchmarking, fausse identité…)
- 5 % de l’information est noire. Elle s’obtient de manière illégale par la filature, l’écoute téléphonique, l’intrusion dans les ordinateurs, la manipulation des individus, la corruption, etc…

Avant de mettre en place des portiques de sécurité ou de s’équiper en logiciel spécialisé, l’intelligence économique passe d’abord par du bon sens. Voici trois clefs.

La discrétion

La chose est connue et pourtant les trains et les avions demeurent encore des espaces où l’information économique circule trop librement. Les cadres dirigeants s’y laissent aller, selon Bernard Lage de Géos. « Certains cadres dévoilent le nom de leurs clients ou de leurs fournisseurs. D’autres font des confidences à leur voisin sans savoir qu’il travaille pour la concurrence. Le pire, c’est lorsqu’il y a un colloque qui réunit tous les acteurs d’une filière dans une ville. Il suffit alors de prendre le bon TGV et d’écouter les discussions ». Les langues se délient également trop facilement sur les salons professionnels ou au téléphone.

Sécurisez vos locaux

Une entreprise ne doit pas être ouverte à tous les vents. « Un livreur ne doit pas pouvoir s’introduire comme ça dans une entreprise », indique Pascal Frion, d’Acrie. Les entreprises doivent mettre en place une procédure pour éviter les fuites. Cela passe la plupart du temps par des règles élémentaires comme le fait d’effacer le tableau de la salle de réunion une fois celle-ci terminée. La gestion des badges ou des digicodes dans une entreprise pose également régulièrement question. Certains salariés laissent entrer un inconnu qui, pensent-ils, travaille dans un autre service. Lors d’un entretien, fermez les dossiers qui peuvent traîner sur vos bureaux. Balisez le circuit de visite de votre entreprise car trop souvent un visiteur peut photographier de manière illicite une maquette ou une machine avec son téléphone portable. Mettez sous coffre les documents les plus importants (brevet, fichier client, etc.) et broyez ceux que vous jetez.

Verrouillez vos systèmes d’information

L’informatique peut constituer le cheval de Troie de vos entreprises. Vous travaillez par exemple sur votre ordinateur portable dans le train via le wi-fi, sachez que ce que vous faites peut être récupéré par un tiers. Fred Rivard, ex-programmateur chez IBM et fondateur de la société nantaise IST, est très sensibilisé à ces questions d’IE. « On a un réseau public et un privé non connecté à internet. Des mots de passe bien sûr et les infos sont encodées ou cryptées. J’utilise le watermaking (technique qui consiste à insérer une signature invisible à l’intérieur des images numériques transitant par réseaux pour lutter contre la fraude) pour l’échange de certaines infos ». Parmi une liste non exhaustive de précautions, sachez que les données confidentielles doivent uniquement être traitées sur des postes de travail non connectés en réseau, les dossiers doivent avoir des mots de passe différents et renouvelés régulièrement, vos ordinateurs doivent disposer de logiciels de détection d’erreurs ou d’intrusion. Installez des logiciels de sécurité (antivirus, anti-spyware, anti-spam, etc.) et modifiez les configurations et mots de passe du constructeur installés par défaut. N’autorisez pas n’importe quel téléchargement sur votre réseau et bannissez-y les messageries du type MSN, qui peuvent constituer une brèche.

Simon Janvier

Stratégie de contre-pollution: ce qui attend les entreprises en Afrique centrale

In Intelligence verte, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 5 avril 2008 at 7:59

Abidjan, 20 août 2006, il est 06 :20. Aminata, 28 ans s’est levée plus tôt que d’habitude à la suite d’un cauchemar.

En pleine forme, la jeune infirmière profite de son temps d’avance pour apprêter le petit déjeuner de ses 2 fillettes : Léa, 3 ans et Philippa, 5 ans. A 6 :35, Claude son époux se lève à son tour et la surprend alors assise à même le sol, la tête en arrière contre la porte de la cuisine, un mouchoir vert sur le nez. L’expert comptable de 34 ans ne tarde pas à comprendre ce qui arrive à sa bien-aimée. C’est alors qu’il décide d’ouvrir toutes les issues de l’appartement pour laisser entrer l’air frais. Lorsque le réveil sonne à 6 :45, les fillettes se lèvent, le pouce et l’indexe en triangle sur les narines. « Maman, maman, c’est quoi cette odeur d’œufs pourris ? », s’écrie Léa… qui ignore à cet instant précis que sa mère ne lui répondra plus jamais.

La veille, dans la nuit du 19 au 20 août 2006, le Probo Koala, un navire russe affrété par la néerlandaise Trafigura et battant pavillon panaméen, parti d’Espagne depuis plusieurs mois, accoste à Abidjan, principal port d’Afrique de l’ouest pour une vidange. Avec la complicité de quelques personnalités locales et la dextérité de Weibs et Puma Energie, le navire européen déverse d’après Greenpeace, 400 tonnes de boues issues du raffinage pétrolier, riches en matière organique et en éléments soufrés très toxiques (hydrogène sulfuré, H2S et mercaptans) sur 11 sites d’Abidjan, en totale violation des normes internationales en vigueur. Selon nos sources, les séquelles de cette catastrophe innommable – qui a fait une quinzaine de morts et provoqué plus de 17000 consultations médicales- traverseront la génération abidjanaise actuelle.

Dans la zone CEMAC, les analystes qui suivent cette actualité de près en ont tiré cinq leçons majeures:

1. L’Afrique continue d’être perçue comme une zone de non-droit absolu où les nations « civilisées » peuvent espérer agir en violation des normes internationales. («L’Europe intoxique l’Afrique». Tel est le slogan qui a été peint par les militants de Greenpeace en grandes lettres jaunes sur la coque du Probo Koala).

2. Les entreprises étrangères peuvent donc s’affranchir des lois et règlements en vigueur dans leur propre pays et aller semer la mort et la désolation, ailleurs, là-bas, dans les lointaines Afriques…

3. Certains décideurs africains -incompétence et/ou cupidité- intègrent mal la brutalité des relations commerciales internationales et ne saisissent pas encore totalement les nouveaux enjeux liés à la protection de l’environnement.

4. La veille et la communication stratégique de la société civile locale et internationale ont été exemplaires et donc pleins d’enseignements.

5. Excellent levier d’information à bas coûts, internet a constitué une admirable caisse de résonance pour cette opération d’envergure mondiale.

Le décryptage de ces 5 facteurs lourds a contribué à construire un dispositif d’intelligence verte dont l’objectif stratégique est d’amener les entreprises opérant en Afrique centrale à n’avoir d’autres alternatives qu’un comportement social responsable. Ainsi par exemple, l’attitude des entreprises étrangères en matière d’environnement dans la CEMAC sera systématiquement comparée à celles en cours dans leur pays d’origine. “Ecologie en deçà des Pyrénées, écologie au delà!”. Le schéma simplifié qui suit montre la quintuple ossature de cette stratégie de contre-pollution, purement citoyenne.

Guy Gweth,

En hommage à Aminata, son époux Claude et leurs deux filles, Léa et Philippa.

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*En sus de normes locales en étude, la conformité aux instruments ci-après sera strictement surveillée :

1. Les référentiels d’engagement à l’instar du Global Compact, les principes directeurs de l’OCDE, les référentiels internationaux sectoriels (type : PRI et Principes Equateur) ;

2. Les référentiels de normes et de certification à l’instar de:
- ISO (séries ISO 9000 et ISO 14000) liées à la qualité d’un processus et à la gestion environnementale d’un site;
- EMAS (Eco-Management and Audit Scheme);
- Les certifications “développement durable” sur le modèle de l’Ecopass pour les PME;
- Les initiatives de labellisation de la société civile dont la forte notoriété, on l’ a vu, contribuera à faire des référentiels incontournables dans leurs domaines respectifs;

3. Les référentiels mis en place par les agences africaines de notation.

Affrontement dur entre Progosa et Bolloré pour le contrôle du port de Douala

In Guerre de l'information, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie, veille on 4 avril 2008 at 8:52