Archive de la catégorie «Veille stratégique»
Protégé : Les quatre ennemis de Vodafone au Ghana
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Management de l'information, Veille stratégique on 6 novembre 2009 at 10:24Protégé : Comment l’Afrique est sur écoutes 24h/24, 7j/7
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Veille stratégique on 21 octobre 2009 at 8:24“L’intelligence économique au service de l’Afrique”
In Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Interview, Leadership, Management de l'information, Veille stratégique on 15 octobre 2009 at 8:07
A lire dès le jeudi 15 octobre 2009 dans l’hebdomadaire Les Afriques n° 93, l’interview de Guy Gweth, réalisée par Dominique Flaux, directeur de publication du journal de la finance africaine.
Extraits :
« Les Afriques : Quels sont les secteurs d’activité en Afrique qui nécessitent le plus d’intelligence économique et de veille concurrentielle ?
« Guy Gweth : En Afrique, nous avons recensé sept grands secteurs qui nécessitent de vraies stratégies d’intelligence économique soutenues par les États comme on le voit au Japon avec le ministère l’économie, du commerce extérieur et de l’industrie. Pour nous, ce sont les sept urgences de l’intelligence économique en Afrique: l’agroalimentaire, les assurances, les banques, le BTP, les Télécoms, les NTIC, les transports aériens. Les démarches initiées dans ce sens par SMBG Bank au Maroc, Kenya Airways, Orascom en Egypte, MTN et Vodacom en Afrique du Sud, sont les cinq grands exemples que nous suivons depuis 2007 sur le continent [...] »
Les Afriques n° 93, semaine du 15 au 21 octobre, est disponible en Afrique CFA 1500 FCFA – Algérie : 80 DA – Belgique 1,9 a – Canada 3,50 $ CAD – France 1,9 a – France OM 2,20 a – Italie 1,90 a – Luxembourg 1,9 a – Maroc 12 DH – Suisse CHF 3,80 – Tunisie 2,3 DT.
Allemagne – l’espionnage des salariés en procès à Francfort
In Contre-Intelligence stratégique, Espionnage économique, Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Management de l'information, Sécurité, Veille stratégique on 6 octobre 2009 at 5:57Le procès qui débute à Francfort suscite beaucoup d’attention outre-Rhin. Il devra en effet instruire l’affaire des pratiques de surveillance et d’espionnage à la Deutsche Bank, première banque du pays. Un nouveau dossier sur la longue liste de scandales d’espionnage de salariés, qui secoue le monde industriel depuis des mois.
Qui était responsable de la surveillance de Michael Bohndorf, actionnaire « critique » de la Deutsche Bank ? Qui connaissait les pratiques d’espionnage du membre de la direction Hermann-Josef Lamberti ? Pour élaborer un début de réponse, la vice-présidente du tribunal, Gesine Brackert, passe en revue la politique de sécurité de la Deutsche Bank. L’audition est édifiante : engagement de détectives privés, mais aussi d’une « espionne » chargée de faire parler l’actionnaire, installation de balises de localisation sous le véhicule du membre de la direction, et d’un microphone dans un bouquet de fleurs… Les méthodes fleurent bon les romans d’espionnage. Et pourtant, elles existent bel et bien et font partie id’un arsenal sophistiqué de surveillance, partant « du haut vers le bas » de la hiérarchie en entreprise.
L’affaire ne touche pas que les hauts dirigeants, loin de là. « Il y a par exemple un grand intérêt pour les employeurs à s’intéresser aux données sur l’état de santé et la constitution de leurs salariés – et bien sûr, sur la potentialité des femmes salariées à devenir enceinte ou pas », explique Peter Schaar, en charge de la défense des protections de données auprès du gouvernement. « Nous sommes en passe de nous habituer à une surveillance totale et à un contrôle global. Les logiciels deviennent toujours meilleur marché, pour une utilisation de plus en plus simple en dépit d’une complexité accrue ».
Les cas particuliers de la Deutsche Bahn et de Deutsche Telekom
173 000. C’est le nombre de salariés que la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn (DB) a espionné pendant dix ans. A ce nombre déjà considérable, il faut ajouter les salariés de la Deutsche Post, de l’opérateur Deutsche Telekom, d’Airbus Allemagne, du constructeur automobile Daimler, de Siemens, du discounter Lidl (voir article lié)…La « lutte contre la corruption » et la « criminalité économique » sont les deux raisons principales invoquées par les directions des entreprises pour se justifier… Mais quid des données sur l’état de santé des salariés, collectées et conservées ? De la surveillance des échanges de courrier électronique entre représentants du personnel et journalistes ? Des fiches sur les performances au travail ?
Dans son appel à la manifestation contre « la surveillance totale des citoyens et salariés », le syndicat DGB dénonce une facette supplémentaire de ce qu’il appelle le « Turbokapitalismus » : « Les écoutes téléphoniques, la surveillance par vidéo, l’espionnage qui ont été dévoilés ces derniers mois montrent que les entreprises ne considèrent leurs salariés que comme des outils de production, dont la sphère privée est piétinée. Le but est de créer un sentiment d’insécurité, et d’empêcher une organisation syndicale de dénoncer la détérioration des conditions de travail. »
Pour Gerhart Baum, à la tête de la commission en charge d’enquêter sur les affaires d’espionnage chez Telekom et la Bahn, le cas des deux anciennes entreprises nationales montre une culture fondée sur l’autoritarisme et la rigidité des structures. Dans un entretien au Spiegel, il rapporte ainsi qu’ «il y avait chez Deutsche Bahn et Deutsche Telekom une mentalité de chef en pays conquis, selon le mot d’ordre « l’Etat, c’est moi ». On ne peut que saluer la lutte contre la corruption au sein de son entreprise. Mais c’est d’une grande arrogance de croire que l’on peut mener seul les enquêtes, sans faire appel à la justice ». Les deux dirigeants responsables des pratiques d’espionnage n’ont pu résister à la pression publique, devenue insoutenable, et se sont vus contraints de démissionner.
Guerre psychologique
En dépit de ces démissions et de la mise en place d’une commission d’enquête, les cas de ces deux entreprises ne représentent que la pointe de l’iceberg, précise Gerhart Baum. « On pourrait croire que ces entreprises considèrent l’économie comme un champ de bataille. Et cette guerre déborde sur d’autres territoires comme internet avec l’infiltration des blogs et des forums de discussions, ou encore la rédaction de lettres aux éditeurs écrites par des écrivains rémunérés, chargés de polir l’image des entreprises».
La forte mobilisation lors de la manifestation à Berlin contre la collecte des données reflète bien la sensibilité accrue des salariés et des syndicalistes sur la question de la protection des données et d’espionnage au travail. Les principaux syndicats allemands ont ainsi mis sur pied un site internet offrant conseils juridiques, mais aussi techniques de défense informatique, ainsi qu’un « Chef-check » chargé de vérifier si le supérieur hiérarchique use ou non de pratiques d’espionnage.
Mais Ingrid Sehrbrock, vice-présidente du syndicat DGB, ne se fait pourtant pas d’illusion : « Le scandale des derniers mois montre combien le droit fondamental de gérer soi-même ses données personnelles est piétiné. Mais la marge de manœuvre des salariés est réduite, car qui veut risquer son emploi à cause de la collecte illégale de ses données ? »
Claire Stam à Francfort (Allemagne) – Novethic
Protégé : Interpol dans la guerre économique
In Coopération internationale, Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Veille stratégique on 16 septembre 2009 at 12:17France : les atteintes à la sûreté de l’État ont explosé en 2008
In Espionnage économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Veille stratégique on 19 février 2009 at 8:39De la violation du secret défense au pillage économique, la police du renseignement relève de plus en plus d’atteintes aux “intérêts fondamentaux de la nation” française.
Qui en veut à l’État et à ses secrets ? À en croire le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, les «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» ont augmenté de plus de 40 % l’an dernier, passant de 461 cas signalés en 2007 à 654 affaires transmises à la justice. Ici, c’est un petit génie de l’informatique qui tente d’infiltrer le réseau crypté d’une société nationale ; là, un internaute qui fait l’apologie de l’attentat suicide contre les personnels d’ambassade français au Maghreb ; ailleurs, un universitaire qui dévoile en ligne toutes les ficelles d’une technologie de pointe que les autorités voulaient protéger. Les affaires les plus délicates relèvent de la compétence de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) issue de la fusion des RG et de la DST.
«Complot», «trahison», «compromission du secret Défense», «intelligence économique » ou «avec une puissance étrangère» : les principales infractions concernées touchent à la sûreté de l’État. «Il peut s’agir d’un document classifié retrouvé au hasard d’une perquisition chez une personne non habilité à en connaître le contenu, d’une tentative de corruption d’un cadre d’une entreprise d’armement pour lui soutirer des informations techniques sur un système d’arme», explique un commissaire de police. «Nous constatons aussi beaucoup de disparitions d’ordinateurs contenant des fichiers sensibles», déplore un agent de renseignement de haut rang. «Il suffit qu’un fonctionnaire habilité se fasse voler son PC portable ou même son téléphone mobile contenant les numéros du service auquel il est rattaché pour que les faits soient aussitôt qualifiés d’atteinte au secret», nuance toutefois un magistrat spécialisé.
Toutes les procédures engagées par la police et la gendarmerie l’an dernier n’ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires. Mais elles ont justifié plus de 70 gardes à vue. Quatre personnes ont aussi été incarcérées.Les dossiers ouverts visaient 661 Français pour seulement 17 étrangers. Parmi les personnes mises en cause, on comptait 19 femmes pour 659 hommes. Et 10 mineurs.
Les contre-espions ne sont guère diserts sur le profil des 7 garçons et 3 filles de moins de dix-huit ans mêlés en 2008 à une affaire d’État. Un juge assure que «dans ce type de situation, le jeune se retrouve souvent impliqué pour avoir bravé l’interdit, par exemple, en cassant par jeu le code sécurisé d’une institution publique depuis son ordinateur ou pour avoir proféré sur un site des propos inconséquents malgré tout constitutifs d’une infraction».
Les affaires les plus importantes sont traitées à Paris par le pôle antiterroriste, au sein d’une section des atteintes au secret de la Défense nationale. Chaque juge antiterroriste traite 5 à 10 dossiers, essentiellement des affaires de compromission du secret défense liées à des contrats d’armement ou des notes des services de renseignement imprudemment divulguées. L’un d’eux concerne l’exploitation par le journaliste Guillaume Dasquié de rapports de la DGSE sur les menaces pesant sur les États-Unis avant le 11 septembre 2001. «Parfois, ce sont des noms de fonctionnaires agissant sous couverture qui sont livrés», regrette un magistrat parisien.
Pour le préfet Bernard Squarcini, patron de la DCRI, l’inflation statistique des «atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation» reflète avant tout la répression accrue engagée par ses services depuis leur récente restructuration. Il faut y voir aussi, selon lui, l’un des effets de la politique de sensibilisation au risque d’espionnage économique conduite par les préfets auprès des PME et des PMI en région.
Sources: Le Figaro
Le novembre de l’intelligence économique en Afrique
In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 1 décembre 2008 at 6:19Séminaire d’intelligence économique à l’intention des hauts fonctionnaires de l’administration publique le 27 novembre à Dakar, conférence sur «l’intelligence économique et la veille technologique…» le 19 novembre à Libreville, rencontre internationale sur le thème « Compétitivité et accumulation des compétences dans la mondialisation…» les 13-14 novembre à Rabat, 2èmes assises de l’intelligence économique les 10-11 novembre à Alger… L’effervescence qu’a connue l’intelligence compétitive en ce 11ème mois de l’année sur le continent mérite notre attention.
Comme un effet domino
On se souviendra longtemps de cette prémonition du Haut responsable français à l’intelligence économique, Alain Juillet: « l’intelligence économique (IE) sera au 21ème siècle ce que le marketing a été au 20ème. » Le vent d’IE qui a soufflé en Afrique centrale, du nord et de l’ouest en ce mois de novembre 2008 est en effet sans précédent. Comme par effet domino, de Libreville à Dakar, de Rabat à Alger, des spécialistes ont invité les décideurs à venir discuter des enjeux majeurs de la quête, de la protection, de la diffusion, du management stratégique de l’information utile face à l’exacerbation de la concurrence au niveau mondial.
De Libreville à Dakar
Au Gabon, Prosper Tonda Mabenda du Groupe d’études et de recherches sur la communication (GERC) rattaché à l’institut de recherches en sciences humaines (IRSH) de l’université Omar Bongo (UOB) s’est attelé à décrypter les enjeux et à sensibiliser les acteurs publics et privés aux vertus de l’intelligence économique pour le Gabon. Tonda Mabenda milite pour la création d’un « pôle d’intelligence économique national autour des secteurs vitaux et au sein duquel l’université et la recherche joueront un rôle éminemment stratégique ».
Au Sénégal, le séminaire organisé par le centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) et l’agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a été présenté par les autorités comme point de départ d’une politique publique d’intelligence économique au Sénégal. Cette rencontre a bénéficié de l’expertise de Christian Harbulot, directeur de l’EGE. Une formation de haut niveau devrait voir le jour dès janvier 2009 au sein du CEDS avec, à la clé, un diplôme supérieur spécialisé en intelligence économique et stratégique.
De Rabat à Alger
Au Maroc, les participants à la rencontre internationale organisée sous le patronage de Sa Majesté le roi Mohammed VI ont insisté sur le nécessaire partenariat éducation -secteur privé- secteur public pour faire face aux défis de la mondialisation. Ils ont plaidé pour une dotation d’aide à la création de structures d’intelligence économique pérennes au sein des collectivités territoriales et des entreprises. Une formation de haut niveau en IE devrait bientôt voir le jour au Maroc sur le modèle du 3è cycle spécialisé de l’école de guerre économique de Paris.
En Algérie, il était question du début de la mise en œuvre des pratiques d’intelligence économique pour 2009. Organisées par le VIP Group, les 2èmes assises de l’IE ont attiré des cadres de l’administration et du privé. Après l’adoption en conseil de ministres d’un projet de loi contre la cybercriminalité, Alger attend désormais la nomination d’un directeur général de l’intelligence économique au ministère de l’industrie. Cette remarquable prise de conscience sur le rôle de l’intelligence compétitive en Afrique appelle cependant quelques mises en garde.
Entre Africains
Il n’y a pas d’intelligence économique sans stratégie. La volonté des Etats de se doter de dispositifs nationaux d’IE est un engagement de longue durée. Mais l’hyperpolitisation des centres de décisions est un frein. En l’absence d’experts indépendants capables de penser la stratégie des Etats sur 15-25 ans, il manquera toujours cette cohésion qui fait gagner une équipe. D’autre part, l’intelligence économique étatique est une question de souveraineté et de patriotisme économiques. La place laissée vacante par les acteurs africains de l’IE sur le terrain de la production des connaissances est occupée par la concurrence, mais il serait regrettable d’ignorer leur potentiel. Par ailleurs, nos liens privilégiés avec certains pays ne doivent pas limiter nos choix. Le Japon, la Chine et les Etats-Unis ont des dispositifs d’intelligence compétitive plus performants et plus proches de nos matrices culturelles.
Et si quelque barrière devait empêcher l’Afrique d’accéder aux meilleures pratiques, l’intelligence économique n’y serait que la continuation de ses erreurs par d’autres moyens.
Guy Gweth
Dans le même ordre d’idées, lire:
Dix clés pour comprendre les enjeux de l’IE en Afrique centrale
Intelligence économique et rivalités des puissances en Afrique
L’entreprise africaine face aux enjeux de la veille stratégique
Gestion de crise : la BEAC* accuse le FMI de partialité
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Géoéconomie, Veille stratégique on 6 novembre 2008 at 8:38
Les institutions financières de Bretton Woods ne sont pas invulnérables. Loin s’en faut. Dans un rapport du faible au fort, des instruments informationnels assez peu coûteux existent qui, bien orchestrés, peuvent générer une crise morale sans précédent au sein de ces organisations. Les sociétés civiles du Sud oublient parfois combien l’Establishment onusien est sensible aux bruits environnementaux, surtout lorsqu’à travers une stratégie inter-nationale pertinente et une gestion décentralisée, ces bruits en appellent à la justice et à l’éthique vis-à-vis des plus pauvres. Mais ce n’est pas tout de le dire. Le management de nos appareils étatiques n’est pas aisé à défendre en public et la volonté politique y est un bien économique. L’extrait du Messager (édition du 03.11.08) ci-après met le doigt sur la plus grande désillusion qu’ait vécu l’Afrique dans ses rapports avec le Fonds monétaire international à la faveur de crise financière internationale actuelle: retour de l’étatisme économique au Nord, désengagement accéléré de l’Etat dans le Sud… GG.
Pour la Banque centrale, les institutions de Brettons Wood doivent appliquer les mêmes thérapies aux pays européens que celles appliquées dans les pays du Sud.
« La 1ère réunion annuelle de concertation de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) avec la profession bancaire et financière jeudi 30 octobre dernier à Douala a aussi été l’occasion pour les responsables de la Beac d’évoquer l’impact de la crise financière internationale sur le secteur bancaire de la Cemac. Pour Rigobert-Roger Andely, vice gouverneur de la Beac, aucun impact négatif ne se profile à l’horizon. Pour lui, la Cemac bénéficie de quelques atouts : la rigueur budgétaire, le niveau acceptable d’endettement des Etats, le niveau élevé de l’épargne public, l’importance des réserves de changes, entre autres.
« A une question de journaliste sur l’impératif d’un nouvel ordre financier mondial, conséquence de la crise financière qui menace les économies mondiales, Rigobert-Roger Andely n’est pas passé par quatre chemins pour fustiger les politiques des institutions de Brettons Woods. M Andely soutient qu’il est inadmissible que le Fmi applique une politique du deux poids deux mesures. Il dit par exemple ne pas comprendre que le Fmi en soit aujourd’hui à recommander l’interventionnisme des Etats européens et des Etats-Unis dans leurs économies alors même que cette institution financière prône un désengagement radical de l’Etat dans le système productif quand il s’agit des pays du Sud. « Il doit avoir une symétrie des politiques… », insiste le vice gouverneur de la Beac.
Suggestions au Nord, directives au Sud
« L’appel du vice gouverneur de la Beac trouve toute sa pertinence au regard des suggestions – contrairement aux directives – du Fmi aux Etats européens et aux Etats-Unis au plus fort de la crise financière internationale. Les multiples plans de sortie de crise suggérés par le Fonds monétaire international sont aux antipodes des directives jadis imposées aux économies sinistrées des pays africains. Ici, l’on a demandé à l’Etat de se désengager du secteur productif, l’on a prescrit des restrictions budgétaires avec tout son corollaire sur le plan social (licenciement, gel des recrutements, baisse des salaires…).
“En Europe et aux Etats-Unis, le Fmi est resté muet lorsque les gouvernements ont décidé d’injecter de l’argent frais dans le secteur bancaire, ou encore lorsque ces mêmes gouvernements ont décidé de la nationalisation pure et simple de certains établissements financiers. Le Fmi s’est montré particulièrement préoccupé par le sort des populations des pays en proie à ce marasme financier. Jeudi dernier, dévoilant les trois priorités pour faire face à la crise actuelle, le Fonds monétaire international a demandé aux gouvernements européens de protéger les familles à bas revenus qui souffriront beaucoup plus que les autres de la récession économique. L’autre priorité concernait la définition « d’une stratégie plus ferme pour garantir les dépenses publiques » en Europe…”
*BEAC: Banque des Etats d’Afrique centrale
Les Bakassi Freedom Fighters s’attaquent à Total & Cie
In Intelligence stratégique, Sécurité, Veille stratégique on 31 octobre 2008 at 12:59
Selon l’agence Reuters, « des hommes armés à bord de vedettes rapides ont détourné un bateau au large du Cameroun, ce 31 Octobre 2008. Le bateau, affrété par la compagnie pétrolière Total, transportait une dizaine de membres d’équipage dont sept Français et remorquait une péniche près de la côte camerounaise et d’une installation pétrolière ». D’après la société de services pétroliers, 10 employés du groupe Bourbon ont été enlevés, dont 2 Camerounais et 1 Tunisien. Le navire Sagitta qui comptait 15 personnes à son bord a été intercepté par les Bakassi Freedom Fighters à 180 km de Douala, la capitale économique du pays.
La régression des réserves mondiales de pétrole, les attentats contre les tours jumelles du World Trade center et les crises à répétition dans le golfe persique ont contraint les grandes puissances mondiales à trouver une alternative plus sûre pour approvisionner leur marché en pétrole dès 2001. Avec la découverte de nouveaux gisements de pétrole en Angola, à Sao Tomé et Principe et en Guinée équatoriale, le pétrole africain est devenu « une priorité pour la Sécurité nationale américaine de l’après 11 septembre.» Depuis, les Etats-Unis déploient un dispositif complexe de sécurité (ceinturant leur périmètre d’intérêts) qui, à terme, devrait couvrir notamment : l’Angola, le Cameroun, le Cap vert, le Gabon, le Ghana, la Guinée équatoriale, Sao Tomé et Principe. De son côté, la Chine dont les besoins en énergies s’accroissent au fil des ans travaille elle aussi à diversifier et à sécuriser ses approvisionnements dans la région. Elle compte déjà parmi ses plus gros fournisseurs: l’Angola, le Congo, la Guinée équatoriale, le Tchad et le Gabon…, pour ne citer que les Etats du Golfe. Elle importe l/3 de son pétrole d’Afrique, soit 9% des exportations du continent alors que les Etats-Unis sont à 33% et que l’Europe (dont l’influence traditionnelle dans la région est désormais l’affaire des compagnies Total, BP et Agip) est à 20%.
Avec plus de 4. 500.000 barils de brut par jour, le golfe de Guinée devrait s’attribuer plus de 20% du marché pétrolier mondial d’ici 2010 selon les prévisions du Centre d’Etudes stratégiques de Washington. Les réserves confirmées de pétrole, le long des 3.700 kilomètres de sa ligne côtière, sont aujourd’hui estimées à 15 milliards de barils. Nouvel eldorado des compagnies pétrolières occidentales, le golfe est souvent le théâtre d’attaques ciblant des intérêts étrangers. Les entreprises d’extraction y sont régulièrement accusées de ne pas contribuer au développement local, d’exploiter les populations riveraines et de polluer l’environnement « avec la complicité d’autorités corrompues ». Rien qu’en cette année 2008, des opérations de piratage ont eu lieu au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Nigeria et au Bénin.
Le 12 octobre 2008, le gouvernement camerounais a annoncé qu’il allait mettre en place un nouveau dispositif de surveillance des côtes et de la mer territoriale par satellite, avec l’appui des Etats-Unis et de la France. L’acquisition de ce matériel, capable de détecter un bateau de pirates à longue distance, répond à l’appel international au renforcement de la surveillance maritime lancé au vu de la recrudescence des actes de pirateries sur les côtes africaines. La station balnéaire camerounaise de Limbé a d’ailleurs été victime d’une attaque surprise le 27 septembre 2008. Les assaillants, présentés comme des pirates de mer, y ont dévalisé trois banques locales, emportant un butin de l’ordre de 230 millions FCFA.
En superposant la cartographie des grands conflits mondiaux actuels sur celle des principales zones pétrolifères du globe, de nombreux analystes – et j’en suis – n’ont de cesse de se demander si l’or noir ne sera pas une malédiction pour l’Afrique. Mais l’usage de la violence comme arme de négociation avec l’Etat devrait profondément interroger l’autorité et la gouvernance du pays-cible. D’ici à 2011, le Cameroun traversera une phase décisive de son histoire tant au plan politique qu’au niveau de sa sécurité nationale.
Guy Gweth
A toutes fins utiles, lire aussi “Soft power: codes et lignes de force du cinéma nigérian”
Crise financière et perspectives macroéconomiques en Afrique centrale
In Brève, Géoéconomie, Veille stratégique on 8 octobre 2008 at 10:35L’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) vient d’exprimer sa préoccupation quant aux perspectives économiques et financières à moyen terme de la sous-région du fait de la crise financière internationale. Dans un communiqué publié mardi 7 octobre 2008 au lendemain d’une session extraordinaire dans la capitale camerounaise, l’Union prévoit un ralentissement de l’activité sur la période triennale 2009-2011. Une note a été commandée à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et à la Commission bancaire de la zone (COBAC).
Sur le plan macroéconomique, la situation des pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) fait état d’une hausse du produit intérieur brut (PIB) réel de l’ordre de 5,8 % contre 4, 4% en 2007. L’UMAC fait aussi état d’une poussée du niveau général des prix se situant à 4,2 % contre 1,6 % en 2007. S’agissant de la monnaie et du crédit, la CEMAC a enregistré un accroissement des avoirs extérieurs nets du système monétaire de 19,9 % sur 12 mois jusqu’au 31 juillet dernier, mais d’un recul de 31,8 % du crédit intérieur net. Dans le même temps, la sous-région a enregistré une hausse de 21,6 % de sa masse monétaire (M2) avec un raffermissement de 93,99 à 100,29 % du taux de couverture extérieure de la monnaie.
Interrogé sur l’impact attendu de la crise financière internationale sur l’économie de la zone Franc, le président en exercice du Comité ministériel de l’UMAC, le Tchadien Gata Ngoulou, a déclaré que le pouvoir financier -dans certains domaines qu’il s’est gardé de citer- s’est accru en Afrique centrale. Il a indiqué que l’effondrement actuel du système financier américain n’ébranle pas la zone Franc. Toutefois, a-t-il reconnu, des banques de notre zone entretiennent des relations étroites avec leurs homologues aux Etats-Unis d’Amérique et peuvent, d’une manière ou d’une autre, ressentir les effets de la faillite du système financier étatsunien. Il rassure cependant que des mesures sont prises pour juguler d’éventuelles répercussions sur le système financier de la zone franc.
A ce stade, nos ministres des finances concluent donc que « la stabilité financière et monétaire de la Zone reste solide, mais que le ralentissement de la demande mondiale et le niveau actuel des prix du pétrole pourraient impacter négativement sur l’activité et l’emploi ». Ils avertissent par ailleurs que « bien que les pays de la Zone franc soient jusqu’ici relativement épargnés par les effets de la crise financière actuelle, ses évolutions nécessitent une vigilance accrue ». Une fois de plus, les grands argentiers d’Afrique centrale s’engagent à accélérer l’ensemble des réformes permettant de promouvoir et accompagner l’initiative privée en renforçant notamment les infrastructures de base et en améliorant l’environnement des affaires.
Début février 2009, le FMI revoit sa copie sur l’Afrique subsaharienne!
La dernière sortie de la directrice du département Afrique du FMI met un holà aux certitudes affichées depuis le début de la crise financière. Pour Antoinette Monsio Sayeh, la crise aura des «répercussions considérables » sur l’Afrique subsaharienne.
«Même si la région devrait enregistrer une croissance de 3,3%, alors que la production se contractera dans les pays avancés, il s’agit d’un ralentissement prononcé par rapport aux dernières années », indique-t-elle en marge de la conférence tenue mardi 4 février 2009 à Paris sous la houlette du FMI et de CAP Afrique, et en présence de grands acteurs de l’économie africaine dont Lionel Zinsou, président du conseil d’administration de CAP Afrique, Jean Michel Severino, directeur général de l’Agence française de développement et Mandé Sidibé, Président du conseil d’administration du groupe Ecobank. Selon Mme Sayeh, les pays d’Afrique subsaharienne subiront la baisse du ralentissement de la croissance mondiale par de «fortes baisses des cours des produits de base et une réduction des entrées des capitaux ».
Et de lancer un appel à la communauté internationale, afin que celle-ci maintienne inchangée « l‘aide qu’elle respecte les engagements prises à Gleneagles ». Autant dire un prêche dans le désert tant on connaît, bien avant la crise financière elle-même, le bilan mitigé de ces engagements pris en 2005 en marge du sommet du G8. La révision de la prévision de croissance sur l’Afrique (3,3% en 2009, en baisse de 3 points par rapport aux prévisions de l’institution en avril 2008) affectera en particulier les pays exportateurs de pétrole. Lueurs d’espoir cependant, l’Afrique subsaharienne reste toujours à un niveau de croissance élevé par rapport à la moyenne mondiale, avec un système financier épargné par la crise systémique actuelle. Ce qui doit encourager les autorités concernées à multiplier les cellules de veille pour étudier les facteurs de vulnérabilité.
FCEB/AFT/APPA, Xinxua, FMI, Le Messager & Les Afriques: sources croisées par Guy Gweth
A toutes fins utiles, lire:
“Manipulations: les confessions d’un assassin financier”
Africom officiellement en service actif dès le 1er octobre 2008
In Leadership, Stratégie, Sécurité, Veille stratégique on 30 septembre 2008 at 6:24

C’est l’épilogue d’une longue période d’intenses préparations, le nouveau commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique dont le président Bush avait annoncé la constitution en février 2007 entre officiellement en service actif ce 1er octobre 2008.
À la veille de son inauguration, la vice-ministre adjointe de la défense chargée des affaires africaines, Mme Theresa Whalen, a déclaré aux observateurs que ce commandement connu sous le nom d’Africom deviendrait l’outil le plus visible des États-Unis au service de leur objectif primordial à l’égard de l’Afrique, à savoir la promotion de leurs relations dans le cadre d’un engagement soutenu. Il s’agit en particulier, pour ce sixième commandement régional, de renforcer les programmes de coopération militaire et d’autres activités relatives à l’Afrique de concert avec divers organismes fédéraux, notamment l’Agence des États-Unis pour le développement international et le département d’État, et avec l’assistance de partenaires internationaux. Jusqu’à présent, les responsabilités militaires américaines à l’égard de l’Afrique étaient confusément réparties entre trois commandements qui étaient chargés aussi, respectivement, du Moyen-Orient, de l’Europe et du Pacifique.
Selon Mme Whalen, l’Africom sera un instrument plus efficace de sécurisation et de maintien de l’ordre et aidera les divers États africains à s’attaquer à leurs problèmes respectifs, qu’il s’agisse de pauvreté, de famine, d’épidémies, de prolifération d’armes, de piraterie ou de conflit. Toutefois, les restrictions imposées au champ d’action des forces américaines en Afrique n’ont pas changé lors de la création du nouveau commandement. « Le fait que nous ayons établi une nouvelle structure organisationnelle afin de mener à bien notre stratégie de sécurité en Afrique n’a modifié aucune des règles qui gouvernaient les anciennes. » La haute responsable du ministère de la défense s’est notamment élevée contre l’idée selon laquelle la création du commandement présageait en quelque sorte la « militarisation » de la politique africaine des États-Unis: « Les gens seront surpris de constater que la direction de l’Africom (pour moitié militaire et moitié civile) exercera encore plus de prudence lorsqu’il s’agira d’envisager une solution militaire à un problème africain ».
L’Africom s’attachera principalement à renforcer la capacité des forces maritimes et terrestres de ses partenaires, afin que ces derniers puissent coopérer en faveur de la solution des diverses difficultés régionales, allant de la réaction à une catastrophe naturelle à la prévention des conflits en passant par la lutte antiterroriste. Selon les responsables américains, un continent africain stable et prospère correspond aux intérêts bien compris des États-Unis dans la mesure où un regain de prospérité, l’amélioration de la santé des populations et une sécurité accrue en Afrique contribueront sans aucun doute au renforcement de la sécurité et de la prospérité dans le monde entier. Les États-Unis vont également aider leurs partenaires africains à « mieux asseoir leur régime démocratique, à mieux appliquer leur respect des droits de l’homme, à favoriser leur croissance économique et à bâtir de solides institutions régionales ». Le centre est dirigé par le général de l’armée de terre William Ward, épaulé par deux co-adjoints: l’ambassadrice Mary Carlin Yates, qui a servi au Burundi et au Ghana et qui est spécialisée dans les activités mixtes militaro-civiles, et le vice-amiral de la marine Robert Moeller, coordonnateur des activités opérationnelles.
Quant à dire que la création de l’Africom serait motivée par l’intérêt considérable que manifeste la Chine à l’égard de l’Afrique, l’administration Bush répond que l’essor des activités chinoises en Afrique n’était pas à l’horizon lorsque l’idée d’un nouveau commandement américain pour ce continent a commencé à faire son chemin, au début de cette décennie. De plus, la Chine ne faisait nullement partie de « l’équation stratégique » des Etats-Unis. Infos recueillies auprès de l’US Department Of State.
Le pillage technologique est vital pour développer l’Afrique
In Intelligence sportive, Intelligence économique, Stratégie, Veille stratégique on 21 septembre 2008 at 2:00
Si dès janvier 2009, chaque travailleur africain de la Diaspora réussit à transférer par semestre: un logiciel, une machine agricole, un process, une ingénierie ou une bonne pratique vers une entreprise de son pays d’origine comme il transfère mensuellement des fonds avec Western Union; Si toute compagnie étrangère qui exécute un chantier en Afrique centrale est contractuellement astreinte au transfert de savoir-faire aux locaux comme l’exigent les Chinois chez eux*, d’ici 2020, les 6 pays de la Cemac** connaitront un décollage économique approchant celui des 4 dragons de l’Asie du sud-est*** dans les années 70. En attendant l’Etat-stratège, nos entreprises peuvent tout à fait impulser ce mouvement intelligent, citoyen, entrainant l’Etat et la Diaspora dans leur sillage. Quid de l’éthique ? Les gardiens de la loi savent tous qu’on ne tire pas sur l’ambulance. Urgence fait droit.
Lorsque j’avais 10-12 ans, Oscar, un homme d’un âge très avancé qui habitait au dos de notre maison familiale avait coutume de répéter à ses petits-enfants que « celui qui n’apprend pas du passé est condamné dans l’avenir ». L’histoire du monde est pleine de faits académiques qui donnent raison à ce vieux sage bantu. De tout temps en effet, la volonté de puissance, la recherche de l’espace vital ou simplement l’instinct de survie ont conduit des hommes et femmes à partir à la conquête. L’Afrique porte encore les stigmates de l’esclavage et de la colonisation. Ce crime épouvantable a crée un tel écart de développement économique, industriel et technologique entre le Nord et le Sud que seul un saut quantique proprement africain peut permettre de combler ce fossé. Refuser de comprendre cette leçon du passé c’est rejeter le scanner de nos retards actuels et hypothéquer l’avenir de l’Afrique. A contrario, accepter d’en tirer les enseignements, c’est inscrire la révolte constructive au cœur de notre action, c’est nous obliger au combat, à une guerre autre, sans effusion de sang, faite de patriotisme, d’intelligence, de savoir, de stratégie et de stratagèmes. Le pillage technologique y est une arme primordiale.
« Rien n’est bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l’on en pense», écrivait Shakespeare dans Hamlet. Si l’Afrique pense que son bonheur réside dans son développement intégral, elle doit en lever les obstacles. Les Africains du XXIè siècle n’ont ni le temps, ni les moyens, ni la sottise de réinventer le fil à couper le beurre. Il leur est impératif d’ouvrir l’œil et l’oreille en se rappelant la mission prométhéenne que confia la Reine des Diallobé à Samba Diallo dans l’Aventure ambigüe de Cheikh Hamidou Kane : voler le feu au ciel pour le ramener à la terre. Mais attention ! Il ne s’agit pas de vendre son âme -on n’en a qu’une- mais bien de viser, caresser et in fine « rompre l’os et sucer la substantifique moelle», comme disait Rabelais dans le prologue de Gargantua. Les technologies que nous allons transférer dès demain en Afrique doivent être compatibles à nos besoins locaux. Grâce à une adaptation judicieuse, elles devront aider nos entreprises, nos institutions, nos écoles à devenir autonomes et compétitives. En l’occurrence, l’esprit précède et commande l’action.
Concluons en prenant exemple sur les Chinois: lors des JO de Pékin 2008, l’empire du milieu nous a convaincu par la preuve que lorsque les circonstances l’imposent, c’est dans le camp adverse qu’il faut aller piocher son entraineur, ses méthodes, ses techniques, bref le meilleur de son savoir-faire, y adjoindre le nôtre, la discipline et l’amour de la patrie pour gagner. A l’arrivée: 100 médailles dont 51 en or ! Sur ce point, l’absence d’unités d’élite spécialisées dans le Renseignement sportif de haut niveau en zone Cemac est une lacune sans nom ! Comment comprendre que de talentueux Africains évoluant dans les meilleurs clubs du monde ne soient systématiquement débriefés à la maison, voire encouragés à transférer au pays les bonnes pratiques d’entrainement acquises à l’étranger, dans le cadre d’une stratégie nationale d’intelligence sportive? Se hâter lentement peut être fatal. Allons!
Guy Gweth
* Sans doute parce que la Chine actuelle est essentiellement dirigée par des ingénieurs de formation. Mais est-ce là l’unique raison de leur stratégie volontariste?
** Les 6 pays de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale: Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad.
*** Les 4 dragons d’Asie du Sud-Est: Corée du Sud, Hong-Kong, Taïwan, Singapour.
L’Entreprise africaine et la veille concurentielle
In Intelligence stratégique, Intelligence économique, Veille stratégique on 15 septembre 2008 at 7:08
Une étude menée par Leger Marketing entre le 23 mai et le 2 juin 2008 pour le compte de SAS Canada révèle que 59% des managers québécois sont victimes d’overdose informationnelle. En adaptant qualitativement la même méthodologie de sondage aux six pays de zone Cemac, GwethMarshall C° est arrivé le 11 septembre 2008 à des résultats diamétralement opposés à ceux des collègues canadiens : 6/10 responsables africains occupant un poste de cadre supérieur manquent « d’informations sûres ». Pis, alors qu’au Québec 49 % de decision-makers interrogés affirment que leur “entreprise utilise actuellement un logiciel d’intelligence d’affaires pour analyser ses données“, notre échantillon (de 624 managers ) prélevé au Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad révèle que le taux de pénétration de l’activité de veille stratégique y est inférieur à 2.5%. Autant dire insignifiant!
Je veille donc je suis
La veille est une activité qui consiste à recueillir avec objectif, méthode et rapidité toute information pouvant constituer un renseignement utile à la prise de décision. Elle peut s’opérer par le biais d’interviews de personnes ressources (internes et externes à l’organisation), de l’internet, des banques de données, de la presse écrite et audio-visuelle, de la participation aux salons, des publications scientifiques ou de bilans annuels… Une amie de BMCE dont on taira le nom ici me rapportait récemment, sur le ton de la confidence, que depuis qu’un centre de veille stratégique est testé au sein de la Banque Marocaine du Commerce Extérieur, la direction est plus confiante et le management encore plus fluide. « C’est comme conduire avec une direction assistée », m’a avoué cette source. Il est clair que lorsqu’elle est menée avec des outils de pointe pour atteindre des objectifs précis, la veille permet efficacement de détecter les menaces et opportunités, de prévoir les changements futurs, de dénicher, d’anticiper ou contrecarrer de nouveaux entrants… C’est vraiment de la « direction assistée ».
Veiller ou ne pas être
Le jour où, analysant ses rapports d’étonnement, nous avons appris à Rebecca S., Pd-g d’une société commercialisation de jus de fruits naturels à Malabo, Guinée Equatoriale, que son principal concurrent venait de changer de fournisseur et que la compétition allait désormais se jouer sur les marges , ce manager de 47 ans révisa son plan de développement pour les 18 prochains mois, afin de répondre à la menace . Aujourd’hui, Rebecca reconnaît avec un sourire en coin que si elle n’avait pas été alertée, son “entreprise y serait passée“, ainsi que sa douzaine d’employés qui ont depuis appris à s’étonner et à consigner leurs impressions dans un registre spécial en scrutant leur environnement… C’est encore elle qui m’a révélé le weekend dernier que grâce à la veille (devenue un sport chez ses salariés), toute son équipe se sent plus impliquée, co-responsable et davantage concernée par la sécurité et l’avenir de l’entreprise.
Management sans veille n’est que ruine de l’âme
Lorsqu’en 2003 on a créé l’agence Interconsult Cameroon, j’avais l’orgueil et l’assurance de penser que nous détenions l’une des meilleures équipes de Yaoundé. A l’époque, avec nos trois brillants consultants permanents, une dizaine d’externes et deux assistants dévoués de jour comme de nuit, nous aurions décroché la lune, tant nous étions soudés et motivés. La tête baissée sur nos dossiers, notre principal client était “le centre du monde” . Alors que nous étions sur une courbe exponentielle, l’imprévu s’abattit sur l’agence : la concurrence démarcha deux consultants qui, malgré leur attachement quittèrent le bateau, ce que je dus me résoudre à comprendre. Mais le pire fut de voir notre principal client réduire ses commandes avec le départ d’une partie de l’équipe chez notre concurrent direct. Suffisant et prétentieux, je n’avais rien vu venir.
Pour ne pas conclure, les decision-makers de la zone Cemac déjà aux prises avec la concurrence étrangère et la conjoncture locale devraient méditer cette lumineuse leçon de management stratégique que résuma ainsi Honoré de Balzac in Eugénie Grandet en 1833 déjà ! :«Tout pouvoir humain est un composé de patience et de temps. Les gens puissants veulent et veillent.»
Guy Gweth
