Vendredi 13 novembre 2009, un groupe du Comptoir national des femmes pour l’exportation (Conadex) a participé à une journée de formation à l’intelligence économique à l’American center de Dakar.
Archive de la catégorie «veille»
De l’ère de l’information à celle du renseignement
In Intelligence économique, Management de l'information, Soft Power, veille on 14 novembre 2009 at 7:49Audit d’entreprise, nouveau territoire de l’IE en Afrique
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 8 novembre 2009 at 11:30AfriCommodities et GwethMarshall Consulting lancent 4 messages d’alertes aux décideurs africains sur les nouveaux territoires de l’intelligence économique (IE).
8 clés pour éviter les Malwares sur Facebook et Twitter
In Espionnage, Guerre de l'information, Management de l'information, Réseaux sociaux, Sécurité, veille on 3 novembre 2009 at 11:00Avec l’essor de Twitter et Facebook, les réseaux sociaux sont devenus un des terrains de chasse préférés des hackers. Pour vous éviter d’en être victime, Sarah Perez a développé huit best practices…
90% des gisements de matières premières en Afrique restent à développer
In Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence économique, Sécurité, veille on 25 octobre 2009 at 11:25Nouveau partenaire stratégique de GwethMarshall Consulting, le bureau d’ingénieur-conseil AfriCommodities vient de dévoiler sa banque de données d’intelligence économique consacrée au marché des matières premières. On apprend ainsi que sur les 10 millions de gisements de matières premières offshore et onshore inventoriés en Afrique, 10% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y sont développés, 9′900′000 titres, soit 90% des gisements prouvés par la télédétection satellitale y restent à développer et que des millions de gisements offshore et onshore probables et possibles ne sont pas encore développés.
L’observatoire Satellital des matières premières d’Afrique est une des principales innovations d’AfriCommodities qui intègre toutes les technologies de son partenaire Google, notamment Google Earth, Google Maps et Google Street View. Cette interface permettra par exemple d’offrir à tout utilisateur de cette banque de données une visite virtuelle des principaux gisements des matières premières d’Alger à Johannesburg.
Actuellement, grâce à la convention qui lie Google et la NASA, l’interface de Google Street View permet d’observer en back office toutes les entités nommées de l’Afrique. En front office les différentes entités nommées pourront être ouvertes au grand public via cette plate forme satellitale en temps quasi réel ultérieurement. Exemples: marchés boursiers, gisements des matières premières, banque, compagnies minières, commerces, administrations publiques, ports, aéroports, frontières, circulation, etc. Cette fonctionnalité touchant à la sécurité des États, des négociations sont en cours avec les missions diplomatiques à Genève, Berne, Paris et Bruxelles pour éviter tout conflit d’intérêts.
La banque de données d’AfriCommodities comprend des données structurées sur 53 États d’Afrique, 12 types de gisements de matières premières, 10′000 types de matières premières classés par odre alphabétique, 10 millions de gisements offshore et onshore inventoriés par télédétection satellitale, 10 millions de kits bancables validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, 10 millions de kits de Business plan validés in situ sur chaque gisement géo-localisé, des millions de scènes d’images à très haute résolution du Satellite Landsat TM et ETM+ ortho rectifiées et non ortho rectifiées recouvrant comme un puzzle les 30′310′000 km² de superficie des 53 États d’Afrique… etc. Durant un an, le prototype de cette banque de données (draft) va subir des modifications aussi bien au niveau de sa charte graphique que de ses principales rubriques pour atteindre son niveau d’efficience optimale.
En back office, une communauté de compétences africaines (du continent et de sa Diaspora) travaille en réseau avec l’observatoire satellital des matières premières d’Afrique du faits des enjeux stratégiques du projet. Il faut bien comprendre que « la valeur financière des gisements africains de matières premières, connus à ce jour, s’élève à 46 200 milliards de dollars. Il suffirait de valoriser 12 % de cette immense richesse pour financer, sur l’ensemble du continent, des infrastructures (transports, énergies, télécommunications, santé, éducation) du même niveau que celles de l’Europe. »*
David Beylard* & Guy Gweth
Business infos: les réseaux sociaux africains à la traine
In Brève, Débat, Intelligence compétitive, Management de l'information, Stratégie, veille on 18 octobre 2009 at 9:07De toutes les communautés, les Africains sont ceux qui s’appellent le plus spontanément « mon frère », « ma sœur », ou « chéri »… Où qu’ils soient, quoi qu’ils fassent, qu’ils se connaissent ou pas, ils se reconnaissent. Ils n’ont quasiment pas besoin de formaliser un réseau. Ils se regroupent naturellement. La plupart de ces regroupements ne sont hélas pas encore rentables en termes de renseignement et de business pour l’ensemble des participants. Pourquoi?
A la fin d’une enquête réalisée entre septembre 2008 et septembre 2009 sur un échantillon de sept groupes comptant entre 15 et 150 membres (évoluant peu ou prou dans le même secteur d’activités), j’ai constaté que chaque fois qu’un réseau est constitué d’individus originaires d’Afrique, environ 10% sont inactifs. 10% partagent des informations générales déjà publiées dans un journal, un site internet ou une rumeur. 20% partagent spontanément des renseignements précis. 60% sont en attente de gestes et d’informations dont ils ont besoin pour leurs affaires. Parmi ces derniers, seul 1/3 renvoie l’ascenseur dans les 6 mois suivants.
Pas besoin d’être un super analyste et encore moins un spécialiste de la question du don et du contre don pour en déduire que ces réseaux sont en majorité constitués d’individus par trop tournés vers leur seuls intérêts. La principale conséquence qui en découle est que les « frères et sœurs » qui reçoivent sans donner sont démasqués et blacklistés au bout de 6 à 12 mois d’appartenance au réseau. Pour ceux qui comprennent en revanche que tendre systématiquement la main ou se laisser inviter (sans réelle contrepartie) sont le meilleur moyen de perdre en intérêt et influence, le win-win reste un incroyable accélérateur de business et de réussite.
Pour aller aux sources du malaise, lire :
Gaston Paul Effa, « Nous, enfants de la tradition », éditions Anne Carrière, 2008
Guy Gweth
Pétrole : la Chine vise 6 milliards de barils au Nigeria
In Coopération internationale, Diplomatie économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence territoriale, Stratégie, veille on 1 octobre 2009 at 9:28La Chine voudrait conclure l’un de ses plus gros contrats d’énergie à l’étranger dans les prochains jours. Pékin est prêt à débourser entre 30 et 50 milliards de dollars au Nigéria pour y exploiter d’importants champs pétroliers.
La Chine qui cherche à sécuriser ses approvisionnements en hydrocarbure espère mettre la main sur une partie du pétrole du Nigéria, selon le Financial Times. Les gisements en négociation représentent un sixième des réserves du Nigéria soit 6 milliards de barils. L’offre chinoise est estimée entre 30 et 50 milliards de dollars.
LA CNOOC, l’une des trois majors chinoises de l’énergie, est en négociation avec le Nigéria au même titre que Shell, Chevron, Total et ExxonMobil pour exploiter 16 gisements dont les licences détenues par les sociétés pétrolières occidentales arrivent à la fin de leurs échéances.
Le ministre nigérian du Pétrole Rilwan Lukman a confirmé mercredi que des discussions étaient en cours avec la Chine sur un possible contrat pétrolier, mais qu’aucune décision n’a été prise. “Les Chinois ne sont pas les seuls à chercher à avoir accès au pétrole et au gaz du Nigéria… Nous sommes en discussion continue avec divers groupes et intervenants“, a-t-il précisé.
Rappel : avec ses 2.356.000 barils par jour, le Nigéria représente 2,9% du pétrole mondial. Le pays a vu sa production entravée par le conflit politique qui l’oppose au groupe séparatiste Mend dans le delta du Niger. Le Nigéria a rejoint l’OPEP en 1971.
TV, AFP & GG
La Guinée ou l’art d’effrayer les investisseurs
In Gestion de crise, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 25 septembre 2009 at 1:50Alors que les pays riches rivalisent d’adresse pour attirer le plus d’investisseurs, de touristes et de travailleurs qualifiés possible ; alors les pays émergents se battent pour séduire les entreprises qui délocalisent, de nombreux pays au sud du Sahara jouent à faire peur aux opérateurs étrangers. C’est le cas de la Guinée Conakry, un peuple de travailleurs infatigables, une terre de tradition hospitalière pourtant affublée de la note « D »[1] dans la catégorie « environnement des affaires » du Département Etudes Economiques et Risques Pays de COFACE, au même titre que le Zimbabwé ou l’Afghanistan. L’insécurité.
Des exemples
Le 16 septembre dernier à Conakry, des militaires guinéens se présentent au siège de Total Guinée dans le but d’enlever son directeur général. Le DG, Philippe Chauvin, échappe aux agresseurs grâce à l’intervention de ses employés et de quelques passants. Un mois plus tôt, c’est l’ambassadeur de Ghana qui avait été enlevé, brutalisé et dépouillé par des hommes armés…
Des causes
Depuis la prise du pouvoir par les militaires au lendemain du décès de Lansana Conté le 23 décembre 2008, les diplomates et hommes d’affaires asiatiques, européens et africains sont régulièrement la cible de bandes armées qui se croient au dessus des lois. D’ici à 2012, le marché de la security business va flamber dans ce pays comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire.
Des réalités
Malgré ses ressources naturelles, la Guinée Conakry est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Elle est 173ème dans le classement Doing Business 2010[2] avec 179 créations d’entreprises/an pour 111 fermetures et un indice de protection des investisseurs de 172. Il faut 41 jours et 13 procédures pour créer une société à responsabilité limitée (SARL) dans ce pays[3].
Une solution
Pour investir et/ou vous maintenir en Guinée en toute sécurité, demandez conseil à vos experts.
[1] « D » équivaut à la moins bonne note du classement
[2] Doing Business, Rapport 2010, Banque Mondiale (BM) & International Finance Corporation (IFC)
[3] Pour créer une SARL en Afrique subsaharienne, il faut en moyenne 41 jours et 9 procédures.
Réputation: le Nigeria obtient les excuses de Sony
In Communication d'influence, Gestion de crise, Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Perception Management, Soft Power, veille on 22 septembre 2009 at 7:18Le fabricant de la PS3 a mis en ligne, et diffusé aux Etats-Unis, un spot humoristique dans lequel une blague semblait assimiler les nigérians à des arnaqueurs.
La société Sony a dû présenter ses excuses après la diffusion d’une publicité pour sa console Playstation 3, jugée offensante par le gouvernement du Nigeria, rapporte lundi 21 septembre le site internet du quotidien britannique The Telegraph.
Dans ce spot humoristique, diffusé sur internet et à la télévision américaine, un consommateur, Bernie, interpelle le fabriquant de la PS3 : “Chère Playstation, j’ai eu un tuyau selon lequel vous faites la PS3 à 299$. Vous confirmez ou vous démentez ?”.
Dans la séquence suivante, un responsable de Sony, présenté comme “directeur de la confirmation des rumeurs”, répond : “Bernie, il ne faut pas croire tout ce que vous lisez sur internet. Si c’était le cas, aujourd’hui je serais un millionnaire nigérian.”
Un classique de l’arnaque
Cette blague fait référence à un grand classique de l’arnaque sur internet : les “Nigerian Scams” ou “419 scams”. Le principe est d’envoyer à plusieurs personnes un mail dans lequel l’arnaqueur se présente un proche, et seul héritier, d’un banquier, homme politique ou homme d’affaires défunt.
Pour pouvoir toucher l’argent de l’héritage, bloqué souvent pour des raisons politiques, l’arnaqueur demande à son correspondant de lui fournir ses coordonnées bancaires afin de le récupérer à sa place. La victime se voit promettre une large commission sur la somme. Bien entendu, ceux qui se laissent prendre au piège voient leur compte vidé dans les plus brefs délais. Ces mails proviennent de nombreux pays connaissant une instabilité politique. Mais ce serait au Nigéria que cette arnaque aurait pour la première fois vue le jour.
Le gouvernement nigérian a en tous cas très mal pris la blague de Sony et a réagi dans un communiqué dans lequel il “demande des excuses inconditionnelles de la société Sony pour cette campagne négative délibérée contre l’image et la réputation du pays. Le gouvernement voit ceci comme une tentative de la société Sony d’affaiblir les intérêts économiques du Nigéria dans le monde”.
Le fabricant de la PS3 s’est immédiatement exécuté dans un communiqué dans lequel il s’excuse “auprès de tous ceux qui se sont sentis offensés” et en annonce le retrait du spot. Celui-ci sera remplacé par un autre, dans lequel le responsable de Sony répond : “Il ne faut pas croire tout ce que vous lisez sur internet. C’est comme ça qu’a commencé la Première Guerre Mondiale”.
Jérôme Hourdeaux – Nouvelobs.com
Protégé : Les limites de la protection rapprochée sur internet
In Contre-Intelligence stratégique, Gestion de crise, Guerre de l'information, Management de l'information, Risk Management, Sécurité, veille on 18 septembre 2009 at 9:28Le groupe Ben Laden à l’assaut du marché ouest-africain
In Diplomatie économique, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Leadership, Stratégie, veille on 28 juillet 2009 at 12:18Après une timide offensive ces dernières années en Afrique subsaharienne, le géant saoudien, Saudi Ben Laden Group, se lance à la conquête de l’Afrique francophone conformément à la nouvelle politique d’investissement en direction du marché ouest-africain convenue par ses administrateurs au courant de la première quinzaine du mois de juillet 2009.
Passer à la vitesse supérieure
Cette option stratégique des décideurs de la multinationale saoudienne intervient au lendemain d’opérations de prospection fructueuses effectuées en Afrique occidentale, respectivement au Sénégal, au Mali et en Guinée, entre mai et juin. Le groupe Saudi Ben Laden, qui a décidé de promouvoir son image en Afrique subsaharienne face à la montée en puissance des firmes asiatiques – via son programme d’investissements 2010-2014 – entend passer à la vitesse supérieure. Dans le domaine des hydrocarbures, Saudi Ben Laden arrive sur le marché sénégalais. Compte tenu de sa position stratégique, la multinationale saoudienne a fortement manifesté son intention d’acquérir 34% du capital de la SAR (Société Africaine de Raffinage) aux côtés de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de la société à hauteur de 65,4%) et de la firme pétrolière française, Total, présente dans le capital avec 34,6%. Lourdement handicapée ces dernières années par les fluctuations du marché pétrolier mondial et les manquements de la politique énergétique du pays, la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui tournait quasiment à perte, serait en passe de sortir la tête de l’eau. Saudi Ben Laden a décidé de mobiliser un investissement de près de 250 milliards de FCFA à court terme pour redresser l’entreprise ainsi « sauvée » de justesse d’un dépôt de bilan (…)
Total reste prudent
Total adhère avec beaucoup de réserve au schéma d’engagement de capitalisation envisagé par Saudi Ben Laden qui passerait de 34% à 51% du capital dans les années à venir. Même si le pétrolier français est resté à la table des négociations avec le géant saoudien, l’heure est à la prudence côté français. A en croire une source proche du dossier, « Total pourrait ne conserver que 20% des parts contre 34% à l’heure actuelle, après la prise d’actions de Saudi Ben Laden à hauteur de 51% qui deviendrait l’actionnaire majoritaire ». Le reste du dispositif actionnarial sera partagé entre l’Etat et le personnel, selon cette source. Le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr a décliné les ambitions du groupe saoudien qui a inscrit dans le cahier de charges le liant à la SAR la création d’une raffinerie d’exploitation complète et qui alimentera en produits pétroliers les pays de la sous-région africaine. Dotée d’une capacité de stockage de 1,2 million/t, largement en dessous de la demande en énergie qui serait de l’ordre de 1,8 million, la SAR compte, via son nouveau partenaire stratégique, redonner un second souffle à la filière hydrocarbures. Saudi Ben Laden group devrait libérer une première tranche des fonds, estimée à près de 120 milliards de FCFA d’ici à fin septembre 2009.
Le Mali dans les rangs
Le consortium saoudien, qui poursuit son offensive sur le marché ouest-africain, est également annoncé au Mali pour un important projet d’investissements dans le secteur immobilier. Saudi Ben Laden figurerait sur la short-list des entreprises internationales ciblées par le gouvernement malien qui a lancé il y a deux mois un programme de 4850 logements à réaliser avant fin 2010. Des officiels saoudiens du groupe Saudi Ben Laden ont pris langue avec l’Office malien de l’habitat pour réaliser ces travaux sous forme de joint-venture public-privé. Déjà, on apprend que l’Etat malien a soumis aux partenaires financiers internationaux ce projet immobilier en juin dernier et que la Banque Islamique de Développement (BID) est pressentie comme chef de file des bailleurs pour son financement. Saudi Ben Laden, serait prêt à apporter une enveloppe de 60 milliards de FCFA en partenariat avec le secteur public malien.
Ismael Aidara
Anticiper grâce au Management Profiling
In Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Perception Management, Stratégie, veille on 20 avril 2009 at 6:29Le magasine Competitive intelligence dans son volume 12, n°2 de mars-avril 2009 donne à lire un excellent article de Dale Fehringer sur le management profiling (MP). Bien que peu utilisé, le MP est un remarquable outil d’anticipation (des actions et stratégies concurrentes) aux mains des acteurs de l’intelligence économique et stratégique.
Avec l’humour qu’on lui connaît, Fehringer (ancien CI manager chez Visa International) rappelle qu’il est arrivé à l’intelligence compétitive le jour où son patron lui a demandé d’éviter qu’à l’avenir, son entreprise ne soit surprise par les activités des groupes concurrents. Devant l’ampleur de la tâche à lui confiée, Dale comprit très vite que dans son cycle de renseignement, les outils qui servaient habituellement à l’analyse ne suffisaient pas à prédire les décisions des concurrents. Il fallait les compléter. Fehringer pensa au management profiling.
D’après la Competitive Intelligence Foundation, seuls 13,8% de professionnels de l’IE utiliseraient le MP. Dale Fehringer explique cette situation par la difficulté des analystes à convaincre le Top-Management du bien fondé de cet outil. Pour avoir été confronté il y a quelques mois à un dirigeant de multinationale pour qui « ni le MBTI ni la PNL ni les deux mis ensemble ne fonctionnent avec les décideurs africains », j’avoue que la tâche n’est pas aisée d’autant que, mis à part les jugements de valeurs, les résultats du MP peuvent parfois se révéler approximatifs.
Pourtant, comme le montre Dale Fehringer dans son article, le management profiling combine deux facteurs clés : la biographie réelle et la psychologie de la cible. Les données ainsi récoltées doivent ensuite être décryptées à l’aide d’outils tels que le MBTI, le FIRO-B, etc… Mais ce travail suffit-il pour autant à prédire comment va agir l’entreprise concurrente ? Pas sûr. Car « les entreprises ne prennent pas de décisions stratégiques. Les individus, si. » écrivaient Fleisher et Bensoussan en 2003. L’enjeu est donc de pénétrer la personnalité des décideurs d’en face.
Il me souvient que pour convaincre le dirigeant de multinationale que j’évoquais plus haut, on s’était arrêté à la simple analyse de son prénom, avant d’aller plus loin. – « Les Vincent aiment tirer les ficelles, voire manipuler. Exigeants, autoritaires et directifs, ils sont susceptible d’avoir, sous des dehors calmes, des accès de colère lorsque l’on s’oppose à leurs désirs… Orgueilleux, ils donnent l’impression d’être sûrs d’eux-même. Sensibles à leur image de marque, ils n’acceptent pas l’échec et font l’impossible pour se surpasser : n’êtes-vous pas le meilleur ? »
En analysant Les armes secrètes de la CIA (Gordon Thomas, 2006) j’ai eu confirmation qu’il y a une dizaine d’années à peine, les agences fédérales américaines (la CIA en particulier) continuaient d’employer des équipes mixtes de psychiatres, de psychanalystes, d’astrologues, de graphologues et même de voyants dans le cadre de missions de profiling et d’anticipation. J’ignore si cette pratique a perduré jusqu’à ce jour, mais le moins que l’on puisse dire c’est que les traces de cette application sont toujours visibles dans les productions hollywoodiennes.
Tout bien considéré, la vraie question est celle de la rigueur méthodologique. Lorsqu’il est adossé au cycle de renseignement classique (besoin, collecte, analyse, reporting, validation & feedback), le management profiling peut occuper une place de choix dans la boîte à outils du professionnel de l’intelligence économique et stratégique. Dale Fehringer et Melanie Wing en parleront plus longuement au cours d’une session intitulée “Using management profiling to predict competitor strategies” lors du Scip09 international Conference and Exibition à Chicago, Etats-Unis.
Guy Gweth
Dans le même ordre d’idées, lire: Guerre économique: la bataille pour le contrôle mental
Entreprise en crise ? Une aubaine pour la concurrence
In Espionnage économique, Gestion de crise, Intelligence économique, Sécurité, veille on 19 avril 2009 at 12:46
Au sein de la communauté des professionnels de la competitive intelligence, les plus anciens racontent parfois combien il peut être difficile d’exercer ce métier toute sa vie. Car il exige une attention et une tension extrêmes ainsi qu’un excellent quotient de paranoïa. Dans les entreprises sensibles qui connaissent la crise et surtout les plans sociaux, les professionnels de l’intelligence économique (IE) sont véritablement sur le pied de guerre.
En temps normal, il n’est déjà pas aisé de sensibiliser les titulaires de postes sensibles aux gestes de sécurité (référence aux moyens de communication, aux rencontres fortuites, aux publications dans des revues spécialisées, aux interviews, à la participation aux salons…) A fortiori en temps de crise. Comment convaincre un salarié qui va quitter le navire contre son plein gré qu’il peut être “tamponné” en vue de fragiliser le patrimoine informationnel de sa future ex-entreprise ? Cela appelle des compétences spécifiques.
La crise, le chômage partiel, les plans sociaux ou les fermetures d’usines et les mouvements sociaux qui s’en suivent deviennent dès lors une véritable aubaine pour des concurrents en quête de renseignements industriels ou technologiques. D’autant que lorsqu’un salarié est invité à quitter la compagnie, il se sent généralement « trahi », a parfois envie d’en découdre et/ou de trouver une oreille attentive (cible idéale pour l’élicitation). Or « c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis »…
Comment détecter une intrusion? Not easy, puisque le profil type est celui d’une personne attentionnée, bienveillante et désireuse de recueillir les confidences, de comprendre et, éventuellement, de proposer son “aide”. Elle se mêlera aux déçus de l’entreprise, soit comme collègue (taupe?), soit comme « journaliste », soit comme « syndicaliste », soit comme « membre d’une association », soit comme « ami d’un ami » ou voisin de tabouret dans le bistrot qui jouxte l’entreprise…
Il se peut alors que le professionnel du renseignement humain (Humint) en mission chez le concurrent en crise décide de traiter durablement sa cible jusqu’à l’embaucher. Il se peut aussi a contrario qu’il lui fausse compagnie en lui laissant une carte de visite (ou professionnelle) trafiquée après avoir ponctionné les renseignements visés par son donneur d’ordre. Dans la plupart des cas, la cible a la vague sensation d’avoir été réconfortée ou vidée par « un type sorti de nulle part… » Un professionnel.
En tout état de cause, la crise reste une formidable opportunité pour les prédateurs d’informations à haute valeur ajoutée et une aubaine pour les acteurs de l’IE, qu’ils soient employés dans une entreprise en crise, chez le concurrent de cette dernière ou en libéral.
Guy Gweth
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Pratique de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine
Une taupe dans votre dispositif d’intelligence économique? C’est possible!
L’IE* au secours de la microfinance camerounaise
In Intelligence stratégique, Intelligence économique, Risk Management, Stratégie, Sécurité, veille on 16 avril 2009 at 8:30Dans une interview publiée le 12 avril 2009 dans Les Afriques, Jacques Attali (président de PlaNet Finance) prévoit 30% de croissance par an pour la microfinance en Afrique dans les prochaines années. « L’Afrique représente 10% des encours de la microfinance mondiale, avec 10 millions de bénéficiaires» sur lesquels il importe de veiller de manière spécifique.
Au Cameroun, le programme intégré d’appui aux acteurs du secteur informel (Piaasi) a bénéficié depuis 2005 de près de 4,5 milliards de fcfa issus des fonds PPTE (Pays pauvres très endettés) et octroyé 5000 microcrédits, générant un total de 20.542 emplois (dont 5542 emplois directs et 15000 emplois indirects). Les pouvoirs publics confrontés à d’énormes difficultés de recouvrement doivent désormais faire appel à l’expertise des acteurs de l’intelligence économique au Cameroun et dans la zone Cemac.
Le 15 janvier 2009, le ministère camerounais de l’emploi et de la formation professionnelle faisait savoir que « sur un montant de 1.760 millions fcfa de crédits accordés en 2006 et 2007 aux acteurs du secteur informel, seulement quelques 200 millions ont été recouvrés. » Le 14 avril 2009, Claude Meloné Loé, le coordonnateur du Piaasi, a dû avouer que les autorités sont confrontées à « des bénéficiaires des microcrédits qui se délocalisent, se font tuer en fabriquant des actes de décès, ou alors changent d’activités. »
L’une des principales caractéristiques de la microfinance étant l’éthique, la décision du gouvernement camerounais d’inscrire comme priorité le recouvrement des fonds prêtés tombe parfaitement dans le champ d’investigation de l’intelligence économique et exige un process de renseignement parfaitement adapté au sujet, à la cible et au contexte locaux.
Guy Gweth
*IE: Intelligence économique
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Intelligence économique au Cameroun: on sensibilise
Les entreprises africaines invitées au bal de l’IE*
In Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Management de l'information, veille on 11 mars 2009 at 9:32Le ministre nigérien du Commerce, Halidou Badjé, a invité ce mercredi, les entreprises africaines à maîtriser et protéger les informations stratégiques liées à leurs domaines d’activité.
La maîtrise et la protection de l’information stratégique est un facteur important pour tout acteur économique dans son élan d’accroissement et de développement, a dit M. Badjé en marge de l’ouverture d’un colloque international de trois jours sur « la compétitivité des entreprises et l’intelligence économique ».
Premier colloque du genre à être organisé au Niger, cette rencontre qui réunit des experts africains et européens, permettra d’élaborer des modèles d’actions au profit des entités étatiques et des entreprises, indique-t-on.
« Ce colloque intervient au moment où le Niger engage un programme de restructuration et de mise à niveau de ses entreprises (…) face au contexte de mondialisation et des APE », a souligné le ministre du commerce.
Le débat, a estimé M. Badjé, devra dépasser le cadre de ce colloque pour charrier toutes les composantes de l’activité économique notamment les universités et les Instituts de formation afin de permettre aux jeunes diplômés d’avoir des informations précises sur l’intelligence économique.
Selon lui, une étude menée récemment sur 147 entreprises de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a montré que celles ayant une sensibilité à l’intelligence économique connaissent une plus grande compétitivité.
Face à la concurrence acharnée sur le marché dans un contexte de globalisation, la compétitivité et le recours à une sécurité économique se révèlent comme une « préoccupation essentielle » pour tous les acteurs, selon Alain Pierre, l’administrateur général du groupe nigérien Fortinium, initiateur de ce colloque.
M. Alain Pierre a affirmé que l’intelligence économique gagne aujourd’hui en audience et connaît un développement certain, car sa pratique a servi le développement des économies du Nord et continue d’alimenter le secteur de l’innovation industrielle en Asie, en Europe et en Amérique.
Cependant, a-t-il regretté, cette discipline est peu connue en Afrique où le concept de l’intelligence économique reste « abstrait et ambigu » dans l’esprit du citoyen africain.
La rencontre de Niamey va déboucher sur un plan d’action stratégique pour l’instauration de l’intelligence économique dans les organisations et entreprises africaines, a expliqué Alain Pierre.
Il s’agit également de tendre vers la mise en route d’une dynamique de compétitive des entreprises africaines, a-t-il ajouté.
Fortinium group, porteur de ce projet, est né de la volonté de jeunes africains qui cumulent un historique professionnel dans divers domaines liés à la finance, la gestion, les technologies.
Source: DS/od/aft/APA
*IE: Intelligence économique
Maroc: l’Oriental à l’heure de l’IE régionale
In Diplomatie économique, Géoéconomie, Intelligence compétitive, Intelligence stratégique, Intelligence territoriale, Intelligence économique, veille on 24 janvier 2009 at 6:54L’Agence de l’Oriental et la Wilaya organisent les premières journées scientifiques « Oriental.ma » sur le thème de l’intelligence économique régionale du 26 au 27 janvier 2009.
En proposant une réflexion sur ce thème, l’Agence de l’Oriental et la Wilaya, en collaboration avec les partenaires institutionnels nationaux et régionaux (Conseil Régional, Fédération Nationale des Chambres de Commerce, d’Industrie et des Services, Université, Centre Régional d’Investissement (CRI), etc.) et de la société civile comme l’Association Marocaine d’Intelligence Economique (AMIE), posent les jalons d’une démarche d’intelligence économique régionale pour l’Oriental.
En effet, plus aucun décideur, plus aucune organisation ne peut faire aujourd’hui l’économie de l’innovation, devenue une urgence. Il s’agit d’innovation ouverte et créative s’attaquant à tous les enjeux de notre vie sociale, économique et culturelle. La démarche s’impose plus encore dans le domaine du développement régional. Définir une stratégie de développement en connaissance de cause, qui tienne compte des ressources locales, et ambitieuse à la fois, la partager, la mettre en œuvre, nécessite la mise en place d’un système d’intelligence des situations économiques et sociales.
Il s’agit aussi d’identifier, de promouvoir et de défendre les enjeux clés de la Région, à partir de systèmes de veille et d’analyse. Il convient également d’anticiper les grandes évolutions et de comprendre par exemple les forces et les faiblesses des régions similaires, innovantes ailleurs dans le monde pour mieux coopérer. Cette nouvelle approche du développement des territoires fondée sur la maîtrise des méthodes de l’intelligence économique se développe en effet dans des pays comme la France, le Royaume Uni, mais aussi dans les pays émergents comme la Chine et l’Indonésie, dont les cas seront présentés lors de ces rencontres.
Une première étape a été franchie en croisant une diversité de regards et d’expertises marocains et français dans le cadre de la revue « Oriental.ma ». Elle prend en compte les expériences déjà organisées au Maroc en la matière, notamment la récente convention sur l’intelligence économique signée entre la Fédération des Chambres de Commerce, d’Industrie et des Services et l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie, en partenariat avec l’Association Marocaine d’Intelligence Economique et l’Association Internationale Francophone d’Intelligence Economique.
Pour aller plus loin et organiser des projets concrets sur la base de cette fertilisation croisée, l’Agence de l’Oriental et la Wilaya de la Région de l’Oriental, partenaires, invitent les auteurs de la dernière livraison de la revue, praticiens et experts, hommes d’entreprise ou de prospective à débattre avec les acteurs de la Région, à l’occasion des Premières Journées Scientifiques « Oriental.ma », sous le thème de l’intelligence économique régionale.
Ces rencontres s’organisent autour de quatre moments forts : échanges de pratiques à l’échelle internationale, pratiques nationales au Maroc, intelligence économique régionale dans l’Oriental, et enfin, dynamique de régionalisation et projets concrets d’intelligence économique à réaliser.
Le programme de Jumelage Institutionnel financé par la Commission Européenne et dont le séminaire de lancement s’est tenu le 16 janvier dernier, au siège de la Wilaya d’Oujda, concernant respectivement le jumelage de l’Agence de l’Oriental et l’Agence Andalouse de Coopération Internationale (Junta de Andalucia ; Espagne) et celui de la Wilaya et la Région de Galice (Espagne), contient parmi les activités à réaliser d’ici 2010 celles relatives à la mise en place de dispositifs d’intelligence économique et territoriale en faveur de l’Oriental.
Sources : 1. OujdaCity – 2. Yawatani
In Questions internationales : renseignement et services secrets
In Diplomatie économique, Guerre économique, Géostratégie, Géoéconomie, Intelligence stratégique, Intelligence économique, veille on 24 janvier 2009 at 12:14Qui sont « les espions » du XXIe siècle et comment agissent-ils ? Outre les interviews exclusives du directeur de la DGSE, Erard Corbin de Mangoux, et du directeur de la DCRI (ex Renseignements généraux et DST), Bernard Squarcini, ce numéro de « Questions internationales » décrypte les évolutions récentes et le rôle des services de renseignement et de sécurité dans le monde.
Alors qu’une partie croissante de leurs activités, de leurs missions, voire de leurs structures, est désormais ouverte à l’analyse et aux comparaisons, ce dossier présente ce qu’il est désormais convenu d’appeler « les moyens de la connaissance et de l’anticipation ».
Les services de renseignement et de sécurité, mal connus autant méconnus qu’inconnus, ont beaucoup évolué. Placés au cœur du processus de décision politique et de l’action diplomatique, ils se sont professionnalisés pour s’adapter aux nouvelles exigences et contraintes des relations internationales.
À mesure même que leurs missions concernent de plus en plus la société civile – avec l’intelligence économique, la lutte contre le terrorisme international ou la protection des technologies avancées par exemple – ils ont besoin d’être mieux connus et compris, mieux immergés dans les milieux qu’ils défendent à leur manière.
Du même coup, ils ont aussi besoin d’être mieux contrôlés, comme de bénéficier de l’association et de la solidarité d’un plus grand nombre d’autorités publiques. Exigence d’autant plus forte que le régime qui les emploie est démocratique et que l’esprit de leur mission est toujours la sauvegarde d’une société démocratique. Les différents articles de ce dossier tentent d’illustrer cette rationalisation progressive, avec ses limites, ses questions, ses progrès en cours.
Dans ce numéro de Questions internationales, les deux patrons du renseignement français, le directeur général de la DGSE et le directeur central de la DCRI, s’expriment pour la première fois ensemble dans une revue. Traditionnellement les directeurs de l’espionnage français (DGSE) – surtout ce dernier – et celui du contre-espionnage (DST, devenue DCRI depuis le 1er juillet 2008) s’expriment publiquement très rarement.
M. Corbin de Mangoux, qui dirige depuis début octobre 2008 les 4.500 agents de la DGSE, estime que ces deux interviews illustrent “le travail important de rapprochement opéré depuis quelques années entre ces deux services”. La DGSE, qui propose officiellement depuis quelques semaines sur le site du ministère de la Défense des stages de fins d’études aux scientifiques, “veut ainsi leur donner l’occasion de participer à la réalisation de projets de haute technologie et innovants et très motivants”, dit par ailleurs M. Corbin de Mangoux.
De son côté, M. Squarcini, à la tête de la DCRI (4.000 fonctionnaires) depuis le mois de juillet 2008, assure que le “temps du silence et de l’opacité lui paraît révolu”. Il ajoute que “nos citoyens ont droit à une information objective sur l’activité de leurs services de renseignement”.
Renseignement et services secrets
Collection Questions internationales n° 35
La Documentation française
128 pages, 9,80 euros
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Chine-UE: Pékin fait vaciller les 27
In Guerre de l'information, Intelligence stratégique, Leadership, Perception Management, Soft Power, Stratégie, veille on 27 novembre 2008 at 8:59Ce devrait être un théorème pour les stratèges français de la coopération sino-européenne: faire perdre la face aux officiels chinois est un affront impardonnable au pays de Mao. Lorsque cela vient à se produire, la contre-offensive de Pékin remplit souvent trois critères: elle est spectaculaire, mémorable et lourde de conséquences. C’est en pleine crise financière internationale que le géant asiatique a choisi d’humilier la présidence française de l’union européenne.
Souvenez-vous, après le passage tumultueux de la flamme olympique à Paris en avril 2008, nous vous prévenions ici que les dignitaires chinois avaient de la mémoire et qu’ils n’hésiteraient pas, au moment opportun, à riposter à l’affront que les activistes droitdelhommistes français et quelques politiques pro-tibétains venaient ainsi d’infliger au peuple chinois devant les caméras du monde entier. A l’époque, la real économique avait malgré tout contraint le président français à faire le voyage de Pékin pour l’ouverture des JO et à surseoire à rencontrer le guide spirituel tibétain.
Que Nicolas Sarkozy décide après coup d’un rendez-vous avec le Dalaï-Lama pour le 6 décembre 2008 en Pologne était certes l’affront de trop, mais en réalité un excellent prétexte pour Pékin. Le report sine die du sommet Chine-Union européenne du 1er décembre 2008 auquel devait assister le premier ministre chinois, Wen Jiabao, arrive en effet après de nombreuses mises en garde adressées par les dirigeants chinois aux autorités françaises. Dans la foulée, Airbus a dû annoncer le report de la finalisation d’une commande de 150 appareils passée par la Chine en novembre 2007. Les rencontres entre businessmen européens et chinois en marge du sommet ont toutes été annulées. A l’heure qu’il est, les opérateurs français dans l’empire du milieu redoutent un durcissement de l’environnement de leurs affaires.
Il n’est pas complexe de profiler les dirigeants politiques français. Les analystes chinois n’ont d’ailleurs pas tardé à comprendre que “le président Sarkozy est très sensible aux pressions… ” Conséquence: lorsque le nouvel exécutif français effectue son premier voyage officiel en Chine en novembre 2007 avec 20 milliards d’euros de contrat à la clé, les stratèges chinois retiennent l’absence de Yama Yade, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères chargée des droits de l’homme, comme le résultat de leurs pressions sur Paris. En reportant unilatéralement le sommet de Lyon, Pékin a voulu envoyer un signal symbolique fort, profond et durable au vieux continent et à la France en particulier.
L’Europe qui oublie parfois qu’elle n’est ni les Etats-Unis d’Amérique ni réellement unie expérimente donc le courroux spectaculaire d’un acteur devenu incontournable dans le concert des nations à l’heure où la crise financière internationale préoccupe les grandes chancelleries. L’aile dure du régime communiste ne pouvait manquer pareille opportunité pour punir Paris et les 27; un acte historique malgré la relative discrétion des grands médias européens dans le traitement de cette information.
Guy Gweth
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Shoot China ! Le jîhad médiatique occidental s’intensifie
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Contre-intelligence: l’expertise d’une PME africaine
In Benchmarking, Guerre de l'information, Intelligence compétitive, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 18 novembre 2008 at 6:29C’est l’une des curiosités de la société de l’information: les esprits les plus brillants sont parfois les moins connus. Ce constat est d’autant plus valable chez les professionnels de l’intelligence économique que les meilleures recettes sont aussi les mieux protégées. Aujourd’hui, je vous convie à la découverte d’une PME africaine dont les pratiques de contre-intelligence économique peu académiques, à peine coûteuses, fort discrètes et très efficaces forcent le respect de concurrents dotés d’énormes budgets de surveillance.
La contre-intelligence économique est un ensemble d’outils, de méthodes et d’activités de défense dont le but est de neutraliser ou détourner de manière légale toute opération d’espionnage ou d’intelligence économique concurrente ou hostile. Qu’elle soit défensive ou offensive, interne ou externe à l’organisation, la contre-intelligence a pour référence le cycle de renseignement. Elle peut donc viser les questions des décideurs, la collecte des données y afférant, l’analyse de ces dernières, la protection et l’exploitation du renseignement à produire par l’organisation ou la partie adverse. Dans le cas de notre PME africaine, la ruse est au cœur du dispositif de contre-intelligence économique.
Avec ses 83 salariés, l’établissement Aurora* travaille depuis quatre ans sur un créneau innovant extrêmement porteur de l’avis des spécialistes interrogés. En moins d’une demi-dizaine d’années, la start-up a repoussé trois offres d’achats. Ses concurrents directs étant de grandes multinationales, tout ou presque a été tenté pour la faire plier : incitation des cadres à publier dans des revues internationales, invitations à des voyages d’études, benchmarking, elicitation, offres d’emploi fictives, débauchage, chevaux de troie via internet, tentatives de vol, manœuvres de déstabilisation… etc. En vain.
Pour y faire face, deux jeunes femmes de 26 et 29 ans à l’allure d’éternelles étudiantes animent à plein temps l’unité d’intelligence économique (U-IE) à laquelle est stratégiquement rattachée la communication interne et corporate de l’entreprise. C’est à la cadette que revient le pilotage du counter-intelligence unit: « toutes les deux, on est à la fois les yeux, les oreilles, le nez, l’armure et le glaive de la compagnie », m’a-t-elle confié avant d’ajouter : « nous avons la chance d’avoir un boss et des collègues qui nous font totalement confiance, et pour rien au monde, on ne peut se permettre de faillir. »
Dans leur bunker** comme dans d’autres cellules d’IE, des banques de données constamment mises à jour révèlent des cartographies détaillées de la concurrence, des ONG partenaires ou hostiles, de plusieurs centres de décisions politiques avec à chaque fois le profile des équipes dirigeantes, leurs postes, leurs réseaux et la typologie des stratégies d’intelligence compétitive qui en découlent… Sur le site internet de la PME, 1/5 des informations publiées vise à leurrer la concurrence (!) Et lorsqu’un veilleur hostile insiste sur un détail, notre duo de choc lui poste un missile informationnel***.
Dans toute l’entreprise, seuls trois ordinateurs « préparés» sont connectés au réseau internet. Avec un savant mélange de vraies et de fausses informations codées par des mots de passe faciles à casser, l’unité d’intelligence économique nourrit copieusement ceux qui pensent avoir troué son dispositif de sécurité. En interne comme à l’extérieur, l’usage des e-mails, téléphone et fax est extrêmement réduit, les communications à distance sont brèves, cryptées et voilées. Entre collègues ou dans la relation-client, la direction de l’entreprise soutient mordicus que cette « petite restriction » accroit les contacts humains.
En plus des clauses de confidentialité et de non-concurrence (d’usage traditionnel dans ce type de structure), l’U-IE a conçu un manuel ludique de sécurité à l’adresse des employés. A chaque niveau de responsabilité correspond une petite histoire à raconter si une envie irrépressible de parler travail vient à prendre un salarié dans un avion, un taxi, un café, une conférence, en amour ou en famille… Grâce à une communication corporate adaptée à cet objectif stratégique, des liens étroits existent entre salariés qui ont fini par créer comme un cordon de sécurité autour du patrimoine informationnel de l’entreprise.
Depuis trois ans, ce dispositif de contre-intelligence économique (dont j’ai voulu la description éparse) a causé de tels désagréments aux concurrents que certains ont suspendu la veille autour d’Aurora. Ce retour d’expérience devrait parler aux acteurs de l’IE chez qui la maîtrise des outils de veille électronique constitue l’unique fond de commerce.
Guy Gweth
* Pour des raisons évidentes, l’appellation « Aurora » est fictive dans ce cadre.
** Les missiles informationnels permettent d’injecter à l’adversaire des données toxiques afin d’altérer son jugement, voire de le compromettre.
*** Le bunker ici est constitué d’ordinateurs sécurisés jamais connectés à internet.
Afrique-Amérique: Histoire d’un baiser nuptial
In Agenda, Brève, Stratégie, veille on 5 novembre 2008 at 6:29Acte V. Réaliser

*****
Acte IV. Rêver

****
Acte III. Résister
***
Acte II. Oser
**
Acte I. Désirer

*
La Quintuple Ascension Afro-Américaine,
par Guy Gweth
Lire aussi: Soft Power: L’effet Obama devrait doper le business américain en Afrique centrale
Une exception belge: des “serial reporters” sur les blogs d’IE
In Débat, Intelligence économique, veille on 28 octobre 2008 at 6:45
Les grand-messes internationales des professionnels de l’intelligence compétitive comme celle du 20-22 Octobre 2008 au Crown Plaza de Rome en Italie ont toujours leur lot de surprises et d’anecdotes, mais la Communauté commence vraiment à souffrir des errements de la profession dans l’espace francophone. Le cas de la Belgique où certains acteurs de l’intelligence économique préfèrent la facilité aux contraintes de la production originale de connaissances inquiète. Voici un cas d’espèce.
En publiant le 17.06. 2008 sur les pièges des clés USB, nous visions les entreprises et organisations non-gouvernementales d’Afrique centrale, dans l’accomplissement d’une mission qui nous est extrêmement chère: l’information et la sensibilisation. Nos plus fidèles lecteurs sont désormais habitués à notre style très imagé, car ce que les Anglo-saxons on baptisé « storytelling » dans les années 90 est en fait un art dont l’Afrique est le berceau. Voici pourtant comment Pierre-Yves Debliquy de Euresis en Belgique a réagi à notre article sur son site, deux mois plus tard, le 14.08.2008:
« Je dois avouer avoir été surpris par la lecture de ce billet d’il y a quelques semaines de Guy Gweth sur son blog dédié à l’intelligence économique (http://bsfd81.notlong.com). La raison? Ce billet, qui se présente comme une fable africaine sur le danger que représente, pour les données de l’entreprise, les clés USB ressemble aussi beaucoup à une opération d’espionnage dont se vante son auteur (qui est diplômé de l’Ecole de Guerre Economique à Paris)…» Warketing ?
Nous avons contacté Pierre-Yves Debliquy pour l’inviter à la réflexion, lui rappelant amicalement les normes éthiques et juridiques qui régissent la profession. Notre droit de réponse n’a pas été édité sur son site. Lucides, nous restons malgré tout conciliants vis-à-vis de lui. Nous comprenons qu’attirer l’attention en rebondissant sur les productions d’autres auteurs revient moins cher. Cela montre qu’on « veille », qu’on « surveille » ceux qui publient et qu’on a le pouvoir d’être en désaccord avec eux. Du low cost intellectuel en quelque sorte, car le serial reporter dépense souvent moins de matière grise, moins d’énergie ; et à l’arrivée, il attrape quelques clients (!)
Le problème avec notre commentateur belge, c’est qu’en publiant son billet sur notre billet, il y a expressément interdit tout commentaire! Ce qui est une forme de démocratie pas très bruxelloise… convenons-en. Combler un déficit d’imagination ou un défaut d’originalité en faisant le choix de la facilité peut dépanner au début. C’est presqu’un passage obligé lorsqu’on débute dans la profession. Mais au bout de quelques années d’exercice, la communauté de l’intelligence économique doit sérieusement s’en inquiéter. Sinon, c’est de la non assistance à collègue en danger.
Du fait d’être la capitale normative de l’Europe, Bruxelles (et la Belgique en général) a une responsabilité morale exceptionnelle, y compris en matière d’intelligence économique. En avoir conscience est une exigence minimale. L’ignorer serait catastrophique. Venus du Sud, nous nous sentons le devoir d’aider nos amis belges à y voir plus clair. C’est pourquoi nous resterons vigilants, prévenants et pleins de mansuétude… Il y va de la crédibilité de la profession et de l’amitié entre les peuples.
Guy Gweth
Et voici Link Project pour identifier les acteurs humanitaires!
In Intelligence compétitive, veille on 25 septembre 2008 at 5:34

Créé par la fondation Louise Blouin avec l’aide de Google, le site Link Project facilite la mise en relation des acteurs du développement en offrant un accès libre et gratuit à ses bases de données.
Google faisait déjà preuve de philanthropie avec Google.org. Le moteur propose désormais son expertise à des organismes à but non lucratif : il a participé au développement de l’outil de recherche Link Project, dédié au secteur humanitaire. Mis en place par la fondation Louise Blouin ce site d’information gratuit recense toutes les données publiquement accessibles à propos d’environ deux millions d’organisations philanthropiques et non gouvernementales, que ce soit dans le secteur de la santé, la pauvreté, l’éducation etc. “Cette innovation technologique devrait permettre aux divers acteurs du développement d’avoir une meilleure connaissance des projets analogues aux leurs dans telle ou telle région“, déclare Louise Blouin. “Ils pourront ainsi développer des partenariats, éviter les doublons et accroître leur efficacité“. Les données recensées seront les plus larges possibles : contacts, résumé du profil des organismes, recensement de leurs programmes, mesure de leur efficacité, paramètres financiers etc.
Favoriser la concertation et éviter les doublons
Toutes ces informations seront délivrées sous une forme standardisée permettant aux visiteurs du site de mieux s’y retrouver. Le Link Project compte ensuite sur les ONG elles-mêmes pour prendre en charge la mise à jour de leurs profils. Ces associations pourront notamment créer leurs propres liens en direction d’autres acteurs humanitaires apparentés, que ce soit par types d’initiatives ou zones géographiques. Le Bureau des Nations Unies pour les partenariats est censé battre le rappel de nombreuses agences humanitaires pour donner corps au projet. “Le lancement d’une nouvelle plate-forme d’information ne peut qu’être une bonne chose. Cela permet de créer des communautés virtuelles dont les acteurs, lorsqu’ils sont membres du secteur privé et de la société civile, sont difficiles à rassembler“, déclare à L’Atelier Axel Plathe, chef du bureau exécutif du secteur de la communication et de l’information de l’UNESCO.
Problèmes de culture et de ressources humaines
Ce dernier explique toutefois que l’optimisation du Link Project n’ira pas de soi. Citant l’exemple de Development Gateway, il rappelle que ce portail créé par la Banque Mondiale n’a permis de créer que peu de contacts réels. “ Les outils technologiques mis à disposition des ONG ne sont pas suffisamment utilisés. Il y a là un problème de culture de travail mais aussi de ressources humaines : la mise à jour des données sur les sites prend du temps“. De tels projets doivent enfin composer avec la susceptibilité des acteurs. Certains pourraient reprocher à Google sa monopolisation des contenus, comme l’Etat français le fait déjà avec la bibliothèque numérique du moteur de recherche. Rappelons que le réseau Devex favorise également la collaboration entre les professionnels de l’aide internationale en leur donnant accès à de très nombreuses informations sur le marché de l’humanitaire. L’inscription à ce site est cependant payante.
Sources : l’Atelier
Des mailing lists africaines exploitées pour déstabiliser Coca -Cola
In Communication d'influence, Guerre économique, Perception Management, Sécurité, veille on 10 septembre 2008 at 12:18
Depuis quelques semaines, des réseaux d’internautes d’Afrique centrale sont à leur tour infectés par un texte Anti-Coca-Cola (voir infra) circulant depuis le premier trimestre 2008 en Europe et dans plusieurs forums tels que MySpace. Une opération de déstabilisation par l’information tout à fait classique. Certes un peu artisanale (ce qui lui donne un air citoyen), mais plutôt bien menée. Elle rappelle l’offensive essuyée par Perrier au début des années 90. Elle rassemble les principaux facteurs clés de succès pour susciter une réaction de l’opinion publique (Baumard 2001): 1. Le risque alimentaire (ce qui entre en soi) 2. Le risque d’hygiène (ce qui touche à soi) 3. Le risque physique (ce qui peut faire mal à soi).
Manipulations: les confessions d’un assassin financier
In Soft Power, Sécurité, veille on 2 septembre 2008 at 5:48
Le livre autobiographique de John Perkins raconte comment il a fait exploser des économies pour maintenir des servitudes envers Washington. Il s’en repent. A distance, il y a prescription. Mais le procédé court toujours…
A la fin d’un cursus universitaire moyen, John Perkins est engagé pour faire des fiches de conjoncture économique en Equateur. Rien d’étonnant, il est diplômé en commerce. Mais voilà que quelques uns de ses talents cachés et beaucoup de ses frustrations passées l’amènent dans le giron de Main, une entreprise spécialisée dans le conseil. En fait d’entreprise conseil, un partenaire honorable des agences américaines, CIA et NSA… Les initiations « sans limites » par Claudine, elle-même agent de la « corporatocratie », rend notre « héros » opérationnel pour sa première mission : l’Indonésie. Nous sommes dans les années 60 et la lutte contre le communisme bat son plein à Washington. Cela va justifier les coups les plus tordus, les servitudes les plus viles, les inféodations les plus inavouables. De quoi s’agit il ? De recommander aux décideurs des pays cibles des politiques de « développement » qui produisent de la dépendance financière. Mais cela peut prendre du temps. Pour aller plus vite encore, ce sont les gouvernants eux-même qui sont ferrés : dette, luxure, chantage. Les opinions subodoraient le procédé. Le livre de Perkins le met à nu. C’est son histoire qu’il raconte. Cela donne un genre littéraire insoupçonnable, enrobé dans des CV « Stinger », des commandos avec des QI appréciables, assistés de chacals, qui agissent dans l’exotisme des Iles Vierges et de Java pour mettre le monde en coupe réglée. Cette «corporatocratie» s’appuie sur des chevaliers modernes: les EHM, « Economic Hit Man ». Perkins était un assassin financier.
Témoin à charge et pièces convaincantes
Si Eva Joly, la juge d’instruction qui a démantelé le système ELF en France, dénonce, dans un lancinant aveu d’impuissance, « ceux qui ont perdu l’habitude d’être contredits » en parlant des puissants faiseurs de destin, John Perkins fournit dans son livre le mode opératoire, côté cuisine, de la machine à asservir, souvent à appauvrir. Il explique le protocole implémenté par une poignée de cabinets qui utilisent les institutions internationales telles que l’ONU, l’OMC et le FMI ; en poussant à l’extrême la dérèglementation qui a mis le reste du monde dans une situation de vertiges permanents dont les réactions anaphylactiques sont des guerres civiles et des émeutes populaires permanentes. Ses accessoires étant la corruption, le chantage et l’exploitation des « déviants ». Le noyau de ce cataclysmique protocole est d’une banale composition : le taux de croissance et le produit national brut. John Perkins explique comment ces deux indices sont sciemment manipulés pour créer une hiérarchie orientée entre pays amis et pays hostiles, « grâce aux sciences biaisées de la prévision, de l’économétrie et de la statistique ». Et pour justifier plus de prêts accordés par le FMI, la BIRD, les grandes banques. En réalité, Les confessions d’un assassin financier suggère que le capitalisme avait perdu son âme, si tant est qu’il en avait une, bien avant de perdre la tête, comme le décrit dans son livre le prix Nobel Joseph E. Stiglitz. Le livre de John Perkins est d’ailleurs une illustration spectaculaire des dégâts de « l’information asymétrique », chantier théorique connu de Stiglitz l’universitaire.
Résister est possible
La main invisible de la corporatocratie, le gouvernement du monde par l’intérêt des grandes firmes américaines, n’est finalement jamais très loin : et lorsque les évènements la dépassent (attentats du 11 septembre), la riposte porte sa marque (invasion de l’Irak). John Perkins plaide coupable. Il avoue sa « contribution » dans la fabrication d’identités meurtrières. Par la manipulation d’acteurs économiques et sociaux. Il jure aussi que la rédemption est possible. Son livre est aussi l’occasion de rappeler que jamais rien n’est écrit à l’avance. Ceux qui résistent détournent souvent le cours du crime. Comme Omar Torrijos, qui s’est battu pour le « droit des pauvres » au Panama et qui avait compris la duperie des aides internationales. Le président Jimmy Carter est décrit comme « une anomalie » à la tête de la Maison-Blanche: « Sa vision du monde était incompatible avec celle des assassins financiers».
AO: Chérif Aissat In LesAfriques
John Perkins. Les confessions d’un assassin financier, Révélations sur la manipulation des économies du monde par les Etats-Unis. 280 pages. Editions alTerre, 2004. Titre original anglais : confession of an economic hit man.
La Cemac en ordre de bataille contre le blanchiment d’argent
In Sécurité, veille on 28 août 2008 at 12:30
La capitale congolaise a accueilli du 26 au 27 août un séminaire de sensibilisation sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans la zone CEMAC. Ces assises entraient dans le prolongement des assises de Libreville du 7 au 9 avril dernier qui avaient permis aux représentants de la sous-région de coordonner les mesures de lutte avec le soutien de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC).
Les représentants des six pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) se sont donc réunis le 26 août dernier au siège de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) de Brazzaville pour un séminaire de deux jours sur la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment des capitaux. Dans le cadre des recommandations issues des assises de Libreville au début du mois d’avril dernier, la République du Congo, la République centrafricaine (RCA), la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Gabon et le Tchad sont réunis pour harmoniser les mesures de prévention et de lutte contre ces phénomènes transnationaux qui freinent le développement et la sécurisation de la sous-région. Ces travaux étaient organisés en collaboration avec le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) et placés sous le patronage du ministre congolais de l’Economie, des Finances et du Budget, Pacifique Issoïbeka.
Les représentants de la CEMAC y ont notamment examinéla convention des Nations Unies contre la corruption et celle contre la criminalité transnationale organisée. Ces documents ont déjà été adoptés par de nombreux pays.
En rappel, le GABAC est l’un des outils permettant aux pays de la CEMAC de lutter contre le blanchiment d’argent. Il a été créé par un acte additionnel de la conférence des Chefs d’Etat d’Afrique centrale, tenue le 14 décembre 2000 à N’Djamena (Tchad). C’est une structure de promotion des normes, instruments et standards de lutte contre le blanchiment d’argent. Le GABAC dispose de démembrements dans les différents pays de la sous-région et dans cette logique de coordination des actions pour une surveillance accrue, les Etats de la sous-région avaient également mis en place les agences nationales d’investigations financières (ANIF).
L’atelier sous-régional organisé à Libreville du 7 au 9 avril derniers par le ministère de la Justice, en collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avait permis de réfléchir aux moyens de rendre performant le cadre normatif et les mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique centrale. A cette occasion, l’ONUDC avait assuré son soutien pour le suivi de la coordination de la lutte et de la prévention de ces phénomènes dans la sous-région.
Sources: Gaboneco
Shoot China! Le djihâd médiatique occidental s’intensifie-
In Stratégie, veille on 31 juillet 2008 at 5:08
Dès 2025, la Chine sera très probablement la première puissance économique mondiale. L’une des dernières incertitudes qui habitent encore les prospectivistes quant à cette éventualité est l’attitude de l’Occident devant l’expansion vertigineuse de cette Vague Jaune. Que va-t-il arriver à ce pays-continent qui est à la fois une menace et une opportunité pour le reste du monde ? Comment va-t-il réagir aux attaques extérieures ? Quelles vont en être les conséquences pour la stabilité internationale ? Après que Guy Spitaels a conclu que « la guerre entre la Chine et les Etats Unis » n’aura quand même pas lieu, repenchons-nous sur une autre forme de guerre, celle où la communication est une arme, l‘information une munition, et le management des symboles une tactique de manipulation imparable. A l’approche des JO de Pékin 2008, ce sont les médias occidentaux qui portent la flamme de la discorde dans le camp adverse, sous couvert de liberté d’informer.
Il y a des phénomènes qui ont l’air anodin. Mais en les retournant, en les transposant à d’autres sphères, ils se révèlent plus bavards, plus instructifs, prompts à nous renseigner sur la société dans laquelle ils opèrent. Le sempiternel dopage sur le Tour de France est de ceux-là. La prestigieuse compétition qui rassemble les meilleurs coureurs occidentaux depuis 1903 nous apprend que la tricherie et la déstabilisation de l’adversaire sont un pilier de la compétitivité occidentale. Lorsqu’au 20h de TF1, début juillet 2008, Harry Roselmack demande à Christian Prudhomme si la répétition des cas de dopage n’est pas de nature à discréditer la grande boucle, le directeur du Tour répond que cela prouve plutôt l’efficacité des contrôles antidopages. Une pirouette qui ne répond pas à la question. Cette attitude est typique de la rhétorique occidentale, et française en particulier. Elle est le fondement de ce qu’Arthur Schopenhauer baptisa « L’art d’avoir toujours raison ». L’Occident qui a bâti sa puissance sur la violence (deux guerres mondiales…) et l’exploitation des autres peuples (esclavage, colonisation) n’est pas prête à céder son leadership au pays de Hu Jintao. Raison pour laquelle, paraphrasant Clausewitz, la guerre de l’information est stratégiquement devenue «la continuation de (sa) politique par d’autres moyens ».
C’est dans cette optique qu’à Washington, le Dalaï-Lama a été reçu par Georges Bush à la Maison Blanche. A Paris, des photos du chef spirituel tibétain et de quelques dissidents chinois trônent à l’Hôtel de ville, à quelques jours des jeux… Faites le lien, mais laissez la coïncidence où elle est. Désormais, le téléspectateur peut suivre chaque soir un envoyé spécial faisant un reportage devant un char d’assaut ou un check point, pour montrer combien Pékin est sur les dents. Quand ce n’est pas la sureté nationale, c’est la pollution qui préoccupe les chaînes de télévisions. On scrute si les normes occidentales en la matière sont respectées dans un pays qui voit passer des milliers de businessmen européens et américains par an, sans que personne ne s’indigne de la qualité de l’air. Et comme si cela ne suffisait pas, des journalistes officiellement accrédités pour la couverture des jeux olympiques croient devoir rechercher des informations sportives sur des sites internet tels que celui d’Amnesty International, pourtant pourfendeur des JO de Pékin 2008… C’est dire si l’éclipse totale du soleil qui se produira ce 1er août au dessus de l’Empire du Milieu est un sinistre présage pour les Fils du Soleil et leur sécurité.
Tout bien considéré, c’est à l’unité et au capital-image de la Chine que l’Occident s’attaque plus que tout, installant insidieusement dans les perceptions de l’opinion publique mondiale des programmes malveillants que les spin doctors chinois auront du mal à éradiquer… Faille idéale s’il en est. Car les analystes sont désormais persuadés qu’à travers tous leurs efforts, les dirigeants pékinois -comme tous les politiques- sont en quête d’estime et de reconnaissance internationales.
Guy Gweth
Soft power: codes et lignes de force du cinéma nigérian
In Communication d'influence, Géostratégie, Géoéconomie, Perception Management, Soft Power, Sécurité, veille on 27 juillet 2008 at 7:46La quasi totalité des tableaux de bord existant en matière de prospective macroéconomique indique qu’en 2050, le Nigeria sera la 1ère puissance économique en Afrique. Mais le pétrole (malgré les cours actuels du baril), le gaz (et ses enjeux stratégiques) ou la démographie (avec l’importance du marché intérieur qu’il implique) ne doivent guère voiler les yeux des analystes à Oxford & Harvard. La puissance économique du Nigeria est un tout complexe. D’ailleurs, passée la porte des critères de Bretton Woods, ce géant de 132 millions d’habitants établis sur 923368 Km² découvre une force de frappe inouïe: l’économie souterraine. La saga de ce microcosme puissant et sulfureux est désormais disponible en DVD, aux bons soins de Nollywood et Kannywood. Le cinéma nigérian nous enseigne autant qu’il renseigne et fascine autant qu’il façonne les esprits.
Partons d’un postulat qui m’est particulièrement cher dans le reverse engineering des problématiques d’influence par le cinéma: même avec la plus fine manipulation, un film (bon ou mauvais) trahit toujours les projets de ceux qui l’ont conçu. Autant qu’un code génétique, il révèle les courants et lignes de force qui traversent un microcosme à un moment précis. Pour contribuer à cerner l’environnement d’un objectif à distance, il peut donc s’avérer intéressant d’interroger sa matrice culturelle en décryptant soigneusement ses productions de référence. Une analyse comparée du Nigeria de l’intérieur et de sa vitrine cinématographique me conforte dans ce postulat clé. A présent, prenons deux exemples au pif pour tenter de décoder ensemble les messages que recèle cette double face de Janus.
Le film intitulé Sharon stone par exemple met en scène une jeune femme belle comme la reine de Saba. Avec ses mensurations avantageuses et son visage angélique, l’actrice Geneviève Nnaji -qui l’incarne- est fiancée à trois hommes qu’elle promet tous d’épouser ! Une véritable course à la ruse où se mêlent argent, religion, baraka, sexe, internet, duperie, villas luxueuses et Mercedes à n’en plus finir. De quoi susciter des vocations au sein d’une jeunesse nigériane enflammée par le désir de réussite à tout prix. Dans Italian deal, en revanche, un jeune sanguin opportuniste nommé Franck consent à prêter sa douce et charmante fiancée à un homme d’affaires italien contre US$500.000. Elle accepte par amour. Lui rêve de vite s’enrichir en créant une compagnie de voitures d’occasion. Peu importe le sacrifice !
Contrairement à la plupart des films africains qui traitent généralement de misère, de souffrance ou de sorcellerie, le cinéma nigérian projette des jeunes loups aux dents longues. Très longues. Ils sont brillants. Innovants. Rationnels. Agressifs. Des « entrepreneurs » selon la définition de Schumpeter. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait que derrière certains studios, plane l’ombre d’une main invisible: la puissante mafia nigériane. Or « Le pouvoir se gagne par les idées » écrivait Gramsci. Et ces néo-capitalistes nigérians ont de qui tenir. On se souviendra volontiers que dès 1971, c’est Cosa Nostra qui supervisa le célèbre Parrain de Francis Ford Coppola ou encore que via Sun Yee On, ce sont en fait les redoutables triades chinoises qui produisaient Bruce Lee… La liste est longue. Mais la place manque ici.
Version tropicale de la jet set russe composée de milliardaires trentenaires, les maffiosi nigérians contrôlent l’essentiel de l’économie souterraine de l’Etat fédéral grâce aux trafics (humains, drogues, matières premières…), machines à sous, contrefaçons, enlèvements ciblés et escroqueries sur internet. Ce sont des winners avides. Cupides. Sans morale ni peur. En fins stratèges, ils portent à l’écran la « destruction créatrice » dont parlait Schumpeter. Désormais, ceux qui s’aventurent en Afrique centrale et de l’ouest doivent compter avec ces nouveaux Yakusa noirs dont le code d’honneur se résume dans la devise de Lord Bering: «Money first! »
Guy Gweth
IE: le benchmarking des groupes d’autodéfense en Afrique centrale
In Benchmarking, Guerre économique, Intelligence compétitive, Intelligence territoriale, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 juillet 2008 at 5:46La crise économique qui traverse la zone Cemac depuis plusieurs années a considérablement fragilisé l’appareil étatique dans l’accomplissement de certaines de ses missions régaliennes. Une partie de ces dernières est ainsi tombée dans le champ d’activités des promoteurs privés, des bailleurs de fonds, des églises, des Ong… et des associations en bonne place desquelles les groupes d’autodéfense.
Nés de l’insécurité et de la montée du grand banditisme, les groupes d’autodéfense sont l’œuvre des jeunes de quartiers, costauds, solidaires, scolarisés ou non. Leur objectif est de sécuriser leur territoire. En alternance, ils veillent de jour comme de nuit. Ils surveillent les environs, collectent des informations, notent tout mouvement suspect. Ils ont le soutien plein et entier des populations locales. Y compris financièrement. Les criminels les redoutent. Les pouvoirs publics les observent. Un nouveau rapport de forces voit le jour dans les cités. Mais très vite, certains groupes franchissent la ligne jaune. Ils se prennent à arrêter des malfrats, à les juger devant des tribunaux populaires, à exécuter les peines par eux-mêmes. Il arrive qu’un membre du groupe cherche à se venger d’un rival et le dénonce comme « malfaiteur », poussant parfois à commettre l’irréparable. Embarrassé, l’Etat rend justice, tout en reconnaissant implicitement l’aide exceptionnelle de ces entités de facto, non prévues par les lois de la république. Il faut les encadrer.
Du 25 au 27 février 2004, alors que j’assure le pilotage d’Interconsult Cameroon, j’organise avec l’aide de bailleurs de fonds allemands, une session nationale au centre Jean XXIII de Mvolyé, à Yaoundé, afin de sensibiliser ces groupes au respect des droits humains. Pour mener à bien cette mission sans précédent, j’invite des experts de haut niveau dont l’ancien préfet Jean-Marie Ndongo et surtout Bell Luc René, ancien gouverneur et ex-délégué général à la sureté nationale. Ils nous font l’honneur d’accepter. Dans son propos liminaire, l’ancien chef de la police camerounaise tient à préciser que si l’Etat tolère les groupes d’autodéfense, c’est en réalité dans une logique stratégique visant à pénétrer les zones dites sensibles, grâce au soutien informationnel des habitants, dans le but de mieux gérer et garantir la sécurité publique.
La stratégie d’intelligence économique que nous impulsons dans la zone Cemac a tout appris de ce schéma contextuel. Face à l’exacerbation de la concurrence, à la réduction des moyens de l’Etat, nos entreprises se regroupent aussi bien par région que par secteurs d’activités. Moins fragiles et plus audacieuses, elles travaillent ensemble autour d’une plateforme d’information sécurisée avec la collaboration, voire, l’impulsion de l’Etat. Peu à peu, ce dernier diminue ses fonctions opérationnelles pour davantage se consacrer à son rôle d’Etat-stratège. Ces plateformes visent la défense et la compétitivité par la transformation du renseignement économique en outils de création et de protection des richesses. Rien à voir avec un quelconque protectionnisme. La vérité est que les compagnies se prennent en main pour agir dans le respect bien compris des règles de saine concurrence. Elles n’ignorent pas qu’en définitive, c’est aux pouvoirs publics d’assurer les missions de contrôle, de protection des personnes, des biens, et donc des entreprises implantées sur l’ensemble du territoire national. Mais elles gagnent en assurance. L’Etat devient clairvoyant. La Cemac peut voir venir.
Des jeunes de quartiers qui inspirent une stratégie d’intelligence économique aux entreprises? Il fallait y penser.
Guy Gweth
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Pratiques de contre-intelligence économique: l’expertise d’une PME africaine
Le business de Dieu en Afrique subsaharienne
In Communication d'influence, Débat, Perception Management, Soft Power, veille on 20 juillet 2008 at 7:51
Compagnons de Salomon, Serviteurs de la Croix, Phalanges sacerdotales, Faucons de Saint Michel, Arche de Marie, Ambassade du Christ, Les derniers Prophètes, Jésus sauve et guérit, Église du 7è jour, Ministère du Christ-Jésus… Le marché de Dieu est, juste avant les brasseries et la téléphonie mobile, le business le plus florissant et le plus protéiforme d’Afrique Noire. Avec plus de 2000 marques locales répertoriées à ce jour, l’industrie du ciel-sur-terre se répand à la vitesse de la misère et puise richesse et puissance dans la foi de millions de fidèles abonnés au denier du culte.
Donnez, et il vous sera donné
Mis ensemble, ces six mots sont plus qu’un slogan marketing. Presqu’un mantra. C’est tout le business model des mouvements religieux qui repose sur ce petit bout de phrase biblique. Le pauvre croyant africain est soucieux d’imiter cette vieille dame du nouveau testament qui jeta son unique pièce de monnaie dans le panier du Seigneur tandis que les autres y déposaient leur superflu. Jésus devait conclure plus tard qu’elle avait donné plus que tout le monde… Un détail de perception sur lequel surfent ceux qui ont eu l’intelligence de comprendre que Dieu est un puits de pétrole off shore dans le cœur des pauvres. En fait de pauvres, ce sont des millions de croyants impuissants à se demander pourquoi, malgré leurs prières et sacrifices, le bon Dieu s’obstine à les garder dans l’indigence, la dépendance et l’espérance[...] A quelques détails près, le tableau rappelle les débuts de la Camorra napolitaine si bien décrits par Jacques de Saint Victor in Mafia, l’industrie de le peur, ouvrage paru début 2008 aux éditions du Rocher.
A César ce qui est à César…
Si les affaires de Dieu sont aussi florissantes en Afrique subsaharienne, c’est au moins pour partie grâce à la bienveillance des pouvoirs publics. Le cœur de cible des mouvements religieux étant “les damnés de la vie“, les gouvernements en place sont apaisés de savoir cette poudrière à l’ombre des “ailes de Jéhovah.” Ces “brebis du Seigneur” deviennent ainsi incapables de révolte contre l’autorité, s’abstiennent parfois de voter ou de se soigner dans les hôpitaux de ville, conditionnés qu’ils sont par une sainte parole: «tout pouvoir vient de Dieu». La phase finale de leur contrôle psychique est l’obombrement par l’absolue «vanité des vanités, tout est vanité» de l’Ecclésiaste qui transforme prématurément ces âmes de bonne foi en citoyens de l’au-delà. Paix sociale ! Car pendant que les représentants de Dieu entrent en politique, roulent en 4X4, assistent aux congrès et se soignent à l’étranger tous frais payés, le contribuable chrétien doit attendre de mourir pour pouvoir accéder à la plénitude éternelle. Et encore… “Si Dieu le veut“!
Et leur chiffre d’affaires…
A la vérité, parce que «les voies de Dieu sont insondables», il est extrêmement difficile de déterminer le chiffre exact des milliards $ générés par “l’opium du peuple” en zone Cemac. Mais notre enquête se poursuit pour définir, fût-ce approximativement, le montant des devises éternelles dans cette partie du monde. Car plus qu’une multinationale à têtes chercheuses, c’est un véritable capitalisme spirituel qui se meut avec un don inné sur un terrain miné par la colonisation, la magie, la peur et la misère. En effet, politiciens, intellectuels, artistes, hommes d’affaires, femmes au foyer et jeunes au chômage… convoquent Dieu au quotidien devant la moindre douleur, le moindre effort, la moindre incertitude. Or le ciel a ses impôts que le Syndicat de Dieu réclame inlassablement: “Donnez, et il vous sera…”
Guy Gweth
Sécurité: les imprimantes laser laissent des traces!
In Brève, veille on 15 juillet 2008 at 5:45
Dans son édition datée du 15 juillet 2008, USA Today révèle que L’EFF (Electronic Frontier Foundation) s’est récemment penchée sur une pratique répandue chez les fabricants d’imprimantes laser couleur.
Les imprimantes qui répondent adéquatement aux exigences impriment sur chacune des pages une série de points jaunes pratiquement invisibles. Une fois décodées, ces informations permettent de connaître la date et l’heure d’impression ainsi que le numéro de série de l’imprimante utilisée.
Cette pratique a été instaurée dans le cadre d’une entente entre les fabricants d’imprimantes laser couleur et les services secrets américains, survenue au début des années 80. Craignant une explosion de la contrefaçon, les services secrets souhaitaient pouvoir retracer les faussaires.
«Seuls les services secrets peuvent décoder ces informations», expliquait au USA Today Lorelei Pagano, directrice du groupe d’étude de la contrefaçon pour la Banque Centrale des États-Unis. Pourtant, le site canadien BRANCHEZ-VOUS a pu trouver sur le site de l’EFF un guide permettant de décoder les inscriptions des imprimantes DocuColor de XEROX.
La Guinée équatoriale a-t-elle une stratégie de puissance sous-régionale ?
In Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, veille on 30 juin 2008 at 8:32
La question peut paraître provocante à plus d’un titre. Mais elle mérite fortement d’être posée, au vu des signaux faibles envoyés ces cinq dernières années par Malabo à la communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC). Voici le décryptage exclusif de “la stratégie de la poudre aux yeux” , une enquête minutieuse au cœur de la doctrine sécrète du président Teodoro Obiang Nguema Mbazogo.
Oui, le sujet est provocant parce que la Guinée équatoriale en chiffres, c’est 515 000 habitants établis sur une superficie de 28050 km2, une croissance démographique à 2,25%, une densité de 18 hab/km2, une espérance de vie de 42 ans, un taux d’alphabétisation à 87%, un PIB par habitant de 8250$ , un indice de développement humain établi à 0,642… 2620 millions $ d’importations, 11675 millions $ d’exportations et trois principales ressources: le pétrole, le bois et le gaz naturel (…)
Mais nous nous sommes sérieusement interrogés. Car sur le plan économique, ce “petit Etat” pétrolier que les analystes s’accordent désormais à désigner “ Koweit du golfe de Guinée” se targue d’une croissance en 2007 de 21,5% contre 8% en 2006 (!) Son taux d’inflation est de 5,2% et les investissements directs étrangers dans ce pays s’élèvent à 1656 millions $. Avec une politique d’immigration digne de la Suisse, l’ancienne colonie espagnole peut se permettre d’organiser des expulsions spectaculaires de clandestins africains, d’offrir un 1 milliard Fcfa pour la reconstruction de N’Djamena, de demander et obtenir la tête du gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique centrale, d’exiger la refonte des textes de la Cemac pour tenir compte du nouveau poids économique et financier de la Guinée pétrolière… ou de claquer la porte de la 9è conférence des chefs d’Etats de la Cemac, le cas échéant (…)
Guy Gweth
Acquérir l’étude complète auprès de GwethMarshall Consulting.
Comment Total aggrave la pollution au Nigeria
In Intelligence stratégique, Intelligence verte, Sécurité, veille on 11 juin 2008 at 12:11L’article qui suit se situe dans la droite ligne de la « Stratégie de contre-pollution: ce qui attend les entreprises en Afrique centrale » édité sur ce site le 05 avril 2008.

«Parmi les multiples ravages commis en Afrique par les multinationales étrangères, le torchage du gaz au Nigeria est peut être une des plus désastreuses. Il est pratiqué dans le delta du fleuve Niger par cinq grandes compagnies occidentales privées qui contrôlent la quasi-totalité de la production d’hydrocarbures nigerianes (Exxon, Shell, Total, Chevron et Eni), en association avec la compagnie nationale Nigeriane à hauteur de 55 à 60 % pour les principaux gisements. » Cette analyse s’appuie sur les investigations de l’association française Les Amis de la Terre portant sur les activités de Total dans le pays. Lire l’article in Icicemac.com.
En rappel, «Le rapport Total, la mise en examen a été publié le 16 mai 2008 [...] Ses conclusions sont accablantes: dans les domaines du climat et des énergies renouvelables, de la préservation de l’environnement, des droits humains, de la corruption, de la transparence ou de la communication, les performances de Total sont loin des meilleures pratiques, voire extrêmement mauvaises dans certains cas. Alors que le groupe communique beaucoup dans les media pour tenter d’améliorer son image déplorable aux yeux du grand public et de la société civile, la réalité est donc toute autre : en 2008, à l’heure de l’urgence climatique, de l’épuisement des réserves de pétrole et des grands défis sociaux et environnementaux du 21ème siècle, Total reste un groupe pétrolier archaïque et opaque. » d’après Gwenael Wasse, chargé de campagne Responsabilité des entreprises chez Les Amis de la Terre.
Consulter le rapport “Total, la mise en examen”./.
Le business des failles, un marché en nette croissance chez les hackers
In Guerre de l'information, Guerre économique, Sécurité, veille on 9 juin 2008 at 5:06
Rechercher des failles de sécurité ou en faire le commerce deviendrait-il une activité de plus en plus lucrative ? Alors que le marché de la sécurité sur Internet est dans un état de petite maturation – en tendance légèrement baissière – l’arsenal de piratage s’étoffe d’armes toujours plus efficaces. Un constat amer que font les responsables de SI réunis ce mercredi pour traiter de l’économie souterraine liée aux failles de sécurité.
Pour cause, malgré une croissance forte de la demande en équipement de sécurité grâce à l’explosion de la vente des ordinateurs portables, le marché commence seulement à se stabiliser. Eric Domage, directeur études et conseil du pôle télécoms et sécurité d’IDC ne peut que constater le comportement profane des utilisateurs “Les consommateurs s’attendent à un « anti-tout » performant qui les mettra à l’abri d’attaques. Pour autant la part des dépenses liées à la sécurité informatique dans un ménage est en baisse. Il est passé cette année à 3,4 % contre 5,4%“.
Du côté des entreprises, la situation est plus paradoxale. Les professionnels interrogés sur les risques de menace considèrent à 57 % que l’attaque par virus reste la plus dangereuse et la plus probable. Pourtant, le Cercle européen de la Sécurité et des Systèmes d’informations estime que 80 % des attaques sont d’ordre interne (vol d’informations par un employé, manque de politique de confidentialité, utilisation de matériel professionnel en dehors du travail…). De quoi faire passer des nuits blanches aux DSI.
Face à la menace, les solutions de sécurité font face à des réseaux de hackers et de pirates de plus en plus organisés. Principalement basés dans certains pays de l’ex-bloc soviétique ainsi qu’en Chine, ils agissent “en bande de crime organisé” selon les mots de François Paget, Secrétaire Général du Clusif et chercheur chez McAfee : “Désormais les réseaux sont véritablement organisés“. Il existe même des packs pour pirater un site à la demande. Il ajoute, “vous pouvez vous procurer très aisément un « Full infoz » qui vous procure toutes les informations sur une personne : n° de carte bancaire, de sécurité sociale, téléphone, adresse… Cette vente d’informations génère des sommes incroyables pour les pirates“. Une économie souterraine à laquelle les forces de gendarmerie font souvent face sans pouvoir réagir efficacement. En matière de course entre le gendarme et le voleur, Joël Ferry, Colonel de Gendarmerie et Commandant de la section Recherches de Versailles estime que “les services de l’Etat ne sont pas en mesure de réagir. Le nombre des fraudes a grimpé depuis l’avènement du haut débit et la coopération avec certains pays n’est pas des meilleures…“. Un constat rude surtout que dans un tiers des cas d’attaques contre une entreprise aucune plainte n’est déposée. AO: Olivier Robillart – Silicon.fr
Afrique centrale: La BEAC juge la CEMAC sous-financiarisée
In Brève, Interview, veille on 4 juin 2008 at 5:24Le secteur financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est actuellement dominé par les banques commerciales faisant plus du détail et dont l’activité représente 80% des actifs financiers, d’après la BEAC.
Interrogé mardi, en marge de la conférence sur le développement du secteur financier dans la sous-région qui se tient à Yaoundé, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Philibert Andzembe a regretté que le poids du secteur financier, mesuré par le total des actifs par rapport au produit intérieur brut (PIB), ne représente que 18,6%, contre 40% pour les autres pays de l’Afrique subsaharienne et 244% dans les pays émergents.

«Dans notre zone, le système bancaire est extrêmement inégal entre pays et au sein d’un même pays, et les activités financières sont concentrées dans les villes au détriment du monde rural, qui connaît pourtant de réels besoins de financement des activités agricoles», a déploré M. Andzembe. Selon lui, les économies de la CEMAC sont à la charnière entre une croissance extravertie par le jeu des importations et une croissance autocentrée par le jeu de la demande intérieure. La situation macroéconomique de la sous-région s’est caractérisée, en 2007, par une croissance du PIB réel de 4,2% (contre 3,1% en 2006), un allègement des tensions inflationnistes à 1,7% en moyenne annuelle (contre 5,3% en 2006), un excédent budgétaire de 9,5%. La CEMAC, pendant la période étudiée a également, en dehors d’un secteur bancaire liquide et sain, enregistré un solde extérieur courant de moins de 0,6% du PIB.
Pour l’année en cours, la Banque centrale table sur une croissance du PIB réel de 5,6%, mais prévoit aussi une résurgence des tensions inflationnistes autour de 4%. Il est aussi attendu une amélioration de l’excédent budgétaire (12,1% du PIB), de même qu’un solde extérieur courant positif de l’ordre de 4,5% du PIB, un taux de couverture de la monnaie à 97,8% et une masse monétaire en progression de quelque 10,4%.
Sources: APA-Yaoundé
Hexagone: Bakchich tire sur «Les petits trafics de la DST»
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Non classé, veille on 3 juin 2008 at 3:43
A lire en complément de «Guerre économique, nouveau défi des services secrets en Afrique centrale» publié le 14 février 2008 et de «Peut-on démystifier l’intelligence économique ?» rédigé le 9 mars 2008 sur ce site par Guy Gweth; sans oublier des extraits de “Voyage au pays des barbouzes” de Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recassens in Le Point.fr.
«Les activités du contre-espionnage sont couvertes par le secret-défense, mais ça n’a pas empêché des flics de la DST de refiler à un détective privé des infos sur un Français proche de Roman Abramovitch, un oligarque russe, propriétaire du club de Chelsea. Aïe : la conversation téléphonique était écoutée…
«Un livre à paraître bientôt inquiète les flics de la DST, le contre-espionnage, comme les barbouzes d’agences de sécurité et d’intelligence économique ayant pignon sur rue, telles Kroll ou Geos. Un ancien gendarme, Patrick Baptendier, poursuivi par la juge de Versailles Magali Tabareau pour avoir farfouillé dans les fichiers de la police et revendu des informations comme des extraits de casier judiciaire ou des numéros en liste rouge, y raconte les petits trafics d’infos du contre-espionnage. Que la DST cherche à savoir ce que trament Kroll et les autres officines, c’est de bonne guerre. Quand le contre-espionnage dicte la conduite à tenir à ce privé et lui refile des informations confidentielles sur des personnes et des sociétés, la ligne jaune n’est pas loin d’être franchie […] Lire la suite sur Bakchich.info
Guerre économique: pourquoi et comment la Chine mise sur l’Afrique
In Guerre économique, Géoéconomie, Stratégie, veille on 1 juin 2008 at 6:04Ils construisent des immeubles en Algérie, extraient du pétrole au Soudan, font pousser du riz au Cameroun… En quelques années, les Chinois sont devenus omniprésents en Afrique. Serge Michel, ancien journaliste du Temps et de L’Hebdo, collaborateur au Monde, les a pistés durant plus d’un an en compagnie de Michel Beuret, journaliste à L’Hebdo, et du photographe Paolo Woods. Leur livre, «Chinafrique»*, témoigne de la formidable expansion de l’Empire du Milieu sur le continent Noir. Le Temps a interviewé Serge Michel:
-Comment a germé l’idée de ce livre?
Serge Michel: En octobre 2006, j’ai été reçu par le président de la Guinée, Lansana Conté. Il sortait de sa sieste et m’a parlé de la culture du riz, son obsession. C’est là qu’il a mentionné les Chinois, avec une remarque du genre: «Je leur ai donné un champ tout sec et vous devriez voir ce qu’ils en ont fait!» Il comparait leur attitude à celle des Blancs qui, dans son esprit, sont restés des colons qui veulent s’emparer des ressources de l’Afrique sans travailler. Cette idée que les Chinois mettent la main à la pâte impressionne fortement les Africains.
Dans l’antichambre qui menait au président, il y avait d’autres ministres qui m’ont tous parlé des Chinois. Celui des Mines m’a dit: cela fait 40 ans qu’Alcoa, Péchiney et les Russes exploitent notre bauxite et ne font rien d’autres que sortir le minerai, sans le raffiner pour en faire de l’aluminium. Les Chinois, eux, ont construit une mine, un barrage, une route, un chemin de fer, une usine de raffinage, le tout financé par leur banque pour l’import-export. En tant que dernière économie dirigée du monde, la Chine est aussi le dernier Etat à pouvoir aligner de la sorte banquiers et industriels pour réaliser de tels projets.
-Les Chinois auraient-ils trouvé la recette pour faire marcher l’Afrique?
-SM: Leur recette, c’est d’amener des ingénieurs payés 500 euros par mois alors qu’un Occidental en coûterait 15000. Là où un Français amènerait sa femme et ses enfants, aurait besoin d’une école internationale, d’une voiture de fonction et de vols réguliers vers l’Europe, le Chinois vient seul, dort dans son usine, sur une paillasse devant ses machines ou pas loin, et fait tous les métiers possibles – ingénierie, achat de pièces détachées, logistique etc. Pour eux, l’Afrique est une terre de promesse, non de ténèbres comme pour beaucoup d’Occidentaux. En Europe, un jeune diplômé de HEC aura envie de travailler à Londres. A quelques exceptions près, l’Afrique ne fait pas partie de son plan de carrière. Mais pour le Chinois, oui, parce qu’il pense qu’il va s’enrichir. Il investit, il prend des risques. Dans notre livre, nous parlons d’une biscuiterie au Nigeria qui n’a jamais été rentable. Les Chinois ont construit un immense hangar et accumulé des stocks de farine considérables. Leurs machines sont compatibles avec la chaîne de production anglaise des années 1950 qui se trouvaient dans l’usine. Leur technologie rustique est parfaitement adaptée aux installations qu’on trouve en Afrique.
-Cette présence obéit-elle à un plan visant à s’emparer de ressources naturelles, ou à conquérir une position stratégique?
-SM: C’est très difficile à savoir. Mais il y a quelques indices. La carte des investissements chinois recoupe à peu près celle des pays pétroliers. La majorité de leurs capitaux se concentre au Soudan, en Angola et au Nigeria. Le Congo-Kinshasa, avec 13 milliards de dollars d’investissements chinois, est une exception récente, mais il y a tellement d’autres ressources minières là-bas… En 1995, le Parti communiste chinois a donné l’ordre à ses entreprises de sortir du pays et de se mesurer à la compétition internationale. Beaucoup d’entre elles ont choisi l’Afrique, parce qu’elles peuvent y voir leurs concurrents à l’œuvre, les espionner, sans être trop jugées sur la qualité de leurs produits. L’Afrique est un terrain d’essai idéal pour des entreprises qui voulaient devenir globales et qui, un jour, viendront ici.
Deux autres facteurs ont accéléré cette évolution. D’abord, l’exigence de la Banque mondiale que tous les projets dans les pays qu’elle aide soient ouverts à des appels d’offres. Les Chinois gagnaient à tous les coups. Ensuite, les années 1990 ont été un grand moment de moralisme occidental envers les Africains. En 2002, l’Angola a demandé au FMI et à la banque mondiale d’organiser une conférence des donateurs pour sa reconstruction. Ces institutions ont refusé, au motif que le pays était corrompu et pas démocratique. L’Angola s’est donc tourné vers la Chine qui lui a prêté des milliards de dollars. Aujourd’hui, c’est un pays qui a le plus fort taux de croissance au monde – 23% en 2007 – et qui est très courtisé, comme le montre la visite de Nicolas Sarkozy à Luanda la semaine dernière.
-En Occident, les Chinois sont parfois considérés comme des sauterelles qui s’apprêteraient à saccager les merveilles naturelles de l’Afrique…
-SM: Je n’ai pas vu ça. Au Congo, j’ai vu des compagnies forestières chinoises dépasser leur quota, déborder leur concession, mais ce sont des coupes progressives, de deux ou trois arbres par hectare. Ce ne sont pas des coupes claires. Les Chinois ne sont pas en train de raser la forêt. Le principal problème est qu’ils ne nourrissent pas leurs bûcherons, qui sont obligés d’aller chasser dans la forêt de nuit pour s’alimenter. Cela dit, les compagnies occidentales ont déjà beaucoup coupé avant, donc nous sommes mal placés pour donner des leçons. En fin de compte, c’est aux Africains de savoir s’ils veulent conserver ou faire disparaître leur forêt. Mais les Chinois ne sont pas des sauterelles. Au contraire, ils sont très désireux de bien faire. Si les Africains leur imposent des règles, ils obéiront.
-Les puissances occidentales, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, assistent-elles passivement à l’irruption chinoise dans leur ancien pré carré?
-SM: Non. Il y a un renforcement global de la présence américaine en Afrique, avec le déploiement militaire dans le Sahara pour lutter contre Al-Qaida et le projet de commandement intégré AFRICOM, qu’ils veulent implanter en Afrique. Le discours des think-tanks à Washington, c’est que les Chinois peuvent être utiles au développement de l’Afrique, mais sur place, on constate que les diplomates américains sont obsédés par ce que font les Chinois et passent la moitié de leur temps à observer leurs activités. Ils sont extrêmement nerveux, même s’ils pensent qu’au fond, la Chine ne fait pas rêver les Africains, qu’elle n’est pour eux qu’un partenaire par défaut et que beaucoup de pays finiront par se tourner vers les Etats-Unis. Ces derniers ont d’ailleurs mis en place des programmes à long terme pour séduire les jeunes Africains.
Quant à la France, si elle a perdu beaucoup de terrain sur le plan économique – son commerce avec l’Afrique est de 55 milliards de dollars par an, contre 70 milliards pour le commerce sino-africain – elle a encore des entreprises très bien implantées comme Bolloré, Total, Bouygues ou Areva. Mais les Chinois sont utilisés pour leur faire peur. Au Niger, par exemple, le gouvernement leur a donné quelques contrats et a expulsé le directeur local d’Areva, ce qui a forcé cette société à doubler le prix de son offre pour un gros gisement d’uranium. Les Chinois ont servi d’épouvantails. Lorsque les Français se maintiennent, c’est souvent à des conditions moins avantageuses qu’avant.
-Est-ce que l’Occident, en redoutant une mainmise chinoise sur l’Afrique, n’est pas en train de se refaire le vieux film du «péril jaune»?
-SM: Toute la question est de savoir si les Chinois vont aider l’Afrique à se développer. C’est vrai que la psychose anti-chinoise est forte en ce moment, mais l’Occident a commis tellement d’erreurs en Afrique qu’il faut leur laisser cette chance. La présence chinoise a beaucoup d’aspects positifs. Lorsqu’elle réalise un projet, la Chine paie et construit derrière, ce qui réduit la corruption. Avant, les prix des projets triplaient entre leur conception et leur réalisation: avec les Chinois, ça ne marche plus comme ça. Et puis, il y a les infrastructures. En six mois, la Chine peut envoyer 2000 ouvriers dans un pays et y construire 700 kilomètres de routes. C’est le seul Etat au monde à pouvoir, comme en Algérie, déployer jusqu’à 13000 ouvriers sur un chantier d’autoroute. La Chine a cette dimension, elle est à l’échelle du continent africain, colossale.
* La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, Serge Michel, Michel Beuret, photographies de Paolo Woods, Paris, Grasset, 2008.
Suisse: l’Afrique soupçonnée de piratage informatique
In Espionnage économique, Guerre de l'information, Stratégie, Sécurité, veille on 22 mai 2008 at 9:31
L’information ci-dessous questionne la pertinence de la géolocalisation d’un IP (internet protocol) comme indice primordial pour déterminer l’origine d’un piratage informatique. Ces derniers mois, cet indice a poussé plusieurs gouvernements à désigner la Chine comme Etat-Pirate alors qu’un hacker A de nationalité B peut se déplacer dans un pays C et attaquer une cible dans un Etat D. Parfois sans masquer adresse «son IP». Un peu comme si un criminel expérimenté laissait volontairement ses empreintes digitales sur le lieu du crime pour pas qu’on ne puisse jamais me retrouver (!)
En Afrique où des internautes ont accès à des ordinateurs collectifs, rien n’empêche notre hacker A de nationalité B de s’en prendre à une cible D située au bout du monde. Le sujet est sensible dans certains Services où l’on craint de dévoiler des carences face à ce type de criminalité et/ou d’alimenter l’imagination déjà fertile des chapeaux noirs. D’où la tactique du bouc-émissaire. Il serait cependant facile, voire irresponsable de rejeter notre super indice en bloc, du moins en l’absence d’une enquête approfondie.
Guy Gweth
L’info: des pirates informatiques ont exploité un faux concours de photos et des sites piégés pour tenter d’espionner des employés ministériels.
Plusieurs ordinateurs utilisés par des fonctionnaires du Département fédéral des affaires étrangères et du Secrétariat d’État à l’économie Suisses ont du être remplacés à la suite d’une attaque informatique assez intéressante. La radio DRS a indiqué qu’un pirate informatique avait tenté de s’introduire dans les petits secrets du ministère en novembre dernier. Des Chinois ? Même pas, du moins c’est ce que révèle l’ip relevé par les services secrets helvétiques. La machine ayant été utilisée dans l’attaque était africaine.
Le pirate a envoyé un courrier, vantant l’existence d’un concours photographique. Mission, inciter les lecteurs à cliquer sur le lien donné. L’adresse renvoyait sur un site piégé qui avait pour mission d’installer un logiciel espion dans la machine du visiteur cliqueur. Marc Henauer, chef de la section cybercriminalité à l’Office fédéral de police (fedpol), a indiqué le «professionnalisme des agresseurs».
Sources: Zataz.com.
Fonds souverains, nouveaux maîtres de la finance mondiale
In Débat, Guerre économique, Intelligence économique, Soft Power, Stratégie, veille on 16 mai 2008 at 6:51
En 2007, les fonds souverains ont accumulé 3500 milliards $US de réserves, un chiffre en hausse de 24 % par an au cours des trois dernières années, d’après le cabinet d’analyse américain Global Insight.
A ce rythme, le volume de ces fonds d’investissements pourrait dépasser le produit intérieur but (PIB) des États-Unis en 2015, et celui de l’Union européenne, d’ici 2016. Ce gonflement intervient alors que les économies émergentes, aux ressources financières dopées par la flambée des prix du pétrole et des matières premières, investissent de plus en plus à l’étranger pour s’assurer de meilleurs retours sur investissements.
Global Insight souligne que, forts de leur puissance, les fonds souverains modifient les liens traditionnels entre pays riches et pays en développement. «Armés de tels montants de liquidités qu’ils n’ont pas à rembourser, les fonds souverains sont les nouveaux maîtres de cérémonie de la finance où ils prennent la place des hedge funds et autre fonds d’investissement, et outrepassent les banques centrales dans leur rôle de prêteurs internationaux de dernier ressort», a estimé Jan Randolph, responsable du risque souverain, à Global Insight. Selon la firme, les fonds souverains ont injecté 80 milliards dans le secteur bancaire aux États-Unis en 2007. À l’échelle mondiale, 93 % de leurs investissements ont été dirigés vers le secteur financier occidental.
Le générateur de fonds souverains le plus puissant est la Chine, avec environ 1200 milliards $US, suivie par la Russie et le Koweït, selon Global Insight. Au cours des cinq dernières années, les puissances en plus fort développement dans ce domaine ont été le Nigeria (+291 %), Oman (+256 %), le Kazakhstan (+162 %), l’Angola (+84 %), la Russie (+74 %), et le Brésil (+65 %). Au mois de janvier 2008, le montant total des acquisitions réalisées par des fonds souverains s’est élevé à 20,6 milliards, soit près du tiers des opérations de fusion-acquisition faites par de tels fonds sur l’ensemble de 2007. Les fonds souverains représentent 35 % des fusions et acquisitions mondiales en 2007 et 28 % de celles réalisées aux États-Unis en janvier 2008.
La montée en puissance de ces fonds qui suscitent de l’espoir en Afrique inquiète évidemment les pays occidentaux. Récemment, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission européenne se sont mobilisés pour recommander plus de transparence dans leur fonctionnement et leurs stratégies d’investissement. Certains accusent ces fonds d’être en effet des outils au service d’intérêts politiques des Etats dont ils émanent et non pas des investisseurs tournés uniquement vers la recherche de profits financiers. Rudes batailles en perspective.
Guy Gweth
Après croisement des données fournies par : l’Afp, Rfi, Ledev & Global Insight/.
L’arme fatale du spam : gloire et fortune pour les naïfs
In Guerre de l'information, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 13 mai 2008 at 12:59On le sait, les cyber-escrocs savent très bien comment exploiter les phénomènes de l’actualité (tragique ou non) pour attirer dans leurs filets les internautes naïfs. Aujourd’hui, la mode des télé-crochets donne des idées aux spammeurs qui ont décidé d’exploiter à fond ce filon.

L’éditeur Symantec a ainsi repéré une campagne de spam faisant miroiter des castings pour des films (“Vous décidez de travailler quand vous le voulez”, peut-on lire dans le mail, voir illustration) en échange bien sûr des mails des internautes.On note toutefois que le taux global de spam est repassé sous la barre des 80% du nombre total de mails, soit un recul de 8% par rapport au mois précédent.
L’éditeur a également repéré de nouveaux types de phishing à partir de Google AdWords. Les cyberescrocs encouragent les utilisateurs à cliquer sur un lien pour mettre à jour leurs informations de facturation et/ou à actualiser leur compte en les dirigeants sur des sites frauduleux. Le lien qui apparaît dans le corps du message semble légitime, mais il redirige l’utilisateur vers un site compromis hébergé dans un certain nombre de pays, dont la Roumanie, le Brésil et le Canada.
Rik Ferguson, architecte des solutions chez Trend Micro, explique qu’ “à de nombreux égards, Google est victime de son propre succès. A mesure que la société a vu sa part de marché augmenter avec la diversité de produits et services qu’elle propose, elle est devenue une cible de plus en plus intéressante pour les cybercriminels. La motivation des pirates a évolué : de la simple fierté d’être un ‘l33t h4×0r’, le pirate d’aujourd’hui a pour seule ambition de générer des profits, ce qui signifie que la menace face à n’importe quelle plate-forme populaire est bien réelle.” Sources : Olivier Chicheportiche/ Silicone
Agences d’IE : Paris veut faire le ménage
In Communication d'influence, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 13 mai 2008 at 12:54

Au ministère de l’Intérieur, le message est clair : «T out ce qui ressemble de près ou de loin à une officine ou à de la “ barbouzerie ” va être combattu avec la plus grande fermeté», prévient-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Dans la plus grande discrétion, la Place Beauvau planche sur une opération «mains propres». Une très officielle procédure d’agrément délivré par l’État serait imposée aux sociétés, mais aussi à la nuée de «consultants» gravitant autour d’elles. Cette licence individuelle pourrait être délivrée au terme d’une enquête associant la future direction centrale du renseignement intérieur, englobant l’actuelle DST, et les Renseignements généraux… Lire l’article de Christophe Cornevin et Mathieu Delahousse in le Figaro.fr
La relance du processus d’intégration sous-régionale en zone Cemac
In Brève, Stratégie, veille on 13 mai 2008 at 12:19
Le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale, Antoine Ntsimi, était à Libreville le 8 mai dernier pour présenter au président gabonais les axes de relance du processus d’intégration sous régionale en zone CEMAC, notamment à travers les mesures de libre circulation des biens, des personnes et des capitaux entre les pays membres.

Le fonctionnement de l’institution et les moyens matériels et financiers à investir pour faciliter l’intégration sous régionale étaient au cœur de la rencontre entre le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), et le chef de l’Etat gabonais.
“La libre circulation des personnes et des biens… des capitaux, est naturellement un dossier important, car pour créer un espace économique réellement viable et attractif, il faudrait que cette circulation soit effective et nous sommes en train de la mettre en action” a déclaré monsieur Ntsimi au terme de l’audience; avant de rappeler qu’”une réunion très importante s’est tenue il y a quelques mois à Yaoundé, où les ministres ont mis sur pied une feuille de route concrète, à la hauteur de résoudre les problèmes d’ordre sécuritaire. Il existe des problèmes de biométrie, des problèmes de sécurisation de la frontière extérieure de toute la zone CEMAC et c’est là une approche pragmatique qui a le mérite de résoudre les vrais problèmes qui se posent, de manière à rendre la libre circulation effective.”
Pour réussir l’entreprise de l’intégration, la CEMAC se doit de décloisonner son espace et sur ce terrain la Commission a décidé de réactiver le dossier de la compagnie aérienne Air CEMAC, qui selon Antoine Ntsimi est en bonne voie. “Se déplacer dans notre zone relève de gymnastiques incroyables et nous avons atteint dans ce dossier un niveau d’appropriation des Etats, qui soit irréversible, vous savez que toute compagnie aérienne a pour fonds de commerce les droits de trafic, qui sont effectivement déjà donnés par les Etats de la CEMAC et leur souscription sur capital communautaire, donc, nous pouvons dire que c’est un dossier qui a atteint un stade irréversible” a conclu le président de la CEMAC.
Source : Gaboneco
La France a son service de contre-espionnage économique
In Guerre de l'information, Guerre économique, Intelligence économique, Non classé, Stratégie, Sécurité, veille on 5 mai 2008 at 5:28L’organigramme de la DCRI a été diffusé fin avril aux responsables de cette nouvelle direction du ministère de l’Intérieur, qui fusionne les RG et la DST. Principale nouveauté, la création d’un service de contre-espionnage économique.

Tous les chefs de service des Renseignements généraux et de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont reçu, fin avril 2008, un document barré du tampon secret-défense et soigneusement numéroté, pour éviter toute fuite malveillante. Ce document présente le nouvel organigramme de la future Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui, le 1er juillet 2008, fusionnera la DST et les Renseignements généraux (RG), au sein du ministère de l’Intérieur.
Selon des informations recueillies par latribune.fr, la principale nouveauté concerne l’un des sept grands services, la puissante sous-direction chargée de la protection des entreprises, avec la création en son sein d’un service de “contre-ingérence”, en clair de contre-espionnage, chargé de lutter contre l’espionnage industriel. Curieusement, cette sous-direction, qui existait déjà à la DST, ne disposait pas d’agents spécifiquement dévolus à la lutte contre l’espionnage industriel. Elle regroupait, notamment, un service de relation avec les entreprises, chargé de les informer sur les éventuelles menaces qui les guettent, avec une vingtaine de fonctionnaires suivant chacun un secteur spécifique. Un autre service était chargé de suivre les officines d’intelligence économique. Or, plusieurs affaires, certaines très médiatisées, comme celle de la stagiaire chinoise employée par le groupe Valéo, et d’autres tenues secrètes montrent, s’il en est besoin, que les nouvelles menaces se trouvent, après le terrorisme, sur le terrain économique.
Avec ce nouveau service, la sous-direction protégeant les entreprises, dirigée par le contrôleur général Gilles Gray, va donc, dès le 1er juillet, pouvoir réellement traquer les espions industriels pillant les technologies les plus sensibles. Ses agents, des spécialistes rompus aux techniques de contre-espionnage, ont été soigneusement formés aux spécificités de l’action dans l’univers économique et financier, bien différente du contre-espionnage traditionnel (…) Source: La Tribune
Coopération: Paris retrouve un peu de sagesse africaine
In Communication d'influence, Coopération internationale, Diplomatie économique, Soft Power, Stratégie, veille on 10 avril 2008 at 9:01
«J’aime l’Afrique et je veux qu’on parle de l’Afrique en bien. [...] L’Afrique n’est pas une, il faut s’en occuper État par État et c’est ce que j’ai l’intention de faire en allant sur le terrain [...] J’ai envie de renouer les fils là où ils ont été distendus [...] Il faut se garder de donner des leçons aux pays africains [...] La rupture c’est intellectuel… Ce n’est pas la brusquerie.» Morceaux choisis de l’inteview exclusive d’Alain Joyandet ce jeudi 10 04 08 à 6 :10 TU, au micro de Christophe Boisbouvier, RFI.
Après la très médiatique campagne de 2007 sur “la rupture” entre France et Afrique (période électorale oblige !);
Après le regrettable discours du 26 07 07 à l’université Cheik Anta Diop de Dakar;
Après l’affaire de l’arche de zoé, le “j’irai les chercher quoi qu’ils aient fait” du président français début novembre 2007, la suite des évènements à Ndjaména et la menace française de revoir ses accords de coopération militaire;
Après la réplique des intellectuels africains “contre le discours de Dakar”, fin février 2008 ;
Après l’extraordinaire rattrapage du Cap au jeudi 28 02 08 devant le Président Thabo Mbeki et le parlement sud-africain;
Après la publication de listings sur les biens immobiliers des chefs d’Etats africains en France le 01 02 08, alors que certains politiques français sont d’importants propriétaires en Afrique centrale à l’insu de l’opinion publique;
Après la décision de Libreville d’expulser tous les Français “sans papier” du Gabon début mars 2008;
Après l’acharnement de Jean-Marie Bockel à rompre avec la «françafrique »;
Et faisant suite à l’éviction de celui-ci sous la pression du président gabonais Omar Bongo Ondimba et de son homologue congolais Sassou Nguesso, notamment;
Considérant la fulgurante percée chinoise en Afrique centrale;
Ayant pris le pouls de la diaspora africaine ainsi que des experts et hommes d’affaires français évoluant en Afrique francophone;
Se rendant à l’évidence du caractère stratégique incontournable de l’Afrique noire à plusieurs égards;
Nicolas Sarkozy a radicalement revu sa copie en nommant le 18 mars 2008 un nouveau secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes, en la personne d’Alain Joyandet.
Homme de communication , le maire UMP de Vesoul apporte avec lui un style – revenez-y de chiraquie-, plus discret et plus posé, le type de tempérament empreint de sagesse, de sympathie et de grande diplomatie qui a si souvent fait la réussite de la France sur la scène internationale. Député et ancien sénateur, marié et père de trois enfants, Alain Joyandet s’est envolé ce jeudi 10 mars 2008 pour Libreville où il va tenter, dit-il, de « rectifier la ligne politique adoptée par le secrétariat d’État à la Coopération depuis l’arrivée de Jean-Marie Bockel à sa tête“.
Alors évidemment tout le monde ne voit pas ce revirement de l’Elysée d’un très bon œil. Ainsi pour Olivier Thimonier de l’association Survie par exemple, la visite d’Alain Joyandet au Gabon “ne donne pas un signe positif sur l’évolution de la politique de la France en Afrique“. Pour ma part, c’est le signe que Paris a compris la nécessité de modifier et même de professionnaliser sa communication vis-à-vis des Africains comme nous l’avions préconisé. Reste le plus difficile: allier l’acte à la parole… Afrique échaudée craint désormais l’eau froide!
Guy Gweth
Jeux et opérations d’information: quand l’Afrique s’éveillera…
In Benchmarking, Guerre de l'information, Guerre économique, Stratégie, veille on 10 avril 2008 at 7:27
L’utilisation spectaculaire des valeurs de l’olympisme au discrédit de la Chine est une preuve nouvelle qu’une stratégie d’information (ou de désinformation) bien menée, a en ce début de 21è siècle, un impact démultiplié.

Qui aurait pensé il y a seulement 10 ans, que le simple fait de manifester à côté d’un symbole aussi fort que la flamme olympique, pourrait mettre la Chine, puissance montante, dans une situation aussi délicate sur la scène internationale. Même Alain
Peyrefitte auteur du mémorable “Quand la chine s’éveillera” n’y aurait pas pensé, et le cœur de Pierre de COUBERTIN a bien dû se serrer un peu au vu des événements.
La caisse de résonance générée par le relais des ONG sur les 5 continents, est un outil efficace d’intelligence économique parmi d’autres. La bataille médiatique ne fait que commencer et la Chine va devoir tenir compte des réactions des autres nations. Une nouvelle fois dans l’histoire des jeux, comme Jesse OWENS, Tommie SMITH, John CARLOS, le pouvoir médiatique des jeux impose au monde de voir la réalité d’une population, et de se positionner. Les sponsors devront maintenant réfléchir avant de dépenser des milliards d’euros pour associer leur image à celle de la fraternité sportive. Les Pays Africains dits en Voie de Développement (si tant est que cette catégorisation soit probante*) ne verront pas passer la flamme. Tout comme les pays d’Océanie (Papouasie, Salomon, Fidji, Nouvelle-Guinée, Timor, etc.) qui essaient de se faire une place timide sur le marché économique mondial. Ils découvrent ainsi que la modernité, les médias, et des outils comme l’intelligence économique, peuvent leur servir. Ils peuvent se faire connaître, creuser leur sillon dans les méandres des flux économiques internationaux, et sortir de l’assistanat des institutions mondiales, pour acquérir une indépendance économique. Qu’ils retiennent la leçon. Leurs athlètes pourraient aussi un jour avoir des messages à envoyer au monde.
Souhaitons toutefois que le discrédit temporaire qui entache la Chine à travers l’épisode de la flamme olympique, sera limité et ne gâchera pas les heures de souffrance des sportifs à l’entrainement, le travail des artistes qui ont dessiné flambeau, logos, et autres motifs festifs qui devaient donner un air de fête à l’événement.
Par Marc-Hervé Blanchet, Ingénieur, Ancien de l’Ecole de Guerre Economique
* Développement selon Muhamad YUNUS : “Déterminé par le revenu réel par
habitant de la moitié de la plus pauvre d’une population”
Géolocalisation : les réfugiés sous l’oeil de Google Earth
In Sécurité, veille on 9 avril 2008 at 8:23D’après le portail spécialisé silicon.fr, le service de géolocalisation du géant américain, Google Earth vient d’intégrer une nouvelle fonctionnalité : le suivi des déplacements de réfugiés…

Les campements de réfugiés ont par définition une visibilité limitée dans la mesure où ils disparaissent aussi rapidement qu’ils naissent. Il est donc très difficile pour les agences internationales et les médias de localiser ces camps et de relayer des informations sur la situation de ces réfugiés.
Le bureau HCR des Nations Unies souhaite montrer la détresse de ces réfugiés et le travail important qu’il fournit à ses populations en détresse. C’est à sa demande que ce système a été développé afin de permettre aux internautes de constater par eux-mêmes l’ampleur de son action. Cette fonctionnalité a donc été réalisée en partenariat et elle est disponible sur les solutions Earth et Maps. Pour l’instant, le HCR a autorisé Google à se pencher sur les zones frontalières du Darfour et du Tchad, de l’Irak et de la Colombie. D’autres camps plus spécifiques sont également visibles en ligne.
L’accès à Google Earth pourrait également être utile aux équipes des Nations unies présentes sur place. En effet, ces dernières se trouvent souvent dans des zones isolées. Françoise Jaccoud, membre de l’UNHCR, résume très bien l’intérêt de cette visibilité supplémentaire. “L’impact de Google Earth est limité par notre imagination, pourtant cela peut réduire considérablement la distance entre les réfugiées et les autres habitants de planète.”
JO 2008: la confrontation entre Chinois et Occidentaux s’enflamme à Paris
In Gestion de crise, Guerre de l'information, Géostratégie, Stratégie, veille on 8 avril 2008 at 7:57
Dans un article édité sur ce site le 17 février 2008 sur la guerre économique entre l’Europe et la Chine, j’évoquais déjà les tentatives occidentales de déstabilisation de la Chine par sociétés civiles interposées. Le passage de la flamme olympique ce 07 avril 2008 à Paris vient donner plus de relief à cette analyse. Bien plus, il corrobore parfaitement la dynamique de barrage stratégique contre la montée en puissance du pays de Mao.
Le profiling des dirigeants chinois
Tous les grands services de renseignements au monde (américains, allemands, britanniques, français, israéliens, russes… notamment) détiennent des fiches très détaillées et régulièrement mises à jour sur l’establishment politico-militaire chinois et de bien d’autres pays. Pour les plus avisés, il s’agit-là d’un secret de polichinelle puisque c’est la pratique normale au sein des officines étatiques. Mais pour le grand public, ce précieux détail peut s’avérer décisif à la compréhension des événements en cours autour de la Chine, le Tibet et les JO de 2008. Sur chaque fiche personnelle de dirigeant disais-je, au delà des traditionnels nom, prénom, date et lieu de naissance, on y retrouve les parcours professionnel et académique de la cible, sa situation familiale, voire ses états de santé, ses penchants sexuels, les informations sur ses maitresses s’il en existe, ses ex, ses amis, les établissements fréquentés, son régime alimentaire, ses magasins et marques préférés, ses hobbies… et surtout un profil psychologique aussi complet que possible. Certains cabinets d’intelligence économique n’en font pas moins au sujet des clients de leurs clients. Dans les lignes qui suivent, vous allez comprendre pourquoi le profiling sus-cité est tout particulièrement important lorsqu’on veut agir sur le processus décisionnel d’une organisation comme c’est le cas actuellement pour l’impressionnante cible Jaune.
Le Tibet ? Oui, mais pourquoi maintenant ?
Il faut être inhumain pour ne pas être solidaire du peuple tibétain, et exceptionnellement cruel pour ne pas s’émouvoir devant ses drames passés et actuels (indication de très grande importance au sein de l’opinion publique mondiale et occidentale en particulier). Le Tibet et son très respecté Dalai Lama, c’est bien connu, sont toujours apparus comme un caillou dans la chaussure du pouvoir central chinois. Or l’étude des profils psychologiques de Hu jintao et ses hommes est sans équivoque. En décidant de secouer le cocotier tibétain à 6 mois de l’ouverture des JO de Pékin 2008, les analystes n’avaient aucun doute sur la brutalité de la répression qui en découlerait et encore moins le haro international qui s’en suivrait. Le passage de la flamme olympique à Paris a donc permis d’atteindre le pic émotionnel, la sur-médiatisation et les condamnations attendus par les stratèges occidentaux.
En avant les ONG !
Sur les Champs Elysées ce 7 avril 2008, il est 12 :38 et la température est de saison. Mais de mémoire de parisiens, jamais on avait vu un tel déploiement de forces de l’ordre sur la plus belle avenue du monde, hormis le 14 juillet, fête nationale française. Tous les cinq mètres, de part et d’autre de l’avenue, je compte un policier parfaitement visible au milieu des touristes et des professionnels qui vont déjeuner. Une page de l’histoire des relations internationales est entrain de s’écrire. Sous le couvert des acteurs non-étatiques. Car ce qu’il y a de particulièrement réussi dans l’opération APPT (Anti-Pékin-Pro-Tibet), c’est le retrait relatif des gouvernants occidentaux et la mise en avant des ONG et associations de défense des droits humains. Devant les exploits des manifestants, un reporter du 20h de TF1 est allé jusqu’à déclarer que la « police était dépassée ! ». Ainsi donc, les militants de Reporters sans frontières auraient grimpé sur la Tour Eiffel, Notre Dame de Paris… et déployé leurs drapeaux sans quelque bienveillance… pour se montrer aux cameras du monde dans ces prestigieux lieux de France. Cette fois, ONG et associations ont été plus qu’à la hauteur de la partition que les stratèges entendent leur faire jouer dans les nouveaux affrontements économiques et géopolitiques mondiaux. D’ailleurs, l’exceptionnelle mise en scène de leurs démonstrations ainsi que les images produites à cette occasion constituent déjà un excellent cas d’école.
Pékin perd la bataille de la communication
Pour le gouvernement chinois, évidemment, « rien n’arrêtera la flamme olympique ». Une jeune chinoise de 24 ans, étudiante en électronique dans l’hexagone me disait il y quelques heures, philosophe, dans un français parfait et sans accent: « il y aura un avant et un après Pékin 2008… », comme pour me rappeler que les Chinois ont de la mémoire. C’est vrai qu’une flamme olympique qui s’éteint à plusieurs reprises sur un sol étranger n’augure rien de pacifique dans les relations internationales. Qu’on s’en souvienne. Mais à l’ère de l’information, si le gouvernement chinois s’obstine à brider sa communication interne et externe, il perdra inévitablement l’estime d’une opinion publique internationale essentiellement nourrie au lait des médias occidentaux. Mais dès que Pékin aura tiré cette leçon, l’Occident n’aura qu’à bien se tenir. Car les Chinois apprennent vite et, je l’ai vérifié, ils ont vraiment de la mémoire !
Guy Gweth
Intelligence économique et protection de l’info stratégique
In Espionnage économique, Guerre économique, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 8 avril 2008 at 6:56
L’information est devenue stratégique pour devancer la concurrence ou décrocher de nouveaux marchés. Gérer et protéger cette information constitue un nouvel enjeu : c’est l’intelligence économique (IE). Entre espionnage industriel et OPA hostile, nos entreprises sont-elles vulnérables? Que doivent-elles protéger et comment s’y prendre?
Les exemples de la stagiaire chinoise soupçonnée d’espionnage industriel chez Valeo ou du vol d’un pneu Michelin sur un rallye au Japon ont mis en lumière la notion d’intelligence économique en France. Une découverte pour le grand public mais aussi pour nombre d’entrepreneurs français totalement étrangers à cette notion stratégique. L’intelligence économique (IE), kezako ? Les définitions diffèrent mais on peut comprendre cette problématique comme la maîtrise et la protection de l’information stratégique utile aux décideurs économiques. Seulement voilà, en même temps qu’ils permettaient de découvrir ce nouvel enjeu économique, ces exemples les plus connus de l’IE ont desservi sa vulgarisation dans les PME.
« Les barbouzeries c’est fini »
« Beaucoup confondent encore l’IE et l’espionnage. Les affaires médiatisées ont entretenu le fantasme de l’espion et des écoutes téléphoniques dans le monde économique. Aujourd’hui, les chefs d’entreprise doivent savoir que l’époque des barbouzeries est terminée. Il y a une nouvelle génération d’experts qui n’est plus issue des services de renseignements mais qui est formée à l’IE », indique Hervé Chevallier, responsable de Covigilance, cabinet de conseil en ingénierie de veille. L’intelligence économique n’est donc pas réservée aux seules multinationales mais les PME, tous secteurs confondus, doivent l’intégrer à leur réflexion pour protéger leur patrimoine. En 2006, une étude des Renseignements généraux révèle que 75 % des entreprises françaises visées par une attaque extérieure comptent moins de 500 salariés. Les différents acteurs de l’IE sont catégoriques : au sein des entreprises, la faille est d’abord humaine. Pour Gilles V (*), officier des RG, « les chefs d’entreprise français sont naïfs. Dans les entreprises, la menace, ce n’est pas l’espion mais la négligence : ne pas fermer ses bureaux ou ne pas détruire les documents confidentiels. On se rend compte qu’il est souvent plus facile d’obtenir le mot de passe d’un ordinateur que la carte d’accès à la cantine de l’entreprise ! C’est inquiétant, car certaines PME se font véritablement dépouiller ». Un alarmisme partagé par Bernard Lage, gérant de Geos Business Intelligence, filiale IE du Groupe Geos, pour qui « certains pays sont à l’affût de nos technologies. Et si les entreprises françaises ne se protègent pas, elles risquent de perdre leur rang ». Le signal d’alarme est donc tiré depuis quelques années. Pragmatisme et bon sens seront le plus souvent vos deux principaux alliés pour prévenir une menace qui est de moins en moins hypothétique.
(*) Le prénom a été modifié pour préserver son anonymat.
Des “James Bond” d’un nouveau genre
L’intelligence économique (IE) a emprunté son nom et certaines de ses méthodes à l’espionnage à la James Bond. Enseignée dans les universités en Europe, aux États-Unis et depuis peu en France, elle s’en est éloignée à grands pas ces dernières années et a acquis ses lettres de noblesse dans les entreprises.
« Cellules de veille »
Ces « James Bond » sont désormais des ingénieurs ou des commerciaux chargés de la collecte et de l’exploitation d’informations publiques glanées dans les publications scientifiques, les revues spécialisées, les rapports annuels, etc. Même si certaines entreprises, américaines notamment, continuent à accorder primes et promotions à des chasseurs d’informations. La mission de ces cadres, constitués en « cellules de veille » stratégiques pour suivre au plus près leurs concurrents, s’étend aussi au traitement, à la diffusion et la protection des informations utiles à leur entreprise, lui permettant de rattraper ou de creuser un avantage concurrentiel et d’assurer ainsi sa survie dans un univers concurrentiel impitoyable.
Les PME pénalisées
Les petites et moyennes entreprises sont les plus pénalisées dans cette course effrénée à l’information, nerf de la guerre économique. Certaines sont pillées à leur insu, le dépôt d’un brevet n’étant plus une garantie tous risques contre la contrefaçon dans un système mondialisé. La plupart découvrent à peine la nouvelle culture de l’intelligence économique, qui passe aussi par la maîtrise des autoroutes de l’information et en particulier d’Internet.
Entre vrais experts et faux spécialistes
Le domaine de l’intelligence économique est relativement neuf en France mais beaucoup cherchent à en tirer profit. C’est le cas de personnes issues des milieux de la sécurité (détectives privés, agents de sécurité, militaires, etc.) qui s’improvisent experts en IE et discréditent les vrais professionnels. « Le problème, c’est qu’il n’y pas encore d’ordre professionnel dans ce domaine et n’importe qui peut monter son cabinet », précise Gille V, officier des RG. La Fépie (Fédération des professionnels de l’IE) tente pourtant de définir les règles de fonctionnement de la profession. L’IE nécessite une vraie expertise, des moyens humains, technologiques, relationnels et financiers importants dont ne disposent pas ces prétendus experts. Certains se présentent comme des professionnels de l’espionnage pouvant mettre sous écoute untel ou untel, faire chanter tel concurrent… Fuyez ces apprentis James Bond et demandez conseils auprès des services publics ou consulaires.
Quel coût pour une entreprise ?
En matière d’intelligence économique (IE), une phrase de John Fitzgerald Kennedy reste d’actualité. « L’information coûte cher mais rien ne coûte plus cher que l’ignorance ». Pour autant, difficile d’évaluer selon la taille de l’entreprise et son secteur d’activité le coût de prestations en intelligence économique. Pascal Frion, dirigeant du prestataire en IE Acrie, indique sobrement que cet « investissement peut être comparé au coût d’une assurance pour couvrir un risque ». Plutôt que de s’équiper en outil informatique dès la première année, il conseille plutôt aux petites entreprises des dépenses de salaires et de frais de fonctionnement avec un tiers-temps ou un mi-temps consacré à l’IE. Les prestations externes peuvent se faire au forfait ou par abonnement calculé sur le résultat. Hervé Chevalier indique que « le diagnostic IE d’une belle PME coûtera entre 5.000 et 10.000 €, quand une demi-journée de sensibilisation du personnel sera facturée 500 € ». Si le coût de l’IE défensive est variable selon les spécificités de l’entreprise, le retour sur investissement est lui aussi difficilement estimable car l’IE ne génère pas généralement de gains directs (…)
Le B.A.-BA contre les fuites
La majorité de l’information s’obtient sans difficulté et en toute légalité. Mais une information sur trois émane de recherches très pointues, voire illégales. On estime ainsi que :
- 70 % de l’information est blanche. Elle s’obtient facilement sur Internet, dans les documentations, les salons professionnels, les articles de presse, etc.
- 25 % de l’information est grise. Elle s’obtient dans le cadre d’une veille technologique ou en matière d’intelligence économique (benchmarking, fausse identité…)
- 5 % de l’information est noire. Elle s’obtient de manière illégale par la filature, l’écoute téléphonique, l’intrusion dans les ordinateurs, la manipulation des individus, la corruption, etc…
Avant de mettre en place des portiques de sécurité ou de s’équiper en logiciel spécialisé, l’intelligence économique passe d’abord par du bon sens. Voici trois clefs.
La discrétion
La chose est connue et pourtant les trains et les avions demeurent encore des espaces où l’information économique circule trop librement. Les cadres dirigeants s’y laissent aller, selon Bernard Lage de Géos. « Certains cadres dévoilent le nom de leurs clients ou de leurs fournisseurs. D’autres font des confidences à leur voisin sans savoir qu’il travaille pour la concurrence. Le pire, c’est lorsqu’il y a un colloque qui réunit tous les acteurs d’une filière dans une ville. Il suffit alors de prendre le bon TGV et d’écouter les discussions ». Les langues se délient également trop facilement sur les salons professionnels ou au téléphone.
Sécurisez vos locaux
Une entreprise ne doit pas être ouverte à tous les vents. « Un livreur ne doit pas pouvoir s’introduire comme ça dans une entreprise », indique Pascal Frion, d’Acrie. Les entreprises doivent mettre en place une procédure pour éviter les fuites. Cela passe la plupart du temps par des règles élémentaires comme le fait d’effacer le tableau de la salle de réunion une fois celle-ci terminée. La gestion des badges ou des digicodes dans une entreprise pose également régulièrement question. Certains salariés laissent entrer un inconnu qui, pensent-ils, travaille dans un autre service. Lors d’un entretien, fermez les dossiers qui peuvent traîner sur vos bureaux. Balisez le circuit de visite de votre entreprise car trop souvent un visiteur peut photographier de manière illicite une maquette ou une machine avec son téléphone portable. Mettez sous coffre les documents les plus importants (brevet, fichier client, etc.) et broyez ceux que vous jetez.
Verrouillez vos systèmes d’information
L’informatique peut constituer le cheval de Troie de vos entreprises. Vous travaillez par exemple sur votre ordinateur portable dans le train via le wi-fi, sachez que ce que vous faites peut être récupéré par un tiers. Fred Rivard, ex-programmateur chez IBM et fondateur de la société nantaise IST, est très sensibilisé à ces questions d’IE. « On a un réseau public et un privé non connecté à internet. Des mots de passe bien sûr et les infos sont encodées ou cryptées. J’utilise le watermaking (technique qui consiste à insérer une signature invisible à l’intérieur des images numériques transitant par réseaux pour lutter contre la fraude) pour l’échange de certaines infos ». Parmi une liste non exhaustive de précautions, sachez que les données confidentielles doivent uniquement être traitées sur des postes de travail non connectés en réseau, les dossiers doivent avoir des mots de passe différents et renouvelés régulièrement, vos ordinateurs doivent disposer de logiciels de détection d’erreurs ou d’intrusion. Installez des logiciels de sécurité (antivirus, anti-spyware, anti-spam, etc.) et modifiez les configurations et mots de passe du constructeur installés par défaut. N’autorisez pas n’importe quel téléchargement sur votre réseau et bannissez-y les messageries du type MSN, qui peuvent constituer une brèche.
Simon Janvier
Stratégie de contre-pollution: ce qui attend les entreprises en Afrique centrale
In Intelligence verte, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 5 avril 2008 at 7:59
Abidjan, 20 août 2006, il est 06 :20. Aminata, 28 ans s’est levée plus tôt que d’habitude à la suite d’un cauchemar.
En pleine forme, la jeune infirmière profite de son temps d’avance pour apprêter le petit déjeuner de ses 2 fillettes : Léa, 3 ans et Philippa, 5 ans. A 6 :35, Claude son époux se lève à son tour et la surprend alors assise à même le sol, la tête en arrière contre la porte de la cuisine, un mouchoir vert sur le nez. L’expert comptable de 34 ans ne tarde pas à comprendre ce qui arrive à sa bien-aimée. C’est alors qu’il décide d’ouvrir toutes les issues de l’appartement pour laisser entrer l’air frais. Lorsque le réveil sonne à 6 :45, les fillettes se lèvent, le pouce et l’indexe en triangle sur les narines. « Maman, maman, c’est quoi cette odeur d’œufs pourris ? », s’écrie Léa… qui ignore à cet instant précis que sa mère ne lui répondra plus jamais.
La veille, dans la nuit du 19 au 20 août 2006, le Probo Koala, un navire russe affrété par la néerlandaise Trafigura et battant pavillon panaméen, parti d’Espagne depuis plusieurs mois, accoste à Abidjan, principal port d’Afrique de l’ouest pour une vidange. Avec la complicité de quelques personnalités locales et la dextérité de Weibs et Puma Energie, le navire européen déverse d’après Greenpeace, 400 tonnes de boues issues du raffinage pétrolier, riches en matière organique et en éléments soufrés très toxiques (hydrogène sulfuré, H2S et mercaptans) sur 11 sites d’Abidjan, en totale violation des normes internationales en vigueur. Selon nos sources, les séquelles de cette catastrophe innommable – qui a fait une quinzaine de morts et provoqué plus de 17000 consultations médicales- traverseront la génération abidjanaise actuelle.
Dans la zone CEMAC, les analystes qui suivent cette actualité de près en ont tiré cinq leçons majeures:
1. L’Afrique continue d’être perçue comme une zone de non-droit absolu où les nations « civilisées » peuvent espérer agir en violation des normes internationales. («L’Europe intoxique l’Afrique». Tel est le slogan qui a été peint par les militants de Greenpeace en grandes lettres jaunes sur la coque du Probo Koala).
2. Les entreprises étrangères peuvent donc s’affranchir des lois et règlements en vigueur dans leur propre pays et aller semer la mort et la désolation, ailleurs, là-bas, dans les lointaines Afriques…
3. Certains décideurs africains -incompétence et/ou cupidité- intègrent mal la brutalité des relations commerciales internationales et ne saisissent pas encore totalement les nouveaux enjeux liés à la protection de l’environnement.
4. La veille et la communication stratégique de la société civile locale et internationale ont été exemplaires et donc pleins d’enseignements.
5. Excellent levier d’information à bas coûts, internet a constitué une admirable caisse de résonance pour cette opération d’envergure mondiale.
Le décryptage de ces 5 facteurs lourds a contribué à construire un dispositif d’intelligence verte dont l’objectif stratégique est d’amener les entreprises opérant en Afrique centrale à n’avoir d’autres alternatives qu’un comportement social responsable. Ainsi par exemple, l’attitude des entreprises étrangères en matière d’environnement dans la CEMAC sera systématiquement comparée à celles en cours dans leur pays d’origine. “Ecologie en deçà des Pyrénées, écologie au delà!”. Le schéma simplifié qui suit montre la quintuple ossature de cette stratégie de contre-pollution, purement citoyenne.
Guy Gweth,
En hommage à Aminata, son époux Claude et leurs deux filles, Léa et Philippa.

*En sus de normes locales en étude, la conformité aux instruments ci-après sera strictement surveillée :
1. Les référentiels d’engagement à l’instar du Global Compact, les principes directeurs de l’OCDE, les référentiels internationaux sectoriels (type : PRI et Principes Equateur) ;
2. Les référentiels de normes et de certification à l’instar de:
- ISO (séries ISO 9000 et ISO 14000) liées à la qualité d’un processus et à la gestion environnementale d’un site;
- EMAS (Eco-Management and Audit Scheme);
- Les certifications “développement durable” sur le modèle de l’Ecopass pour les PME;
- Les initiatives de labellisation de la société civile dont la forte notoriété, on l’ a vu, contribuera à faire des référentiels incontournables dans leurs domaines respectifs;
3. Les référentiels mis en place par les agences africaines de notation.
Affrontement dur entre Progosa et Bolloré pour le contrôle du port de Douala
In Guerre de l'information, Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Leadership, Management de l'information, Stratégie, veille on 4 avril 2008 at 8:52
La gestion du port de Douala, principal porte d’entrée maritime d’Afrique centrale, fait l’objet d’une bataille devant la justice camerounaise entre le groupe français Bolloré et la société espagnole Progosa, dirigée par le Français Jacques Dupuydauby, qui estime qu’il en a été injustement écarté…

Tout commence en 2003. Bolloré, déjà bien implanté au Cameroun, remporte alors en association avec le danois Maersk la concession du port à conteneurs pour une période de 15 ans. Mais en novembre 2007, Progosa porte plainte contre X pour “favoritisme et corruption” au sujet de l’attribution du marché. Le groupe espagnol accuse Bolloré “d’avoir utilisé différentes manœuvres dignes de la mafia“, selon le texte de la plainte.
“Au mépris de la confidentialité qui devrait entourer toutes les offres, les requérants ont appris par l’un de leurs concurrents qu’il était en possession de leur dossier de candidature avant même que le dépouillement n’ait été envisagé“, poursuit Progosa dans la plainte. “Nous avions gagné techniquement l’appel d’offres mais les critères de sélection ont soudainement changé et nous avons été éliminés“, assure M. Dupuydauby. “Pourtant, sur le plan tarifaire, nous étions aussi les meilleurs: nous proposions de verser à l’Etat camerounais une redevance deux fois plus élevée que celle proposée par Bolloré“, explique-t-il. A l’époque, la Banque mondiale, rappelle-t-il, avait émis un avis défavorable sur l’offre de Bolloré, estimant qu’elle était contraire aux intérêts économiques du Cameroun.
La plainte de Progosa a été jugée recevable et le juge d’instruction a notamment entendu plusieurs fois Alphonse Siyam Siwé, qui était directeur général du Port autonome de Douala (PAD) en 2003. Celui-ci, devenu ensuite ministre de l’Energie et de l’Eau entre 2004 et 2006, a été condamné en décembre 2007 à 30 ans de prison pour avoir détourné avec trois complices des fonds publics d’un montant de 38 milliards de francs CFA (57,9 millions d’euros) lorsqu’il était patron du port. Le groupe Bolloré affirme ne pas être inquiet : pour lui, les accusations portées par Progosa sont “fantaisistes” et “mensongères“. Il a d’ailleurs à son tour attaqué Jacques Dupuydauby en justice “pour commentaire tendancieux” et déposé également une plainte en diffamation contre lui, “dans laquelle l’action publique est déjà déclenchée“, assure Michel Calzaroni, responsable de la communication de Bolloré. “Nous souhaitons respecter le bon déroulement de la procédure afin que la justice camerounaise accomplisse son travail en toute sérénité“, répond la société française. “Le groupe Bolloré n’a aucun autre commentaire à apporter aux déclarations de Jacques Dupuydauby”.
Cette bataille de Douala, dont la presse camerounaise s’est peu fait l’écho jusqu’ici, survient alors que les deux groupes luttent depuis quelques années pour le contrôle de plusieurs autres ports africains: Lomé (Togo), Port-Gentil (Gabon) et Libreville. Après avoir été associées pendant quelques années, les deux entreprises se déchirent aujourd’hui. Selon une source proche du dossier, “en tout, une vingtaine de plaintes (contre l’autre) ont été déposées par les deux groupes” au Togo, au Gabon, en Suisse et en Espagne.
Sources : Afriquecentrale.info
Investissements: l’Afrique, nouvelle terre promise selon l’OCDE
In Géoéconomie, Prospective, Stratégie, veille on 25 mars 2008 at 6:38|
Javier Santiso, directeur adjoint du Centre de développement de l’OCDE, n’a pas de doute. Il y a une euphorie du capital-investissement et des fonds spéculatifs pour le continent africain. Par Chérif Elvalide Sèye –Les Afriques-
![]() 2007 a été particulièrement bonne pour les investissements en Afrique. Près de 3 milliards de dollars ont été levés à destination de l’Afrique. Dès le mois de février, la banque d’investissement russe Renaissance Capital lançait un fonds d’investissement panafricain d’un milliard de dollars et, dans la foulée, annonçait, en avril, la création d’une unité à part entière de banque d’investissement, de recherche et de gestion d’actifs panafricaine, avec deux antennes à Lagos, au Nigeria, et à Nairobi, au Kenya. Le Sud-Africain Pamodzi Investment Holdings, soutenu par des établissements financiers américains, se dotait d’un fonds panafricain de 1,3 milliard de dollars. Puis, l’Europe se mêle au concert par l’entremise du fonds londonien Blakeney Management présent depuis une dizaine d’années, qui étend ses activités à l’Angola, au Mozambique et à l’Ethiopie, pays qui ont la particularité commune de sortir de conflits armés internes. Selon Javier Santiso, directeur adjoint du Centre de développement de l’OCDE, dans un article publié en décembre dans L’Observateur, la revue de l’institution « l’Afrique est en passe de devenir la nouvelle terre promise pour les investisseurs s’intéressant aux marchés émergents. » Extension L’Afrique recevait déjà des investissements mais ils se limitaient à l’Afrique du Sud, et au Nigeria, dans une moindre mesure. Désormais, les investissements s’étendent à d’autres pays tels le Ghana, le Botswana ou le Kenya. Les origines des investissements se diversifient aussi. Londres, New York, Moscou, Johannesburg, Lagos rejoignent le prince saoudien Al-Walid Ibn Talal Al Saoud, qui possédait déjà des participations dans le secteur bancaire ghanéen et dans les télécommunications sénégalaises, et qui a participait à la création, en juillet 2005, d’un nouveau fonds de 400 millions de dollars, HSBC Kingdom Africa Investments. La Chine, l’Inde et les Emirats, qui ont remporté avec Dubaï World Port la concession du Port autonome de Dakar, sont également entrés dans la course. Javier Santiso révèle par ailleurs que « les investisseurs sur les marchés de valeurs émergents sont aussi tentés par l’Afrique, qui totalise près de 10 % des fonds investis sur les marchés émergents dans le monde. » L’auteur décèle également un phénomène nouveau: l’arrivée des fonds spéculatifs. Ainsi, Tudor Investments a pris une participation dans Africa Opportunities Partners, présent dans la brasserie tanzanienne, les télécommunications sénégalaises et l’assurance égyptienne. Le financier suisse Nicolas Clavel a lancé le premier fonds spéculatif européen entièrement dédié à l’Afrique le 1er juillet 2007 : le Scipion African Opportunities Fund, qui ambitionne de lever 700 millions de dollars. Conjonction heureuse Les raisons de ce changement sont multiples. Il résulte, selon l’expert de l’OCDE, de la conjonction de deux faits. Au plan externe, on retient la faiblesse des rendements dans les pays de l’OCDE, l’abondance des liquidités et la quête de rentabilités élevées qui poussent les investisseurs à tenter des investissements toujours plus risqués. Au plan interne, on note principalement l’augmentation des opportunités d’investissement. Plus de 522 entreprises africaines cotées dans les bourses sub-sahariennes, contre à peine 66 en 2000. S’y ajoute remarque, Javier Santiso, la progression rapide de l’information financière et de l’infrastructure en communications permettant de travailler parallèlement sur plusieurs marchés de capitaux. Une douzaine pour les analystes de Renaissance Capital. Compétences africaines L’émergence d’une nouvelle génération de financiers africains d’envergure internationale aux commandes de fonds centrés sur l’Afrique n’est pas non plus sans impact. Le Ghanéen Kofi Bucknor dirige le fonds Kingdom Zephyr African Management Company. Vincent Le Guennou a pris les rênes de la plus grosse société de capital-investissement du continent africain, Emerging Capital Partners, qui est basée à Tunis et totalise 1 milliard de dollars. La principale cause demeure toutefois les conditions macro-économiques. « La croissance est de retour en Afrique, et les gouvernements encouragent les investissements privés dans les projets viables et rentables ». En conclusion, l’auteur, tout en reconnaissant que l’Afrique « ne deviendra pas du jour au lendemain un marché émergent « star » comme l’Asie ou l’Amérique latine », considère que le continent peut devenir « un pôle d’attraction majeur ». Il revient aux dirigeants politiques, maintenant, avertit-il, « de s’assurer que l’intérêt croissant porté à l’Afrique ne s’évapore pas comme une euphorie passagère ».
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Surliquidité bancaire & menace économique en zone CEMAC
In Brève, veille on 25 mars 2008 at 6:37|
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Le Comité de politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) s’est tenu le 20 mars 2008 à Yaoundé au Cameroun et a permis d’éclairer plusieurs points importants relatifs à la croissance économique en zone CEMAC.

Le gouverneur de la Beac, Philibert Andzembe, a ainsi confié que ” l’excédent des liquidités vis-à-vis des banques commerciales [ ] peut générer un élément de risque par rapport à la stabilité de la monnaie “. Il par ailleurs affirmé qu’en 2007, la totalité des réserves en devises de la banque centrale était évaluée à plus de 4.000 milliards Fcfa en compte d’opération et en placement. Le Comité de politique monétaire (Cpm) a examiné la situation économique des pays d’Afrique centrale sans omettre le contexte international marqué par le ralentissement de la croissance de l’activité économique mondiale né de la crise financière aux États-unis et par la dépréciation du dollar.
Quant à l’Afrique centrale, ” la situation macro-économique de la Cemac [Communauté économique des États de l'Afrique centrale, Ndlr] devrait se poursuivre, avec un renforcement de la croissance économique estimée à 6,2% contre 4,1% en 2007, une amélioration de l’excédent budgétaire et une évolution favorable des comptes extérieurs, avec un taux de couverture extérieure de la monnaie à près de 100% “, lit-on dans le communiqué final du Comité de politique monétaire. Le Cpm a aussi noté ” la résurgence des tensions inflationnistes en 2008, alimentées par une nouvelle poussée des prix du pétrole, le renchérissement des biens alimentaires importés, l’impact des hausses des salaires et l’expansion continue de la liquidité des banques “.
Le Cpm entend poursuivre sa politique de reprise de la liquidité du système bancaire. Il veut maintenir inchangés les principaux taux d’intervention de la Beac ; augmenter les coefficients des réserves obligatoires applicables aux établissements de crédit des pays à forte liquidité. Le Cpm a également adopté les objectifs monétaires et de crédit des six États de la Cemac pour les deuxième et troisième trimestres de l’année 2008, compatibles avec les différents cadrages macro-économiques des pays.
Le marché boursier de la Cemac est embryonnaire
Philibert Andzembe, le gouverneur de la Beac, sait que les deux bourses des valeurs de Douala et de Libreville ont une distance à caractère politique. Malgré cela, il affirme que la banque centrale met tout en œuvre pour harmoniser le fonctionnement de ces deux bourses des valeurs. ” Entre les deux, nous sommes en train de faire qu’il y ait une fusion des systèmes d’information en terme de supervision C’est le rôle que va jouer la banque centrale pour les fusionner sur le plan technique, même si elles sont séparées sur le plan politique “, a-t-il déclaré lors de la conférence de presse sanctionnant les travaux du Comité de politique monétaire (Cpm) qui s’est tenu à Yaoundé jeudi 20 mars dernier. Le patron de l’institution financière reconnaît que ces deux marchés financiers ” sont encore à l’état embryonnaire dans la mesure où les produits de ces marchés financiers ne sont pas encore bien déterminés, bien développés “. Malgré cela, il espère que ” les États qui vont émettre les titres sur le marché, les émettront à travers la bourse des valeurs de Libreville et celle de Douala “, sans oublier les émissions de titres des entreprises du secteur privé. Selon lui, le marché boursier pourrait prendre son envol en 2009, au terme des réformes structurelles que la BEAC a engagées.
Christian Lang – Sources: le Messager- Douala, Cameroun
Alerte 419: le « scam nigérian » détourne le calendrier en ligne de Google !
In Sécurité, veille on 19 mars 2008 at 7:13“Vous avez gagné un million de dollars. Pour réclamer cette somme, merci de cliquer sur ce lien…”

Les ’scammeurs’, ou spécialistes du “scam nigérian” utilisent les noms de personnalités du monde des affaires pour envoyer leur “appâts” sous la forme d’invitation à une réunion dans les calendriers Google.
Apparemment, les e-mails sont personnalisés, avec l’envoi d’un lien différent à chaque destinataire, ce qui complique nettement le filtrage par URL.
Rappelons que les pirates qui utilisent le scam ou Fraude 419, comme hameçon procèdent toujours de la même façon. Généralement, ils commencent par envoyer un pourriel à l’orthographe très approximative, dans lequel une personne explique qu’elle possède une importante somme d’argent et que, ne pouvant pas utiliser cet argent dans son pays, elle a besoin d’utiliser un compte à l’étranger pour transférer rapidement cet argent.
“C’est une nouvelle forme d’utilisation de l’ingénierie sociale, le fait que ces scams aient été envoyés d’emblée en masse est assez surprenant – habituellement, nous assistons à une phase de test pour évaluer le taux de réponse et certaines techniques ne vont pas plus loin que cette phase. Cette technique est donc différente” analyse Bogdan Dumitru, responsable technique de BitDefender.
Le “scam nigérian” annonce à la cible (la victime potentielle) qu’elle a hérité ou qu’une source inconnue d’origine douteuse lui doit une importante somme d’argent et demande ensuite à la victime potentielle de payer pour assurer ” l’organisation de la livraison” de cette importante somme d’argent. La consigne a été donnée aux équipes du support Google de bloquer les comptes utilisés.
Cette nouvelle vague de spam a été détectée tôt lundi 17 mars 2008 au matin par les analystes antispam des laboratoires BitDefender et a déjà été ajoutée à la base de signatures de l’antispam. Sources : Silicon
Malabo interdit l’entrée de voitures importées d’Espagne
In Gestion de crise, Stratégie, veille on 19 mars 2008 at 7:03 « Il est strictement interdit d’importer des véhicules à moteur d’occasion en République de Guinée équatoriale jusqu’à nouvel ordre », selon une ordonnance lue à la télévision publique par le ministre de l’Industrie Atanasio Ela Ntugu Nsa. Le ministre a précisé que les importations en provenance d’Espagne, ancienne puissance coloniale de la Guinée équatoriale, étaient particulièrement visées.
Le gouvernement de Malabo avait affirmé vendredi 15.03.08 avoir découvert un “important chargement illégal d’armes de guerre” envoyé selon lui d’Espagne par l’opposant en exil Severo Moto Nsa, accusé d’ourdir “une révolte” et “un bain de sang”.
La suspension des importations de véhicules intervient, selon l’ordonnance, après le “constat” qu’elles “constituent une voie d’entrée d’armes et de matériel de guerre dans le but de nuire au climat de paix qui règne actuellement” en Guinée équatoriale.
Cette mesure est prise “pendant que se poursuivent les enquêtes sur l’entrée et la possession illégales d’armes et munitions de guerre révélées par les services de renseignement”.
Sources : afriquecentrale.info.
Infoguerre : « l’Incroyable Histoire du compte japonais de Jacques Chirac »
In Communication d'influence, Guerre de l'information, Intelligence économique, veille on 19 mars 2008 at 6:53L’affaire Clearstream a déjà fait couler beaucoup d’encre. Le livre de Nicolas Beau et Olivier Toscer, «l’Incroyable Histoire du compte japonais de Jacques Chirac» qui sort ce 20.03.08 en librairie, pourrait cependant apporter une lumière décisive sur certains de ses aspects les plus obscurs.
On se souvient que «l’affaire japonaise» a surgi dans le débat public il y a moins de deux ans, en marge de l’instruction concernant les listings falsifiés de Clearstream. Elle dérive plus précisément des «blancs» de l’audition du général Philippe Rondot par les juges Jean-Marie d’Huy et Henry Pons le 28 mars 2006, dont le procès-verbal fut publié verbatim par les soins du Monde (daté du 4 mai).
Japan connection
Si l’on connaissait le flirt poussé de la fondation France Libertés de Danielle Mitterrand avec la secte japonaise Soka Gakkai (via les articles du Monde et de l’Événement du jeudi), on ne savait en revanche pas grand-chose de l’entrisme de la Fondation Sasakawa auprès du personnel politique français. La fondation de cet ancien criminel de guerre japonais cherchait alors à obtenir le statut prestigieux d’association d’utilité publique en reconnaissance de ses actions philanthropiques en faveur des vitraux de la cathédrale de Blois ou du château de Chantilly — avec le soutien d’un Jack Lang ou d’un Maurice Schumann (alors administrateur de Chantilly). Les auteurs démontent alors minutieusement la mécanique des réseaux d’influence qui ont permis à Sasakawa de faire élire un Japonais à la présidence de l’OMS mais également de l’Unesco, bénéficiant en cela de la bienveillance de Chirac… et du retrait de Jack Lang de la course (chapitre 2: «Un criminel de guerre blanchi à Paris», p. 55 à 77).
©D.R.

Jacques Chirac avec Shoichi Ôsada en 1993
Ce sont néanmoins les rapports de Chirac avec le banquier qui sont privilégiés. Et pour cause! C’est dans la banque de ce dernier, la Tokyo Sowa (TSB), que les services secrets ont, à trois reprises et sous des plumes différentes, mentionné la trace d’un compte au nom de Jacques Chirac: message du 11/11/1996 du chef de poste au Japon de la DGSE à son siège parisien, fiche d’enquête du général Champtiaux sur Gilbert Flam du 28/9/2001 et note du général Rondot du 08/11/2001. Et c’est très probablement pour avoir enquêté au sujet de ce compte que Gilbert Flam, alors magistrat détaché auprès des services secrets, s’est retrouvé placardisé au tribunal de Paris — et toute la hiérarchie de la DGSE reprise en main au lendemain de la réélection de Jacques Chirac à la présidentielle de 2002. AO: Guillaume Paugam – Sources : bibliobs.com
Géostratégie: vers plus de guerre pour moins de pétrole
In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 16 mars 2008 at 8:52Depuis la nuit des temps, les hommes font la guerre pour voler à leurs voisins les richesses dont ils disposent. Pourquoi aujourd’hui, alors que le pétrole et l’eau s’épuisent au même rythme que la banquise fond, l’homme changerait-il ?
Le pic de production ? C’est déjà maintenant…
Alors que mille explications conjoncturelles fantaisistes sont apportées pour justifier la hausse du prix du pétrole, l’explication structurelle la plus crédible est écartée : l’épuisement des ressources pétrolières.
Le champ pétrolier de Ghawar en Arabie saoudite, le plus gros gisement de pétrole au monde sur lequel repose tous les espoirs de croissance de la production mondiale de pétrole, semble ne plus vouloir répondre au caprice de la demande exponentielle depuis 2006. De même, le plus gros champ pétrolier du Mexique, Cantarell, a connu une baisse de production brutale depuis 2004. Le deuxième champ pétrolier au monde, le champ de Burgan au Koweït aurait lui aussi atteint son pic de production depuis peu. La production pétrolière de la mer du Nord baisse déjà depuis 1999.
La liste des pays qui ont atteint leur pic de production pétrolier est de plus en plus longue et laisse de moins en moins de place au doute.
Duel discret, en l’absence totale de règles
En apparence, personne ne s’inquiète du pic de production du pétrole. Pas de panique, pas de stock pétrolier faramineux, pas de rush pétrolier, mais derrière cette hausse du prix du litre d’essence, une guerre discrète et néanmoins violente a lieu pour les derniers barils de pétrole disponibles.
D’un point de vue politique, deux champions s’opposent :
- Le champion d’hier : les USA qui, depuis deux siècles, ont toujours su prendre les virages stratégiques importants.
- Le champion de demain : la Chine, qui au-delà de son milliard trois cent millions d’habitants, est surtout capable de construire une politique à très long terme. Et ça peu de pays sont aujourd’hui capables de le faire.
Il y a deux challengers : l’Inde qui a une nécessité vitale d’énergie pour sa croissance et la Russie que l’on oublie un peu vite mais qui bâtit pourtant son retour autour de l’énergie.
Ne vous y trompez pas car même si leur guerre est discrète, elle n’en est pas moins brutale, et leur seule règle demeure l’absence totale de règles.
La malédiction des derniers barils
Les compagnies pétrolières sont en première ligne dans cette guerre pour de nouvelles ressources. Elles ne sont pas toujours conscientes des enjeux globaux, mais bien au fait cependant de la difficulté de trouver de nouvelles ressources. Ainsi, elles forent massivement les derniers champs pétroliers accessibles.
Accessibles techniquement : les nouvelles ressources sont de plus en plus complexes à exploiter et donc de plus en plus chères. Il est facile à concevoir qu’un baril, que l’on va chercher à 2 kilomètres sous la mer ou 6 kilomètres (offshore ultra-profond) sous la terre, va coûter plus cher qu’un baril extrait sur terre après un simple forage. L’investissement change d’échelle, on passe des millions aux milliards de dollars.
Accessibles politiquement: le problème pour une partie des compagnies pétrolières est d’avoir le soutien politique nécessaire pour s’aventurer sur les derniers territoires où des ressources sont encore disponibles. C’est le cas des pays aux climats géostratégiques à haute tension dans lequel même une multinationale peut perdre jusqu’à son dernier “bouton de culotte” tellement la tectonique des plaques entre ces géants est puissante. Ces derniers barils de pétrole ont toutes les chances d’être une malédiction pour les pays qui possèdent ces dernières réserves mondiales.

Les conflits régionaux vont se multiplier
Depuis la nuit des temps, la première raison pour faire la guerre à son voisin reste la convoitise : hier convoitise de l’or ou de la nourriture, aujourd’hui convoitise du pétrole. Le lien entre guerre et ressources n’est pas nouveau mais risque d’être, encore un peu plus qu’hier, à l’origine de nombreuses guerres pour contrôler les derniers champs pétroliers et les axes stratégiques nécessaires à leur transport. Pas de grande guerre comme la guerre froide l’a imaginé, mais des petits conflits régionaux toujours plus nombreux, affaiblissants encore un peu plus de nombreux états déjà en situation critique. Ceci va considérablement augmenter le chaos alors que le problème de la production d’énergie s’ajoute à d’autres problèmes majeurs comme celui de l’eau, de la pollution sur fond de croissance de la population mondiale.
Nous sommes à un virage crucial
Je suis tous les jours étonné par la quasi naïveté de la vision à long terme de nombreux industriels et gestionnaires. L’analogie qui me semble la plus appropriée est celle de l’apparition du chemin de fer ou de l’automobile et de ceux alors qui continuaient à croire à l’avenir de la traction animale.
Aujourd’hui le virage est aussi important. Le pétrole est encore présent, mais la production va se tarir petit à petit, les guerres vont se multiplier dans les pays producteurs et les nouvelles ressources pétrolières seront de plus en plus chères à extraire. Ainsi, le monde de l’énergie va être considérablement modifié et le monde économique subira un impact énorme.
L’avenir appartient aux visionnaires
Les six dernières années étaient celles des précurseurs, les années à venir sont celles des suiveurs, et après viendra celles de la masse. Il sera alors trop tard ! Si vous étiez dans le train au départ ce n’est pas le moment de descendre, si vous l’avez loupé c’est le moment de monter, en effet il n’y aura pas de troisième arrêt. Sources: Thomas Chaize
Transport aérien: l’Afrique s’envole vers le Low Cost
In Brève, Stratégie, veille on 15 mars 2008 at 12:27
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De l’argent provenant d’une richissime famille propriétaire de gisements miniers, des avions chinois, un pétrole «politique » du Venezuela et un appui indien. Voilà les ingrédients inédits d’une future compagnie low cost africaine. Sources: LesAfriques Elle n’a pas encore enregistré son premier vol, mais la Safna (société africaine de navigation aérienne) a marqué son entrée dans le monde de l’aérien par un coup d’éclat en ratant de peu la reprise d’Alitalia, où elle s’est classée finalement troisième, à cause, répètent ses administrateurs, de pressions politiques. Fondée à Delaware en 2006, cette société a depuis enregistré le ralliement de quelques pays africains. Pour l’un de ses administrateurs, représentant de la famille Kabungulu, propriètaire des gisements miniers à l’Est de la République démocratique du Congo, « il est inconcevable, pour se déplacer d’un pays à l’autre, de passer par un pays européen ou de voyager à des heures tardives à des prix exorbitants ». L’objectif c’est donc de créer une compagnie adaptée aux revenus des pays africains, et qui puisse aider les Africains à se rencontrer. La compagnie est lancée initialement par la Somaf (société de la famille Kabungulu) pour un budget de départ de 600 millions d’euros. Dès juillet 2006, la Safna avait manifesté son intention de racheter une petite compagnie italienne, Unifly, basée à Rome pour la transformer ensuite en première compagnie panafricaine à bas prix et utiliser ses licences pour voler en Europe avec plus de facilité. A suivre… |
Africom & Eurofor: stratégie de cadrillage en douce de l’Afrique
In Géostratégie, Géoéconomie, Prospective, Soft Power, Stratégie, Sécurité, veille on 14 mars 2008 at 7:51

Sous couvert de grands principes, l’ingérence humanitaire et la guerre contre le terrorisme, sous couvert de sigles abscons, à coups d’Africom au Maghreb, de «Recamp» (1) dans l’Afrique francophone ou d’Eufor dans le centre du continent(2), le quadrillage occidental de l’Afrique se fait en douceur, face aux bouleversements géostratégiques induits par l’émergence de la Chine dans l’ancienne chasse gardée coloniale de l’Occident et la féroce bataille qui s’y déroule pour la maîtrise des réserves stratégiques sur le flanc méridional de l’Europe. Sur fond d’exacerbation de la controverse publique sur les bienfaits et les méfaits de la colonisation, son «rôle positif » et ses séquelles, les «test ADN» et les «charters de la honte» en France, l’«immigration choisie» en Europe, la percée chinoise s’est produite d’une manière pacifique propulsée par le déficit américain, un consistant matelas financier constitué de plusieurs milliards de dollars de bons de trésor américains sur un continent que n’obère aucun passif colonial de la Chine. Par son impact psychologique et ses conséquences à long terme, elle est comparable à la conquête arabe de la rive méridionale de la Méditerranée qui a brisé le monopole de la navigation et du commerce dans l’ancien «Mare Notrum» et l’Atlantique sud, déclenchant en retour les Croisades et la colonisation du continent africain en vue de rétablir le statut quo ante.
I – Le grand jeu occidental en Afrique face la Chine
Au prétexte de la «guerre contre le terrorisme», les Etats-Unis s’emploient à mettre sur pied spécialement pour le continent noir un corps d’armée qui prendra le nom de «VIII me corps d’armée» américain afin d’achever le maillage militaire de la planète par une présence physique opérationnelle sur l’ensemble des continents. L’AFRICOM dont la création a été décidée en 2007 aura compétence sur les 50 Etats membres de l’Union Africaine, à l’exception de l’Egypte. Sa mission officielle est de «développer la coopération militaire avec les pays africains, d’apporter un soutien à des missions non militaires et de mener des opérations militaires sur le continent africain si elles sont décidées par le gouvernement américain».
L’offensive diplomatique américaine en direction de l’Afrique s’est déployée crescendo depuis deux ans, parallèlement à la pénétration chinoise, avec l’implication croissante des grands pontes de l’administration néo-conservatrice. Le ballet diplomatique américain a été inauguré par le Général William Cape Ward (novembre 2007 à Addis-Ababa), commandant en chef de ce corps d’armée, suivi de John Negroponte, l’ancien proconsul américain en Irak et responsable en chef du renseignement américain, puis de Robert Gates, le nouveau secrétaire à la Défense, enfin de George Bush. Point culminant de cette offensive, la tournée du président américain sur le continent noir à la mi-février 2008, à moins d’un an à la fin de son mandat présidentiel, ne semble pas avoir réduit la résistance africaine à son projet. Quatre pays sollicités- Le Ghana, la Zambie, le Nigeria et l’Algérie- y ont même opposé une fin de non recevoir à sa proposition.
Dns ce contexte, sauf revirement de dernière minute, le choix se porterait finalement sur le Maroc très désireux d’abriter le siège du nouveau commandement de l’armée américaine pour l’Afrique, un moyen pour le Royaume chérifien de pérenniser sa souveraineté sur le Sahara occidental face aux revendications indépendantistes de la République Arabe Saharouie Démocratique (RASD) soutenue par Alger.
Le choix du Maroc de servir de pivot à la nouvelle force d’intervention américaine en Afrique, s’il était confirmé, se situerait dans le prolongement de la coopération stratégique des Etats-Unis avec les pétromonarchies du Golfe. Il viendrait en complément de la présence au Qatar, sur le golfe arabo-persique, du QG du Centcom, le commandement central américain qui ouvre une zone allant du Maroc à l’Afghanistan, et de la base navale de Manama (Bahrein), QG de la V me flotte américaine pour le golfe arabo-persique/Océan indien.
Dans le droit fil de cette coopération, le Royaume chérifien s’est toujours situé en pointe du combat pour la défense des intérêts occidentaux sur le continent africain, un combat qu’il confond avec la survie du régime monarchique. Membre du «Safary club» au paroxysme de la guerre froide soviéto-américaine (1948-1989), le Maroc a assuré la protection et la survie des régimes pro-occidentaux africains, notamment le Zaïre de Mobutu et le Togo de Eyadema au sein d’une alliance secrète conclue avec les encouragements des Etats-Unis, entre l’Arabie saoudite, qui en était le financier, la France, son stratège, et le Maroc, son exécutant.
Ce rôle souterrain a d’ailleurs été illustré tant par les complicités françaises dans la disparition de Mehdi Ben Barka, chef de l’opposition marocaine, que par le rôle dépotoir assumé par le Maroc pour les tyrans déchus et décrétés ipso facto indésirables par leur ancien protecteur malgré leur état de service patenté, comme ce fut le cas avec l’asile accordé au Président zaïrois Mobutu, répudié par la France dont il a pourtant été un zélé serviteur pendant près de trente ans.
Dans le cas d’espèce, le choix du Maroc se serait porté par défaut, après le refus de l’Algérie et du Nigeria, deux acteurs majeurs du continent d’accueillir le QG de l’Africom. Soucieux de diversifier leurs alliances, les Etats-Unis s’étaient d’abord tournés vers ces deux puissances émergentes d’Afrique, bien que la première soit en butte à des actions de type terroriste et le second à des troubles claniques.
Selon des informations de presse non encore confirmées officiellement, le QG de l’Africom devrait être édifié à l’extrême sud du Maroc dans la région de Tan Tan, à la limite des frontières du Sahara Occidental, à proximité de la bourgade de Ras Dari, choisie pour abriter ce projet. Du fait de sa proximité des côtes atlantiques marocaines, le site offre des facilités pour l’US Navy. Outre la base de Tan Tan, les Etats-Unis disposent au Maroc de la base aérienne de Ben Jarir, à une soixantaine de kilomètres de Marrakech ainsi que du site-relais de VOA (Voice of America) à Tanger. Le Maroc aurait donné son accord à l’installation du QG de l’Africom en contrepartie de substantiels avantages financiers.
Cet arrangement dans ses volets militaires et financiers expliquerait les déboires de la France dans la vente du «Rafale» que Jaques Chirac puis Nicolas Sarkozy ont vainement tenté de vendre au Royaume. Des déboires amplifiés d’ailleurs par les dysfonctionnements des institutions françaises qui ont fait preuve dans cette transaction stratégique portant sur l’avenir du nouvel avion de combat de supériorité aérienne, d’un amateurisme déconcertant, se lançant dans cette aventure sans concertation, d’une manière concurrente, l’Elysée voulant placer à tout prix l’appareil en guise de produit d’appel pour les pétromonarchies arabes et le constructeur Dassault, en comptable méticuleux de sa trésorerie, plutôt préoccupé de conserver la maîtrise de la détermination des prix.
Survivance d’une tradition coloniale, l’Africom était auparavant rattaché au commandement européen à Stuttgart auprès de l’USEUCOM (United States European Command). Selon le département d’Etat, la région du Sahel, notamment le Mali et la Mauritanie, constituerait un abri potentiel pour les activistes islamistes. Auparavant, les Etats-Unis surveillaient l’Afrique à travers trois commandements: Central Command (CENTCOM) dont la zone de responsabilité s’étendait sur 27 pays dont sept sont africains, le commandement européen (EUCOM), sa zone couvrant 91 Etats dont 42 sont africains, le commandement pacifique enfin (PACOM) qui a autorité sur une zone couvrant Madagascar et les îles en périphérie de l’est du continent africain.
Si le souci proclamé des Etats-Unis est de mener une guerre planétaire contre le terrorisme, la création d’un commandement spécifique pour l’Afrique marque aussi d’une manière sous-jacente l’implication plus marquée de l’Amérique dans la compétition que se livrent les grandes puissances pour la conquête des marchés africains particulièrement le pétrole qui fournit 30 pour cent de la consommation mondiale.
Dans l’attente du déploiement de l’Africom, l’administration américaine avait aménagé en 2006-2007 dans le Golfe de Guinée une base flottante, constituée de navires à très grande vitesse (swift ship) servis par un équipage de 300-400 marins pour la surveillance côtière le long des pays riverains: Angola, Cameroun, Gabon, Ghana, Guinée équatoriale, Liberia, Sao-Tome et Principe, Sénégal et Nigeria.
Le dispositif américain en Afrique est complété en Afrique orientale par la co-location de la base française de Djibouti «Le camp Lemonier», ainsi que de la base aéro-navale de Diego-garcia dans l’Océan indien, et par le nouveau rôle de gendarme confié à l’Ethiopie dans sa répression des mouvements islamistes dans la zone, notamment en Somalie.
Le positionnement américain à Djibouti a notamment pour mission de détecter les groupes terroristes en liaison avec ceux du Moyen-Orient. Le gouvernement américain soupçonne, en effet, l’organisation Al-Qaïda de s’être implantée en Afrique de l’est, en particulier en Somalie qui aurait abrité, selon Washington, le comorien Fazul Abdullah Mohammed et le kenyan Saleh Ali Saleh Nabhan, impliqués dans les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998 au cours desquels deux cent vingt quatre personnes avaient été tuées.
Ces suspicions fondées ou non expliquent le coup de force éthiopien soutenu par les Américains contre la Somalie en 2007 ayant débouché sur l’éviction du pouvoir du régime des «Tribunaux islamiques » à Mogadiscio.
Le positionnement américain à Djibouti, face au Golfe, permet en outre le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. La base de Djibouti permet ainsi aux Etats-Unis et à la France de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique considérée désormais comme vitale pour leurs intérêts stratégiques, une bande allant de l’oléoduc Higleg-Port Soudan (1600 km) dans le sud-est à l’oléoduc Tchad-Cameroun (100 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un poste d’opération américain en Ouganda donne aux Etats-Unis la possibilité de contrôler le sud-Soudan où se trouve le gros des réserves soudanaises de brut.
II- Face à la Chine, l’humanisme sélectif des pays occidentaux au Darfour
L’Amérique importe 15 pour cent du pétrole africain pour sa consommation domestique. Mais la concurrence est rude avec la Chine: L’Angola est d’ores et déjà le principal fournisseur de pétrole à la Chine devant l’Arabie saoudite, avec 456.000 barils/jour, alors que le Soudan et le Nigeria, deux bêtes noires des pays occidentaux sur le continent, ont octroyé d’importantes concessions pétrolières à la Chine, et que des informations persistantes, sur fond de rumeurs de presse sur une probable déstabilisation du président Joseph Kabila, font état d’un troc imminent entre la Chine et la République du Congo prévoyant la livraison de trois mille tonnes de cuivre en contrepartie de la construction de 3000 kilomètres de routes et d’infrastructures annexes (hôpitaux, établissements scolaires, électrification de villages etc.).
Signe de la défiance que suscite la politique occidentale en général et la politique américaine en particulier, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo (1976-1979/1999-20O7), s’exprimant en sa qualité de président du pays le plus peuplé d’Afrique (130 millions d’habitants) et premier producteur africain de pétrole, n’avait pas hésité à enfreindre les usages diplomatiques pour souhaiter à son homologue chinois dans son allocation de bienvenue que «la Chine dirige le Monde».
Selon les prévisions des stratèges occidentaux, l’Afrique subsaharienne risque de supplanter le Moyen-orient en tant que principal fournisseur énergétique des Etats-Unis. L’Afrique occidentale dispose de près de soixante milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Son pétrole à faible teneur en soufre, est un brut doux, fort apprécié par les pétroliers américains. De nouveaux gisements sont signalés au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale et en Mauritanie, qui deviendra un pays exportateur vers la fin de la décennie.
Parallèlement à ses découvertes, les Etats-Unis ont multiplié les initiatives diplomatiques et militaires en vue de sceller les pays africains à la stratégie globale américaine. Des points d’intervention favorisant le déploiement rapide des forces américaines ont été aménagés dans la zone sahélienne sénégalo-malienne, ainsi qu’en Namibie à la frontière avec l’Angola.
Des opérations conjointes avec les pays du Sahel ont été lancées en 2003-2004 contre le groupe Salafiste pour la prédication et le combat (GPS) dans le cadre du «programme de contre-terrorisme en Afrique». Les attaques contre les touristes français en Mauritanie en décembre 2007, entraînant l’annulation du rallye automobile Paris-Dakar et son transfert vers l’Amérique latine, de même que l’attentat contre l’ambassade israélienne à Nouakchott témoignent des réticences locales et régionales au déploiement américain en Afrique.
Dans ce grand jeu des puissances, l’Afrique émerge comme champ de bataille stratégique, dont la Chine en a fait sa ligne de front dans sa recherche d’une plus grande influence mondiale, triplant son commerce avec le continent, verrouillant ses ressources énergétiques, et, fait plus grave pour l’avenir, assurant l’éducation des futures élites africaines dans les universités chinoises.
C’est dans ce contexte qu’il importe d’appréhender le conflit du Darfour. Les appels incessants à des interventions humanitaires au Soudan, principalement de la France, sont destinés en premier lieu à contrecarrer l’influence grandissante de la Chine qui a réussi le contournement de l’Europe par l’Afrique à qui elle inflige de surcroît une rude et traumatisante concurrence dans son ancienne chasse gardée.
Le nouvel humanitarisme sélectif des anciennes puissances coloniales, qui fustigent le Soudan mais couvrent de mansuétude d’aussi redoutables autocrates que le tchadien Idriss Déby, son prédécesseur Hissène Habre ou encore le libyen Mouammar al-Kadhafi, parait sans consistance face au poids d’une Chine, sans passif colonial avec l’Afrique, dispensant de surcroît un important flot de liquidités, sans contrepartie politique.
La mise en place de l’Eufor, le corps expéditionnaire européen chargé de s’interposer entre les belligérants aux confins soudano-tchadiens répond autant à des considérations humanitaires qu’au souci des Occidentaux de créer un glacis stratégique au centre de l’Afrique, à proximité de la plateforme opérationnelle de la Chine dans la zone, un cordon sanitaire identique à celui que les pays occidentaux veulent établir autour de l’Iran, l’autre grand fournisseur d’énergie de la Chine.
Le dérapage à l’automne 2007 de la ténébreuse opération prétendument humanitaire de l’affaire de l’«Arche de Zoe» sur l’exfiltration de faux orphelins prétendument du Darfour participe de cette pression à forte charge émotive, à fort dividende médiatique pour un interventionnisme plus marqué des pays occidentaux au Soudan par le biais du Darfour.
Le redéploiement militaire français en Afrique annoncé depuis l’Afrique du sud, le 28 février, par le président Nicolas Sarkozy, loin d’opérer un bouleversement stratégique dans les relations franco-africaines, participe de ce même souci de discrétion efficace. Le Recamp (renforcement des capacités africaines de maintien de la paix) est une opération à double détente visant à associer des pays tiers (Afrique, Europe, ONU) aux opérations militaires françaises en Afrique dans le but de partager les coûts et de diluer les responsabilités, tut en conservant la maîtrise des opérations. Un chef d’œuvre de ravalement cosmétique d’un repositionnement militaire identique au dispositif américain dans le Golfe (Arabie saoudite, Bahrein, Qatar, Koweit et Irak), face à l’Iran.
Toute conscience se pose en s’opposant. L’Occident a constamment forgé des concepts pour assurer sa domination sur le reste du Monde. Il en a été de la théorie du «Res Nullus» et du «Fardeau de l’Homme blanc» justifiant les conquêtes coloniales. Constamment besoin d’un ennemi extérieur pour cimenter sa cohésion et perpétuer sa suprématie.
Depuis la fin de la II me Guerre mondiale (1939-1945), toute une littérature belliqueuse a développé les thèmes sur le péril rouge (contre le communisme), avant de se rabattre après l’implosion de l’Empire soviétique (1989) sur le péril vert (l’Islam), et, dans le domaine de la stigmatisation, «le juif bolchévique» a cédé la place au «nazislamisme». Notons que le «péril vert» est un jalon intermédiaire préludant à la naissance du «péril jaune» (Chine, Inde, Japon) qui sera d’actualité lorsque ses trois pays majeurs d’Asie auront parachevé leur phase de montée en puissance, vers l’an 2025.
A cette date, l’Occident aura perdu le monopole de la puissance et partant son rôle prescripteur. Il devra, par la force des choses, composer. Dur métier pour celui qui a constamment imposé, dur apprentissage de la diversité. Composer avec les autres composantes de la planète. Cette échéance explique sa frénésie d’acquisition de gages territoriaux et énergétiques (Irak, Afghanistan, Darfour, Balkan) en vue d’aborder la prochaine étape en position de force dans une «stratégie de transformation du réel», qui se réduit en une quête désespérée visant à enrayer un déclin prévisible par le maintien de «Droits acquis» aux faîtes de la puissance.
Quant à la France, qui abrite l’un des plus importants patrimoines immobiliers des dirigeants africains –pas moins de 47 résidences somptueuses rien que pour Omar Bongo (Gabon) et son beau-père Denis Sassou Nguesso (Congo)- elle est conduite, sous l’effet de cette compétition, à un partenariat contraignant avec les Etats-Unis. Contrainte à une coopération militaire avec l’Amérique, en raison de son infléchissement atlantiste, elle est contrainte aussi de subir de plein fouet la concurrence américaine dans son «pré-carré». Une transaction mutuellement féconde…mais au bénéfice exclusif des Américains.
En somme, et, pour reprendre le jargon politique à la mode, une offre « win, win » gagnant, gagnant pour les Américains, et pour eux seuls, sur les deux tableaux, avec en contrepartie pour la France, l’illusion de participer au «grand jeu mondial» sur le seul continent où elle dispose encore d’une certaine influence.
Lointaines réminiscences de ses déboires coloniaux, l’activisme de la France au Soudan au-delà du débauchage de la Libye pour en faire un substitut à l’Algérie dans la fourniture du gaz et un marché sécurisé pour ses exportations militaires et ses centrales nucléaires, pourrait, d’une manière sous-jacente, répondre à son souci de purger son «complexe de Fachoda» (3), le désastre militaire et diplomatique français subi dans ce pays contre les Anglais au XIX me siècle durant la phase de conquête coloniale écartant durablement la France des eaux du Nil. René Naba
Notes
1-Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix): Ce concept recouvre le nouveau dispositif français en Afrique mis en place progressivement depuis l’été 2007. Il consiste à associer des pays européens et africains et éventuellement les organisations internationales aux opérations de maintien de la paix dans le double but de partager les coûts et donc de réduire les frais pour la France et de diluer les responsabilités évitant le sempiternel tête à tête France-Afrique. Quatre pôles correspondent à quatre «sous-régions» et dessinent ce que pourrait être la future carte des implantations françaises. Il s’agit de Dakar (Sénégal), Libreville (Gabon), Djibouti et La Réunion. Dans chacun de ses pôles, la France a créé un petit état-major et prépositionné du matériel. Ils participent à l’entraînement des armées des pays de la région et sont censés accueillir des officiers européens.
2- EUFOR TCHAD/RCA: est une opération militaire de transition chargée notamment de la protection de la population en proie à la guerre civile dans l’Est du Tchad et dans le Nord-Est de la République centrafricaine. Sa mise en place a été décidée par l’Union Européenne le 28 janvier 2008, dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), en vue de faire face à la crise du Darfour dans la zone frontalière soudano-tchadienne. Forte de trois membres, dont le contingent français en constitue l’ossature (1.700 membres), l’Eufor Tchad est commandée par le général de Corps d’armée Patrick Nash
3-La crise de Fachoda: Dans l’imaginaire collectif français, l’épreuve de force qui opposa Paris et Londres, en 1898, demeure comme le plus important revers militaire et diplomatique, une profonde humiliation infligée par le Royaume uni à la France sur le continent africain. Ce sérieux incident diplomatique au retentissement considérable en pleine phase d’expansion coloniale entraîna la fin des ambitions françaises sur l’Egypte et la zone nilotique (Egypte, Soudan, Ouganda), alors qu’elle avait été le maître d’oeuvre du percement du Canal de Suez. Le site de Fachoda (ou Kodok) est situé à 650 km au sud de la capitale soudanaise Khartoum.
Sécurité informatique : 1000 sites internet piratés en un jour !
In Espionnage économique, Sécurité, veille on 13 mars 2008 at 8:52L’attaque, visiblement d’origine chinoise, s’est portée sur des url populaires et très fréquentées, d’après l’éditeur McAfee.

L’attaque est historique selon l’éditeur de sécurité McAfee. Mercredi 5 mars, plus de 10.000 sites Web légitimes et populaires ont été piratés par des cybercriminels afin de rerouter les internautes vers des sites piégés.
Les pages Web ont toutes été modifiées par l’ajout d’un code qui redirige les visiteurs vers un autre site Web, chargé d’un cocktail de logiciels malveillants visant à pénétrer le PC du visiteur. La redirection et l’attaque se passent évidemment totalement à l’insu de l’internaute, explique l’éditeur.
Les pirates ont exploité les failles encore trop nombreuses présentes dans moult sites Web, même très importants. “Les pirates ont apparemment reprogrammé les pages Web, dans le cadre d’une attaque automatisée qui a exploré Internet à la recherche de serveurs non sécurisés. Puis ils ont injecté un code JavaScript qui redirige le navigateur vers un site en Chine, afin d’envoyer les logiciels malveillants. Pour infiltrer le PC, le cocktail de logiciels malveillants tente d’exploiter des vulnérabilités dans Windows, RealPlayer et d’autres applications”, ajoute McAfee.
Les internautes piégés risquent de voir leurs mots de passe de jeux en ligne détournées et une backdoor s’installer discrètement dans leur système afin d’y faire entrer encore plus de malwares. L’origine de l’attaque semble chinoise, McAfee indique que pour toutes les pages, le code malicieux était envoyé depuis le même serveur en Chine. A ce jour, une partie des 10.000 sites Web piégés auraient été nettoyés. Mais une partie seulement.
Sources: Silicon.fr.
Leadership: 23 jeunes africains dans l’élite mondiale
In Brève, Leadership, veille on 12 mars 2008 at 7:47Vingt-trois Africains figurent sur une liste de 245 jeunes dirigeants reconnus à travers le monde par le Forum économique Mondial.

La liste a été rendue publique mardi à Genève, et désigne des leaders de 40 ans ou moins qui ont fait preuve d’excellence dans des domaines divers. On y retrouve des exécutifs, des scientifiques, des journalistes, et même des sportifs. Selon le communiqué de presse du Forum, ces jeunes ont été sélectionnés à partir d’une liste de près de 5000 candidatures à l’échelle mondiale. Ils sont reconnus pour leurs accomplissements professionnels, mais aussi leur engagement envers la société et leur potentiel à contribuer à façonner l’avenir du monde.
Sur la liste, on retrouve des politiques comme le président Joseph Kabila de la République démocratique du Congo et Lalla Salma, épouse de Mohamed VI, roi du Maroc. Mais les leaders du business ont formé le plus grand groupe, avec au total 11 personnalités, soit à peu près la moitié. Sur le plan régional, on remarque que l’Afrique australe empoche le plus grand nombre de nominations, avec au total 12 jeunes désignés, tous des Sud Africains.
En Afrique de l’ouest, le sénégalais Karim Wade, directeur général de l’Anoci figure sur la liste, de même que l’entrepreneur nigérian Kola Karim. L’Afrique centrale est représentée par l’ingénieur camerounais Achankeng Leke, en plus du président Kabila. Les autres pays représentés sur la liste sont le Kenya, l’Ouganda et le Soudan. Sources : allAfrica.com, par Wendell Marsh.
Immigration clandestine France/Gabon : Libreville active la réciprocité
In Brève, Gestion de crise, veille on 10 mars 2008 at 8:24
Omar Bongo a beau être l’un des personnages les plus caricaturaux de la Françafrique, il vient d’offrir à la France un miroir déformant dans lequel il ne fait pas bon de se voir. Furieux des conditions d’expulsion de France de deux étudiants gabonais en situation administrative irrégulière, il a décrété que tout Français dans la même situation au Gabon serait mis dans le premier avion s’il était découvert au cours d’un contrôle d’identité…

Les autorités gabonaises estiment que sur 10 000 Français résidant sur leur territoire, entre 5 et 10% sont en situation administrative irrégulière, soit entre 500 et 1 000 personnes. Dans un petit pays comme le Gabon (1,2 million d’habitants), c’est beaucoup : entre 30 000 et 60 000 personnes ramenées à l’échelle française. Les contrôles ont démarré dès l’aéroport. Mardi 4 mars, selon Le Monde, un cadre pétrolier français a été refoulé à son arrivée à Libreville et remis dans l’avion de Paris… Et il est probable qu’il y en aura d’autres, pour l’exemple.
Faire prendre conscience aux Français de l’inhumanité de leurs pratiques
Les Français clandestins doivent donc raser les murs à Libreville, ne doivent plus oser sortir dans les lieux publics de peur d’être contrôlés, ne doivent plus pouvoir aller travailler de peur d’être dénoncés… Comme des Africains clandestins en France ! C’est là que Bongo a été génial. Comment mieux faire comprendre aux Français le caractère arbitraire, illégal et franchement inhumain de certaines de leurs pratiques si ce n’est en les leur appliquant ? Que dirait-on si un père français d’un enfant de 4 ans était expulsé brutalement du Gabon et renvoyé en France sans son enfant ? C’est ce qui est arrivé à l’un des deux Gabonais expulsés de Reims, et qui provoque cette crise [...]
Bongo est certes mal placé pour faire la leçon à la France, lui qui a été placé au pouvoir par Paris il y a plus de … quarante ans, et qui y a été maintenu depuis. Mais il a eu cette fois une saine colère dans laquelle de nombreux Africains se reconnaîtront.
Sources: Pierre Haski (Rue89)
Dette: Brazzaville règle ses créanciers
In Brève, Stratégie, veille on 9 mars 2008 at 4:33
Le Congo vient de trouver un accord avec les groupes financiers, qualifiés par le passé de “créanciers vautours” qui avaient racheté une partie de la dette congolaise, a-t-on annoncé mercredi de source officielle. “A l’issue des efforts concertés sur une durée prolongée” le Congo “a mis fin aux différends l’opposant à ses créanciers, concernant la dette extérieure que le Congo a valablement contractée il y a plusieurs années”, selon un communiqué du gouvernement. Cet accord “comprend Kensington international limited, un affilié Elliot Associates, L.P”, un groupe financier basé aux îles Caïmans.
Les “créanciers vautours” sont des sociétés internationales ayant racheté des dettes du Congo auprès de créanciers privés et qui réclament ensuite devant la justice des sommes plus importantes que celles espérées par les premiers créanciers.
Le Congo avait admis en janvier qu’il cachait des revenus pétroliers et même annoncé la suspension de ses exportations de pétrole vers les Etats-Unis, son principal marché, pour échapper à ces saisies. “Nous voulions honorer toutes nos créances y compris vis-à-vis du Club de Londres et du Club de Paris”, a indiqué à l’AFP, le porte-parole du gouvernement, le ministre de la communication, Alain Akouala Atipault.
En 2006, Kensington international limited avait demandé au Congo plus de 200 millions de dollars après avoir racheté, quelques années auparavant, l’une de ses créances estimée à 1 million de dollar. “Les montants qu’on nous demandait de payer n’étaient pas du tout raisonnables”, a commenté M. Akouala Atipault.
En 2006 et 2007, le Club de Paris et le Club de Londres ont annulé respectivement 67% (rééchelonnant les 33% restants) et 80% de la dette du Congo à leur endroit.
Le Congo a accédé en mars 2006 à l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE). Cette initiative permet d’annuler jusqu’à 90% la dette des pays les plus pauvres qui exécutent les programmes du FMI. La Banque mondiale estimait, en 2004, à 9 milliards de dollars l’encours total de la dette extérieure du Congo.
Source: Afrique centrale Infos
Stratégie d’intégration : le Gabon prend l’initiative dans la zone CEMAC
In Brève, Stratégie, veille on 9 mars 2008 at 4:19

Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères gabonais, Mendoume Nze, a ouvert mercredi 5 mars 2008 à Libreville les travaux réunissant plus d’une dizaine d’institutions régionales, partenaires à l’intégration, en vue de l’adoption du rapport du Comité ad hoc chargé des instruments de communication et de mise au point des stratégies visant à booster l’intégration régionale à partir de Libreville. L’initiative a pour objectif principal de promouvoir l’intégration sous-régionale dans toutes ses dimensions et à corriger l’image tronquée d’une Afrique Centrale souvent présentée comme la citadelle des guerres fratricides, de la gabegie, de la mauvaise gouvernance.
Les Institutions régionales et nationales qui ont participé aux travaux, ont proposé la mise en place d’un magazine d’information ‘’ La nouvelle Afrique Centrale’’ pour diffuser dans l’espace CEMAC l’actualité qui s’y déroule. Cette réunion fait suite à la décision prise en Conseil des ministres gabonais et aux instructions de l’ancien ministre des Affaires étrangères Jean Ping (récemment élu à la tête de l’Union Africaine) sur la nécessité d’accélérer l’intégration régionale en Afrique Centrale pour plus de visibilité.
‘’La nouvelle Afrique Centrale’’ sera donc un magazine trimestriel crée par les institutions sous régionales, les organisations patronales et de défense du patrimoine et les organisations de gestion rationnelle des ressources naturelles de l’Afrique Centrale. A ce titre, il s’est naturellement fixé comme objectifs de promouvoir l’intégration régionale dans toutes ses dimensions et surtout de relooker l’image si malmenée de l’Afrique centrale. La distribution du magazine s’effectuera par le canal de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale -CEEAC- composée de 11 Etats : Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, Congo, Burundi, RCA, RDC, Sao Tomé et Principe, Rwanda, Angola, et dont le siège est à Libreville au Gabon.
Source: Gabonews
Maroc : BMCE Bank crée son centre de veille stratégique
In Intelligence économique, veille on 5 mars 2008 at 7:38Lancé en janvier 2007, “le projet d’un centre d’intelligence économique à la BMCE Bank est en cours de finalisation”, d’après la directrice des affaires générales de la banque. L’initiative traduit un cheminement timide, mais de plus en plus prononcé de la veille stratégique (VS) auprès des opérateurs économiques. Une pratique qui permet d’observer, de recueillir, d’analyser et de diffuser l’information pour être exploitable par les décideurs.
«Le centre d’intelligence économique de BMCE Bank est axé autour de la prestation de service pour nos structures internes», souligne Houda Sbihi, la DAG. Autrement dit, le centre se positionne en tant que source d’information prioritaire pour accompagner les entités de BMCE Bank dans la prise de décision. Sa mission consiste donc à «fournir des analyses à forte valeur ajoutée. Un livrable a déjà été conçu». […]
Dans le cas de la BMCE Bank, le lancement de la cellule de veille «nécessite, au préalable, la refonte de l’ensemble des procédures et des voies de diffusion de l’information». Il s’agit de déterminer qui fait quoi et comment. «La diffusion par mail a permis de décloisonner l’information», commente la DAG. Le tout est d’éviter une déperdition de l’information et d’assurer un acheminement rapide et efficace.
Naguère considérée comme un souci périphérique, la création de cellules de veille tend à se populariser. Souvent, elles ont été perçues comme une activité de coût et non de valeur. L’idée est donc «d’évaluer un projet de veille par rapport à sa rentabilité». Une démarche qui n’est pas à 100% chiffrable. L’aspect qualitatif reste omniprésent. Il y a deux ans, une étude menée par l’Institut marocain de l’information scientifique et technique (IMIST), visant un échantillon de 1.100 entreprises, a démontré que la veille stratégique n’est pas encore une priorité pour l’entrepreneur marocain.
Source: FF/ L’Economiste
Pratiques d’intelligence économique chinoise, européenne et américaine & impacts sur le continent africain
In Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, veille on 2 mars 2008 at 4:30Voici un condensé de trois points de vue pleins d’enseignements que nous avons recueillis le 28 février 2008 à l’Ecole Militaire de Paris lors du point de veille N°6 organisé par International Focus en partenariat avec l’association des auditeurs en intelligence économique de l’Institut français des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

1. Le point de vue du Général (2s) Daniel Schaeffer – Ancien attaché de défense auprès des ambassades de France à Bangkok, Hanoi, Pékin, consultant senior International Focus
“Parce que, depuis quelques petites années, la Chine effectue un retour en puissance en Afrique, voici ce continent tout à coup placé au Centre du Monde. La Chine y est réapparue depuis peu parce que, en manque crucial de ressources énergétiques depuis 1993, de matières premières, mais aussi en quête de marché pour écouler sa proliférante production industrielle, elle a érigé l’Afrique en terre de conquête, même si elle se défend de tels desseins. Terre de conquête non seulement économique, partie la plus visible, mais aussi politique et stratégique, parce que la conquête économique est stratégique pour Pékin. A cause de cet activisme effervescent, l’empire du Milieu suscite du coup la suspicion des Etats-Unis sur le fond réel de ses intentions. Et elle perturbe gravement la donne européenne, notamment française, sur ce terrain pour lequel la tendance était parfois de le considérer comme un “pré carré“.

L’Afrique est ainsi devenue un enjeu capital dans les stratégies de puissance qui s’exercent désormais chez elle entre la Chine, les États-Unis et l’Europe surtout, sans pour autant occulter l’intervention d’autres acteurs non négligeables comme l’Inde. Si chacune des parties concernées a bien pris conscience qu’un pan significatif de leurs intérêts stratégiques passe par un authentique développement du continent africain, l’Europe en premier parce qu’il est à sa porte, les schémas de confrontation qui se dessinent entre puissances sur l’ensemble de cette région sont pour beaucoup sous-tendus par des objectifs de conquête ou de défense d’intérêts économiques. Les stratégies élaborées et développées en ce sens par chacune des parties intéressées reposent en majeure partie sur la mise en œuvre de pratiques d’intelligence économique largement influencées par les cultures respectives des uns et des autres, celles de la Chine, celles des États-Unis, celles de l’Europe, celles des autres.
Pour ce qui concerne la Chine, si son action en ce domaine se caractérise de manière tout à fait classique par la recherche d’information, en faisant parfois bien fi des bonnes pratiques, il est indéniable que c’est au travers de l’exercice d’une vigoureuse stratégie d’influence, offensive, multiforme, plurisectorielle, multidimentionnelle, conduite méthodiquement, que la Chine parvient à prendre d’incontestables avantages concurrentiels en Afrique. “

2. Le point de vue de Bernard Besson -chargé de Mission auprès du Haut responsable français à l’intelligence économique
“Une politique nationale d’intelligence économique n’a de sens que si les acteurs publics et privés parlent la même langue. Les travaux entrepris par le haut Responsable ont aboutit à la formulation d’un corpus doctrinal obéissant à ce premier objectif. Il faut maintenant faire passer le référentiel de formation à l’intelligence économique dans l’entreprise et notamment dans les PME.
L’expérience montre qu’il n’est pas de meilleur pédagogue qu’un chef d’entreprise qui explique à d’autres chefs d’entreprises ce qu’il fait au quotidien dans tel ou tel domaine relevant de l’intelligence économique d’entreprise. C’est notamment sur ce socle de partage et d’échange de savoir-faire que le Haut Responsable entend faire passer les objectifs de l’intelligence économique à la française. N’étant pas le centre du monde, nous nous sommes inspirés des acquits d’autres cultures. C’est donc en regardant les autres que la France construit son chemin original vers une intelligence collective susceptible de favoriser l’innovation et la créativité.”

3. Le point de vue de Jacques Van Minden -Président du Cercle franco-chinois, chef de mission expert à l’ONUDI
“Avec la progression de son taux de croissance, il est probable que la Chine deviendra un jour le leader mondial. A ce moment, qui osera encore parler de droits de l’Homme? Notre façon de penser (occidentale) n’est pas la leur. Pour les Chinois, l’individu n’est pas au centre des préoccupations, alors que notre vision (européenne) est individualiste. Les Chinois iront où ils ont décidé d’aller. Ils refusent de céder aux pressions extérieures. Pour ses besoins énergétiques, la Chine s’implante maintenant là où les puissances occidentales ont reculé. L’innovation technologique, dans la conception chinoise, n’a pas pour seul but la curiosité, mais doit permettre de rivaliser avec les puissances. Il existe néanmoins des points faibles. La question sociale est le principal danger. La cohabitation interne entre riches et pauvres crée déjà d’énormes tensions dans la “Chine profonde“, mais également dans les grandes villes où les “migrants” sont considérés comme des étrangers. N’oublions pas que, historiquement, lorsque la Chine vivait dans l’opulence, il y eut des révoltes telles que celles des Boxers qui précipita la chute de l’empire Qing au XIXè siècle.”
Protégé : ” Les services secrets chinois de Mao aux JO”, Roger Faligot
In Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 2 mars 2008 at 4:22Intelligence économique & rivalités des puissances en Afrique
In Guerre économique, Géoéconomie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 2 mars 2008 at 3:22L’analyse qui suit devrait pouvoir permettre aux Africains de bien cerner les positions et les questionnements de la France et plus généralement des grandes puissances mondiales qui sont à l’assaut des richesses stratégiques dont regorge le continent. Car dans le nouveau “partage du gâteau africain” en cours, si les États africains ne développent rapidement une stratégie de défense économique commune et efficace, les concurrents n’en feront qu’une bouchée. Guy Gweth
“Un mouvement est en marche en Afrique. Ce mouvement échappe à la France.” par Patrick Sevaistre -directeur général, Afrique Initiatives SA, Conseiller auprès du président du Conseil des Investisseurs Français en Afrique.
“Un rapport récent sur l’action extérieure de l’état de l’aide au développement dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) vient de dresser un bilan sans complaisance de toutes “les insuffisances” de la présence française en Afrique: budget de l’aide gonflé par les annulations de dettes (en dix ans, l’aide bilatérale française a diminué de moitié et est équivalente à celle du Danemark), saupoudrage des moyens (90 pays se partagent moins de 10% de l’enveloppe bilatérale), influence limitée à Bruxelles alors que Paris finance près de 25% du FED (Fonds Européen de développement), engagements financiers énormes dans la gestion des crises (850 millions d’euros pour l’opération Licorne) et quasiment rien pour la phase de restructuration…
“Pendant ce temps, la Chine devient la puissance du continent, s’intéresse à tous les gisements pétroliers et uranifères de l’hinterland boudés par les majors occidentaux et réanime -en rivalité avec les Indiens(Mittal et Tata Steel)- tous les gisements de fer. Tandis que les Etats-Unis “réinvestissent” en Afrique pour sécuriser leurs approvisionnements énergétiques (25% en 2025) et contrer la menace terroriste dans la bande sahélienne. Les fonds souverains, arabes et chinois, qui placent les réserves de change de leurs banques centrales, déferlent sur l’Afrique.
“Que faire pour défendre nos intérêts (français) ? De quels outils disposons-nous pour les défendre sans pour autant, du moins dans l’immédiat, entrer en conflit ouvert avec les Chinois? Il est clair que s’opposer directement à la déferlante chinoise en Afrique n’est déjà plus réaliste. A nous d’en tirer les conséquences quant à notre propre politique vis-à-vis du continent.
“En effet, nous devons, à l’instar des Chinois et des Américains, clairement affirmer nos intérêts vis-à-vis de l’Afrique, nous avons besoin d’une nouvelle politique française, plus ambitieuse et s’inscrivant dans la durée, accompagnée enfin, et comme c’est le cas de la Chine et aussi des Etats-Unis, d’un vrai dispositif d’intelligence économique qui, placé au sommet de l’Etat, soit pleinement opérationnel dans ses deux dimensions traditionnelles: renseignement – influence. Force est de constater qu’on en est encore loin aujourd’hui.
“ce dispositif est indispensable pour dénoncer le dumping chinois, les dérives, les manquements, les menaces sur l’environnement et le non-respect par la Chine de ses engagements internationaux (prolifération)… et alimenter les ONG pour lancer des mouvements de polémique auprès de la société civile africaine. Il l’est également pour trouver , au cas par cas, des terrains de coopération commune sino-européenne (Cf. pétrole).
“Notre intérêt premier est de promouvoir la prospérité et la stabilité du continent noir… et si l’Afrique connaît aujourd’hui son plus fort taux de croissance depuis trente ans (6%), c’est en partie grâce à l’expansion économique chinoise…
“Il nous faut continuer à examiner de près les approches chinoises en Afrique et en tirer des leçons pour définir une nouvelle politique vis-à-vis du continent. Cette politique passe par un lobbying fort des entreprises françaises, et des stratégies novatrices en matière de pénétration et d’enracinement en Afrique; elle passe aussi par une action pragmatique et ciblée de la France à l’égard des élites de la nouvelle génération. Celle-ci est plus que jamais nécessaire pour rebâtir l’image d’une France partenaire ‘naturel’ du continent africain, avec l’idée sous-jacente de bâtir un réseau capable de concurrencer l’influence anglo-saxonne et maintenant chinoise! Ce réseau est devenu prioritaire au moment où, vu d’Afrique, notre pays donne une impression d’immobilisme, voire de désengagement et où la nécessaire banalisation des relations entre la France et les Etats africains est considérée paradoxalement comme un signe d’abandon et de désintérêt vis-à-vis de l’Afrique.
“L’Afrique est à la croisée des chemins. Les changements qu’elle connaît portent en eux la nécessité d’un profond renouvèlement de notre conception des relations entre la France et l’Afrique. A nous de nous adapter: un mouvement est en marche en Afrique qui commence à échapper à la France et qui pourrait continuer de lui échapper encore au fur et à mesure d’un déficit de communication avec les nouveaux décideurs africains qui va s’accroissant, tandis que la concurrence anglo-saxonne et chinoise se fait de plus en plus présente.”
Infoguerre: “L’Afrique répond à Sarkozy contre le discours de Dakar”
In Communication d'influence, Guerre de l'information, veille on 25 février 2008 at 7:12“Cet ouvrage collectif, d’une rare puissance académique, était attendu par tous ceux qui croient en une Afrique nouvelle, forte et offensive au XXIè siècle. Il serait judicieux, à court terme, de l’inscrire dans les programmes d’enseignements secondaires et universitaires africains“. Guy Gweth
Sous la direction de Makhily Gassama
par Zohra Bouchentouf-Siagh, Demba Moussa Dembélé, mamoussa Diagne, Boubacar Boris Diop, Koulsy Lamko, Gourmo Abdoul Lô, Louise-Marie Maes Diop, Kettly Mars, Mwatha Musanji Ngalasso, Patrice Nganang, Djibril Tamsir Niane, Théophile Obenga, Raharimanana, Bamba Sakho, E.H. Ibrahim Sall, Mouhamadou Siribié, Adama Sow Diéye, Odile Tobner, Lye M. Yoka.
Au total 23 intellectuels de renom (historiens, économistes, philosophes, romanciers… de Haïti et des quatre coins d’Afrique (Algérie, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Guinée, Mauritanie, RDC, Sénégal, Tchad…)
L’Afrique répond à Sarkozy contre le discours de Dakar, 479 pages,
éditions Philippe Rey, Février 2008, 19,80 euros. A lire absolument!

“L’intérêt de ce livre majeur dépasse le cadre d’une simple réponse à Nicolas Sarkozy: il décrit sans concession les véritables défis qui interpellent l’Afrique d’aujourd’hui et de demain, et l’appelle avec confiance à trouver, par elle même, les moyens de se relever.” 4è de couverture
Extraits:
” La traite négrière est un crime contre l’humanité.
“… Il est difficile de laisser passer des accusations, des propos d’une violence inattendue, adressées non aux tyrans d’Afrique, à ceux qui ont réduit l’Afrique à la mendicité, mais à ‘l’homme africain’, à ‘l’homme noir’, à la race. Nous acceptons et exigeons des critiques justes et lucides pour éclairer notre voie, pour nous construire, mais nous combattrons sans appel ceux qui se trompent volontairement de cible pour créer la confusion. Car c’est bien cette confusion que nous dénonçons et condamnons.
“Le poète du Joal a été cité à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy en des termes élogieux. Le plus ironique, c’est que, quoi que l’on puisse penser de Senghor, il n’est pas certain qu’il aurait laissé un invité du Sénégal dire de telles énormités ce jeudi 26 juillet sans lui porter la réplique d’une façon ou d’une autre.
“L’incapacité de l’élite africaine à faire face aux réalités du continent et l’absence de courage qui l’anime ont longtemps retardé le développement de l’Afrique et favorisé le développement de cette forme de discours. De nombreux économistes africains, pourtant bardés de diplômes, occultent volontairement la question fondamentale de l’asservissement monétaire des pays de la zone CFA pour se livrer à des dissertations oiseuses sur un développement économique impossible.
“Et quand ‘l’Afrique s’éveillera, le monde occidental qui a bâti sa richesse, sa puissance et son arrogance sur le sang, la sueur et les larmes de ces peuples harassés, comprendra qu’il est temps, enfin, de se départir de sa suffisance…’”
Développement économique : comment l’Afrique peut benchmarker la Chine
In Benchmarking, veille on 25 février 2008 at 7:00
Le processus de transition économique en Chine est très instructif dans la mesure où il peut fournir un certain nombre d’enseignements intéressants et importants pour d’autres économies en transition, celles d’Afrique notamment, quant à la stratégie de réforme à poursuivre : son rythme, les secteurs à cibler en priorité, son ordonnancement et les ingrédients clés. Voici quatre grandes pistes d’un benchmark possible du modèle chinois par les dispositifs économiques africains.
Premièrement, l’état initial de l’économie à réformer détermine laquelle de l’approche graduelle ou de la thérapie de choc est la stratégie de réforme la plus appropriée. Ainsi, la Chine a commencé son processus de réforme dans une position relativement avantageuse. En effet, même si l’économie ne fonctionnait pas efficacement en raison des distorsions générées par le système de planification, il n’en demeure pas moins qu’elle affichait une croissance positive, une inflation et des déficits faibles, une épargne élevée et un faible endettement extérieur. C’est la raison pour laquelle l’économie chinoise n’avait pas besoin de commencer sa transition avec un programme de stabilisation macroéconomique. Par ailleurs, la Chine a maintenu le contrôle politique centralisé entre les mains du parti communiste, à la différence des autres économies de transition en Europe qui ont vu la fin de leurs Etats communistes. Pour la Chine, la réforme politique n’était pas à l’ordre du jour. Ainsi, le point de départ de la réforme économique en Chine résidait dans une relative stabilité économique et politique.
Deuxièmement, la réforme a été initialement focalisée sur un secteur de l’économie qui offrait les plus fortes chances de réussite. Dans le cas de la Chine, c’était le secteur agricole. Il s’agit d’un secteur clé en termes d’emploi, qui a été sacrifié pendant la période de planification centralisée. Etant donné le potentiel considérable et la probabilité de réussite de sa réforme, il représentait un bon tremplin pour la mise en œuvre de réformes ultérieures. Sa croissance rapide pendant la première période de réforme a amélioré considérablement la productivité à travers la ré-allocation des ressources, la croissance de la production et l’augmentation du revenu des paysans. Cette dernière a généré une épargne rurale considérable et donc des fonds pour l’investissement dans les entreprises des communes et des villages, qui allaient constituer la composante dynamique majeure du secteur non étatique. Suite à ce premier succès, la cible des réformes est devenue le secteur industriel, au milieu des années 1980, où l’accent a été mis sur une plus grande autonomie des entreprises.
Troisièmement, dans le secteur industriel, la Chine possède un ingrédient unique et dynamique : les Entreprises des communes et des villages (ECV). En effet, les ECV contribuent de façon majeure aux exportations, au développement de l’économie de marché, elles ont créé environ 100 millions de nouveaux emplois depuis le début du processus de réforme et favorisé l’industrialisation du monde rural. Bien que les aspects du phénomène TVE soient spécifiques à la Chine, leur expérience fournit des enseignements intéressants pour les autres économies en transition, notamment l’importance de la libéralisation des marchés et de la concurrence, la nécessité de soumettre les entreprises à la sanction de la contrainte financière, et le besoin d’incitations appropriées pour les collectivités locales.
Quatrièmement, les économies en transition devraient s’intégrer, le plus vite possible, à l’économie mondiale. A cet égard et depuis le début de la réforme économique, la Chine s’est progressivement ouverte et intégrée dans l’économie mondiale, ce qui s’est traduit par une augmentation de son commerce extérieur et des flux d’investissements directs étrangers en sa faveur. Il faut souligner ici que le choix par le gouvernement chinois de l’ouverture et de l’intégration économique a été en grande partie inspiré par les expériences de ses voisins régionaux dynamiques. Un choix payant puisque en moins de deux décennies, la part de la Chine dans les exportations mondiales a presque triplé. La politique d’ouverture a permis à la Chine d’accéder à la technologie et aux idées occidentales par le biais des investissements directs étrangers (IDE), lesquels ont joué un rôle clé dans son processus de développement économique. Par ailleurs, la Chine jouit d’une position avantageuse grâce à ses liens culturels, familiaux et historiques avec Hong-Kong et Taïwan. Enfin, avec une main-d’œuvre relativement bon marché, qualifiée et flexible, la Chine restera une destination attractive pour les IDE, notamment ceux portant sur les industries à forte intensité en main-d’œuvre.
Sources: James Kathuri, enseignant à l’université méthodiste du Kenya
Sun Tzu, de l’art de la guerre aux racines africaines de la stratégie
In Guerre économique, Géostratégie, Intelligence économique, Stratégie, Sécurité, veille on 23 février 2008 at 8:16Exceptionnellement, nous ne commenterons point les deux ouvrages qui suivent: le premier, L’art de la guerre, parce que votre humble serviteur, tout en s’y retrouvant, n’est pas encore en situation de donner un avis suffisant sur cette bible de la stratégie ancienne et contemporaine. La profonde méditation de ces écrits nous oblige -au plus- à vous le conseiller vivement. Le second, Comprendre et appliquer Sun Tzu, parce qu’il est déjà le commentaire prudent, l’heureuse tentative d’exégèse par un ainé, de la stratégie chinoise jusqu’à son insoupçonnable parenté avec les jeux de stratégie africains. Guy G.
1° L’art de la Guerre, 255 pages, Champs Flammarion 2006, traduit de l’anglais par Francis Wang.

-Extrait de l’avant-propos de Liddell Hart-
“Les essais de Sun Tzu sur l’art de la Guerre constituent le plus ancien des traités connus sur le sujet, mais ils n’ont jamais été surpassés quant à l’étendue et à la profondeur du jugement. Ils pourraient à juste titre être désignés comme la quintessence de la sagesse sur la conduite de la guerre. Parmi tous les théoriciens militaires du passé, Clausewitz est le seul qui lui soit comparable. Encore a-t-il vieilli davantage et est-il en partie périmé, bien qu’il ait écrit plus de 2000 ans après lui. Sun Tzu possède une vision plus claire, une pénétration plus grande et une fraîcheur éternelle.”
-Extraits de la préface de Samuel Griffith-
” Ce n’est pas seulement en tant que curiosité antique que la série des essais de Sun Tzu mérite de notre part un intérêt attentif. L’art de la guerre est beaucoup plus que cela. C’est un ouvrage empreint de sagesse et exhaustif, se distinguant par des qualités de lucidité et d’imagination qui lui assurent depuis des siècles une place de premier plan dans l’ensemble des ouvrages de référence de la littérature militaire chinoise (…)
“Sun Tzu était convaincu qu’une planification minutieuse fondée sur une information exacte concernant l’ennemi contribuerait à une solution militaire rapide (…)
” Avant les hostilités, des agents secrets détachaient de l’ennemi ses alliés et menaient un certain nombre d’activités clandestines de subversion… pendant ce temps, des espions dont l’action s’exerçait à tous les échelons appréciaient la situation de l’ennemi. Leurs rapports secrets servaient de plan de base à des plans ‘victorieux’.”
Sun Tzu a dit: “Notre invincibilité dépend de nous, la vulnérabilité de l’ennemi, de lui.”
2° Comprendre et appliquer Sun Tzu, 166 pages, Pierre Fayard, Polia Editions, 2004

Extrait:
“Il est possible de rapprocher l’esprit de ce stratagème (celui de Sun Tzu ci-dessus cité) de la philosophie de l’Awélé, jeu emblématique du continent africain, où il n’est pas recommandé de s’emparer de l’initiative d’emblée pour conduire la partie. L’accumulation d’un potentiel de graines, initialement en partage, a pour effet de restreindre la part de l’autre, dont la marge de manœuvre s’amenuise jusqu’à ce qu’il soit acculé à subir les décisions du même.“
Jean Ping dévoile son projet d’une nouvelle Afrique
In Débat, Stratégie, veille on 21 février 2008 at 9:18Extrait de son interview accordée à France 24.
A paraitre ce 22.02.2008 sur la chaîne internationale

Jean PING, Président de la Commission de l’Union Africaine

M. Ulysse GOSSET.- Monsieur le Président, bonjour.
M. Jean PING.- Bonjour.
M. Ulysse GOSSET.- Votre élection à la tête de l’Union africaine, qui compte 53 membres, a fait quelques mécontents parmi lesquels le colonel Kadhafi, le numéro un libyen, et aussi le président sud-africain, Thabo Mbeki. Que répondez-vous à ces critiques, à ces mécontents, qui vous accusent encore une fois d’être “l’homme de la France” ?
M. Jean PING.- Je pense d’abord que tout cela, ce sont des clichés. Si vous êtes francophone, on vous taxe d’être “l’homme de la France”, si vous êtes anglophone, on le fera de la même façon. Je constate que l’on ne parle jamais de pro Africains. On parle de pro Français, de pro Américains, de pro ceci mais jamais de pro Africains. Or, si vous êtes élu, c’est que vous avez bénéficié de la confiance de vos électeurs qui sont les chefs d’Etat. En principe, vous devez d’abord être considéré comme un pro Africain. Je suis en tout un pan africaniste convaincu. Je pense donc que ces accusations ne sont pas particulièrement intéressantes.
D’ailleurs, j’ajoute au passage, qu’il me semble un peu exagéré de dire qu’il y a eu autant de d’obstacles. En réalité, c’est un peu plus compliqué que cela.
M. Ulysse GOSSET.- C’est vrai quand même que vous succédez à un francophone, le malien Konaré. C’est bien pour la francophonie, mais c’est vrai que d’autres pays auraient souhaité d’autres candidats, notamment Kadhafi voulait son propre candidat ?
M. Jean PING.- Oui, je crois que c’est exact. Quand je dis que c’est plus compliqué que cela, c’est parce qu’après un demi-siècle d’indépendance, arriver encore à voir l’Afrique à travers des clichés de francophones, d’anglophones, d’arabophones, est un peu un retour en arrière. Il faut aller de l’avant.
M. Ulysse GOSSET.- On voit quand même l’influence certaine du doyen de l’Afrique, le président du Gabon, que vous connaissez bien ?
M. Jean PING.- Oui, un candidat pour être élu a besoin d’être appuyé par son pays, a besoin d’être présenté, recommandé et appuyé par son pays. J’ai bénéficié de cela. Le Président Bongo, le doyen des chefs d’état africains a mis tout son poids dans la balance et a donné les moyens pour pouvoir entreprendre cette campagne. Cependant, cette dimension aussi importante soit elle doit être prise en compte à côté d’autres éléments, d’autres facteurs. Je pense que j’ai bénéficié, par rapport à d’autres candidats, de la présentation que vous venez de faire vous-même, c’est-à-dire, me semble-t-il, que je suis un peu plus connu.
M. Ulysse GOSSET.- Un diplomate d’expérience.
M. Jean PING.- Je pense que cela a beaucoup joué. La présidence de l’Assemblée générale des Nations Unies a fait que je me suis fait connaître par la totalité des présidents africains.
M. Ulysse GOSSET.- Quel est votre objectif numéro 1 ? Est-ce d’un mot réformer l’Union africaine dont on s’interroge parfois sur la capacité d’action ? On parle même de l’impuissance de l’Union Africaine. Quel est votre objectif premier ?
M. Jean PING.- Un audit a été commandité par mon prédécesseur. Il y a à l’intérieur de cet audit beaucoup de choses. Elles se résument à la nécessité de réformer. Je voudrais vous rappeler que l’Union Africaine, c’est beaucoup de choses.
M. Ulysse GOSSET.- C’est d’abord 53 pays, c’est énorme, et 1 milliard d’habitants.
M. Jean PING.- Cinquante-trois pays, 750 millions d’habitants et, d’ici 2020, l’Union Africaine comptera 1,4 milliard d’habitants. C’est autant que la Chine d’aujourd’hui. Ce n’est pas peu dire.
M. Ulysse GOSSET.- Réformer, cela veut par exemple créer un conseil des ministres à l’échelle de l’Afrique ?
M. Jean PING.- Réformer, c’est beaucoup de choses. On peut distinguer quatre ou cinq objectifs de l’Union Africaine. Ce sont d’abord les questions de paix et de sécurité que tout le monde connaît. C’est la partie la plus visible.
M. Ulysse GOSSET.- Et on va parler du Tchad tout à l’heure.
M. Jean PING.- On voit nos Casques verts au Soudan. On voit les troupes en Somalie, les troupes africaines à côté des Casques bleus de l’ONU. On voit nos émissaires au Kenya, Kofi Annan est, là, émissaire de l’Union Africaine.
M. Ulysse GOSSET.- Il va réussir ?
M. Jean PING.- J’en suis convaincu. Il faut qu’il réussisse. C’est un impératif.
Cette partie porte sur la paix et la sécurité mais nous avons les questions de développement. L’un des grands objectifs, c’est la question du développement. Ces questions, la lutte contre la pauvreté, la lutte contre la marginalisation du continent, les maladies, le VIH Sida, le paludisme, les épizooties, l’éducation, etc., sont importantes. Ce deuxième objectif est important.
J’ai l’intention de faire en sorte que l’Afrique marche sur ses deux jambes. Il y a la jambe politique, la paix, la sécurité, que tout le monde connaît. Il y a l’autre jambe, qui est importante, la partie développement que l’on connaît moins bien mais qu’il convient de relancer. Un exemple : le Népad. Il faut que le Népad devienne opérationnel. Il faut une tête, belle tête qui fasse en sorte que ces deux jambes marchent. Cette tête, ce sont les institutions de l’Union Africaine, qu’il faut aussi réformer.
Il y a la commission bien entendu. Il faut faire en sorte que cette commission marche, qu’elle devienne efficace, qu’elle travaille dans la transparence, que les pays qui nous donnent de l’argent sachent ce que l’on fait de leur argent. C’est la nécessité de rendre compte. Il y a d’autres objectifs.
M. Ulysse GOSSET.- Monsieur le Président, c’est le président du Gabon qui vous a donné ce surnom de “Mao” Comment réagissez-vous ?
M. Jean PING.- C’est exact. Pour la petite anecdote, j’avais remarqué que, quand le président Bongo était particulièrement content de moi, il m’appelait effectivement “Mao”. Normalement, il m’appelait Jean. Quand il était moins content, il m’appelait “Monsieur le ministre d’Etat”. Je savais voir, selon les appellations, lorsque le président était heureux ou l’était moins.
M. Ulysse GOSSET.- Ce surnom “Mao” rappelle vos origines chinoises, mais cela fait de vous aujourd’hui, un excellent médiateur pour dialoguer avec la Chine qui devient l’une des grandes puissances en Afrique.
M. Jean PING.- Oui. Vous savez, l’Afrique a plusieurs partenaires, le partenaire traditionnel de l’Afrique, en général, c’est l’Europe. Nous avons avec l’Europe des liens séculaires. L’Europe n’est séparée de l’Afrique que par les 15 kilomètres du détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée, j’allais dire le “lac méditerranée”. Il y a donc entre l’Europe et l’Afrique des liens géographiques, économiques, culturels, si importants, qu’on peut penser que le Gabon, l’Afrique en générale, devrait s’arrimer à l’Europe qui est le partenaire le plus proche, le plus traditionnel.
Maintenant, la mondialisation veut que nous sortions des relations classiques, des relations entre partenaires, anciens colonisateurs et anciens colonisés. Il faut s’ouvrir au reste du monde. Cette ouverture est marquée par la présence, comme vous même venez de le voir, plus grande des Etats-Unis d’Amérique (le Président Bush est en train de visiter le continent africain), par le partenariat avec le Japon, avec la Chine, avec la Corée, avec l’Amérique latine, donc les partenariats se multiplient.
M. Ulysse GOSSET.- Votre philosophie, c’est d’abord : “Entendons-nous entre Africains”.
M. Jean PING.- J’ai dit : l’Afrique intervient immédiatement, à chaque fois qu’une crise est enregistrée quelque part. L’ONU arrive parfois 10 ans après. En Côte d’Ivoire, l’ONU est arrivée 10 ans après.
L’économie africaine de 2008 à 2030: l’optimisme pointe à l’horizon
In Géoéconomie, Prospective, veille on 21 février 2008 at 9:06
Au Tchad et au Kenya, on peut valablement opposer les cas du Liberia, de la Sierra-Léone et, peut-être, celui du Togo, voire celui de la Côte d’Ivoire. Le pire n’est pas toujours inéluctable en Afrique.
Bien sûr, la crise de la fourniture d’énergie électrique en Afrique du Sud laisse dubitatif. Les attentats d’Aleg et de Nouakchott font craindre une poussée d’actions terroristes en Afrique de l’Ouest où la stabilité et la croissance économique commencent à prendre racine. De fait, rien ne semble plus pouvoir entamer le climat de confiance et d’espoir dans lequel baigne le continent.
La conscience de leurs responsabilités
Michel Camdessus, ancien Directeur général du Fonds monétaire international, qui définissait il y a quelques années l’Afrique comme « le défi systémique » du monde, professe aujourd’hui que l’économie de l’Afrique va croître en 2008 plus qu’elle n’a crû en 2007. Signe des temps : l’Allemagne vient de renouer avec le Togo, un pays à la tête duquel se trouve l’un de ces nouveaux dirigeants dont on dit généralement qu’ils ont, plus que leurs prédécesseurs, conscience de leurs responsabilités et de leur mission historique, et qui adoptent des politiques macro-économiques et structurelles plus performantes. La Banque Africaine de Développement (BAD) vient de rendre publique une étude réalisée par un panel de haut niveau qui, en se fondant sur les «changements opérés dans les politiques et [...] l’amélioration de la gouvernance et de la gestion», a dégagé une «vision optimiste de ce que l’Afrique peut devenir à l’horizon 2030», un continent «stable, intégré et plus prospère», qui occuperait «la place qui lui revient au sein de la communauté mondiale». La Chine, le Brésil, l’Inde accourent au chevet du continent où ils veulent faire de plus en plus d’affaires. Georges Bush vient d’effectuer sa troisième tournée sur le continent dont est originaire l’un des deux candidats à l’investiture du parti démocrate pour l’élection présidentielle de novembre prochain. Le chef de la Maison-Blanche place cette visite sous le signe d’un engagement africain croissant des Etats-Unis.
Des efforts colossaux
L’Afrique elle-même semble soudain se réveiller. Elle n’a pas craint de dire qu’elle ne voulait pas des Accords de partenariat économiques (APE) que l’Europe lui propose, sous leur forme actuelle. C’est d’ailleurs dans l’Afrique profonde que gît l’espoir. Des efforts colossaux, peu médiatisés, sont en train d’être entrepris, partout sur le continent, pour rationaliser, accroître l’efficacité, l’efficience, la gouvernance, pour optimiser – pour faire le lit du développement en créant un environnement favorable à l’investissement. L’entreprise, en Afrique, est de plus en plus consciente de l’impératif d’améliorer sa gouvernance, comme en témoigne l’entrée en bourse, à Euronext, de la société ivoirienne SIMAT. Selon l’Institut international de la finance (IIF, Washington), le cadre sud-africain de la gouvernance de l’entreprise s’est nettement amélioré et pourrait prochainement satisfaire à 80 % des critères de performance de cette institution pour se classer parmi les plus performants dans les pays émergents. L’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) se démène dans la discrétion pour améliorer la sécurité juridique et judiciaire des affaires en Afrique. Elle travaille également à promouvoir l’arbitrage comme mode de règlement privilégié des différends relatifs au commerce et aux investissements. L’arbitrage étant devenu un enjeu économique mondial, l’Afrique francophone s’est dotée, avec l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage du 11 mars 1999, d’un instrument propre à relativiser sa mauvaise réputation insécurité juridique.
Petit à petit, l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) travaille à minimiser l’incidence de la dégradation des infrastructures sociales, en particulier au niveau des collectivités locales, où leur utilité est la plus évidente.
Une aubaine pour l’Afrique
L’UEMOA, la BAD et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) viennent de recommander une révision des textes juridiques et fiscaux relatifs à l’exploration et à l’exploitation des mines africaines fabuleusement riches afin de mieux attirer les investissements disponibles pour ce secteur (…) L’envolée des cours des matières premières est une aubaine pour l’Afrique. Le pétrole n’est pas le seul produit qui se vend bien [...]
Aliou Diongue
Fraude fiscale: les services secrets allemands espionnaient les banques du Liechtenstein
In Espionnage économique, veille on 20 février 2008 at 11:33

Les services secrets allemands ont versé durant des années d’importantes commissions à des employés de banques de la principauté du Liechtenstein en échange d’informations sur des comptes de clients allemands, révèle ce lundi le quotidien Berliner Zeitung.«Avec l’aide d’au moins l’une de ces sources, ils se sont procurés les documents sur des fraudeurs du fisc allemand», a précisé le journal berlinois, citant des sources proches des services secrets.
Les services secrets (BND) ont laissé filtrer dans la presse allemande ce week-end qu’ils avaient été contactés par un informateur en 2006 auquel ils auraient versé environ cinq millions d’euros en échange d’informations ayant conduit à une enquête sur le plus grand scandale de fraude fiscale de l’histoire allemande, selon le Berliner Zeitung.
Ces documents concerneraient près d’un millier de personnes soupçonnées d’avoir dissimulé leurs revenus au Liechtenstein. Une centaine d’opérations de police sont à prévoir à partir de cette semaine, selon la presse allemande.
Avec leur version affirmant qu’un informateur les avait contactés, «le gouvernement et le BND veulent apparemment éviter des complications diplomatiques avec la principauté» du Liechtenstein, a estimé le Berliner Zeitung.
En 2000, Vaduz et Berlin avaient déjà connu une période de frictions diplomatiques quand le BND avait rendu publique une étude controversée sur un système de blanchiment d’argent via des banques du Liechtenstein, a rappelé le quotidien.
Ces frictions ont été l’une des deux raisons pour lesquelles le gouvernement de coalition de l’époque, formé des sociaux-démocrates et des écologistes, a autorisé l’opération allemande d’espionnage dans les banques du Liechtenstein, considéré comme un paradis fiscal, selon le Berliner Zeitung.
Sources: Libération
Souveraineté monétaire: le décrochage du FCFA revient dans l’actualité africaine
In Débat, Gestion de crise, Prospective, Stratégie, veille on 20 février 2008 at 11:28
Depuis que le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Mamadou Koulibaly, est revenu sur l’idée du décrochage d’avec le FCFA, l’émotion de certains perle par-delà les frontières ivoiriennes (…)
Pour ce représentant du peuple, « …on ne peut pas continuer avec un franc CFA surévalué qui nous appauvrit. On a une monnaie digne de l’Allemagne d’aujourd’hui, alors que nous sommes une économie pauvre d’Afrique…. Ca peut être dur mais le Ghana a sa monnaie, le Nigeria a sa monnaie, la Guinée a sa monnaie, le Libéria a sa monnaie, l’Afrique du Sud a sa monnaie, la Tanzanie a sa monnaie. Mais pour nous là, on dit que non la France dit, elle ne veut pas. Il faut qu’on arrête de dire ce que la France veut avant qu’on fasse. Le gouvernement français n’a qu’à gérer la France, c’est son droit et laisser les Africains gérer l’Afrique, c’est tout ». Faut-il dès lors s’étonner de ce déchaînement ?
Ce n’est pas la première fois que cet agrégé d’économie met cette question sur le tapis. Au plus fort de la crise, alors même qu’il n’y avait pas de perspective électorale à l’horizon, il en a parlé comme étant un des passages obligés pour la Côte d’Ivoire de recouvrer sa souveraineté et de mettre son économie au service de l’intérêt national. Il faut reconnaître d’ailleurs qu’il est arrivé de temps en temps au président Laurent Gbagbo lui-même, soit par calcul, soit par conviction, de laisser perler cette éventualité. L’idée du reste est loin d’être aux yeux de nombreux experts du continent et d’ailleurs, assimilable à une incongruité. Nombre d’entre eux en effet estiment que ce franc CFA arrimé à l’euro par le canal du Trésor français avec toutes les prestations et les sujétions qui en découlent pour l’indépendance des pays de la zone CFA, est trop lourd à supporter. L’idée paraît si légitime aux yeux de certains économistes que l’on en voit ces temps-ci qui préconisent un décrochage au profit d’une monnaie africaine qui reposerait sur les matières premières essentielles dont regorge l’Afrique : café, coton, or ou le pétrole.
Le trader vedette Mostafa Belkhayate, dans un entretien au journal « Les Afriques », explique que l’or « va monter avec force ». Pour lui, une once d’or (NDLR : 31.035 grammes d’or, au cours d’environ 900 dollars) va monter à 1450 dollars US en décembre 2008 et même à 2.000 dollars US en 2009. L’or « va quitter sa dimension de matière première pour la dimension devise ». Et ce n’est pas tout puisque, pour le spécialiste, «le pétrole se dirige vers 150 USd le baril sur les 2 prochaines années… ». La conclusion pour lui est simple : « étudier sérieusement la problématique de créer une devise africaine, non pas basée sur une autre devise étrangère, mais sur un panier de matières premières typiquement africaines, comme l’or, le pétrole, le café, le cacao, le coton. Je suis convaincu que la solution du développement africain passe par cette véritable indépendance monétaire ».
En somme, si Mamadou Koulibaly remet cette question en jeu, on s’en étonnera d’autant moins que le contexte s’y prête avec en France un président élu qui, après avoir prôné la rupture, esquisse un glissement vers une Françafrique qu’il semble vouloir servir avec plus de conviction que son devancier, Jacques Chirac (…)
Sources: San Finna
La CEMAC impose le chinois au sommet de Union Africaine: 不识时务 大人 Ping!
In Stratégie, veille on 18 février 2008 at 8:39Faut-il désormais parler chinois pour devenir un dirigeant politique international? Après l’Australie qui vient d’élire un Premier ministre sinophone, le continent africain vient de se choisir un Sino-Gabonais parlant parfaitement le mandarin pour diriger l’Union Africaine (UA).
Jean Ping, élu le 1er février président de la Commission de l’UA est en effet né de père Chinois et de mère Gabonaise. D’où son nom à consonnance chinoise, qui fait de lui le dirigeant idéal pour un continent qui s’est tourné massivement vers Pékin et sa manne d’investissements et de financements au cours des dernières années.

Fort modestement, l’agence officielle chinoise Xinhua rend hommage à l’élection de Jean Ping sans mentionner son ascendance chinoise, alors qu’il est clair qu’à Pékin on est extrêmement sensible à cette dimension. Tout comme les Chinois avaient apprécié que le nouveau Premier ministre australien, le travailliste Kevin Rudd ait une bonne maîtrise du mandarin et connaisse bien la Chine avec laquelle son pays entretient des relations commerciales considérables.
A son retour à Libreville, le régime de Bongo a organisé un accueil populaire à son nouveau héros, qui réussit le tour de force d’être l’homme de Bongo, le “Président de l’Afrique”, l’ami de la France et l’enfant de la Chine. Qui dit mieux? (…)
Qui est Jean Ping ?
Avec son éternel sourire, l’élégant Jean Ping est une figure de la diplomatie africaine. C’est aussi un homme du sérail, l’un des plus proches collaborateurs du président Bongo. Il se retrouve à 35 ans, ambassadeur du Gabon auprès de l’UNESCO à Paris. En 1984, Omar Bongo en fait son directeur de cabinet à la présidence. Un poste stratégique, mais aussi très exposé. Durant six ans, Jean Ping est au coeur du système. Il voit et entend tout.
C’est en 1991 qu’il quitte l’imposant palais de marbre sur les bords de l’Atlantique pour entamer une longue carrière ministérielle. Après un bref intermède comme titulaire du portefeuille de l’Information, il se retrouve ministre des Mines et de l’Energie. Là encore, un poste stratégique dans cet émirat pétrolier. Jean Ping profite des réunions de l’OPEP pour se faire connaître dans les milieux pétroliers et dans le monde arabe. L’homme parcourt le monde: Afrique, Europe, Asie, Amériques, Jean Ping se tisse un solide carnet d’adresses et soigne son image d’Africain moderne et ouvert. Il se retrouve en 2004, président de la 59e Assemblée générale de l’ONU, poste qu’il occupera pendant un an.
C’est en 2006 que le président Bongo lui confie les rênes de la diplomatie gabonaise. Il sera ministre des Affaires étrangères jusqu’à son élection, ce vendredi 1er février, comme président de la Commission de l’Union Africaine. 不识时务 大人 Ping ! Sources: Pierre Haski, Jeune Afrique N°2457
Chine-USA : la guerre aura-t-elle lieu?
In Stratégie, veille on 17 février 2008 at 2:59Il était grand temps de s’interroger sur la Chine, pays-continent par sa superficie, sa démographie et sa puissance économique, qui sans services secrets surdimensionnés, sans armée d’occupation, sans chantage sur les institutions internationales, occupe chaque jour davantage de terrain. Dans “L’improbable équilibre” (2003) Guy Spitaels écrivait déjà ” Dans la société-monde, il importe d’organiser les freins et contrepoids à l’hyperpuissance” (…) L’incroyable pragmatisme avec lequel la Chine gère ses échanges économiques a accéléré son essor… Et elle est bien en passe de devenir l’heureux contrepoids stratégique à l’hégémonie américaine ! Au travers de cette étude approfondie et intelligente, l’auteur nous plonge dans le contexte géopolitique des cinquante dernières années afin de répondre à cette question: la guerre aura-t-elle lieu entre la Chine et les Etats-Unis? A lire et à relire…
Luc Pire Editions 2007, 285 pages, par Guy Spitaels, ministre d’Etat et professeur honoraire à l’université libre de Bruxelles. Guy est par ailleurs président d’honneur de l’Internationale socialiste et membre du Conseil d’administration de la Fondation Spaak.




